LR : "Nous ne pouvons pas participer à ce gouvernement", annonce Xavier Bertrand sur RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous pensé de la composition du gouvernement annoncée hier soir ?
- 0:47RelanceRéponse directe
Pourtant votre famille politique en est. Pourquoi cette contradiction ?
- 2:01RelanceRéponse directe
Pourquoi à 20h vous dites oui au gouvernement et à 21h20 non ?
- 3:59FerméeRéponse directe
Est-ce que les LR doivent quitter le gouvernement ?
- 5:55FerméeRéponse directe
Est-ce que les LR doivent censurer le gouvernement ?
- 6:12FerméeRéponse partielle
Bruno Retailleau veut-il quitter LR ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« quel gâchis. »
- 0:26Invité politiqueFait
« On a eu une élection législative, voilà maintenant, plus d'un an. »
- 0:39Invité politiqueFait
« La réponse hier, c'est rien. »
- 2:10Invité politiquePromesse
« Nous ne pouvons pas participer à ce gouvernement. »
- 4:15Invité politiqueFait
« Vous les avez perdues, M. Macron. »
- 4:58Invité politiquePromesse
« moi, je n'appelle pas à sa démission. »
- 8:17Invité politiqueFait
« moi je n'ai pas peur du Rassemblement National comme je n'ai pas peur de LFI, parce que je les combats. »
- 8:20Invité politiquePromesse
« Je préfère une dissolution qu'une démission. »
Temps de parole
- Xavier Bertrand69 %
- Présentateur26 %
- ?5 %
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Et c'est donc Xavier Bertrand, le président Les Républicains de la région Hauts-de-France, qui est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Xavier Bertrand. Bonjour. On va reprendre les choses dans l'ordre, si vous voulez bien. Pour commencer, qu'est-ce que vous vous êtes dit, juste avant 20h, hier soir, quand Sébastien Lecornu a annoncé la composition de son gouvernement ? Quel est, je ne
sais
pas, le mot qui vous est venu
? Mais
quel gâchis.
Quel
gâchis. Quel gâchis.
On
a eu une élection législative, voilà maintenant, plus d'un an.
Les
Français ont dit au président de la République, on veut un changement dans la politique. On veut tourner la page
du
macronisme. On veut une autre politique.
Qu
'est-ce que le président a tiré comme conclusion de cette dissolution ? La réponse hier, c'est rien.
Il
n
'y
a pas un gouvernement qui est aussi macroniste, autant macroniste depuis des années
et des années. Donc vous étiez en colère quand
vous avez vu la composition du gouvernement ? Et pourtant, votre famille politique en est, et c'est là que les choses se compliquent. C'est là que Bruno Retailleau semble s'être réveillé, à peine renommé ministre de l'Intérieur. Il a tweeté ceci. La composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise. Devant la situation politique créée par cette annonce, je convoque le comité stratégique des Républicains. Il était 21h22, soit moins d'une heure et demie après avoir été confirmé au ministère de l'Intérieur. Pardon, mais c'est à n'y rien comprendre, Xavier Bertrand.
Le
sujet, ce n
'est
pas les places. La question, ce n
'est
pas Bruno Retailleau. La question, ce n
'est
pas le nombre de ministres qu'aura les Républicains. La question n'est même pas Sébastien Lecornu. La question, c'est le président de la République.
Vous
avez parlé de rupture, les Français veulent une rupture dans la politique menée.
Mais
il y
a
aussi une autre rupture, celle entre le président et les Français.
C
'est lui qui est responsable de cette situation, alors il doit réparer. Comment ? Il doit réparer. Déjà, en venant s'expliquer. J'étais ici le 12 septembre. Oui, et vous disiez, il faut qu
'il
vienne nous dire ce qu
'il
va faire pour les 19 prochains mois. Exactement. Il nous a dit qu'il irait au bout de son mandat, alors il doit nous dire ce qu'il veut faire de la fin de son mandat. Parce que le sujet, encore une fois, aujourd'hui, ce n
'est
pas les partis politiques. Si, si, un peu quand même.
Et je voudrais qu'on y revienne. Le vrai sujet,
c'est les Français.
