Nicolas Dupont-Aignan sur LCI (29 juin 2020)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:37OuverteRéponse partielle
Vous vous êtes toujours élevé contre le laxisme de la justice. Le moins qu'on en puisse dire, c'est qu'on ne peut pas reprocher au juge.
- 2:04OuverteRéponse directe
Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Merci d'être avec nous pour l'analyse du fait du jour, ce séisme.
- 3:37RelanceÉludée
Les juges ont-ils agi sur ordre d'Emmanuel Macron ?
- 4:50OuverteRéponse partielle
La procédure ayant duré trois ans, mais oui, bien sûr, trois ans et demi même. La confusion dans les esprits.
- 5:15RelanceÉludée
Pourquoi dites-vous que François Hollande a facilité l'élection d'Emmanuel Macron ?
- 6:08OuverteRéponse partielle
Si ce verdict était confirmé, on se dit heureusement que la procédure a permis cela.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:59PrésentateurChiffre
« Deux ans de prison ferme, trois avec sursis à l'encontre de François Fillon, 375 000 euros d'amende, 10 ans d'inéligibilité. »
- 1:05PrésentateurChiffre
« Pour Mme Fillon c'est trois ans avec sursis, 375 000 euros d'amende, deux ans d'inéligibilité. »
- 1:13PrésentateurChiffre
« À l'encontre de Marc Joulot, trois ans avec sursis, 20 000 euros d'amende avec sursis, 5 ans d'inéligibilité. »
- 3:50InvitéFait
« L'élection présidentielle de 2017 a été fortement influencée par cette affaire. »
- 5:26InvitéChiffre
« Souvenez-vous du peu de voix qui séparait François Fillon de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron. »
- 10:01InvitéFait
« Ce second tour n'avait aucun sens. Moi, j'avais proposé qu'on reporte à la rentrée. »
- 10:41InvitéChiffre
« Il reste que maintenant 35% seulement de votants dans les grandes villes. »
- 10:53InvitéChiffre
« Abstention 60% officielle, trois fois plus qu'en 1983. »
- 11:54PrésentateurChiffre
« Mme Aubry, 40%, à Besançon, 43%, à Dijon, 43%, Poitiers, 42%, Strasbourg, 41%. »
- 14:00InvitéFait
« Le président nous dit « je vais essayer de convaincre l'Europe, il n'y aura pas de référendum tout de suite ». »
Temps de parole
- Invité54 %
- Présentateur26 %
- Présentateur 27 %
- ?5 %
- Invité 23 %
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Je reçois Nicolas Dupont-Aignan, fondateur du parti Debout la France, il l'a fondé en 1999, il est le président, il a été maire d'hier, il en est d'ailleurs toujours conseiller municipal, avant d'être élu, réélu cinq fois député de la sixième circonscription de l'Essonne. Deux fois candidat à
l
'élection présidentielle, il a soutenu Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017, et n'exclut pas, dit-il, de la soutenir en 2022 si elle adopte un positionnement moins extrémiste, c'est Nicolas Dupont -Aignan. Eh bien bienvenue à vous Nicolas Dupont-Aignan, merci d'avoir accepté notre invitation, vous êtes face à Roselyne Vacheco dans une seconde, installez-vous, et on va commencer avec cette affaire qu'on a suivie en direct sur les antennes de LCI, on se demandait si les déclarations de la procureure Roulette allaient retarder la décision des juges dans la fameuse affaire Fillon, il n'y
en
a rien été, vous l'avez suivi avec nous, on va voir les peines prononcées dans une seconde, en gros les réquisitions ont été suivies par la juge, est-ce qu'on les a ? Je vais vous les donner puisque je les ai sous les yeux, deux ans de prison ferme, trois avec sursis à l'encontre de François Fillon, 375 000 euros d'amende, 10 ans d'inéligibilité, pour Mme Fillon c'est trois ans avec sursis, 375 000 euros d'amende, deux ans d'inéligibilité, et à l'encontre de Marc Joulot, trois ans avec sursis, 20 000 euros d'amende avec sursis, 5 ans d'inéligibilité, voilà pour ces peines prononcées tout à l'heure, on va écouter les avocats.
