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InterviewRFI (sur YouTube)· 9 mars 2021 18 minContradictoireFond programmatiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsTravail & emploi

Place des femmes dans la haute fonction publique : Amélie de Montchalin note un «effet locomotive»

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    Comment veillez-vous à cette parité et quel est le constat ?

  • 2:07OuverteRéponse directe

    Donnez-nous un exemple de ces plans d'action.

  • 3:24RelanceRéponse directe

    Les ministères qui ne respecteraient pas ces engagements seraient sanctionnés avec une amende à hauteur de 1% de la masse salariale brute du ministère. On a quand même du mal à comprendre.

  • 3:52RelanceRéponse directe

    Pourquoi bondissez-vous cette menace ? Elle a un sens ou pas ?

  • 6:21OuverteRéponse directe

    On sait que dans le ministère des Armées, c'est difficile de féminiser. Alors ça veut dire que vous allez impacter sur le budget de la défense ?

  • 6:59ComplaisanteRéponse directe

    Si je me gare mal, je vais me coller une amende toute seule. Donc je vais me mettre une amende, je vais la payer. Et j'ai l'impression que c'est un peu le même.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42PrésentateurChiffre
    « Je crois qu'en matière salariale, il y a encore 13% d'écart entre les hommes et les femmes. »
  • 1:04Invité politiqueChiffre
    « Nous sommes passés de 30% de femmes nommées en Conseil des ministres pendant le quinquennat de François Hollande à 43% de femmes nommées en Conseil des ministres en 2020. »
  • 2:42Invité politiqueChiffre
    « 62% des fonctionnaires sont des femmes. »
  • 2:52Invité politiqueChiffre
    « On a 37% de nominations dans les postes de cadre, dans les ministères qui sont des femmes. »
  • 9:12Invité politiqueChiffre
    « Il y a 52% des Français qui sont des Françaises, qui sont des femmes. »
  • 13:46Invité politiquePromesse
    « À partir de la rentrée de septembre 2021, vous aurez des classes préparatoires au concours de la haute fonction publique dans les universités, dans au moins deux universités par région, avec un soutien pour le logement, un soutien financier de 4 000 euros par an si vous êtes boursier, du tutorat. »

Temps de parole

  • Amélie de Montchalin69 %
  • Présentateur14 %
  • Invité11 %
  • ?6 %

≈ 37,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:02
Locuteur

C

0:03
Présentateur

'est l'heure de Mardi Politique sur France 24 et RFI. Bonsoir Frédéric Rivière.

0:06
Locuteur

Bonsoir

0:07
Invité

Rosine, bonsoir à tous.

0:08
Présentateur

Et ensemble nous recevons Amélie de Montchalin. Bonsoir. Bonsoir. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes ministre de la Transformation et de la Fonction Publique. Hier, le 8 mars, c'était la traditionnelle journée des droits des femmes. L'occasion de regarder la jauge en matière d'égalité salariale et du nombre de femmes dans des postes de direction. Donc la France a progressé, car la loi l'y oblige, mais il y a encore beaucoup de retard, et notamment dans la fonction publique. Alors comment veillez-vous à cette parité et quel est le constat ? Je crois qu'en matière salariale, il y a encore 13% d'écart entre les hommes et les femmes. D

0:49
Amélie de Montchalin

'abord, je pense que sur ce sujet, il y a beaucoup de sujets différents dans la question de l'égalité. Il faut d'abord reconnaître que depuis 2017, le fait que le président ait fait une priorité politique,

0:57
Locuteur

il

0:58
Amélie de Montchalin

a été une locomotive extrêmement puissante pour que dans la haute fonction publique, nous ayons plus de femmes.

1:03
Locuteur

Nous

1:04
Amélie de Montchalin

sommes passés de 30% de femmes nommées en Conseil des ministres pendant le quinquennat de François Hollande à 43% de femmes nommées en Conseil des ministres en 2020.

1:14
Locuteur

C

1:14
Amélie de Montchalin

'est-à

1:14
Locuteur

-dire

1:14
Amélie de Montchalin

que le plafond de verre, cette fameuse impossibilité, on n'y arrivait pas, on stagnait autour d'un tiers,

1:19
Locuteur

a

1:20
Amélie de Montchalin

été dépassé parce que le président de la République a mis tout son poids politique pour dire qu'à un certain moment, les ministres qui lui proposaient la nomination étaient renvoyés à trouver d'autres profils. Maintenant, notre enjeu, c'est que cet effet locomotive, il descende au niveau des ministres et des ministères. Ce sont des nominations qui ne passent pas en Conseil des ministres. Et donc l'enjeu aujourd'hui, c'est que les ministères animent des viviers, repèrent les femmes, les préparent à prendre des postes, parce qu'aujourd'hui, les choses trop souvent se font par des effets de réseau ou d'habitude.

