Entretien d'actualité n°64 - 14/06/2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 9 %Attaque 76 %Défensif 16 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron, Président de la République française, a cru bon d’insulter publiquement le gouvernement italien au sujet de l’affaire de ce navire affrété par une association française, qui s’appelle SOS méditerranée, sur laquelle je reviendrai dans un instant et qui contient, je crois, 639 « migrants ». »
- 5:10Invité politiqueChiffre
« Le gouvernement français avait décidé de passer la vitesse supérieure dans les privatisations, en particulier la privatisation d’Engie, ancien GDF Suez, la privatisation de la Française des jeux qui rapporte énormément d’argent, la Française des jeux est l’héritière de ce qu’on appelait autrefois la loterie nationale qui elle-même était héritière, les premiers jeux d’argent en France avaient été créés par un François 1er au XVIème siècle. »
- 7:58Invité politiqueFait
« Sauf que ce qu’avait répondu le président chinois, ce qu’il avait dit en substance à Jacques Chirac : écoutez pas vous, voulez-vous qu’on vous rappelle ce qu’a fait la France au XIXème siècle contre la Chine ? Les milliers de morts que vous avez causés, notamment l’expédition de Palikao ? »
- 11:23Invité politiqueFait
« Monsieur Tsipras en Grèce a privatisé les loteries nationales (il y en a 2) qui sont en cours ou qui ont été privatisées. Il a décidé de privatiser les aéroports, de privatiser les réseaux d’adduction, d’électricité, etc. c’est le même programme que partout à travers l’Europe. »
- 12:07Invité politiqueFait
« Il ne l’avait pas précisée du tout, vous vous rappelez son programme c’était « Pensez printemps les amis » voilà, et moi on me disait quant à moi que mon programme qui faisait des heures et des heures n’était pas assez complet. »
- 12:51Invité politiquePromesse
« J’en prends ici l’engagement solennel. C’est-à-dire que nous recréerons EDF, nous recréerons la SNCF, nous recréerons GDF, nous redonnerons la propriété publique aux aéroports de Paris, etc. »
- 19:06Invité politiqueFait
« Donald Trump a dit qu’il fallait que la Russie réintègre le G7. Dans un premier temps Giuseppe Conte, le président du conseil italien, a dit la même chose. Il a dit qu’il approuvait la position de Donald Trump. »
- 20:27Invité politiqueFait
« Le diagnostic maintenant est sérieusement établi, j’ai déjà eu l’occasion de le dire il est à moitié dingue, mais en plus de ça, dans sa dinguerie, il ne comprend pas que lorsqu’il fait une déclaration en France elle peut être lu dans le monde entier, notamment par des ambassades. »
- 21:55Invité politiqueChiffre
« Donald Trump, après avoir lancé un début de guerre commerciale sur l’acier et l’aluminium, ce qui lui vaut les foudres du Canada et de l’Union européenne, il a ouvert un nouveau front en disant qu’il envisageait de créer des taxes sur les automobiles en faisant valoir que les automobiles américaines qui arrivent dans l’Union européenne sont taxées à 10 % quand elles entrent sur le marché de l’Union européenne alors que les automobiles fabriquées en Europe quand elles entrent sur le marché américain ne sont taxées qu’à 2,5 %. »
- 26:08Invité politiqueFait
« Donc tant que nous aurons l’euro, nous aurons un déficit commercial très important avec l’Allemagne. »
- 39:43Invité politiqueFait
« Madame Merkel a en substance dit qu’elle ne voulait pas du programme de monsieur Macron de consolidation de la zone euro. »
- 45:22Invité politiqueFait
« Elle propose que pour les sièges non permanents au conseil de sécurité il y ait un tourniquet, un tour de bêtes avec une dizaine d’États européens qui se succèdent et qui développent la même politique, les mêmes positions européennes, en concertation avec le siège permanent dont dispose la France et avec la position de la Commission européenne. »
- 47:26Invité politiqueFait
« En disant qu’il faudrait que ça s’harmonise avec l’Union européenne. Suivez mon regard, ça veut dire qu’à terme c’est ce que j’avais dit, l’objectif est de retirer, c’est un élément plus que décisif, plus que capital, c’est ce qui fait de la France une grande puissance. »
- 50:10Invité politiqueFait
« Avant-hier et hier même, c’est la déclaration entre le Premier ministre grec Tsipras et son homologue qui s’appelle monsieur Zaev Zoran, qui est le Premier ministre de l’ancienne République yougoslave de Macédoine, de trouver un nouveau nom pour ce pays. »
- 56:35Invité politiqueChiffre
« Chez Sotheby’s à Paris, il y a eu un record absolu qui a été battu. Un objet a été vendu 16,2 millions d’euros. »
- 1:00:37Invité politiqueFait
« pour essayer d'obtenir ce que Trump essai d'obtenir en ce moment avec le Canada et l'Union européenne, le Japon et la Chine, c'est à dire un rééquilibrage des échanges commerciaux. »
- 1:01:19Invité politiqueFait
« les Britanniques avaient envoyé sous George III un ambassadeur, lord Macartney, qui était allé voir l'empereur Qianlong pour lui dire écoutez, il faut que vous nous achetiez davantage. »
- 1:02:01Invité politiqueFait
« l'empereur de Chine avait dit que c'était normal que les Anglais achètent plus à la Chine que l'inverse parce que la Chine était le plus grand pays du monde, qui faisait beaucoup de choses alors que l'Angleterre n'avait pas grand-chose à leur proposer. »
- 1:02:44Invité politiqueFait
« avec Brigitte Trogneux, ils ont décidé d'acheter un service de porcelaine de Limoges pour l'Élysée, qui avait déjà des services de porcelaine, je le sais, j'ai été du temps de Mitterrand et Chirac, quand j'étais dans les cabinets ministériels. »
- 1:03:24Invité politiqueFait
« le couple a décidé d'acheter aux frais du contribuable un service à Limoges. C'est très bien de s'être fourni à Limoges, parce que les productions de Limoges sont parmi les meilleures du monde. »
- 1:04:05Invité politiqueChiffre
« la facture est de 500 000 euros. Pour acheter un nouveau service avec c'est quand même beaucoup, c'est d'autant plus beaucoup que au même moment, Macron se répand, on a des vidéos qui ont été tournées ici ou là pour se scandaliser des minimas sociaux, que ça coûte beaucoup trop cher et qu'il faudrait supprimer tout ça. »
- 1:04:47Invité politiqueFait
« Macron a dit que ça ne rapportait rien, que c'était de la gnognotte et qu'il allait supprimer cette exit-tax. »
- 1:06:06Invité politiqueFait
« il creuse les déficits qu'il devrait pourtant résorber. »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
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Bonsoir à tous et bienvenue pour ce nouvel entretien d’actualité du 14 juin 2018 Bonsoir, François Asselineau, que pensez-vous de la crise franco-italienne ? Bonsoir à toutes et à tous et merci pour votre fidélité. Alors la crise franco-italienne de quoi s’agit-il ? Vous le savez, je répète ce que vous entendez dans les médias : il se trouve qu’Emmanuel Macron, Président de la République française, a cru bon d’insulter publiquement le gouvernement italien au sujet de l’affaire de ce navire affrété par une association française, qui s’appelle SOS méditerranée, sur laquelle je reviendrai dans un instant et qui contient, je crois, 639 « migrants ».
Le nouveau gouvernement italien, en la personne de monsieur Salvini, le chef de la Lega, le mouvement italien d’extrême droite qui maintenant est ministre de l’Intérieur, a refusé de recevoir ce nouveau contingent de migrants. Alors, monsieur Macron s’est permis, s’est cru autorisé de donner des leçons de morale. Même plus qu’une leçon de morale puisqu’il a dénoncé « le cynisme et l’irresponsabilité du gouvernement italien. » Alors ce qu’il faut savoir, car vous n’êtes pas forcément tous familiers des usages internationaux, mais en règle générale, les États, les chefs d’État et les chefs de gouvernements passent leur temps à se complimenter, se féliciter et se dire des mots gentils.
Lorsqu’il y a une crise entre les pays, là on commence à voir des mots un petit peu plus sévères qui apparaissent, mais là on est au régime des insultes face à un pays qui quand même est un pays extrêmement proche de la France à tous les égards : d’abord géographiquement, mais même culturellement, historiquement, etc. C’est un des pays fondateurs du marché commun de 1957 et le président français se permet d’insulter ce gouvernement dans soulignons-le « son cynisme et son irresponsabilité. » Alors ce qui est intéressant, j’ai déjà eu l’occasion de le dire dans d’autres entretiens, j’ai déjà dit que Macron, en fait, est une nullité en matière internationale comme on ne l’a jamais vu.
