Le Grand Jury de Sébastien Chenu
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Présenté par Olivier Bost. Bonjour à tous, soyez les bienvenus, c'est le Grand Jury. Nous sommes en direct sur RTL et sur Public Sénat jusqu'à 13h. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Vous êtes vice-président de l'Assemblée Nationale, député du Nord et vice-président du Rassemblement National. Marine Le Pen l'a dit sur RTL cette semaine, elle renoncera à la présidentielle l'été prochain. Si elle est condamnée, Jordan Bardella, candidat, vous faites-vous à cette idée ? Le plan B est plus durement attaqué par vos adversaires politiques. Trop jeune, trop creux, la France peut-elle choisir un candidat de 30 ans ?
Et puis pendant ce temps-là, le budget poursuit son petit bonhomme de chemin à l'Assemblée Nationale. Vous avez participé à l'alourdissement de la note fiscale sans redresser pour l'instant les comptes. Serait-ce une façon de prendre votre mal en patience quand vos envies de dissolution s'éloignent ? Bienvenue dans ce Grand Jury Sébastien Chenu. A mes côtés ce dimanche pour vous interroger, Périne Tarnot de Public Sénat et Jim Jarassé du Figaro. Dans ce Grand Jury Sébastien Chenu, nous aurons également une séquence dédiée au Parlement. Bien entendu, nous parlerons du budget et puis vous répondrez aussi à nos questions express.
Mais avant de parler de l'actualité au Parlement, nous allons parler de ce qui pourrait être un point de bascule. Sébastien Chenu, le petit frère d'Amin Kessassi, un jeune militant écologiste connu pour son combat contre le narcotrafic, a été tué par balle jeudi soir à Marseille. L'hypothèse d'un assassinat d'avertissement est privilégié. Si c'est le cas, Sébastien Chenu, est-ce un véritable tournant ?
Oui, en tous les cas, c'est une marche supplémentaire montée dans l'installation dans notre pays d'un narcotrafic qui s'installe comme une contre-société. Moi, je veux d'abord avoir une pensée, évidemment, pour Amin Kessassi, qui était un adversaire politique, puisqu'il a été candidat contre notre candidate Rassemblement National. Nous l'avions battu à Marseille, ce jeune homme qui vient de perdre l'un de ses frères. Évidemment, lui témoignait de la compassion, car il semblerait qu'il s'agisse non pas d'un règlement de compte, mais d'un assassinat politique pour essayer d'impressionner un jeune acteur politique, Kéam In Kessassi, engagé lui-même dans la lutte contre le narcotrafic.
Donc, on voit bien qu'il y a une contre-société avec tout ce qu'elle porte en elle de violence.
Vous appelez contre-société, mais est-ce que ce n'est pas carrément un mode mafieux maintenant ? Est-ce qu'on n'est pas en train de basculer vers une dérive à l'italienne ?
Oui, on peut trouver des points de comparaison, effectivement, comme ceux de l'Italie qui a connu ceux-là, mais on voit bien qu'on est face à, j'allais dire, un Himalaya de violence, de fric, de drogue, le tout mêlé et face auquel nos sociétés contemporaines et les gouvernements qui se sont succédés n'ont que peu de réponses. Je note que dans un sondage de l'IFOP, je crois 61% des Français disaient qu'ils feraient leur choix des élections municipales en fonction de la lutte contre le narcotrafic dans leur commune et 76% des Français en fonction de la lutte contre l'insécurité. Donc, il y a des leviers qui n'ont pas été, évidemment, activés.
Alors, justement, au-delà du message de fermeté, c'est quoi ces leviers pour lutter contre les narcotrafiquants ?
Ils sont de plusieurs. D'abord, je rappelle que l'insécurité, les insécurités augmentent dans notre pays. J'ai regardé les chiffres de 2025 qui sont sortis pour la première partie de l'année 2025, que le nombre d'homicides augmente de 11%, le nombre de violences augmente de 10%, le nombre de trafics de stupéfiants est en augmentation également de 14%. Donc, on est dans une société de plus en plus violente. Les gouvernements qui se sont succédés n'ont pas réussi à endiguer cette insécurité et ces violences. Ça, c'est le constat. Je pense qu'il y a d'abord deux mesures principales, mais pas uniques. J'y viens.
La première, c'est effectivement le contrôle des frontières et des ports en particulier. Cette drogue, elle est importée. Elle ne vient pas de la planète Mars. Elle vient bien de l'extérieur. Elle vient d'Amérique du Sud ou elle vient d'Afrique du Nord. Elle est importée. Nous avons donc une faiblesse manifeste sur le contrôle des frontières.
Le contrôle des ports n'a jamais cessé d'être renforcé.
D'accord. Enfin, visiblement, il y a quelques trous dans la raquette. La deuxième chose, on ne s'attaque pas assez aux consommateurs. Je le dis parce qu'il y a, et notamment à gauche, mais aussi en Macronie, des députés qui veulent dépénaliser la consommation de stupéfiants. Je pense que c'est l'inverse qu'il faut faire. Aujourd'hui, il y a une amende. Oui, mais c'est ridicule. Elle est ridicule. Mais je vais vous dire, parce que ce n'est pas uniquement des petits voyous qui consomment de la drogue. Ils en vendent, mais ce n'est pas uniquement eux, les consommateurs.
Quand vous aurez dans vos salles de rédaction, quand on aura à l'Assemblée nationale, quand on aura dans le secteur de la finance, dans le secteur bancaire, dans le showbiz, des gens qui iront devant les tribunaux devoir se justifier, prendre une amende, faire des travaux d'intérêt généraux parce qu'ils consomment et qu'ils pensent que consommer, parce que ce sont des bobos, parce que ce sont des nantis, parce qu'ils sont au-dessus des lois. Donc vous vous dites de la prison ? Et qu'eux, ils n'en ont rien à faire d'une petite amende. Donc de la prison pour les consommateurs ? Je ne dis pas uniquement de la prison. Je dis qu'il faut taper le consommateur.
Il y a toute une échelle de gradation. Et il y a aussi la réponse évidemment pénale à adapter de ce côté-là.
Quand vous dites qu'il faut taper le consommateur aujourd'hui, c'est en première instance quelque part, et c'est une amende. Après, c'est tribunal.
Elle n'est pas assez forte. Elle n'est pas assez forte. Elle devrait être assortie à chaque fois de réparations. Je vous disais, quand vous aurez un cadre sup qui devra aller nettoyer les transports en commun ou je ne sais trop quoi, et qu'il devra prendre, on devra lui imposer une journée en plus sur ses RTT pour aller faire ça. Non seulement il subira la honte, non seulement il subira le regard de ses congénaires, mais peut-être qu'il en prendra aussi conscience. Donc je vous dis, d'un côté le contrôle des frontières, de l'autre côté la sanction, de l'autre côté taper le consommateur. Les saisies, évidemment, qui doivent être automatiques.
Et puis, dernier volet, je viens, les familles qui doivent être responsabilisées, parce que ça aussi, on ne l'a pas tenté, ça n'a pas été tenté par ceux qui nous gouvernent. Il y a dans les quartiers des vendeurs, des dealers qui sont parfaitement identifiés, dont on identifie parfaitement les familles. Eh bien, moi, je vous dis que lorsque un trafiquant dans une famille est identifié, eh bien sa famille n'a pas à, par exemple, bénéficier d'un logement social. Il va falloir changer notre vision des choses par rapport à ça, et je pense qu'on en est malheureusement très loin.
Et est-ce qu'il y a risque aussi de corruption au niveau des élus ? On a vu que la Commission nationale des comptes de campagne et de financement de la vie politique s'était inquiétée récemment des risques de corruption liés au narcotrafic à l'occasion des prochaines élections municipales. Est-ce que les maires aussi sont sous la pression des narcotrafiquants ?