Et donc nous avons demandé à chaque ministère, j'ai demandé, et les plans m'ont été remis vendredi, que chaque ministère maintenant

1:54
Locuteur

fasse

1:55
Amélie de Montchalin

des plans de progrès. Pendant des décennies, on a fait des diagnostics. On a expliqué très finement pourquoi on n'y arrivait pas. Bon, maintenant, l'heure est à l'action.

2:03
Locuteur

Et

2:03
Amélie de Montchalin

donc depuis vendredi, tous les ministères m'ont rendu ces plans d'action. Nous sommes en train de les regarder très précisément. Alors c'est quoi ces plans d'action ? Donnez

2:10
Locuteur

-nous un exemple. C'est des plans d'action

2:10
Amélie de Montchalin

sur d'abord, effectivement, les écarts de salaire. Comment, ministère par ministère, il

2:15
Locuteur

y a

2:15
Amélie de Montchalin

des engagements, des délais, des engagements chiffrés, sur les moyens qu'on se donne, pour qu'on n'accepte pas que dans un même ministère, certaines filières soient dévalorisées, certaines personnes, à titre individuel ou à titre collectif, gagnent au moins.

2:28
Locuteur

Le

2:29
Amélie de Montchalin

deuxième enjeu, ce sont les nominations pour les postes à responsabilité. Comment, dans chaque administration, et ce qui passe au Conseil des ministres, et aussi ce que les ministres portent eux-mêmes, nous avons des viviers de femmes pour qu'on arrête de me dire qu'il n

2:41
Locuteur

'y a

2:41
Amélie de Montchalin

pas de femmes. 62% des fonctionnaires sont des femmes. Donc, si on a deux tiers, globalement, de femmes dans la fonction publique, ce n

2:48
Locuteur

'est

2:48
Amélie de Montchalin

pas normal qu'on ait dans un ministère que un tiers de femmes en responsabilité. Aujourd'hui, on a

2:51
Locuteur

37

2:52
Amélie de Montchalin

% de nominations dans les postes de cadre,

2:55
Locuteur

dans

2:56
Amélie de Montchalin

les ministères qui sont des femmes. On doit aller plus loin. Et puis, il

2:59
Locuteur

y a

2:59
Amélie de Montchalin

un troisième enjeu, qui est celui de la lutte contre les discriminations, contre les violences. S'assurer que dans les ministères, aujourd'hui, nous avons des cellules, enfin, de signalements qui sont hors hiérarchie.

3:09
Locuteur

Parce

3:09
Amélie de Montchalin

que si vous avez un problème de harcèlement ou un problème avec votre supérieur hiérarchique, la personne à qui vous devez en parler, c'est votre supérieur hiérarchique.

3:14
Locuteur

Ça

3:14
Amélie de Montchalin

ne peut pas fonctionner. Et donc, là aussi, l'idée, c'est que

3:17
Locuteur

ces

3:17
Amélie de Montchalin

structures existent. Il faut qu

3:18
Locuteur

'on

3:18
Amélie de Montchalin

s'assure de leur qualité

3:19
Locuteur

et

3:20
Amélie de Montchalin

du fait qu'elles soient effectives pour réduire les violences et discriminations. Alors,

3:24
Locuteur

Amélie de

3:24
Invité

Montchalin, vous avez dit que les ministères qui ne respecteraient pas ces engagements, cette espèce de charte ou plan de progrès, ce n

3:30
Locuteur

'est

3:30
Invité

pas une charte, c'est un plan de progrès, seraient sanctionnés avec une amende à hauteur de 1% de la masse salariale brute du ministère. Vous avez parlé d'armes nucléaires. On a quand même du mal à comprendre. Enfin, en tout cas, moi, qu'est-ce que ça veut dire ? Vous allez aller prendre dans les poches du ministère 1% de la masse

3:46
Locuteur

salariale.

3:46
Invité

Et vous allez faire quoi ensuite de cet argent ? Le

3:48
Locuteur

but, c'est que personne ne paye

3:49
Amélie de Montchalin

cet argent. Il

3:50
Locuteur

faut

3:50
Amélie de Montchalin

être très clair. Aujourd'hui, on avait un système...