Pourquoi Bruno Retailleau change
d
'aile
?
Le problème, c'est la France
qui, aujourd'hui, ne peut pas continuer à s'enfoncer.
Pourquoi à 20h, vous dites, ok, on rentre au gouvernement, et à 21h20, vous dites, c'est pas notre place ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Parce
qu'il n
'y a
pas de confiance.
Il
n
'y a
pas de confiance possible. S'il n'y
a
pas de confiance possible, il ne peut pas y avoir de travail dans l'intérêt des Français. Bruno Retailleau n'est pas le seul à le dire. Hervé Marseille a dit la même chose.
Oui, la différence entre Hervé Marseille et Bruno Retailleau, c'est que Bruno Retailleau, une heure avant, il était dans le bureau de Sébastien Lecornu. Alors quoi ? Il n'était pas au courant ? Il s'est fait rouler ? Il a changé d'avis ? C'est quoi l'histoire ?
Visiblement, d'après ce qu'il m
'a
dit hier soir, il n'était pas au courant. Il n'a pas eu la composition du gouvernement. Comment voulez-vous, dans ces cas-là, pouvoir travailler en confiance dans l'intérêt des Français ? Comment voulez-vous, avec la feuille de route qui a été donnée hier par le Premier ministre, comment voulez-vous penser qu'on va améliorer les choses en matière de sécurité, qu'on va maîtriser l'immigration, qu'on va enfin avoir des
résultats
?
Mais
il n
'était
au courant de rien de tout ça ? De quoi il n'était pas au courant ? Je ne suis aujourd'hui pas le porte-parole de Bruno Retailleau, ce que je dirais tout à l'heure.
Non, mais vous êtes un cadre d'un
parti qui est en perdition. Je vais vous dire ce que je vais dire tout à
l
'heure.
Je vais
vous
dire
quoi ? Que ça ne peut pas durer comme ça, que ça ne peut pas continuer, et que donc nous ne pouvons pas participer à ce gouvernement.
Donc il faut que les ministres
aillèrent... Il faut aujourd'hui que ce gâchis s'arrête. Il faut que le Président de la République prenne la mesure. On a parlé de
Sébastien Lecornu... Allons-y, étape, étape, étape. Laissez-moi juste se développer, Thomas Soto.
Aujourd'hui, on l'a bien compris, ce n
'est
pas Sébastien Lecornu le sujet. Qui tire les ficelles ? C'est le Président de la République, c'est une évidence. Si Sébastien Lecornu ne dit rien à ses interlocuteurs, c'est parce qu'on voit bien que c'est le Président de la République qui veut peser. Or, les Français lui ont dit, on ne veut plus que ça gouverne comme depuis 2017, on veut un changement. Il le comprend ou il ne le comprend pas ? Vous savez, aujourd'hui, au moment où je vous parle, la situation de notre pays n'est pas encore hors de contrôle. Elle n'est pas
encore
hors de
contrôle. Mais les Français
sont en colère. Les Français ne comprennent rien. Les Français ne comprennent pas qu'à 20h, quand ils regardent le 20h, on leur donne un gouvernement avec des ministres LR, et qu'à 21h30, LR dit, non, ce n
'est
pas pour nous. Alors, pour être clair, est-ce que les LR doivent quitter
le gouvernement ? Je viens de vous le dire. Pour moi, oui. Nous ne pouvons pas participer à ce gouvernement. Pourquoi ? Parce que nous devons dire au Président de la République, stop, on ne peut pas continuer comme ça. Vous devez maintenant tenir compte de ce qui s'est passé aux élections législatives. Vous les avez perdues, M. Macron. Et aujourd'hui, c'est à vous de réparer la faute qu'a été la dissolution.
Est-ce qu'il
faut redissoudre, du coup, là, aujourd'hui
? Eh
bien, on va voir ce qu'Emmanuel Macron est capable de comprendre et est capable de dire. Il y a différentes possibilités. Notre Constitution n'est pas une Constitution en carton-pâte. Il y a différentes solutions. Vous savez le sentiment que l'on a aujourd'hui, et les Français aussi.