Il y a partout où il y a de l'argent facile et en grande quantité assorti à de la violence, des risques, effectivement, qui peuvent exister de corruption. Mais je crois qu'il y a beaucoup d'élus dans notre pays qui sont décidés à lutter contre cette forme d'insécurité, de délinquance. Ce risque, il existe, il n'y a pas de société dans laquelle ce risque ne puisse pas exister. Je note tout de même qu'il y a des approches différentes.
C'est quand même la première fois qu'on se pose cette question-là. Est-ce que ça veut dire qu'on a basculé vers un narco-État quelque part ?
Mais on y va, on y va. Mais je note qu'il y a des approches différentes. Vous avez des élus municipaux, et je ne dis pas qu'il n'y a que les élus du Rassemblement national en cela, qui sont déterminés à lutter, à tout mettre en œuvre. C'est-à-dire, par exemple, à créer des polices municipales armées. C'est ce que font nos maires Rassemblements nationaux. Et puis, vous avez des élus qui ont des couleurs politiques, qui sont souvent très à gauche. J'ai le cas, moi, je le vois dans ma commune de Douchy-les-Mines, une commune de 12 000 habitants dans ma circonscription. Il y a des dealers, il y a du deal, avenue de la liberté, etc. On connaît ça très bien.
La municipalité de gauche, communiste, a toujours refusé la police municipale, et encore plus la police municipale armée. Eh bien, je pense qu'à un moment, il faut que ces barrières idéologiques s'effondrent, ou alors, je dis aux électeurs, effondrez ces barrières idéologiques qui vous empêchent d'être en sécurité. Virez les maires qui ne veulent pas de police municipale armée. Nous en avons besoin. C'est un des éléments de la réponse, pas le seul, évidemment, à ces narcotrafiques.
Puisqu'on parlait de Marseille, vous avez bon espoir de gagner les élections municipales à Marseille ?
Le travail que fait Franck Elisio à Marseille, notre candidat, député des Bouches-du-Rhône, est remarquable. Il fait, dans un dernier sondage, la course en tête. Alors, il y a plusieurs sondages, mais disons que le sondage auquel je me réfère n'a pas été payé, financé ou commandé par ses adversaires politiques. Donc, j'y accorde un petit peu de crédit. Mais au-delà de ça, il y a un espoir que Marseille puisse faire le choix d'un maire qui restaure l'autorité, qui remette de l'ordre. Ce n'est pas le candidat de la LFI qui fera ça. Ce n'est pas le candidat de gauche qui fera ça quand on voit les inclinaisons communautaristes de M. Payan. Et ce n'est pas la candidate macroniste LR qui fera ça.
C'est Franck Elisio qui, aujourd'hui, peut devenir le maire de la deuxième ville de France. Je pense que c'est une chance que les Marseillais doivent saisir de sortir leur ville de la violence, du désordre et de la pauvreté.
Sébastien Chenu, une autre actualité de la semaine d'Injarassé. Oui, la commémoration des 10 ans des attentats du 13 novembre. Est-ce que vous avez eu honte, comme votre collègue député Julien Audoul, de la cérémonie qui a eu lieu jeudi, et notamment de la chanson finale avec des victimes et des proches de victimes ? C'est ces mots. Il a eu honte, l'a-t-on lu sur les réseaux sociaux ?
Je ne peux pas m'empêcher de penser que lorsque des terroristes islamistes qui ont tué sur les terrasses, au Stade de France et au Bataclan, autant de nos compatriotes nous voient 10 ans après chanter des chansons et continuer à allumer des bougies, la révolte des bougies donne un triste sourire, je vais vous dire. Je trouve que la réponse n'est pas à la mesure. Je comprends individuellement, chacun essaye de répondre à sa douleur avec ce qui peut l'apaiser le mieux. Mais sincèrement, la révolte des bougies, on n'en peut plus. Enfin, on réagit avec des bougies et des chansons à des gens qui ont des kalachnikovs.
Qu'est-ce que vous désapprouvez, Sébastien Chenu ? C'est ce message, notre amour sera plus fort que leur haine ? Je trouve ça grotesque.
Je trouve ça totalement grotesque. Vous n'aurez pas ma haine, embrassons-nous Folville, etc. Tout ça est d'une naïveté coupable. Ces discours sont... Je ne dis pas les discours des victimes, là encore je redis, chaque victime trouve l'apaisement comme elle le peut. Le discours des politiques et de l'État...
Là, c'était des victimes et des familles de victimes qui portaient ce message-là.
C'est pour ça que je vous dis, je ne parle pas des victimes, je parle des discours des politiques. Les discours des politiques qui consistent à dire tous ensemble, on vivre ensemble. Ce n'est pas vivre ensemble, c'est vivre avec en ce moment.
On vit avec la menace. Pardon, en l'occurrence, le message de Julien Haudel était justement destiné à cette commémoration organisée par une chorale de victimes. Si vous aviez été en charge, vous, Rassemblement National, de l'organisation de cette cérémonie, qu'auriez-vous fait différemment ?
D'abord, j'aurais invité l'ensemble des élus de la nation et des partis politiques qui composent...
Jean-Dade Bardella, c'est pas de ne pas avoir été invité.
Oui, ben voilà, je pense que la première des choses, quand on veut parler d'union nationale, puisque j'entends dans les discours de politique qu'il faut s'unir sans arrêt, vivre ensemble, etc., eh bien j'aurais convié l'ensemble des partis de l'arc républicain, donc le Rassemblement National, premier d'entre eux, à effectivement être associé à ces genres de commémorations. Je laisse encore une fois de côté les initiatives des victimes. Je ne me prononce pas sur elles. Encore une fois, lorsqu'on traverse ce qu'elles ont traversé, ce serait bien mal venu d'avoir un jugement. Mais sur la réponse de l'État, elle est faible, elle est nulle.
Mais comment vous pouvez-vous dire ça, alors que depuis 2015, les services de renseignement ont été renforcés, un certain nombre d'attentats ont été déjoués, la menace n'est pas sous-estimée aujourd'hui ?
Ah mais la menace, non seulement elle est sous-estimée, mais surtout elle n'est pas caractérisée. Qu'est-ce qui vous permet de dire ça ? Je vous explique. La menace, elle n'est pas caractérisée. Il y a dans notre société une incapacité qu'on, et que M. Nunez, par exemple, a, lui-même, mais ses prédécesseurs tout autant, a caractérisé, a définir le terrorisme islamiste. Laurent Nunez est naïf par rapport à la menace islamiste. Je n'ai pas dit qu'il était naïf, je pense qu'il est idéologiquement incapable d'affronter la menace islamiste en la nommant, en la définissant, en définissant ce qui en fait ses représentations, et pour mieux, finalement, lutter contre elle.
On ne luttera contre le terrorisme islamiste qu'en le définissant comme une idéologie, qu'en en définissant ce qui en sont ses signes représentatifs, ses moyens, ses relais. Personne refuse de parler aujourd'hui d'attentats islamistes. Mais vous voulez que je vous fasse la liste des tweets de membres du gouvernement ou de députés macronistes qui, en parlant du 13 novembre, parlent des attentats tout court. Je ne parle même pas des LFI, qui de toute façon sont incapables de prononcer le mot islamiste pour des raisons électoralistes, mais le nombre de macronistes qui n'osent pas dire que ce sont des attentats islamistes.