Il est bien pire que Hollande, et je le dis d’autant plus, que les médias feront croire le contraire aux Français en faisant croire aux Français que ce serait quelqu’un d’extraordinaire sur la scène internationale. Non, Macron c’est quelqu’un qui est une catastrophe, pire que Hollande, bien pire que Nicolas Sarkozy ou que Jacques Chirac. Il ne fait que des impairs et que des maladresses.
Le problème c’est que là c’est allé très loin, parce que ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a deux mois, il y avait déjà eu un scandale entre la France et l’Italie parce que des policiers français surveillants la frontière du côté de Vintimille, donc en Italie, enfin la frontière entre les Alpes-Maritimes et l’Italie, des policiers étaient allés, en utilisant en termes de droit ce que l’on appelle un droit de suite, une tolérance qui avait été accordée par l’Italie, étaient allés jusqu’en Italie à Vintimille pour aller chercher de force un migrant nigérian, etc.
Bref, tout ça avait très mal terminé parce que les Italiens se disaient, mais attendez c’est quoi ces policiers français qui viennent faire la loi sur notre territoire ? Donc déjà à l’époque ça s’était mal passé, le gouvernement italien précédent avait convoqué M.Christian Masset, ambassadeur de France en Italie, à Rome. Alors en terme diplomatique, lorsque le ministre des Affaires étrangères convoque un ambassadeur et lui dit venez me voir, c’est en général pour lui passer un savon.
Donc déjà ce n’est pas très bon, et bien deux mois après rebelote : Macron insulte les Italiens, cette fois-ci le ministre italien a reconvoqué l’ambassadeur de France, sauf que monsieur Christian Masset n’était pas là, il était allé prendre des congés. Peut-être en avait-il assez de se faire engueuler par les autorités de son pays de résidence. Surtout que c’est un nouveau gouvernement cette fois-ci, donc c’est la numéro deux de l’ambassade de France en Italie qui a été convoquée à la Farnesina, comme en appelle à Rome le ministère italien des Affaires étrangères, pour se faire remonter les bretelles si j’ose dire, s’agissant d’une dame. Ce n’est pas allé plus…
pour l’instant comment dirais-je ? Ça ne s’est pas arrêté là, puisque de surcroît le ministre de l’économie italien, qui devait rencontrer Bruno Le Maire, notre ministre de l’économie et des finances notamment pour parler de l’euro, et bien le ministre de l’Économie a annulé tout simplement son rendez-vous. Quant à monsieur Salvini, le ministre de l’Intérieur, il a indiqué que Giuseppe Conte, le président du conseil très probablement ne rencontrerait pas Emmanuel Macron comme c’était prévu ces jours-ci, tant que la France n’aurait pas présenté officiellement ses excuses.
Alors on en est là, c’est une situation très embêtante, en fait, dans laquelle Macron vient de placer la France, parce que les Italiens ont par ailleurs répliqué à la France sur le thème qu’il y en avait assez de l’hypocrisie française, et ils ont dressé la liste, publiquement, de l’attitude de la France vis-à-vis des immigrants justement. En particulier sur le bateau en question, la France n’a absolument pas proposé de récupérer les 639 migrants. C’est l’Espagne du nouveau gouvernement Sanchez qui a dit qu’il allait récupérer ce bateau, qui d’ailleurs était finalement plus loin des côtes espagnoles que des côtes françaises, notamment que des côtes corses.
Mais de surcroît le gouvernement italien a rappelé qu’au cours de l’année dernière, ou depuis le début de cette année, je ne me rappelle plus, que le gouvernement français a expulsé vers l’Italie plus de dix mille migrants, justement venant d’Italie, et qui étaient entrés en France frauduleusement, on les a donc expulsés manu militari. Donc le gouvernement de Rome dit qu’il y en a assez que le gouvernement français passe son temps à donner des leçons de morale, «quel cynisme etc...» je crois que même qu’il y a l’un des porte-parole de l’Élysée qui a dit que l’attitude de l’Italie était à vomir.
Mais en fait l’Italie dit, oui, mais vous, vous faites bien pire puisque l’Italie, il faut le reconnaître, a récupéré depuis l’affaire de la crise des migrants l’année dernière, je crois, 700 000 personnes qui sont arrivées. Au-delà de ça, ça veut dire quoi ? Quel est l’enseignement que l’on peut tirer de ça ?
Premièrement, il faudrait une bonne fois pour toutes que les dirigeants français, et en particulier Macron, d’abord intègrent le fait qu’ils sont nuls, Macron devrait comprendre qu’il est absolument nul en matière internationale, et que s’il pouvait fermer son clapet ça serait mieux pour la France, parce qu’à chaque fois qu’il ouvre la bouche, on va le voir encore dans d’autres cas, c’est un désastre. Deuxièmement il faudrait aussi que de façon plus générale les élites françaises arrêtent de donner des leçons à la planète entière. La planète entière ne supporte pas de voir la France leur donner des leçons, surtout que la France souvent a le derrière sale.
Moi je me rappelle quand j’avais accompagné Jacques Chirac en Chine, quand le président français avait été poussé dans les reins par toutes les organisations non gouvernementales pour dénoncer la situation des droits de l’homme en Chine. Sauf que ce qu’avait répondu le président chinois, ce qu’il avait dit en substance à Jacques Chirac : écoutez pas vous, voulez-vous qu’on vous rappelle ce qu’a fait la France au XIXème siècle contre la Chine ? Les milliers de morts que vous avez causés, notamment l’expédition de Palikao ? Donc vous n’avez rien à nous dire.
Il faudrait que les dirigeants français connaissent mieux l’histoire du monde, mieux l’histoire de la France et qu’ils arrêtent de donner des leçons de démocratie. C’est comme il y a quelques semaines, on a vu que M.Macron s’était indigné des élections présidentielles au Venezuela en disant que c’est un scandale parce que, écoutez-bien ça, les candidats n’avaient pas eu le même temps de parole. Quelles nouvelles sur le front économique ? Sur le front économique, vous voyez que la situation, le magistère moral que la France prétendait imposer en matière de l’euro a volé en éclats, puisque déjà ministre italien en charge de l’euro a refusé de rencontrer monsieur M. Le Maire.
Soit dit en passant ce ministre italien est pour le maintien de l’Italie dans l’euro, on y reviendra tout à l’heure.
Donc s’agissant du front en France en matière économique, outre que j’ai déjà eu l’occasion d’en parler lors du dernier entretien d’actualité, la croissance de nouveaux est retombée, la croissance est en berne en France, mais les informations c’est qu’on a appris ces jours-ci que le gouvernement français avait décidé de passer la vitesse supérieure dans les privatisations, en particulier la privatisation d’Engie, ancien GDF Suez, la privatisation de la Française des jeux qui rapporte énormément d’argent, la Française des jeux est l’héritière de ce qu’on appelait autrefois la loterie nationale qui elle-même était héritière, les premiers jeux d’argent en France avaient été créés par un François 1er au XVIème siècle.
Sauf erreur de ma part, c’était un moyen pour renflouer les caisses de l’ État. Donc la Française des jeux devrait être privatisée et puis également Aéroports de Paris qui devrait être privatisé. Quand on voit comment Macron avait privatisé l’aéroport de Toulouse en vendant la gestion d’aéroports de Toulouse à des escrocs chinois, Macron s’était fait encore une fois complètement roulé dans la farine, il ne connaît rien à rien, donc il avait vendu ça à des escrocs chinois qui étaient après partis sans laisser d’adresse, on se demande à qui on va vendre Aéroports de Paris.
Au-delà des péripéties, ce qu’il faut retenir de cette affaire, c’est que Macron et son gouvernement privatisent à tout va, vendent la loterie, vendent les aéroports, en fait j’allais les qualifier de gouvernement d’ultra gauche si j’ose dire, puisque c’est exactement la même politique que celle d’Alexis Tsipras.
Ce gouvernement d’ultra gauche, vous savez le copain de Mélenchon qui était arrivé au pouvoir vous vous rappelez il y a deux ans et qui a appliqué doctement et strictement les décisions exigées par la Commission européenne et par la troïka, notamment le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et la Commission européenne et monsieur Tsipras en Grèce a privatisé les loteries nationales (il y en a 2) qui sont en cours ou qui ont été privatisées. Il a décidé de privatiser les aéroports, de privatiser les réseaux d’adduction, d’électricité, etc. c’est le même programme que partout à travers l’Europe.