C
'est une décision extrêmement sévère qui a été rendue, en ce qui concerne Pénélope Fillon, vous avez également remarqué que le tribunal ne contestait pas qu'elle avait rendu des services en tant que collaboratrice de son mari, qu'elle avait accompli des tâches,
qu
'elle avait participé à des manifestations, mais le tribunal, contrairement à ce que nous lui demandions, a considéré qu'il avait le pouvoir de s'immiscer dans l'activité du parlementaire, puisqu'il estime avoir le pouvoir et la compétence pour dire si les tâches accomplies par un collaborateur parlementaire sont utiles, ou nécessaires à l'activité politique de son employeur.
Nicolas
Dupont-Aignan, bonjour. Merci d'être avec nous pour l'analyse du fait du jour, ce séisme, on dit certains. Vous vous êtes toujours élevé contre ce que vous appeliez le laxisme de la justice. Le moins qu'on en puisse dire et qu'on ne peut pas faire aujourd'hui se reproche au juge.
Sur ce point-là, non. Et je n'ai pas à m'immiscer dans le jugement qui est rendu.
La
seule remarque que j'ai envie de faire et qui me gêne dans cette affaire,
c
'est la manière, et tout le monde le dit, et j'écoutais avant d'arriver sur le plateau les personnes qui étaient ici, la manière dont cette affaire a été accélérée,
et
ça objectivement, au point de disqualifier un candidat à la présidentielle. Et c'est là où il y a un malaise.
Sur le jugement, s'il est fait... Vous ne savez pas si il ne fallait pas
accélérer justement parce qu'il était candidat à la présidentielle ?
C
'est une juste remarque, mais moi ce qui me gêne quand même dans cette affaire,
c
'est un peu le deux poids deux mesures. J'ai toujours réclamé
l
'exemplarité en politique et j'ai toujours réclamé des peines
fermes.
Mais à ce moment-là, pour tout le monde. Or, j'ai quand même le sentiment que selon qu'on est un opposant à Emmanuel Macron, ou selon qu'on est un soutien d'Emmanuel Macron, il n'y a pas
la même
célérité. Attendez, c'est très grave. Je ne parle pas dans les jugements,
je
parle dans
les poursuites.
Je parle dans les poursuites, oui, mais
je
parle, mais je dis ce que je
pense. Voilà, d'accord, parce que vous assumez, vous pensez que
les juges,
là, ont agi sur ordre d'Emmanuel Macron ? Non, pas du tout. Je ne parle pas,
ne confondons pas le parquet et le jugement. Sur le jugement, je n
'ai
pas de remarques à faire
et
je n'ai jamais commenté des décisions de justice. En revanche, pourquoi à l'affaire Fillon, il y a eu cette accélération ?
Mais là, Macron n'était pas en cours, c
'était François Hollande.
Et pourquoi il y a eu beaucoup d'affaires ? Et
pourquoi
il y
a
eu beaucoup
d'affaires
? Et tout
le monde sait
bien que François Hollande
détestait Emmanuel Macron. Pourquoi aurait-il facilité l'élection de
Macron ? Il y a eu beaucoup d'affaires
touchant Emmanuel Macron, ou l'affaire Colère, il
n
'y avait pas eu de poursuites, l'affaire Ferrand, l'affaire Pénicaud. Il y a quand même,
c
'est étrange de voir ce deux poids de...
Tous les
juges sont à la solde d'Emmanuel Macron.
Non,
je n'irai pas jusque-là. Vous pouvez vous
permettre
d'avoir une justice ferme quand elle est vraiment neutre. Et la seule question que je pose, c'est que nous aurons gagné un vrai apaisement démocratique quand les Français ont le sentiment que si vous êtes du côté du manche ou du côté de l'opposition, c'est la même célérité dans les poursuites. Je ne parle pas des jugements, je parle des poursuites. En tout cas,
là, la célérité a été faite sous le quinquennat de François
Hollande.
