Édouard Philippe était l'invité de RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse directe
Merci beaucoup d'être sur RTL ce matin, au lendemain du passage aux 80 km heure sur les routes secondaires.
- 0:21OuverteRéponse partielle
Cette cavale, cette évasion spectaculaire de Redouane Faïd de la prison de Réau en Seine-et-Marne hier.
- 1:15RelanceRéponse directe
En 2018, s'évader en 10 minutes par hélicoptère d'une prison moderne conçue pour être ultra sécurisé, ça pose quelques questions.
- 2:07OuverteRéponse directe
Nicole Belloubet vient de dire sur Europe 1, sauf erreur, je ne prétends pas qu'il n'y a pas eu de défaillance.
- 3:27OuverteRéponse directe
Vous avez une idée de délai dans lequel vous recevrez ces conclusions ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Edouard Philippe, les 80 km sur les routes, nationales, sans séparateurs, c'est parti depuis hier. Vous allez défendre votre décision.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50Locuteur non identifiéChiffre
« la mobilisation de plus de 2900 policiers et gendarmes a été engagée pour retrouver cet individu dont nous savons qu'il est dangereux. »
- 4:23Locuteur non identifiéFait
« la loi, c'est la loi. »
- 4:50Locuteur non identifiéFait
« L'idée, c'est de sauver des vies. L'idée, c'est d'éviter des blessés. »
- 4:54Locuteur non identifiéChiffre
« un véhicule qui roule à 80 km heure, quand il freine en urgence, il s'arrête 13 mètres avant le véhicule qui roule à 90 km heure. »
- 6:42Locuteur non identifiéChiffre
« Vous avez 27000 personnes qui ont eu des lésions cérébrales ou physiques durables, voire permanentes. »
- 6:59Locuteur non identifiéPromesse
« Cette mesure va sauver des vies et éviter des blessés. »
- 10:01Locuteur non identifiéFait
« le produit de ces amendes ne viendra pas alimenter le budget de l'État. Il viendra alimenter le budget des établissements qui participent à la reconstruction des blessés. »
- 13:45Locuteur non identifiéFait
« Ce que je vais rendre public, c'est ce que nous allons faire pour réformer l'action publique. »
- 14:00Locuteur non identifiéFait
« nous allons mettre sur la table des objets simples, clairs, identifiés, de transformation publique. »
Temps de parole
- Locuteur non identifié62 %
- Présentateur30 %
- ?7 %
≈ 44,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous regardez RTL.
Merci beaucoup et bonjour à vous Edouard Philippe, monsieur
le ministre. Bonjour Elisabeth
Martichaud. Merci beaucoup d'être sur RTL ce matin, au lendemain du passage aux 80 km heure sur les routes secondaires. On va entendre vos arguments, les auditeurs tout à l'heure vous attendent évidemment au 32 10. On va prendre le temps d'expliquer cette mesure. Si vous permettez d'abord cette question d'actualité avec cette cavale, cette évasion spectaculaire de Redouane Faïd de la prison de Réau en Seine-et-Marne hier. Aucune trace du fuyard à cette heure
? À
cette heure, les forces de l'ordre
sont
pleinement mobilisées
pour
essayer de retrouver cet individu qui est un individu dangereux. Et donc dès que l'évasion a été connue, le dispositif
a
été mis en place et la mobilisation de plus de 2900 policiers et gendarmes a été engagée pour retrouver cet individu dont nous savons qu'il est dangereux. Nous savons qu'il est déterminé et moi ce que je souhaite c'est qu'on puisse le retrouver le plus rapidement possible car évidemment une évasion de ce type n'est pas acceptable.