Voilà, alors le problème qui se pose c’est que Macron n’a jamais dit, je crois, enfin c’est à vérifier, mais je ne pense pas que Macron pendant l’élection présidentielle avait expliqué aux salariés de la de la Française des jeux, avait expliqué aux salariés des aéroports de Paris, avait expliqué aux salariés de Engie, etc. qu’ils ne bénéficieraient bientôt plus du fait d’être dans une entreprise possédée par l’État et qu’ils seraient privatisés. Il ne l’avait pas précisée du tout, vous vous rappelez son programme c’était « Pensez printemps les amis » voilà, et moi on me disait quant à moi que mon programme qui faisait des heures et des heures n’était pas assez complet.
Donc en réalité le programme que conduit Macron est un programme de démantèlement des services publics, ce que les Français refusent et ce pour quoi une grande majorité des Français n’a pas voté. J’en profite pour rappeler que notre programme à nous c’est l’inverse, c’est-à-dire que lorsque nous arriverons pouvoir et bien nous déferons tout ce que Macron a fait, j’en prends ici l’engagement solennel. C’est-à-dire que nous recréerons EDF, nous recréerons la SNCF, nous recréerons GDF, nous redonnerons la propriété publique aux aéroports de Paris, etc. Nous ne voulons pas de la société ultralibérale imposée par les traités européens.
J’en profite d’ailleurs pour dire s’agissant d’EDF, c’est une catastrophe parce qu’en fait, EDF fonctionnait merveilleusement bien. Ça a été une entreprise qui tout au long des années 50, 60, 70, notamment sous la présidence d’un président resté mythique, qui est Marcel Boiteux, et qui avait fait d’EDF le premier électricien mondial. C’est grâce à EDF que la France a eu une telle sécurité d’approvisionnement de tous les clients, une électricité à un prix aussi bas, en particulier, il faut le reconnaître grâce à l’énergie nucléaire. EDF a exporté énormément d’électricité rapportant à la balance commerciale française, notamment à nos voisins.
EDF et la filière électronucléaire française ont essaimé des centrales nucléaires, notamment en Chine, notamment un peu partout dans le monde et ça a créé des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers d’emplois en France ainsi que rapporté de l’argent dans notre balance commerciale.
En fait le modèle EDF marchait très bien, parce que c’est un modèle économique pour l’électricité, qui doit avoir une vision sur 20 ou 30 ou 40 ans et on nous impose un modèle à l’américaine qui a fait la preuve que ça ne marche pas puisque aux Etats-Unis il y a des pannes constamment et il y a des problèmes avec les livraisons d’électricité, l’électricité est très chère et c’est parce que l’électricité, la production d’électricité, le transport et la distribution d’électricité ne sont pas des choses qui doivent être mesurées par des actionnaires privés, tous les 3 mois, voir ce que ça donne.
Ça nécessite le long terme, des investissements très lourds sur très long terme, seul l’État a les reins assez solides pour ça. C’est-à-dire que non seulement on est en train de démolir les services publics à la française, mais on est en train également de démolir tout simplement l’excellence de la production et de la distribution d’électricité en France : c’est un véritable scandale. Quel bilan tirez-vous du G7 qui s’est tenu à Charlevoix ? Charlevoix c’est dans la Belle Province comme on dit, c’est au Québec, au Canada.
Il s’est passé un truc assez extraordinaire, c’est-à-dire que le G7 s’est réuni, je rappelle qu’il s’agit des États-Unis d’Amérique, du Canada qui était la puissance invitante, mais aussi du royaume uni, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon. Un certain nombre de choses à dire sur cette affaire. Je rappelle que l’idée d’origine avait été lancée par l’inénarrable Valéry Giscard d’Estaing, je crois en 1975, pour essayer d’avoir une espèce de gouvernement des sept principales puissances industrialisées du monde et qui aurait un petit peu dit au reste du monde ce qu’il fallait faire. Ça se voulait quelque chose extrêmement élitiste style Giscard et voilà, dirigeant le monde.
Sauf que depuis 1975, maintenant nous sommes en 2018, nous sommes exactement quarante-trois ans après, bientôt un demi-siècle, le monde a sacrément changé. Parce que c’est vrai qu’en 1975, les 7 pays en question représentaient une part tout à fait un considérable du PNB mondial et d’une part significative de la population. Maintenant ça a décru rapidement. Maintenant le G7 ne représente plus que 10 % de la population mondiale et représente une part du PNB mondial qui est, je crois, de l’ordre de 30 %. Donc ça, c’est le premier point, c’est-à-dire que déjà ce G7 est en déclin.
Deuxièmement il y a un problème de conception d’emblée dans le G7 que personne jamais ne souligne sauf moi, alors je vais le souligner de nouveau. C’est que mettez-vous à la place, par exemple, du gouvernement espagnol ou du gouvernement polonais, du gouvernement portugais ou du gouvernement hongrois ou roumains. On leur explique que l’Union européenne c’est formidable, on est tous copains, on est tous solidaires sauf qu’il y a un moment à partir duquel ben vous êtes des petits, on n’a pas besoin de vous, nous on est les caïds.
Cette idée française de départ fait qu’il y a l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni qui sont là au G7 et puis l’Espagne, les Polonais, les Roumains et slovaque, les Chypriotes et Suédois ils peuvent aller se brosser les dents. En fait ils puent de la bouche on en veut pas voilà. Alors pour faire pour faire genre on a quand même mis le poivrot de service, Jean Claude Juncker, le type de la Commission européenne qui est un G7 + le poivrot quoi. Voilà c’est ça le truc, imaginez ce qu’on pense à Madrid à Varsovie, à Bucarest ou à Athènes de ces réunions ; on en pense le plus grand mal, on se dit pour qui se prennent-ils ? Tout ça, ce sont des points qu’il faut déjà avoir à l’esprit.
Maintenant le plus beau de l’affaire c’est que Donald Trump, qui est un peu fantasque, c’est le moins que l’on puisse dire, mais ça a un certain charme, il a mis les pieds dans le plat, « he has put the feet in the dish » et il a dit premièrement qu’il voulait que la Russie qui auparavant était dans ce G7, qui avait été transformé en G8, mais dont la Russie de Poutine avait été chassée comme une malpropre après l’affaire de la Crimée. Donald Trump a dit qu’il fallait que la Russie réintègre le G7. Dans un premier temps Giuseppe Conte, le président du conseil italien, a dit la même chose. Il a dit qu’il approuvait la position de Donald Trump.
Oui, mais ils se sont rassemblés avec Theresa May, Emmanuel Macron et Angela Merkel et puis Giuseppe Conte s’est fait taper sur les doigts, finalement l’Union européenne a dit que non, c’était très bien qu’il ne fallait surtout pas que la Russie réintègre le G7. Oui, mais on avait cru comprendre que Macron avait dit l’inverse deux jours avant. D’ailleurs Macron s’était rendu à Saint-Pétersbourg quinze jours avant pour un sommet des entreprises et il avait appelé Vladimir Poutine « Vladimir tu fais si, Vladimir je t’aime, Vladimir…» Voilà. Il avait tutoyé Vladimir Vladimirovitch Poutine, lequel avait refusé de tutoyer Macron d’ailleurs.
C’est-à-dire que Macron était allé dire à Poutine, le tutoyer, on est formidable, et puis une semaine après dire on ne veut surtout pas de lui. C’est le problème de Macron en fait c’est comme pour l’Italie, c’est comme pour la Russie, je crois que Macron, d’abord, fondamentalement il a une case en moins. Le diagnostic maintenant est sérieusement établi, j’ai déjà eu l’occasion de le dire il est à moitié dingue, mais en plus de ça, dans sa dinguerie, il ne comprend pas que lorsqu’il fait une déclaration en France elle peut être lu dans le monde entier, notamment par des ambassades.
Voilà, donc lorsqu’il a fait la déclaration sur le cynisme et l’irresponsabilité du gouvernement italien, aussitôt il y a des médias italiens, l’ambassade d’Italie en France qui ont relayé ça au gouvernement italien, d’où le scandale dont on parlait dans la question précédente. C’est pareil avec la Russie, c’est-à-dire que Macron va à Saint-Pétersbourg et tutoie Vladimir Poutine, qui n’en a jamais demandé autant d’ailleurs, fait semblant d’être très copain avec Poutine et puis une semaine après dit on ne veut surtout pas de la Russie, elle pue des pieds, on ne la veut pas au G7. Ça veut dire que vu de Moscou, on sait très bien que c’est n’importe quoi.
Que le G7 et que Macron c’est n’importe quoi. Alors résultat Donald Trump a été isolé sur ce coup, mais il a été isolé sur un coup beaucoup plus important qui est celui des négociations commerciales multilatérales, et en particulier des droits de douane.