Parce que j'ai l'impression qu
'il
y
a
une confusion dans les esprits. La procédure ayant duré trois ans, mais oui, bien sûr, trois ans, trois ans et demi même,
on imagine
que c'est Emmanuel Macron
qui était au commande au moment de
l'affaire Fillon. En
tout cas,
cela a favorisé Emmanuel Macron. Il y
est
pour rien. Oui, très nettement.
Il y est pour rien. François Hollande le détestait,
il n'avait aucune
raison de
lui
faire... Vous n'en savez
rien. Mais pourquoi
vous dites ça ? Parce
que l
'élection d'Emmanuel Macron s'est en partie jouée. sur cette procédure accélérée qui a discrédité François Fillon. Et souvenez-vous, j'étais candidat, j'en sais quelque chose, souvenez-vous du peu de voix qui séparait François Fillon de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron. Oui,
il
y
avait quatre points quand
même. Non,
non,
non, un mouchoir de poche entre François Fillon et Marine Le Pen, un mouchoir de poche entre les quatre principaux candidats qui étaient en tête. Ce que je veux dire, c'est que l'élection présidentielle de 2017 a été fortement influencée par cette affaire, au point d'ailleurs qu'on n
'a
pas parlé des enjeux de la France pendant au moins trois semaines, j'en sais quelque chose, et qu'on ne parlait, quand on était invité sur les plateaux, que de la faire Fillon.
Et
ça pose quand même un problème, franchement, pour cette élection présidentielle. Alors, je ne parle pas du verdict, qu
'on
ne confonde pas les choses.
Du jugement. Du jugement.
Du
verdict, donc... Verdict, c'est aux actions. Mais si, finalement, si ce verdict, s'il est
confirmé, parce
qu'on est dans une procédure d'appel, si ce juge, enfin, ce verdict était confirmé, si les sanctions ont été confirmées, on se dit, finalement, heureusement que la procédure a permis cela. Alors, il y a une attaque qui est faite, enfin, un commentaire qui est fait plus exactement par Pierre Cornu-Gentil, qui dit, finalement, ce n'était pas du ressort d'un jugement devant le parquet national financier de juger de la réalité du travail de Mme Fillon. Votre femme a été votre assistante parlementaire jusqu'en 2018.
Tout à fait. Et elle a beaucoup travaillé.
Elle
a beaucoup travaillé,
comme la plupart de... C'est pas une
accusation que je fais contre...
Non, non, j'espère bien.
Est-ce que vous trouvez... Et tout le monde
la
voyait
?
Sous-entendu, ce n'était pas le cas de Mme Fillon. Je n'ai rien dit. Voilà, très bien. Il y
a
des silences qui sont évocateurs. Est-ce que vous trouvez que, finalement, on a confondu emploi familial et
emploi
fictif ? Oui, tout à fait. Et ça a fait beaucoup de peine à des personnes,
j
'en parle en connaissance de cause, qui ont travaillé énormément
et
qui ont eu le sentiment d'être obligatoirement suspectes, alors que... Et même de perdre leur emploi. Oui. Et voilà. Mais c'est tout le problème des abus dans notre société. Vous savez, moi, je pense que la coupure entre les Français et la politique est immense. Et elle tient au comportement de beaucoup d'hommes politiques. Et ce n
'est
pas pour faire des leçons et je n
'ai
pas envie d'être là-dessus sur l'affaire Fillon strictement. Mais on ne retissera un lien de confiance entre les Français et leurs élus que si vraiment l'exemplarité est en chemin. Et que la justice donne le sentiment, mais par des actes, que quel que soit le camp politique, quel que soit côté du pouvoir ou pas du pouvoir, il y a la même exemplarité. Voilà pourquoi l'affaire du mur des cons avait fait beaucoup de mal à la justice, parce qu'on avait le sentiment d'un deux poids deux mesures. Encore une fois, je crois qu'on ne pourra retisser les liens entre les Français et la politique que si vraiment justice passe dans un sentiment d'impartialité totale.
Et le travail des magistrats n'est pas facile. Donc moi, je n
'ai
jamais été de celui qui criait haro sur la justice parce qu'on a besoin dans une République d'une justice neutre, impartiale, d'une presse indépendante. Et ça ne peut fonctionner que comme cela.
