Anti-cryptographie - Charles Gautier - IUT de Paris
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donc merci encore Florence de ton introduction de ce matin donc moi je vais vous parler de la cryptologie comme modèle pour l'anti-cryptographie je vais essayer de d'expliquer un petit peu ce titre alors pour cette intervention je souhaite partager avec vous la manière dont j'envisage de prendre les recherches existantes dans le champ de la cryptologie comme modèle pour mener à bien des recherches sur son antithèse l'anti cryptographie en fait c'est une conférence en particulier qui m'a placé sur la voie de ce sujet celle donnée par la chercheuse Anne canto au Collège de France en octobre dernier et intitulé peut-on rêver d'une écriture impénétrable cette conférence de Anne canto qui est chercheuse à l'Institut National de Recherche en Sciences et Technologie du numérique dans le cadre d'un laboratoire qui est qui s'appelle secret donc laboratoire fort bien nommé a confirmé chez moi une intuition que j'avais depuis quelques temps celle d'un déséquilibre important abyssal entre dans les investissements mener dans les deux champs en question la cryptologie d'un côté et donc ce que je propose d'appeler je suis pas le seul l'anticryptographie de l'autre pour le dire plus précisément le monde du secret a pu bénéficier et bénéficier encore de moyens considérables en comparaison de ceux attribués à son meilleur ennemi celui des écritures transparentes des systèmes les plus pénétrables possibles une rapide recherche permet de voir que des groupes de recherche en cryptologie sont constitués dans la plupart des principaux centres de recherche en France au CNRS au CEA ou encore à l'INRIA et dans de nombreux autres laboratoires universitaires des Colocs sont organisées régulièrement à ce sujet comme un important à la Cité des sciences et de l'industrie en 2019 suivi de divers publications et un chercheur a même eu en France en 2006 la médaille d'or du CNRS pour ses recherches en cryptologie je veux parler de Jacques Stern auteurs notamment de la science du secret et plus récemment de la cryptologie au cœur du numérique alors qu'on s'entende bien il ne s'agit pas pour moi ici de dire que nous en faisons trop en France autour de cette thématique et je sais à quel point elle est importante et à quel point il est fondamental en particulier de sécuriser nos données privées ou sensibles ce que je souhaite mettre en évidence c'est seulement ce contraste entre notre passion précieuse du secret et notre désintérêt presque institutionnel du non secret du communicable du partageable ne sont organisés des recherches sur les enjeux et méthodes de l'anticryptographie et cela me semble problématique compte tenu des enjeux actuels et futurs qui nous touchent pour expliquer plus précisément ce qu'est une antique cryptographique je souhaite donc m'appuyer sur la conférence qui était vraiment passionnante de Anne canto peut-on rêver d'une écriture impénétrable dès l'introduction de sa conférence la chercheuse définit l'esprit ou la philosophie de la cryptographie il s'agit nous dit-elle d'une écriture conçue pour rester inintelligible sauf pour un groupe de personnes légitimes elle précise que cela occasionne un rapport dual au monde d'un côté des utilisateurs légitimes qui déchiffrent à l'aide de leurs clés de déchiffrement de l'autre des adversaires qui tentent de décrypter sans connaître la clé cette distinction est l'essence même de la cryptographie nous dit la chercheuse à Ninja ainsi les utilisateurs légitimes ont un avantage sur les autres celui de connaître la clé secrète de déchiffrement contre cette méthode binaire qui encore une fois à sa raison d'être et sa légitimité une anticryptographie peut se définir à l'inverse comme une écriture conçue pour rester intelligible sans distinguer de personnes légitimes et illégitime donc c'est le rapport dual utilisateur légitime versus adversaire qui disparaît ici je considère que le terme d'anticryptographie est très proche de la notion de basigraphie écriture pour tous en grec je m'explique le mot de passe gigraphie peut se définir de façon stricto-censue ou de façon plus globale à partir de l'esprit de la discipline à la lettre une basigraphie est un système pouvant être lu indépendamment des langues à ce titre elle peut inclure aussi les cryptographies mais nous manquerions ce qu'est une basigraphie si nous nous contentions de la lettre ou de la définition donc stricte son esprit nous en dit plus celui-ci consiste à vouloir créer une écriture accessible ouverte simple d'utilisation ainsi nous pouvons rapprocher ces deux définitions celle de basigraphie que vous voyez à l'écran par Joseph de mémieux et celle d'anticryptographies par Paul watzlavik qui était