CES POLITIQUES FRANÇAIS QUI TRAVAILLENT POUR L’ÉTRANGER / QATAR : POURQUOI LE BOYCOTT N'A PAS MARCHÉ
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 28:39OuverteRéponse partielle
Pourquoi le boycott n'a-t-il pas fonctionné ?
- 29:07OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ces audiences historiques racontent du moment social ?
- 30:05OuverteRéponse directe
Avez-vous boycotté les matchs ?
- 31:54RelanceRéponse directe
Pourquoi le boycott n'a pas pris ?
- 33:28RelanceRéponse directe
Les appels au boycott étaient-ils à géométrie variable ?
- 34:19RelanceRéponse directe
Pourquoi faire porter la responsabilité à des individus ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:35InvitéFait
« « Emmanuel Macron avait dit qu'il suffisait de traverser la rue pour retrouver un emploi. Parfois la frontière, du coup. » »
- 4:04InvitéFait
« « Jean-Yves Le Drian était tout proche d'être embauché comme consultant de défense par une société privée qui s'appelle Scopa Industries, qui est partie prenante de la défense saoudienne. » »
- 5:09InvitéFait
« « Il a vendu un certain nombre d'armes en Arabie saoudite qui, après, ensuite, ont servi à bombarder au Yémen et faire les 400 000 morts que cette atroce guerre civile ont coûté. » »
- 8:20InvitéFait
« « Jean-Pierre Raffarin [...] défend la Chine. Il dit « Mon intérêt pour la Chine est ancien. J'ai été attiré par ces mystères ». » »
- 8:55InvitéFait
« « La DGSI [...] a fini par s'inquiéter de cette situation puisqu'ils l'ont invité à déjeuner en lui disant « Calme-toi, Jean-Pierre. Il faut quand même que t'arrêtes de défendre aussi ouvertement les intérêts de la Chine ». » »
- 35:50PrésentateurFait
« je trouve assez scandaleux de demander à des individus de payer les décisions de grands chefs »
- 36:03PrésentateurFait
« dans mon mouvement c'était un boycott plus diplomatique avec énormément de limites aussi »
- 36:21PrésentateurFait
« le Qatar a des réserves de gaz et d'autre part il se met aussi dans une position politique au niveau des relations internationales qui est très importante »
- 38:22PrésentateurFait
« il n'y a aucune capacité à gérer la déforestation de conséquence de l'huile de palme en Indonésie »
- 38:49PrésentateurFait
« on n'a pas mis le petit coup de pouce nécessaire qui aurait permis à bien des personnes de vivre dans un logement de qualité »
- 40:13InvitéFait
« il faut en revenir à un niveau systémique déjà arrêter de s'acoquiner avec des monarchies ou des dictatures étrangères comme celle du Qatar »
- 40:32InvitéFait
« pourquoi ces exilés Sri Lankais Philippins etc sont allés sur les chantiers du Qatar où ils savaient qu'ils allaient risquer leur vie ? »
- 43:45InvitéFait
« Vinci est quand même très mise en cause aujourd'hui pour des salariés qui ont trouvé la mort dans des chantiers au Qatar »
- 46:17InvitéFait
« le sport a toujours été politique je ne rappellerai pas les jeux 36 et 78 la Coupe du Monde en Argentine qui a servi la dictature argentine »
- 46:42InvitéFait
« mêlé intimement à cette attribution de la Coupe du Monde au Qatar avec ce fameux déjeuner »
- 1:02:19PrésentateurFait
« ne pas y aller et ne pas en fait aller dans la gloser sur la qualité d'organisation de cette coupe du monde c'était vraiment pas très compliqué à faire »
- 1:02:51PrésentateurFait
« j'ai lu quelque part qu'il brigait le prix Nobel de la paix »
- 1:05:27InvitéFait
« il y a un dixième usage du 49-3 »
- 1:06:46InvitéFait
« les JO de Paris en 2024 après que Nicolas Sarkozy ait mené sa petite guéguerre privée »
Temps de parole
- Présentateur62 %
- Invité25 %
- Invité 26 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
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Avec mes invités de ce soir, Charlotte Thomas, André Rousseau et Thomas Dietrich, nous nous poserons une première question qui en amènera d'autres. Pourquoi le boycott n'a-t-il pas fonctionné ? Question qui très vite nous permettra de parler sport, écologie, sociale et politique alors que le Qatargate, cette ingérence qatarienne au cœur des institutions européennes fait encore couler beaucoup d'encre, tout comme les chiffres vertigineux des morts des travailleurs migrants sur les chantiers des stades en plein désert au Qatar.
Nous commencerons, nous commenterons aussi l'attitude fortement critiquée du chef de l'État français qui, de la tribune à la pelouse en passant par les vestiaires, illustre une volonté d'omniprésence qui pourrait traduire une récupération politique. Dans la première partie de l'émission, mon confrère RKP, Rémi Kenzo Pagès, nous fera le débrief du congrès de révolution permanente, cette ancienne tendance du NPA qui est aujourd'hui officiellement devenue un parti politique à part entière ce week-end alors que le nouveau parti antikypétaliste continue lui de se déchirer entre deux entités. Mais avant ça, c'est l'heure de la carte blanche de Thomas Dietrich. Salut Thomas ! Salut Jemil !
Ça va bien ? Ça va et toi ? Parfaitement ! Alors ce soir, tu viens nous parler des politiciens de C, politiciens pas tous, on va le voir, souvent passés par la case ministre et qui vont ensuite travailler au service d'État étranger.
— Alors tu te souviens qu'Emmanuel Macron avait dit qu'il suffisait de traverser la rue pour retrouver un emploi. — Parfois la frontière, du coup. — Eh bien voilà. Il y a certains ministres qui ont besoin de traverser la frontière pour retrouver un emploi. Et c'est vrai que c'est d'actualité, puisque ce matin, il y a une petite nouvelle qui a fait l'effet d'une bombe, en tout cas qui a fait l'actualité avant d'être démenti par le principal intéressé. Il s'agit de notre inamovible Jean-Yves Le Drian, qui avait été ministre de la Défense sous François Hollande et qui, pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron, a été ministre des Affaires étrangères.
Et Jean-Yves Le Drian était tout proche d'être embauché comme consultant de défense par une société privée qui s'appelle Scopa Industries, qui est partie prenante de la défense saoudienne. Alors l'intéressé a immédiatement démenti, a dit que de toute façon, je reçois des dizaines et des dizaines d'offres par jour, par mois, d'entreprises privées qui me proposent de travailler comme consultant. Et j'ai refusé cette offre.
Bon, de toute façon, il est clair que s'il avait été passé par la case de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, nul doute que la Haute Autorité de la transparence aurait dit niette à une telle reconversion, puisqu'il s'agissait vraiment de travailler pour les intérêts d'un État étranger. Il n'en reste pas moins que malgré ce refus, Jean-Yves Le Drian, c'est quand même un personnage qui a...
C'est beaucoup à coquiner avec des États étrangers qui s'est transformé en super VRP de l'armement français, qui a fait passer la France au troisième rang quand même des marchands d'armes, des marchands de morts dans le monde, et notamment avec des pays aussi peu recommandables que l'Arabie saoudite, que l'Égypte, que les Émirats arabes unis. D'ailleurs, il a vendu un certain nombre d'armes en Arabie saoudite qui, après, ensuite, ont servi à bombarder au Yémen et faire les 400 000 morts que cette atroce guerre civile ont coûté. Donc évidemment, Jean-Yves Le Drian, ça montre, en fait, cette histoire de pantouflage, évidemment, vers des États étrangers, qui... C'est pas le seul dans ce cas.
Ça montre que vraiment l'influence des États étrangers sur nos politiques français. D'ailleurs, l'Arabie saoudite mène un lobbying assez intense. Ils ont recruté Maurice Gourdeau-Montagne, qui n'est pas très connu, qui est l'ancien secrétaire général du Quai d'Orsay, donc le numéro 2 du Quai d'Orsay jusqu'en 2019, et qui a été recruté pour être le Sherpa de l'Arabie saoudite pour promouvoir, tenez-vous bien, la Coupe du Monde de football en 2030, qui va être organisée par l'Arabie saoudite.
Mais Thomas, ce n'est pas le seul, tu l'as un peu dit juste avant, politique français à avoir travaillé pour un pays étranger. On regarde un petit Manito à ce sujet.
Vous parliez du gazoduc Nord Stream 2. Ça lui donne un levier d'influence énorme sur l'Europe. Oui, ça lui donne un degré d'influence. D'abord, ça lui permet d'écouler son gaz. Deuxièmement, de peser sur le prix. Aujourd'hui, d'ailleurs, on le supplie pour qu'il fournisse du gaz, pour que le prix n'augmente pas trop. Mais vous savez aussi comment il s'y prend. Il a recruté, il y a déjà des années, Gazprom, l'ancien chancelier d'Allemagne. Je crois savoir qu'un ancien Premier ministre français est également payé par le gouvernement russe. Vous parlez de François Fillon. Oui, car j'ai appris qu'il avait été recruté par une entreprise qui est la propriété de l'État russe. Ça vous choque ?
Ça me choque, oui, que des personnalités politiques importantes servent les intérêts d'un pays étranger. François Fillon, c'est un exemple particulièrement marquant, puisqu'il a été embauché au conseil d'administration de deux sociétés russes qui sont dans le domaine de la pétrochimie et le domaine des hydrocarbures. Et il n'en a démissionné qu'au lendemain de l'invasion russe en Ukraine. C'était quand même assez incroyable, surtout qu'une des enquêtes ont démontré qu'ensuite, ce n'était pas la Russie qui a cherché à débaucher François Fillon. C'est François Fillon qui avait demandé à Vladimir Poutine de lui trouver des strempantins confortablement rémunérés.
D'ailleurs, sur la Russie, on a vraiment une influence russe jusqu'au sommet de l'État. L'actuel garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, qui est mis en examen pour prise illégale d'intérêt par la Cour de justice de la République, a quand même défendu, quand il était avocat, les intérêts d'un milliardaire russe, Dimitri Ribulovlev, qui est connu des amoureux de foot, puisqu'il a investi et racheté le club de Monaco. Et Dupond-Moretti est allé jusqu'à diligenter une enquête administrative contre un juge qui avait mis en examen à Monaco Dimitri Ribulovlev.
