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ChroniqueUnion Populaire Républicaine· 24 août 2015 76 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalImmigration & asileInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Les partis politiques respectent-ils l'intelligence des français ? - 3/4

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 6 %Attaque 87 %Défensif 6 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Locuteur 1Fait
    « « Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup ». »
  • 4:00Locuteur 1Fait
    « « Le Front national est pour le principe de la construction européenne. » »
  • 7:00Locuteur 1Fait
    « « Ma grand-mère disait : « Quand c'est flou, c'est qu'y a un loup ! ». » »
  • 14:00Locuteur 1Fait
    « « Il était peut-être imprudent de promouvoir la sortie de l'euro. » »
  • 18:00Locuteur 1Chiffre
    « « Le FN fait du 23%-24% mais avec 50% d'abstention. » »
  • 0:15Fait
    « Les médias sont là pour promouvoir le FN, pour neutraliser 24% des votants. »
  • 1:00Fait
    « La famille Le Pen entraîne 15% des Français vers le néant depuis 1972. »
  • 5:30Chiffre
    « Indemnité de frais généraux : 4 299 € par mois nets. »
  • 6:00Chiffre
    « Indemnité journalière de 304 € par jour de présence au Parlement européen. »

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0:04
François Asselineau

Le Front national respecte-t-il l'intelligence des Français ? Parce que beaucoup de Français ont le sentiment qu'il y aurait un parti politique qui, finalement, trancherait avec les autres, qui dirait un petit peu... Ça a été le slogan de M. Le Pen pendant des années : « Il dit tout haut ce que les Français pensent tout bas », etc. Donc il y a un petit peu cette espèce d'idée qui flotte en l'air comme quoi le Front national... Bon, il dirait parfois des choses... Comme ça, il ferait du rentre-dedans. Et donc, ça serait un parti qui dirait le fond de sa pensée. Alors je suis là, malheureusement, pour...

Je vais encore une fois me faire peut-être mal voir par un certain nombre d'entre vous mais je suis là pour décortiquer comment fonctionne le Front national. Le Front national, il a recours à des choses assez spécifiques. Il y a ce que j'appelle le stratagème du joueur de flûte de Hameln, le stratagème des mauvaises herbes, la technique du dérapage semestriel, le stratagème de l'ambiguïté permanente. Alors on va voir un petit peu... Il se distingue, en effet, des autres par un certain nombre de caractéristiques. Première caractéristique... Je vais donner la parole à Mme Martine Aubry. Ça sera un petit peu le fil rouge de ça.

Martine Aubry, sur RTL, qui avait eu ce mot que je trouve assez drôle. Écoutez bien ce qu'elle avait dit à un moment dans une intervention. {Moi, ma grand-mère disait : « Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup ». Voilà. Donc j'ai essayé de mettre le doigt sur certains de ces loups »}. Voilà. En l'espèce, elle ne parlait pas du Front national, elle parlait de François Hollande. Et elle avait d'ailleurs tout à fait raison. « Ma grand-mère me disait : « Quand c'est flou, c'est qu'y a un loup ! » ». Ça, c'est vraiment quelque chose qu'il faut que vous ayez à l'esprit pour tous les partis politiques. Je vous l'ai dit tout à l'heure. Quand vous ne comprenez pas quelque chose...

C'est le proverbe chinois. « Il vaut mieux avoir l'air bête 5 minutes que de le rester toute sa vie ». Quand vous ne comprenez pas quelque chose, c'est qu'il y a quelque chose à comprendre que l'on vous cache. Alors Mme Aubry fait parler sa grand-mère. « Ma grand-mère disait : « Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup ! » ». S'il y a un parti politique où des choses sont floues, c'est qu'il y a une volonté derrière que ce soit flou. C'est pas par hasard. Alors les programmes leurres par exemple... En 2006, c'est-à-dire il y a 9 ans, dépêche de l'agence France-Presse du 16 juin 2006 : « Le Front national cherche à nuancer son discours sur l'Europe ».

Allez chercher sur le fil AFP « Dépêche AFP du 16 juin 2006 ». Vous pouvez écrire à l'AFP, vous la retrouverez. On y apprenait que M. Le Pen disait : « On m'accuse d'être contre l'Europe, c'est absurde ! La France est la plus vieille nation d'Europe. Mais je ne suis pas pour n'importe quelle Europe. C'est l'Europe des patries que nous voulons ». Et M. Gollnisch disait : « Si Jean-Marie Le Pen est élu à la présidence de la République, il ne proposera pas la sortie de l'euro mais il proposera en échange de récupérer des pouvoirs fondamentaux en matière fiscale ou en matière de frontières ». Donc ça, c'est la première chose sur laquelle je vais revenir longuement.

Le Front national est pour le principe de la construction européenne. Ça n'a donc rien à voir avec nous, puisque nous, nous sommes contre le principe d'une construction politique continentale. Disons que ça n'a jamais marché, que ça ne marchera jamais. Et qu'en plus de ça, c'est quelque chose de suspect qui nous entraîne vers la guerre et vers un partage nauséabond entre les peuples blancs et les autres. Donc M. Le Pen est pour le principe, comme tous les autres partis politiques. Et la deuxième chose, c'est qu'il ne propose absolument pas de sortir de l'UE. Mais il ne propose pas davantage de sortir de l'euro.

L'escroquerie politique du FN, on a pu la voir pour les élections européennes de 2009. Pour les élections européennes de 2009, on avait ici... Là, c'était en Île-de-France. Vous aviez ici le candidat tête de liste : « Contre l'arnaque européenne ». Et vous aviez au verso de la profession de foi un petit mot de Jean-Marie Le Pen et le programme. Alors on va faire un zoom là-dessus parce que vous allez voir comment marche l'arnaque de façon très très précise. Voici ce qu'il y avait en haut du verso. « Le 7 juin, pas d'abstention ! À la proportionnelle, vous aurez des élus FN ». Déjà, bon... L'objectif, c'est un objectif très politicien. C'est d'avoir des élus à la proportionnelle.

« Construction européenne : ils vous ont arnaqués ! Depuis 25 ans, la classe politique française vous a vendu une Union européenne qui devait apporter plein emploi, hausse du pouvoir d'achat, prospérité économique et protection. Aujourd'hui, la vérité éclate au grand jour. L'Union européenne est devenue un système totalitaire et son bilan est un véritable désastre économique et social : ». Tout ça, c'est vrai. C'est exactement, d'ailleurs, la même thématique – en gros – que ce qu'il y avait tout à l'heure sur le tract – vous savez – « I rise up » des socialistes. On part d'un principe... Ils font un diagnostic qui est juste et sévère.

« Récession, délocalisations, mépris des peuples, (...), immigration massive, ». On glisse ici un petit truc codé pour la droite de la droite. « Destruction de notre identité nationale, de nos valeurs et de nos traditions, insécurité sanitaire ». En gros, on peut dire que c'est un constat qui est exact. « Cette Europe est une véritable arnaque. Mais le déclin n'est pas une fatalité. Pour sauver la France, il faut changer d'Europe ». Donc phase 1 de la manipulation : diagnostic cinglant de la construction européenne avec un petit amalgame sur l'immigration au passage. Deuxièmement, la responsabilité en est imputée aux autres partis français.

« Depuis 25 ans, la classe politique française » et non pas l'impossibilité intrinsèque du projet européen. Vous savez, c'est comme tout à l'heure, « I rise up », là, des socialistes. Eux, ils disaient : « C'est de la faute des conservateurs ». Le FN dit : « C'est de la faute de la classe politique française », comme Bayrou, d'ailleurs. Mais à aucun moment, on ne s'interroge : est-ce que c'est de la faute des Français ou est-ce que c'est de la faute d'un processus qui en soi ne peut pas marcher ? Vous comprenez. C'est un processus structurel qui ne peut pas marcher structurellement. Donc : « Cette Europe est une véritable arnaque. Mais le déclin n'est pas une fatalité.

Pour sauver la France, il faut changer d'Europe. Ne laissez plus les autres décider à votre place ». Donc la phase 2 de la manipulation : solution bidon pour changer cette Europe. J'attire d'ailleurs votre attention, au passage, sur un excellent marqueur de l'arnaque des alter-européistes. C'est dès que vous avez marqué « Cette Europe ». Dès que vous lisez sur un tract, sur une affiche : « Cette Europe, nous n'en voulons pas », votre sens doit immédiatement s'éveiller. Ça veut dire qu'il postule qu'il y en a une autre qui est possible. Alors je viens de vous faire une longue démonstration statistique avec Mélenchon et avec José Bové qu'une autre Europe est impossible.

Donc en fait, il reprend la thématique de l'autre Europe. Ça, c'est le paragraphe du haut, vous vous rappelez. C'était ce paragraphe-là, signé Jean-Marie Le Pen. Et puis après, il y a cette partie-là qui est le programme. « Exigez avec nous ». Alors ça, c'est très intéressant à lire à la loupe. « Exigez avec nous une Europe qui lutte contre les délocalisations par le rétablissement de frontières économiques ». Tiens donc. Donc ça veut dire qu'ils sont pour l'Europe. Puisqu'ils veulent une Europe qui lutte contre les délocalisations. D'ailleurs, nous, nous disons que pour lutter contre les délocalisations, il n'y a pas 50 façons de le faire. Il n'y en a qu'une.

C'est d'abroger l'article 63 du TFUE qui est l'article qui interdit toute restriction aux échanges de mouvements de capitaux. Il n'est absolument pas question de cet article. On poursuit : « L'instauration et le respect du principe de préférence nationale et communautaire ». Alors « Principe de préférence nationale », ça, c'est un des gimmicks, un des jingles du FN depuis des années. C'est le message envoyé : « Préférence nationale », qui d'ailleurs est un concept qui existait dans les années 30, qui avait été mis en place dans les années 30, qui n'avait rien d'extrême-droite. Mais ça veut dire – le « et communautaire » – qu'on se place bien dans une perspective européenne.