un chercheur en théorie de la communication notamment un des fondateurs de l'école de Palo Alto donc pasigraphie première élément du nouvel art science décrire et d'imprimer en une langue de manière à être lu et entendue en toute autre langue sans traduction c'est la définition qu'on donne Joseph de mémieux et anticryptographie art consistant à codifier un message de manière évidente et transparente afin de réduire les problèmes de déchiffrage au minimum en laissant par ailleurs l'espace le plus petit possible pour des erreurs et des ambiguïtés en réalité donc les deux notions sont très proches car nous ne pouvons pas imaginer une basigraphie qui fasse la part belle la part belle au secret ce serait alors une cryptographie et de la même façon on ne peut pas imaginer une anti cryptographique qui se compromettent dans un dans un code culturel fort comme une langue particulière donc les deux notions sont imbriquées l'une à l'autre et c'est la raison pour laquelle je propose de les employer ensemble presque comme des comme des partenaires ou comme des quasi synonymes une base graphie donc ou une anti cryptographie pour en revenir à la question de l'annulation de la dualité utilisateur légitime versus adversaire et l'antithèse dans son esprit d'une distinction bien connue dans les sciences politiques qui avait été établie par le théoricien du politique Carl Schmitt entre l'ami et l'ennemi dans un livre célèbre qui s'appelait la notion du politique dans ce texte qui a fait l'objet est fait encore l'objet d'innombrables commentaires chez les historiens politologues ou juristes car la Schmidt écrit la distinction spécifique du politique à laquelle peuvent se ramener les actes et les mobiles politiques c'est la discrimination de l'ami et de l'ennemi et par la suite son texte est une tentative de justification du caractère fondamental de cette opposition pour cachemy donc pour tout État digne de ce nom ou pour tout État donc fort Léviathan dans la théorie pasigraphique et anticrypto graphique l'ennemi disparaît au profit d'un commun ou d'un partage communicationnel il s'agit de pouvoir être lu et compris par tout à chacun quel que soit sa langue et sa culture en laissant le moins d'espace possible aux erreurs et ambiguïtés et la clé secrète se transforme à minima en notice explicative on retrouve bien cet esprit chez plusieurs pasigraphes précurseurs à l'image de Charles cablis qui est un contemporain de Kalash mittes d'ailleurs ils sont ils sont morts la même année en 1985 Bliss qui sa vie durant à expliquer combattre les divisions entre les hommes et les querelles des nations donc la conférence de Anne canto nous dévoile également que l'une des grandes motivations des cryptologues dans l'histoire fut décidé de mettre au point une écriture impénétrable celle précisément qu'aucun adversaire ne pourrait casser ou décrypter par la logique le calcul la ruse ou tout autre chose les bases graphes ont aussi leur objet leur objectif ou leur utopie celle d'essayer de mettre au point une écriture universelle celle précisément qui ne laisserait aucun lecteur aucune lectrice sur le bas-côté de la signification une base graphie est donc une sorte de cryptographie sans adversaire les lecteurs n'ont pas à la décrypter mais seulement à la déchiffrer et je vous rappelle que dans le vocabulaire de la crypto graphie décrypter c'est l'action de la de l'adversaire et déchiffrer c'est l'action du partenaire ou du complice dans la cryptographie militaire le défi la mission était de s'emparer des livres de code des ennemis afin de parvenir à casser le déchiffrement en anticryptographie le défi et le défi et de transformer ce livre de code en notice ouvertes partageable accessible et compréhensible Anne canto nous rappelle également que le monde de la cryptologie a comme toute pratique ou discipline c'est précurseurs elle évoque en particulier le néerlandais Auguste kirchkov qui qui n'était pas en fait un cryptographe mais au départ c'était un linguiste ça a été un des théoriciens du volapuc tentative de longue universelle dans l'esprit de zamenov qui est l'espéranto kirchkroff était l'homme qui a posé les fondements de la cryptographie moderne au 19e siècle l'un de ses principes les plus connus étant le suivant il faut que le système n'exige pas le secret et qu'il puisse sans inconvénient tomber entre les mains de l'ennemi Anne canto nous précise que le secret dont il est question ici n'est pas la clé secrète mais la partie matérielle du système comme le livre de code dont on pouvait on doit pouvoir se passer par sécurité la chercheuse cite aussi une autre grande figure de la cryptographie William Friedman elle précise que pour ce cryptologue de l'armée de terre américaine il n'est pas du tout chimérique d'inventer