Quand on ne peut pas nommer quelque chose, on ne peut pas le combattre, évidemment. Donc il faut nommer les choses, les définir, en définir ses représentations, ses financements, ses relais politiques. Combien il reste encore de mosquées salafistes ouvertes sur notre territoire ? Combien il y a-t-il encore d'imams salafistes ? Vous savez, je viens d'une circonscription qui était la circonscription dans laquelle évoluait l'imam Iqusen. Donc si vous voulez, le salafisme, les frères musulmans, leur entrisme, leur complicité politique, je connais ça par cœur.
J'ai même vu Xavier Bertrand, le président de la région des Hauts-de-France, finançait le lycée Averroès pendant des années alors qu'on lui avait dit avec Marine Le Pen que c'était tenu par les frères musulmans. Il a fallu un bouquin de vos confrères, de journalistes qui le dénoncent et qui lui apportent les preuves sous les yeux pour qu'ils renoncent. Combien de temps perdu avec ses complicités ? Est-ce que vous êtes en train de dire
que la menace islamiste est négligée ?
La menace islamiste n'est pas combattue au niveau auquel elle doit être combattue. Pas par les professionnels, les policiers qui font ce qu'ils peuvent avec les moyens qu'ils sont. Ils le font avec beaucoup de dévouement. Mais nos gouvernements n'ont pas le courage d'affronter de face. Emmanuel Macron, le premier, la menace islamiste, il murmure un combat alors qu'il faudrait mobiliser évidemment tous les moyens, les premiers étant les moyens intellectuels et politiques.
Le Grand Jury, ça se passe au Parlement. Alors on en vient à l'actualité à l'Assemblée nationale. Tout d'abord une première question, Sébastien Chenu, êtes-vous un député fatigué ?
Non, pas particulièrement. Vous savez, vous avez devant vous un élu, un député, je ne vais pas parler de moi, la troisième personne. J'ai tenu pendant 15 heures le perchoir. Depuis jeudi soir, 21h30, jusqu'à vendredi minuit. Donc j'ai, je crois, fait mon devoir. Vous savez pourquoi je vous pose la question ?
Parce que les travaux ont été suspendus ce week-end parce qu'un certain nombre de groupes, y compris le vôtre, ont expliqué que les députés étaient fatigués.
J'y viens, notre groupe est le premier groupe en termes de présence et de scrutin public sur le projet de loi de finances ou pour les projets de loi de finances. C'est le plus gros groupe aussi. Oui, le premier groupe en termes de vote. Donc on est très présent, physiquement très présent. J'ai noté aussi que les députés qui voulaient siéger ce week-end, je pense à la LFI, qui voulaient qu'on siège samedi et dimanche, n'étaient pas là vendredi. Ils avaient pris leur vendredi. On siégeait aussi vendredi. Alors vous me direz, effectivement, leur droit à la paresse, ils le font vivre.
Vous savez que si vous ne siégez pas ce week-end, Sébastien Chenieux, ça veut dire que probablement vous n'allez pas arriver jusqu'au vote sur l'ensemble du projet de loi de finances. Est-ce que c'est ça que vous souhaitez éviter ?
Il y a deux choses. Non, pas du tout. Nous, on a toujours dit qu'on voulait aller au vote et on voulait tout voter. Il y a deux choses. D'abord, on légifère très mal dans notre pays. La réalité, et les Français d'ailleurs accablent souvent...
Mais là, on ne va pas changer les règles en cours de route.
Non, mais il faut quand même dire les choses. Et on est là aussi pour, je crois, faire oeuvre d'informations. On légifère très mal. Les Français se disent qu'il n'y a jamais personne dans l'hémicycle parce qu'ils ignorent qu'il y a souvent des réunions de commissions en même temps. Quand la commission des finances se réunit en même temps, qu'on vote le projet de loi de finances dans l'hémicycle, les députés, les camarades de Jean-Philippe Tanguy, Kevin Mauvieux, Mathias Renaud, tout ça... Donc ces règles sont obsolètes, c'est ce que vous dites. Donc les règles sont obsolètes et donnent à penser aux Français qu'on ne fait pas notre boulot. Les députés font leur boulot majoritairement.
Après, il y a le problème des délais de vote du PLF, du projet de loi de finances. J'essaie de ne pas faire trop d'acronymes parce que je pense que ce n'est pas...
Ils sont constitutionnels, ils sont encadrés par la Constitution.
Absolument, sauf, si vous me permettez, que le gouvernement a amené ce texte avec trois semaines de retard. Donc le premier qui a joué la montre, c'est le gouvernement avec la gestion. Ensuite, ils ont saboté ce texte avec une pluie d'amendements. Nous, le groupe Rassemblement National, on a respecté le deal, on a fait beaucoup moins d'amendements que les autres années. Je donne pour mémoire, il y a 6 000 amendements sur le projet de loi de finances cette année. Il y en avait en 2017, lorsque j'ai été élu avec Marine Le Pen, on était peu d'élus Rassemblement National, de mémoire 480 amendements. Donc il y a une inflation du nombre d'amendements sur ce texte. Qui vient de qui ?
Du bloc central, du bloc qui soutient le gouvernement. Normalement, c'est leur texte et ils l'amendent. Donc la réalité, c'est qu'ils sabotent le budget, ils savent très bien que le temps pour eux joue contre eux et qu'ils cherchent des voies, des issues.
C'est quoi l'objectif, Sébastien Chenu, selon vous ? C'est de faire passer ce texte par ordonnance ? C'est l'objectif de Sébastien Lecornu ?
Il y a trois possibilités, on va dire. Et c'est vrai que c'est de la mécanique parlementaire qui est peut-être un peu aride pour ceux qui nous écoutent et nous regardent. S'il y en a, j'espère. Je vous rassure. On ne va pas tous les avoir fait fuir. Ça peut se terminer par des ordonnances. Ça peut se terminer par une loi spéciale. Ça peut se terminer par un 49-3. Alors vous allez me dire, ah mais ils ont dit non, etc. Les ordonnances amèneraient probablement une censure. Mais moi, je crois que le Premier ministre, les lois spéciales, c'est s'il n'y avait pas de budget de voter.
Vous pensez que Sébastien Lecornu va ressortir le 49-3 ?
Pas forcément Sébastien Lecornu. Mais le Parti Socialiste, qui est totalement pied et poing lié avec le gouvernement, qui n'a pas voté la censure, qui a magouillé avec le gouvernement, parce qu'ils ont peur d'aller aux élections, sont capables, eux, de demander l'application du 49-3. Donc vous voyez, il y a trois issues possibles, techniques, pour sortir quand on va arriver à la fin des délais contraints, c'est-à-dire à la fin de l'année, en réalité, de l'examen de ce budget. Et je pense que le Premier ministre le sait déjà. Donc ils agitent des chiffons rouges. Ils savent déjà comment, à la fin, ils vont essayer de contourner la volonté populaire.
Est-ce que jusque-là, vous avez eu le sentiment, Sébastien Chenu, de participer à ce qui a été appelé une folie fiscale, notamment par le patron des patrons, qui parle de 53 milliards de taxes supplémentaires sur les entreprises ?
Alors, plusieurs choses. D'abord, on commence... Vous avez voté plusieurs taxes. Oui, alors on commence par étudier les recettes, c'est-à-dire les impôts. Donc effectivement, on ne parle que de taxes et que d'impôts, plus, moins, nouveaux, anciens. Enfin, on ne parle que de ça, puisque c'est l'ordre. Après, on va étudier les dépenses. Ceux qu'on dépense de moins, ceux qu'on met moins sur l'appareil d'État, sur un certain nombre de contributions... Mais ma question, c'est, est-ce que vous avez participé ? Non, mais il y a quand même un effet... Un effet... Cumulatif, d'accord. Voilà. Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir participé à une folie fiscale ? Non. Je vous explique pourquoi.