Aucune trace donc à cette heure-ci, vous nous le confirmez. Il n'y a sans doute pas de système sans faille par définition, M. le Premier ministre. Mais en 2018, s'évader en 10 minutes par hélicoptère d'une prison moderne conçue pour être ultra sécurisé, ça pose quelques questions. Lesquelles
? Ça
pose beaucoup de questions. L'urgence, c'est la mobilisation pour retrouver ce détenu. La deuxième urgence, c'est de comprendre comment cela a été possible. On sait que cette évasion s'est produite avec l'intervention d'un commando qui était armé, qui était très déterminé. Très bien. L'objectif,
c
'est de comprendre exactement. La ministre qui s'est rendue sur les lieux hier a diligenté une inspection qui doit nous permettre de savoir comment tout cela s'est passé. Qu'est-ce qu'il faut faire pour éviter ? Alors même qu'on est dans un établissement dont le niveau de sécurité est très élevé, comment est-ce qu'il est possible d'éviter ce genre d'événement ?
Nicole Belloubet qui vient de dire sur Europe 1, sauf erreur, je ne prétends pas qu'il n'y a pas eu de défaillance. Tout est sur la table, y compris des défaillances du système pénitentiaire.
Oui,
mais
quand on demande une inspection, on ne la demande pas pour faire plaisir. On la demande pour savoir. Et donc moi, je veux savoir pourquoi, comment cela s'est passé. Avec
une hypothèse qu'il y a eu des... Et s'il y a des conséquences à en
tirer, j'en tirerai.
C
'est-à-dire
?
Ben...
Les sanctions au niveau de la, par exemple, la direction de la prison ou des éventuelles...
On verra. S'il y a des complicités internes, c'est pas ce que je veux. Je vous ai dit clairement
les choses. Quand on demande une inspection, c'est pour savoir comment ça s'est passé. S'il y a des responsabilités qui sont identifiées, j'en tirerai les conséquences.
Eh
bien, il y
a
des conclusions qui semblent tomber sous le sens, mais vous me contredisez si c'est possible, en bon français. Mettre des filins anti-hélicoptère là où il n'y en avait pas.
Ça s'appelait ? Encore une fois, je comprends très bien que ce soit l'actualité ce matin. Et tout le monde va vouloir avoir son avis sur le sujet de ça. Une inspection par des professionnels
a
déjà été engagée. Elle nous dira si dans des endroits où normalement il n
'y
a pas de circulation prévenue, il n'y a pas de circulation possible des prévenus, il faudrait quand même installer ces filins. Peut-être que c'est la conclusion à laquelle elle arrivera. Je ne veux pas préjuger de cette inspection. Mais ce que je vous dis clairement, c'est que cette inspection sera faite.
Elle
sera faite avec exigence. Et s'il faut tirer des conséquences de ce qu'elle indique, nous les tirerons. D
'accord. Vous avez une idée de délai dans
lequel vous recevrez ces
conclusions ?
Là encore une fois,
pardon, mais l'urgence
médiatique ne me guide pas. Je veux qu'elle soit sérieuse cette inspection.
Si ça prend des semaines, ça prendra des semaines. C'est ce que vous nous dites.
Je veux qu'elle soit sérieuse et qu'elle nous dise clairement, après une analyse fine et poussée, 1. ce qui s
'est
passé et 2. ce qu'il faudrait faire pour que ça ne se passe plus.
Edouard Philippe, les 80 km sur les routes, nationales, sans séparateurs, c'est parti depuis hier. Vous allez défendre votre décision. Mais pour l'heure, une grande majorité de Français y sont hostiles. Du coup, sur le terrain, est-ce que vous allez la faire appliquer avec une certaine morsuétude pour donner aux Français qui ne la comprennent pas le temps de s'habituer ou avec une intransigeance des sanctions sans pitié, j'allais le dire ?