un jour une écriture impénétrable Friedman pensait alors en précurseur à la méthode dite du masque jetable système cryptographique fonctionnant selon une méthode de chiffrement aléatoire aussi long que le message a chiffré et surtout ne devons être utilisé qu'une fois avant d'être abandonné Anne canto évoque enfin Claude channel l'ingénieur et mathématien américain perdent la théorie de l'information qui s'intéressa aussi à la notion de sécurité parfaite donc ces personnalités que vous voyez à l'écran permet toute d'augmenter le niveau de connaissance en cryptologie et on contribue à fonder et contribue encore à légitimer une science du secret donc la cryptologie du côté de l'anticryptographie et de la passographie nous pourrions nous pouvons nous aussi nous faire les héritiers de quelques précurseurs parfois force célèbre des philosophes comme Raymond Lule ou lightnitz des inventeurs comme Joseph de mémieux ou John Wilkins des cartographes ou des graphismes comme Jacques Bertin ou gains Hans et puis des personnalité contemporaines également comme OTA Yukio ou Wang you OTA Yuko c'est vous le voyez à l'écran ça c'est ce Japonais qui a inventé ce signe pour désir pour ce pictogramme de la sortie de secours bon ici je vois qu'il n'est pas dans cette dans cette salle mais signe qui a fait imposer presque partout dans le dans le monde alors dans la suite de sa conférence toujours Anne canto revient sur un moment fort de l'histoire de la cryptographie ce qu'on appelle le projet venona ce projet renvoie au travail de ce qu'on appelle la cryptanalyse effectué par les services de renseignements américains pour tenter de casser les codes des communications des services de renseignement soviétique de 1940 à 1948 nous pouvons penser que c'est à cette occasion que cette activité de cryptanalyse a véritablement émergé le cryptanalyse devenant un expert de la cryptographie de ces enjeux de ces méthodes de ces procédés or nous pourrions réutiliser ce terme de cryptanalyse pour inventer celui de Basie analyse recherche consistant à étudier les enjeux et méthodes et procéder des anticryptographies ou des parasygraphies afin de les améliorer autant que possible les cryptes analyse s'appuient sur le principe de mesure d'efforts pour casser un système nous pouvons reprendre cette idée à notre compte la mesure d'effort étant pour ceux qui nous concerne le temps et les moyens mis en oeuvre pour telle ou tel individu à tel ou tel moment dans tel ou telle condition pour lire et comprendre un message par exemple pictographique ou numérique avec ou sans notice etc différents systèmes pourraient alors faire l'objet d'une étude de mesures d'efforts une carte un pictogramme tout autre chose et nous pourrions voir en fonction des procédés utilisés qu'on peut classer en toute sorte en différentes catégories je l'ai fait par ailleurs mais aussi en fonction de différentes données culturelles et contextuelles les différences de mesure d'effort en présence au passage je précise que plusieurs recherches déjà existantes peuvent se voir comme des contributions à cette recherche en bas et analyse comme par exemple je pense à cette conférence qui avait été donnée par Joannès berger Rosen en 2018 à Nancy pour la NRT au secours écrire le danger dans l'espace public donc à partir de là nous pouvons nous demander quel pourrait être les grands axes de recherche de la pasiennealyse en dehors de l'étude sur la mesure des forces j'ai déjà moi-même entamé ces recherches depuis plusieurs années maintenant mais comme vous allez l'apercevoir en voyant les axes que je propose cette recherche ne peut pas se faire seule et exige un collectif interdisciplinaire ou à minima des échanges réguliers avec des personnes d'autres pratiques ou disciplines en effet les ramifications sont nombreuses il faudrait mener des travaux qui sont trop peu nombreux historiques sur les langues atypiques non glossiques et à destiné universel par exemple dans la lignée de ce mener par Louis Coutura qui avait créé un livre en 1903 sur le sujet Marina yaello qui avait publié ici en 1983 un ouvrage sur la question et bien sûr Umberto Eco qui avait écrit son son livre sur la sur la passion européenne pour les langues universelles en 1993 en comparaison du monde de la cryptologie les livres articles documents historiques divers sont fort peu nombreux malheureusement la comparaison des pages Wikipédia sur les deux sujets témoignent bien des écarts existants la notion d'anticryptographies par exemple la même pas de page dédiée celle consacrée à la base graphie reste quant à elle très sommaire donc tout reste à faire sur sur cette question graphique et épigraphique ensuite donc l'axe graphique qui est bien entendu il est essentiel à ce sujet les études peuvent être