Roland Lescure les congés d'Elisabeth Borne au Maroc : "Elle a mérité ses vacances"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
La majorité tente de faire taire Ségolène Royal ?
- 2:10OuverteRéponse directe
Elle doit choisir maintenant entre la politique et...
- 3:40OuverteRéponse directe
La ministre en charge, Elisabeth Borne, est en vacances au Maroc. C'est normal ?
- 4:42OuverteRéponse partielle
Comment ça s'est passé Noël en famille ?
- 7:50FerméeRéponse directe
Pour ou contre l'âge pivot ?
- 8:31OuverteRéponse directe
Quelle est l'attitude pour le gouvernement à prendre pour le 7 janvier prochain ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« si ça prenait une audition à l'Assemblée Nationale pour faire taire Ségolène Royal, ça saurait franchement. »
- 1:33Invité politiqueChiffre
« Michel Rocard, il a été ambassadeur des pôles pendant sept ans. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Elisabeth Borne, elle, depuis plus de deux ans, elle bosse. »
- 5:22Invité politiqueFait
« Elle a eu un statut dérogatoire. »
- 5:31Invité politiqueFait
« On est dans un monde totalement différent aujourd'hui. »
- 6:47Invité politiqueFait
« Moi, je pense quand même, on peut en parler pour les petits rats de l'Opéra, pour les conducteurs de la RATP, ou pour les enseignants, qui sont un enjeu essentiel. »
- 7:00Invité politiqueFait
« Il n'y a pas de raison, pour moi, que les rats de l'Opéra est un régime dérogatoire par rapport à des ballets contemporains de Lille ou de Lyon. »
- 7:51Invité politiqueFait
« Moi, je suis pour un système à l'équilibre. »
- 8:02Invité politiqueChiffre
« Nous, on a voté des milliards de subventions pour équilibrer les régimes de la SNCF et de la RATP. »
Temps de parole
- Roland Lescure74 %
- Présentateur23 %
- ?3 %
≈ 20,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour
Roland Lescu,
merci d
'être avec nous en direct sur Europe 1, une personnalité politique sur le devant de la scène depuis 48 heures maintenant. Ségolène Royal, accusée par deux députés dont un, la REM, de s'expliquer sur les moyens qu'elle a en tant qu'ambassadrice des pôles, moyens qu'elle utiliserait peut-être à des fins plus politiciennes. Hier soir, l'ancienne ministre et ancienne candidate à la présidence de la République disait « Ils ne savent plus quoi inventer pour me faire taire parce que je dénonce les graves désordres sociaux dont la France souffre. » La majorité, Roland Lescu, la majorité tente de faire taire Ségolène Royal ? D'abord,
si ça prenait une audition à l'Assemblée Nationale pour faire taire Ségolène Royal, ça saurait franchement.
Ça veut dire qu'il
en faut plusieurs ?
Non, ça veut dire que Ségolène Royal, elle le montre depuis à peu près un an. Il y a un an,
elle
nous expliquait ce qu'il fallait pour arrêter la crise des Gilets jaunes. Il y a quelques semaines, elle nous expliquait ce qu'il fallait pour revoir en profondeur la réforme des retraites. Et il y a quelques jours, elle nous expliquait, en tout cas elle expliquait au président, ce qu'il devrait faire après l'issue de son mandat, quelle retraite il pourrait prendre ou pas.
Alors,
Ségolène Royal est à nouveau entrée en politique. Et la seule question qui se pose aujourd'hui, c'est est-ce qu'elle peut faire de la politique comme elle le fait, c'est son droit. Mais c'est incompatible. Et continuer à être ambassadeur des pôles. Il y a un devoir de réserve, et je pense que sa gestion du devoir de réserve est très élastique. Je vais vous donner deux exemples, très simples. Pourquoi il
y a
un devoir de réserve ? Quand on est ambassadeur de France, on a un devoir de réserve, on est là pour représenter la France sur un sujet qui n
'est
pas un sujet de détail. Donc
elle
mêle les partitions
?
