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Discours / meetingLes Répliques · 24 octobre 2026 10 minAutoproduitActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleSécuritéInstitutions & élections

24 OCTOBRE : MARINE TONDELIER DÉNONCE UNE SITUATION INÉDITE

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Invité politiqueFait
    « des écologistes. Très présent dans le ville. Écoutez euh je vais commencer par vous dire que je n'ai jamais vu ça, jamais je ne suis partie de chez moi à 1h du moment pour aller à une manifestation 3h après sans savoir où je devais aller »
  • 1:12Invité politiqueFait
    « ils demandent des portes pour les toilettes, ils demandent assez de chaises et de tables dans leurs classes, ils demandent la fin de Parcoursup, ils demandent des moyens pour euh que les salles aient des températures supportables l'été et l'hiver »
  • 1:44Invité politiqueFait
    « Ils ont aussi parié sur une réponse sécuritaire très forte, quoi qu'ils en disent, quoi qu'ils en disent, ils ont envoyé les les moyens forts face euh aux blocus. »
  • 2:50Invité politiqueFait
    « Pourquoi ils ont pas été capables de faire ça avec les ? Alors maintenant, ce que je veux leur dire aussi, c'est que ça va leur coûter cher. »
  • 3:54Invité politiqueFait
    « Mais enfin, on tient énormément, et je le dis à chaque fois, à la République. Et la République, c'est des symboles et des valeurs. »
  • 4:30Invité politiqueFait
    « on voit des propos racistes qui sont maintenant banalisés. C'est rigolo de dire "Ah, on va faire Émilie une caboule et on va aller filmer ça à Trappes." »
  • 5:03Invité politiqueFait
    « Vous savez, moi j'ai entendu Bruno Retailleau dire "Aubagne, celle-là elle est fille." Bon, finalement, c'était quelqu'un qui était plutôt illuminati masculiniste »
  • 5:36Invité politiqueFait
    « le racisme tue et que si cette jeune fille de 12 ans s'est pris huit balles dans le corps, c'est parce que voilà, il y a des propos qui sont tenus qui entraînent les gens »
  • 6:11Invité politiqueFait
    « Sophie Binet a annoncé une grève générale à partir du 5 novembre »
  • 6:46Invité politiqueFait
    « Est-ce que vous attendez sur les violences euh on a vu le gouvernement avoir énormément de compassion pour les victimes, aucune pour les blessés que que ce soit des enfants ou des adultes. »
  • 7:19Invité politiqueFait
    « 1 2 3 4 5 6, il en faudra ? Un mort dans la manif du 17 octobre à Paris euh dont des informations qu'on a, on pressent quand même que c'était assez lié à la manifestation elle-même. »
  • 8:01Invité politiqueFait
    « On ne se comprend plus et moi je les entends j'ai entendu même le directeur général de la gendarmerie dire "Les manifestants n'ont pas de rapport avec les pilleurs et les casseurs." »
  • 8:35Invité politiqueFait
    « S'il y a plus de manif, il y a plus de casseurs. Et quand on dit "Bah du coup pourquoi vous ? Pourquoi vous arrêtez pas les ?" Bah moi je sais pas »

Temps de parole

  • Marine Tondelier100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Marine Tondelier

des écologistes. Très présent dans le ville.

Écoutez euh je vais commencer par vous dire que je n'ai jamais vu ça, jamais je ne suis partie de chez moi à 1h du moment pour aller à une manifestation 3h après sans savoir où je devais aller, jamais nous étions encore à attendre les résultats de notre recours quelques heures avant la manifestation, jamais nous avons été autorisés sur un cortège pour qu'il soit finalement annulé moins de 24h avant la manifestation pour finalement le juge dise "Bah vous aviez peut-être raison mais là j'ai pas le temps de bien statuer donc je préfère euh voilà prendre acte de la décision de la préfecture." Jamais nous avions vu comme ça des militants déboussolés qui ne savent plus où ils doivent aller, dans quel cortège il faut partir, dans quel sens on va aller, si les métros seront ouverts ou pas parce que tout s'improvise et jamais y compris avec vous on avait été amené à changer plusieurs fois les points de rendez-vous parce que on ne sait pas trop ce qui se passe.