multiples une piste par exemple de distinguer quelques fausses universaux avec des universaux moins discutables c'est la différence entre les universaux qui sont purement construits et les universaux n'ont pas naturel parce que le mot est compliqué d'usage mais disons les universels plus ancestraux plus essentielles on peut s'essayer à cet exercice en regardant ici des Casseaux dessinés par le graphiste allemand Herman ZAFT graphiste et typographe allemand très célèbres du 20e siècle là j'ai mis j'ai distingué dans ces dans ces cassos de deux signes que j'ai entouré à l'écran en rouge je sais pas si vous les voyez d'un côté nous voyons le dessin bien connu d'une étoile utilisé pour représenter un astre et nous savons que cette représentation ne repose pas sur une nécessité absolue où irrémédiable en dépit d'ailleurs du succès de par le monde de cette représentation ainsi nous aurions pu représenter l'astre différemment et nous pourrons dans le futur changer cette représentation donc c'est une représentation contingente le signe d'à côté cette main fermée avec l'index tendu qu'on appelle en graphisme une manipule qui sert à montrer à désigner quelque chose et quelques peu différent non pas seulement en raison de son usage graphique et typographique séculaire mais en raison de sa ressemblance avec ce qu'on nomme l'organe préhensile des humains et en raison de l'importance de ce geste de désignation chez l'humain le philosophe Francis Wolff nous dit qu'il s'agit d'un geste transculturel mais aussi universellement humain il s'appuie pour le dire sur les travaux d'un psychologue américain qui s'appelle Michael thomasello donc pour soutenir cette idée thomasello en effet a insisté sur l'importance fondamentale de l'acte de montrer avec la main dans la construction cognitive et sociale des humains ainsi que sur son caractère transculturel thomasello parle d'un langage avant le langage le pointage est notre deuxième grand acte communicatif nous dit-il après le fait de crier et ce dernier arrive généralement entre le septième et le 15e mois l'enfant le fait pour capter l'attention de l'adulte mais aussi pour indiquer une chose particulière comme un objet en grandissant le pointage permet de désigner également plus de choses comme une direction ou un lieu en outre le jeune humain a non seulement la capacité de pointer du doigt quelque chose mais aussi l'aptitude de comprendre ce geste ce même geste lorsqu'il est effectué par une tierce personne double capacité perçue par beaucoup comme étant une faculté proprement humaine nous pouvons penser que si ce geste est bel et bien un invariant communicatif de l'être humain alors celui-ci existait probablement avec l'émergence de l'homo sapiens il y a 300000 ans existera encore possiblement pendant une très longue période au passage on peut rappeler que le mot désigné vient du latin désigné qui a également donné le mot design les enjeux également épigraphiques je ne vais pas m'étaler sur la question là je l'ai fait longuement ailleurs tout ce que je peux rappeler c'est que des efforts doivent être menés afin de bien saisir et comprendre les enjeux du déchiffrement non pas du décryptage des écritures car priori nos écritures les écritures qu'on pourrait laisser ne sont pas cryptées mais bien du déchiffrement à ce sujet bien des spécialistes peuvent nous aider comme Jean-Michel aupan que nous avions invité quand elle en 2021 et qui avait fait une conférence sur le déchiffrement des glyphes Mayas à mon troisième point l'axe anthropologique je précise au passage qu'en réalité tous ces axes sont plutôt entremêlés et que je les sépare ici par souci de clarté comme nous pouvons nous y attendre l'anthropologie n'est pas sans lien avec ce sujet et ce n'est pas un hasard si je suis au Cantel depuis maintenant 2 ans lorsqu'on parle d'écriture on parle d'image comme la bien rappelé par exemple team Ingold dans son livre Une brève histoire des lignes et lorsqu'on parle d'image les anthropologues ont des choses à dire comment par exemple penser l'universalité des signes au regard de la thèse de Philippe Descola selon laquelle les humains vivraient dans des ondeslogies très différentes aussi bien dans le temps que dans l'espace ontologique qui aurait des conséquences sur les modes de fabrication des images mais aussi les modes de perception des images ces anthologies qui façonneraient nos manières de penser mais aussi de voir de comprendre et de construire nos signes et nos images comment fonctionne-t-elle exactement ces ontologies sont-elles si déterminantes et comment les articuler ou les mettre en regard avec d'autres visions d'autres anthropologues pas les anthropologues ou philosophes qui discute contestent ou relativise l'importance de ces anthologies comme par