En particulier Donald Trump, après avoir lancé un début de guerre commerciale sur l’acier et l’aluminium, ce qui lui vaut les foudres du Canada et de l’Union européenne, il a ouvert un nouveau front en disant qu’il envisageait de créer des taxes sur les automobiles en faisant valoir que les automobiles américaines qui arrivent dans l’Union européenne sont taxées à 10 % quand elles entrent sur le marché de l’Union européenne alors que les automobiles fabriquées en Europe quand elles entrent sur le marché américain ne sont taxées qu’à 2,5 %.
Donc c’est l’un de ses arguments forts en disant, par exemple dans le créneau des voitures de luxe, je vois qu’il y à + 40 % qui sont occupés par la simple marque Daimler-Benz, c’est-à-dire Mercedes, aux États-Unis et Trump fait valoir qu’il voit très peu de voitures américaines en Europe, ce qui n’est pas faux.
Vis-à-vis du Canada il a fait valoir que le Canada imposé des droits de douane sur les produits laitiers américains de 295 % et donc Trump dit je suis élu des Américains, il faut que ça cesse, et il a relié cela de façon assez habile avec un autre sujet qui est le sujet du financement de l’OTAN, puisque ça fait maintenant trois ou quatre présidents des États-Unis qui réclament sur l’air des lampions que les pays d’Europe acquittent ce à quoi ils se sont engagés, c’est-à-dire faire des versements à l’OTAN qui correspondraient à peu près à 2 % de leur PIB je crois.
En fait, on en est très loin, donc Trump a dit, moi je suis le représentant des ouvriers et des cadres américains et on en a assez d’avoir un déficit commercial long comme le bras, il faut en fait que désormais on change les règles du jeu et qu’on ait un commerce plus équilibré. Je ne vais pas entrer dans tous les détails là-dessus parce que Trump, en fait, viole les accords qui ont été passés sous l’égide de l’organisation mondiale du commerce, c’est la raison pour laquelle le Canada et l’Union européenne attaquent les États-Unis d’Amérique devant l’organisme de règlement des différends de l’organisation mondiale du commerce, ça c’est le premier point.
Le deuxième point, c’est que si on entre dans le détail on s’aperçoit, par exemple pour les automobiles, qu’il y a beaucoup d’automobiles de marques européennes qui sont fabriquées et aux États-Unis et des voitures de marques américaines qui sont fabriquées en Europe. Par exemple Ford a une usine près de Bordeaux. Donc en réalité la présentation que Trump fait de la situation est quand même très rudimentaire, et quand on entre dans le détail on s’aperçoit que sa position est moins claire qu’il n’y paraît. Cela étant, quitte à surprendre, moi je trouve que Trump est dans son rôle.
On ne peut pas reprocher au président d’un pays, des États-Unis d’Amérique qui dégagent des déficits commerciaux absolument phénoménaux, on ne peut pas lui reprocher de vouloir essayer de remédier à ça et d’essayer de ruer dans les brancards. En revanche ce qui est absolument extraordinaire, c’était la réaction, toujours, d’Emmanuel Macron. Il a donné de grandes leçons, encore, il passe son temps à donner des leçons, après quand ce n’est pas la Russie, c’est l’Italie, quand ce n’est pas l’Italie, c’est les États-Unis et quand ce n’est pas les États-Unis, c’est le Venezuela enfin bon. Les leçons de monsieur Macron, tout le monde en a ras-le-bol à travers le monde.
Et donc Macron dit ben voilà, il faut le libéralisme, le libre-échange c’est très bien et ce n’est pas parce que vous avez un déficit commercial particulier avec tel pays, avec l’Allemagne par exemple ou avec le Canada que ça invalide le libre-échange. Macron est allé jusqu’à dire, regardez par exemple, nous on est pour le libre-échange et pourtant on a un déficit extraordinaire avec l’Allemagne. On croit rêver ! Est-ce que c’est vraiment le rôle du président de la République française, que de se féliciter, devant la chancelière d’Allemagne de surcroît, que la France dégage des déficits commerciaux géants vis-à-vis de l’Allemagne et que c’est très bien ainsi ? Il est dingue !
Il est absolument dingue. Je rappellerai à monsieur Macron, je ne sais pas s’il le sait, que si nous avons un déficit commercial énorme avec l’Allemagne, et de plus en plus grand, c’est d’abord et avant tout parce que nous avons la même monnaie que l’Allemagne, mais que nous n’avons pas la même compétitivité économique que l’Allemagne. Donc tant que nous aurons l’euro, nous aurons un déficit commercial très important avec l’Allemagne. Ça, c’est le premier point.
Deuxièmement, ça c’est quand même le béaba ce que je vais dire, un enfant de 7 ans ne ferait pas cette bêtise : quand vous avez à négocier quelque chose, vous ne dites pas devant la personne avec laquelle vous allez négocier, de toute façon c’est très bien, la situation est très bien ainsi. Jamais monsieur Macron ne devrait dire devant madame Merkel « eh bien écoutez, c’est formidable, la France a des déficits commerciaux avec l’Allemagne, c’est très bien ainsi. » Qu’est-ce qu’il va pouvoir ensuite demander à miss Merkel ? Rien. En fait il ne défend pas du tout l’intérêt des Français.
Trump, qui est un individu fantasque, qui parfois va dans le décor, on va en parler avec sa rencontre avec le leader nord-coréen, il donne parfois le sentiment de faire un peu n’importe quoi, mais là on ne peut quand même pas lui reprocher de faire ce pour quoi les Américains l’ont élu ; c’est-à-dire de défendre l’emploi des « blue collars », des cols bleus qui sont des ouvriers américains et des « white collars ». En revanche il y a de quoi être quand même sidéré de voir que le président français, lui, n’agit pas comme ça. Lui la seule chose qui compte pour lui c’est le dogme du libre échange, de l’ultralibéralisme qui est un dogme.
Un peu de libre-échange c’est bien, trop de libre-échange, ça peut être très mal, c’est exactement ce qui est en train de se passer. Il est en train de tuer l’industrie française Macron et il s’en réjouit, voilà l'affaire. alors pour conclure sur ce G7, encore deux choses à dire, c’est que les participants ont dit qu’ils ne voulaient pas de la Russie, mais Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe a fait remarquer que la Russie ne voulait pas entrer dans le G7. Il a dit « écoutez, vous ne voulez pas nous, très bien parce que nous on ne veut pas de vous non plus. » Donc ça, c’est un point quand même très important.
Point encore plus important, au moment même où se réunissait à Charlevoix, au Québec, le G7, se réunissait en Chine à Tsingtao, c’est la péninsule de Tsingtao, près de Pékin, ceux qui sont des habitués des restaurants asiatiques en France savent qu’on peut y boire de la bière Tsingtao puisqu’en fait c’était une ville qui avait été colonisée par l’Allemagne au XIXème siècle et les brasseries allemandes avaient été créés à cette occasion, lorsque la Chine avait été dépecée par les puissances occidentales, les mêmes puissances occidentales qui viennent leur donner des leçons de morale maintenant.
Bref, c’est à Tsingtao que s’est tenu au moment même du G7 la réunion de l’Organisation de la coopération de Shanghai, avec la Russie, la Chine, mais également l’entrée fracassante si l’on peut dire, de l’Inde, de plusieurs pays d’Asie du Sud, et même la présence du président Rohani, le président de la République islamique d’Iran. Lesquels représentent à peu près le même PIB désormais que le G7, premièrement, mais représentent 40 % de la population mondiale contre 10 %, deuxièmement, et troisièmement ont affiché une unité, ont publié un communiqué, se sont montrés tous unis, alors que l’on a vu dans le G7 tout le monde se tirer dans les pattes. C’était la désunion totale.
Donc la comparaison est absolument fascinante entre un monde ancien qui est en train de s’effondrer, le monde ancien c’est Macron qui le représente. Il a fait sa campagne sur le thème nous sommes le monde nouveau, non non, il est vieux. C’est un jeune qui est vieux Macron.
C’est le monde ancien qui est en train de disparaître, avec Donald Trump qui essaie de se débattre pour empêcher l’effondrement des États-Unis d’Amérique, puis un monde nouveau qui est en train d’apparaître, qui est le monde des BRICS, ou le monde de l’Organisation de la coopération de Shanghai avec ces mastodontes que sont la Russie, l’Inde, la Chine, l’Asie du Sud, accessoirement le Brésil et l’Afrique du Sud pour ce qui concerne les BRICS. La comparaison des deux est absolument saisissante, et il faudrait que la France comprenne une bonne fois pour toutes, qu’elle arrête de s’arrimer à des loosers.