En tout cas, elle en joue deux, alors qu'à mon avis, elle devrait concentrer sur l'une ou sur l'autre. Michel Rocard, il a été ambassadeur des pôles pendant sept ans. Il avait été
nommé... Un poste
qui a été conçu pour lui. Créé pour lui,
conçu pour lui par un président dont on sait qu'il n'était pas Nicolas Sarkozy de la même obédient, je dirais. Et il a fait ce job, parce que c'est un vrai job, pendant sept ans, à fond, en portant une cause essentielle. L'épaule,
c
'est à la fois le cœur des défis climatiques du XXIe siècle, et aussi un enjeu très fort de développement économique. La Russie, les États-Unis, le Canada, la Norvège, qui se battent pour en exploiter les ressources. Il faut que la voix de la France, elle soit entendue là-dessus. On peut faire de la politique très bien, mais dans ce cas-là, on n'est pas ambassadeur. Moi, je considère que Ségolène Royal, aujourd'hui, elle doit choisir.
Donc, elle doit choisir, elle va être convoquée, auditionnée. Pourquoi ? Pour faire le point ? Pour dire, voilà, vous choisissez maintenant entre la politique et...
Non, je pense que le choix, c'est le sien, et elle doit le faire en toute connaissance.
Elle doit
démissionner de ce poste d'ambassadeur
?
Moi, je
pense qu'elle doit choisir. Donc, elle doit démissionner. Ou alors, elle applique le devoir de réserve que moi, je me suis appliqué. Moi, j'étais dans un job gouvernemental au Québec, avant de venir. J'ai décidé de me lancer en politique, j'ai décidé de faire la campagne d'Emmanuel Macron à Montréal. J'ai démissionné, et je n'ai fait que ça. Michel Rocard, lui, il n'a fait qu'ambassadeur. Gérard Harraud, qui était ambassadeur aux Etats-Unis jusqu'au printemps dernier. Jamais, il ne s'est impliqué dans la politique nationale française. Maintenant, vous le suivez sur Twitter, il a des commentaires, souvent assez fins, sur ce qui se passe en France.
Il n'a pas mélangé les genres, elle doit choisir.
Je reviens sur le... Il tente de me faire taire. Est-ce qu'elle gêne, Ségolène Royal ? Est-ce que le fait de prendre position contre, justement, les positions de La République en marche, est-ce que ça gêne
?
Bon, d'abord, ce n
'est
pas la seule,
ce n'est pas la première.
Le message ? Non, non, non, Ségolène Royal. Écoutez, elle était ministre il y a 30 ans. Elle était candidate à l'élection présidentielle.
Il y a moins
longtemps. Il y a plus de 10 ans, quand même.
Il y
a plus de 10 ans. Elle décide aujourd'hui de continuer sa carrière politique, d'afficher peut-être une volonté de renouveau de la gauche. Ce sont les Françaises et les Français qui décideront si elle l'incarne. En tout cas, elle doit choisir entre la politique et l'ambassade de la France sur une voie très importante, sur un sujet essentiel.
Autre polémique, Roland Lescure, la SNCF et la RATP fonctionnent au ralenti aujourd'hui, au 22e jour de grève. Et la ministre en charge, Elisabeth Borne, est en vacances au Maroc. C'est normal ? Écoutez, ce que je peux vous
dire, c'est qu'Elisabeth Borne, elle, depuis plus de deux ans, elle bosse. Elle a porté la réforme du statut de la SNCF. Ce n
'est
peut-être pas anodin qu'on en parle aujourd'hui. Elle a porté une loi sur les mobilités, qui développe les mobilités électriques du 21e siècle en France. Elle a porté une loi énergie-climat, qui réduit la part du nucléaire, qui développe la lutte contre les passeportes thermiques. Elle est maintenant en charge du
social... On ne remet pas en
cause son
travail. Ce que
je veux dire par là, c'est qu'elle a mérité ses vacances. Franchement, bonnes vacances, madame la ministre. Où que ce soit qu'elle les prenne, elle les a
méritées. Elle peut les prendre à
50 kilomètres de Paris. Vous
comprenez
bien qu'il y a un problème de timing, que ce n
'est
peut-être pas le moment d'aller
aussi loin. Moi, je suis contre cette polémique, qui pour moi est une polémique à dessous. Parce qu
'elle
sera là la semaine prochaine, pendant qu'un certain nombre de Françaises et de Français prennent leurs vacances. Elle prend quelques jours à passer en famille à Noël. Elle les passe à Marrakech. Elle ne les passe pas au bout du monde. Franchement, c'est son droit. Les a méritées. Bonnes vacances, madame la ministre.