Donc bon, c'est quand même un peu fort de café, surtout qu'aujourd'hui, on prétend faire la traque aux oligarques russes à travers la France et saisir leurs biens. Et la Russie n'est pas la seule puissance à s'ingérer dans les affaires françaises, à recruter des anciens politiques qui cherchent à faire la reconversion. Je me souviens qu'à l'époque, Wikileaks avait révélé que François Hollande et Pierre Moscovici, en 2006, étaient allés s'excuser à l'ambassade des États-Unis de la prise d'opposition de Jacques Chirac, qui s'était opposé à la guerre en Irak. Et que François Hollande et Moscovici étaient allés faire tapis, étaient allés à Canossa devant les Américains.
Il y a la Chine aussi, qui joue un rôle parfois trouble et qui s'ingère via nos politiques, et notamment un ancien Premier ministre qu'on connaît bien, qui s'appelle Jean-Pierre Raffarin. C'est un peu le porte-étendard de ces Français qu'on appelle un peu... Bon, l'expression n'est pas très heureuse, mais c'est Français panda. Alors Jean-Pierre Raffarin défend la Chine. Il dit « Mon intérêt pour la Chine est ancien. J'ai été attiré par ces mystères ». Je crois qu'on peut regarder un petit magnétot.
— Les dossiers, c'est quand même assez extraordinaire parce qu'il faut savoir que Jean-Pierre Raffarin a amené des centaines d'entreprises françaises en Chine avec des questions de rémunération derrière. Et puis lui, l'argument qu'il avance, c'est que vous savez qu'ils n'ont pas le même rapport à l'autorité. Il y a une sorte de racisme ou de paternalisme pour essayer de justifier tout ça. Il n'empêche que même notre service de renseignement intérieur, la DGSI, a fini par s'inquiéter de cette situation puisqu'ils l'ont invité à déjeuner en lui disant « Calme-toi, Jean-Pierre. Il faut quand même que t'arrêtes de défendre aussi ouvertement les intérêts de la Chine ».
Et d'ailleurs, ce n'est pas le seul Premier ministre à être « proche de Xi Jinping ». Il y a notre fantasque et flamboyant Dominique de Villepin qui est proche de Xi Jinping, qui siège même au fonds d'investissement d'une société chinoise qui s'appelle China Minsheng et qui, en pleine épidémie de Covid et en pleine répression des manifestations à Hong Kong, a ouvert une galerie d'art à Hong Kong. Et pas seulement puisqu'il y a ouvert deux sociétés. Hong Kong étant bien sûr connue pour être un paradis fiscal des plus accueillants.
Et aussi d'autres personnalités françaises, pas forcément politiques. D'ailleurs, de premier plan, ont été mêlées à des scandales d'espénage au profit de puissances étrangères.
— Alors c'est un truc qui est passé complètement sous le radar, mais que moi, je trouve scandaleux. C'est pas un ancien ministre, mais c'est un ambassadeur qui a été un ambassadeur star, puisqu'il a été ambassadeur de France d'abord aux Nations Unies, puis à Washington, auprès des États-Unis. Il s'appelle Gérard Harrault. Il est très présent sur les réseaux sociaux. Et quand il est parti à la retraite, il a été embauché par un groupe qu'on appelle NSO. Et peut-être que les initiés comprendront que c'est la société qui a conçu le fameux logiciel Espion Pegasus, qui permet de rentrer dans les...
Que les dictatures, en tout cas, utilisent pour rentrer dans les téléphones des opposants, des dissidents. Et il faut savoir que l'année dernière, il y a un scandale qui a été très vite étouffé, qui a révélé que le Maroc avait utilisé Pegasus non seulement pour espionner ses opposants, mais aussi pour potentiellement cibler des personnalités politiques françaises. Et quand même, parmi elles, on retrouvait les numéros d'Emmanuel Macron et du Premier ministre Édouard Philippe. Alors quand même, Gérard Harrault a peut-être trahi la France.
Et moi, je pèse mes mots en travaillant pour une société étrangère qui a fini par espionner, avec un pays étranger, le Maroc, qui a fini par espionner des hommes politiques français de premier plan. Et qu'est-ce qui est arrivé pour lui ? Non, non, il n'est absolument pas en prison. La Haute Autorité pour la Transpense de la vie publique a lui dit que c'est pas bien. Mais comme ils n'ont aucun pouvoir de sanction, personne n'a rien fait. Et le Quai d'Orsay a pris des mesures draconiennes. Ils lui ont retenu 5 000 euros sur sa retraite, qui est très confortable de diplomate. Donc on voit que l'impunité règne pour ces gens-là qui traversent les frontières.
Et l'Afrique aussi est un terrain de reconversion favori des anciens ministres français.
Alors là, c'est le festival. Bon, c'est la tradition de la France-Afrique. On a notre Dominique Strauss-Kahn national, qui est ancien ministre des Finances, directeur du FMI jusqu'à l'affaire du Sofitel. Il n'a pas tout perdu, puisqu'il s'est reconverti en Afrique dans le Conseil aux dictatures, notamment auprès du président congolais, enfin dictateur congolais sanguinaire Denis Sassoon-Guessio, auprès du dictateur non moins sanguinaire Fornia Simbe au Togo.
Et pour ses bons et loyaux services et ses bons conseils, il a touché en 5 ans 21 millions d'euros, qu'il n'a bien sûr pas déclaré et qu'il a fait évader dans un paradis fiscal qui était situé au Maroc, à Casablanca, une zone un peu spéciale. Et puis on avait plein de ministres qui se sont reconvertis dans le Conseil plus ou moins officieux aux dictateurs, notamment Bernard Kouchner, notre grand French docteur, notre défenseur de la veuve et l'orphelin, et qui avait surtout un grand ami qui était le dictateur guinéen Alpha Condé, qui se connaissait ensemble depuis le lycée. Et quand Alpha Condé est arrivé au pouvoir en 2010, Bernard Kouchner l'a aimé, mais il n'a pas aimé qu'on lui rappelle.
Je crois qu'on peut écouter un petit magnéto. Yannick, que répond le principal intéressé face à ces attaques ? France Info est allé à sa rencontre. Bernard Kouchner m'a reçu dans son luxueux appartement du 6e arrondissement. L'entretien commence cordialement. Que faites-vous aujourd'hui ? La question est vaste. Je survis, je respire, je suis libre et j'aide mon ami Alpha Condé. Mais la conversation se tend au fur et à mesure que les questions deviennent plus précises. Là, sur ces conseils à Alpha Condé... Monsieur, je n'aime pas votre façon de poser les questions. Conseiller officieux, ça fait barbouze. Je ne suis pas une barbouze.
Je suis bénévole, je ne suis pas payé et je suis avec mon copain. C'est clair ? Ici, sur la nouvelle société qu'il a monté en juin dernier, No Borders Consultants. Qu'est-ce que vous voulez dire ? Je ne fais pas des conférences en Guinée. Je fais des conférences quand on m'invite à travers le monde. Certaines sont gratuites, d'autres ne le sont pas. Comme bien des gens, tout le monde. D'accord, monsieur l'inquisiteur ? Et là, sur son bureau supposé chez Bolloré, comme l'affirme l'opposant Lama Bangoura. Des conneries ! Qu'est-ce que j'ai besoin d'un bureau ? Puisque je travaille au ministère de la Santé, avec le ministère de la Santé, j'étais sûr que vous en viendrez là. Allez, barrez-vous.
Voilà, il n'aime pas trop, parce qu'effectivement, Bernard Kouchner a bien été rémunéré pendant des années par Alpha Condé, qui a fini par tuer ses opposants, des manifestants pacifiques, et qui aujourd'hui fait l'objet de deux plaintes devant la Cour pénale internationale. J'avais enquêté récemment sur la Guinée, et puis j'avais découvert que chez Bernard Kouchner, on organisait des dîners pour redistribuer les concessions minières de Guinée.
Alors j'avais écrit à Bernard Kouchner, et puis j'avais reçu un texto dans la nuit, il m'avait dit « Je rentre à Paris samedi, nous parlerons de ces mystérieux dîners, et puis les samedis sont passés, je n'ai jamais eu de nouvelles de Bernard Kouchner ». Il n'en reste pas moins que derrière l'image du French Doctor, qui reste un peu pour l'histoire quand même, Bernard a eu des activités assez troubles en Afrique. On se souvient notamment des très chers rapports qu'il avait faits pour des sociétés privées, pour soi-disant implanter une sécurité sociale au Gabon et au Congo-Brazzaville.
Des rapports qui avaient quand même été facturés, je crois que c'était 49 pages, à 1,3 et 1,2 millions d'euros. Et ce qui est le plus marrant, c'est que quand il est devenu ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy en 2007, il avait usé de son influence le ministre des Affaires étrangères pour faire payer la partie de la facture qui n'avait pas encore été réglée à ces sociétés privées, pour laquelle il avait été consultant. Il avait fourni un travail pour le moins discutable sur le Gabon, puisque c'est quand même le symbole de la France Afrique.
On se souvient que le président Omar Bongo, de son vivant, avait financé l'ensemble de la classe politique française, gauche et droite, corrompue. Très récemment, on a eu Ségolène Royal, qui est partie en un invité spécial de la présidence gabonaise, qui s'est rendu au Gabon pour la semaine africaine pour le climat. Donc derrière ce greenwashing, elle a quand même donné caution à un régime qui enferme ses opposants et qui n'a même pas hésité à tuer des dizaines d'opposants, justement, lors des élections présidentielles très contestées en 2016. Donc on voit finalement que non seulement l'argent n'a pas d'odeur, mais il a encore moins de frontières.
Ce qui est assez rigolo, c'est que le Rassemblement national a proposé une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur le financement étranger de la vie politique française. Alors je pense que le Rassemblement national n'est pas le mieux placé. Ou alors ils ont décidé d'enquêter sur eux-mêmes, parce que ça serait heureux, parce qu'effectivement, en termes d'argent russe et puis d'argent qui vient de paradis fiscaux étrange, ils ne sont pas les derniers. En tout cas, c'est assez triste pour la vie politique française. Et ce qu'on voit, c'est quand même l'impunité qui entoure ces gens qui travaillent pour l'étranger et qui, pour certains, trahissent la France.