« Le refus de tout impôt européen ». Ça tombe bien. Il n'y en a pas. « Une Europe qui garantisse la protection sociale et les services publics ». Mais nom d'une pipe, j'ai l'impression de lire le truc de « I rise up », de tout à l'heure, les types qui tournaient autour de la place de la République. C'est la même chose : « Une Europe qui garantisse la protection sociale et les services publics ». Il n'y a aucune analyse sur le pourquoi c'est pas possible. « Une Europe respectueuse des identités et des traditions nationales, fidèle à ses valeurs morales et spirituelles », ça mange pas de pain. C'est l'article 1 et l'article 1 bis que je vous ai montrés tout à l'heure du TUE.

« Une politique d'inversion des flux migratoires au niveau national ». Alors là, on fait une impasse sur le fait que les article 67, 77, 79 du TFUE font que, désormais, la politique d'immigration dépend de la Commission européenne. « Une Europe sans la Turquie ». Là-dedans, il y a deux choses formidables. C'est qu'on est pour l'Europe, puisqu'on la veut sans la Turquie. Et deuxièmement, c'est qu'on la veut sans la Turquie. Donc ça, c'est un petit message envoyé à tous ceux qui bouffent du musulman matin, midi et soir et la nuit. « Sans la Turquie », ça veut dire : « Nous, on veut pas des Arabes ». Les Turcs sont pas des Arabes. Mais ça...

On fait pas dans la dentelle quand on est au Front national. Donc ça, c'est un petit message envoyé pour plaire à qui, là ? C'est pour plaire à l'électorat – qui est très important – du FN où, notamment, des militants... Des gens qui me disent – moi, j'en ai vu – : « Nous, on préfère avoir une Europe avec les États-Unis plutôt que la France soit submergée par les Arabes ». C'est ça qu'ils vous disent. Donc les gens qui disent : « Vous parlez comme le FN »... On n'a rien à voir avec le Front national. « Une politique agricole qui garantisse notre indépendance alimentaire ». Bon. Très bien mais c'est pas le cas.

« La défense des libertés traditionnelles du monde rural, comme la chasse et la pêche » : très bien mais ça n'est pas le cas. « Une France souv... »... Alors ça, c'est merveilleux. J'adore cette phrase. « Une France souveraine dans une Europe démocratique ». (Rires). C'est ce que l'on appelle en cuisine un chaud-froid de volaille (Rires) ou M. Chèvre-Chou, un oxymoron. On mélange des choses qui sont incompatibles et on pense avoir ainsi résolu la question. Ils sont pas les seuls. Il y avait une période, dans les années 90, où – par exemple – Lionel Jospin avait dit : « L'Europe, c'est une fédération d'États-nations ». Mais on peut pas avoir une fédération et des États-nations.

C'est contradictoire. Là, c'est pareil. Donc on pense... C'est en fait une pirouette sémantique. « La sécurité des personnes et des biens par le rétablissement et le contrôle des frontières intérieures ». Donc ça, en fait, ça s'adresse à l'espace Schengen, qui n'a pas de rapport avec l'UE. « Le rétablissement de la primauté du droit national constitutionnel sur le droit européen. Une protection nationale en faveur de la défense des salariés et des épargnants ». Très bien. Résultat de tout cela : vous voyez qu'il n'est nulle part – d'abord – question de l'euro alors que tout à l'heure, dans la présentation, c'était : « L'euro nous a ruinés ».

Là, vous avez beau tourner, retourner le papelard, il n'y a rien sur l'euro ! C'est quand même assez fort ! Et par ailleurs, il n'y a rien sur la sortie de l'UE. En revanche, il y a tout sur le fait – finalement – qu'il faut renforcer l'Europe sans la Turquie. Voilà. Donc il n'est absolument plus question de l'euro. Il n'est absolument pas question de sortir de l'UE. {Ma grand-mère disait : « Quand c'est flou, c'est qu'y a un loup ! ». Voilà.} On va voir maintenant une interview qui va être un moment fort. Un moment fort. C'est un entretien de Louis Aliot. Alors on va réexaminer cette interview à la loupe, parce que vous allez voir à quel point c'est intéressant.

Vous allez voir à quel point c'est intéressant. Vous imaginez que vous êtes à 8 h 30 du matin, vous êtes une mère de famille qui est en train de préparer le petit-déjeuner – il est 8 h 15 – des enfants qui vont partir à l'école. Vous écoutez ça d'une oreille. Ou alors vous êtes – vous, monsieur – en train de préparer votre mobylette ou votre moto pour partir au boulot. Vous écoutez ça d'une oreille. Donc il y a quelques mots qui vont venir vous frapper l'esprit. Et vous allez en sortir des choses. Et vous allez voir... C'est très très intéressant, la façon dont ça se déroule. Alors en avant, musique, avec cette émission de RMC. C'était le 15 décembre 2011, voilà.

Louis Aliot, vice-président du FN, invité de Jean-Jacques Bourdin sur RMC... {Notre invité ce matin, Louis Aliot, vice-président du Front national, codirecteur de la campagne de Marine Le Pen, bonjour. — Bonjour.} {Pas d'autre choix, d'abord, que de constater que l'euro va s'effondrer de lui-même. Donc il faut anticiper comme l'a dit Marine Le Pen la sortie de l'euro, redonner à la Banque de France ses prérogatives, c'est-à-dire revenir sur la loi de 1973. — Donc elle est élue, immédiatement, elle sort de l'euro ? — Non, pas immédiatement. C'est là qu... — Bon... — Oui, mais vous comprenez, il faut pas raconter n'importe quoi. — Alors précisez, précisez.

— Nous sommes un État au milieu d'autres États européens. — Eh oui, eh oui. — Et nous sommes liés à d'autres États européens. Nous n'avons jamais dit le contraire. Il faut donc repenser l'Europe, rebâtir l'Europe. Je pense que des pays européens sont prêts à le faire. Et la première chose que ferait Marine Le Pen, c'est de demander un sommet européen pour parler de la reconstruction de l'Europe basée cette fois-ci sur l'Europe des patries, sur la confédération d'États, ... — Et elle demanderait la sortie de l'euro ? — ...sur l'idée – attendez – du général de Gaulle plutôt que sur l'idée fédéraliste de Jean Monnet}. Alors ça va très vite. Mais vous avez vu...

Vous êtes la mère de famille qui préparez le déjeuner des enfants. « Ah ! Il y a Louis Aliot, qui est le type qui fait la campagne présidentielle de Mme Le Pen ». Qu'est-ce qu'elle entend comme mots ? Elle entend : « Sortie de l'euro », elle entend : « Sort de l'euro », « Sortir de l'euro », etc., « C'est de demander un sommet », « Cette fois-ci sur l'Europe des patries », « Sortie de l'euro ». Après, je vois dans des salles des gens qui me disent, qui me jurent : « Je suis sûr d'avoir entendu M. Aliot parler de la sortie de l'euro ». Oui. Sauf qu'il dit que non. Vous comprenez comment ça marche ?

Et vous voyez que c'est en fait un sketch entre Jean-Jacques Bourdin et Louis Aliot, puisque Jean-Jacques Bourdin dit : « Donc, elle est élue, immédiatement, elle sort de l'euro ? — Non, pas immédiatement. C'est là qu... — Bon... ». Jean-Jacques Bourdin donne une espèce de bon point. « Bon... — Oui, mais vous comprenez, il faut pas raconter n'importe quoi. — Alors précisez, précisez. — Nous sommes un État au milieu d'autres États européens. — Eh oui, eh oui », dit Jean-Jacques Bourdin. Donc en fait, le message de fond que fait passer Louis Aliot, c'est que ceux qui proposent de sortir de l'euro disent n'importe quoi. C'est que nous ne serions pas – nous, par exemple –...

« Ah tiens, ça, j'y avais pas pensé. Effectivement, on est au milieu des États européens. Ah bah mince, ça alors, j'y avais pas songé. Il va falloir revoir notre programme ». Vous comprenez comment ça marche ? C'est-à-dire qu'en fait : « Vous n'avez pas d'autre choix, d'abord, que de constater que l'euro va s'effondrer de lui-même ». Les prémisses, c'est pas : « Nous voulons sortir de l'euro ». C'est « Nous n'avons pas d'autre choix que de constater que l'euro va s'effondrer de lui-même. Il faut anticiper la sortie de l'euro, redonner à la Banque de France ses prérogatives, c'est-à-dire revenir sur la loi de 1973 ». Ça n'a absolument aucun rapport. Techniquement, ça vaut pas un clou.

Non mais il sait même pas de quoi il parle. C'est évident. Ça se voit. Mais on voit bien qu'il dément. Et on continue. Et vous allez voir la suite. {Oui, ce qui veut dire qu'elle demanderait la sortie de l'euro ? — Elle demanderait le retour aux monnaies nationales et on peut discuter de l'établissement d'une monnaie commune pour les échanges internationaux. — Oui. Est-ce qu'elle consulterait les Français, d'une manière ou d'une autre, pour ces changements majeurs, changements majeurs ? — Je pense qu'aujourd'hui... — Vous reprochez aux responsables politiques de jamais consulter les Français.

— Dans l'état actuel de la société française, toute réforme d'envergure, désormais, ne peut se faire qu'avec l'aval du peuple, parce que les politiciens... — Par référendum ? — Par référendum, parce que les politiciens ont trop menti depuis 30 ans}. Alors ça aussi, c'est vraiment à examiner à la loupe. Jean-Jacques Bourdin enfonce le clou. « Ce qui veut dire qu'elle demanderait la sortie de l'euro ? — Elle demanderait le retour aux monnaies nationales et on peut discuter de l'établissement d'une monnaie commune pour les échanges internationaux ». Ça veut dire quoi, « Elle demanderait le retour aux monnaies nationales » ? Mais elle demanderait à qui ?