J'ai indiqué que cette mesure, qui est une mesure dont je comprends parfaitement, et je m'y attendais en vérité, qu'elle suscite des interrogations, voire des critiques,
cette
mesure, elle est appliquée à partir d'hier. Et la loi, c'est la loi. Mais elle va être appliquée dans les premiers jours, peut-être les premières semaines, avec le souci de la pédagogie. Dès hier, les forces de gendarmerie, les forces de police, les préfets, ont commencé ce travail de pédagogie, ont distribué un certain nombre de documents, de façon à ce que chacun comprenne l'enjeu, chacun comprenne les motivations de la mesure. L'idée, ce n
'est
pas d'ennuyer tout le monde, l'idée, ce n
'est
pas de désavouer tel ou tel, l'idée, c'est de sauver des vies. L'idée, c'est d'éviter des blessés. Et donc, il faut l'expliquer. Il faut expliquer qu'un véhicule qui roule à 80 km heure, quand il freine en urgence, il s'arrête 13 mètres avant le véhicule qui roule à 90 km heure. Et donc, on évite des accidents. Et quand il y a accident,
on
diminue la gravité, si j'ose dire, de l'accident. Et donc, on diminue le nombre de
blessés. Vous
admettez que vous n'avez pas réussi à convaincre les Français, pour l'instant, 75%. C
'est quand même
un échec.
Une politique qui est mal comprise, c'est
une politique qui risque d'être mal appliquée.
Pas du tout. Il y a un moment où il faut savoir en
politique prendre des décisions qui sont impopulaires quand on pense qu'elles sont bonnes pour le pays.
Elle est mal
comprise, votre mesure.
Je vais vous
dire quelque chose, je pense que notre pays souffre
de
ne pas avoir pris des décisions qui, certes impopulaires, auraient permis de le faire avancer. Toutes les mesures, Mme Ventura l'a dit tout à
l
'heure sur votre antenne, toutes les mesures en matière de sécurité routière qui ont produit des effets et qui sont maintenant considérées comme de bonnes décisions acquises. Toutes ont été redoutablement critiquées au moment de leur adoption. Eh bien, moi, j'assume le fait de prendre une mesure qui va sauver des vies, qui va éviter des blessés et qui produira ces effets rapidement.
Ce n
'est
pas seulement la mesure en tant que telle, peut-être, qui n
'est
pas comprise. C'est un peu l'histoire du verre d'eau qui déborde. L'automobiliste, il subit la hausse du diesel, des amendes plus chères. Il roule sur des routes qui ne sont pas souvent très bien entretenues et il risque de perdre son permis parce que quand on n'a plus de permis, on n'a plus de boulot, donc il risque quand même gros. Combien de personnes utilisent leur voiture pour aller travailler, M. le Premier ministre ?
Pardon,
il risque aussi...
74% ?
Oui, il risque aussi de mourir
et
de subir des lésions corporelles ou cérébrales incroyablement graves et durables. Mon objectif, ce n
'est
pas d'ennuyer l'automobiliste qui a besoin de prendre sa voiture. Pourquoi est-ce que vous pensez une seconde que mon objectif, ce serait d'emmerder l'automobiliste qui le matin prend sa voiture pour aller travailler ? Il n'en est rien. Simplement, ce que je sais, c'est que vous avez,
l
'année dernière, 3600 personnes qui sont morts en France. Vous avez 27000 personnes qui ont eu des lésions cérébrales ou physiques durables, voire permanentes.
Et
il y a trois ans, c'était moins. Ça veut dire que, alors même que les voitures sont de plus en plus sûres, nous le savons, alors même qu'il y a des campagnes d'information sur la sécurité héritière, et nous le savons, eh bien nous sommes arrivés à une espèce de seuil qui remonte tranquillement parce que nous ne regardons pas la réalité en face. Cette mesure va
sauver des vies et éviter des blessés.
Vous sauvez des vies. Ceux qui protestent, ce sont des irresponsables ?
Non, mais je n'accuse personne. Vous savez, si je faisais l'objet de critiques aussi mesurées que les propos que je tiens, je me porterais beaucoup mieux.
Et les élus qui grognent,
ils font de l'électoralisme
? Les
élus qui grognent, ils grognent. Très bien. Ce que je sais, c'est que c'est déjà arrivé que les élus grognent en la matière.
C
'est déjà arrivé quand on a installé les radars, quand on est passé au permis à point, ou quand on a mis la ceinture de sécurité obligatoire. C'est déjà arrivé. Plus personne ne grogne, quelques années après, quand les résultats sont là.