Roland Lescure, vous avez passé Noël en famille, j'imagine. Oui. Comment ça s'est passé ? Il y
a
eu des discussions houleuses autour de la table, à propos de la réforme des retraites. Je crois savoir que votre maire est retraitée de la RATP, non ? Et heureuse retraitée de la RATP.
Et
militante de la CGT.
Et militante de la CGT pendant de nombreuses
années.
Qu'est-ce
qu
'elle
vous a dit, à ce propos, justement ? Ça nous intéresse.
Peut-être qu
'elle
nous écoute, d'ailleurs. Peut-être qu
'elle
nous écoute, si c'est le cas. Bonjour, maman. Mais ce qu'elle sait aussi, ma mère, qui a grandi dans les années 30, travaillait à la RATP dans les années 50, 60, 70 et 80, c'est qu'aujourd'hui, le monde est très différent de l'époque. Elle a vécu une carrière assez linéaire. Elle a eu un statut dérogatoire. Elle a eu un statut dérogatoire. Elle a profité. Alors, elle a pris sa retraite à 60 ans parce qu
'elle
n'était pas navigante. Après, 37 années et demie de bons et loyers services à la RATP. Et ça fait maintenant 27 ans qu'elle profite de cette retraite qu'elle a largement méritée. On est dans un monde totalement différent aujourd'hui. Aujourd'hui, il n'est pas normal qu'un chauffeur Uber, qu'un chauffeur de taxi G7, qu'un chauffeur de bus de la RATP ou qu'un conducteur de tramway à Nantes ait des retraites différentes. Dans l'avenir, ce sera sans doute la même personne qui a différents niveaux. Pourquoi pas ? Parce qu'on peut être à la fois l'un et l'autre dans une carrière qui va être beaucoup plus variable, mobile, qu'elle ne l'était du temps de ma mère.
Et donc, il faut effectivement qu'on ait un système de retraite qui permette
d
'adapter les carrières au XXIe siècle. Aujourd'hui, la mobilité, c'est une réalité. On a aussi évidemment la précarité qu'il faut préserver, contre laquelle il faut lutter. Et ça, ça prend aussi un système de retraite bien plus adapté. Mais
la
conséquence,
et
vous le savez très bien, et votre maire pourra en témoigner,
c
'est-à-dire qu'il y a des gens qui, à l'époque, ont signé pour un régime spécial qu'on leur enlève aujourd'hui. Donc, il y
a
une forme d
'injustice. Et ça, c'est la question des transitions qu'on est en train de discuter au sein des entreprises concernées, RATP, SNCF et quelques autres. Il faut effectivement intégrer le fait que ces gens-là, quand ils sont entrés dans ces entreprises, avaient une certaine vision de leur carrière. Moi, je pense quand même, on peut en parler pour les petits rats de l'Opéra, pour les conducteurs de la RATP, ou pour les enseignants, qui sont un enjeu
essentiel. Je vois que vous avez suivi
le petit flash meuble du lac des signes
devant l'Opéra.
Bien
sûr,
bien sûr, parce qu'aujourd'hui, il faut quand même parler de la réalité,
de
ce que c'est, par exemple, du métier de danseur. Il n'y
a
pas de raison, pour moi, que les rats de l'Opéra est un régime dérogatoire par rapport à des ballets contemporains de Lille ou de Lyon. Aujourd'hui, il faut qu'on puisse adapter le système de retraite à
le
marché du travail, peut-être qu'il
est
au XXIe siècle. Un danseur,
il
s'arrête à 40-42 ans, c'est évident,
il ne peut plus danser. Non,
est-ce que sa vie s'arrête pour autant
?