Et pourquoi elle demanderait quoi que ce soit à qui que ce soit ? Nous, nous voulons appliquer l'article 50 qui consiste à prévenir les 27 autres États. C'est l'article 50 qui consiste à notifier aux 27 autres États la décision souveraine de la France de sortir de l'UE et accessoirement de l'euro. Et à ce moment-là, on entre – alors je vous renvoie à ma conférence « Le jour d'après » – dans un processus de négociation sur l'accord de sortie. Mais là, elle demanderait le retour aux monnaies nationales. C'est vite vu. Les autres lui feront un bras d'honneur, lui diront : « Niet ! », « Nein ! », « No ! », « Nada ! », « Nicht ! », « Niente ! ». Bon, et alors ? Alors on fait quoi ? On sait pas.

C'est exactement la même entourloupe – vous savez – que Jospin qui avait dit : « Je demanderai la renégociation des critères de Maastricht ». Il est devenu Premier ministre en 1997 là-dessus. Puis lorsqu'il est allé voir M. Schröder, qui était à l'époque le chancelier, M. Schröder a dit : « Nein ! ». Et puis il est revenu, il a dit : « Les Allemands ont dit non ». Mais tout le monde le savait, qu'ils diraient non. Et puis on est restés. Parce que vous comprenez, dire : « Elle demandera le retour aux monnaies nationales »... On va voir d'ailleurs que dans l'autre cas, elle dit tout à fait le contraire. Mais si les autres disent non...

Ce qu'aurait été la bonne question de Jean-Jacques Bourdin... C'était de dire : « Mais qu'est-ce qui va se passer si les autres disent non, puisque les autres diront non, de toute façon ? Qu'est-ce que vous faites ? ». Il ne l'a pas posée. C'était la question à poser. Alors à ce moment-là, il y a Bourdin qui dit : « Est-ce qu'elle consulterait les Français, d'une manière ou d'une autre ? ». Et il y a Louis Aliot qui dit : « Oui. Il faut faire par référendum ». Tiens donc. Et pourquoi ? Le programme du FN propose de sortir de l'espace Schengen. Il propose pas un référendum. D'ailleurs, c'est quoi, l'élection présidentielle ? L'élection présidentielle, c'est : « Votez pour moi.

Je vais faire des référendums ». L'élection présidentielle consiste à proposer aux Français une procédure de sortie. Est-ce que vous imaginez que De Gaulle, le 18 juin 1940, ait fait son appel en disant : « Françaises, Français, la France a perdu une bataille, n'a pas perdu la guerre. Je vous propose de vous rassembler pour que nous organisions un référendum pour savoir s'il faut poursuivre la Résistance ». Ça le fait pas. Donc vous avez bien compris que c'est une arnaque. Alors ensuite, c'est le 8 mars 2012, toujours pendant la campagne pour l'élection présidentielle.

C'est sur l'émission « Des paroles et des actes », où nous allons voir un débat, alors cette fois-ci directement avec l'intéressée, et Henri Guaino, l'un des chevaux légers de M. Sarkozy. Alors écoutez bien, parce que c'est très très bref, l'extrait. Mais il est très intéressant. {Le traité de Maastricht a été approuvé. L'euro est là. Sortir aujourd'hui de l'euro, unilatéralement, provoquerait une catastrophe... — Ça n'a jamais été mon projet}. Vous voulez réécouter ? (Rires) Henri Guaino dit : « Le traité de Maastricht a été approuvé. L'euro est là. Sortir aujourd'hui de l'euro, unilatéralement, provoquerait une catastrophe... ». Marine Le Pen : « Ça n'a jamais été mon projet ».

Et je peux vous assurer qu'il y a des gens qui se feraient crucifier quand je leur dis que Mme Le Pen ne veut pas sortir de l'euro. Ils ont dit : « Si, vous mentez ! Asselineau, vous êtes un menteur ! Je l'ai entendu ». C'est faux. C'est faux. Alors on continue. L'escroquerie politique du FN pour l'élection présidentielle de 2012... Ça, c'était la profession de foi de Mme Le Pen pour l'élection présidentielle de 2012. Si vous voulez aller la lire, vous trouverez des sites internet où elle y est. Je vous suggère d'aller la lire sur notre site internet « upr.fr », puisque nous avons mis le scan.

Vous aurez le plaisir de constater qu'il n'y a même pas le mot « euro » dans cette profession de foi. Il n'y a même pas le mot « euro » ni « Union européenne ». Et a fortiori, il n'est absolument pas proposé de sortir de l'UE et de l'euro. Là encore, c'est comme si vous imaginiez par exemple l'appel du 18 juin de De Gaulle où, à la fin de l'appel du 18 juin, vous regardez l'appel et puis vous vous apercevez qu'il n'est même pas question de l'Allemagne ni de l'Occupation. Ce serait quand même ballot. C'était quand même le moment. C'était le truc... Elle a envoyé ça à 46 millions d'électeurs. « Mince. Oh ! J'ai oublié de parler de l'euro et de l'Europe ».

Mais alors, en revanche – vous verrez de près –, il est question de lutter contre les voyous, contre l'immigration. Enfin c'est des grandes thématiques habituelles. Son programme, constamment contradictoire sur l'euro, ne le prévoit pas mais se complaît en revanche sur des thèmes d'extrême-droite : l'immigration, l'insécurité, etc. Alors vous allez voir d'ailleurs ce que ça donne là aussi. Vous allez voir ce que ça donne par un extrait également très intéressant de la fin de sa campagne électorale. Et vous allez voir une interview de son père. « Scansions du public : « Marine ! Marine ! ». — Cher public, bonsoir ! — (Cri de joie de la foule.) — L'immigration massive accroît nos difficultés.

Plus d'immigration, c'est plus de chômage, plus d'insécurité, plus de déficit budgétaire, plus de dette : une charge écrasante. — (Cri de joie de la foule) — Voix off : « À quelques jours du premier tour, suivant finalement les conseils de son père, Marine Le Pen insiste moins sur sa volonté de sortir la France de l'euro. Elle revient à un discours plus traditionnel sur l'immigration et la sécurité ». — Jean-Marie Le Pen : « Il était peut-être imprudent de promouvoir la sortie de l'euro. Et ça a été interprété de façon négative, en particulier par les milieux patronaux, qui mènent contre Marine une guerre inexpiable. N'est-ce pas ?

— Donc il aurait mieux fallu le prévoir sans faire d'oracle plutôt que de le promouvoir ? — C'est ce que je pensais. Moi, je pense qu'il fallait dire : « Nous savons que l'euro va s'écrouler. Il serait préférable que nous nous mettions en accord avec nos partenaires européens pour pallier ces inconvénients. Eh bien attendons. On va voir ». — Finalement, c'est ce qu'elle a fini par faire. Son discours de fin de campagne est plutôt celui-là. — Oui, oui. Oui, un peu, un peu, oui}. Vous avez vu aussi la rouerie de Le Pen qui dit : « Il était un peu dangereux de dire qu'il fallait sortir de l'euro parce que Marine fait l'objet de la lutte inexpiable des milieux patronaux ».

C'est-à-dire que c'est très roué, parce que ça fait croire aux gens que les milieux patronaux sont contre le Front national. Mais ça veut dire aussi que, finalement, elle s'est pliée à la demande des fameux milieux patronaux. Et en définitive, il dit : « Finalement, ce qu'il faut dire... ». C'est ce qui a prévalu. C'était d'ailleurs la profession de foi qu'on a vue ou bien le discours de M. Aliot qui datait de l'automne dernier. Donc c'était pas du tout quelque chose de nouveau. C'est : « Il ne faut pas dire qu'on veut la sortie de l'euro. On dit que l'euro va éclater de toute façon ». Mais si l'euro n'éclate pas... Et l'euro n'a pas éclaté depuis 2011. On est toujours avec l'euro.

Donc on y reste. Voilà. « Il était peut-être imprudent de promouvoir la sortie de l'euro. Et ça a été interprété de façon négative, en particulier par les milieux patronaux, qui mènent contre Marine une guerre inexpiable. N'est-ce pas ? Mais si c'était une guerre inexpiable, comment se fait-il que Mme Le Pen, désormais, a 44% du temps de parole politique sur BFM, 55% sur LCI ? C'étaient les 15 premiers jours de février. Comment se fait-il qu'elle ait été reçue – comme on le verra tout à l'heure – en grande pompe par le magazine Time et toute l'oligarchie euro-atlantiste à New York ? « Il aurait mieux valu le prévoir sans faire d'oracle plutôt que de le promouvoir ?

» : ça, c'est la question du journaliste. « C'est ce que je pensais. Moi, je pense qu'il fallait dire : « Nous savons que l'euro va s'écrouler. Il serait préférable que nous nous mettions en accord avec nos partenaires européens pour pallier ces inconvénients ». Eh bien attendons. On va voir ». — Finalement, c'est ce qu'elle a fini par faire. Son discours de fin de campagne est plutôt celui-là. — Oui, oui. Oui, un peu, un peu, oui ». Voilà. J'insiste au passage sur le fait que nous, nous disons toujours la même chose. En début, en milieu, en fin de campagne et hors campagne, nous n'adaptons pas notre discours en fonction de ce que pensent Pierre, Paul ou Jacques.

Est-ce que vous imaginez De Gaulle qui aurait dit : « Oui. Finalement, les milieux patronaux étaient pro-Vichy... »... Ils étaient tous derrière Vichy et Pétain. Mais est-ce que vous imaginez que De Gaulle ait dit... Ça, c'est un truc de maquignon, c'est un truc de politicard. Est-ce que vous imaginez De Gaulle dire : « Bon, on va pas taper trop – quand même – contre Pétain », etc., « On va arrondir les angles parce que, finalement, les milieux patronaux me vouent une haine expiable » ? Vous avez toute la différence entre ce que c'est que faire de la politique, entre ce que c'est qu'être un homme d'État et ce que c'est que, par ailleurs, faire de la petite politicaillerie de bas-étage.

L'escroquerie politique pour l'élection législative du Lot-et-Garonne de 2013 : ça, je le connais puisque j'ai été candidat. C'est la première élection à laquelle nous avons participé. D'ailleurs, nous avons été traités d'une façon absolument inimaginable par les médias locaux, surtout par Sud-Ouest. Vous aviez ici, par exemple : « Un député pour le peuple ». On a d'ailleurs appris que ce M. Bousquet-Cassagne, ensuite, est mouillé dans l'affaire Bygmalion. Bon. Ici, voici un député. Voici son programme. Excusez-moi. Le programme : « Un député pour le peuple, c'est possible. Nos engagements ». Alors ça n'est pas très grand.