3:52
Invité

Pourquoi bondissez-vous cette menace ?

3:55
Locuteur

Elle a un sens ou pas ?

3:56
Amélie de Montchalin

Bien sûr qu

3:56
Locuteur

'elle

3:56
Amélie de Montchalin

a un sens. Si de manière coopérative,

3:59
Locuteur

on

4:00
Amélie de Montchalin

n'arrive pas à se dire que dans chaque ministère, il y

4:02
Locuteur

a

4:02
Amélie de Montchalin

des actions concrètes avec des indicateurs de suivi chiffrés, avec des délais qui ne sont pas dans 25 ans, mais qui sont dans des horizons de 2, 3, 5 ans maximum, on n

4:12
Locuteur

'est

4:12
Amélie de Montchalin

pas capable de se donner de la confiance dans le fait qu'on a des bonnes actions pour avancer,

4:15
Locuteur

alors oui,

4:16
Amélie de Montchalin

il y

4:17
Locuteur

a

4:17
Amélie de Montchalin

une sanction qui est de 1% de

4:18
Locuteur

la

4:18
Amélie de Montchalin

masse salariale de tout le ministère.

4:19
Invité

Mais oui,

4:20
Locuteur

mais

4:20
Invité

c'est là que je dis mal à comprendre. Vous prenez le ministère de l'Éducation qui

4:23
Locuteur

a

4:23
Invité

un budget colossal, vous allez lui prendre 1%. C'est pour ça

4:25
Locuteur

que je

4:25
Amélie de Montchalin

pense qu'aujourd'hui, le ministère de l'Éducation nationale a tout intérêt.

4:29
Locuteur

C

4:29
Amélie de Montchalin

'est aussi pour valoriser les efforts.

4:30
Invité

Non, mais enfin, les conséquences de ce prélèvement pourraient être considérables.

4:34
Amélie de Montchalin

Aujourd'hui, vous savez, on a un système d'amende.

4:35
Locuteur

C

4:36
Amélie de Montchalin

'est 90 000 euros par femme qu'il manque dans le fait d'arriver à 40%. Mais dans l'administration publique ? Dans l'administration publique. Et 90 000 euros...

4:43
Invité

C'est de l'argent qui tourne en boucle dans...

4:44
Locuteur

Oui, c'est notre argent, votre argent, c'est l'argent de l'État. Ensuite,

4:47
Amélie de Montchalin

il alimente un fonds. Ce fonds,

4:49
Locuteur

c

4:49
Amélie de Montchalin

'est un fonds unique. Et ce fonds, il permet que quand des ministères cherchent des moyens pour féminiser, alimenter des viviers, faire de la formation, cet argent est recyclé pour la cause des femmes. Ça, c'est un engagement que

4:59
Locuteur

j

4:59
Amélie de Montchalin

'ai pris, que l'argent des amendes soit utilisé pour les femmes. Maintenant, 90 000 euros, il y

5:04
Locuteur

a

5:04
Amélie de Montchalin

des gens qui considèrent qu'on paye et puis finalement, il ne

5:06
Locuteur

se

5:06
Amélie de Montchalin

passe rien. Mais c'est en dehors de leur budget ou c'est pris dans leur budget ? On prend 90 000 euros, il y

5:11
Locuteur

a

5:11
Amélie de Montchalin

un certain nombre de ministères, malheureusement, chaque année, qui continuent de payer ces amendes. Et donc, mon enjeu, c'est d'abord qu'on arrête de payer ces

5:16
Locuteur

amendes.

5:16
Invité

Et vous allez faire du non-main shame, nommer et faire honte, parce qu'on veut

5:20
Locuteur

mieux s

5:20
Invité

'exprimer en français. Pour les ministères, vous allez dire, ministère de la Culture,

5:25
Locuteur

vous n'avez pas fait du bon

5:25
Invité

boulot,

5:26
Amélie de Montchalin

par exemple. C'est qu'on a une vraie capacité de dissuasion et de pousser à l'action. Ça suffit. Les plans génériques, les diagnostics à l'infini, où en fait, on se dit, bon, c'est pas grave, je paierai 90 000 euros parce qu'il manque 5, 6 femmes fois 90 000 euros dans mon ministère. Cet enjeu de menace, c'est une menace réelle. C'est une menace qui est massive. Ça veut dire que ça coûte de l'argent. Vous savez, la fonction publique,

5:51
Locuteur

c

5:51
Amélie de Montchalin

'est 62. Je le répète, 62% des fonctionnaires sont des femmes.