Alors,
autre sujet du jour, puisqu'il y
en
a pas mal des sujets aujourd'hui, c'est bien entendu les élections municipales. Alors, on a le chiffre de l'abstention donné par le ministère de l'Intérieur, chiffre définitif 41,6% de participation plus exactement. Pousser des verts
qui
sont évidemment l'effet majeur de ce scrutin. Je vous propose d'écouter messieurs Guérini, Retailleau et Mélenchon. Et puis ensuite, je vous laisse avec Roselyne.
Les
Français avaient déjà un peu la tête à autre chose. Objectivement, après le confinement, peut-être un peu la tête aux vacances pour certains. Et beaucoup des préoccupations très concrètes sur leur emploi, sur leur entreprise, comment va se passer la rentrée.
C'est un pass démocratique. Alors d'ailleurs, elle nous est donnée par finalement les deux grands perdants de cette soirée. Évidemment, un désastre pour En Marche, mais aussi une défaite pour le Rassemblement National. Cette affiche qu'on voudrait nous imposer dans deux ans à l'élection présidentielle. Donc on voit bien que la France profonde n'en veut pas.
La masse du peuple français est en grève civique.
C
'est une forme d'insurrection froide
contre
toutes les institutions du pays.
Alors
là, on peut dire qu'on a tout le panel des explications. Est-ce que finalement, ce n
'est
pas un peu tout ça, c'est l
'origine
de cette
abstention ? D'abord, ce second tour n'avait aucun sens. Moi, j'avais proposé qu'on reporte à la rentrée. En fait, les partis politiques, la plupart des partis politiques, ont voulu à tout prix maintenir. Le premier tour, j'étais à la fameuse réunion de concertation en pleine
Covid. Ils
s'en défendent, certains,
maintenant d'ailleurs.
Ils étaient tous. Et je me souviens que moi, qui étais plutôt pour un report, je n
'ai
même pas osé le dire très franchement, parce qu'il y avait un tel unanimisme, et je râlais déjà sur beaucoup de choses, sur la crise du Covid. Je me suis dit, je ne
vais
pas en ajouter. Donc, en fait, le système politique a voulu à tout prix maintenir ces élections, parce que le train était parti. Mais en réalité, au premier tour, ceux qui ont été votés ont parfois attrapé le Covid. Au deuxième tour, ils n
'ont
pas voulu y retourner.
Mais
ajouter à cela un désaveu du politique, un délai incroyable entre le premier et le second tour, ça ne pouvait qu'aboutir à cela. Il reste que maintenant 35% seulement de votants dans les grandes villes. C'est-à-dire que j'ai regardé, abstention 60% officielle, trois fois plus qu'en 1983. Donc, il y
a
quand même un vrai problème sur l'image du politique, sur à quoi sert un homme politique, comment on gère. C'est, à mon avis, un tremblement de terre pour plus tard. Ce qui veut dire absolument que, pour les prochains enjeux, il y aura un énorme effort, et ça dépend de vous aussi, pour mettre tout sur la table et qu'on ait le sentiment qu'on peut encore changer quelque chose.
Alors,
il
y
a un autre phénomène sur lequel, je trouve, on n'a pas suffisamment insisté. C'est qu'il y a l'abstention, bien sûr. Vous signaliez dans les grandes villes, il y a parfois un taux de participation à 35%. Mais il y a aussi la multiplication des triangulaires et des quadrangulaires, qui fait qu'un certain nombre de maires, on ne l'a jamais vu à ce niveau, sont élus en étant minoritaires. Je regardais Mme Aubry, 40%, à Besançon, 43%, à Dijon, 43%, Poitiers, 42%, Strasbourg, 41%. C'est-à-dire, et ça frappe, enfin ça frappe, ça caractérise surtout les élus verts en général.
C'est-à-dire qu'on a des élus qui vont gouverner des villes en étant, avec un taux d'abstention de 60%, en étant élus de façon minoritaire. C'est-à-dire qu'ils vont s'installer dans un fauteuil de maire avec 15% des inscrits. Je trouve que ça pose un vrai problème démocratique.