Mais c'est : « Protéger nos emplois », « Relancer les PME-PMI », « Défendre la ruralité », « Refuser le droit de vote des étrangers », « S'opposer à la montée de l'islamisme radical », « Défendre la famille traditionnelle », « Avoir des salaires dignes », etc. Il n'y a pas un mot sur l'euro ni sur l'UE. Jamais ! Allez regarder au moment des élections législatives, des élections départementales. Jamais ! C'est la raison pour laquelle j'ai dit plusieurs fois, de nombreuses fois – je le redis – que nous offrons une caisse de champagne, de six bouteilles de champagne UPR... Un champagne UPR que vous trouverez en vente sur notre boutique en ligne.

Nous donnons une caisse de six bouteilles de champagne à quelqu'un qui nous montrera une profession de foi du Front national où il est question sans ambiguïté... Pas dire : « On fera un référendum. Si on n'arrive pas... ». Un truc qui dit : « Nous proposons aux Français de sortir de l'UE, de l'euro par l'article 50 ». Une caisse de six bouteilles de champagne... J'en ai fait, des promesses. Le 17 juillet 2013, le FN confirme qu'il ne propose pas la sortie de l'euro. C'était l'interview de M. Jean-Richard Sulzer, l'un des innombrables conseillers de Mme Le Pen. C'est aussi assez bizarre. Mme Le Pen, elle a des conseillers en veux-tu en voilà. Bon. Moi, j'ai pas besoin de conseillers.

Il y a des responsables. Il y a un responsable de la défense, un responsable de la monnaie, un responsable des questions économiques. Qu'est-ce que c'est que ça, cette héritière qui – paraît-il – fait trois fautes par mot ? Vous savez, ça, c'est ce qu'a dit M. Jean-Claude Martinez, quand même. C'est pas moi qui l'ai dit. Paraît-il qu'elle a une orthographe de cochon. C'est son problème. Je m'en fiche. Mais cette femme, elle n'a aucune compétence professionnelle de quelque nature que ce soit. Elle a hérité du parti de son papa, point. Elle a besoin de conseillers. Elle en a 50. Elle a Jean-Richard Sulzer. Elle a un type qui s'appelle Monot. Elle a un type qui s'appelle Philippe Murer.

Enfin elle en a des quantités gastronomiques – comme on dit – rien que pour les questions économiques. Voilà ce que disait M. Sulzer. « Pendant l'élection présidentielle, nous nous sommes aperçus que les électeurs étaient effrayés par la sortie de l'euro. Notre programme, c'est désormais d'abandonner la monnaie unique pour revenir à une monnaie commune : une monnaie partagée par plusieurs États mais qui ne remplace pas la monnaie nationale ». Alors déjà, on ne sait pas ce que ça veut dire. Deuxièmement, nous avons gardé les monnaies nationales. Je vous renvoie à ma conférence : « La tragédie de l'euro ». La monnaie unique, c'est les journalistes qui n'y connaissent rien qui vous disent ça.

La monnaie unique, ça n'existe pas. Donc M. Sulzer ne doit même pas le savoir lui-même, le conseiller de Mme Le Pen. Tous les États d'Europe ont gardé leur monnaie nationale. Une monnaie nationale, c'est une créance sur une banque centrale nationale. La Banque de France, elle existe toujours. La Bundesbank, elle existe toujours, en Allemagne. La Banque de Grèce en Grèce. La Banque d'Italie en Italie. Donc tous les États d'Europe ont gardé leur monnaie nationale. Ça, c'est la première chose qu'il faut savoir. La deuxième chose qu'il faut savoir, c'est que l'entrée dans l'euro s'est traduite par un certain nombre de conséquences.

Premièrement, toutes ces monnaies nationales doivent s'appeler « euro ». Elles doivent toutes avoir les mêmes billets de banque. On doit toutes pouvoir les échanger au taux de 1 pour 1 sans limitation de temps ni de durée. Donc effectivement, visuellement, on a l'impression que c'est la même monnaie. Mais juridiquement, ça n'est pas du tout la même monnaie. Et ça a des conséquences absolument colossales. Je vous renvoie à ma conférence sur la tragédie de l'euro. Donc le conseiller de Mme Le Pen n'y connaît rien et propose de remplacer ça par une monnaie commune. On ne sait pas ce que ça veut dire. Ça n'a en fait aucun sens. Et vous voyez aussi au passage un autre truc.

« Pendant l'élection présidentielle, nous nous sommes aperçus que les électeurs étaient effrayés par la sortie de l'euro ». C'est normal que les gens soient effrayés par la sortie de l'euro puisque tous les partis politiques, tous les médias leur disent que sortir de l'euro serait une catastrophe. Il y a eu une émission, il y a quelques semaines, qui s'appelait « Bye bye l'euro », qui était une pochade, un truc, une espèce de propagande ahurissante. Mais nous, on s'en fiche que les Français soient effrayés par la sortie de l'euro. Nous, ça ne nous effraye pas. On le sait. C'est normal puisque tout le monde leur fait peur. On est là pour dire aux Français : « N'ayez pas peur ».

Ça fait partie du jeu qu'on vous fasse peur. En fait, la sortie de l'euro, c'est la solution, de même que la sortie de l'UE. S'il n'y a jamais eu un seul mouvement politique qui n'explique aux Français que l'on doit et que l'on peut sortir de l'UE et de l'euro, si tous les partis politiques, de l'extrême-droite à l'extrême-gauche, tombent dans le panneau ou participent de cette conjuration, effectivement, les Français ne voudront pas sortir. C'est aussi simple que ça. Alors ça, c'est à l'issue du forum-débat sur Beur FM du 15 novembre 2012. J'avais débattu avec lui. M.

Sulzer m'avait confirmé devant témoins que le FN ne propose pas de sortir de l'UE mais qu'il voulait exclure la Turquie et faire entrer la Russie dans l'UE. Alors ça, c'est la géopolitique finaude des gens du FN. On veut faire sortir la Turquie, mais on va faire entrer la Russie, c'est-à-dire se foutre de la gueule du monde. Ça veut dire n'avoir rien compris à ce que c'est que la construction européenne. La construction européenne est la manœuvre d'encerclement de la Russie pilotée depuis Washington. Donc dire qu'on va faire entrer la Russie, c'est vraiment n'avoir mais rien compris aux fondements de la construction européenne.

Le 8 novembre 2013 : « Les réseaux secrets du Front national », « Des débats vifs au sein du FN sur la sortie de l'euro ». On voit également que Marine Le Pen « prône désormais une prudente pédagogie et une « sortie concertée » de la zone euro, après une période de négociation d'au moins six mois et un référendum », etc., etc. C'est-à-dire que constamment, il n'est jamais question de sortir de l'euro. {Ma grand-mère disait : « Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup »}. Alors un parti girouette qui entretient des ambiguïtés savantes pour occulter l'essentiel est un parti qui méprise l'intelligence des Français. Un parti qui sur ce sujet absolument capital change constamment de pied...

D'ailleurs, on a mis en ligne sur notre site un dossier sur les 14 versions différentes du FN sur l'euro et l'UE. Il y a tout sauf la sortie de l'UE par l'article 50. Le plus extraordinaire, c'est que personne n'est capable de dire quel est le programme du Front national sur l'euro aujourd'hui. C'est absolument fascinant. Il y a tout et son contraire. Alors il y a aussi le sketch du parti ni à droite ni à gauche opposant à l'UMPS. Le Front national ne trouve pas d'autre réponse à nos analyses qu'en calomniant l'UPR comme étant un sous-marin de l'UMP. Ça, ça s'est passé lors de l'élection législative partielle du Lot-et-Garonne. « Michel Guiniot »... C'est pareil.

C'est un des hommes de main de Mme Le Pen. « Regrette, par ailleurs, la multitude des candidats à cette élection, jugeant certaines comme des « ramasse-miettes » voire des « sous-marins » de l'UMP, visant ici celles de François Asselineau et de Nicolas Miguet, « dont les thèmes de campagne sont proches des nôtres » et qui auraient été envoyés dans le Villeneuvois, selon le délégué du FN, pour « prendre des voix » au parti frontiste ». Donc nous serions un sous-marin de l'UMP.

Comme je le dis, nous sommes un sous-marin en eau très très profonde, parce que si nous étions un sous-marin de l'UMP, est-ce que vous ne pensez pas que les journaux, les médias auraient tendance à nous donner un petit peu la parole et faire baisser un petit peu le temps de parole donné au FN ? C'est le contraire qui est exact. Plus l'UPR progresse, moins nous avons droit... On n'a jamais eu droit beaucoup. Maintenant, c'est pire que tout. On n'arrive à rien. En revanche, le Front national, on lui donne 50%, 30% sur tous les médias. Le Front national nouveau style affirme être « ni droite ni gauche ». Ils ont lancé ce genre de campagne.

Sauf que sur le terrain, ici par exemple une élection législative : « Face à la gauche immigrationniste, laxiste et européiste, votez Front national ». Marion Maréchal-Le Pen cosigne un texte avec des députés UMP. Un texte d'une très très grande actualité d'ailleurs, puisqu'il s'agissait d'une proposition de loi visant à reconnaître le génocide vendéen entre 1793 et 1796. Mais c'est un texte cosigné entre Mme Marion Maréchal-Le Pen et des députés de l'UMP. Vous savez que le Tout-Paris ne bruisse que des projets d'alliance entre la droite de l'UMP pilotée par Guillaume Peltier, qui est à la tête du courant de l'UMP qui s'appelle la Droite forte...