En fait le monde occidental est en train de dégringoler parce que justement il applique une politique de total libre-échange, de totale liberté de circulation des capitaux, ce que justement ni l’Inde, ni la Chine, ni la Russie ne veulent accepter pour leur propre pays. Puis le point d’orgue sur cette affaire du G7, c’était merveilleux c’est que les diplomates, pour ce qui est des diplomates, la seule chose qui compte dans ce genre d’événement c’est qu’il y ait un communiqué à tout prix.
Ils ont donc publié un communiqué chèvre-choux, comme seuls les diplomates peuvent en faire, où on dit tout et son contraire, tout ça est enrobé pour faire semblant de faire croire que les gens sont d’accord, alors qu’ils ne sont d’accord sur rien. Bref il y a eu un communiqué que Donald Trump avait accepté et puis il est parti pour Singapour pour rencontrer le leader nord-coréen et dans l’avion patatras !
Il a vu que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui est un peu le clone d’Emmanuel Macron, c’est un peu le même âge, Justin Trudeau avait fait une conférence de presse pour se gargariser d’avoir un communiqué final et pour en profiter pour dire que les sanctions américaines sur l’acier et l’aluminium qui visaient le Canada étaient des sanctions insultantes. Alors le père Trump dans son avion quand il a vu ça, il a vu rouge et il a, comme il en a l’habitude, envoyé des messages twitter en disant qu’il renonçait, qu’il revenait sur le communiqué pour retirer la signature. Donc patatra !
Le sommet du G7 s’est terminé en espèces d’apothéose, de feux d’artifice, d’explosion générale, donc ça a été la consternation. Il n’y avait plus de communiqué, on s’est aperçu que tout le monde se bouffait le nez. En fait, le G7 a fait la preuve de ce que l’occident actuellement est en train de dégringoler à toute allure, tout simplement pour avoir appliqué des politiques qui ne correspondent pas aux intérêts nationaux respectifs des pays qui le représentent. Quelle est votre analyse de la rencontre à grand spectacle entre Donald Trump et Kim Jong-un ? Alors premièrement je vais être obligé de vous reprendre parce qu’il paraît qu’il ne faut pas dire Kim Jong-un.
Je le tiens d’un de nos adhérents que j’ai rencontrés lors d’une conférence que j’ai faite récemment à Paris, c’était à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, et qui est très gentiment venu me dire qu’il était marié avec une Coréenne et qu’il regardait mes émissions et qu’il trouvait que mes analyses étaient très bien, mais que j’avais le tort de dire « Kim Jong hoon », il paraît qu’il faut dire « Kim Jong-eun ». On va essayer de dire « Donald Trump » (accent américain) et Kim Jong-un. Alors je dirais qu’en fait, la montagne a accouché d’une souris. C’était l’Everest, c’était une montagne inimaginable.
Il faut dire qu’effectivement l’image valait le coup puisqu’on n’avait jamais vu dans l’histoire depuis l’apparition de la partition des deux Corées, donc pendant la guerre de 1950, on n’avait jamais vu un membre de la dynastie au pouvoir en Corée du Nord, la dynastie des Kim : Kim il- sung, Kim Jong-il, Kim Jong-un, qui se sont succédé, on n’avait jamais vu une main d’un des trois Kim serrer la main et avoir un entretien en direct avec le président des États-Unis en exercice.
Donc c’est dire si l’attente avait été colossale et avait été d’ailleurs extraordinairement chauffée à blanc par les commentaires, on avait fait mousser dans quel lieu ça va se tenir, c'était resté secret et puis après on avait découvert que c’était à Singapour, et pourquoi Singapour et comment si et comment ça, Kim Jong-un allait venir dans quel appareil, par quel moyen, avec qui, qu’est-ce qu’ils allaient se dire avec Donald Trump et est-ce qu’ils allaient s’embrasser sur la bouche ou s’envoyer des coups de poing dans la figure… enfin la planète entière l’a subi puis finalement ça s’est un petit peu esclaffoiré.
Il y a eu deux trois photos spectaculaires, j’ai noté d’ailleurs pour la petite histoire, ceux qui suivent mes entretiens d’actualité pourront aller le vérifier, vous rappeler que lorsque l’inénarrable Macron était allé à Washington, il s’était fait tirer comme un caniche par Donald Trump, et que Donald Trump lui avait nettoyé le veston, enlevé 3 pellicules, et bien là Kim Jong-un, qui doit avoir quelque chose comme 34 ans, donc qui est nettement plus jeune que Macron, n’est pas tombé dans le piège, c’est-à-dire que l’on a des photos où on voit qu’il met la main, la papatte sur Donald Trump.
Pas dessus quand même, d’abord parce qu’il est plus petit, mais il le prend par la taille comme ça par-derrière. Après ça il y a Trump, qui de son côté s’est à son tour fait (gesticulant). Maintenant tout le monde dans les rencontres planétaires, maintenant sur la mode américaine ça va être à qui va être à qui va mettre la papatte l’un sur l’autre. Voilà il n’y a que Macron qui n’a toujours pas compris, il est là comme ça à se faire traîner comme un caniche, mais sinon tous les chefs d’État, rappelez-vous Raul Castro à Cuba qui avait compris le coup avec Obama, il l’avait renvoyé dans ses buts.
Là c’est Kim Jong-un qui, mais qui passe sa main sur la taille de Donald Trump, après essai de le prendre, enfin voilà la diplomatie planétaire. Au-delà de cette péripétie à un peu ridicule, ce qui est assez saisissant c’est de voir que finalement, entre le jeune Kim Jong-un et le senior Donald Trump, qui se piquait d’avoir un sens de la diplomatie, de la négociation plus exactement remarquable, on a l’impression que c’est quand même plutôt Donald Trump qui a été roulé dans la farine.
Parce que le bilan est extrêmement positif pour Kim Jong-un, maintenant il apparaît comme un leader planétaire dont tout le monde cherche les faveurs, il est allé visiter le nouveau Jardin botanique à Singapour, il est sorti avec toute une escorte de gardes du corps, il a été acclamé par les passants, le ministre singapourien des Affaires étrangères a fait le premier selfie de l’histoire avec Kim Jong-un. Tout le monde veut oublier au passage qu’il y a des dizaines de milliers de Nord-Coréens qui croupissent dans une espèce de goulag local et que pour le moins qu’on puisse dire c’est que ça n’est pas une démocratie.
Mais donc Kim Jong-un a réussi son coup, c’est-à-dire que son pays et lui-même apparaissent comme des gens éminemment fréquentables. Deuxièmement, il a obtenu que Donald Trump prenant le Pentagone, le ministère des affaires étrangères américain, le département d’État au dépourvu, il a annoncé qu’il n’y aurait plus de manœuvres militaires américano-sud-coréennes en disant que c’était de vraies provocations à l’égard de la Corée du Nord. Donc tout ça, Kim Jong-un peut empocher le bénéfice de ces opérations et puis en échange, il n’a rien donné.
Il a dit simplement qu’il était en faveur d’une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne, mais une « dénucléarisation complète » ce n’était pas le vocabulaire qui avait été voulu par Washington, qui exigeait une dénucléarisation vérifiable et irréversible. Or ces deux adjectifs de vérifiables et irréversibles ont disparu. Or le fait que la Corée du Nord veuille une dénucléarisation de la péninsule de Corée, c’est ce que non seulement Kim Jong-un, mais son père et son grand-père avaient dit depuis des années. C’est toujours la même la même chose.
Il en reste là-dedans quelques embrassades et puis le fait que Kim Jong-un a fait savoir par l’agence nord-coréenne ultérieurement, qu’il avait invité Donald Trump à venir à Pyongyang, puis Donald Trump a invité Kim Jong-un à venir à la maison blanche. Voilà en gros ou 48 heures après, et bien on a changé de sujet. Au total on il vaut mieux ça, il vaut mieux ce genre de rencontre plutôt que les invectives que se lançaient les deux présidents, enfin le président américain et le leader nord-coréen, à la fin de l’année dernière parce que là par moments on se demandait si ça n’allait pas déraper.
Puisque la vérité c’est que le régime nord-coréen dispose maintenant d’armement nucléaire et de missiles pour les envoyer, donc il vaut mieux quand même avoir ce genre de réunion qui pourrait mériter, à mon avis, davantage le prix Nobel de la paix pour Kim Jong-un et Donald Trump, ça serait plus légitime que le prix Nobel de la paix qui avait été donné à Barack Obama, vous vous rappelez ce scandale. Mais au total cette réunion pour l’instant n’a pas porté toutes les promesses qui étaient attendues. Que pensez-vous des récentes déclarations d’Angela Merkel sur la refonte de l’euro ?