Vous ne craignez pas ce que j'évoquais tout à l'heure, c'est l'effet cumulatif de mesures qui frappent aujourd'hui les automobilistes. Ça existe. Il y
a
des effets de calendrier qui font qu'effectivement, il y a des mesures qui s'accumulent et qui provoquent une exaspération. Voilà, qui peut crisper la société française. C'est un sujet.
Mais
je préfère qu
'on
trouve des solutions pour permettre un meilleur entretien des routes, ce que nous faisons,
accessoirement. C'est-à-dire ?
Un travail dans le cadre... Il ne
vous
a pas échappé que nous allions, à la fin de l'année, étudier ce qu'on appelle la loi d'orientation sur les mobilités. Et qu'un des éléments de la politique que nous développons, c'est une attention plus grande sur les sujets de mobilité au quotidien que sur les très grandes infrastructures. Donc, les questions d'entretien du réseau routier, les questions de formation des conducteurs, tout ça sont des sujets qui sont parfaitement légitimes et qui seront abordés. Mais les sujets de sécurité routière... D
'ailleurs, les sujets de sécurité en
général. La sécurité routière, ça n'est qu'un aspect du sujet sécurité en général. Et moi, je n'ai aucune espèce de honte ou d'appréhension parce que la mesure serait impopulaire, dès lors que je pense qu'elle est bonne pour le pays.
Et tout à
l
'heure, vous en parlez avec les auditeurs. Encore une toute petite question.
Vous ne regrettez pas quand
même que Gérard Collomb n
'ait
pas été plus allant ? Sur votre mesure. Non seulement, il ne
l
'a pas porté alors qu'il est ministre de l'Intérieur, il devrait être en première ligne. Et en plus, il ne
l
'a pas critiqué.
Il ne
l'a
pas critiqué. Il
y a
eu une discussion avant la prise de la décision. Il y
a
eu une discussion. C'est parfaitement légitime.
Publiquement, il l'a dit. Il
y a eu
une discussion avant la prise de la décision. Et c'est parfaitement légitime. Moi, je suis membre... Je suis chef du gouvernement. Je ne suis pas garde-sûr. Donc, que les gens discutent, qu'ils émettent des opinions, qu'ils donnent des avis, qu'ils essaient de peser sur une décision avant que la décision soit prise, je trouve ça très sain. C
'est
même une marque de fabrique de ce gouvernement. Une fois que la décision est prise, elle engage la totalité du gouvernement et elle
est
appliquée par la totalité du gouvernement.
Et vous l'avez
rappelé. Et je l'ai dit et il le sait parfaitement. Et je l'ai redit d'ailleurs en sa présence devant l'ensemble des préfets lesquels vont mettre en œuvre cette mesure. Et tout se passe de ce point de
vue
exactement comme cela doit se passer.
Vous
avez dit, dans quelques semaines, on appliquera vraiment à la lettre les sanctions ? Dans quelques semaines, vous leur
donnez quelques semaines ? Non, non, j'ai dit que
la mesure s'applique dès hier.
Oui, mais
les sanctions...
Mais que
nous allons faire un effort particulier de pédagogie dans les semaines qui viennent.
Donc, ça veut dire que les amendes, elles vont tomber quand
? Mais
les amendes, elles vont tomber quand les infractions auront été constatées. Et je me permets, Mme Martichaud, de vous dire que le produit de ces amendes ne viendra pas alimenter le budget de l'État. Il viendra alimenter le budget des établissements qui participent à la reconstruction des blessés,
qui
accompagnent les blessés. Vous savez, des gens qui ont perdu deux jambes
ou
qui ont des lérisions cérébrales permanentes et qu'il faut accompagner pour se reconstruire.
Ça
prend beaucoup de temps, ça coûte beaucoup d'argent. Le produit de ces allemandes, il permettra de financer exclusivement
cela. On y
reviendra tout à l'heure, M. le
Premier
ministre. La coalition allemande est menacée. Angela Merkel, très fragilisée par son ministre de l'Intérieur en particulier sur la question des migrants. Vous êtes inquiet ce matin ?