Guillaume Peltier, qui a été auparavant à la tête du Front national de la jeunesse, avant de s'assagir et d'aller à l'UMP. Et tout Paris bruisse du fait que Patrick Buisson, l'âme damnée de Sarkozy, concocterait une alliance entre M. Guillaume Peltier et puis Mme Marion Maréchal-Le Pen du FN. Comme ça que ça marche... Le 9 février 2013, Jean-Marie Le Pen, favorable à une alliance UMP-FN dans les élections à deux tours... Et après, c'est nous dont on dit qu'on est des sous-marins de l'UMP. C'est quand même pas mal. Le 17 mars 2013, Marion Maréchal-Le Pen envisage des alliances de circonstance avec l'UMP. « J'ai toujours dit que nous étions dans une opposition constructive ».

Le 10 mai 2013, l'allié du FN et ancien porte-parole de Marine Le Pen Paul-Marie Coûteaux appelle à des alliances entre le FN et l'UMP. Ça revient très régulièrement. M. Le Pen l'a encore sorti il y a quelques semaines d'ailleurs, au moment des départementales. Le 22 mai 2013, c'est l'ancien député du FN Jacques Bompard, proche de Jean-Marie Le Pen, qui appelle à une alliance FN-UMP, faisant valoir qu'un candidat UMP dans la Somme a été exclu de l'UMP pour avoir noué une alliance avec le FN et que le maire UMP de Saintes-Maries-de-la-Mer s'est déclaré favorable à des alliances avec le FN, etc. Le 7 décembre 2013... Ça, c'est Mme Marion Maréchal-Le Pen qui est...

Alors là, on voit déjà la rouerie de la politicarde, parce qu'elle nous fait quelque chose qu'on a déjà vu ailleurs. C'est-à-dire qu'elle dit une chose et son contraire dans la même interview. Le journaliste de Nice Matin lui demande : « Allez-vous faire des alliances avec l'UMP ? ». Réponse de Marion Maréchal-Le Pen : « Impossible. Ce serait incohérent de s'allier avec un mouvement dont nous critiquons le bilan et les propositions. L'UMP, comme le PS, sont des tenants du fédéralisme européen et du libéralisme. Ils mènent quasiment la même politique migratoire. En revanche, au niveau local, des unions d'hommes sont possibles ».

Donc les alliances avec l'UMP sont impossibles, sauf qu'elles sont possibles. « Des unions d'hommes sont possibles »... (Rires) Bon, il est vrai que le FN a évolué. (Rires) En tout cas, c'est la stratégie du mensonge éhonté : condamner avec indignation exactement ce que l'on fait. Est-ce que vous mesurez ? C'est quand même assez fort. C'est quand même assez fort. On condamne avec indignation. « C'est scandaleux ! ». « Ça serait incohérent de s'allier avec un mouvement dont nous critiquons le bilan mais, en revanche, on va le faire ». Le 16 janvier 2014... Cette fois-ci, c'est M.

Wallerand de Saint-Just, qui est un proche du FN, qui est d'ailleurs même un candidat FN à la mairie de Paris : « S'associer avec l'UMP entre les deux tours, pourquoi pas ». Etc., etc. Enfin je vais pas vous accabler de tous ces exemples. C'est pour vous montrer que ceux qui vous font croire que le FN serait anti-UMPS vous mentent, puisqu'en fait, le FN n'est ni de droite ni de gauche. Mais en fait, il n'est ni gauche. Voilà. Et ils ne cessent que de demander, réclamer des alliances avec l'UMP. Je pense que dans les années qui viennent, il y aura probablement des reclassements, à la fois à l'UMP et au FN. D'ailleurs, je vous signale que le FN a une particularité.

C'est un parti politique qui a deux logos. Il a le logo de la flamme tricolore qui avait été reprise au MSI néofasciste italien. Et il a un logo, une espèce de flamme qui se tortille version moderne, qui est le logo du new look du FN. Donc en fait, vous avez un parti qui est scindé. En fait, il y a un nombre de chapelles incroyable au FN. Les gens ne sont d'accord sur absolument rien. Ils ne sont même pas d'accord sur l'euro, sur l'Europe et tout. Le point commun aux gens qui sont au FN, c'est de taper sur les Arabes. En gros, c'est ça. Mais à part ça, le point commun du FN, c'est... Vous avez donc deux stratégies.

On l'a vu, d'ailleurs, récemment, dans le conflit réel ou supposé – on sait pas si c'est un sketch ou si c'est vrai – entre le père et la fille. Alors le vrai rôle du FN, c'est quoi ? Le vrai rôle du FN, c'est l'application d'un des grands stratagèmes chinois. 欲擒故縱 (Yù qín gù zòng), c'est le 16e des 36 stratagèmes chinois. Ça veut dire « Laisser advenir pour mieux capturer ». Voilà. On peut dire également « Laisser pousser les mauvaises herbes pour mieux les sarcler ». Alors de quoi s'agit-il ? On va essayer de comprendre ça ensemble. C'est la technique des dérapages.

Nous sommes le seul mouvement politique français qui expliquons ce mystère sur lequel s'interrogent depuis des années, des décennies même beaucoup de Français. « Mais pourquoi est-ce qu'il y a tant de dérapages au FN ? M. Le Pen est un vieux de la vieille. Il va bientôt avoir 90 ans. C'est un personnage extrêmement roué, extrêmement malin. Lui, mais aussi sa fille, régulièrement, font des dérapages. Des dérapages que ne ferait pas un enfant de 7 ans, parfois. Donc comme je vous l'ai déjà dit, quand il y a quelque chose que vous ne comprenez pas, c'est qu'il y a quelque chose à comprendre que l'on ne vous explique pas.

En décembre 2010, Mme Le Pen, interviewée sur des médias, critique l'euro, propose pas d'en sortir. Et en même temps, dans le même mouvement, elle compare les immigrés musulmans en France à l'armée d'occupation nazie. Elle fait les deux choses en même temps. « Je critique l'euro et je dis que les musulmans, que les immigrés en France, c'est comme l'armée d'occupation nazie ». Le magazine L'Express, aussitôt, titre en connaissance. Provocation réussie. Par cette déclaration, Mme Le Pen accrédite dans l'esprit public – et c'est relayé par toute l'orchestration médiatique – l'idée qu'il y a une équivalence entre l'hostilité à l'euro et l'hostilité aux immigrés.

Ça permet aux grands médias de masse de faire croire dans la population que si vous être contre l'Europe, c'est que vous êtes d'extrême-droite. En juillet 2011, Mme Le Pen critique l'euro et soutient les propos de son père qui avait trouvé des circonstances atténuantes au massacre en masse du tueur norvégien. Je sais pas si vous vous rappelez cette anecdote. Là aussi, dans la même interview... Par cette déclaration, Mme Le Pen accrédite l'idée d'une équivalence entre l'hostilité à l'euro et une indulgence scandaleuse pour le massacre de militants de gauche et d'immigrés, c'est-à-dire être d'extrême-droite.

En octobre 2011, Mme Le Pen critique l'euro et réclame l'organisation d'un référendum pour le rétablissement de la peine de mort pour les tueurs d'enfants en exploitant... Il y avait eu un fait divers absolument épouvantable : un petit enfant qui avait été enlevé, violé, torturé, tué, etc. Elle faisait ça toujours dans la même interview. De nouveau, par cette déclaration, Mme Le Pen accréditait l'idée d'une équivalence entre l'hostilité à l'euro et vouloir réintroduire la peine de mort, donc être d'extrême-droite. Donc son job... C'est d'un job qu'il s'agit. Le boulot de la famille Le Pen... Ils sont payés pour ça puisque c'est pour ça qu'ils ont à vie un poste de député européen.

J'y reviendrai tout à l'heure. Le job de la famille Le Pen, c'est de mettre dans la tête des Français tous les 6 mois, tous les 3 mois que si vous êtes contre l'UE et l'euro, c'est que vous êtes d'extrême-droite. C'est que vous êtes pour la peine de mort, que vous trouvez que c'est tout à fait normal de tirer dans le tas contre les immigrés, que les immigrés sont l'armée d'occupation, etc., etc. Le 27 janvier 2012, en pleine campagne pour l'élection présidentielle, Mme Le Pen se rend à Vienne avec des militants néonazis le jour du 67e anniversaire de la libération du camp d'extermination d'Auschwitz. La ville de Vienne en Autriche – capitale de l'Autriche – est en état de siège.

Il y a des milliers de manifestants partout. Et Mme Le Pen joue naturellement les sainte-nitouche : « Mais comment, comment ? On n'a pas le droit d'aller faire des valses de Vienne ? », etc. D'ailleurs, à chaque fois, les militants du FN abondent : « Et alors, on n'a pas le droit d'être pour la peine de mort ? Et alors ? D'ailleurs, là, il y avait un Juif parmi les danseurs ». Textuellement. Cette provocation néonazie autrichienne fait scandale alors qu'elle est en pleine campagne présidentielle en France et qu'elle avait toutes les raisons du monde pour refuser. Un enfant de 7 ans ne l'aurait pas fait. Vous vous appelez Le Pen. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle.

Paraît-il que vous avez une stratégie de dédiabolisation. Qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez danser avec des néonazis à Vienne le jour de la Libération du camp d'Auschwitz. Mme Le Pen remplit ainsi de nouveau son contrat... Il y a un contrat derrière. Je sais pas si c'est un contrat écrit. Sans doute pas. Mais il y a un gentleman agreement. On vous donne accès aux médias mais vous salopez le truc. Sinon, on n'a pas accès aux médias. Faire croire aux Français qu'être pour la sortie de l'euro, c'est avoir des sympathies pour le IIIe Reich, aller valser à Vienne avec des militants néonazis le jour du 67e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz...

Le 18 février 2012, c'est encore un truc extraordinaire. Le 18 février 2012, en pleine campagne pour l'élection présidentielle de sa fille... C'est trois semaines après l'affaire des valses de Vienne. Jean-Marie Le Pen fait un nouveau scandale. Dans une réunion publique, il lit un poème de Robert Brasillach. Robert Brasillach, c'est un type qui a été... C'était un écrivain qui n'était pas sans talent, un normalien, assez jeune, qui devait avoir 35-38 ans, et qui avait sombré dans la collaboration la plus dure. Il avait écrit notamment dans Gringoire ou dans « Je suis partout ». Enfin des journaux ultra collaborationnistes, antisémites et autres.