Au cours des quinze derniers jours, madame Merkel, chancelière de la République fédérale d’Allemagne, s’est exprimée à deux reprises. Une première fois dans un journal allemand, l’un des plus prestigieux qui soient qui s’appelle le Frankfurter Allgemeine Zeitung, et qui, comme son nom l’indique, est publié à Francfort et représente le point de vue notamment des élites économiques et des idées de la banque centrale européenne et de la Bundesbank en Allemagne. C’est leur point de vue. Dans cet article, c’est le premier entretien, je parlerai du second dans quelques instants.
Dans ce premier entretien, madame Merkel a en substance dit qu’elle ne voulait pas du programme de monsieur Macron de consolidation de la zone euro. J’ai fait un article qui est sur le site, il me semble que j’en ai parlé dans un entretien récent, il faut bien comprendre que les Allemands ne veulent pas, et on peut les comprendre, ne veulent pas être ceux qui en dernier ressort paieraient les dettes non remboursées des Espagnols, des Grecs, des Portugais ou des Italiens, voir des Français ou des Irlandais. Ils ne veulent pas qu’il y ait une mutualisation des dettes et que finalement on se tourne vers les plus riches, vers les Allemands, on peut les comprendre.
Ça prouve au passage qu’il n’y a pas de peuple européen, et ce n’est pas Bernard Henri-Lévy ou Jacques Delors ou je ne sais pas quel illuminé de la construction européenne qui pourra s’y opposer. Ça ne concerne pas les Français, les Français sont complètement en dehors du coup, les Allemands ne veulent pas payer ad vitam aeternam les dettes des Grecs, des Espagnols, des Portugais, des Italiens. Fermez le ban.
Ça veut donc dire que tous ceux qui rêvent d’un autre euro, d’une autre Europe, on va faire un euro comme-ci, une union de transfert, un budget de la zone euro, dans le meilleur des cas c’est Macron qui présente ça sous forme technocratique, dans le pire des cas ce sont des vaticinations utopiques sur « on est tous copains, on va tous mutualiser les dettes ». Au bout du compte, ça revient au même, tout ceci ça ne sert à rien parce que ça n’embraye pas sur le réel tout simplement parce qu’on ne va pas changer les Allemands.
D’ailleurs n’y a pas que les Allemands qui sont en cause puisque Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais, hier 13 juin, a mis les pieds dans le plat en disant qu’il ne voulait pas d’augmentations de budgets de l’Union européenne, il voulait une diminution. Il ne veut pas le budget de la zone euro, il considère qu’il y a beaucoup d’instruments et qu’il faudrait mieux les utiliser. C’est encore une pierre dans le jardin de monsieur Macron là encore, avec ses projets. vous savez quand il était allé à la Sorbonne, devant un parterre d’étudiants qui étaient venus là, ils ne savaient pas très bien pourquoi, ils avaient sans doute dû recevoir un petit cacheton pour venir.
Donc lorsque monsieur Macron avait lancé des projets utopiques sur l’Europe et bien en fait, tout le monde s’en fiche. On pourrait dire de Macron d’ailleurs, quand on y réfléchit bien, et qu’il se vante de parler à tout le monde, alors je ne sais pas si Macron parle à tout le monde, mais en tout cas ce qui est sûr c’est que personne ne l’écoute. C’est-à-dire que ce qu’il dit, tout le monde s’en fout. Rappelez-vous comment il s’était fait ramasser par le Premier ministre de Pologne sur l’affaire de la directive des travailleurs détachés.
Là, il vient de se faire ramasser par madame Merkel, par le Premier ministre néerlandais plus les gouvernements de sept autres le pays dans le Nord et l’Est de l’Europe. Alors il y a une deuxième déclaration de madame Merkel, cette fois-ci, elle l’a faite devant le groupe PPE, le parti populaire européen, qui est un groupe parlementaire au sein du parlement européen et qui réunit à peu près les droites européennes. Alors là-dedans c’est intéressant, parce que là elle a un peu lancé la campagne pour les Européennes de 2018 pour son propre camp, elle a fait valoir un certain nombre de vues qu’elle avait à l’esprit.
Elle a d’ailleurs au passage demandé, mais les médias français ont caché ça sous le tapis, il ne fallait surtout pas le savoir, mais madame Merkel a souligné qu’elle voulait mêler beaucoup les institutions religieuses aux affaires, elle l’a explicitement mentionné puisque je rappelle que la Merkel émane de la CDU, c’est-à-dire la démocratie chrétienne, le C veut dire chrétien, d’ailleurs je rappelle qu’en Bavière par exemple il y a des crucifix dans les écoles, je rappelle que si le clergé allemand est si riche c’est parce que le denier du culte est récupéré par les services fiscaux de l’État alors qu’en France c’est purement bénévole.
Donc je rappelle ça non pas pour condamner l’Allemagne ou pour la féliciter, je le rappelle simplement pour montrer à quel point l’Allemagne est différente de nous, et que si les Français savaient exactement ce que pensent et comment agissent les Allemands, y compris nous qui sommes empreints de laïcité d’un seul coup ils s’apercevraient qu’on n’est vraiment pas le même peuple. Mais il y a quelque chose de beaucoup plus important encore dans le discours de madame Merkel, c’est que mine de rien, comme ça en passant, elle a lâché une petite bombe.
Elle a fait un discours et à peu près dix minutes après le début de son discours, qui est un truc un peu un peu emberlificoté où elle dit qu’il faut qu’au conseil de sécurité des Nations unies, il y ait une meilleure unité de la diplomatie européenne, et elle propose que pour les sièges non permanents au conseil de sécurité il y ait un tourniquet, un tour de bêtes avec une dizaine d’États européens qui se succèdent et qui développent la même politique, les mêmes positions européennes, en concertation avec le siège permanent dont dispose la France et avec la position de la Commission européenne. Alors c’est très intéressant, pourquoi ?
Parce que j’ai dit, redit depuis maintenant plusieurs années, que l’un des objectifs des européistes, qui consiste en fait à démanteler la France, serait à terme de nous piquer le siège permanent au conseil de sécurité des Nations unies que de Gaulle avait obtenu de haute lutte en 1945 lors de la charte de San Francisco. Je vous renvoie par exemple à ce passage de mes vidéos où j’annonce exactement cela. D’abord par l’absorption, c’est à dire par le haut, le transfert à d’autres de ses prérogatives régaliennes : c’est à dire à l’Union européenne. Le meilleur exemple c’est la présence de la France au conseil de sécurité des Nations unies.
Nous avons en permanence des gens qui nous disent qu’il faut que la France cède son siège de membre permanent pour le donner à qui ? À l’Europe ! Et comme maintenant de nouveau il sert les intérêts stratégiques des États-Unis d’Amérique en réclamant par exemple que la France cède son siège permanent au conseil de sécurité à l’Union européenne, rien ne pourrait plus faire plaisir aux États-Unis que de voir la France dégager du conseil de sécurité. Ils pourraient à ce moment-là attaquer qui ils veulent, sans avoir un nouveau discours de 2003 contre la guerre en Irak.
Voilà, et bien maintenant on y est bientôt parce que madame Merkel n’a quand même pas dit exactement nous voulons le siège au conseil de sécurité, mais, et ça c’est la première fois qu’un chancelier d’Allemagne, je crois, évoque le siège permanent dont dispose la France au conseil de sécurité, en disant qu’il faudrait que ça s’harmonise avec l’Union européenne. Suivez mon regard, ça veut dire qu’à terme c’est ce que j’avais dit, l’objectif est de retirer, c’est un élément plus que décisif, plus que capital, c’est ce qui fait de la France une grande puissance.
Si Macron décidait de bazarder notre siège au conseil de sécurité, normalement il devrait être alors traduit en haute cours et pendu haut et court. C’est bien pire encore que de vendre le TGV aux Allemands, ou de vendre Alstom à l’américain General Electric. C’est vraiment une des pires choses qui puissent se faire, c’est de céder notre siège au conseil de sécurité. Et petit à petit, pas après pas, en acclimatant d’abord une idée qui paraît inimaginable, les Allemands poursuivent leur politique de grignotage. On le voit dans tous les domaines.
Je signalais le TGV, je signalais Alstom et on peut aussi signaler, dans beaucoup de domaines notamment dans l’armement ou dans Airbus où progressivement tout est grignoté par l’Allemagne, qui a une constance, une intelligence des situations, parce qu’ils poursuivent l’intérêt du peuple allemand. De même que les Anglais poursuivent l’intérêt du peuple anglais, c’est une des raisons d’ailleurs pour lesquels les Anglais ont voté pour le brexit, c’est justement pour être sûr que le Royaume-Uni conserverait bien lui aussi son siège au conseil de sécurité son siège permanent.