En tout cas, on est là, si c'était un test de détermination monsieur Nunez, nous l'avons remporté puisque les écologistes sont très nombreux dans ce cortège et euh je suis extrêmement fier de ça. Vous dire aussi que en fait on voit bien que tout est fait finalement pour qu'on ne parle plus des revendications entre le gouvernement qui euh gesticule avec les bras et les casseurs qui viennent faire qu'on parle d'autre chose, on a du mal à rester sur les revendications des lycéennes, des lycéens, des étudiants, des étudiantes.

Donc on va revenir aux fondamentaux, ils demandent des choses simples, ils demandent des portes pour les toilettes, ils demandent assez de chaises et de tables dans leurs classes, ils demandent la fin de Parcoursup, ils demandent des moyens pour euh que les salles aient des températures supportables l'été et l'hiver, ils demandent des profs rémunérés normalement par rapport à la moyenne européenne et des classes qui ne soient pas les plus surchargées d'Europe et là-dedans ils ont et ils auront notre plein et entier soutien, c'est des mesures qui sont dans notre programme depuis très longtemps.

Je sais que le gouvernement là nous a dit "On va peut-être les rencontrer lundi pour leur donner des débuts de réponse." et quand on disait "Mais pourquoi vous les rencontrez pas avant la ? Si vous voulez que il y ait un apaisement social, donnez les réponses avant les manifestations." Et monsieur Le Cornu nous a dit "Bah je peux pas parce qu'il faut qu'on prenne le temps de chiffrer les choses." Ça fait 1 mois que ces revendications sont sur la table. Qu'ont-ils fait pendant un ? Ils ont essayé en fait de temporiser, stratégie du pourrissement en disant que tout allait s'étioler et qu'il y aurait plus de manifestation.

Ils ont aussi parié sur une réponse sécuritaire très forte, quoi qu'ils en disent, quoi qu'ils en disent, ils ont envoyé les les moyens forts face euh aux blocus. Et quand on leur a dit à la réunion avec les lycéens, ce qu'ils nous ont expliqué, nous on n'était pas contre les blocages, on était contre les blocages euh totaux. Bah oui, mais en fait, un blocage, c'est bloquer, c'est-à-dire que c'est comme si on disait "On est pour la grève, mais euh il faut que les gens travaillent." Enfin, en fait, ça n'a aucun sens.

Donc euh je me rappelle Cécile Châtelain euh s'est un peu emportée à la fin de cette réunion en disant "Arrêtez, quand on faisait le CPE, quand on a fait toutes ces manifs, nous on étant jeunes et lycéens, euh bah c'était total et c'était comme ça et on nous envoyait pas des CRS, il y avait pas 8000 arrestations et et ça se passait très bien.

Acceptez que euh on puisse exercer parfois, voilà, des des méthodes qui vous plaisent pas, mais qui sont des méthodes de revendication classique." Et je note d'ailleurs que quand ce sont les agriculteurs qui manifestent avec des méthodes euh un peu coup de poing parfois, euh et quand je dis un peu, je suis sympa, bah en fait, le l'État accepte cette colère légitime. Le préfet dit "Bon, bah vous avez rendu les musées et cetera." Il sort, il leur serre la main et il dit "Voulez-vous qu'on discute de vos ?" Pourquoi ils ont pas été capables de faire ça avec les ? Alors maintenant, ce que je veux leur dire aussi, c'est que ça va leur coûter cher.

C'est comme pour le climat, l'inaction, on peut croire qu'on gagne de l'argent parce qu'on est dans l'inaction, mais en fait, ça finit par coûter plus cher. Parce que maintenant, tous les gens qui sont dans la rue, ils sont en solidarité des étudiants et des lycéens, mais ils manifestent aussi pour le pouvoir d'achat. Ils veulent un dégel du point d'indice des fonctionnaires, ils veulent un coup de pouce du SMIC, ils veulent, comme les écologistes l'ont porté euh au Sénat il y a deux jours et à l'Assemblée bientôt, des un panier de 100 biens à prix coûtant, mais des biens qualitatifs dans les supermarchés, pas le Coca et les Oreos.

Donc en fait, maintenant, s'ils veulent contenter les gens qui sont dans les manifs et qu'on rentre chez nous, il va falloir mettre beaucoup plus sur la table. Pour l'environnement, pour le pouvoir d'achat, pour la démocratie aussi, parce que nos libertés publiques, on se rend bien compte euh qu'elles sont piétinées, il y a un vrai sujet là-dessus. Nous, les écologistes, nous avons toujours condamné les violences, nous sommes un mouvement non-violent, même si on pratique la désobéissance civile, notre désobéissance civile est non violente. Mais enfin, on tient énormément, et je le dis à chaque fois, à la République. Et la République, c'est des symboles et des valeurs.

