Jean-Philippe Tanguy : "Monsieur Macron ne consulte personne, il n'est d'accord qu'avec lui-même"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:30RelanceRéponse partielle
Les choses ne sont pas aussi claires sur le vote de juin dernier ?
- 0:34OuverteRéponse partielle
Le peuple français s'est-il exprimé comme vous le pensez ?
- 1:08OuverteRéponse directe
17 millions de gens n'ont pas voté pour vous, pourquoi ?
- 1:17RelanceRéponse directe
Vous arrivez troisième du scrutin, pourquoi un problème ?
- 1:35OuverteRéponse directe
Est-ce acceptable pour 17 millions de personnes que le RN devienne arbitre ?
- 2:12RelanceÉludée
Qui censureriez-vous et pourquoi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Invité politiqueFait
« Voici plusieurs jours qu'Emmanuel Macron consulte Marine Le Pen et soumet les hypothèses de Premier ministre. »
- 0:19Invité politiqueFait
« Les Français ont clairement voté aux législatives pour que le Rassemblement National n'accède pas au pouvoir. »
- 1:08PrésentateurChiffre
« Il y a quand même 17 millions de gens qui n'ont pas voté pour vous, Jean-Philippe Tanguy. »
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« car toutes les législatives précédentes, ces 11 millions, permettaient d'avoir une majorité en siège. »
- 1:50PrésentateurFait
« le mensonge qui a été promu en permanence pendant ces législatives, c'est que tout ce petit monde pouvait s'entendre pour un programme pour l'enfance. »
- 2:20PrésentateurFait
« Mais on censurerait en fait toute personne qui consiste à ruiner encore davantage la France. »
- 2:33PrésentateurFait
« M. Barnier est, non seulement fossile, mais fossilisé de la vie politique. »
- 2:40PrésentateurFait
« Il y avait la présentation du rapport Drahi. »
- 2:53Invité politiqueFait
« ...migratoires, vous aviez quelques points de convergence avec Michel Barnier. »
- 3:01PrésentateurFait
« Parce que M. Barnier essaie désespérément d'exister dans une primaire de droite en reprenant des éléments de langage de Marine Le Pen. »
- 3:18PrésentateurFait
« M. Barnier est réputé dans tout Paris comme un étant un des plus stupides hommes politiques que la Vème République ait donné. »
- 3:30Invité politiqueFait
« Donc après avoir assassiné Xavier Bertrand, là c'est le tour de Michel Barnier, on a tous compris. »
- 3:52PrésentateurFait
« Regardez ce pauvre président du CESE dont déjà M. Baudet, qui est apparu dans le paysage politique, s'est pris d'écoute tout le monde. »
- 5:40PrésentateurChiffre
« Je l'avais dit à votre antenne, je l'avais dit à l'époque, 95 milliards d'euros. »
- 5:43PrésentateurChiffre
« Et bien en fait, c'est 110 milliards d'euros d'économie qu'il faut trouver. »
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« il faut trouver 110 milliards d'euros d'économie de 6.027 pour respecter les 3% de PIB. »
- 7:31PrésentateurFait
« On n'a jamais vu une telle situation en France. »
- 9:22PrésentateurFait
« On peut débattre de la situation budgétaire, ça me paraît une urgence. »
- 9:31PrésentateurFait
« par exemple la crise agricole, moi j'étais ce week-end en circonscription, je peux vous dire que les agriculteurs sont très inquiets. »
Temps de parole
- Présentateur77 %
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Sonia Devillers, votre invitée ce matin, est députée RN de la Somme et président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Madame, merci pour votre invitation.
Voici plusieurs jours qu'Emmanuel Macron consulte Marine Le Pen et soumet les hypothèses de Premier ministre. Censurera ? Censurera pas. Les Français ont clairement voté aux législatives pour que le Rassemblement National n'accède pas au pouvoir. Alors, comment leur expliquer que le choix d'un Premier ministre dépende ainsi de votre parti ?