Il n’y a que la France, la tête en l’air, menée par de mauvais bergers, des gens qui, soit ne connaissent pas leurs dossiers, soit ne les comprennent pas, soit n’ont aucune colonne vertébrale, soit sont corrompus, il faut aussi envisager cette possibilité. Et bien tous et où ça nous mène à des situations qui sont actuellement celles que nous voyons.
Il y a un danger qui commence à se préciser, et un danger réel et imminent de voir la France sommée de céder son siège au conseil de sécurité à la Commission européenne ou à la haute représentante de l’Union européenne madame Frederica Mogherini, une Italienne et qui est diplômée de l’Italian-American Foundation, l’équivalent de la French-American Foundation. Si jamais on faisait ça, ça serait fini de la France comme grande puissance et ce serait donner un nouveau siège au conseil de sécurité aux euroatlantistes et aux États-Unis d’Amérique.
C’est en cela que le discours de madame Merkel au PPE est très important et confirme hélas, hélas, confirme encore une fois la justesse de mes analyses depuis maintenant de nombreuses années. Avez-vous d’autres sujets que vous souhaiteriez aborder ? L’actualité était très riche, comme souvent on va se limiter à signaler ce qui s’est passé en Europe. Avant-hier et hier même, c’est la déclaration entre le Premier ministre grec Tsipras et son homologue qui s’appelle monsieur Zaev Zoran, qui est le Premier ministre de l’ancienne République yougoslave de Macédoine, de trouver un nouveau nom pour ce pays.
Je rappelle pour ceux qui ne le sauraient pas que lorsque la Yougoslavie existait, il y avait une partie de la Yougoslavie qui s’appelait la Macédoine. La Macédoine étant cette partie qui se trouve au nord de la Grèce, qui se trouve essentiellement en Grèce d’ailleurs, dont la capitale est la ville de Thessalonique. Or, non loin de là, on a découvert il y a une quinzaine d’années un véritable trésor. Dans un village s’appelant Vergina on a retrouvé la tombe de Philippe II de Macédoine, le père d’Alexandre le Grand. Ça fait donc partie du patrimoine historique, du prestige de la Grèce.
Tout le monde sait que Philippe II de Macédoine et Alexandre le Grand c’est la quintessence même du triomphe de la civilisation grecque si l’on peut dire, avec les conquêtes d’Alexandre le Grand jusque dans la vallée de l’Indus, c’est d’ailleurs au Pakistan actuel. Donc lorsque cette partie nord de la Macédoine, qui appartenait à la Yougoslavie s’appelait Macédoine dans le cadre yougoslave ça ne poserait pas de problème. . Mais à partir du moment où la Yougoslavie a volé en éclats entre 1991 et 1993, et bien ce cette portion de la Yougoslavie est devenue un pays indépendant avec comme capitale Skopje et ce pays s’est intitulé république de Macédoine.
Sauf que la Grèce et le gouvernement d’Athènes, quelle que soit la couleur du gouvernement, ont absolument refusé en estimant que non, c’était un plagiat, c’était prendre quelque chose qui ne leur appartenait pas, c’était mettre la main sur le patrimoine historique, culturel, symbolique, identitaire de la Grèce, donc les Grecs se sont opposés à ce que ce pays s’appelle république de Macédoine. Alors les gens et les gouvernements à Skopje ont fait une Constitution avec marqué République de Macédoine, mais les Grecs ont tellement agi qu’ils ont mis leur veto à l’entrée de ce pays dans l’Union européenne et dans l’OTAN.
C’est-à-dire que ce pays qui voudrait être candidat à l’entrée dans l’Union européenne pour toucher les subsides des fonds européens, notre argent en fait, il voudrait entrer dans l’OTAN parce que c’est Washington qui veut surtout que, comme je l’ai déjà expliqué cinquante mille fois, que l’Union européenne = OTAN donc c’est Washington qui veut que ce pays entre également dans l’OTAN, mais la Grèce a mis son veto. Actuellement ce pays n’a pas de nom au niveau international, il avait quand même été admis à l’Organisation des Nations unies, mais sous des initiales qui sont ARYM en français « ancienne République yougoslave de Macédoine » c’est la FYROM, je crois, en anglais.
Alors ça fait 26 ans que ça dure et on a appris hier que d’un seul coup, les deux Premiers ministres étaient tombés d’accord pour que le pays s’appelle maintenant république de Macédoine du nord, ce qui ferait que la Grèce conserverait son patrimoine historique, la Macédoine, la vraie, la belle, avec Alexandre le Grand, et puis l’autre, c’est la république de Macédoine du nord. C’est vrai que c’est un peu au nord-ouest de la Grèce actuelle. Pourquoi je vous raconte cette histoire ?
Parce que dans les Balkans c’est très suivi à Washington, c’est très suivi à Berlin c’était extrêmement suivie à Bruxelles, assez suivie par l’OTAN lorsqu’on a appris que les deux Premiers ministres étaient tombés d’accord, ça a été un concert de louanges : monsieur Jens Stoltenberg, qui est à la tête de l’OTAN a envoyé ses félicitations, la Commission européenne a exulté, à Washington aussi tout le monde a trouvé ça formidable, parce qu’enfin ce pays va pouvoir intégrer l’UE et l’OTAN et donc parfaire la volonté américaine de ce que l’ensemble du continent européen n’échappe à cette double mainmise. La double mâchoire Union européenne niveau politique et OTAN au niveau militaire.
Alors si je vous dis c’est parce que l’affaire n’est quand même pas faite pour autant, parce que les Grecs exigent que le gouvernement de Skopje face modifier la Constitution Constitution qui parle actuellement de la république de Macédoine, pour que la constitution de cette république soit modifiée en l’appelant république de Macédoine du nord, et bien entendu il y a en Macédoine du nord et en Grèce des oppositions farouches qui sont apparues, les Grecs considérant que c’est une concession inacceptable parce que la Macédoine du nord n’a aucun droit de s’appeler Macédoine, la seule Macédoine c’est en Grèce et puis réciproquement, du côté de Skopje.
Tout ça pour dire que finalement des histoires qui remontent à 2300-2400 ans avant Jésus-Christ et bien ont encore un impact très important de nos jours. Donc c’est ça qu’il est important de voir, c’est dans les Balkans que ça se passe, mais c’est aussi vrai dans tous les autres pays de l’Union européenne. L’histoire a du poids, l’histoire c’est aujourd’hui que nous en vivons les conséquences. Avez-vous un mot pour conclure ?
Un mot pour conclure, et bien je vais avoir un petit sujet un peu léger, pour changer un petit peu de tous ces sujets rébarbatifs, les questions économiques, sociales, internationales, c’est très intéressant, c’est passionnant, mais parfois c’est un petit peu attristant et déprimant. Je voudrais faire un autre éclairage sur l’histoire encore, c’est ce qui vient de se passer à Paris dans une vente aux enchères chez Sotheby’s qui est une propriété de Bernard Arnault. Chez Sotheby’s à Paris, il y a eu un record absolu qui a été battu. Un objet a été vendu 16,2 millions d’euros.
16,2 millions d’euros, il n’y avait jamais eu chez Sotheby’s Paris un objet lors d’une vente aux enchères qui avait atteint un tel montant. De quel objet s’agit-il ? Il s’agit d’un vase, d’un petit vase grand comme ça, qui est un vase chinois fait sous la dynastie Mandchous et sous l’empereur Qianlong, ça s’écrit Q-i-a-n-l-o-n-g, ça se prononce Kien-long, et c’est un jeune acheteur chinois qui était présent dans la salle qui a enchéri. Alors qu’est-ce que l’on peut retirer de cette histoire ?
L’histoire qu’en retire les grands magazines français, c’est une histoire un peu de conte de fées, c’est une famille dont les grands-parents/arrières grands-parents avaient acheté dans une brocante des vieilleries chinoises et puis il y avait ce vase qui ne leur plaisait pas, ils avaient mis ça au grenier pendant des années, parce qu’ils trouvaient ça moche et puis un jour ils se sont dit on va donner ça, on va essayer de le vendre aux enchères. Puis la maison Sotheby leur avait dit écoutez, c’est un truc absolument rarissime parce qu’il y a le monogramme impérial. Il n’y a que quatre vases qui sont connus comme ça au monde. Donc vous détenez un trésor, on va le vendre.
Ils avaient estimé le produit de la vente à entre 500 000 et 700 000 euros. Ça a fait 16,2 millions d’euros. donc le premier point c’est un conte de fées. Le deuxième point c’est qu’il y a des Chinois et même de jeunes Chinois, qui sont capables de dépenser 16,2 millions d’euros pour acheter une porcelaine qui est haute comme ça, dont vous voyez la photo à côté de moi.