exemple j'ai cité Donald brand Gérard lanklude marcelet ou Francis Wolff après il y a cette notion d'universel je pense par exemple ici à un anthropologue américain qui s'appelle Donald brand qui avait révélé dans un livre l'humain universel 200 plus de 200 cas de ce qu'il nomme des universautes surface et de comportements de langage observer dans ses propres enquêtes de terrain ou dans les textes d'autres ethnographes donc parmi ces fameuses universaux beaucoup depuis ont été discutés contestés comme comme vous pouvez vous en douter le livre date de 1991 mais on peut voir on peut en voir divers à l'écran comme par exemple ici j'ai mis en jaune la méfiance envers les serpents qui serait donc d'après Donald brand d'un universel et on retrouve cette idée corroborée par Marcel hôtel pas les anthropologue belge dans un livre qui s'appelle l'universalité des signes graphiques livre dans lequel il écrit par exemple le serpent est pour l'homme lettre le plus mieux de la création sans pâte sans plume ni pelage au sang-froid et en constant mouvement de dissimulation souterrains en morsure mortelle il présente l'incarnation du danger fatal et de la monstruosité terrestre c'est pourquoi son symbole graphique possède une telle importance et nous pourrions nous évoquer d'autres exemples et surtout en étudier également de nouveau et essayer de les mettre à l'épreuve de l'anthropologie un autre axe de recherche qui me paraît important c'est un axe qu'on pourrait qualifier de sociopolitiques je passe très rapidement sur cette dimension mais celle-ci consiste dans mon esprit à étudier les fondements politiques et idéologiques des systèmes et analyser leur légitimité mais aussi leur acceptabilité par quel mécanisme politique par exemple le code de la route moderne a pu voir le jour et comment s'est-il peu à peu partiellement internationalisé dans ce cas particulier il y aurait des recherches à mener à poursuivre pour ce qui me concerne sur l'importance des organisations de cyclistes qui au 19e siècle voulurent se protéger des dangers de la route virage des clivés etc ce qui contribue à largement à la mise en place des premiers panneaux de signalétique contrairement aujourd'hui les cyclistes à la fin du 10e siècle était très mal vu et en réalité sur la route leur vie était en danger et donc c'est eux qui les premiers en Angleterre ont commencé à s'organiser pour essayer de mettre en oeuvre une signalétique routière il y a eu aussi un certain nombre de congrès qui ont été importants comme le Congrès international de la route en 1908 qui a posé les jalons de la création d'une signalétique cohérente et les jalons d'une réalisation de cette dernière alors un autre axe de recherche qui serait l'axe semiot linguistique la manière dont on doit pouvoir utiliser la sémiologie pour cette recherche se trouve aussi bien aussi dans l'articulation perception compréhension et là on voit aussi les liens avec l'anthropologie très forts avec une question centrale pourquoi entrons-nous en collision avec certains signes j'emprunte le terme de collision un chercheur qui s'appelle Lionel Nakache dans un livre qui s'appelle le chant du cygne aventure et mésaventure de nos interprétations quotidiennes le sous-titre assez éloquent et finalement pourquoi comprenons-nous certains signes et pas d'autres il y a bien sûr la question culturelle qui est centrale celle de l'apprentissage des habitudes visuelles mais cette question culturelle sur laquelle avait insisté beaucoup une graphiste américaine qui s'appelle Susana Lico qui avait eu une phrase dans un café vraiment le tour du monde du graphisme qui disait on lit le mieux ce qu'on lit le plus mais elle peut aussi s'accompagner également de questions liées aux formes graphiques en elle-même et peut-être à leur efficacité j'imagine que cet après-midi Océane travaille donc sur cette question de la représentation pictographique des idées complexes pourra nous dire quelques mots à ce sujet la question linguistique la dimension linguistique est forcément fondamentale lorsqu'on parle d'écriture on parle aussi de langage et à cet égard il peut être utile au regard de notre sujet de s'intéresser à ces structures universelles à l'heure où le relativisme linguistique radical d'un Benjamin liworth je pense à une thèse dans linguistique qui s'appelle la thèse sapiroirs a été fortement discuté contesté fragilisé nous pouvons en effet identifier et nous attarder sur ces principes ou ses règles universelles mises en lumière par quelques chercheurs ou chercheuses depuis plusieurs décennies je passe sur quelques précurseurs pour éviter pour évoquer seulement ici deux idées celles concernant les invariants lexicaux révélés par la linguiste polonaise Anna virbisca elle monte dans ses recherches