Merci Thomas pour cette chronique. Tout cela est bien triste. Alors on enchaîne tout de suite avec, j'espère un peu moins triste, avec Rémi Kenzo pour son retour de terrain. Ce week-end, c'est tenu le congrès, je vous l'ai dit tout à l'heure, de ce qui est désormais un nouveau parti politique nommé Révolution Permanente, issue d'une ancienne tendance du NPA, dont Anas Kézib est la plus connue de leurs figures médiatiques. Alors, salut Rémi, Rémi Kenzo. Salut Jemil. Tu vas bien ? Ça va et toi ? Très bien. Alors la semaine dernière, comme on le disait, avaient lieu les congrès, mais des LR aussi, ainsi que du NPA d'Europe Écologie des Verts.
Mais ce week-end, c'était celui de Révolution Permanente. Et pour le média, tu y étais.
Oui. En même temps, on a aussi suivi les congrès des autres partis ces dernières semaines. Donc il était normal qu'on suive également celui-ci. Donc Révolution Permanente est désormais officiellement une nouvelle organisation politique à gauche, une organisation trotskiste. Pour ceux qui ne situent pas, il s'agit du mouvement d'Anas Kézib, qui avait tenté d'être candidat à l'élection présidentielle. On l'avait alors beaucoup reçu aux médias durant la campagne. Il n'avait pas réussi à avoir les 500 signataires qui lui auraient permis d'être officiellement candidat. Mais il avait tenté en tout cas une campagne à ce moment-là.
Ils ont quitté le NPA il y a un an et demi en plein désaccord sur les choix électoraux. Ce congrès, il pose donc les bases politiques, de la stratégie, du programme, de l'analyse, de la situation politique et sociale et évidemment de l'idéologie de la nouvelle organisation, puisqu'il s'agit d'un congrès fondateur. Et à ce congrès ont participé différentes personnalités qui ont esquissé les objectifs du parti et les lignes de démarcation, parce qu'on peut se demander la différence avec les autres. En réalité, elles sont assez claires quand on les écoute. Je vous propose d'écouter à ce sujet Frédéric Lordon, l'économiste qui était participant à ce congrès fondateur de ce nouveau parti.
On regarde. Il y a un slogan qui vient d'un autre secteur de la gauche, mais qui ne manque pas d'intérêt. On l'a entendu notamment chez les anti-bassines et les militants climat. Ce slogan dit « il est vital de tout niquer ». Et c'est vrai, au point où nous en sommes, il devient vital de tout niquer, mais ajouterais-je avec méthode. Qu'est-ce qu'un parti révolutionnaire ? C'est une organisation qui se propose de tout niquer méthodiquement. De tout niquer pour commencer. Alors, slogan pour slogan, il y a un autre que j'aime assez. Bon, c'est un peu normal, il est de l'on cru. Il va vous surprendre, je crois, il est assez original. Ce slogan dit « il n'y a pas d'alternative ».
« Zé résno alternative ». Je le dis en anglais, parce que vous voyez comme c'est drôle, quand on prend les premières lettres, ça fait comme un prénom, Tina. Du coup, c'est plus facile à retenir. Si vous croyez l'avoir déjà entendu, vous faites erreur. On ne parle pas du tout de la même chose. Mon slogan à moi dit qu'au point où nous en sommes, si on veut éviter l'écocide, c'est-à-dire l'anthropocide, alors il faut un capitalocide. Et qu'en effet, il n'y a pas d'alternative. Mais cette fois-ci, il faut de vrai. Je dis que dans l'histoire de la lutte des classes, il ne s'est peut-être jamais rien présenté d'aussi puissant que la situation terrestre contemporaine pour la faire bassiller.
Hormis un noyau de fanatiques, prêts à tout, et qui iront jusqu'au bout, il faut ôter à la bourgeoisie jusqu'au désir de lutter pour préserver un ordre qui maintenant lui devient défavorable. Lorsque la bourgeoisie, une partie de la bourgeoisie, aura été conduite en ce point où elle sera convaincue, sinon de rendre les armes, du moins de ne pas les prendre, et que désorientée, elle ne saura plus que faire, à ce moment-là, nous arriverons.
Alors la ligne politique de révolution permanente est structurée autour de la lutte des classes sociales, comme on l'a entendu, de l'affrontement entre la classe ouvrière et la bourgeoisie, mais une lutte des classes dans toute sa diversité. Alors, qui comprend différents enjeux ? Tu vas nous les...
Ouais, c'est ça, Djimil. Donc pas seulement dans une approche économiste. Les congressistes ont rappelé les évolutions de la classe ouvrière, une classe ouvrière féminisée, racisée, avec des franges nombreuses issues de l'immigration. Ils ont donc mentionné différentes luttes, comme on vient de l'entendre, Frédéric Lordan, qui mentionnait les luttes écologistes, les luttes climatiques, il parlait des antibassines, ou encore, on peut aussi parler des mouvements antiracistes. D'ailleurs, a participé à ce congrès fondateur, Assa Traoré, qui était présente, la figure médiatique du comité Adama. Elle est la sœur d'Adama Traoré, donc ce jeune homme qui avait été tué par des gendarmes.
Quand elle a pris la parole, elle a été complètement ovationnée par le congrès et tous les participants. Je vous propose de l'écouter. J'ai envie de dire, ceux qui ne sont pas là, ils ont tort. Ceux qui ne sont pas là, c'est de dire, venez, parce que le changement, il se fait ensemble. En effet, ovationnée. Oui. Et d'ailleurs, tant qu'on est dans la séquence ovation et personnalité de l'extrême gauche, gauche présente à ce congrès, il y a eu une séquence émouvante avec Jean-Marc Rouillant, cette figure historique de la gauche française qui avait soutenu, notamment, pendant un temps, le NPA et qui avait été un compagnon de route, notamment, d'Olivier Besanceneau.
Jean-Marc Rouillant, qui était le cofondateur d'Action Direct, qui a passé des années en prison, qui est considéré par de nombreux militants de la gauche comme étant un personnage qui ne s'est jamais renié, même s'il est controversé par certains aspects. Je vous propose d'écouter l'hommage qui lui a été rendu lors de ce congrès par les dirigeants de Révolution Permanente. Jean-Marc Rouillant, c'est un camarade qui a fait le choix de soutenir la candidature d'Anas et qui est un compagnon de route de l'organisation depuis.
Et pour nous, c'est une grande, grande, grande fierté parce que c'est un camarade qui a passé 28 ans en prison, donc 7 années à l'isolement, et qui, même après ça, a jamais renié ses idées révolutionnaires. Et on a le plaisir de fêter en même temps que la fondation de la nouvelle organisation, l'abandon des réquisitions du parquet et la fin de l'acharnement judiciaire pour celui-là. Donc, Jean-Marc Rouillant, c'était, je ne sais pas si, pour ceux qui ne l'ont pas reconnu, c'était le monsieur qui était en train de lever le point à gauche de l'écran ou de la salle.
Voilà, pour donner une idée de l'héritage dans lequel se situe cette nouvelle organisation, au-delà de ces références politiques que revendiquent donc les militants de révolution permanente, il faut parler du contexte politique dans lequel se passe ce congrès.
Et notamment, par rapport aux autres parties de gauche, notamment dans la NUPS.
Oui, mais pas seulement. Il faut d'abord parler notamment du NPA. On ne peut pas ne pas parler de révolution permanente sans parler de son rapport au NPA, où on militait une partie des leaders de révolution permanente et dont on pourrait penser qu'il y a une proximité politique à NPA qui vient de scissionner, on le rappelle, lors de son congrès, le week-end d'avant, une scission qui serait le fruit, selon l'ancienne direction du NPA, incarnée par Olivier Besancenot et Philippe Poutou, le fruit de cette division et de son morcellement en fraction. Écoutez ce que Révolution permanente dit à ce sujet.
Le NPA était très divisée, on disait même en fait balkanisée, depuis plusieurs années. mais néanmoins pour nous, en fait, cette situation, elle est en fait inscrite dans le projet même de ce parti, c'est-à-dire en fait le fait de penser qu'on pouvait créer un parti sans une stratégie précise, sans un projet de société précis et qui se définissait seulement en négatif contre le capitalisme, a fait très vite en fait qu'il y a eu plusieurs projets qui en fait se sont construits, érigés à l'intérieur d'un même parti.
certains de ces projets ont fini par le quitter, le NPA a subi plusieurs sessions, la plupart en fait pour rejoindre le courant de Jean-Luc Mélenchon, mais la réalité c'est que cette absence de stratégie, une absence y compris en fait de bilan de l'échec en fait du projet initial du NPA qui a conduit à une forme d'impasse où effectivement en fait le parti était divisé et en grande mesure en fait paralysé par des luttes internes. par opposition à ce que je disais précédemment sur le NPA que nous avons un projet de société qui est la société communiste, c'est-à-dire une société débarrassée en fait des classes sociales de l'État, de la marchandise, de la police, etc.
une libre association des travailleurs pour reprendre en fait en quelque sorte la formule de Marx et qui nous sommes convaincus que les moyens d'y arriver ne seront pas parlementaires et pacifiques parce que la classe dominante en fait qui sont les capitalistes ne lâchera pas ses privilèges et son pouvoir sur les moyens de production gratuitement et de ce point de vue en fait nous sommes communistes et révolutionnaires c'est-à-dire en fait que notre stratégie est celle en fait de la révolution des travailleurs qui allient avec l'ensemble des exploités et des opprimés s'emparent du pouvoir sur la société et fondent en fait une nouvelle société basée sur la solidarité et non pas en fait sur les profits.
Et on peut supposer aussi que l'actualité de la France insoumise a été abordée pendant ce congrès. Oui et sans ambiguïté regardée. Le projet de la France insoumise est en train de montrer toutes ses limites c'est-à-dire les limites d'un mouvement qui n'a pas d'ancrage de classe d'un mouvement gazeux comme il le revendique eux-mêmes dirigé par un leader suprême d'une main de fer et pour nous ce projet-là qui est le projet de conciliation de classe internée par la France insoumise est une impasse pour le mouvement révolutionnaire. Merci beaucoup Rémi Kenzo pour ce débrief. On continuera à suivre l'actualité de ce nouveau parti. A la prochaine Rémi.