Quand même, on a l’impression qu’avec la mondialisation, ce n’est pas une impression, c’est une certitude, dans tous les pays du monde et en particulier dans les pays occidentaux et en Chine, on a à l’apparition d’une infime catégorie de la population qui représente 0,001 % de la population, mais qui a des moyens quasiment sans limites pour pouvoir dépenser 16,2 millions d’euros pour acheter un vase comme ça. C’est beaucoup plus cher qu’un Rembrandt ou que même certains des plus grands peintres connus. Je ne vous dis même pas combien ça représente de superbes appartements à New York ou à Paris. Ça veut dire qu’il y a quand même des gens qui ont énormément d’argent.
Ça, c’était le deuxième point et c’est assez malsain d’avoir ces différences qui apparaissent. Puis il y a quand même un troisième point, c’est le poids de l’histoire. Parce que s’il y a un chinois qui est capable de dépenser cet argent pour récupérer cet objet, qui était en occident, c’est quand même une certaine façon les Chinois qui se réapproprient leur passé, notamment leur passé impérial du temps de la dynastie Mandchous et qui reprennent ce que l’occident leur a volé.
Il est très probable que ce vase, ce n’est pas une certitude, je ne l’ai pas vu, mais tel que je connais la Chine, il est très probable que ce vase a été volé lors de l’expédition franco-britannique en 1860 dont je parlais tout à l’heure, pour punir la Chine, et c’est là où on a tiré dans le tas, notamment l’opération de Palikao, le sac du Palais d’Été et à cette occasion les Anglais et les Français ont fait une razzia, un pillage des richesses, notamment du Palais d’Été.
À ce propos d’ailleurs, je voudrais peut-être faire une petite remarque, l’empereur Qianlong vivait à la fin du XVIIIe siècle et aux alentours de 1785 et il a reçu l’ambassade d’un ambassadeur britannique qui s’appelait Macartney, ce n’est pas un Beatles, mais c’était lord Macartney qui avait été mandaté par le gouvernement de Londres pour aller voir l’empereur de Chine, le Tian Zi comme on dit, c’est le fils du ciel, l’empereur, pour essayer d’obtenir ce que Trump essai d’obtenir en ce moment avec le Canada et l’Union européenne, le Japon et la Chine, c’est à dire un rééquilibrage des échanges commerciaux.
À l’époque il n’y avait pas d’OMC, les échanges ne se faisaient en monnaie virtuelle, c’était de l’argent ou de l’or sonnant et trébuchant, et les Anglais en avaient assez d’avoir un déficit très important vis-à-vis de la Chine puisque que les Britanniques achetaient à la Chine du thé, des porcelaines justement, des soieries, des meubles que l’on envoyait depuis l’occident pour aller être laqués puis être rapatriés en France par exemple ou au Royaume-Uni ou en Autriche.
Puis en échange les Anglais ne vendaient pas grand-chose, et donc les Britanniques avaient envoyé sous George III un ambassadeur, lord Macartney, qui était allé voir l’empereur Qianlong pour lui dire écoutez, il faut que vous nous achetiez davantage. Alors il y avait une anecdote qui est assez célèbre, on sait qu’arrivant devant l’empereur de Chine, les Chinois avaient exigé qu’il fasse le Kowtow, c’est à dire normalement se mettre à quatre pattes devant le Tian Zi, le fils du ciel, et puis évidemment lord Macartney ne l’entendait pas de cette oreille, et donc il avait refusé de se prosterner.
L’affaire avait été très mal engagée puis de toute façon l’empereur de Chine avait dit que c’était normal que les Anglais achètent plus à la Chine que l’inverse parce que la Chine était le plus grand pays du monde, qui faisait beaucoup de choses alors que l’Angleterre n’avait pas grand-chose à leur proposer.
A propos, Puisque je le parle de porcelaine, je voudrais dire un mot aussi sur le scandale qui défraye la chronique, c’est le scandale de Macron, dont on apprend qu’avec Brigitte Trogneux, ils ont décidé d’acheter un service de porcelaine de Limoges pour l’Élysée, qui avait déjà des services de porcelaine, je le sais, j’ai été du temps de Mitterrand et Chirac, quand j’étais dans les cabinets ministériels, j’ai été plusieurs fois invité à des dîners d’État à l’Élysée.
Je me rappelle avoir dîné avec l’empereur du Japon, avec le sultan du Brunei, avec la Première ministre du Pakistan Benazir Bhutto, avec un certain nombre de grands dirigeants du monde, il y avait sur les tables de l’Élysée une porcelaine très fine, semble-t-il que ce n’était pas du goût de madame Trogneux, épouse Macron et donc le couple a décidé d’acheter aux frais du contribuable un service à Limoges.
C’est très bien de s’être fourni à Limoges, parce que les productions de Limoges sont parmi les meilleures du monde, je crois qu’on peut le dire encore, ça fait partie là encore de nos fleurons, et dans l’absolu je trouve ça bien évidemment de faire marcher l’industrie française, de valoriser le savoir-faire artisanal le français, surtout lorsqu’il s’agit d’avoir des événements de parade pour présenter la France devant les têtes couronnées, les grands dirigeants du monde qui viennent à Paris. Là où le bât blesse, c’est que d’abord, il y avait un service qui existait.
Peut-être y avait-il un peu de vaisselle cassée, je ne sais pas, certains couples élyséens s’étaient peut être envoyés de la vaisselle à la tête, je ne sais pas, mais à mon avis, de ce que j’avais vu il en restait quand même beaucoup. Là où le bât blesse, c’est quand même que la facture est de 500 000 euros. Pour acheter un nouveau service avec c’est quand même beaucoup, c’est d’autant plus beaucoup que au même moment, Macron se répand, on a des vidéos qui ont été tournées ici ou là pour se scandaliser des minimas sociaux, que ça coûte beaucoup trop cher et qu’il faudrait supprimer tout ça. Donc il y a quand même une indécence dans le couple qui frôle l’inconscience tout simplement.
Dans la situation dans laquelle est la France, alors même qu’on diminue les dotations budgétaires dans tous les domaines, et bien Macron décide de dépenser un demi-million d’euros pour avoir une vaisselle neuve à l’Élysée. C’est quand même assez inconséquent et d’ailleurs puisque j’en parle, je parle des dépenses, je voudrais dire aussi à un mot sur une autre décision ubuesque qu’a prise Macron, ça a été la suppression de ce qu’on appelle l’exit-tax. C’est une taxe qui avait été créée par Nicolas Sarkozy, qui visait à freiner le départ des grandes fortunes françaises qui seraient allées sous d’autres cieux, en Belgique, aux Pays-Bas pour payer moins d’impôts en France.
Alors monsieur Macron a dit que ça ne rapportait rien, que c’était de la gnognotte et qu’il allait supprimer cette exit-tax, ça, c’était il y a un mois ou deux, et puis maintenant que ça a été voté on s’aperçoit qu’en réalité le manque à gagner risque d’être beaucoup plus important que prévu et Bercy a annoncé que cette suppression qui favorise les ultras ultras ultras riches La décision de Macron vise vraiment les ultras riches, les gens qui partent à l’étranger, s’installent à étrangers pour ne plus payer d’impôts en France. C’est vraiment une toute petite partie de la population, eh bien on s’aperçoit que ça risque de coûter 6 milliards d’euros de pertes de recettes pour la France.
Voilà monsieur Macron, sur un coup de tête avec des députés qui sont des députés godillots qui n’ont aucun discernement, qui votent comme le patron le leur a dit, eh bien monsieur Macron fait passer quand même des décisions qui sont assez scandaleuses en matière de finances publiques, il creuse les déficits qu’il devrait pourtant résorber.
Un dernier mot encore, l’ultime dernier mot c’est que nous allons avoir bientôt la réunion du bureau national et du Conseil national, l’UPR se porte bien, actuellement nous assistons, comme c’est le cas en début de chaque année, à une diminution du nombre des adhésions, un ralentissement un petit peu de l’activité, nous allons essayer de lutter contre ça parce que même pendant les mois d’été, même s’il fait chaud, même si les gens ont l’esprit ailleurs, il faut quand même maintenir le rythme du mouvement, donc nous allons prendre des initiatives, qui seront décidées lors du prochain bureau national et lors du prochain Conseil national.
Je vous donne à toutes et à tous rendez-vous pour la suite des événements dans le prochain entretien d’actualité et je vous dis comme d’habitude vive la République et vive la France. Retrouvez nos analyses nos propositions Adhérez ou faites un don sur upr.fr Retrouvez-nous aussi sur Facebook pour partager des idées et participer au direct, twitter pour suivre les réactions de François Asselineau au jour le jour, YouTube pour ne rater aucune de nos vidéos pour nous aider à rétablir la démocratie, poucez nous, abonnez-vous, partagez.
François Asselineau