Ensuite, nous partons d'un budget qui a considérablement fait déraper les finances publiques. Donc la folie fiscale, elle est là. Je vous rappelle que Bruno Le Maire a indiqué, il y a quelques semaines, qu'il avait remis une lettre secrète à Emmanuel Macron, lui indiquant que les comptes publics étaient à la dérive. Et Emmanuel Macron, non seulement n'en a pas tenu compte, non seulement ne l'a pas rendu public avant les élections, mais a continué. Donc les comptes imposent de nouveaux impôts ? Alors, les comptes n'imposent pas forcément de nouveaux impôts. D'abord, ils auraient pu, à un moment de notre histoire contemporaine, ces derniers mois, ils ont manqué des occasions.
À un moment, les taux d'intérêt étaient plus bas. Ils ont été plus bas à partir de 2017, d'ailleurs, quand Emmanuel Macron est arrivé, jusqu'en 2019, à peu près. À un moment, on a eu de la croissance aussi. Ils n'ont pas bénéficié, ils n'ont pas utilisé ces deux leviers incroyables, des taux d'intérêt bas et de la croissance.
Donc vous alourdissez la fiscalité parce que c'est nécessaire et indispensable aujourd'hui ?
Non, ce n'est pas ça. Aujourd'hui, l'État refuse de s'attaquer aux dépenses toxiques, aux dossiers tabous, et continue à dépenser à tort et à travers. Je vous donne un exemple. La contribution à l'Union Européenne, que fait sa France ? Non, mais ce n'était pas la question de Louis Vébost ? Pas du tout. Si, si, je vous entanche sur les taxes. Je termine juste mon propos et je viens sur les taxes. La contribution à l'Union Européenne, c'est plus 6 milliards d'euros cette année. Donc évidemment, quand vous avez un gouvernement qui par idéologie, qui par soumission, met 6 milliards de plus dans la balance, donne à l'Union Européenne 6 milliards de plus.
Ce qui a été voté au niveau européen,
c'est une augmentation du budget européen. D'accord, mais on est contributeurs nets. On donne plus qu'on ne reçoit. À partir du moment où le gouvernement donne 6 milliards de plus à l'Union Européenne, de l'autre côté, il va bien falloir trouver, puisqu'ils ne veulent pas s'attaquer aux coûts de l'immigration, puisqu'ils ne veulent pas s'attaquer aux dépenses toxiques de l'État, aux agences, etc.
Si vous donnez moins à l'Union Européenne, forcément, la France reçoit moins aussi, notamment nos agriculteurs, via la PAC.
Mais madame, nous sommes contributeurs nets. On donne plus qu'on ne reçoit. Donc, si on donne moins, pour l'instant, on donne toujours plus. Eh bien, si on reçoit autant qu'on donne, on sera équilibré. Mais pour l'instant, c'est déséquilibré.
Admettons que la France baisse sa contribution au budget de l'Union Européenne. Ça ne va pas changer le véritable problème qui est l'alerte aujourd'hui donnée, par exemple, par Amélie de Montchalin, qui dit, attention, en l'état actuel du budget de la France, c'est 5% de déficit l'année prochaine. Donc, il va falloir trouver des économiques. Quelles sont vos priorités ?
Oui, j'y viens. Ces 5% de déficit, c'est leur ouvrage. Ce sont eux qui nous ont amenés à ce déficit monstrueux. Vous dites, si on baisse l'Union Européenne, ça ne change pas grand-chose. La contribution à l'Union Européenne, ça ne change pas grand-chose. Ben si, c'est-à-dire qu'on pourrait avoir 6 milliards de plus. Avec 6 milliards, on en fait des choses et notamment, on aurait pu financer un autre modèle de réforme des retraites, voyez-vous, un autre modèle de retraite. Qu'est-ce qu'on fait ? Alors nous, ce qu'on essaie de faire là-dedans, on est guidé par quoi ? On est guidé par l'idée de se dire, puisque ce n'est pas notre budget, quel est notre objectif ?
C'est d'avoir un budget qui s'attaque, je le disais, aux dépenses toxiques de l'État. Donc on va y venir. Quelles sont les dépenses de l'État ? C'est la partie 2 du projet de loi de finances. Mais également, qu'elle est en matière de fiscalité, ce qui nous semble être le plus juste. Et c'est là où on vient sur les taxes et les impôts. Donc nous, on regarde toujours ce qui est le plus juste. Par exemple, on a éteint l'impôt sur la fortune immobilière, fini, parce qu'on a l'impression qu'il n'y a que des impôts qui sont créés. Celui-ci est mort et enterré et il est remplacé par un impôt sur la fortune qui est appelé non-productive. Mais nous, on ne l'avait pas appelé comme ça.
Mais qui, en ramenant peu ou prou à peu près la même chose que celui sur la fortune immobilière, ne touche pas exactement les mêmes. Ce n'est pas exactement la même assiette. Ce n'est pas le même taux, etc. Donc ce qu'on fait, c'est qu'on essaye... C'est l'assiette de l'ISF. Ce n'est pas exactement pareil parce que je pense que ça rapporte plus que l'ISF de mémoire. L'ISF, c'était 2 milliards. Et là, avec cet impôt sur la fortune, vous avez également voté une surtaxe
sur les hauts revenus. Vous avez également voté une surtaxe sur les multinationales.
Attention. Ce n'est pas une... Non, mais parce qu'il ne faut pas tout mélanger. Sur les multinationales, ce n'est pas une surtaxe. On a voté en fait une amende, un dispositif...
Il y a également une taxe sur les hauts revenus familiales. Il y a plusieurs taxes. Mais d'accord, mais chaque chose est différente.
Le gouvernement national a voté. Sur les multinationales, c'est un dispositif antifraude. C'est en fait un dispositif qui vient en général taper des profits qui sont délocalisés. C'est-à-dire que vous avez des grandes entreprises étrangères qui sont sur notre sol, qui profitent des infrastructures, j'allais dire, françaises, et qui, parce qu'elles sont délocalisées, baillent leurs impôts ailleurs. Donc, on a voté un dispositif... Ce n'est pas une taxe. C'est un dispositif antifraude. Moi, je pense qu'effectivement, ça, c'est vertueux de le faire. Après, il y a effectivement... On peut aussi se dire qu'une société sans impôts peut exister.
Enfin, j'ai du mal à imaginer comment ça pourrait exister. Parce qu'il y a quand même, de l'autre côté, des dépenses publiques à financer.
De là à créer des nouvelles taxes dans une société qui est déjà une des plus fiscalisées en Europe, c'est deux choses différentes.
Non, je viens de vous expliquer que, par exemple, on a tué un impôt, l'impôt sur la fortune immobilière, on l'a remplacé par un autre. Il n'y a pas de nouvel impôt. C'est-à-dire qu'on a sorti, on a changé le taux, on a changé l'assiette, on a fait en sorte de faire évoluer la fiscalité par quelque chose de plus juste. Mais moi, j'assume un certain nombre de victoires. Moi, je suis très content, par exemple, qu'on ait obtenu que les retraites soient réindexées. Je suis très content qu'on ait empêché de taxer, vous regardez, les pourboires. C'est quelque chose de très minime et qui est très symbolique. Le gouvernement voulait taxer les pourboires.
Qu'on ait empêché, c'est les socialistes, voulait faire une taxe de 20% TVA sur la restauration. En exemptant les restaurations de haute gastronomie. M. Brun, soi-disant candidat populaire, lui, il voulait que la haute gastronomie paye 5,5% de TVA, mais tous les autres petits restaurateurs, le bistrot, le routier, etc., payent 20%. On a empêché ça. Donc, vous voyez, il n'y a pas que des impôts. Nous, ce qu'on veut, on est guidés par l'idée d'une fiscalité plus juste.
