Mélenchon sur de bons rails pour 2027 ? Jérôme Fourquet
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« Jean-Luc Mélenchon a fait le constat qu'il lui avait manqué 420000 voix pour accéder au second tour et dès lors il n'a eu de cesse, lui et ses lieutenants, que de d'essayer de de mettre en place une stratégie pour lui permettre la prochaine fois d'accéder au second tour. »
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Quand la France insoumise prend la tête de la gauche au deuxème tour, notamment dans des villes modérées comme comme Toulouse, et bien on a des pertes en ligne qui sont assez considérables. On voit par exemple que parmi lesat la liste brillançon, donc qui rassemblaient les socialistes, les écologistes et les communistes toulousains en premier tour, il n'y en a que 69 % qui votent pour la liste d'union de la gauche au 2e tour. des pertes en ligne très lourdes hein, c'est un tiers de l'électorat qu'on ne retrouve pas qui s'évapore soit au profit de l'abstention 14 % soit plus grave encore pour la gauche au profit de la liste moudin.
Jérôme Fourquet, bonjour. Bonjour. La France insoumise sera objectivement renforcée de ces municipales par rapport à celle de 2020 puisqu'ils ont remporté h villes dont Saint-Denis et la Courneuve au premier tour alors qu'il n'en avait aucune en 2020. Et Jean-Luc Mélenchon a élaboré sa stratégie bien avant ce scrutin local dès le 11 avril 2022. Alors effectivement cette ce résultat municipal c'est le fruit d'une stratégie qui a été murement réfléchie sur la base des des résultats du premier tour quand Jean-Luc Mélenchon a fait le constat qu'il lui avait manqué 420000 voix pour accéder au second tour et dès lors il n'a eu de cesse, lui et ses lieutenants, que de d'essayer de de mettre en place une stratégie pour lui permettre la prochaine fois d'accéder au second tour. et ils ont notamment
constaté que leur meilleur résultat avait été obtenu dans les banlieux populaires qui se caractérisent par deux caractéristiques. La première, c'est que les scores obtenus par Jean-Luc Mélenchon dans beaucoup de communes de banlieu étaient stratosphériqu au premier tour de l'élection présidentielle avec des scores dépassants 60 % à la Courneuve, à Garge, à Bobini, à Trappe mais également plus de 50 % par exemple à Creille, Roubet ou VO Envelin, donc des villes dont on va reparler pour les les municipales. Et la deuxième caractéristique de ces communes, c'était que le taux d'abstention, comme on le voit, était aussi significativement supérieur à la moyenne nationale. Et donc Jean-Luc Mélenchon et ses troupes se sont dit si on arrive à aller faire
voter ces abstentionnistes dans ces banlieux, et bien vu les scores que nous obtenons au premier tour, c'est gagné puisque ces abstentionnistes voteront quelque part à l'image de leur leurs voisins ou des autres habitants qui eux s'étaient mobilisés. Et donc nos réserves de de voix se trouvent dans ce que Jean-Luc Mélenchon appelle ses bases populaires. Et donc c'est pour ça qu'il n'a eu de cesse ensuite que de mettre le paquet sur ses communes en développant un certain nombre de thématiques. Alors au-delà des banlieux populaires, LFI fait fort dans bien d'autres groupes d'électeurs. Alors effectivement euh si ces scores sont élevés dans ces banlieux populaires, c'est d'abord parce que à la présidentielle, on le voit, Jean-Luc Mélenchon obtient des scores euh des
résultats très importants dans les milieux les plus modestes. Euh les chômeurs, les personnes au plus faible revenu, euh les salariés en situation de CDD ou intérim et puis également les les locataires en HLM. Donc tout ça se recoupe avec la la géographie sociale qu'on a qu'on a décrite précédemment, mais c'est plus large que ça et on va voir qu'il y a également d'autres catégories qui lui ont été très fortement acquises. Oui, parce qu'il y a le vote des classes populaires inéluctables mais il y a aussi le facteur religieux qui percute parfois tout le reste. Alors effectivement c'est aussi un des enseignements majeurs de la dernière élection présidentielle. C'était le score tout à fait spectaculaire de Jean-Luc Mélenchon dans l'électorat musulman. Euh 69 % euh des Français de
confession musulmanes ont voté pour Jean-Luc Mélenchon. On a aucun autre euh groupe social, culturel ou religieux qui a voté aussi homogènement euh à la présidentielle. Et tout ça nous renvoie à un constat qu'avait déjà fait en son temps. Donc il y a plus d'un il y a un siècle maintenant André Sfrit qui est le père de la géographie électorale française. Donc dans un tout autre contexte, il s'intéressait à la géographie électorale de de l'Ardèche. Donc on voit qu'on est loin des banlieux populaires contemporaines. Et Mélenchon Sfried nous disait quand le facteur religieux s'invite dans une campagne présidentielle, il va l'emporter sur toutes les autres considérations. Donc c'est ce qui s'est passé et de et depuis la France insoumise n'a eu de cesse que