Dans quelques instants on se rendra sur ce plateau un plateau que vous attendez je recevrai mes invités la docteure en sciences politiques et collaboratrice parlementaire Charlotte Thomas la députée écologiste de Paris Sandrine Rousseau et le journaliste Thomas Dietrich pour rejouer un peu le match de ce mondial de football lotement politique qui a vu triompher hier soir l'équipe de l'Argentine malgré une équipe de France qui a tenu en haleine tout le monde jusqu'à la dernière minute et on parlera juste après de tout ça
après ce clip. A tout de suite. Tous ces journalistes qui sont dans ce système qui disent non mais attends mais moi je suis quand même extrêmement libre enfin ça suffit quoi ils ne sont pas libres du tout ces grands systèmes médiatiques sont tenus par une poignée de milliardaires qui pour la plupart ont soutenu Emmanuel Macron en 2017 et encore aujourd'hui. La question de la répartition des richesses est enfin en train vraiment de basculer et de s'imposer dans le pays et c'est essentiel. Imaginez une chaîne de télé du côté des gens et non des puissances de l'argent qui parle de la vraie vie plutôt que de chanter les louanges de la Macronie.
Tu vois quand tu as un 1800 pages pour un accord Corée-Europe et une cinquantaine de pages pour la COP21 tu sais très bien que le commerce est plus important que le climat. Qui lève le point plutôt que d'abattre la matraque. Imaginez une chaîne qui soit enfin du bon côté de la barricade.
Les françaises et français étaient jusqu'à plus de 29 millions au pic le plus important devant leur écran pour suivre hier la finale de la Coupe du Monde de football. Un match que beaucoup qualifient d'historique tant les deux équipes ont su tenir le public en haleine jusqu'à la dernière minute ou celle d'Argentine viendra remporter la fameuse Coupe. Mais alors n'étions-nous pas censés boycotter cette compétition sportive pour protester justement contre son organisation par un pays qui bafoue les droits humains et qui on l'a vu ces derniers jours va même jusqu'à corrompre des élus pour venir faire de l'ingérence dans les politiques européennes.
C'est la question et entre autres aussi pourquoi ce boycott n'a-t-il pas manifestement fonctionné ? Quels sont les intérêts politiques du Qatar mais aussi de la France dans l'affaire ou encore plus précisément du président français qui aura eu une attitude fortement critiquée sur le réseau et dans certains médias ? Pour en discuter j'ai invité la docteure en sciences politiques et collaboratrice parlementaire LFI NUPS Charlotte Thomas la députée écologiste NUPS Sandrine Brousseau de Paris et le journaliste Thomas Détriche pour ce nouvel entretien d'actu. Et mes invités ont pris place bien avant que c'était prévu sur tout cela. C'est notre indice plus. Mais c'est pas grave.
Alors bonsoir à toi Charlotte Merci d'être là ce soir Bonsoir Sandrine aussi Merci d'avoir accepté l'invitation ce soir Et salut à toi Thomas Salut Gemine Toujours un plaisir de t'avoir sur ce plateau Plaisir partagé Beaucoup de questions Il y a une question comme on l'a vu qui va ouvrir notre discussion et va en amener d'autres Alors ma première c'est celle-ci Médiamétrie l'a annoncé vous l'avez peut-être suivi tous les trois Les audiences d'hier soir sont historiques à bien des niveaux près de 90% de parts de marché au pic le plus important soit les audiences les plus élevées de l'histoire de la télévision française Alors précisons que depuis 2020 il faut quand même préciser que sont comptabilisés aussi les spectateurs et spectatrices en dehors de leur domicile donc par exemple dans les bars mais c'est un chiffre stratosphérique Qu'est-ce qu'il raconte du moment social si je puis dire du moment important de communion selon toi Charlotte pour commencer Oui du coup on se tutoie parce qu'on se connaît je précise Tout à fait Et on est aussi sympa Oui parce que c'est cool Non bah ça c'est à dire enfin on va rentrer du coup assez vite sur le boycott mais le boycott n'était pas individuel il était censé être politique donc c'est un autre débat mais ça raconte aussi du moment que bah c'est un petit peu trivial de le dire en ces termes mais à l'époque où il y a une crise économique on sait pas comment on va manger on sait pas comment on va payer son chauffage je pense que les gens aussi avaient tout aussi factice et superficiel que ce moment puisse être avec toutes les limites et Dieu sait qu'elles sont nombreuses qu'il peut avoir il y avait aussi un moment en fait où juste on regarde un match ensemble en fait je crois que c'était pas très pour expliquer pourquoi les gens ont regardé ce match il se trouve aussi que c'est un match dingue mais ça c'est un autre sujet mais vraiment Non mais je crois Je crois que tu as suivi je sais pas si vous deux autour de ce plateau vous allez me le dire après faire vos coming out sur ce point là et toi tu es fan de sport de foot et tu as suivi t'as donc pas boycotté j'ai pas suivi au sens enfin je veux dire je me suis pas excrimée à regarder tous les matchs mais quand je pouvais les voir ceux de l'équipe de France uniquement oui je les ai regardés totalement hier soir Sandrine est-ce que vous vous avez déjà premièrement suivi les matchs sans jugement aucun puisque c'est pas le sujet de ce soir mais surtout même question en fait est-ce que pour vous c'est à différencier avant on va parler du bocat etc est-ce qu'il y a une part de bonheur social qu'on peut comprendre et en même temps le reste alors déjà moi j'ai pas j'ai boycotté jusqu'au tir au but de la finale voilà je n'ai pas résisté à l'attrait d'allumer la télé bon voilà par ailleurs j'avais regardé juste avant une émission sur Arte où en fait voilà comme personne n'imaginait qu'il y avait des téléspectateurs ils ont passé les pires trucs bon voilà donc c'était pas complètement simple et pourquoi il y a un tel engouement je pense que il y a déjà besoin dans ce moment là d'avoir un peu de joie un peu de quelque chose qui nous anime parce que la période est dure quoi enfin c'est ce que vous avez dit mais c'est juste la période est très dure et même humainement je pense que on est à la limite de ce que bien des humains peuvent supporter dans la société donc voilà il y avait ce moment de joie possible et puis on a quand même été matraqué de ça matraqué c'est incroyable ah il y a un côté injonction le côté du ben voilà on peut pas passer à côté ah oui c'est incroyable et vraiment c'était la une de tous les journaux c'était la une de tout enfin dans toutes les radios les télévisions on ne parlait que de ça donc à un moment donné il y a aussi un truc où on est des êtres sociaux et donc si toute la société se passionne pour quelque chose c'est quand même pas si simple de rester en marge de ça et ça voilà c'est la force aussi du marketing et puis d'une forme de ouais de pensée unique je pense aussi autour du football un rendez-vous qu'on ne pouvait pas manquer alors Thomas on a tu avais suivi aussi on avait appris en fin de compétition il y a quelques jours que 19% des boycoteurs et boycoteuses puisqu'il y a aussi des femmes évidemment heureusement avaient changé d'avis en raison du parcours des bleus un peu comme vous vous le disiez à l'instant la question qui ouvre donc notre débat ce soir notre discussion collective c'est pourquoi le boycote n'a-t-il pas fonctionné pourquoi ça n'a pas fonctionné Thomas
c'est ce qui a été dit tout à l'heure je pense que les gens avaient besoin d'un peu uniquement
de joie
de joie
non mais c'est de quel boycote on parle en fait c'est ça on va y venir évidemment mais ce boycote ou du moins le boycote populaire cette volonté ce message qui avait été véhiculé de bon voilà il y a des raisons qui tiennent on va les aborder pourquoi ça n'a pas été ça n'a pas pris en fait ces raisons-là tu les partages
oui moi je les partage ce qui m'a un peu gêné dans ces appels au boycott c'est que ça venait un peu tard c'est-à-dire ça fait des années qu'il y a des rapports des organisations des droits de l'homme qui disent que ce qui se passe au Qatar ça fait des années qu'on sait qu'il y a des problèmes de corruption dans le cadre de l'attribution de la coupe du monde au Qatar c'est-à-dire l'enquête de la FIFA c'est 2014 en 2020 il y a la justice américaine qui a enquêté et qui a dit qu'effectivement trois responsables sud-américains avaient été corrompus pour attribuer la coupe du monde au Qatar on se souvient de ce fameux déjeuner à l'Elysée qui s'est passé neuf jours avant l'attribution de la coupe du monde où Nicolas Sarkozy aurait intercédé en faveur de l'attribution de cette coupe du monde donc on a su ça pendant des années personne n'a rien fait c'est vrai que là tout d'un coup on se réveille on s'invente peut-être aussi une cause aussi noble soit-elle et on fait des allongations en disant boycotté, boycotté je ne suis pas sûr que ça soit très efficace
c'est vrai que le discours ce discours-là que certains qualifient parfois de punitif de culpabilisant et partout peut-être pas autant que l'injonction à regarder le match de foot mais et partout
dans certains milieux et peut-être aussi des appels au boycott à géométrie variable pardon quand j'entends Olivier Faure quand j'entends Olivier Faure qui était porte-parole du PS en 2015 quand on a vendu 35 rafales au Qatar dire que bon il faudrait boycotter la coupe du monde c'est quand même un peu fort de café pardon quand j'entends Jean-Luc Mélenchon qui dit peut-être à raison sans doute qu'il ne faut pas qu'il y ait un français là-bas qu'un français n'a rien à faire là-bas on n'a rien à foutre là-bas alors qu'en 2008 il avait fait un texte que moi je trouve pas bon voire honteux pour refuser qu'on boycotte les jeux de Pékin en défense du régime chinois c'est quand même le deux poids deux mesures et c'est vrai que peut-être que ça a affaibli les appels au boycott de la gauche qui par ailleurs peuvent être légitimes Sandrine