5:55
Locuteur

On

5:55
Amélie de Montchalin

ne peut pas, aujourd'hui, créer de la confiance, de l'adhésion, de l'engagement de ces personnes, femmes et hommes, qui travaillent, si ensuite, dans les progressions de carrière, on n'a pas ces enjeux d'égalité. Donc oui, c'est une arme nucléaire.

6:08
Locuteur

C

6:08
Amélie de Montchalin

'est de dire à tous les ministères,

6:09
Locuteur

ça

6:10
Amélie de Montchalin

vaut le coup, et c'est maintenant obligatoire, de s'y intéresser concrètement. Et donc, c'est ce qu

6:15
Locuteur

'on

6:15
Amélie de Montchalin

va faire comme travail aujourd'hui. Certains ministères ont, sur certains aspects, des choses très convaincantes, moins convaincantes sur d'autres, et donc on va avancer.

6:21
Présentateur

– Les mêmes manches, là, par exemple, on sait que dans le ministère des Armées, c'est difficile de féminiser. Alors ça veut dire que vous allez impacter sur le budget de la défense ? – Ce que je vais

6:33
Amélie de Montchalin

faire, au ministère des Armées, comme dans les autres, c'est qu'il y

6:35
Locuteur

a

6:35
Amélie de Montchalin

un certain nombre d'actions, d'engagements qui sont pris.

6:38
Locuteur

S

6:38
Amélie de Montchalin

'ils sont tenus, s'ils sont crédibles, s'ils sont suivis, eh bien les choses vont progresser à un bon rythme. On vérifiera que les engagements pris sont tenus, et donc

6:47
Locuteur

l

6:48
Amélie de Montchalin

'amende, en tant qu'hôtel, ne sera pas payée. Mon enjeu,

6:51
Locuteur

c

6:51
Amélie de Montchalin

'est qu'on arrête les engagements, le blabla, le diagnostic, qu'on explique aux femmes pourquoi on n'y arrive pas, et qu'on maintenant, on s'explique comment on

6:58
Locuteur

va y arriver.

6:59
Présentateur

– Mais j'ai envie de vous demander de comparer ça, par exemple, si je me gare mal, devant France 24, par exemple, je vais me dire, tiens, je vais me coller une amende toute seule. Donc je vais me mettre une amende, je vais la payer. Et j'ai l'impression que c'est un peu le même, pardonnez-moi, mais je donne cet exemple,

7:14
Amélie de Montchalin

mais

7:14
Locuteur

je m

7:15
Amélie de Montchalin

'auto… –

7:15
Locuteur

Mais

7:15
Amélie de Montchalin

jusqu'à maintenant, c'est comme ça que ça fonctionnait. Il vous manquait des femmes dans vos postes de direction, vous payez 90 000 euros par femme qui ne correspondait pas à l'objectif qu

7:24
Locuteur

'on

7:24
Amélie de Montchalin

s'était fixé de 40%.

7:25
Locuteur

Et

7:26
Amélie de Montchalin

il

7:26
Locuteur

y a

7:26
Amélie de Montchalin

des ministères qui considéraient que c'était finalement assez acceptable.

7:29
Locuteur

Eh

7:29
Amélie de Montchalin

bien, donc, pour mettre fin à ce système où, en fait, on s'auto-inflige à une amende en considérant qu'on pouvait vivre avec, on est passé à une sanction qui est massive,

7:38
Locuteur

pour

7:38
Amélie de Montchalin

dire que

7:39
Locuteur

si

7:40
Amélie de Montchalin

certains ministères veulent aller là-dedans, ça va leur coûter très cher.

7:42
Locuteur

Mais

7:43
Amélie de Montchalin

donc, le but, c'est que personne n'y arrive. Ça veut dire que chacun prend des vrais engagements. – Oui, parce que

7:47
Locuteur

c'est le fonctionnement du ministère

7:48
Invité

que vous mettriez en péril, et finalement, ça desservirait les intérêts des administrés,

7:52
Locuteur

donc des Français au fond du compte. – Mais je

7:53
Amélie de Montchalin

peux vous dire que ça desserve les intérêts du ministère et des Français que les femmes ne soient pas promues, qu'elles ne trouvent pas leur place, et qu'aujourd'hui, quand on recrute, on n'arrive pas à donner les mêmes perspectives de carrière dans certains ministères à des femmes compétentes, de meilleures compétences, voire de meilleures compétences que les hommes.