Sébastien Chenu, alors là, sauf erreur de ma part, vous n'avez pas eu le temps de voter là-dessus, mais vous étiez contre la taxation des petits colis en provenance de Chine. Pour quelles raisons ?
Bon, la taxation sur les petits colis en provenance de Chine, elle met le doigt sur, effectivement, le déversement d'un certain nombre de produits chinois dans notre économie. On peut parler, en fait, c'est Chine qui a mis un peu le doigt là-dessus, qui l'a fait rentrer dans le grand débat public. La taxation sur les petits colis, elle pose, à mon avis, plusieurs problèmes. D'abord, elle ne compense pas. Il y a 4,6 milliards à peu près, je crois, de flux financiers sur ces colis. Elle ne les compense pas. Ce n'est pas cette taxe qui a compense. Oui, vous voulez dire par rapport
à la rentrée de TVA, c'est ça, vous voulez dire ?
Exactement. Et en fait, je vais vous dire, moi, je pense que ça...
Vous avez vu ce qui se passe, Donald. Les taxes, aujourd'hui, ces petits colis chinois, du coup, ils se déversent sur l'Europe. La difficulté,
c'est qu'en fait... Non, pas du tout, mais la difficulté, c'est qu'en fait, ça va remplir un peu les caisses de l'État et que c'est encore le consommateur qui, finalement, va payer au bout. Donc, je pense que c'est... Vous préférez qu'il achète chinois que... Non, non, non. Mais je pense qu'il y a plusieurs choses à faire. D'abord, évidemment, des taxes aux frontières de l'Union Européenne. Moi, je pense qu'il faut, effectivement...
D'ailleurs, c'est intéressant parce que c'est une proposition de la Banque d'Investissement, de la Banque Publique d'Investissement qui a dit qu'il faudrait maintenant que l'Union Européenne, c'est drôle, se protège à travers une politique de taxes aux frontières. C'est ce que le Rassemblement National propose. C'est ce que l'Europe sera prête à faire. D'accord. Très bien. Allons-y. Allons-y vers les quotas textiles. Les quotas textiles, ça a existé, je crois, jusqu'à peu près l'an 2000. Eh bien, vous voyez, par rapport notamment à la Chine... Donc, vous étiez pour une forme
de protectionnisme, notamment vis-à-vis des produits chinois. Alors, pourquoi refuser aujourd'hui cette taxation des petits colis ? Parce que je vous dis, elle n'est pas efficace.
Parce que d'abord, elle est contournable. Bon, elle est contournable. Ils vont aller s'installer ailleurs, etc.
Les pays qui l'appliquent, ça a fait chuter drastiquement le nombre de commandes sur ce type de plateforme.
Je vous redis les trois arguments. Un, elle est contournable. Deux, elle remplit les caisses de l'État. Trois, c'est le consommateur Je préfère qu'on ait des mesures protectionnistes à l'entrée de l'Union Européenne parce que je pense que ça, ça permet de mettre exactement au niveau auquel nous devons le mettre la lutte contre l'envahissement textile et pas seulement textile d'ailleurs puisque je vous rappelle qu'on l'a fait d'ailleurs sur les voitures électriques chinoises aussi il y a quelque temps de produits chinois sur nos marchés.
Une dernière question sur un vote. Là, pour le coup, au Parlement européen, vos députés, avec le concours des députés européens de droite, ont supprimé ou largement réduit en fait le devoir de vigilance des entreprises. Alors, pour rappel, ce devoir de vigilance doit obliger les entreprises à traquer le travail notamment des enfants, le travail forcé, les atteintes à l'environnement, etc. Pourquoi s'être opposé ou avoir plutôt réduit ce devoir de vigilance ? Parce que là aussi, ça relève, ça empêche une forme de dumping, de concurrence sauvage, etc.
Alors, pour être désolée, je n'ai pas regardé ce dispositif cette semaine étant un peu concentré sur le PLF et le PLFSE, je n'ai pas regardé ça, mais je sais très bien comment les choses fonctionnent au Parlement européen. On vous donne un texte avec un titre vertueux qui fait qu'on se dit qu'on ne peut pas ne voter contre quand même et puis quand on regarde dans le détail, il y a des tas d'atteintes à la souveraineté des États, etc. Donc, j'imagine que c'est encore, ça fait partie de ces textes européens qui nous donnent un...
Mais ça envoie deux messages un peu différents, si vous voulez. D'un côté, un patriotisme et un protectionnisme assumés et de l'autre côté, une forme de mondialisme et de libéralisme aussi acceptés.
Non, vous savez, vous aurez du mal à faire croire que les députés européens du Rassemblement national au sein des groupes patriotes sont effectivement hostiles à des formes, de quelques formes de patriotisme que ce soit. Donc, là encore, je vous dis, je ne l'ai pas vu en détail, mais je sais comment on procède au Parlement européen. Ce sont des textes à tiroir avec des tas de dispositions qui visent souvent à faire en sorte que les Etats soient... On leur prenne encore des pans de souveraineté. Je ne sais pas si c'est le cas de ce texte, mais je subodore que ce soit ça.
Sébastien Chenu, restez avec nous. Seconde partie du Grand Jury à suivre dans un instant et nous parlerons notamment de candidatures pour 2027. Marine Le Pen ou Jordan Bardella ? A tout de suite. Adieu. Suite du Grand Jury présenté par Olivier Bost. Sébastien Chenu, vice-président de l'Assemblée nationale, député du Nord et vice-président du Rassemblement national est notre invité. À mes côtés pour vous interroger, Perrine Tarnot de Public Sénat et Jim Jarassé du Fidaro. Le Grand Jury 2027, c'est demain. Alors Marine Le Pen a dit cette semaine sur RTL qu'elle renoncerait à l'élection présidentielle si elle était condamnée lors de son procès en appel.
Elle n'attendra pas le résultat d'un recours en cassation dans l'affaire des assistants parlementaires. Sébastien Chenu, pour vous, personnellement, la page Marine Le Pen est en train de se tourner ?
Non. Le procès en appel va avoir lieu. Marine Le Pen est innocente. C'est un autre procès. C'est une autre approche probablement de la défense de Marine Le Pen ou de l'accusation d'ailleurs qui sera menée. Et moi, je crois que Marine Le Pen a encore toutes ses chances.
Qu'est-ce que vous pensez de cette décision de ne pas attendre la cassation ?
Mais Marine Le Pen a toujours agi par transparence. D'abord, il y a un aspect technique. La cassation arriverait tellement tard, tellement loin, tellement proche de l'élection présidentielle que ce ne serait évidemment pas raisonnable. Et la deuxième chose, c'est que Marine Le Pen veut que nos idées arrivent au pouvoir. Et par conséquent, que ces idées soient à ses yeux portées par elle, qui s'est préparée à cela, qui est prête à ce combat, ou qu'elle soit portée peut-être par Jordan Bardella si Marine Le Pen en était privée, eh bien, pour Marine Le Pen, ce n'est pas si important que cela dans le sens où elle veut et à la raison que ce soit nos idées qui arrivent au pouvoir.
Ça tombe bien, ces idées sont portées aussi bien par l'un que par l'une.
Est-ce que c'est pour donner moins de pression, moins d'importance à ce procès en appel ? C'est-à-dire que si son sort, quelque part, n'est pas nécessairement lié à ça pour 2027, est-ce que ça peut donner moins de pression autour du procès ? Ah, mais ce sera
un scandale démocratique si Marine Le Pen est empêchée de rencontrer les Français à l'occasion de cette élection présidentielle. Enfin, je veux dire, voyons les choses telles qu'elles sont. Ce sont donc des juges qui, dans notre pays, sont en train peut-être demain de décider quels sont les candidats qui peuvent ou pas décider de présenter. Non, parce que j'espère qu'elle puisse être différente, donc je ne la condamne absolument pas. Moi, j'ai confiance dans l'institution, mais là où ma confiance pourrait être altérée, ce serait que des juges puissent décider de qui peut se présenter à une élection présidentielle à travers notamment les mesures d'exécution provisoire.