oui puis surtout le truc c'est qu'encore une fois mais ça c'est la plaie de cette période c'est qu'on en appelle à des comportements individuels c'est-à-dire qu'on fait porter la responsabilité sur des individus de ne pas regarder un match qui pourrait les détendre et leur faire plaisir pendant 90 minutes voire deux heures puisque ça a duré plus longtemps alors qu'en fait la question elle était politique profondément derrière et c'est ce que je veux et là en l'occurrence enfin moi j'ai été très surprise du discours de Macron enfin pas surprise parce que je m'y attendais mais du discours de Macron etc et en fait il y avait quelque chose de l'ordre d'une politique européenne d'une politique française à poser vis-à-vis du Qatar ce qui n'a pas eu lieu donc en fait faire poser la responsabilité sur des individus c'est toujours beaucoup plus compliqué Justement peut-être qu'on peut en venir à ce boycott diplomatique qui aurait été peut-être plus souhaité qu'un boycott populaire Oui bah c'est ça c'est pour ça que je en fait pour répondre correctement enfin la précision sur ça parce que le boycott individuel enfin c'est exactement ce que vous disiez il n'a aucun sens ce qui compte c'est faire système donc que les gens à leur échelle individuelle ne regardent enfin il n'a aucun sens je veux dire il n'a pas de poids politique extrême en fait en plus au niveau individuel il faut distinguer pardon les coins du monde c'est à dire par exemple quand en Inde en Chine au Japon on appelle enfin les occidentaux avec des grands guillemets parce que l'occident ne veut pas dire grand chose selon moi mais bref on appelle au boycott individuel au nom des droits humains alors que dans le même temps ces mêmes occidentaux vont faire des marchés avec l'Arabie saoudite enfin tout ça n'a aucun sens en fait enfin à un moment donné il y a beaucoup d'hypocrisie peut-être et complètement voilà et de fait je rejoins complètement moi je trouve assez scandaleux de demander à des individus de payer les décisions de grands chefs qui ont pris quand même beaucoup d'argent à un moment donné pour attribuer cette coupe du monde à ce pays et en revanche sur le vote nous alors là je change je ne suis pas politiste sur ce qui était défendu dans mon mouvement c'était un boycott plus diplomatique avec énormément de limites aussi je suis complètement d'accord avec ce que tu dis donc mais à la limite c'était ça donc l'idée c'était peut-être que Macron enfin Emmanuel Macron n'aille pas au Qatar pour remercier de l'organisation etc etc mais essayer d'avoir un petit peu de retenue sur le plan politique ça pourquoi ça ne peut pas marcher parce que d'une part le Qatar a des réserves de gaz et d'autre part il se met aussi dans une position politique au niveau des relations internationales qui est très importante il parle avec tout le monde le Qatar avec les gens avec qui on ne parle pas entre guillemets comme les talibans etc donc en fait le Qatar ça tâche aussi une importance qui fait qu'à un moment donné on ne peut plus l'éviter avant d'aller sur le terrain sur ce terrain là ce sera la suite de notre échange je voudrais revenir quand même sur ce discours là que j'essaie d'esquisser tout à l'heure ce discours que je rappelle peut être punitif peut être culpabilisant pour beaucoup de personnes puisque n'empêche que le côté colibrisme on peut le critiquer ce côté colibrisme mais il peut y avoir c'est le terme qu'on utilise des effets quand même il peut y avoir si on fait tous des efforts d'ailleurs c'est un peu comment je pourrais dire pour le rappeler le mot d'ordre du gouvernement en termes d'écologie qu'on critique à raison mais c'est un peu leur délire alors ce discours là pour lutter pour un monde meilleur moins pollué plus respectueux les droits de l'homme il s'agirait de ne plus manger de viande de lâcher son smartphone de ne plus consommer Netflix parce que ça pollue effectivement à juste raison ou encore de manger du Nutella vous vous souvenez du traitement ultra violent et méprisant des foules qui s'étaient précipitées sur la promotion du Nutella en 2018 vous vous souvenez faisons alors un instant un parallèle entre la pâte à tartiner et ce modèle de foot deux choses qui sont hautement politiques j'imagine sur plein des aspects et du coup sur les réseaux sociaux j'ai vraiment suivi hier soir plus que le match les commentaires des gens et aujourd'hui aussi de gens qui disaient ouais mais les français n'ont pas de coeur ils s'en foutent ils regardent ils réfléchissent pas ils ont pas de conviction politique est-ce que c'est votre avis Sandrine ?
Ah non je pense pas du tout qu'ils aient pas de conviction politique ce qu'ils attendent et légitimement j'ai envie de dire ce sont des politiques publiques en fait sur le Nutella comme sur la coupe du monde c'est-à-dire que ça n'est pas à eux de faire tous les efforts et de se priver alors même qu'il n'y a aucune capacité à gérer la déforestation de conséquence de l'huile de palme en Indonésie qu'il n'y a aucune espèce de volonté de la France de modifier ses relations diplomatiques alors qu'on dépend des énergies fossiles enfin je veux dire c'est quand même à chaque fois faut mettre un pull faut arrêter la télé faut pas manger de Nutella faut pas et tout ça alors moi je pense qu'il y a des efforts individuels à faire et je pense qu'ils peuvent être importants mais à un moment donné ça ne peut pas être des efforts sans politique publique et ça c'est ce qui nous manque aujourd'hui parce que l'histoire des pulls à colle roulée c'était quand même le sketch c'est-à-dire qu'on demandait de mettre des pulls à colle roulée alors qu'il n'y a pas eu un euro de mis sur des éléments structurants comme la rénovation énergétique des bâtiments où on a juste suivi le train des années précédentes on n'a pas mis le petit coup de pouce nécessaire qui aurait permis à bien des personnes de vivre dans un logement de qualité on n'a pas on met rien sur le rail et en fait on dit aux gens ben voilà en plus c'est de votre faute regardez vous regardez la télé et moi je l'ai fait je veux dire jusqu'au tir au but de la finale mais je trouve que c'est c'était limité et ça surtout c'est le danger d'une transformation écologique dans un monde libéral c'est-à-dire qu'en fait ça fait peser sur les individus des responsabilités et à un moment donné ils vont se rebeller et légitimement j'ai envie de dire et puis peut-être Thomas cette injonction quelque part sociétale de consommer pour être épanoui pour être citoyen pour faire société un peu est-ce que c'est pas aussi un problème bien sûr
et de toute façon si tu si tu poses en tout cas si tu t'indignes de toutes les injustices ben tu vas complètement arrêter de consommer regarde ton ordinateur que tu as sur sur ce plateau il est fabriqué notamment avec du cobalt le cobalt c'est un minerai qu'on extrait à l'est notamment de la république démocratique du Congo on a parlé il y a quelques jours où il y a une guerre absolument atroce depuis 1996 où il y a eu des millions et des millions de morts où il y a des grandes entreprises étrangères occidentales américaines canadiennes israéliennes etc.
qui exploitent ce cobalt justement et qui ont intérêt à entretenir aussi cette guerre pour l'exploiter à moindre prix avec la complicité de milices locales et Sandrine Rousseau avait tout à fait raison il faut en revenir à un niveau systémique déjà arrêter de s'acoquiner avec des monarchies ou des dictatures étrangères comme celle du Qatar et puis il y a un élément de réflexion que je n'ai pas beaucoup entendu pourquoi ces exilés Sri Lankais Philippins etc.
sont allés sur les chantiers du Qatar où ils savaient qu'ils allaient risquer leur vie c'est parce qu'ils fuyaient la misère chez eux et la misère chez eux elle est peut-être due à la corruption à la mauvaise gouvernance mais elle est aussi due aux accords commerciaux inéquitables qu'on a mis en oeuvre et qui détruisent les pays les moins développés on a ça en Asie on a ça en Afrique alors que peut-être si on avait une réflexion globale pour revoir les accords de l'OMC et permettre que ça soit plus équitable on aurait moins de travailleurs qui iraient risquer leur vie parce que pour quelques centaines de dollars sur des chantiers au Qatar mais ça on n'a pas eu cette réflexion là ça c'est quand on est aux appels au boycott un peu facile on pointait du doigt du Qatar qui certes a une responsabilité mais on ne sait pas nous regarder dans le miroir
cette idéologie là finalement capitalise on l'entend quittant à individualiser les personnes mais aussi les actes politiques nous empêchent peut-être de penser à cette à cette politisation globale et aux ingérences aux choses qui peuvent être systémiques c'est un peu complexe d'ailleurs on le sait vous l'avez suivi sur le média nous l'avons abordé ici plusieurs fois pour le média j'avais pu interroger il y a quelques jours l'eurodéputée Leila Hachibi disponible en replay sur la chaîne YouTube du média sur la question notamment du Qatar qui a des intérêts importants sur le terrain à la fois politique et culturelle qui sont en géant puis d'ailleurs nous aussi on va peut-être aborder l'histoire des Etats-Unis au travers de ce jeu du coup de mondial de foot le poussant jusqu'à aller corrompre des élus de l'Union Européenne alors nous le savons le sport est un objet politique c'est pas le débat ce soir encore plus le football le Qatar mais aussi d'autres pays sont acteurs en profit c'est une question que j'ai pour toi Charlotte mais aussi pour tous les trois mais pour le coup peut-être plus pour vous puisque vous êtes plus dans la chose quels sont les leviers existants en politique par exemple pour lutter contre cette instrumentalisation de masse finalement qu'est le football oui c'est même plus une instrumentalisation c'est-à-dire que le sport aujourd'hui est un acteur politique à proprement parler et d'ailleurs quand on va à la FIFA etc enfin je veux dire c'est un acteur politique au sens premier au-delà même indépendant du reste selon moi oui qui se lie dans un système puisque sinon la corruption ne peut pas fonctionner sans système mais de fait c'est un acteur politique à part entière qui peut prendre des décisions et qui peut faire levier d'un point de vue diplomatique c'est d'ailleurs pour ça que n'en déplaise à notre cher président le sport est hautement politique c'est pour ça d'ailleurs qu'il y a été au Qatar bref je passe mais et de fait ça a été toute la stratégie en fait par rapport en termes de concurrence avec l'Arabie saoudite c'est un peu comme ça du Qatar ça a été de jouer et sur le sport et sur l'art d'ailleurs aussi enfin il y a vraiment eu une dynamique là-dessus avant la coupe du monde au Qatar il y avait eu les jeux mondiaux d'athlétisme par exemple c'était déjà un donc en fait les leviers après c'est de faire de la politique je veux dire c'est de faire de la politique propre mais ça c'est un grand débat quand même les écuries d'Ogias etc donc c'est ça les leviers c'est juste en fait et puis après sur juste une chose quand même sur le boycott mais il convient de préciser quand même que certaines ONG comme Amnesty n'ont pas appelé au boycott précisément pour que ça puisse permettre de mettre la lumière sur les exactions en cours au Qatar et de fait je ne sais pas ce qu'il en ressortira à une finée mais il est vrai que l'opération comme du Qatar n'est pas complètement réussie non plus parce qu'on a quand même pas mal parlé des gens qui ont fini dans les stades mais donc en fait l'arme elle est politique mais c'est une question de volonté comme on est dans un air néolibéral une air néolibérale pardon où l'État se met au service du marché et donc va que dans le sens des grands groupes qui par exemple on prend Total Vinci Vinci est quand même très mise en cause aujourd'hui pour des salariés qui ont trouvé la mort dans des chantiers au Qatar bon bah c'est tout le combat qu'on mène à gauche c'est pour récupérer l'État et le