8:08
Invité

– D'un mot, Amélie de Montchalin, à votre connaissance aujourd'hui, est-ce qu'il existe en France des métiers que les femmes ne peuvent pas exercer parce qu'ils sont considérés comme trop dangereux pour elles

8:17
Locuteur

? – Je

8:18
Amélie de Montchalin

n'ai pas connaissance de cette réalité.

8:21
Locuteur

– Parce

8:21
Invité

que sur le site du ministère du Travail, les règles en matière d'embauche sont décrites de la manière suivante. Il est interdit de mentionner dans une offre d'emploi le sexe ou de faire du sexe un critère de recrutement. Et il est ajouté, par exception toutefois, des emplois précis peuvent être interdits aux femmes en raison de leur caractère dangereux. Donc c'est très surprenant.

8:37
Locuteur

Parce que s'il y a des emplois trop dangereux pour les femmes,

8:40
Invité

mais pas trop pour les hommes,

8:41
Locuteur

on se demande où est l'idée d'égalité dans ce cas-là. –

8:44
Amélie de Montchalin

Je n'ai pas connaissance, je parlerai avec Elisabeth Borne pour voir

8:47
Locuteur

quelle est

8:47
Amélie de Montchalin

la réalité de peut-être ces exceptions, mais je n'en

8:50
Locuteur

ai

8:50
Amélie de Montchalin

pas connaissance. Vous savez, je vais dans des centres d'apprentissage, dans beaucoup de régions, c

8:53
Locuteur

'est

8:53
Amélie de Montchalin

une réforme qu

8:54
Locuteur

'on

8:54
Amélie de Montchalin

suit. –

8:54
Invité

Et vous conviendrez que s'il y a des

8:55
Locuteur

métiers qui sont trop

8:56
Invité

dangereux pour des femmes, mais pas trop pour des hommes, ça veut dire que l'égalité homme-femme, en tout cas à cet endroit-là, est un leurre.

9:02
Locuteur

–

9:02
Amélie de Montchalin

Il y a peut-être des phénomènes de santé, je ne sais pas, je ne

9:05
Locuteur

vais

9:05
Amélie de Montchalin

pas

9:05
Locuteur

défendre la mesure,

9:06
Amélie de Montchalin

il faut regarder les choses en détail. Ce que je dis juste, c'est que nous, on se bat pour l'égalité. On se bat pour que les femmes trouvent leur place. Il y a 52% des Français qui sont des Françaises, qui sont des femmes. Nous devons, dans notre pays, c'est un enjeu de confiance démocratique, c'est un enjeu de cohésion sociale, de confiance dans le fait que chacun selon ses mérites et ses talents, c'était l'article 6 de la Déclaration des droits de l'homme, puisse accéder aux responsabilités qui lui correspondent, puisse faire ses choix. C'est ça mon combat. C'est un combat pour que chacun trouve sa place et qu'il

9:35
Locuteur

n'y

9:35
Amélie de Montchalin

ait pas de l'autocensure, des barrières, des plafonds de verre, des fausses excuses, expliquant pourquoi tel ou tel ne pourrait pas faire tel ou tel métier si c'est son choix. Donc

9:43
Locuteur

dans

9:44
Présentateur

un an, et pour juste clôturer ce chapitre-là, Clore, pardon, vous dites quoi ?

9:49
Locuteur

À

9:49
Présentateur

la fin, quand je quitterai ce ministère,

9:52
Locuteur

vous

9:53
Présentateur

dites que vous souhaiteriez un quoi ?

9:56
Locuteur

Je

9:56
Amélie de Montchalin

veux absolument que sur les écarts de salaire, nous ayons vraiment mis des moyens

10:01
Locuteur

pour

10:02
Amélie de Montchalin

qu'on arrête de se dire que c'est normal d'avoir 13% d'écarts. Ça, c'est un premier objectif. On connaît maintenant.