Parce que je pense que les choses ne sont pas aussi claires sur le vote de juin dernier. Je ne pense pas que le peuple français, comme un tout, se soit exprimé dans 577 circonscriptions comme vous le pensez. Je pense surtout qu'on a menti aux Français, que nos adversaires leur ont fait croire qu'il y avait une solution autre qu'une majorité de députés, même relative, Rassemblement National. Et en fait, il n'y en a pas, parce que dans le pays France, par contre, il y a une majorité d'idées sur notre programme.
Et d'ailleurs, nos adversaires, en tout cas les macronistes, ne se sont pas battus sur leur programme de 2017, qui est depuis longtemps à la poubelle, mais sur nos idées, en fait, en ayant une nuance très hypocrite de Rassemblement National, tout en s'alliant avec la gauche.
Il y a quand même 17 millions de gens qui n'ont pas voté pour vous, Jean-Philippe Tanguy. Oui, mais ça c'est le cas à toutes les législatives.
Si vous alliez toutes les voix contre le parti même qui est reconnu comme gagnant en législative, il y a toujours une majorité. Et en termes de siège, vous arrivez troisième du scrutin. C'est vrai, mais je ne dis pas le contraire, Madame, mais vous essayez de m'expliquer, de me demander, pardon, pourquoi aujourd'hui il y a un problème en France, c'est qu'il y a 11 millions d'électeurs à Rassemblement National, car toutes les législatives précédentes, ces 11 millions, permettaient d'avoir une majorité en siège. Il y a une responsabilité de notre part, je ne la nie pas.
Je vous pose la question en réalité de savoir si c'est acceptable pour ces 17 millions de personnes qui se sont rendues aux urnes, et le taux de participation était historique, de savoir que le Rassemblement National auquel ils ont fait barrage devient l'arbitre d'une nomination à Matignon.
Parce que c'est la réalité politique, même avec nos sièges, mais au-delà de ça, c'est que le mensonge qui a été promu en permanence pendant ces législatives, c'est que tout ce petit monde pouvait s'entendre pour un programme pour l'enfance. Eh bien non, en fait, il n'y a aucun programme commun entre les Insoumis d'un côté, et les amis d'Edouard Philippe de l'autre, et encore plus les amis de M. Wauquiez.
Alors votre logique, à vous aussi, on aimerait la comprendre. Qui vous censureriez, qui vous ne censureriez pas, et pourquoi ?
Mais on censurerait en fait toute personne qui consiste à ruiner encore davantage la France. Et d'ailleurs, donc ça fait effectivement beaucoup de monde, et surtout quand on fait du Jurassic Park en permanence, c'est-à-dire aller rechercher des fossiles à qui on essaie de redonner vie. Donc M. Barnier est, non seulement fossile, mais fossilisé de la vie politique. Tout ce qu'il a pu faire est un échec, même au niveau européen. Il y avait la présentation du rapport Drahi. Vous parliez, M. Ceux, des défis d'avenir. En fait, M. Drahi nous expliquait à juste titre que tout ce qu'ils avaient fait comme doctrine dans les années 90...
Pourtant vous aviez des points de convergence avec Michel Barnier. ...et qu'il fallait faire tout ce qu'avaient dit les souverainistes, c'est-à-dire des politiques industrielles, des politiques protectionnistes.
...migratoires, vous aviez quelques points de convergence avec Michel Barnier.
Parce que M. Barnier essaie désespérément d'exister dans une primaire de droite en reprenant des éléments de langage de Marine Le Pen, qu'il le pense, voilà, moi je connais bien Barnier, il était assez proche de Nicolas Dupont-Aignan quand ils étaient jeunes. Je peux vous dire que M. Barnier, il pense tout et le contraire de tout, et surtout rien du tout. D'ailleurs M. Barnier vient connu à Paris... Donc pour Barnier, censure... Non, parce que j'ai un ras-le-bol des apparents, parce que là on est dans le théâtre des ombres en permanence. M. Barnier est réputé dans tout Paris comme un étant un des plus stupides hommes politiques que la Vème République ait donné. Pour les Français.
Nous ne comprenons rien à ce qu'on lui donne en dehors d'une fiche, qu'elle soit écrite par la Commission de Bruxelles ou par un conseiller d'État à qualité gouvernement.