sortir un peu de sa dynamique néolibérale donc la solution à court terme elle n'est pas tout de suite là mais l'idée c'est ça elle est systémique en fait Sandrine est-ce que vous partagez ce point de vue là notamment sur le fait que le sport le foot est un acteur politique à part qu'à ce rôle là bien sûr et d'ailleurs sinon le Qatar n'aurait pas mis autant de moyens pour l'avoir cette coupe du monde c'est-à-dire qu'il y avait bien un enjeu pour eux et il y avait bien des bénéfices à tirer de cette organisation moi je pense que sur le Qatar il y a quand même aussi quelque chose de très précis qui est notre dépendance aux énergies fossiles c'est-à-dire que cette dépendance aux énergies fossiles dont nous n'arrivons pas à nous sortir faute de politique publique encore une fois et bien nous oblige quelque part à faire des alliances avec les pays qui sont de ce point de vue là les pires et c'est ça enfin c'est vraiment la diplomatie des fossiles c'est-à-dire qu'on a besoin de ce gaz on a besoin du pétrole et donc on est prêt à tout pour l'obtenir y compris à danser sur les cadavres des 6000 personnes qui sont mortes et aussi des personnes LGBT qui sont torturées emprisonnées bien sûr et qui risquent la peine de mort quand elles sont musulmanes donc c'est pas des petits c'est pas des petites entailles aux droits humains mais au nom des fossiles et avec des paillettes avec les paillettes de la fête et bien on met tout ça sous le tapis et ça encore une fois je pense que c'est l'état français qui est responsable et pas forcément les individus qui allument leur télé il y a ce petit magnéto que je vais vous proposer de regarder pour entretenir finalement le souvenir alors pas celui-ci c'est pas celui-là c'est non non pas maintenant c'est pas celui-là c'est Emmanuel Macron qui nous dit que le sport n'est pas politique est-ce qu'on peut le revoir c'est très intéressant pour la suite de ce qu'on va pouvoir aborder Emmanuel Macron qui disait il y a deux semaines le sport n'est pas politique et pourtant vous allez voir la fin de son propos il y a quelque chose d'intéressant sur lequel tu pourras réagir je pense Thomas je pense qu'il ne faut pas politiser le sport
et la vocation d'abord ces questions-là il faut se les poser quand on attribue les événements c'est quand on attribue des jeux qu'il soit des Coupes du Monde ou des Jeux Olympiques qu'il faut en toute honnêteté se poser la question et que la question soit climatique ou qu'elle soit des droits de l'homme l'événement est là c'est au moment où on l'attribue qu'on doit se la poser
donc quelque part je pense que tu es d'accord avec ce qu'il vient de me dire mais il se défausse un peu sur ces pré... oui c'est un peu facile
de toute façon effectivement le sport a toujours été politique je ne rappellerai pas les jeux 36 et 78 la Coupe du Monde en Argentine qui a servi la dictature argentine mais c'est vrai que là c'est quand même un peu facile de se défausser surtout qu'un ancien président de la République dont il est quand même proche et qui continue à les représenter la France dans des cérémonies officielles pas plus tard qu'il y a quelques mois il était au funérail de l'ancien premier ministre japonais j'ai nommé Nicolas Sarkozy quand même mêlé intimement à cette attribution de la Coupe du Monde au Qatar avec ce fameux déjeuner le parquet national financier est censé enquêter en tout cas enquête depuis 2016 sur cette question pour l'instant il n'y a eu aucune mise en examen mais c'est vrai que ça appellerait peut-être un examen de conscience de notre part
et puis il y a eu ces autres images alors que vous avez vu sur l'écran à l'instant qu'on va voir ensemble que je vais commenter alors les images du président français sur la pelouse du stade après le match final venant à la rencontre du joueur français désormais mythique qui ne lui adresse lui aucun regard aucune sorte de considération contrairement au joueur qu'on voit ici en vert il s'agit d'Emiliano Martinez le gardien argentin qui vient saluer félicité qu'il a l'Ambapé mais Emmanuel Macron ne le lâche pas continuant de lui parler de le toucher sachant pertinemment que sa photographe le mitraille à distance comme à l'accoutumée scène qui se répète d'ailleurs dans les tribunes vous allez le voir juste là ça donnait des photos qui ont fonctionné quelque part comme on le voit à l'écran où le malaise est toujours plus palpable vous allez le voir ça se passe finalement de commentaires on le voit fuyant du regard et pourtant plonger son regard dans d'autres personnes autour est-ce que Emmanuel Macron aurait pu en rester là surtout après la vidéo qu'il avait fait produire vous vous souvenez tous les trois j'imagine dans les vestiaires des bleus qui a fait un clip officiel dans son compte twitter il y a quelques jours mais il en a décidé autrement de ne pas en rester là et après le match il est retourné dans les vestiaires on regarde et on écoute surtout
vous êtes une très grande équipe parce qu'il n'y a je pense aucune autre équipe qui a fait son rêve jusque là et qui aurait pu remonter à deux reprises et être à deux voies de la gagner après quand il manque un truc dans la vie c'est pareil c'est le foot c'est le sport ça vous n'y pouvez rien mais vous avez eu le cœur la faim l'envie et le talent d'y aller rien que pour ça je voulais venir vous voir pour vous dire merci et vous avez fait rêver des françaises et des français qui en ont besoin donc merci à vous merci à celle et ceux qui vont peut-être arrêter le maillot après ce match il y en a plein qui sont très jeunes qui vont en faire beaucoup d'autres plus que moi comme président dites-le vous bien donc vous allez en gagner des autres parce que vous avez une expérience embarquée qui est dingue donc voilà ce soir ça va être dur mais dès demain on est parti à l'assaut parce que c'est comme ça qu'on les gagne c'est comme ça qu'on les gagne en tout cas moi je suis fier de vous vive la république et vive la France
alors beaucoup beaucoup de monde se sont indignés du comportement jugé indécent du président Libération je sais pas si on voit l'écran par exemple écrit je cite le chef de l'état a gâché un moment de sport qui ne méritait aucune récupération politique écrivez du coup Libération alors je vous pose la question à vous trois je vous ai vu beaucoup réagir pendant le magnéto est-ce un sincère manque de tact on peut l'imaginer c'est un fan de foot le président français ou un soutien fondamentalement politique selon vous ici ce soir vous en pensez quoi Sandrine je vois que vous voulez réagir c'est de la récupération politique pure c'est du cynisme c'est de l'indécence et puis à la fin c'est une espèce de truc viriliste dégueulasse un peu paternaliste quelque part moi j'ai senti comme ça c'est impossible et en fait moi j'étais très très gênée en voyant ça vraiment c'était c'était ça nous mettait vraiment mal à l'aise de devoir regarder ça en plus il n'y a aucun ni Didier Deschamps ni Mbappé qui coopère vraiment à ses gestes il les réitère et ça fait et c'est vraiment ouais c'est pas sain quoi c'est malsain ce qui s'est passé là est malsain profondément des images qui ont beaucoup tourné je vous avais fait un tweet hier qui a réalisé beaucoup beaucoup de partage donc quelque part partagé par beaucoup de monde ça se met un manque d'empathie totale aussi je veux dire quand on va consoler quelqu'un c'est quelqu'un envie d'être consolé je sais pas s'il a déjà fait des compétitions sportives quelles qu'elles soient quand on perd on est peinard d'ailleurs il est réceptif au gardien de l'Argentine par parenthèse alors qu'il vient de perdre face à l'Argentine parce qu'il y a une empathie sportive là il n'y a aucune empathie c'est à dire qui force deux personnes quand même à le coller moi déjà je trouve ça choquant d'un point de vue d'être humain on se calme et après sur tout le versant politique je vais pas rajouter mais c'est exactement ça c'est juste abject franchement c'est vraiment gênant à ce point en fait de forcer le trait en plus il fait pas ostensiblement avec Edéchamp et Mbappé qui sont quand même des figures dans l'équipe c'est juste lunaire franchement c'est lunaire il y a la quête peut-être d'une image de quelque chose comment t'as vécu ça avant d'analyser le truc comment toi t'as vécu ça parce que t'as pas suivi est-ce que je peux le dire oui aucun problème on est presque un peu honteux parfois de dire est-ce que t'as suivi bon moi j'ai pas suivi parce que j'aime pas le foot j'ai aucune sorte de mais toi du coup comment t'as vécu ça
moi j'ai pensé qu'on était chanceux parce que cette fois au moins il y a Benalla qui conduira pas le bus sur les Champs-Elysées donc déjà c'était une bonne chose et puis j'ai pensé que si Emmanuel Macron voulait devenir entraîneur de foot on pourrait peut-être lui trouver une petite équipe nationale et tout ça et qui voilà qui partent voilà qui à mon avis il sera peut-être mieux en entraîneur de foot en tout cas il fera moins de dégâts que quand il est président mais effectivement je rejoins ce qui a été dit c'est-à-dire l'ego non mais ça révèle
c'est-à-dire qu'il est il est sélectionneur de foot il est épidémiologiste épidémiologiste il est enfin mais moi j'ai il y a des moments j'ai un peu honte vraiment honte en langue française pour le coup de ce comportement alors de manière peut-être plus politique encore tout le monde se souvient de la hausse des 20 points vous vous souvenez dans la cote de popularité de Jacques Chirac après la victoire la première victoire des Bleus de la Coupe du Monde est-ce qu'on peut imaginer là au-delà de l'ego au-delà peut-être peut-être je lui donne peut-être le doute de sa non-retenue parce qu'il fait peut-être à ce moment-là il se dit je ne suis peut-être pas président je ne sais pas j'imagine qu'il sera un fan de foot on a du mal à l'imaginer évidemment la dernière fois qu'il avait fait ça il en avait fait des t-shirts pour la boutique de l'Élise effectivement d'ailleurs je ne pense pas qu'il oublie qu'il soit président bon c'est vrai le calcul peut-être venir peut-être après comme vous le voyez à l'écran d'ailleurs il y a un off qu'on peut passer en même temps on peut imaginer un calcul peut-être politique comme vous le voyez ici très expressif Macron dans les tribunes qui se fait manifestement shooter regardez en arrière-plan à droite par sa photographe que l'on devine très bien même scène qu'en 2018 qui souvenez-vous avait donné une photo très commentée les bras levés Sandrine vient d'en faire référence à l'instant et qui avait même été et est toujours disponible en version t-shirt alors on va le voir à l'écran aussi sur la boutique officielle de l'Élysée alors vous saisissez l'occasion le t-shirt est en promotion dans le registre du coup pour Noël sous le sapin c'est vrai qu'on peut on peut que se poser des questions c'est ridicule c'est vraiment ridicule est-ce que vous découvrez ces images maintenant ?