10:07
Locuteur

Vous

10:07
Amélie de Montchalin

savez, avant les ministères,

10:08
Locuteur

j

10:08
Amélie de Montchalin

'avais chacun leur méthode de calcul et tout le monde n'arrivait pas à se dire que c'était vraiment une réalité. Maintenant, c'est clair, c'est connu, il faut qu

10:14
Locuteur

'on

10:14
Amélie de Montchalin

le réserve. Deuxième enjeu, c'est que l'effort qui a été porté par le président de

10:18
Locuteur

la

10:18
Amélie de Montchalin

République, réel, je rappelle, passer de 30% de femmes nommées en Conseil des ministres à 43%, eh bien, on doit le faire à l'échelon juste en dessous, c

10:27
Locuteur

'est

10:27
Amélie de Montchalin

-à

10:27
Locuteur

-dire

10:27
Amélie de Montchalin

les directions des ministères. Ça, c'est à la responsabilité des ministres. C'est eux qui ont la main. Et ensuite, troisième enjeu, m'assurer que sur les enjeux de discrimination et de violence sexuelle et sexiste, le fait qu'on puisse signal soit réellement suivi des faits, qu'il y

10:40
Locuteur

ait

10:40
Amélie de Montchalin

des sanctions, qu'il y ait, s'il faut, des condamnations judiciaires et que donc il n'y ait pas de loi du silence ou de pas de vague sur ce sujet. Ce sont des sujets majeurs de confiance et d'efficacité.

10:50
Présentateur

Assez rapidement aussi, pour aborder d'autres sujets, on constate dans la société un nouveau féminisme qui se radicalise, à l'image d'Alice Coffin. Est-ce que ce féminisme sert en vérité, d'après vous, la cause des femmes ? Moi,

11:05
Locuteur

ce

11:05
Amélie de Montchalin

que je vois,

11:05
Locuteur

c

11:05
Amélie de Montchalin

'est que d'abord, l'enjeu, c'est que les femmes trouvent leur place. C'est qu'on résolve des enjeux très concrets. De salaire,

11:12
Locuteur

de

11:12
Amélie de Montchalin

place aux responsabilités. Je ne sais pas si c'est en faisant la guerre aux hommes qu

11:15
Locuteur

'on

11:15
Amélie de Montchalin

y arrive. En revanche, il faut qu

11:17
Locuteur

'on

11:17
Amélie de Montchalin

soit très ferme et faire exactement, à mon avis, la méthode qu

11:19
Locuteur

'on

11:19
Amélie de Montchalin

est en train de suivre. Stop au diagnostic, on le connaît. Des engagements précis, des délais courts, pas une action, vous voyez, qui marchera pour mes petites filles ou mes arrières petites filles, et un suivi méthodique. Et si les engagements pris ne sont pas tenus, alors il faut qu

11:35
Locuteur

'il y ait

11:35
Amélie de Montchalin

des sanctions très fortes.

11:36
Locuteur

Je

11:36
Amélie de Montchalin

crois beaucoup plus à ça. C'est une méthode, en fait, assez radicale, au sens qu'elle est très efficace. Pas besoin d'être dans la radicalité qui consiste à expliquer que tout ça se fait contre les hommes.

11:46
Invité

Est-ce que vous ne pensez pas que

11:47
Locuteur

la

11:48
Invité

montée du mouvement contre le genre risque de rendre obsolète dans un avenir proche le combat pour les femmes

11:55
Locuteur

? Moi,

11:57
Amélie de Montchalin

je ne pense pas que sur ces sujets, il faille faire des grandes théories.

12:00
Locuteur

Je

12:00
Amélie de Montchalin

pense qu'il faut regarder la réalité en face. Moi, je m'occupe, vous voyez, de l'accès à la haute fonction publique de jeunes hommes et de jeunes femmes qui viennent de quartiers prioritaires de la ville, qui viennent de zones rurales.

12:10
Locuteur

Ce

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Amélie de Montchalin

qui me choque aujourd'hui et qui est une urgence politique et démocratique, c'est l'autocensure. Celle-là, ce n'est pas pour moi. Ça, c'est très concret. Pas besoin de faire des grands débats. Est-ce que dans notre pays, qui que l'on soit, on a la possibilité de faire ses choix, de devenir, si on le souhaite, magistrat, de devenir, si on le souhaite, commissaire de police, de devenir, si on le souhaite, préfet, de devenir scientifique, chercheuse en sciences, évidemment, ingénieur, ou ce qu'on veut, médecin. C'est ça, mon combat. Et donc, le combat, c'est un combat pour que chacun trouve sa place en fonction de ce qu'il est.

Et dans notre pays, eh bien, nous avons 52% de Françaises et on leur doit de trouver les moyens de faire leurs choix. C'est ça, mon

12:51
Présentateur

combat. Alors, avec cette réforme de la haute fonction publique, là, vous venez de le citer pour avoir accès à la magistrature, à l'ENA, l'ENA dont sont issus beaucoup de politiques, en l'occurrence, Emmanuel Macron. Vous, je ne

13:03
Locuteur

sais

13:03
Présentateur

pas si vous

13:03
Locuteur

avez fait l'ENA ?