À la Libération, il a été condamné à mort et fusillé. De Gaulle ne l'a pas gracié. Parce que De Gaulle pouvait pas gracier tout le monde. Il avait déjà gracié Pétain. Il pouvait pas non plus gracier tout le monde parce qu'il y avait une forte pression d'une partie de l'opinion publique, notamment du Parti communiste. Donc il n'a pas été gracié. Il a été donc fusillé. Robert Brasillach, c'est quand même pas quelqu'un d'extrêmement connu. Par ailleurs, nous sommes en élection présidentielle en 2012. Quel rapport avec Robert Brasillach, fusillé en 1945 ? Aucun. Néanmoins, Jean-Marie Le Pen fait une réunion publique et cite un poème de Brasillach. Ça fait un scandale.

Il est interrogé sur France Inter quelques jours après. On va le voir. Vous allez regarder, là aussi, très minutieusement comment ça s'est passé. Vous allez voir que Le Pen est interrogé par les journalistes là-dessus et que Le Pen est revenu avec le poème. Et il le relit ! Alors que ça avait fait scandale. Alors que sa fille est candidate à la présidentielle, il en rajoute une couche ! Et vous allez voir l'explication qu'il en donne. Ça vaut le coup. {Vous avez lu – à la tribune, on en a beaucoup parlé cette semaine – un poème de Robert Brasillach. Alors – faut-il le rappeler pour nos auditeurs ?

– écrivain collaborationniste qui a été exécuté, fusillé...} {...préciser qu'il dirigeait la rédaction de l'hebdomadaire Je suis partout qui était quand même réputé pour son antisémitisme durant la période...} {— Un poème sur l'honneur, un poème de Brasillach... « Au berceau de l’enfant Honneur... » — Vous allez nous le lire. Allez-y, allez-y. — « On a vu deux fées apporter Deux présents pour l’enfant Honneur Le courage avec la gaieté. À quoi, dit-on à la première, Sert un présent comme le vôtre ? Presqu’à rien, répond la première À donner du courage aux autres. L’autre, dit-on à la seconde, N’est-il pas de trop pour l’Honneur ? Un enfant, répond la seconde, A toujours besoin d’une fleur ».

Alors voilà la cause du débat... — Vous savez bien... — J'ai dit un poème de Robert Brasillach. — Jean-Marie Le Pen, je pense pas que ce soit la nature des vers... — Ce que vous faisiez, c'est de la provocation. Vous le saviez ? — Mais de la provocation, monsieur... Voyez-vous, il faut que vous vous convainquiez de quelque chose. Je suis un homme libre qui ne se laisse imposer aucune contrainte d'aucune sorte, qui n'a peur de personne et qui dit ce qu'il pense. Et comme, à mon âge, je l'ai fait dans la politique pendant 56 ans, je continuerai de le faire jusqu'à ce que le Bon Dieu me rappelle}. Alors c'est extrêmement intéressant parce que vous voyez qu'il est venu avec le poème.

Vous l'avez vu. On le voit dans la main, le poème dactylographié. Ça veut donc dire... Ça va, je suis quand même souvent passé dans ce genre d'émissions. C'est pas sûr et certain mais dans 80% des cas, on discute avec le journaliste des sujets qui vont être abordés. Donc Jean-Marie Le Pen, il a fait un dérapage qui fait scandale. Le journaliste lui ressort le truc. Et Jean-Marie Le Pen, au milieu de... Il dit : « Écoutez, c'est un non-sujet ». Il en rajoute une louche. Et il prend un air offusqué en disant : « Comment, comment ? Je n'ai pas le droit de faire ça ? C'est un poème », comme si c'était une banalité. Alors l'objet... Et il dit : « Je suis un homme libre ». Pourquoi fait-il ça ?

Il fait ça pour remettre sur le tapis l'idée qu'être contre l'UE, critiquer l'UE, etc., c'est équivalent à être proche d'un poète qui a été fusillé par complicité avec le IIIe Reich. Mais surtout, vous voyez ici Jean-Marie Le Pen démasqué. Le double-jeu démasqué de Jean-Marie Le Pen pour la campagne présidentielle de 2012. Rappelez-vous le passage que je vous ai montré tout à l'heure. C'était d'ailleurs à peu près à la même époque. C'est un mois après. Un mois après, Jean-Marie Le Pen dit : « Il était peut-être imprudent de promouvoir la sortie de l'euro. Et ça a été interprété de façon négative, en particulier par les milieux patronaux qui mènent contre Marine une guerre inexpiable.

Je pense qu'il fallait dire : « Nous savons que l'euro va s'écrouler. Il serait préférable que nous nous mettions en accord avec nos partenaires européens pour pallier ces inconvénients. Eh bien attendons. On va voir » ». Là, nous avons affaire au type très très très roué, prudent, etc. « Il faut pas dire qu'on sort de l'euro. Voilà. En fait, on dit pas qu'on sort de l'euro ». Et vous avez le Jean-Marie Le Pen... Donc là, il propose pas de sortir de l'euro par prudence vis-à-vis des milieux patronaux. Et là, vous avez le même Jean-Marie Le Pen qui lit un poème d'un écrivain collabo antisémite parce qu'il n'a peur de personne et qu'il dit ce qu'il pense.

« Je suis un homme libre qui ne se laisse imposer aucune contrainte d'aucune sorte, qui n'a peur de personne et qui dit ce qu'il pense ». Merde alors ! Voilà quelqu'un qui n'a pas peur de lire un poème de Robert Brasillach qui a été fusillé à la Libération parce qu'il écrivait dans des torchons antisémites collabos, mais qui a peur des milieux patronaux : « Faut pas leur faire de peine sur la sortie de l'euro ». Vous commencez à comprendre le truc ? Il est pas un homme libre puisque si c'était un homme libre, il dirait qu'il faut sortir de l'euro. Il ferait un bras d'honneur aux milieux patronaux. On voit donc bien ici le double jeu de M. Le Pen démasqué.

Le 18 octobre 2013, énième dérapage depuis la création du FN. « La crise du porc en Bretagne, c'est la faute des musulmans ». Le 18 octobre 2013, le même jour, (n+1)ème dérapage. C'est la suspension d'une candidate FN après des propos racistes envers Taubira. C'était cette candidate qui, dans les Ardennes, avait comparé Mme Taubira à un singe. Et puis alors vous avez... Vous savez, on ergote sur le sujet. Un singe, ça reste un animal. Un Noir, c'est un être humain, etc., etc. Bref. Ce genre de trucs, c'est fait pour. Et puis on en arrive à ça. Le Nouvel Observateur : « 24%. Le sondage qui fait peur. En tête pour les européennes, le FN menace de devenir le premier parti de France ».

Alors là, c'est tout à fait intéressant, parce que vous avez ici une une qui est en complète contradiction entre d'une part « Le sondage qui fait peur » et un visuel de Mme Le Pen qui est un visuel plutôt très sympathique. Elle est plutôt assez belle. Elle a le visage, le regard lumineux, etc. Ils ont pas pris une photo... Ils ont fait une photo sympathique. « Le sondage qui fait peur »... Ça, c'est ce que l'on appelle les prophéties autoréalisatrices, les self-fulfilling prophecies des Américains. C'est-à-dire « Le sondage qui fait peur ». Mais si ce sondage faisait peur, il n'y aurait aucun média qui parlerait du FN. C'est aussi simple que ça. Nous, nous en savons quelque chose.

Le parti politique en plus forte croissance de France n'a droit à rien, parce que nous, on fait peur. Nous, on fait vraiment très peur, parce qu'on a une capacité de rassemblement phénoménale, parce que nos analyses sont absolument impeccables techniquement, parce que nous nous inscrivons dans 1 500 ans d'histoire de France, parce que nous portons au plus haut les valeurs de la République, parce que nous démasquons tous les faux-semblants de toute la scène politique française, parce que nous proposons le véritable changement politique le plus stratégique depuis 1944. Nous, on fait très peur. Mais ça...

Un parti politique dirigé par un type qui lance des piques sur Robert Brasillach mais pour ne pas embarrasser l'oligarchie financière, dit qu'il faut pas sortir de l'euro, ça, c'est du gâteau. C'est du gâteau. Alors on en arrive à la stratégie dite du joueur de flûte de Hameln. Le joueur de flûte de Hameln, c'est la technique du Front national. En tout cas, c'est le rôle qui lui est dévolu sur la scène politique française. Mais la même chose existe sur les autres pays de l'UE : Aube dorée en Grèce, le FPÖ (NDLR : en Autriche seulement). Un peu partout en Europe, vous avez les mêmes processus, la presse qui met en avant le même type de partis politiques.

C'est quoi le joueur de flûte de Hameln ? Vous savez, c'est un conte qui remonte au Moyen Âge allemand. C'est dans une ville qui existe, qui s'appelle Hameln, qui est envahie par les rats. Et la municipalité, le bourgmestre désespère de se débarrasser des rats. Donc il y a de plus en plus de rats dans la ville. Et puis un jour, il y a un vagabond qui est un peu un poète – voilà –, un joueur d'instrument de musique qui arrive et qui va voir le bourgmestre, et qui lui dit : « Moi, je peux débarrasser ta ville de tous les rats ». Alors le bourgmestre dit : « Ah bon, et comment ? ». « J'ai mon secret.

Mais est-ce que si je débarrasse la ville de tous les rats, tu me donneras une récompense importante ? ». Le bourgmestre lui promet je sais plus combien de ducats ou de sequins. Très bien. À ce moment-là, le joueur de flûte sort sa flûte et il joue un air de musique qui plaît à tous les rats. Il est suivi par tous les rats. Et il les emmène loin de la ville, il les emmène jusqu'au milieu d'un lac. Et là, il les noie tous. La ville est débarrassée de ses rats. Alors à ce moment-là, il revient dans la ville et il dit : « Je viens chercher ma récompense ». Et le bourgmestre lui dit : « Oui mais non. Fiche le camp, vagabond. Je n'ai pas besoin de toi ».