Des symboles comme nos mairies, par exemple, et des valeurs comme liberté, égalité, fraternité, ou comme la liberté de manifester. Et on se voit aujourd'hui que la République est menacée dans ses symboles et des et dans ses valeurs. C'est le double échec du gouvernement et c'est la double peine des Français. Donc c'est ça qu'on est venu dire aussi aujourd'hui. Et franchement, extrême préoccupation parce que ce qui se passe face à ce qui est en train de se passer dans ce pays, où même manifester est devenu plus compliqué, finalement, que piller et que de casser. Un mot, évidemment, pour ce qui s'est passé à Trappes.

Parce que on voit sur vos chaînes, dans les discours politiques que vos chaînes relaient, parce que c'est votre travail également, mais ça pose aussi question, on voit des propos racistes qui sont maintenant banalisés. C'est rigolo de dire "Ah, on va faire Émilie une caboule et on va aller filmer ça à Trappes." C'est c'est devenu des blagues comme ça qui sont complètement banalisées, parfois des blagues et parfois des propos très sérieux qui sont juste racistes, xénophobes et qui sont le fond du programme de certains partis politiques qui ont libre cours, contrairement à d'autres pays comme la Belgique, où il y a un cordon sanitaire dans le service public.

Et où certains partis ne peuvent pas être nommés à la télé parce que leurs propos sont dangereux. Et bien hier, on a eu la démonstration du danger de leurs propos. Alors moi, je ne suis pas comme ces politiques qui se ruent sur chaque drame pour en faire de la politique. Vous savez, moi j'ai entendu Bruno Retailleau dire "Aubagne, celle-là elle est fille." Bon, finalement, c'était quelqu'un qui était plutôt illuminati masculiniste et qui était adepte, enfin, passionné des crimes de masse et cetera. On l'a pas trop entendu derrière s'excuser de ses propos. Tout comme à Annecy, quand il y avait eu une personne qui avait, voilà, commis un attentat aussi contre des enfants.

Tout de suite, on avait dit "Ah, il est Syrien, donc il est musulman." Puis finalement, on s'est rendu compte qu'il était catholique et on les avait moins entendus. Nous, on estime qu'une vie est une vie et on condamne, de la même manière, chaque vie qui est perdue dans ce pays. Je constate que certains sont très discrets et très mal à l'aise sur ce qui s'est passé hier à Trappes, sûrement parce qu'ils s'en sentent très responsables, et ils ont raison de s'en sentir responsables.

Mais maintenant, on veut les entendre s'engager à à une prise de conscience et à dire qu'ils vont arrêter ces propos parce que le racisme tue et que si cette jeune fille de 12 ans s'est pris huit balles dans le corps, c'est parce que voilà, il y a des propos qui sont tenus qui entraînent les gens, qui les qui mentalement les enferment dans ce racisme et qui produit des drames et donc ils ont une responsabilité dont ils doivent tenir compte et j'attends leur explication sur le sujet. Voilà pourquoi on est là aujourd'hui.

On sera toujours là et s'il faut qu'il se dise ça risque de durer longtemps, Sophie Binet a annoncé une grève générale à partir du 5 novembre et vu ce que je vois et l'absence de réponse que que j'entends plutôt que je n'entends pas, il y a fort à parier que on sera aussi en soutien de cette grève générale chacun à notre poste, les politiques colleurs, les syndicats colleurs à partir du 5 novembre et je le redis, total soutien aux lycéens qui ont su réveiller un mouvement dans ce pays qui était endormi.

On ne savait plus trop comment réveiller l'étincelle, les gens avaient un peu baissé la tête quand vous avez fait les gilets jaunes, les cahiers de doléances, les conventions citoyennes, les manifs retraites, la dissolution, quand vous avez gagné cette élection et quand on est toujours là, ben en fait voilà, c'est c'est assez décourageant mais on voit là qu'on dans une situation compliquée parce que avant ils disaient bah ah c'est une manif contre ça bah vous enlevez cette réforme et ça se calmera. Là, c'est une manifestation finalement pour toute leur œuvre depuis 10 ans, c'est une manifestation de fin de mandat et donc ça va être très difficile pour eux à gérer, je leur confirme.