Bien sûr que non. Moi, je connais des danseurs qui sont aujourd'hui professeurs de yoga. Ils font quelques heures de cours par semaine. Dans le système actuel de retraite, zéro cotisation, zéro prestation. Demain,
ils
auront des points, des accumulations, qui leur permettront de continuer à parfaire leur retraite. Donc oui, ce nouveau système,
il
va sans doute être moins favorable pour les danseurs des ballets de l'Opéra. Il le sera plus pour ceux qui sont à Lyon ou à Lille. Et au total, il leur permettra de continuer leur carrière.
Vous
parlez du point, parlons de l'âge pivot. Pour ou contre l'âge pivot ? Moi, je suis pour un système à l'équilibre. Et en passant, qu
'on
soit dans le régime actuel ou dans le nôtre, il faut l'équilibre. La seule différence aujourd'hui, c'est 42 discussions d'équilibre différentes qu'on a tous les ans. Nous,
on
a voté des milliards de subventions pour équilibrer les régimes de la SNCF et de la RATP. Dans le régime de demain, ce sera une discussion tous les 5 ans. Il faut qu'elle ait lieu, cette discussion. Moi,
je
propose, on a proposé qu'elle ait lieu entre les partenaires sociaux dans l'année qui vient. Franchement, il y a sans doute d'autres solutions pour équilibrer les comptes. Demandons aux partenaires sociaux de se mettre d'accord, se mettre d'accord sur une solution, et on la prendra, on la votera. Le dialogue social doit être réinventé. L'âge pivot fait partie des solutions, ce n
'est
pas la seule.
Mais
quelle est l'attitude pour le gouvernement à prendre pour le 7 janvier prochain, reprise des discussions ? Vous savez bien que la CGT, FO, Sud en réfèrent à leur base, et qu'on va continuer le bras de fer, et qu'on va continuer à tourner en rond.
Non, j'espère qu'on ne
va
pas tourner en rond. Il y a un certain nombre de syndicats qui ont reconnu qu'il y avait des avancées.
Certains
syndicats, l'UNSA, la CFDT ?
Certains syndicats nationaux, la CFDT et l'UNSA, mais on sent bien aussi que les discussions dans les entreprises se poursuivent sur des sujets très particuliers. On a parlé tout à
l
'heure de la transition. La pénibilité, la retraite minimum, la retraite des femmes, les congés à maternité, le pension de réversion, tout ça va être négocié dans les semaines qui viennent. Vous
êtes confiant
pour un apaisement ?
Je l'espère en tout cas, j'y appelle. Moi je pense que tout est sur la table pour qu'on puisse discuter de manière relativement sereine à la rentrée. Évidemment, il y a des gens qui sont dans le dernier combat d'un statut qu'ils souhaitent défendre. On peut les comprendre.
Il
ne
faut
pas être dupes non plus. Ils sont dans leur combat particulier. Moi je plaide pour l'intérêt général. Et c'est, je pense, ce
que
font faire l'essentiel des gens autour de la table avec le gouvernement dès le mois de janvier.
Ségolène Royal pourra en revenir juste un moment sur elle avant de conclure. Roland Lescure est convoqué devant l'Assemblée nationale. Vous qui êtes président de la Commission des Affaires économiques, vous voudriez vous aussi l'auditionner ?
Non, je pense qu'il y a huit commissions permanentes à l'Assemblée nationale. Elle est ambassadrice, elle s'occupe des pôles. Je pense que la Commission des Affaires étrangères est tout à
fait légitime. C
'est ce que demande Jean-Christophe Lagarde ? Très bien, qu'il l'auditionne. Elle ne sera pas convoquée, elle sera auditionnée. On n'est pas dans une commission d'enquête. Et je suis sûr qu'elle sera très heureuse de nous expliquer tout ce qu'elle fait pour la préservation du pôle Nord et
du pôle Sud.
Et elle a dit qu'elle irait. Merci beaucoup Roland Lescure d'avoir été avec nous ce matin sur Europe 1.
Roland Lescure