qu'il existerait dans toutes les langues du monde un certain nombre de de d'in variants des substantifs des déterminants des quantificateurs des évaluateurs des descripteurs des prédicats mentaux des discours des actions des emplacements des mots pour désigner la vie et la mort des mots pour le temps l'espace les concepts logiques des intensificateurs et des équivalences et l'autre point concerne le lien entre le sujet et le prédicat que l'on peut considérer comme un universel c'est le encore une fois c'est le philosophe Francis Wolf qui insiste beaucoup sur ce sur ce sujet notamment dans l'un de ces livres qui s'appelle dire le monde toute langue quelle qu'elle soit affirme-t-il à cette capacité de parler d'une chose commune telle ou tel sujet en disant des choses différentes les langues sont structurées de telle façon qu'elle nous permettent d'être en contradiction sur le prédicat tout en étant d'accord sur sur le sujet alors peut-être plus étonnant et c'est mon dernier point la peur possible des sciences cognitives quelques mots sur ce point et c'est la fin de mon intervention je pense en particulier un article de 2006 d'un chercheur américain qui s'appelle Marc changhisy qui a fait beaucoup parler de lui dans cet article le chercheur qui a un neurop biologiste américain affirme que nos divers écritures de par le monde ne sont pas aussi différentes qu'on pourrait le croire de prime abord il insiste sur l'idée qu'il y aurait une fréquence de trait élémentaire constitutif de toutes les écritures un an après cet article dans une conférence qu'il a donné à la Maison des sciences de l'homme Stanislas dehann qui est poussé au Collège de France commenté l'article de champ guisi en ces termes alors il commence alors il commentait l'article et commenter aussi il avait devant lui un échantillon des écritures du monde et ici en fait vous avez un une capture d'écran d'un projet de Google qui s'appelle Noto qui est un projet de numérisation des écritures du monde et là vous avez chaque glyphe correspond à une écriture différente et vous savez qu'il existe plus de types d'écriture dans le dans le monde Stanislas Dean regarde un échantillon de ce de ce type une diapositive qui donne à voir donc les centaines de types d'écriture du monde et il affirme ceci alors j'ai écrit quelque chose qui était dit à l'oral lorsqu'on regarde ce type de diapositive nous voyons un échantillon des écritures qui ont été inventés par différents groupes nous avons l'impression d'une extraordinaire diversité c'est la première chose qu'il nous frappe mais en prenant un peu de recul nous pouvons aussi nous intéresser à ce qu'il y a de commun à toutes ces écritures et lorsqu'on se penche sur ce qu'il y a de commun on s'aperçoit finalement qu'il y a beaucoup d'éléments communs qui suggèrent que le système est extrêmement contraint on ne peut pas apprendre n'importe quelle manière de dépeindre la parole par l'écrit que seul un tout petit système est capable de mettre en liaison la vision avec le système du langage je peux renvoyer également si ça vous intéresse à une conférence qu'il a donné en Collège de France en octobre 2022 intitulé comment notre cerveau des chiffres utile d'écriture il y évoque en particulier un point qui doit pouvoir nous intéresser l'idée qu'il y aurait une canalisation de la lecture vers des régions cérébrales extrêmement similaires un circuit de la lecture spécialisé étroite dit-il avec tout de même quelques détections du ultra spécialisation dans le cerveau pour ce qui est de l'écriture chinoise détection rendue possible par les progrès technologiques des IRM mais en dépit de quelques différences le constat qui semble s'imposer pour les chercheurs en sciences cognitive et celui de l'activité l'activation d'un réseau global identique quel que soit les systèmes d'écriture utilisés alphabétique idéographique ou syllabique qui allait pas forcément de soi et pour conclure je vais revenir à la conférence de Anne canto alors si vous voulez connaître la réponse à la question posée dans sa conférence peut-on rêver d'une écriture impénétrable je vous invite à aller voir sa conférence qui est en ligne et vous verrez que la réponse est assez complexe mais Anne canto conclut également sa conférence en appelant à la nécessité de mener un grand et vrai effort de cryptanalyse un effort dit-elle qui doit être et elle insiste beaucoup sur cette question publique soutenu et continue donc je conclurai dans les mêmes termes les enjeux auxquels nous sommes confrontés concernant des communications de messages ici et maintenant de par le monde mais aussi pour le futur doivent nous engager à mener un grand et vrai effort d'anticryptoanalyse ou de pasianalyse et forts qui devrait être pareillement public soutenu et continue