13:03
Amélie de Montchalin

Moi, je vous ai fait des études en France et à

13:06
Locuteur

l

13:06
Amélie de Montchalin

'étranger, mais je ne suis pas passée par la filière des écoles de services publics.

13:11
Présentateur

On est aujourd'hui en train de se rendre compte que, dans le fond, l'élite et les énarques et dans le système de reproduction et étouffent un peu notre société. On a deux

13:26
Amélie de Montchalin

combats avec le président de la République depuis 2017.

13:29
Locuteur

Ce

13:29
Amélie de Montchalin

sont trois combats. Un, c'est le combat de lutter contre l'auto-censure. Chacun

13:34
Locuteur

peut

13:35
Amélie de Montchalin

faire, s'il le souhaite, honneur à son pays en le servant. Ce n'est pas le monopole de quiconque, ni de celui qui est dans la bonne famille, ni celui qui est dans le bon quartier.

13:43
Locuteur

Et

13:43
Amélie de Montchalin

concrètement, vous faites comment ? Concrètement, partout en France, à partir de

13:46
Locuteur

la

13:46
Amélie de Montchalin

rentrée de septembre 2021, vous aurez des classes préparatoires au concours de la haute fonction publique dans les universités, dans au moins deux universités par région, avec un soutien pour le logement, un soutien financier de 4 000 euros par an si vous êtes boursier, du tutorat. Et donc, on met toutes les chances de votre côté. Moi, j'investis en tant que ministre pour que nous soyons capables de recruter les meilleurs talents de notre pays qui veulent servir leur

14:08
Locuteur

pays.

14:08
Amélie de Montchalin

C'est à l'image de

14:09
Locuteur

ce

14:09
Amélie de Montchalin

qu'avait fait Richard Descoings pour Sciences Po

14:10
Locuteur

? C

14:11
Amélie de Montchalin

'est pas... C'est

14:13
Locuteur

évidemment un

14:13
Amélie de Montchalin

enjeu

14:14
Locuteur

d

14:14
Amélie de Montchalin

'ouverture, mais on n'est pas dans un choix avec un concours différent. On prépare des gens

14:19
Locuteur

parce

14:19
Amélie de Montchalin

qu'ils le souhaitent à passer les épreuves avec succès. Et on leur ouvre des places parce que si on va chercher 1 000 jeunes de plus pour préparer ces concours, il faut qu

14:26
Locuteur

'ils

14:26
Amélie de Montchalin

déplacent. Ça, c'est le premier enjeu. Le deuxième combat, c'est le combat contre le corporatisme. Comment, dans notre pays, on empêche tout ce qui peut être... Au fond, on se mette en travers de l'intérêt général par des esprits de corps. Ça,

14:38
Locuteur

ça

14:38
Amélie de Montchalin

veut dire que dans la formation,

14:39
Locuteur

on

14:40
Amélie de Montchalin

va s'assurer qu'un magistrat, un directeur d'hôpital, un administrateur territorial, un préfet,

14:44
Locuteur

ils

14:44
Amélie de Montchalin

aient des choses en commun

14:46
Locuteur

sur

14:46
Amélie de Montchalin

des grandes questions, l'écologie, le numérique, les valeurs de la République. Et notre troisième combat, c'est les rentes à vie.

14:53
Locuteur

Le

14:53
Amélie de Montchalin

fait qu'aujourd'hui, dans le déroulé des carrières,

14:56
Locuteur

on

14:56
Amélie de Montchalin

a un système qui fait que parfois, et même assez souvent,

15:01
Présentateur

certains

15:01
Locuteur

peuvent

15:01
Amélie de Montchalin

monter les échelons, peuvent avoir des postes au chaud, quel que soit leur résultat. Ça, c'est pas méritocratique. Au cœur de la fonction...

15:08
Locuteur

C'est le

15:08
Amélie de Montchalin

pantouflage ? Non, c'est à l'intérieur. Le pantouflage, c'est quand on part à l'extérieur. Là, c'est la méritocratie, c'est à la fois l'entrée, redonner sa chance à chacun, mais c'est aussi pendant le déroulé des carrières qu'il n'y

15:20
Locuteur

ait

15:20
Amélie de Montchalin

pas ces espèces de phénomènes de rente. Ces trois combats-là, on n'a pas renoncé,

15:24
Locuteur

on

15:24
Amélie de Montchalin

fait les choses méthodiquement, et donc on continuera, et je peux vous dire, avec beaucoup d'énergie, à ce que, d'ici à la fin du printemps, les choses soient à la fois décidées, proposées et qu

15:36
Locuteur

'on

15:36
Amélie de Montchalin

avance.