Est-ce que vous attendez sur les violences euh on a vu le gouvernement avoir énormément de compassion pour les victimes, aucune pour les blessés que que ce soit des enfants ou des adultes. Est-ce que vous avez été choqué de la non réaction du gouvernement là face à des gens mutilés à ? Bah évidemment faut se dire que moi à l'âge où j'étais lycéenne à Lens d'ailleurs, quand je manifestais à l'époque contre l'arrivée de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle, ça ne nous rajeunit pas et bien on manifestait à Lens, à aucun moment on se disait que on mettait notre sécurité, notre intégrité physique en danger, jamais.

Et il aurait suffit à l'époque qu'une seule de ces de voilà de ces mutilations arrivent pour que tout s'arrête dans le pays, que que parents disent c'est terminé, que les journalistes disent c'est impossible, que le gouvernement dise on s'excuse et là ce qu'on voit aujourd'hui, bah c'est que ça continue comme si de rien n'était. 1 2 3 4 5 6, il en faudra ? Un mort dans la manif du 17 octobre à Paris euh dont des informations qu'on a, on pressent quand même que c'était assez lié à la manifestation elle-même. À quel moment ils s'excusent de ? À quel moment ils éprouvent de ?

Non et à Matignon, on leur a encore redit, c'est ça semble pas audible pour eux mais je pense vraiment qu'on a un problème, on rentre dans l'incommunicabilité. Vraiment on ne se comprend plus. On ne se comprend plus et moi je les entends j'ai entendu même le directeur général de la gendarmerie dire "Les manifestants n'ont pas de rapport avec les pilleurs et les casseurs." Il l'a dit très formellement.

Et quand on dit "Mais si vous voulez répondre à un mouvement social et que vous répondez que par l'ordre, vous ne répondez pas au mouvement social, le mouvement social va continuer." Et ben ils disaient "Ah donc vous dites que vous n'avez pas de contact avec les casseurs mais vous dites s'il faut arrêter de casser, faut répondre au mouvement social. Donc en fait vous êtes en lien." Non, on n'est pas en lien. C'est juste que les casseurs se greffent sur le mouvement social, c'est bien connu. S'il y a plus de manif, il y a plus de casseurs. Et quand on dit "Bah du coup pourquoi vous ?

Pourquoi vous arrêtez pas les ?" Bah moi je sais pas, j'ai entendu euh beaucoup parler de pillages en marge de matchs de foot, j'ai pas entendu qu'on interdisait les matchs de foot et qu'on arrêtait la Ligue des Champions et les finales au Stade de France. Non, le travail du gouvernement c'est que tout ça puisse se tenir et cohabiter. Donc nous on est là pacifiquement, on veut manifester, on le fait dans le calme mais faut arrêter de nous changer quelques fois les parcours.

À Matignon, ils nous ont dit quand même que en fait on comprenait rien et qu'ils avaient vraiment des doctrines françaises du maintien de l'ordre qui fait qu'on ne peut pas passer sur des ponts et pas passer à proximité de voies ferrées. Résultat, ils ont changé au dernier moment un parcours qui va passer sur un pont au-dessus de la Seine, ce qui vu ce qui s'est passé le 17 octobre 1961 est très effrayant pour beaucoup de manifestants parce qu'on nous dit aussi qu'il y a peut-être des gens d'extrême droite qui sont infiltrés dans le cortège.

Donc moi je dis attention à tout le monde et veillons les uns sur les autres et on va passer aussi près de voies ferrées même au-dessus de voies ferrées donc c'est c'est c'est exactement l'inverse de ce qu'ils nous avaient dit. Pourquoi ils ont changé ce ? Les commerçants place Porte d'Italie disent "Mais nous on n'a pas été prévenus assez tôt." Donc ils se sont barricadés à Bastille, mais ici non. Les manifestants qui s'étaient organisés pour venir ont dû changer au dernier moment. Tout ça, enfin c'est le le chaos, c'est mal organisé.

Donc soit c'est du manque de respect, soit c'est de l'impréparation et alors niveau de responsabilité là-haut au gouvernement, dans les deux cas c'est un problème. Est-ce qu'on va aller ? pour les lycéens dans les prochains jours ou pas du ? ? Est-ce que vous attendez des des annonces fortes pour les lycéens dans les prochains ? Bah j'ai compris qu'il les recevait lundi. J'ai pas compris que les annonces allaient être fortes. Mais on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. Merci beaucoup. Merci.