Donc le bourgmestre ne respecte pas l'intelligence et la promesse qu'il a faite. Il ne respecte pas l'intelligence du joueur de flûte. Donc le joueur de flûte s'en va. Et trois jours après, le joueur de flûte revient. Il sort un autre instrument de musique. Et avec cet autre instrument de musique, c'est plus les rats qu'il fait venir. Ce sont tous les enfants avec un violon. Et tous les enfants le suivent. Il les emmène et il va les faire disparaître dans le lac. Alors c'est sans doute, d'après les experts, le reste d'un événement qui se serait produit au XIIe siècle avec des enfants d'un village qui seraient tombés lorsqu'un pont se serait effondré. Bref, voilà. Mais ça veut dire quoi ?

Ça veut dire exactement ceci : le rôle du FN, c'est d'être le joueur de flûte de Hameln. Le rôle du FN, c'est de faire venir 15%, 17% maintenant... Toujours moins de 14% des électeurs inscrits. Vous savez que le FN ne monte pas. Le FN n'augmente absolument pas ses scores. Vous le savez, ça. Vous avez... D'ailleurs, j'aurais dû le mettre sur cette conférence. Vous avez tous les résultats depuis 43 ans. Le FN n'a jamais dépassé – même atteint – les 14% d'électeurs inscrits au niveau national, et encore récemment. Ce qui se passe... Ce qui monte, c'est l'abstention, c'est-à-dire les électeurs de l'UMP ou du PS qui ne vont plus voter.

Mais ils préfèrent se faire couper une main plutôt que d'aller voter pour le FN. Donc le FN fait du 23%-24% mais avec 50% d'abstention. Et il suffit ensuite d'un coup de sifflet de l'UMP et du PS : « Attention, il y a la bête immonde ». Et puis alors il y a Jean-Marie Le Pen ou je sais pas qui qui commence à dire : « Ah, le drapeau nazi avait une certaine esthétique ». (Rires). Alors ça serait un scandale. Évidemment, ça n'aurait aucun rapport avec la choucroute. Vous auriez des militants du FN qui diront : « Et alors ? On peut plus rien dire. C'est vrai que rouge-blanc-noir, c'est assez joli ». (Rires). On créera de façon artificielle... Mais ça fait quand même 40 ans que ça dure.

On créera de façon artificielle un faux débat. Et puis en fait, les électeurs du FN, ils auront disparu comme les enfants. C'est exactement à ça que ça sert. C'est exactement à ça que ça sert. Les médias sont là pour promouvoir le FN, pour neutraliser 24% des votants. Mais ils ont jamais atteint 14%. D'ailleurs, vous avez vu ce qui s'est passé aux départementales. On nous avait annoncé : « Vous allez voir, le nombre... ». Finalement, ils ont eu 60... Je dis pas que c'est rien. Mais entre le premier et le deuxième tour, le FN a baissé parce qu'il y a eu une mobilisation de l'UMP et du PS parce que le FN n'arrive pas à dépasser les 13,8% des électeurs inscrits.

Et au total, sur les 2 054 postes à pourvoir, le FN en a eu 60. C'est-à-dire que c'est... Certains avaient dit : « Vous gagnez 1 ou 2 ou 3 départements ». Rien. Alors c'est exactement ça. « 24% : le sondage qui fait peur ». Donc quand on met le sondage qui fait peur, il y a évidemment des gens qui se disent : « Je vais voter pour le FN ». Et puis aussitôt, vous avez, juste après... On compare le truc à un singe. Et donc aussitôt, les gens disent : « Bah non. On peut pas voter FN ». Donc vous neutralisez comme ça 15% de la population. Tel le joueur de flûte de Hamelin ou de Hameln – en français, on dit Hamelin –, la famille Le Pen entraîne 15% des Français vers le néant depuis 1972.

Ça fait quand même beaucoup. Alors à l'exception de Bruno Gollnisch, d'ailleurs... Ça, c'est quelque chose que personne, jamais, ne dit. Mais à l'exception de Bruno Gollnisch, tous ceux qui ont approché à un moment ou à un autre le noyau dirigeant du FN... C'est-à-dire la SARL Le Pen, la famille Le Pen, le père, la fille, la petite-fille, la grand-mère, le chien, etc. Tous ceux qui ont approché la smala Le Pen ont compris au bout de quelques mois, quelques années qu'en fait, ces gens étaient là pour faire du fric et absolument pas pour sauver la France. lls ont fini par découvrir la supercherie et par claquer la porte.

Et la liste est longue : Olivier d'Ormesson, ancien député FN de 1986, qui a claqué la porte, François Bachelot, médecin, ancien député FN qui a claqué la porte, Jean-François Touzé, proche de Jean-Pierre Stirbois, ancien secrétaire national du FN, qui a claqué la porte, Roland Hélie, ancien rédacteur à National Hebdo, qui a claqué la porte du FN, Robert Spieler, ancien député alsacien, qui a claqué la porte du FN, Bruno Mégret, l'ancien n°2 qui a créé le MNR lorsqu'il a compris le sabotage délibéré auquel procédait le père Le Pen, Jacques Bompard, le maire d'Orange, membre fondateur du FN, qui a claqué la porte du FN en septembre 2005 après avoir dénoncé le népotisme au sein du FN, c'est-à-dire que c'est toute la famille qui y passe, Carl Lang, l'ancien secrétaire général, qui a claqué la porte du FN, Michel de Rostolan, l'ancien député de 1986, qui a claqué la porte du FN, Martial Bild, l'ancien conseiller régional du FN qui a claqué la porte du FN, Jean-Marie Le Chevallier, ancien maire de Toulon, qui a claqué la porte du FN, Daniel Simonpieri, l'ancien maire de Marignane, qui a claqué la porte du FN, Roger Holeindre, le compagnon de route historique de Jean-Marie Le Pen, qui a claqué la porte du FN, Farid Smahi, un autre compagnon de route historique de Jean-Marie Le Pen, qui a claqué la porte du FN en disant qu'il en avait marre d'être l'Arabe de service, et puis Jean-Claude Martinez, l'ancien vice-président du FN et économiste en chef du mouvement, qui a claqué la porte du FN pour créer des listes appelées « Maison de la vie et des libertés » contre celles du FN aux élections européennes de juin 2009, à croire que le FN est la maison de la mort et de la prison.

Il a été exclu du FN le 17 novembre 2008. Fernand Le Rachinel, ancien imprimeur de Jean-Marie Le Pen, que Jean-Marie Le Pen a escroqué de plusieurs millions d'euros. Il a d'ailleurs été condamné pour ça. Laurent Ozon, qui a claqué la porte du FN, Martine Lehideux, qui a claqué la porte du FN. Elle a créé son propre groupe au conseil général. Marie-France Stirbois, ancienne députée, plusieurs fois sanctionnée, décédée au moment où elle avait décidé de quitter le FN, etc., etc. Donc il n'y a que Bruno Gollnisch qui, d'ailleurs, a expliqué pourquoi. Il a dit : « Parce que je suis député européen à vie ». Donc il gagne en gros 15 000 € par mois nets d'impôts jusqu'à 90 ans. Bah donc c'est bien.

Bah voilà. Vous verrez ce qui arrivera à M. Philippot, à M. Chauprade. Vous verrez ce qui leur arrivera dans les années qui viennent. Les raisons d'agir de la famille Le Pen... Je vous l'ai dit. Ce qu'empochent les députés européens, en juin 2011... Salaire de base : 6 200,72 € nets. (Bruit de casino). Plus indemnité de frais généraux : 4 299 € par mois nets. (Bruit de casino). Plus le remboursement des frais de transport en avion classe affaires en veux-tu en voilà. (Bruit de casino). Plus une indemnité annuelle de voyage de 4 243 € par an, c'est-à-dire 353,58 € par mois, hors réunions officielles. (Bruit de casino).

Plus une indemnité journalière de 304 € par jour de présence au Parlement européen. Quand vous allez travailler, vous avez 304 € en plus, à condition d'aller émarger. Donc si vous y allez 14 jours par mois... Disons qu'il y a la moitié du mois où il y a des séances. Ça vous fait 4 256 € par mois nets. (Bruit de casino). Ça plus une enveloppe globale pour payer les collaborateurs de 21 209 € par mois. On comprend dans ces conditions que les revenus mensuels sont de l'ordre de 15 000 € plus des frais mensuels pour collaborateurs de 21 209 €. Le coût total pour le contribuable français, rien qu'en salaire...

Je parle même pas des frais de voyage en plus ou des frais de chauffage, etc., des contributions. C'est 36 000 € par mois pour le député européen Gollnisch, le député européen Jean-Marie Le Pen, le député européen Marine Le Pen. Quel bilan ? Papy Le Pen... Nous sommes en 2015. La première fois qu'il a été élu député européen, c'est en 1984. Il a toujours été réélu depuis lors. Il en est à sa 32e année de député européen. Ça fait à peu près 5,6 millions d'euros nets d'impôts mis dans la poche, sans compter les frais de secrétariat, sans compter que sa fille, ça fait 12 ans. Mme Le Pen, dans son discours à M.

Strache, qui est un type d'extrême-droite, le président du FPÖ autrichien : « Je souhaite remettre en cause non pas l'Europe mais l'UE, afin que les traités soient profondément renégociés ». Elle veut renégocier les traités. Je vous ai expliqué que c'était impossible. Tout le monde le sait. Bon. Surtout renégocier... On peut négocier à la marge. D'ailleurs, on a vu : même la Constitution européenne, ça n'a pas marché. Il a fallu y aller au forceps. D'ailleurs, maintenant, ils veulent plus changer les traités. Alors si on peut plus négocier déjà... Si c'est à la marge, si c'est pour aller un tout petit peu plus dans le sens de l'oligarchie, on aura un bombardement.