d'investir cette thématique notamment en mettant à l'agenda la question de la la lutte en faveur du du peuple palestinien et en propulsant en tête d'affiche aux européennes la figure de de Rima Hassan qui est aujourd'hui incontestable dans le le dispositif de campagne de la France insoumise aussi on savait qu'il plaisait aux jeunes mais nous n'avions pas forcément en tête l'augmentation substantielle dans cette catégorie de la population. Alors effectivement, dès 2017, Jean-Luc Mélenchon avait réalisé ses meilleurs résultats dans les tranches d'âge les plus jeunes, mais comme on le voit, euh il a encore progressé entre 2017 et 2022 dans la la jeunesse française. D'où le fait que euh Jean-Luc Mélenchon et ses troupes aient beaucoup investi par exemple sur la la tournée dans les dans
les campus ou les les les sites universitaires pour s'adresser en direct à cette électorat jeune qui le soutient de plus en plus. Alors cette stratégie n'est pas tabou chez Jean-Luc Mélenchon. Il l'avait déjà formalisé en septembre 2024. Scène capturée par nos confrères de quotidien. Faut mobiliser la jeunesse et les quartiers populaires. Tout le reste laissez tomber on verre notre temps. Là se trouve la masse des gens qui ont intérêt à une politique plus gauche pour aller chercher ces gens-là. Nos bases populaires. Là il faut y aller vous personne d'autre qui a ça même pas parler les alors déclinaison de cette ce diagnostic et de cette stratégie. Euh Jean-Luc Mélenchon a envoyé euh à la conquête de ce qu'il appelle ses bases populaires une génération Mélenchon, c'est-à-dire
de jeunes élus députés euh qui ont été euh catapultés dans beaucoup de territoires pour essayer de partir à la conquête d'un certain nombre de villes. Euh et ces villes, il y en a il y a deux caractéristiques. Soit ce sont des villes très populaires. que Ali Diuara par exemple a été envoyé à la Courneuve, David Guiroot à Roubet, Abdel Kader Lamar à Vauenvelin, Dirbou Merdit à Vénitieux. Donc soit les les villes populaires, soit des grandes capitales régionales universitaires où la France insoumise est bien implantée. Donc c'est Nathalie Oziol qui a été euh tête de liste à Montpellier par exemple, Marie Messner à à Rennes euh ou euh d'autres comme François Picmal à à Toulouse. Donc c'est clairement la déclinaison point
par point de la stratégie mélanchonienne de parler à ces deux catégories de la la population en y envoyant ses meilleurs éléments. Alors avec ces sept villes gagnées en métropole, la France insoumise critic mais c'est faire l'autruche sur une éion notable du score du parti depuis 2022 il faut aussi le dire ce sont des scrutins différents. Alors, quand on regarde le score des de des listes insoumises dans les villes où ils se présentaient, euh on est en moyenne à 12,4 %, donc ce qui est un score honorable mais qui doit être euh relativisé. À relativiser pourquoi ? Parce que comme on l'a dit, la France insoumise de manière assez logique et et pragmatique, c'est d'abord concentré sur les communes où électoralement le potentiel LFI était le
plus important. Et donc quand on regarde dans ces villes où LFI s'est présenté, quelle était la performance de ce parti à d'autres scrutins ? Alors il faut faire ses comparaisons avec prudence parce qu'en sciences politiques, on on aime pas trop comparer des scrutins de nature différentes, mais ça donne quand même un ordre de grandeur. Et vous voyez qu'aux européennes par exemple donc il y a 2 ans dans ces villes oùfi s'est présenté au municipal le score moyen était de plus de 18 %. Et à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, comme on l'a dit tout à l'heure, avait obtenu des scores très substantiels à quasiment 32 % des voies. Donc LFI réussit son implantation mais ne réalise pas l'intégralité du potentiel qui était disponible parce que il y a toute une
logique notamment de de vote utile qui s'est mise en place. Alors on voit une perte d'électeurs en valeur absolue mais LFI fait fort dans de nombreuses villes malgré tout. Alors effectivement dans les les les villes qui vont être remportées notamment au premier au second tour, la Cour Neuve, Saint-Denis, Voin Velin, Roubet, Creille ou d'autres comme Villier Lebel, on a des scores souvent qui dépassent euh les 15 voire les 20 ou les 25 % euh mais dans une géographie qui est quand même assez circonscrite, on le voit encore une fois essentiellement les banlieux plus quelques grandes villes universitaires. En revanche, dès le premier tour, on observait un vote utile à la défaveur des insoumis. Alors, ce score important ou relativement important de la la France insoumise mais