C'est un
problème énorme et c'est pourquoi je pense que tous les commentaires sur la poussée verte sont à prendre avec des pincettes, parce qu'en vérité, il n
'y
avait que les grandes métropoles et les grandes villes. Deuxièmement, 35% de participation et un tiers d'un tiers, ça ne fait pas beaucoup. Et les verts feraient bien de prendre garde à être bien intelligents dans leur gestion, parce que s'ils appliquent tout ce qu'ils proposent, ils risent d'avoir une certaine gueule de bois à l'arrivée des habitants des villes.
Donc, pour aller plus loin avec vous, vous vous dites qu'on ne peut tirer aucune leçon du score des verts au municipal sur une écologie, sauf que finalement, il n
'y a
pas une grande différence entre la politique municipale d'un verre et la politique d'une autre sensibilité. Et qu'on ne peut rien en tirer sur le
plan des présidentielles. Pour moi, je pense
qu'il ne faut pas en tirer trop de leçons sur le plan de la présidentielle. Moi, je vous donne un exemple. En 2000, j'ai lancé un plan vert dans ma ville. On a été réélus au premier tour à 73% quand on travaille intelligemment dans une ville. Non, je pense qu'en revanche,
les
partis traditionnels, et en tout cas à Debout la France, on travaille beaucoup là-dessus, sur une écologie concrète. Les partis traditionnels ont abandonné l'écologie, l'ont laissé au vert, à des verts gauchisants ou gauchistes ou parfois d'extrême gauche. Et je pense qu'il y
a
une responsabilité des partis traditionnels qui n'ont pas vu arriver une demande des citoyens. Et en tout cas, moi, je le prends comme tel dans notre partie à Debout la France, où je travaille d'arrache-pied pour présenter prochainement une écologie concrète, efficace, parce qu'aujourd'hui, ce matin, il y avait la fameuse Convention citoyenne. Et ce qui est quand même stupéfant, c'est qu'on parle d'écologie depuis des années,
et
le président nous dit « je vais essayer de convaincre l'Europe, il n'y aura pas de référendum tout de suite ». Or, il y a des dossiers, le ferroutage, l'isolation thermique, la santé et l'environnement, le problème de la 5G. Il y a des dossiers où on pourrait prendre des mesures tout de suite, par référendum, très vite. Et moi, je suis surpris de voir que sur l'écologie, plus on en parle, moins on agit. C'est assez stupéfiant.
Oui, c'est un
peu caricatural, ça, normalement. Mais ce n
'est
pas si caricatural que ça. Regardez l'affaire du ferroutage. On a fermé le dernier train de primeur de Perpignan à Paris l'année dernière. Il y a des mesures à prendre. On sait ce qu'il faut prendre. L'isolation thermique, c'est quand même ce gouvernement qui a supprimé, qui a réduit l'avantage fiscal sur le changement des fenêtres. Enfin, on pourrait faire des choses très simples tout de suite. Donc, moi, je pense qu'il
y
a beaucoup d'instrumentalisation de l'écologie à des fins politiciennes. Et que maintenant, moi, j'aimerais que le
président de la République décide un référendum concret
sur quelques points très rapides.
Je
vais faire un petit peu plus
de politique.
Parce que finalement, si je vous écoute, Nicolas Dupont-Aignan, vous, le souverainiste, etc., il n
'y
a pas de gens plus opposés à vous que les Verts
?
Mais ils ont tous... Je vais au bout de ma question. Qui sont des internationalistes, europhiles, etc. Alors, comment vous expliquez cette torsion dans l'opinion ? On a l'impression, finalement, qu'il y a une sorte d
'incompatibilité. Mais alors, je vais vous dire, c'est pour deux raisons, je pense. D'abord, ils sont militants politiques avant d'être Verts.