Mais là, il s'agirait de changer de fond en comble. Voilà. « Et qu'une ineptie telle que Schengen soit dénoncée ». Donc vous voyez qu'elle fait bien la différence entre Schengen, l'espace Schengen, qui est la libre circulation des personnes, et par ailleurs la construction européenne qu'elle veut renégocier. Nous, notre programme est exactement l'inverse. Notre programme, c'est que nous, nous voulons sortir de l'UE. Quant à Schengen, nous disons : « Nous en débattrons avec les Français, ce qu'ils veulent pour l'espace Schengen au moment des débats sur l'immigration, parce que ça ne nous paraît pas aussi important que l'UE ».

Regardez bien, par exemple, que la Suisse, elle n'est pas dans l'UE mais elle est dans l'espace Schengen. L'Islande n'est pas dans l'UE. Elle est dans l'espace Schengen. La Norvège n'est pas dans l'UE. Elle est dans l'espace Schengen. Donc ce sont des choses qui sont disjointes. Voilà. Et ce qu'elle demande, c'est « l'avènement d'une autre Europe ». Voilà. C'est son discours. On comprend qu'ils fassent ça puisque Jean-Marie Le Pen est continuellement élu député européen depuis 1984. En 2014, il a empoché à titre personnel environ 5 400 000 € d'indemnités en 30 ans et reçu 7 632 000 € pour payer les collaborateurs. Bruno Gollnisch, c'est 4 500 000 € et 5 088 000 €.

Et Mme Le Pen : 1 800 000 € d'indemnités en 10 ans et 2 544 000 € pour payer les collaborateurs. Et ça recommence, puisque ces calculs, c'était pour 2014. Et on est repartis pour un tour. Voilà. Le 18 juillet 2013, d'ailleurs, on a appris que parmi les collaborateurs de Mme Le Pen au Parlement européen, donc payés par le contribuable français, il y avait justement Louis Aliot, ce qui est d'ailleurs totalement contraire... Elle faisait payer en effet son compagnon sur les frais de secrétariat. Voilà. « Marine Le Pen : front commun avec Louis ». Ça, c'était sur Paris Match. C'est une sacrée Jeanne d'Arc, n'est-ce pas, qui fait payer son compagnon sur les frais du contribuable européen ?

Alors quand on nous dit « L'UPR dit la même chose que le FN », nous, nous disons : « Ah bon ? ». Les adversaires principaux du FN sont le communisme, l'immigration et l'antiracisme. Ce sont ses constantes idéologiques et programmatiques. L'UPR a une vision du monde radicalement différente. Nous estimons que la France a un message universel, qu'elle doit redevenir un pays libre et indépendant en sortant de l'UE, de l'euro et de l'OTAN. Ça n'a aucun rapport. La position du FN sur la construction européenne est constamment fluctuante. Le FN est pour le principe d'une Europe chrétienne et blanche unie. L'UPR a une position constante et intangible sur l'UE, l'euro et l'OTAN.

Elle figure dans nos statuts parus au Journal officiel et explicités dans notre charte fondatrice du 25 mars 2007. Nous disons tout le temps la même chose à tout le monde. Le FN ne fait aucune analyse historique, économique, monétaire et géopolitique ni sur le rôle des États-Unis dans la construction européenne, ni sur la théorie du choc des civilisations. En revanche, l'UPR a acquis désormais la réputation d'être le parti qui se livre aux analyses historiques, économiques, monétaires et géopolitiques les plus solides de toute la scène politique française. Je mets au défi quiconque de dire le contraire.

Le programme du FN comporte des éléments typiques de l'extrême-droite : une fixation sur l'immigration, la peine de mort, les dérapages racistes, etc. Le programme de l'UPR, étroitement inspiré de celui du Conseil national de la Résistance de 1944, est un programme de très large rassemblement, spécialement conçu pour n'offusquer aucune sensibilité politique, aucune religion, aucune origine ethnique ou sociale. En témoigne d'ailleurs le type de recrutement, puisque nous avons chez nous des gens venant de tous les horizons, toutes les religions, toutes les ethnies, toutes les pensées économiques, philosophiques et politiques.

Le programme du FN comporte des choix politiques et sociaux qui dissuadent les électeurs de gauche. Le programme de l'UPR distingue les sujets stratégiques dont il traite et les sujets tactiques qu'il renvoie au choix des futures majorités selon les alternances. Une des raisons pour lesquelles nous ne voulons pas parler par exemple de la fiscalité du patrimoine, de la fiscalité des entreprises, pour lesquelles nous ne prenons pas de parti sur l'euthanasie, sur le mariage pour tous, etc. C'est que nous, nous voulons rendre aux Français leur démocratie. On va pas leur filer un truc tout ficelé.

L'objectif, je l'ai dit tout à l'heure, c'est de sortir la voiture du ravin, la réparer et, ensuite, la redonner aux Français en leur disant : « Faites attention ». Et ensuite, les gens iront à droite ou iront à gauche. L'expérience, la destinée politique de l'UPR sera achevée comme le Conseil national de la Résistance s'est dissous après 1946. Nous, c'est exactement la même chose. L'UPR n'a pas vocation pour l'éternité, parce que ça serait... Je connais bien l'histoire de France et l'histoire du monde. On n'a pas d'union nationale durable. Ça n'est pas possible. Ça n'est pas souhaitable. Il y a besoin d'avoir une droite et d'avoir une gauche.

Et puis chacun doit savoir quelle est la durée et faire son temps. De Gaulle, malheureusement, ne se l'est pas bien appliqué à lui-même. Il avait cette phrase que nous devons tous méditer. « Il vaut mieux partir un an trop tôt que 5 minutes trop tard ». C'est ce que l'UPR fera, une fois que nous aurons mis en œuvre notre programme, qui prendra du temps, pas un quinquennat. Je vous renvoie à la conférence sur le jour d'après. Une fois qu'on aura rétabli, qu'on aura restauré la démocratie aux Français, nous rendrons aux Français leur démocratie. Et l'UPR s'effacera avec le sentiment du devoir accompli. Le FN se situe à l'extrême-droite et le reconnaît dans ses stratégies d'alliance.

L'UPR se situe au-dessus, au-delà du clivage droite-centre-gauche. La très grande diversité de nos adhérents en témoigne. Le FN réclame constamment des alliances avec l'UMP. Ce sont les dirigeants de l'UMP qui font la fine bouche et qui refusent ces alliances. L'UPR refuse toute alliance politicienne avec tout parti qui n'accepterait pas les 6 conditions que nous avons posées aux alliances, c'est-à-dire les 6 conditions : sortir de l'UE, sortir de l'euro, sortir de l'OTAN, avoir des discours constamment identiques et pas de manipulation politicienne, avoir un programme de rassemblement national et également avoir un programme de justice sociale. Voilà. Ce sont nos 6 conditions d'alliance.

La conclusion, c'est que le FN est la roue de secours de l'empire euro-atlantiste. Si le FN n'existait pas, il faudrait l'inventer. C'est exactement ce que s'est dit l'oligarchie en 1983, 1984. De 1972 à 1983, le FN vivotait. Je vois parfois des cybermilitants du FN qui disent : « Regardez, il rit de moins en moins parce que plus nos scores électoraux augmentent, moins il rigole ». Nous voici à 8 ans après la création de l'UPR. Sans AUCUNE médiatisation, nous avons fait 3,22% des suffrages dans le territoire de Belfort. Nous avons fait plus de 2% à Saint-Herblain et à Saint-Dié. Nous avons fait dans 10 cantons entre 1% et 2%. Ce ne sont pas des scores admirables ni extraordinaires.

Mais ce sont des scores très impressionnants pour un parti qui est blacklisté de tous les grands médias et qui n'a que 8 ans. Je rappelle que 8 ans après la création du FN en 1972... 8 ans après, c'était 1980. Le FN était totalement inexistant. M. Le Pen a essayé d'être candidat à l'élection présidentielle de 1981. Il n'a pas eu les parrainages. À l'époque, lorsque le FN était présent dans une élection, il faisait 0,1% ou 0,2%. Ce qui s'est passé... C'est en 1983, lorsque François Mitterrand, Michel Charasse, semble-t-il, d'après les échos qui... Sans doute Jacques Attali. Plusieurs personnes ont décidé délibérément d'ouvrir les médias au FN.

Constamment et au moment même où Jacques Chirac transformait le RPR en un parti européiste. Jacques Chirac rompait avec tout l'héritage gaulliste du RPR, rompait avec le fameux appel de Cochin de 1978, transformait le RPR en en parti européiste. À ce moment-là, tout s'est passé comme si certains avaient décidé que ce parti gaulliste patriotique, on allait lui foutre la vérole en l'assimilant avec le FN auquel on allait donner le maximum d'audience pour qu'il neutralise 15% de la population. C'est exactement ce qui s'est passé. Et ça continue. Vous avez vu qu'il y a quelques semaines, Time avait fait sa couverture sur « Plan d'attaque.

Marine Le Pen », n'est-ce pas, qui est une couverture avec... Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est assez sympathique comme photo. Et il y a quelques jours, Mme Le Pen a été invitée par le magazine Time comme étant parmi les 100 personnes les plus influentes du monde. Ils auraient peut-être pu mettre parmi les 3 personnes les plus influentes de l'univers, aussi. 100 personnes les plus influentes du monde, faut se f... moquer du monde. Un parti qui a terminé avec 60 conseillers généraux sur 2 054, en France, alors même qu'elle a eu 55% du temps de parole sur LCI et 44% du temps de parole sur BFM. La vérité, c'est que 85% des Français n'en veut pas, de la famille Le Pen.

C'est ça, la vérité. Et c'est justement pour ça qu'ils sont promus médiatiquement. Parce que l'oligarchie sait très exactement ce qu'elle fait. Elle promeut médiatiquement le FN précisément pour neutraliser les 15%. Et plus l'UPR monte, plus ils médiatisent le FN. Parce que nous sommes un véritable danger. Nous, nous n'avons pas le plafond de verre des 14%. Alors moi, je laisse rigoler, ricaner les cybermilitants. Rira bien qui dira le dernier, entre nous et les cybermilitants du FN.