Je
ne
sais
pas si je suis inquiet, mais je vois bien qu'il y a une forme de tension politique au sein du gouvernement allemand, au sein de la coalition allemande. Ce qui,
évidemment,
n'est pas une bonne nouvelle. Car quand on discute avec notre partenaire et notre ami allemand, on a envie d'avoir une très grande stabilité. Stabilité économique, bien entendu, mais stabilité politique.
Vous étiez hier, place du Panthéon, pour l'hommage unanime. Très, très belle cérémonie en hommage de Simone Veil, qui a été panthéonisée avec son mari Antoine. Il y a eu un discours d'Emmanuel Macron qui a été salué unanimement. Mais ces dernières semaines, M. le Premier ministre, le président a donné l'impression de ne plus savoir comment il doit se présenter aux Français. J'explique. Par exemple, il s'adresse à un adolescent qui lui lance salut Manu en lui disant, en lui rappelant qu'il doit respecter la fonction. Et puis, quelques jours plus tard, il fait une plaisanterie de potache sur la mafia bretonne devant le pape en Italie. Alors, en petit comité, pourquoi pas ?
Mais là, franchement, est-ce que c'était approprié
?
Moi, je trouve que la cérémonie à laquelle j'ai participé hier, puisque c'était le début de votre question, était, comme vous l'avez dit, une belle cérémonie. Elle était émouvante, mais
plus
encore qu'émouvante, je l'ai trouvée apaisante. J'ai trouvé que c'était une façon pour la France
de
regarder son passé, compliqué, compliqué,
pas
toujours simple,
pas
toujours glorieux à certains égards, et de l'incorporer dans son histoire. Ce qui est fascinant avec Simone Veil, c'est la capacité qu'elle a eue à, non pas dénoncer les collabos, mais célébrer les justes, à reconstruire
en
France
et
en Europe.
Et
c'est ça qu'a voulu souligner le président de
la
République. Et je pense qu'à chaque fois,
en
conscience,
en
connaissant les heures sombres de notre histoire, nous soulignons ce qui est positif, nous faisons œuvre utile.
Et il a trouvé les mots justes, en tout cas hier matin.
Ça, j'en suis sûr.
Je vous repose la question de cette communication qui peut sembler brouillonne. À un moment, il est jupitérien, et puis à un autre, encore une fois, je le disais, il fait des blagues de potache qui semblent décalées.
Comment on l'expliquait ?
On vit dans un
monde... Il
maîtrise et tout, il s'autorise tout.
Ça traduit quoi ?
On vit dans un monde où, compte tenu de la multiplication des téléphones portables et des réseaux sociaux, on est en permanence sous l'œil, parfois déconnecté d'ailleurs, curieusement, puisque déconnecté du contexte, déconnecté de ce qui s'est dit juste avant et de ce qui va se dire juste après, sous l'œil permanent d'une caméra. Voilà, moi ce que je sais, c'est que le président de la République, il est dans la fonction. Il sait, il a pensé, il sait ce que c'est qu'être président de la République. Il incarne la fonction.
Il incarne à tout moment. Il n
'y a
pas des moments, encore une fois, où il s'autorise des choses qui ne sont pas comprises par les Français ?
Non, moi je dois dire que j'ai beaucoup d'admiration sur la façon dont il envisage la fonction et dont il sait qu'il est tenu par la fonction.
Il y a tout, c'est d'une fluidité absolue entre vous ?
Ah, ça, toujours.
Comme au premier jour, d
'y
tiriez-vous
?
Oui, oui,
peut-être même encore mieux qu'au premier jour, parce que maintenant il
y
a une expérience de travail en commun et forcément une confiance encore accrue.
Quelques questions rapides, si vous le permettez, Edouard Philippe. Est-ce que vous allez rendre publiques les conclusions du rapport CAP 22 qui contient des propositions de réforme de l'État ?
Ce que je vais rendre public, c'est ce que nous allons faire pour réformer l'action
publique, ce qui me semble le plus
intéressant que
n
'importe quel travail, même de qualité, fait par n'importe qui.
Dac, ça veut dire que ce rapport ne sera pas rendu public ? On ira
directement aux conclusions. Ma
question est
simple, vous avez commandé un rapport. Ma réponse est
encore plus.