Donc après avoir assassiné Xavier Bertrand, là c'est le tour de Michel Barnier, on a tous compris. Ce sera le tour de chaque républicain qui serait éventuellement nommé à Matignon.
Celui qui assassine tout ce petit monde là, c'est M. Macron, qui, je ne sais pas s'il aimait retirer les ailes des mouches quand il était petit, torture tous ceux qui ont pu avoir le malheur de le soutenir publiquement pour le maintenir à son poste, et qui les fait passer un examen de passage. Regardez ce pauvre président du CESE dont déjà M. Baudet, qui est apparu dans le paysage politique, s'est pris d'écoute tout le monde, n'a même pas pu faire une vidéo souvenir, et est parti déjà dans les coulisses.
Marine Le Pen avait dit qu'elle serait favorable à un gouvernement technique, justement, on émet l'hypothèse de Thierry Baudet, et là, vous menacez de le censurer. La question, justement, c'est ça qui est difficile à comprendre, c'est-à-dire que vous n'avez pas censuré a priori Gabriel Attal, et ensuite vous censurez a priori tous ceux que vous dites poursuivre la politique de Gabriel Attal. Vous ne deviez pas censurer de gouvernement technique, et puis vous voulez finalement censurer Thierry Baudet. La question, c'est, est-ce que vous avez intérêt à maintenir le chaos ?
Mais c'est M. Macron qui a organisé ce chaos. M. Macron vous consulte. Mais je vais vous dire, même si même... M. Macron consulte votre parti, et consulte, et parle tous les jours à Marine Le Pen. Mais c'est faux. M. Macron ne consulte personne. M. Macron n'est d'accord qu'avec lui-même et l'image flatteuse que lui renvoient ses conseillers depuis maintenant 7 ans. M. Macron décide toujours à la fin ce qu'il avait décidé au début. Il avait décidé au début, et puis il consulte longtemps, puis il est d'accord avec lui-même. Est-ce que le chaos vous est profitable ? Pas du tout.
Le chaos n'est jamais profitable au Rassemblement National, puisque nous sommes un vote de changement et un vote de rupture. Donc toute période de chaos rend difficile un choix difficile pour les Français, et un choix courageux, évidemment, pour la France. Mais pendant ce temps, M. Macron gouverne. Parce que pendant qu'on commente matin, midi et soir, les fausses annonces, les fausses consultations de M. Macron, il continue à gouverner avec ses amis, notamment la crise financière et budgétaire de la France, qui est dans une ampleur considérable. Personne n'arrive à en parler, parce que...
Mais ce n'est pas de votre faute, et ce n'est pas la faute du personnel politique, pour le coup, puisque M. Macron nous demande de commenter que des conneries matin, midi et soir. On ne peut pas parler du fait qu'il faille trouver... Je l'avais dit à votre antenne, je l'avais dit à l'époque, 95 milliards d'euros. Et bien en fait, c'est 110 milliards d'euros d'économie qu'il faut trouver, parce que M. Macron...
Jean-Philippe Tanguy, vous parlez d'un président qui torture ses troupes et qui ne dit plus que des conneries. Il y a 80 députés du nouveau Front populaire qui ont signé hier une proposition visant à le destituer. Est-ce que vous pourriez la voter avec eux ?
Mais elle ne sera jamais votée, puisqu'elle ne sera jamais présentée au Parlement. Donc là, les Insoumis, pour faire oublier qu'ils ont fait élire deux fois M. Macron et un droit calculable de députés macronistes, fait dans l'assurance-faire.
Expliquez-vous pourquoi est-ce qu'elle ne sera jamais présentée au Parlement ?
Parce qu'il faut que... Déjà, ça passe au bureau. Je ne sais pas si les socialistes la laisseront passer. Ensuite, il faut qu'elle passe au Sénat, qu'il y ait une majorité de sénateurs qui soient d'accord. Évidemment, les sénateurs LR qui doivent tout à la Macronie et à cette fausse opposition.
Admettons qu'elle passe. Vous la voteriez ou vous ne la voteriez pas ?