C
'est que le Président de la République cherche à gagner du temps. Pour avancer dans ces 18 mois. Mais le problème, ce n
'est
même pas lui. Il n'y a aucun pays, aucun pays dans le monde, où un chef de l'État peut penser avoir raison contre son peuple. Les
Français, le message a été clair.
Ce
que
vous êtes en train de dire, il doit quitter le pouvoir ? Je suis venu ici, l'autre jour. Je vous ai dit quoi
? Que
moi, je n'appelle pas à sa démission. Donc ça,
vous n'appelez toujours pas à sa
démission ? Il y a aussi d'autres possibilités dans la Constitution. Vous parlez de dissolution, il
n
'y a
pas que cela. Mais quoi, par exemple
? Écoutez, encore une fois, qu'il s'exprime, qu'il parle. Il y
a
aussi d'autres possibilités. On nous avait dit quoi, voilà quelques mois
? Qu
'il y aurait des référendums. Des référendums pour trancher. Mais en attendant, les forces politiques, à mon sens, si M. Macron laisse faire, elles sont certainement capables de s'entendre hors les extrêmes que sont les FI et le Rassemblement National. On est à un moment critique où les Français, contrairement à ce que beaucoup pensent, ne se désintéressent pas de la politique. Mais ils veulent tout simplement retrouver de l'espoir, retrouver de la confiance. La décision d'hier de nomination de ce gouvernement leur donne le sentiment qu'Emmanuel Macron n'a toujours rien compris. C'est Bruno Le Maire le problème ? Mais non, ce n
'est
pas Bruno Le Maire le problème. Le problème aujourd'hui, c'est qu'on a un président de la République qui a créé cette situation politique, ce gâchis. On a un président de la République qui doit réparer et qui doit arrêter de penser que tout cela est de la faute des Français ou
des partis politiques. Je vais
poser trois questions très précises parce qu'on a besoin de clarté.
Vous
dites que les LR doivent quitter le gouvernement, d'accord ? Je viens de vous le dire, oui. Est-ce que les LR doivent censurer le gouvernement ? Il va
y
avoir des motions de censure dès cette semaine, oui ou non ? Non, nous ne sommes ni le Rassemblement National ni les FI.
Donc pas de censure.
Est
-ce que Bruno Rotario
vous a dit que lui, il voulait quitter les LR ? Quelle est sa conviction au président du parti ? J'aurais sa réponse tout à l'heure à 11h30, mais moi je viens vous donner ma réponse très clairement et sans détour. Si on veut retrouver de la confiance, si on veut arrêter que notre pays s'enfonce jour après jour, il nous faut dire très clairement maintenant, on ne participe pas à ce gâchis, on ne participe pas à cette mascarade. Donc
il tombera. Et monsieur le président de la République... La
conséquence c'est que ce gouvernement tombera, vous le savez. Mais attendez, ce gouvernement, il faut bien le comprendre, ne mènera pas à une politique différente. Sébastien Lecornu,
vous
avez dit, il y aura une rupture. Mais la seule rupture qui existe aujourd'hui, qui est flagrante, c'est celle entre Emmanuel Macron et les Français. Et on ne peut pas continuer comme ça. On ne peut pas. Et donc très clairement aujourd'hui, un président de la République doit dire, d'accord, j'ai enfin compris, voilà comment je vais réparer.
C
'est
lui aujourd'hui... Mais ça ne va pas régler le
problème. Je vais vous dire une chose. Le président de
la
République, quand il parle aujourd'hui, les Français ne l'écoutent plus. Alors, ce n
'est
pas ça qui va régler le problème. Est-ce que... Vous vous trompez. Je trouve que vous avez, pardon, vous avez un peu l'arrière-trait entre deux chaises. Pas du tout. Si, parce que vous dites, on doit quitter le gouvernement, mais vous ne dites pas, vous êtes des opposants au gouvernement
?
Attendez, on a décidé très clairement de ne pas être dans la majorité présidentielle.