Une décision de justice peut être
un scandale politique ? Une décision de justice peut évidemment être un scandale politique lorsqu'elle est prise à l'aune... Vous avez dit
scandale démocratique même.
Oui, lorsqu'elle est prise à l'aune d'un jugement qui est fondé davantage sur la politique que sur le droit. Et je pense qu'effectivement les mesures d'exécution provisoire auxquelles je fais référence, en tous les cas auxquelles je fais référence concernant Marine Le Pen qui l'empêcheraient de se présenter, et bien évidemment, sont un scandale, seraient un scandale.
À son procès en appel, Marine Le Pen sera jugée à vous écouter par une justice politique.
Mais pas forcément. Je ne dis pas que tout ça est un rail sur lequel on est enclenché. Je dis qu'il y a un risque qu'il y ait des juges qui fassent passer et ils sont probablement minoritaires dans l'institution des convictions politiques avant le droit. Moi, j'ai confiance dans l'institution. J'ai confiance dans la justice. Je rappelle souvent que moi, je suis fils d'une greffière. Donc, vous savez, l'institution, le petit peuple de la justice, les hommes et les femmes qui font la justice de notre pays, je le connais bien et j'ai confiance dans notre institution. Je dis aussi qu'il y a des gens qui sont animés d'un goût de revanche politique dans cette institution.
Nous les avons vus à l'œuvre, notamment, par exemple, avec Nicolas Sarkozy. J'espère, je souhaite et j'ai confiance pour que demain, ce ne soit pas le cas concernant Marine Le Pen.
Alors, si Jordan Bardella représente le Rassemblement National à la prochaine présidentielle de 2027, est-ce qu'il est prêt ? On a pu entendre, par exemple, Xavier Bertrand la semaine dernière dire que Jordan Bardella était creux, amateur, qu'il n'avait pas travaillé ses dossiers et qu'il ne connaissait rien à la vie. Est-ce que ces attaques peuvent porter dans l'opinion publique ?
Bon, d'abord, je ne vais pas commenter les propos de Xavier Bertrand qui est toujours dans la revanche, la haine, qui lui-même n'a même pas réussi à être choisi par ses propres camarades pour porter les couleurs de son parti moribond. Il attaque que Xavier Bertrand
notamment sur son âge, est-ce qu'à 31 ans
il faut être prêt ? J'y viens. D'abord, avant de se poser la question de savoir si Jordan Bardella est prêt, il faut peut-être se poser la question de savoir est-ce que les Français sont prêts à avoir un président de la République du Rassemblement National. Je le dis parce qu'on a entendu sur votre antenne RTL un vieux chanteur Alain Souchon qui écrit très bien, qui est un grand chanteur, tenir des propos particulièrement méprisants disant que les Français n'étaient probablement pas assez cons, je reprends son propos, pour élire un candidat, un président du Rassemblement National. Je trouve ces propos déplacés, déconnectés, méprisants.
Moi je pense qu'au contraire les Français sont suffisamment intelligents pour rompre avec toutes les politiques qui font leur malheur.
Ça c'est la réponse à Alain Souchon. Absolument. Mais la réponse à Xavier Bertrand parce que Xavier Bertrand soulève un sujet quand même.
Oui, enfin un sujet qui n'en est pas un. Je vous dis pourquoi. Moi je pense que l'âge n'est pas un sujet. Et je ne vous le dis pas uniquement pour Jordan Bardella parce que j'entends la même chose de l'autre côté de l'échiquier politique par exemple avec Jean-Luc Mélenchon. Certains disent mais il a 75 ans, il est complètement amorti, ce n'est pas un âge pour continuer. Moi je crois que aussi bien à 30 ans, 31 ans, Jordan Bardella aura 31 ans qu'à 75 ans vous pouvez être un politique qui a du ressort et qui est capable. Je pense qu'en tous les cas Jordan Bardella d'abord il a l'expérience d'avoir gagné des élections, d'avoir mené des campagnes électorales.
Puis vous savez, c'est Borges qui écrivait ça. Dans chaque homme il y a deux hommes. Vous avez le Jordan Bardella patron d'un parti politique qui a mené des campagnes victorieuses et vous avez peut-être demain un Jordan Bardella qui s'il était notre candidat à l'élection présidentielle, moi je pense que c'est Marine Le Pen qui le sera, mais si c'était Jordan qui devait prendre la relève, se révélerait comme quelqu'un qui a la dimension les épaules et puis vous l'avez vu évoluer et d'ailleurs en réalité moi j'entends beaucoup de journalistes qui me disent ou d'observateurs
notamment au second tour là où il faut rassembler les Français.
Je pense que ça n'a aucune importance, que l'âge n'a aucune importance. Je pense qu'il acquiert la dimension. Il a acquis une dimension et sincèrement c'est aussi prendre les Français pour des imbéciles que d'imaginer que les Français ne feraient pas confiance à quelqu'un qui porte des idées politiques. Jordan Bardella porte des idées politiques et sont en rupture avec celles qui aujourd'hui font notre malheur depuis tant d'années. Vous parlez de ce que veulent
les Français. Il y a une forme de contradiction. Je cite un sondage Elab pour les Echos. 39% des Français ont une image positive de Jordan Bardella mais 51% ont une image négative dont 37% très négative. est-ce que ça ne résume pas forcément le problème que vous pourriez rencontrer au second tour dans l'entre-deux-tours c'est-à-dire pouvoir convaincre votre socle politique
mais pas aller au-delà ? Bon, d'abord que portent Jordan Bardella et le Rassemblement National et Marine Le Pen ? On porte la défense de l'identité de la France et de la valeur travail si je résume ça à grands traits. On va venir au programme. Moi je pense qu'on porte fondamentalement ces deux défenses la valeur travail l'identité de la France. Personne d'autre ne les porte au niveau auquel nous les portons. Maintenant, on ne nous a pas vus à l'œuvre et ça je pense que c'est effectivement pour nous une difficulté supplémentaire. Moi j'ai toujours pensé je pense fondamentalement qu'effectivement c'est pour ça je pense fondamentalement qu'il faut nous voir à l'œuvre.
Là on nous voit à l'œuvre on vote pour nous et on revote pour nous. Regardez nos maires je pense évidemment au maire des Nimbomont qui a mis des années à devenir maire des Nimbomont je rappelle que Steve Rivo la première fois qu'il se présente il fait 7%. La dernière fois il fait 76% au premier tour. Là on nous voit à l'œuvre on veut nous voir continuer. Vous avez toujours l'espoir d'une dissolution ?