ah oui moi j'avais pas vu les images en plus personne ne soutient de cette manière là c'est à dire qu'au mieux on se lève mais on fait pas que ça va être c'est quand même pathologique c'est pas du vélo du coup c'est vrai qu'il est facile d'imaginer qu'on voit la photographe derrière peut-être qu'on a cette envie de reproduire
je pense qu'au delà de ça il se disait bon alors si je gagne je vais prendre quelques points dans les sondages je pourrais présenter tranquillement ma réforme des retraites le 10 janvier la faire passer à la cool je pense qu'il y avait finalement oui c'est peut-être pas le calcul espéré
et dans le registre des images qui ont fait le buzz beaucoup pendant ce week-end il y avait aussi celle-ci celle d'une banale interview de supporters qui tourna finalement en malaise on regarde vous avez vibré pendant ce match ?
ouais très beau match comme je dis après la meilleure équipe a gagné mais très beau match et je vais dire passer un message pour Manu en fin de compte Manu on n'oublie pas on pardonne pas et pour nous mutuler pour nous blesser pour nous incarcérer parce que la lutte pour nous continue qu'est-ce que vous voulez dire
aux joueurs de l'équipe de France ce soir ? aux joueurs de l'équipe de France ils ont très bien joué Emmanuel Macron a fait beaucoup de blessés et vous vous avez vibré comment ce match ?
pardonne-moi c'est trop alors c'est assez pertinent car à la fois il n'y a pas débat sur l'objet politique du sport on l'a dit du foot et pourtant là écoutez bien la question on assiste à une forme de panique on le voit on ne voit pas bien le découpage ne permet pas de voir le journaliste mais il panique qui pourrait illustrer une forme de dépolitisation justement du foot sur le moment dans le show c'est un peu contradictoire vous ne croyez pas à la fois le sport est utilisé de manière politique et là quand il y a une revendication qui n'est plus du coup objet de je ne sais pas si l'analyse peut être ce n'est pas la revendication du pouvoir c'est toujours la même chose parce que c'est toujours ça c'est qu'en fait il faut dépolitiser quand en fait c'est les classes populaires qui se plaignent en gros c'est l'idée rien n'est jamais politique quand nous on demande des choses c'est ça l'enjeu c'est que là c'est très politique depuis le début donc le spectateur choisit il s'en saisit pour faire remonter une revendication en fait mais là du coup on fait plus de faut dépolitiser faut être propre ça n'a pas de sens c'est toute la contradiction et en plus il se trouve alors je ne sais pas sur quel média c'était c'était sur téléphone voilà donc du coup je me doutais que ce n'était pas le meilleur qui avait d'ailleurs traité la soirée vraiment sportivement à aucun moment à un des rares moments où la politique a surgit oui mais ça tout est politique c'est pas parce que je suis politiste de base mais tout est politique Jean-Pierre Pernault c'était politique je veux dire c'est une image tranquille de la France c'est revendicatif mais oui mais donc du coup en fait c'est ça donc c'est toujours le peuple en fait il faut qu'il se mette à sa bonne place c'est à dire qu'il vienne applaudir la coupe du monde au Qatar en faisant fi de tout ce qui s'y passe et en revanche dès que lui a des revendications ça on l'était donc c'est ça donc c'est pas une dé enfin pour moi c'est pas une dépolitisation c'est un acte politique très fort de faire ça en fait de ce qu'a fait le journaliste en fait si tu veux d'enchaîner sur autre chose c'est hyper politique c'est en fait non non il y a des choses qu'on n'écoute pas tu vois notamment le peuple en l'occurrence et puis moi je trouve qu'il y a quelque chose de très intéressant dans cette séquence c'est que Macron a utilisé les bleus et notamment Mbappé et Deschamps pour sa communication et finalement le peuple dans sa grande intelligence et en tout cas ce monsieur dans cette grande intelligence lui retourne l'argument c'est ça et en fait c'est génial il y a quelque chose de l'ordre de ces moments journalistiques qui ne sont pas prévus puisque manifestement le journaliste est un peu embêté de cette réponse et moi je trouve que c'est la réponse du berger à la bergère et c'est excellent en fait sur le fond c'est excellent c'est à dire tu as joué à récupérer et bien tu vas te prendre une balle perdue en l'occurrence c'est difficile c'est ça et d'ailleurs le sport comme objet politique pour en revenir à ce débat là pour servir une image gouvernementale apparemment ok mais à l'inverse c'est peut-être aussi la revendication qui pose un problème on l'avait déjà vu Thomas lors du débat autour du brassard One Love tu te souviens le brassard est-ce que finalement là pour le coup c'était pas revendicatif c'était peut-être pas la population qui venait au bout d'un micro c'était une revendication plus je veux dire institutionnelle et pourtant là aussi ça posait déjà problème
bah oui ça a posé problème parce qu'évidemment il fallait épargner le pays organisateur le pays hôte pour des raisons qui ont été rappelées tout à l'heure les raisons liées aux énergies fossiles le fait ça a été très bien rappelé par Charlotte Thomas c'est un rôle souvent ignoré mais le Qatar est un peu revenu au milieu de l'échiquier géopolitique en organisant des négociations avec les talibans avant qu'ils ne reprennent le pouvoir sur l'Afghanistan ils ont fait quelque chose aussi pour le compte des français qui est passé complètement sous le tapis la France est très amie au régime tchadien a même organisé le coup d'état qui a suivi la mort d'Idriss Débipère pour le remplacer par son fils et le Qatar a organisé avec la bénédiction de Paris des pseudo-négociations avec des rebelles tchadiens où on mettait en scène une sorte de normalité du régime tchadien donc il y a eu des services qui ont été rendus et qui expliquent peut-être que le fait que la France se soit montrée aussi timorée et peut-être que les joueurs aussi français aient reçu des consignes politiques pour être assez timorée face au comportement du Qatar et aux morts causées par les mirats sur les chantiers et puis voilà ce qui a été rappelé des crimes contre les homosexuels
c'est l'horreur c'est-à-dire que vraiment on se targue on se vante on s'enorgueillit d'être le pays des droits humains à longueur de temps et là il s'agissait juste de mettre un brassard pour défendre des personnes qui en plus étaient les personnes LGBT du Qatar c'était quand même pas grand-chose comme geste politique enfin franchement l'équipe d'Allemagne a mis la main devant la bouche et c'était assez fort et on voit à quel point tout cela n'a pas d'une fragilité inouïe dès lors qu'il y a des intérêts économiques derrière et c'est triste enfin voilà c'est pas ce qu'on aime en fait mais je suis un peu plus sur les joueurs et tout encore une fois moi sur les joueurs enfin je veux dire à un moment donné c'est pas du tout péjoratif quand je dis ça mais leur métier c'est d'être joueur de foot quand même à la base donc on peut pas leur demander non plus je trouve que c'est aussi problématique de leur demander tout le temps un positionnement sur tout parce qu'à un moment donné c'est quand on demande de se positionner sur tout qu'on dit un peu n'importe quoi sur tout mais il y a aussi chose qu'on retrouve pardon aussi sur les personnes médiatisées que ce soit artistes comédiennes mais dans la classe politique aussi quand on demande de classe je sais pas de sorte de commenter la politique du commentaire c'est pas de la politique intéressante mais et en fait là dans le cadre de la fédération française de ce que je sais aussi enfin Noël Legrette c'est aussi très très proche de tous les intérêts là qu'est-ce que lui donne parce qu'il faut avoir la vision institutionnelle et systémique dans quelle mesure des joueurs de foot de l'équipe nationale sont complètement libres quand toute ta hiérarchie en fait s'oppose enfin c'est pour ça que je dis que les joueurs les 22 c'est ce qu'on voit avec le coach c'est ce qu'on voit mais il y a quand même toute une institution un système derrière donc qui est libre dans quelle mesure après je le disais un peu en faisant un petit pas de côté sur le cas à l'heure actuelle mais qu'il y a quand même la jeune génération plusieurs très jeunes joueurs qui de plus en plus sur leur Twitter alors là aussi c'est de la politique enfin du positionnement à 140 caractères mais bref mais se positionnent sur des enjeux d'antiracisme etc ce qui est nouveau aussi donc laissons aussi le temps aux choses enfin avancer etc et je ne sais pas dans quelle mesure il a toujours été facile pour des joueurs de foot de prendre la parole enfin je suis plus mitigée même si j'en conviens d'autres joueurs au Danemark où en Allemagne on fait des gestes enfin des gestes de prise de position mais encore une fois je ne veux pas leur taper dessus parce que ce n'est pas eux qui sont en fait au premier chef des responsabilités dans ces questions là
c'est très vrai parce que même en 1970 on parlait de la coupe du monde en Argentine Dominique Rocheteau avait voulu porter un brassard noir en hommage aux victimes de la dictature argentine et il y avait eu tout le monde avait été vent debout à la fédération et tout ça jusqu'à l'Elysée Giscard pour empêcher ça donc de toute façon c'est pas nouveau