Vous êtes des
opposants, les mots ont un sens. Quelle est la politique qui va nous être proposée aujourd'hui ? Si c'est pour continuer pareil, en matière de sécurité, qu'on n
'ait
pas plus de résultats, je suis en opposition avec le
gouvernement. Donc
ce matin, en l'état, là, à 7h50... Si on continue aussi à avoir des Français qui travaillent, on en avait parlé ici même le 12 septembre, qui ne réussissent pas à s'en sortir, je suis en opposition avec ces politiques. Si on a une politique qui continue à faire tomber notre système de santé, je suis en opposition avec cette
politique. Et pourquoi ne pas demander...
Vous parliez de la Constitution. Pourquoi ne pas demander une dissolution ? Parce que finalement, on a l'impression que depuis les législatives, Emmanuel Macron, vous avez dit, il n'entend pas le verdict des urnes, il y a eu ce front républicain un peu bancal qui fait qu'on a l'impression que tout est fait pour empêcher le parti qui serait majoritaire sur tous les sondages, le Rassemblement National, d'accéder à Matignon. Est-ce qu'il ne faut pas redonner la parole aux Français et écouter le verdict des urnes, quel
qu'il soit ? Je vous l'ai déjà dit, ici à ce micro, moi je n'ai pas peur du Rassemblement National comme je n'ai pas peur de LFI, parce que je les combats. Le vrai sujet, c'est que je préfère une dissolution qu'une démission. Mais je préfère encore un référendum. Un référendum sur 5 chantiers clairs.
Parce que les Français ont
plus de courage que beaucoup de partis politiques. Voilà ce que je pense aujourd'hui possible. Il y a d'autres solutions, mais encore une fois, ce n
'est
pas à moi de vous le dire ce matin, c'est à Emmanuel Macron, mais qu'il parle bon sang et qu'il ne donne plus le sentiment de se désintéresser de la situation dans laquelle il a plongé le pays et les Français. Pour parler de l'international, il sait faire régulièrement. Mais là aujourd'hui, la rupture, le divorce, c'est entre lui et les Français et c'est à lui de réparer et à personne d'autre.
Vous avez vu que Rachida Dati n'est pas du tout d'accord avec vous, la ministre de la Culture, qui est LR. Est-ce qu'elle devra choisir ? Est-ce qu'elle pourra être ministre de la Culture du gouvernement Le Cornu si LR le quitte et candidate LR au municipal à Paris ?
Le Cornu, le maire, Dati, que ce soit Reteil, le problème, c'est la France et les Français. Mais on est à ce moment quand même. Mais qu'est-ce qu'il faut pour qu'on se rende compte du tragique de la situation ? Je vous l'ai dit tout à l'heure, le pays n'est pas encore hors de contrôle. Mais demain, après-demain, si on continue dans ce déni, si on continue dans cette mascarade, ce sera le cas. Et là, il sera trop tard. Je vous l'ai dit, je suis un républicain, profondément républicain. Je suis d'une famille politique,
c
'est vrai. Mais il y a plus important que ma famille politique. Il y a mon pays. Et je jouerai toujours la carte de l'intérêt général plutôt que les intérêts particuliers. Je ne
fais
pas partie de ceux qui veulent savoir si on restera au gouvernement, si on rentrera dans un gouvernement. Mais je veux que l'on retrouve confiance en l'avenir. Je ne veux plus que mon pays s'enfonce.
Et
c'est possible. Si LR quitte le gouvernement, ce sera ma dernière question. on est d'accord que le nouveau Front populaire peut réclamer Matignon parce qu'ils vont redevenir le socle commun n'existera plus et ils vont redevenir le bloc principal. Donc
c'est à eux qu'il faudra demander de... Mais continuons avec la politique politicienne et on ne peut pas s'en sortir. Vous êtes observateur, d'accord, mais vous n'êtes pas obligé non plus de nous complaire dans ce gâchis qu'il y
a.
Ce pays vaut mieux que tout ce gâchis. Voilà. Et aujourd'hui, la France et les Français méritent que l'intérêt général ne soit pas une option. Que ce soit la ligne de conduite de chacun.
Merci beaucoup Xavier Bertrand d'être venu ce matin sur Etel et d'avoir un peu bousculé votre agenda pour ce rendez-vous matinal. Dans un instant,
c
'est Philippe Cavrivière qui nous rejoint.
Merci. Merci.
Xavier Bertrand