Ah oui, je pense que rien n'est impossible. Mais vous ne pensez pas que, attendez, excusez-moi mais à la fin de l'épisode budgétaire ça veut dire que ça ça menace quelque part les élections municipales qu'ensuite on se rapproche quand même énormément de l'élection présidentielle donc une nouvelle dissolution ça fait que le prochain président ne pourrait pas nécessairement dissoudre. Est-ce que ce n'est pas trop tard pour une dissolution ?
menace les élections municipales on peut voter deux fois le même jour à deux élections différentes on l'a déjà fait dans notre pays on sait s'organiser moi au contraire je pense que c'est il y a certaines villes où il n'y a pas assez dure mais c'est une bonne occasion non
la campagne municipale a du mal à se lancer
ce que ça menace je veux dire ce que ça menace c'est les intérêts politiques du système de ces vieux partis pourris LR et le parti socialiste qui n'ont qu'une trouille c'est de se retrouver devant les électeurs et ils ont raison parce qu'ils seront balayés mais quoi ça veut dire qu'on va jusqu'en 2027 accepter de subir les français en baissant la tête des politiques qui viennent les ponctionner des politiques qui viennent aujourd'hui handicaper le pays plus vite on se débarrassera de ce gouvernement et de ce qui n'est même pas une majorité de ce bloc central pour mettre en place une autre majorité mieux on servira les intérêts de la France
vous venez de nous dire que Jordan Bardella lui manquait finalement l'expérience du pouvoir à nous tous
au Rassemblement National pas Jordan à nous
voilà c'est sa principale faiblesse selon vous pour la prochaine présidentielle qu'est-ce qu'il lui manque de pouvoir ?
pour le Rassemblement National oui on ne nous a pas vu exercer le pouvoir donc je pense que ça ça manque évidemment et qu'une dissolution qui nous permettrait peut-être pendant un an de montrer ce qu'on saurait faire les chemins qu'on saurait emprunter même si pendant en un an on n'arriverait pas forcément évidemment à tout faire mais on montrerait qu'il y a d'autres voies pour les français en politique fiscale migratoire sécuritaire de logement que sais-je donc oui pour le reste on est raccord avec les attentes du pays
s'il n'y a pas de dissolution vous n'allez pas exercer le pouvoir comme vous dites d'ici l'élection présidentielle donc comment vous pouvez pallier cette faiblesse que vous décrivez comme telle ?
je pense par nos propositions en réalité je pense qu'à chaque fois que nous faisons des propositions souvent elles sont décriées au début regardez nous avons eu plusieurs victoires pendant ce débat budgétaire nous avons fait passer un amendement porté par Emmanuel Taché sur un amendement contre les délocalisations nous avons fait passer une proposition une PPL un amendement pardon porté par Kevin Mauvieux député de l'Eure sur les rachats d'actions et bien je vous le dis je vous donne un exemple ces deux éléments rachat d'actions ou anti-délocalisation ou lutte contre les délocalisations sont des domaines dans lesquels les français nous soutiennent
vous savez aussi ce qu'on dit c'est que vous êtes les nouveaux détenteurs à peu près du en même temps vous voulez à la fois être sociale et libérale dans ce que vous votez il y a un peu de tout vous êtes devenu un parti attrape tout qu'est-ce que vous répondez à ça ?
j'ai déjà entendu ça mais d'abord si on peut unir les français moi je préfère ça au discours qu'on a entendu pendant des années en disant qu'on voulait opposer les français les uns aux autres
vous êtes les nouveaux centristes alors
on laisse ça Emmanuel Macron nous on veut unir les français quelles que soient leurs origines quelles que soient leurs âges quelles que soient leurs situations géographiques leurs inclinaisons leur passé politique on veut unir les français et on peut le faire à travers des propositions et des valeurs est-ce que votre programme
est prêt ? on a vu à chaque élection présidentielle que vous avez abandonné une part de vos propositions c'était la sortie de l'Europe en 2014 la sortie de l'euro ensuite également la retraite à 60 ans qu'est-ce que vous allez abandonner là par rapport à ce corpus ?
non mais d'abord le monde évolue on ne récupérerait pas la gestion d'un pays demain comme celui que nous avons connu il y a quelque temps la situation est encore plus abîmée alors qu'est-ce que dans votre programme d'aujourd'hui doit être adapté ?
un programme ça s'adapte c'est pas ce qui doit être abandonné ou conservé d'abord je pense qu'il faut garder les mêmes lignes directrices vous les connaissez nos lignes directrices c'est restaurer les autorités c'est défendre la souveraineté de la France ça c'est les grandes lignes directrices de notre programme nous les avons toujours nous continuons moi je pense qu'il y a des sujets sur lesquels on est moins audible et sur lesquels on doit encore par exemple faire preuve peut-être d'audace avec des propositions parce que ce sont des sujets auxquels les français sont attachés sur la santé sur le logement sur la culture on a des choses à dire je le dis parce que par exemple sur la culture moi j'ai accompagné Marine Le Pen au salon du patrimoine il y a une attente les français on l'a vu avec le Louvre la polémique enfin le vol des bijoux du Louvre toujours pas récupéré Madame Descartes la patronne du Louvre pardon plus que conservatrice la directrice générale est toujours en place aucun problème les doigts dans le nez tout va bien et bien je pense qu'il y a des attentes des français sur ces sujets là on a des propositions à faire donc on garde notre fil directrice protection de l'identité protection de la valeur travail protéger les français qui ont travaillé qui travaillent ou qui voudraient travailler et protection évidemment de notre souveraineté
donc vous parlerez toujours de priorité ou de préférence nationale absolument priorité nationale
concernant notre dette abyssale de 3300 milliards d'euros est-ce que vous êtes d'accord avec Jordan Bardella qui dans une interview récente à The Economist lui il prône pour que la banque centrale européenne rachète de la dette française pour alléger nos contraintes vous y êtes favorable ?
c'est déjà ce que la banque européenne française peut faire donc moi je pense qu'effectivement oui mais la BCE
au niveau européen vous êtes favorable ?
bien sûr mais ça ne se fait pas sans rien il y aura une demande il y aura des contraintes mais ces contraintes nous on est capable une politique de la rigueur
donc à mener en retour
et bien cette politique c'est plutôt celle de faire baisser les dépenses toxiques qui alourdissent la charge publique de l'Etat c'est-à-dire les agences et l'immigration attendez
on ne parle pas de ça c'est à partir du moment
où la BCE
accepte d'alléger notre dette
c'est-à-dire avec des contreparties oui oui mais nous pouvons aussi faire oeuvre de propositions ça c'est pas une perte
de souveraineté ?
non parce que je vous explique qu'il y a des sujets mais j'essaye de l'expliquer d'ailleurs dans chaque émission j'ai l'impression qu'on ne veut jamais en entendre parler tant qu'on ne s'attaquera pas à la dépense taboue de l'immigration et bien la dépense publique de notre pays sa dette sera évidemment tout aussi importante il y a des dossiers qu'il va falloir ouvrir il va falloir avoir le courage d'ouvrir
donc ça vaut bien de se soumettre un petit peu à l'Europe
sur le plan budgétaire ? c'est pas se soumettre moi ce que je crois c'est qu'on ne peut pas être simplement un contributeur net on ne peut pas simplement nous donner beaucoup à l'Europe de l'argent des français sans jamais à un moment pouvoir s'appuyer dessus c'est l'Europe à la carte finalement ? ah ben l'Europe à la carte ça vaut mieux effectivement en tous les cas que l'Europe qui aujourd'hui simplement bénéficie du soutien de l'argent des français de façon très nette et qui ne nous rend pas autant que nous lui donnons oui ça je préfère
le grand jury question express alors avec des réponses par oui ou par non pour ou contre l'allocation sociale unique proposée par le premier ministre Sébastien Lecornu c'est une bonne ou une mauvaise idée ?