qui est en dea de l'étiage qui aurait pu être attendu, s'explique en partie par le fait que au municipal euh nous avons eu notamment dans certaines grandes villes universitaires ce qu'on appelle en sciences politiques un vote utile de la part d'une d'une franche de l'électorat insoumis qui dès le premier tour euh ne s'est pas porté sur la France insoumise mais qui a pu voter pour la liste de gauche qui apparaissait comme étant la mieux placée. souvent la liste du de du ou de la mer sortant. Donc on voit par exemple à Paris que madame Chikirou ne fait que 54 % de l'électorat insoumis. On en a 25 % dès le premier tour qui vont aller sur la liste d'Emmanuel Grégoire. même scénario à Lyon où euh la liste d'Ousset capte dès le premier tour 29 % de la base
insoumise et puis à Strasbourg, la proportion est encore un peu plus importante avec 31 % de l'électorat insoumis Strasbourgeois qui votent dès le premier tour pour la liste de la maesse écologiste sortante madame Barsé Guan. Et les électeurs insoumis sont promptes à faire fit de leur désaccord qu'ils peuvent faire gagner la gauche. On le voit au second tour. Alors au 2e tour, on on voit que après ce ce vote utile, on a encore [raclement de gorge] une une logique de vote utile qui s'affirme au second tour, par exemple à Paris où parmi l'électorat qui avait voté pour madame Chikirou au premier tour, elle n'en retrouve que 60 % d'un tour à l'autre. quatre électeurs sur 10 de la liste Chikirou se reportent par réflexe antidroite et antiati sur la
liste Grégoire. Et dans les list dans les villes où LFI avait été éliminé, où s'était retiré, et bien là le report est massif. Sur la liste de gauche restée en compétition, quasiment 100 % des insoumis euh ont voté à NIM pour la liste d'union de la gauche ou à Lyon pour la liste écologiste. Et on se souvient du retrait de monsieur Deelogu à Marseille. pour faire barrage au Rassemblement national. 83 % de ces électeurs du premier tour appliquent quelque part cette consigne du barrage républicain et vote pour la liste de monsieur monsieur Paï candidat socialiste. Alors cette union sacrée à gauche semble trouver ses limites dès lors qu'un insoumis prend la tête de la liste. Le cas toulousain est particulièrement intéressant. Alors effectivement euh
Toulouse concentrait toutes les les attentions puisque euh c'était une ville euh où LFI avait obtenu un bon résultat, était en tête de la gauche au premier tour et il y avait une possibilité de bascule euh en au profit de la gauche dans cette ville. Euh mais ça ne s'est pas passé comme cela. Et pour quelle raison ? Bien parce que on voit que quand la la France insoumise prend la tête de la gauche au deuxème tour, notamment dans des ville modérée comme Toulouse, et bien on a des pertes en ligne qui sont assez considérables. On voit par exemple que parmi lesat la liste brillançon, donc qui rassemblaient les socialistes, les écologistes et les communistes toulousains en premier tour, il n'y en a que 69 % qui votent pour la liste
d'union de la gauche au 2e tour. a des pertes en ligne très lourdes hein, c'est un/ers de l'électorat qu'on ne retrouve pas qui s'évapore soit au profit de l'abstention 14 % soit plus grave encore pour la gauche au profit de la liste moudin qui récupère 17 % de ces électeurs de gauche non insoumis et non seulement il y a une des pertes en ligne à gauche mais il y a aussi face à cet accord LFI PS et bien un front euh j'allais dire antiéléfi qui se met en place euh 87 % des électeurs du Rassemblement national toulousain qui élimine la liste est éliminée au soir du premier tour se reporte sur Mouin et parmi les abstentionnistes du premier tour nombreux qui prennent le chemin des urnes au deuxème tour très clairement
comme on le voit la mobilisation des abstentionnistes a grandement bénéficié au mer sortant qui en récupère les 2/ tiers ce plafond de verre pourrait apparaître encore plus nettement avec la candidature en 2027 du premier d'entre eux Jean-Luc Mélenchon et alors effectivement le le Le le risque qui que peut courir la France insouise, c'est que c'est la jurisprudence toulousaine comme on pourrait l'appeler se répète au niveau national. Qu'est-ce que cette jurisprudence toulousaine ? Et bien, c'est ce qu'on a dit, c'est-à-dire une capacité à faire des scores importants au premier tour, se placer en tête de la gauche, mais en étant en tête de la gauche au deuxème tour, être victime à la fois de perte en ligne du reste de la gauche qui se reporte assez
mal et puis susciter aussi en contre dans les autres électorats un vote de rejet. Et si on se base sur la code de popularité euh telle qu'elle est établie par euh IPFOP pour Paris Match, on voit que Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui dans notre classement des 50 personnalités politiques préférées des Français est en pointe en 48 positions. Donc il est très très bas dans le classement et donc comme on dit dans notre jargon, il y a ce cette image qui est très très clivante, qui peut vous faire de vous un bon candidat de premier tour mais qui obère assez certainement vos chances au second.
Jean-Luc Mélenchon