Ce
qu'on
va mettre sur la table, c'est ce que nous allons faire, nous, le gouvernement, pour transformer l'action publique. Ce que nous allons faire pour transformer l'audiovisuel public, ce que nous allons faire pour transformer la gestion des ressources humaines dans la fonction publique, dans tous les domaines où nous allons intervenir, parce qu'il faut intervenir, nous allons mettre sur la table des objets simples, clairs,
identifiés,
de transformation publique. Nous avons commencé la réforme de l'audiovisuel public, qui est un de ces éléments.
Elle a été mise sur la table. Donc vous n'allez pas rendre public ce rapport de CAP 22 ? Et au fur et à mesure
des semaines qui viennent, nous allons mettre sur la table ces objets. Et ces objets, madame, ces objets, entre guillemets,
sont
des objets, ces objectifs de transformation,
ces moyens de transformation publique. Ce sont des
objets animés
qui seront concernés, des hommes,
des femmes et des fonctionnaires.
Absolument,
ils seront débattus,
ils
feront l'objet
d
'un débat, de critiques, de contre-propositions. Et je préfère, madame Martichoux, et c
'est
la réponse à votre question, que nous débattions de ce que nous voulons faire et de ce que nous allons faire, plutôt que de toute autre chose.
Rassurez-moi, j'ai bien compris, le rapport ne sera pas rendu public. Ce seront directement...
Les propositions, les propositions le seront,
bien entendu, au fur et à mesure du temps et au fur et à mesure de notre disponibilité, de notre volonté, pour transformer tel ou tel sujet.
Bientôt l'examen de fin d'année. Pour les ministres qui vont passer leur évaluation annuelle, ça commence quand
? Non,
non, on n'est pas obligé de le prendre par le petit bout de la lorgnette.
Pourquoi ?
Vous savez quand...
Ça commence
quand, pardon ?
Ça commence demain, je
crois. Avec qui ? Quel est votre premier élève
? M. Blanquer, s'agissant finalement... Mais attendez, laissez-moi répondre à votre question,
puisque
vous l'avez posée. Quand on est ministre, comme d'ailleurs, en vérité, quand on a un travail prenant, quel qu
'il
soit, on n
'est
pas obligé d'être élu, responsable public. Quand on a un travail prenant, on a le
nez
dans le guidon. On bosse, on bosse, on bosse. Et c'est très bien assis, on est là pour ça, et on ne
va
pas se plaindre. Bon, mais une fois qu'on a fait ça,
on
a parfois besoin un petit peu de lever le nez
et
de se demander,
en
fonction de ce qu'on voulait faire il y
a
un an, qu'est-ce qu'on a fait ? Qu'est-ce qui se passe bien ? Qu'est
-ce
qui se passe pas bien ? Et d'avoir cette discussion pour recadrer les choses. C'est l'objectif, avec ces ministres, c'est aussi de regarder ce que nous avons fait, et bien fait. Parce que vous parlez de plein
de choses...
Ce qui a été
mal fait donnera lieu
à un remaniement éventuel ou pas
?
Vous voyez, vous traitez ça par un angle, qui est l'angle intéressant de savoir si on va sortir une petite phrase ou pas. Moi, ce que je veux, c'est avoir une conversation, les yeux dans les yeux, avec tous les ministres, pour savoir comment est-ce qu'on peut améliorer l'action collective.
Vous
voyez,
je
ne
suis
pas dans la sanction, je suis dans l'amélioration.
Merci Edouard Philippe d'avoir été avec nous ce matin
sur
RTL. Mais vous restez dans un quart d'heure avec les auditeurs en 3210, c'est Jérôme Chapuis.
Effectivement, merci Elisabeth Martichoux. Monsieur le Premier ministre, on l'a bien entendu, mon objectif n'est pas d'emmerder les automobilistes. Vous avez la parole franche ce matin, vous l'aurez avec les auditeurs, à 8h15 au 3210, dans un instant sur RTL. Cyprien Sini.