oui mais en dehors du terrain de foot ils auraient quand même pu prendre la parole Griezmann l'a fait d'ailleurs pour avoir des mots sur les droits humains justement et je crois qu'il est quand même le seul de l'équipe de France du moins dans ce que j'ai entendu à l'avoir fait parce qu'il y a le terrain puis il y a la parole publique qui peut y avoir après bon moi je regrette quand même un peu ça je pense que voilà ça aurait pu être aussi un moment où on affirme des choses mais voilà en tout cas on a vu notre président se dire ça assumer un peu comme à chaque fois assumer son côté fan peut-être assumer d'y être et être imperméable à toute critique est-ce que ça vous vous regrettez vous êtes déçu ou pas du tout parce que vous êtes habitué à sa position habituelle pour employer une notion pas du tout politiste c'est une dinguerie enfin je veux dire vraiment les bras t'en tombent enfin ça arrive en plus en plein cathargate et tout non seulement il y va mais il fait pas qu'il y aller ah non non c'est ça la différence l'organisation c'était super génial non mais enfin est-ce qu'on se rend compte de ce qu'on dit en fait et ça alors bon là on parle juste de la coupe du monde admettons mais quel crédit on a après en fait auprès des autres pays quand on va alors leur parler droits humains enfin à quelle heure en fait on parle de droits humains aux gens quand on est capable de soutenir enfin de soutenir c'est-à-dire que moi je considère que dans les relations internationales on n'a pas d'amis et d'ennemis on n'a que des intérêts donc on parle avec tout le monde et c'est pas au puissance étrangère à décider des gouvernements en place ça c'est un prérequis de base mais une fois qu'on a dit ça on peut peut-être quand même faire le service minimum dans certains cas là je pense que ne pas y aller et ne pas en fait aller dans la gloser sur la qualité d'organisation de cette coupe du monde c'était vraiment pas très compliqué à faire je comprends pas c'est pour ça que je dis dinguerie parce que mais qu'est-ce qui lui est passé par la tête au moment du scandale du Qatar au moment où ça explose d'autant plus que c'était pas prévu le déplacement d'Emmanuel Macron sur place c'était Jérôme Darmanin qui d'ailleurs transcrète pour le coup elle avait été envoyée peut-être un commentaire là-dessus Sandrine sur le déplacement du président et surtout la façon dont il a incarné il a été omniprésent sur les images sa façon d'habiter le moment j'ai lu quelque part qu'il brigait le prix Nobel de la paix tout à fait et je pense qu'en fait ça fait partie de sa campagne du prix Nobel de la paix tout simplement et qu'il fait le tour comme ça et il se met tous les dirigeants bien dans la poche pour faire en sorte qu'il n'y ait pas d'aspérité et qu'il puisse l'obtenir je ne sais pas si ça marchera ou pas mais ça dit aussi ce dont nous parlions tout à l'heure d'une forme d'ego quand même qui là défie l'entendement pour être président de la république il faut toujours en avoir un un peu important en politique en général en politique d'une manière générale mais là j'ai l'impression que moi j'avais été frappée dans une interview quand il disait je ne suis pas Jupiter je suis Vulcain je suis restée quand même un peu éberluée devant ma télé en me disant mais comment on peut dire une phrase pareille de soi-même enfin c'est quand même étrange et donc je pense qu'il y a un petit sujet du bris chez notre président de la république ce qui explique son manque d'empathie quand il va consoler des gens qui n'ont pas envie de lui et quand on fait du sport on a envie d'être peinard quand on perd je ne pense pas qu'il va les consoler il va faire de la com oui je pense qu'il fait de la com je pense qu'en fait il est dans une stratégie politique un cynisme total et ça qualifie quand même un peu la politique d'Emmanuel Macron ce cynisme enfin quand on voit tout ce qu'on a voté pas nous mais tout ce qui a été adopté dans l'Assemblée nationale depuis le début du mandat c'est impressionnant de cynisme c'est terrifiant de cynisme c'est une bonne nouvelle alors que la France est quelque part perdue pour que l'Assemblée soit plus cynique alors peut-être pas ça je ne vais pas jusqu'à là non mais pour le coup ce qui va suivre à l'Assemblée les débats sur la réforme des retraites on peut peut-être en toucher un mot je ne peux pas dire ça comme ça mais tout du moins qu'on va pouvoir enfin en parler c'est bon la coupe du monde est passée est-ce que c'était quelque chose que vous craignez oui mais je pense qu'on en aurait parlé quoi qu'il se passe donc c'est vraiment pas ça après le truc du coup c'est qu'on ne rentre pas avec une augmentation de la cote de popularité de Macron j'imagine qu'en plus ce qu'il a fait à la fin peut être de nature à la faire baisser un peu ce qui va faciliter sans doute la prise de conscience sociale aussi de ce qui est en train de se tramer parce que vraiment là moi depuis que je suis élue députée c'est mon premier mandat ce à quoi j'assiste dans l'hémicycle et vraiment ça me prend les tripes c'est une casse sociale mais je trouve historique historique parce que ça casse non seulement le détail de ce que les gens reçoivent mais ça casse aussi les modalités de régulation de notre système social le système paritaire etc et donc c'est très grave en fait ce qui est en train de se passer c'est vraiment très grave il y a un dixième usage du 49-3 on le rappelle oui c'est pour ça on en sert mais les débats sur la retraite je pense qu'on pourra les avoir et puis bon enfin a priori on va se prendre on verra pour le coup ce match n'est pas joué d'avance enfin on l'espère et ma dernière question on peut gagner sur les tirs au but il y a des tirs au but effectivement et qui se passera aussi peut-être dans la rue j'imagine dans différentes formes de mobilisation alors dans 4 ans on prend un peu d'avance ce sera les USA le Mexique et le Canada ensemble qui accueilleront le prochain mondial de foot on connait alors bien les arrangements notamment des US sur les droits des travailleurs aussi leur goût pour la guerre les armes les ingérences politiques etc alors pensez-vous tous les trois que vous appellerez au boycott finalement ou premièrement est-ce que vous pensez que le boycott sera aussi puissant envers les Etats-Unis ou qu'il a été envers le Qatar Thomas
je crois que il y a quelque chose dont on ne s'en rend pas bien compte ici en France que ce soit dans les hautes sphères dirigeantes ou dans la population c'est que il y a une grande partie de la population mondiale qui en a marre du privilège moral de l'Occident de dire ben voilà c'est bien c'est pas bien allez demander à un Irakien si c'est bien d'organiser la coupe du monde de foot aux Etats-Unis après que l'Irak ait été détruite par les Américains sans défendre bien sûr Saddam Hussein allez demander à un Malien ou un Libyen si c'est bien d'organiser les JO de Paris en 2024 après que Nicolas Sarkozy ait mené sa petite guéguerre privée on ne sait pas trop pourquoi et sans doute pour des affaires de gros sous ce qui a fait que tout le Sahel a été déstabilisé et livré aux terroristes et je suis sûr qu'en 2024 en 2026 les appels au boycott ne seront pas aussi nombreux ou ne se porteront pas sur ces sujets là et c'est vrai qu'il y a une grande partie de la population mondiale qui dit prenez aussi conscience de ces réalités là c'est que les grandes puissances peuvent aussi faire du mal et qu'il n'y a pas que le Qatar et il n'y a pas que la Russie et ça je pense que c'est très important à prendre en compte
Charlotte non excuse-moi c'est ce que je disais tout à l'heure en plus je suis spécialiste de l'Inde donc j'ai vécu là-bas et du coup c'est exactement ce que tu disais et que je disais au début aussi c'est pour ça que le boycott quand bien même nous aussi on a appelé au sein de la FI sur le boycott diplomatique mais en ayant conscience de tout un tas de limites le boycott c'est pas le sujet en fait c'est en amont que ça se fait et il faut changer les équilibres systémiques mondiaux mais c'est exactement ça quel crédit on a c'est ça après la Libye l'Irak ça n'a aucun sens et les Etats-Unis sont quand même les premiers producteurs d'arbres me semble-t-il donc effectivement il y aurait un enjeu mais dans ces cas-là en fait si on entre en relation internationale par la morale c'est la fin de l'histoire enfin pas au sens de Fukuyama mais il n'y a plus de débat possible en fait on n'est pas dans de la morale c'est pour ça que je rentre par les intérêts mais oui je ne crois pas trop oui et puis moi j'attends de voir ce qui va se passer dans le reste du monde pour voir l'acceptation d'une coupe du monde de cet ordre on verra et je pense qu'on est à un moment où en effet les positions occidentales avec des guillemets ne sont pas si facilement acceptées et sont moins facilement acceptées qu'à une époque je ne sais pas si elles l'étaient mais en tous les cas le rapport de force est en train quand même de bouger et donc on verra et par ailleurs l'organiser sur trois pays avec des déplacements d'avions qui ont été déjà évalués et qui font exploser l'empreinte carbone alors même qu'on n'a que quelques mois pour agir et tout ça n'a aucun sens en fait c'est effectivement un problème qu'on va aborder ici durant les prochains mois et les prochaines années autant qu'on arrive jusqu'là puisque ce n'est pas quelque chose qui est propre comment dire à cet événement on l'a vu pendant les COP on l'a vu pendant l'avion c'est quelque chose de systémique c'est peut-être la chose qu'il faudra retenir de cet échange qu'on a eu ce soir merci beaucoup à tous les trois d'avoir répondu présent ce soir à Charlotte Thomas bien évidemment merci d'avoir été là ce soir d'avoir été là ce soir merci aussi à vous quant à vous derrière votre écran ne zappez pas toujours debout c'est fini certes pour ce soir mais la diffusion de nos programmes pas tout à fait vous le savez si vous êtes inconditionnel du média nous diffusons désormais en 24-7 le tour en accès libre et gratuit objectif grandir et progresser pour à terme débarquer sur votre téléviseur la TNT et les box internet afin de s'imposer en véritable alternative dans un paysage audiovisuel français gangréné par l'extrême droite et le néolibéralisme on l'aura encore vu ce soir venir concurrencer le ronron médiatico-capitaliste sur son propre terrain nous en faisons notre projet à nous à long terme et vous êtes toujours plus nombreux et nombreux à nous soutenir dans ce sens à cette heure plus de 150 000 euros ont été récoltés dans notre cagnotte de fin d'année objectif 200 000 avant le 31 décembre prochain c'est possible en parallèle devenez acteur et actrice de ce projet d'envergure en rejoignant les sociétaires et les abonnés du média sur le media tv.fr merci d'avoir suivi cette émission rendez-vous demain 18h30 pour un nouveau numéro toujours debout et d'ici là bonne soirée à tous et à toutes