non moi je ne crois pas que ce soit une bonne idée moi je pense qu'il faut vous avez touché tout à l'heure la préférence nationale sur un certain nombre d'aides sociales je pense que la logique de ce gouvernement c'est uniquement raboter encore et encore les aides sociales et lutter contre la fraude il faut nous lutter contre la fraude mais si l'idée de ce qu'a ce gouvernement c'est de raboter les aides sociales que mérite un certain nombre de français touchés par la difficulté des personnes handicapées des personnes qui ont des difficultés je n'y crois pas je pense que ça c'est leur logique
justement sur la fraude Périne Tarnot
est-ce que vous êtes favorable parce que France travaille surveille les fichiers des compagnies aériennes les relevés téléphoniques des chômeurs pour vérifier si leur lieu de résidence est bien en France c'est ce qu'a voté le Sénat là
et puis quoi encore ? non mais moi je ne
ce sont des dispositions très concrètes pour lutter contre la
vous appelez ça du flicage ? oui ça j'appelle ça du flicage la lutte contre la fraude c'est pas ça la lutte contre la fraude c'est d'abord la fraude sociale ou fiscale c'est pas exactement la même mais la fraude à la TVA vous êtes contre l'utilisation des moyens modernes pour lutter contre la fraude je ne veux pas qu'effectivement l'État à travers France Travail puisse s'insérer dans l'intimité
des Français peut-on célébrer une messe à la mémoire du maréchal Pétain c'est ce qui s'est passé à Verdun cette semaine malgré les alertes du préfet de la Meuse
moi je crois que c'est très difficile de célébrer une messe à la mémoire du maréchal Pétain il ne faut pas faire ça le maréchal Pétain évidemment a été le vainqueur de 14-18 mais il a été surtout la honte absolue ensuite donc ça n'efface pas le fait d'avoir mené la France à la victoire en 14-18 mais ce qu'il a fait après ruine totalement l'image et les qualités qu'on aurait pu lui prêter donc on ne le célèbre pas il aurait fallu l'interdire l'interdire en tous les cas oui oui il aurait fallu enfin l'interdire moi je n'aime pas les sociétés d'interdits mais on ne célèbre pas le maréchal Pétain en France évidemment
La reprise du dialogue avec Alger a permis de trouver une solution v'là l'Allemagne pour libérer Boulême Sansal est-ce que vous en concluez que la stratégie du rapport de force n'était pas la bonne ?
Non j'en conclue même l'inverse d'abord merci à l'Allemagne et honte un peu à la France qui a balbutié qui n'a pas su faire etc l'Allemagne n'en a bien compris enfin moi je crois ça a permis d'éviter nos rapports trop dégradés Ce que je crois c'est que d'après les confidences qu'on a pu me faire c'est que l'Allemagne obtient ça parce que l'Allemagne a menacé d'interdire de soins hospitaliers un certain nombre de personnalités du régime algérien en leur disant écoutez vous ne viendrez plus vous faire soigner en Allemagne puisque je crois c'est pas un secret médical mais que le président Tebboune est déjà allé se faire soigner en Allemagne d'après ce que j'ai compris je mets ça au conditionnel et que l'Allemagne a dit c'est fini et donc l'Allemagne a fait preuve quelque part du bras de fer que nous n'avons pas fait je le dis parce que nous quand on a fait abroger à l'Assemblée nationale il y a 15 jours les accords de 68 qu'il faut que le président mette en oeuvre pour que le président de la république entende ce que les représentants du peuple lui ont dit on nous a dit oh là là mais vous risquez de mettre en danger Boilem sans salle mais pas du tout la preuve
pas du tout pour bien comprendre sur les accords d'Alger qu'est-ce que vous demandez exactement ?
en fait la même chose on veut que les accords avec l'Algérie soient les mêmes qu'avec les autres pays que ce soit pour entrer séjourner que ce soit quelles conséquences sont aujourd'hui les accords d'Alger parce que globalement ils n'apportent pas ce sont des accords qui sont dérogatoires si vous voulez et qui permettent à un citoyen algérien dans le parcours migratoire qui serait le sien d'avoir beaucoup plus de facilité facilité pour faire rapatrier sa famille facilité pour s'installer que ce soit en termes de temps par exemple et également
pour ne pas être expulsé lorsqu'il est délinquant si on fait une comparaison par exemple avec le Maroc aujourd'hui on accueille quasiment plus de Marocains que d'Algériens et pour le coup on n'arrive pas non plus à les expulser votre argument si vous voulez pour l'Algérie
ça c'est autre chose nous on veut aligner l'Algérie sur pas plus pas moins sur les autres pays maintenant on veut accueillir moins évidemment au global moins d'immigration dans notre pays qu'elle soit marocaine qu'elle soit algérienne qu'elle soit asiatique ou autre nous voulons accueillir moins de gens de l'extérieur nous accueillons en moyenne 500 000 personnes sur notre territoire
avec l'Algérie vous continuez de plaider pour le bras de fer quid du journaliste Christophe Glaze qui est toujours retenu en otage par l'Algérie
vous avez raison le chemin n'est pas fini il faut se réjouir du retour de Boilem Sansal
mais il faut
continuer le bras de fer enfin continuer entreprendre le bras de fer est-ce qu'Emmanuel Macron
par exemple doit rencontrer son homologue algérien c'est évoqué peut-être à l'occasion du futur du prochain G20
le rencontrer pour dire quoi ? oui lui rencontrer pour lui dire qu'il va abroger les accords de 68 oui pour lui dire qu'il va arrêter la politique des visas que délivre la France non seulement aux Algériens mais tant que Christophe Glaze ne sera pas sur le territoire français plus un visa délivré à l'Algérie ça c'est le bras de fer mais Emmanuel Macron a visiblement à la trouille Bruno Retailleau il a parlé mais il n'a pas fait enfin à un moment il faut aussi voir la vérité en face il n'y a pas de bras de fer qui a été tenté dans notre pays Emmanuel Macron il a la trouille
Sébastien Chenu une toute dernière question dans ce grand jury Nicolas Sarkozy a retrouvé la liberté en début de semaine vous aviez envoyé plusieurs lettres à l'ancien président de la République pendant sa détention est-ce que vous avez eu un contact avec lui depuis est-ce qu'il vous a répondu ?
Alors par personne interposé je lui ferai probablement un petit signe je voulais le laisser souffler j'allais dire mais je pense qu'il était victime effectivement d'une appréciation judiciaire qui alors qu'il a un degré de juridiction d'appel qui est possible l'a amené en prison avec une exécution provisoire qui me semblait effectivement porter atteinte à la présomption d'innocence Vous avez eu un récit de sa détention par ses proches ?
Nous avons des amis communs qui ont pu m'en parler mais ça ça lui appartiendra de s'exprimer moi la relation personnelle que j'ai avec l'ancien chef de l'État elle est faite probablement aussi à la lumière des bons souvenirs que nous avions eu de ces campagnes présidentielles et vous savez moi je préfère toujours avoir un signe de sympathie tendre la main à quelqu'un lorsqu'il traverse une difficulté que lorsqu'il est en haut de la fiche Nicolas Sarkozy a traversé des difficultés est-ce que vous vous
interrogez davantage quand vous durcirez les lois à l'avenir puisque que ce soit sur l'exécution provisoire ou l'association de malfaiteurs c'est des lois qui ont été votées durcies récemment est-ce que la prochaine fois vous allez réfléchir ?
Alors sur l'exécution provisoire vous savez que nous on a voté une proposition d'Éric Ciotti qui n'a pas été adoptée les LR les amis de Nicolas Sarkozy n'ont pas voté non plus de mémoire à l'Assemblée nationale donc je pense qu'il y a beaucoup à dire sur cela et sur le reste je crois que c'est des choses l'association de malfaiteurs c'est une qualification qui englobe beaucoup de choses d'après ce que disent les juristes il y a beaucoup à revoir en termes de justice si vous voulez la première des choses c'est probablement d'enfermer ceux qui sont condamnés et pour lesquels il n'y a pas de présomption d'innocence enfermons les voyous
Merci beaucoup Sébastien Chenu pour ce grand jury bon dimanche à tous on se retrouve la semaine prochaine