15:37
Invité

Un petit mot de la campagne de vaccination. On sait que la proportion des personnels de santé vaccinés est assez faible. Le ministre de la Santé l'a déploré. Est-ce qu'aujourd'hui, il y

15:46
Locuteur

a

15:46
Invité

une réflexion au sein du gouvernement pour rendre cette vaccination obligatoire

15:49
Locuteur

? La

15:50
Amélie de Montchalin

réflexion qu'on a, c'est comment, et en tant que ministre d'Agent public, ça me concerne au premier chef,

15:54
Locuteur

les

15:55
Amélie de Montchalin

médecins, les soignants font pleinement honneur au serment de soins qu'ils ont passés. C'est leur éthique professionnelle et personnelle et médicale.

16:02
Locuteur

Celui qui ne se

16:02
Invité

fait pas vacciner manque à son éthique

16:03
Locuteur

? Aujourd

16:04
Amélie de Montchalin

'hui, celui qui ne se fait pas vacciner potentiellement se met en risque lui-même,

16:08
Locuteur

et

16:08
Amélie de Montchalin

je ne souhaite pas que les soignants prennent des risques quand on a des moyens de se protéger,

16:11
Locuteur

et

16:12
Amélie de Montchalin

il peut mettre aussi en risque ses patients.

16:13
Invité

Donc il

16:14
Locuteur

manque à son éthique

16:14
Amélie de Montchalin

? Le Covid est la première maladie nosocomiale,

16:18
Locuteur

c

16:18
Amélie de Montchalin

'est-à

16:18
Locuteur

-dire

16:18
Amélie de Montchalin

la première maladie qu'on peut attraper à l'hôpital quand on n'a soi-même pas encore malade. Et je pense que, collectivement, je fais pleine confiance

16:25
Locuteur

à

16:25
Amélie de Montchalin

l'esprit de responsabilité, d'éthique professionnelle, des soignants.

16:28
Locuteur

Je

16:29
Amélie de Montchalin

pense que c'est au cœur de leur valeur, et donc je pense que c'est un enjeu de responsabilité, un enjeu de conviction. Il faut aussi qu

16:35
Locuteur

'on

16:35
Amélie de Montchalin

leur porte des garanties sur les effets secondaires. Je pense qu'aujourd'hui, on a vraiment du recul. Il y a d'autres pays, je pense, autour de nous, qui ont vacciné avec des différents types de vaccins et qui peuvent maintenant nous montrer que c'est efficace. Et donc c'est comme ça qu'on travaille et c'est comme ça que l'ensemble du gouvernement, qu'Olivier Véran, le Premier ministre, évidemment le Président de la République, travaille.

16:53
Locuteur

Il

16:53
Invité

nous reste 40 secondes. Donc c'est soit une mini-question

16:55
Locuteur

et

16:55
Invité

une

16:55
Locuteur

mini-réponse,

16:56
Invité

soit on en reste là.

16:58
Présentateur

Écoutez, je crois qu'on va en rester. Peut

17:00
Locuteur

-être

17:00
Présentateur

un mot. Vous, qui venez du privé, vous n'avez pas fait la fonction publique. Quel regard vous portez aujourd'hui sur la fonction publique en tant que personne venant...

17:09
Locuteur

Moi, j'y vois

17:10
Amélie de Montchalin

d'abord des hommes et des femmes extrêmement engagés qui ont tenu le pays, qui veulent qu'on leur laisse des marges de manœuvre pour agir, qui sont prêts à innover, mais à qui on doit donner des meilleurs outils de travail, à qui on doit aussi donner plus de marges de manœuvre. Et donc notre enjeu, c'est de remettre des compétences sur le terrain, proches des Français. Les agents publics le demandent. Leur simplifier la vie des agents publics, c'est simplifier la vie des Français. Donc c'est ce combat-là qu'on mène. Et on mène avec beaucoup de dialogue social. Et je crois qu'on avance aujourd'hui, c'est

17:34
Locuteur

une

17:34
Amélie de Montchalin

chose très concrète.

17:35
Invité

Merci Amélie de Monchalard.