Et
deuxièmement, les partis patriotes, comme Debout la France, gaullistes ou autres, n'ont pas assez expliqué que la vraie écologie, c'est d'éviter, par exemple, ce traité de libre-échange européen monstrueux qui aboutisse à ce que 50% de l'émission de gaz à effet de serre de la France soit liée aux produits importés. Le localisme, produire local, produire français, produire européen,
c
'est écologique. Et ça, moi, je le prends parce que, vous savez, dans la vie, il faut toujours s'interroger sur soi avant d'accuser les autres. Et je pense qu'on n'a pas assez expliqué qu'on pouvait tout à fait être patriotes et écolos et que ça allait ensemble. Et les écologistes et les Verts ont habilement joué. Mais quand on va regarder la cohérence de leurs mesures, eh bien, on verra que les Français seront vite déçus. Alors, vous êtes élu local,
vous êtes député. Et cette convention citoyenne, alors, je ne parle pas du contenu, si on a le temps, on en parlera. Pour vous, c'est une avancée démocratique. Qu'est-ce qu'il faut en faire
? C'est
une gigantesque mascarade. Voilà. C'est extraordinaire. Comment ils ont été choisis
? Le
tirage au sort, très bizarre. Les mesures qui ont été prises, il y en a des bonnes, qu'on demande tous. L'isolation thermique, on devrait y arriver dans notre pays quand même, enfin. Bon. Mais dans l'ensemble, il y a des sujets complètement abandonnés.
Je
pense, c'est pas vous, Roselyne Bachelot, la santé et l'environnement. Moi, je suis surpris qu'on se polarise toujours sur l'énergie, avec un contresens absolu sur le nucléaire.
On
met 25 milliards dans des éoliennes complètement aberrantes. On a une énergie propre qu'on est en train de détruire. Et puis, de l'autre côté, la santé et l'environnement. On est en train de déployer la 5G sans études de précaution. Je ne dis pas qu'il faut être contre tout. Je dis qu'il faut un minimum d'études de précaution.
Avec la qualité
d'impact. Exactement. Et la Suisse le fait.
En
un mot, je trouve qu'on a une vision écologique très superficielle, très manichéenne, très politisée. Et je pense que c
'est
de notre faute. Moi, je le prends en tout cas. Je me dis, je n
'ai
pas assez plaidé pour ce que j'ai fait au niveau local. Et j'ai demandé à mon parti d'être beaucoup plus prêt pour dire qu
'il
y a une voie possible pour répondre à l'aspiration des citoyens sur la santé et l'environnement, sur le bien-vivre ensemble, sans pour autant tomber dans une écologie politicienne qui détourne des vrais enjeux.
Alors, il y
a une
demande de ce qu'on appelle pompeusement la démocratie participative. Oui, mais il y a le référendum,
Roselyne Bachelot. C'est curieux, ils ne veulent jamais le référendum. Mais
le référendum n'est pas sur une procédure d'élaboration, il est en quelque sorte la suite logique d'un procédé d'élaboration collective. Le président de la République, ce matin, en saluant cette convention citoyenne, a semblé ouvrir la possibilité sur d'autres sujets. Alors, ça n'a pas été précisé, la police, la justice, je ne sais pas, des sujets qui posent question en ce moment. Vraiment, vous le rejetez, il ne
faut
pas faire ça du tout, ou alors il faudrait peut-être le faire autrement. Non, mais sur le
référendum, je crois qu'on ne débloquera la société française que par le référendum des initiatives citoyennes au niveau local. Moi, je l'avais fait dans ma ville. Oui. Et par le référendum au niveau national. La Suisse le fait très bien. Pourquoi on ne le fait pas davantage ? Donc, moi, je mets, je dis au président de
la
République, chiche, un référendum sur 4-5 mesures concrètes, mais pas l'écocide. Parce que Jacques Chirac a mis le principe de précaution dans la Constitution, ça n
'a
pas changé grand-chose. Des vraies mesures par référendum. Vraies mesures et très vite. N
'attendons pas trois ans.
Comme je suis d'un moment du principe de précaution.
Mais il est très
bien le principe de précaution. Roselyne Bachelot, je ne suis pas contre. Je ne m'en excuse pas. Mais je ne suis pas contre. Mais appliquons-le. Appliquons-le. Bon, très bien. On se réconciliait là-dessus, alors.
C
'est ça. Merci beaucoup, Nicolas Dupont-Aignan. Merci, Roselyne. Merci.