Mais oui, mais là, ça n'existera pas. Par contre, ce qui existe, c'est faire une pression politique pour que M. Macron se rende compte qu'il est responsable. Pour qu'il démissionne ? De la situation. Et comme l'avait dit Marine Le Pen, il y a trois options du président. Il y a la dissolution, il l'a faite, il y a les référendums et il y a la démission. Donc si M. Macron ne prend pas compte les idées du RN par exemple par des référendums, la logique des institutions fera qu'il ne pourra plus gouverner. Vous voulez la démission ? Puisque ce qu'on veut, c'est que les idées du Rassemblement National soient appliquées et respectées. Vous voulez la démission d'Emmanuel Macron ?
Moi, je préférerais évidemment que Marine Le Pen soit présidente à la place de Macron.
Donc la menace de censure systématique de toute hypothèse à Matignon, c'est pour maintenir cette pression et c'est pour le pousser à la démission ?
C'est pour maintenir le respect des électeurs. Donc pour le pousser à la démission. On est gardien, mais on ne va pas le pousser à la démission. Il a créé une situation qui fait que la France n'est plus gouvernable et qu'il a un bilan tel, je vous le dis, je le redis encore, qu'il faut trouver 110 milliards d'euros d'économie de 6.027 pour respecter les 3% de PIB. On n'a jamais vu une telle situation en France. La Cour des comptes le dit, le Sénat le dit, tout le monde le dit et M. Macron ne veut pas en parler. Il préfère parler des reliques de la Vème République.
Et Edouard Philippe, le maire du Havre, qui a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle 2027, ça signifie que Marine Le Pen connaît donc désormais son premier adversaire, en tout cas déclaré ?
Notre premier adversaire, c'est Jean-Luc Mélenchon, évidemment. Non, c'est le premier à se déclarer. Ah pardon, M. Mélenchon a une déclaration permanente, mais ce n'est pas grave. Mais il a raison d'ailleurs, en l'occurrence. C'est notre adversaire principal. Edouard Philippe, c'est une espèce de s'éjouper en moins bien. Donc c'est déjà fini, Edouard Philippe. Pourquoi c'est déjà fini ? Mais parce que tout ce qu'il a déjà proposé à un carnet en France s'est effondré, que ce soit au niveau européen, au niveau français. Et M. Macron, je pense, ne va pas tarder, il a déjà commencé, j'ai entendu hier sur LCI, à faire fuiter quelques vérités, que M. Philippe était en fait pire que M.
Macron au gouvernement. Il refusait la tasse carbone qu'a provoqué les Gilets jaunes, c'est en fait Edouard Philippe. les réformes des retraites les pires, c'est Edouard Philippe. Le refus d'améliorer les conditions des Français pendant le confinement, c'est Edouard Philippe. Donc voilà, c'est facile, vous savez, quand on a une personnalité aussi odieuse que M. Macron, de se faire passer avec Edouard Philippe pour quelqu'un de sympathique. En fait, on se rend compte que M. Philippe, c'est la technocratie française incarnée, ne comprenant absolument rien de ce qui se passe dans le pays, et pensant qu'un vernis culturel va le rendre sympathique pour être reçue sur le service public.
Dernière question, M. Le Pen demande la convocation d'une session extraordinaire du Parlement.
Pourquoi ? Parce que depuis 1789, les parlementaires se réunissent sur leur seule volonté, et pas selon le caprice du monarque, qu'il soit républicain ou monarchique. Donc moi, je n'ai pas été élu pour me tourner les pouces, ou juste pour aller en circonscription, même si c'est très important. J'ai été élu pour défendre les Français.
Je vous demande pourquoi, c'est précisément pour débattre de quoi ?
On peut débattre de la situation budgétaire, ça me paraît une urgence, de la situation sécuritaire, et on a proposé à toutes les forces politiques de rajouter à l'ordre du jour parlementaire, tous les sujets qu'ils veulent, par exemple la crise agricole, moi j'étais ce week-end en circonscription, je peux vous dire que les agriculteurs sont très inquiets, puisqu'ils font de mauvaises récoltes, alors que les prix mondiaux sont très bas, et donc on va au-devant d'une très grave crise de revenus pour nos agriculteurs. Merci Jean-Philippe. Merci à vous. Et merci Sonia de Villers.
Merci.
Merci.
Jean-Philippe Tanguy