Menace russe : Pierre Servent invité de Margot Haddad|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Rarissime conférence de presse du chef d'état-major des armées. La Russie a désigné la France comme son premier adversaire en Europe et ce sur le long terme. côté à fort de ces atouts le Créelin le Créelin je vous l'ai dit a fait de la France une de ses cibles prioritaires avec en fait des choses qui bien évidemment se caractérise un peu dans tous les domaines et elle constitue à ce titre une menace ou presque toute une menace durable proche et qui est pour moi la plus dimensionnante.
Pierre Servant bonsoir. Bonsoir Margaot pourquoi cette prise de parole du chef d'étatmajor des armées après 3 ans de guerre en Ukraine ? On peut se poser la question là.
Ce qu'il y a très clairement, c'est ce qu'on appelle un plan com, un plan de communication. Le président devrait dimanche dans les jardins de l'hôtel de Brien, résidence du ministre des armées, apparemment faire un certain nombre d'annonces, on en reparlera peut-être. Et donc d'une certaine façon, il y a une sorte de teasing et donc le général Burcard, chef d'état-major des armées, est sorti de son silence assez assez marquant depuis 3 ans et demi pour faire ce travail d'explication et de pédagogie qui l'a fait très bien euh je dirais en synthétisant ce que nous racontons et nous expliquons sur LCI depuis 3 ans 3 ans et demi.
Mais pourquoi pas ? Le le la critique que je fais, c'est que il est à mon sens inconcevable qu'un chef d'étatmajor des armées français compte tenu du rôle de la France, de son implication, des dossiers qu'il a parfaitement expliqué n'intègre pas quelque chose que des tas de généraux, d'amiraux ont pu m'expliquer au long de ces 40 dernières années, à savoir que la communication est absolument essentielle aujourd'hui pour pour un un chef, surtout quand les la population française a besoin de comprendre, d'être expliqué. Donc je considère, je vous dis très net, que c'est une faute professionnelle.
Le fait que le chef d'état-major des armées ne soit pas venu sur tous les plateaux, n'est pas fait des émissions. Un point de presse comme ça tous les mois, hein, point de presse de cadrage, c'est une faute professionnelle. Alors, quelle est sa part de responsabilité ?
Si c'est le pouvoir politique qui lui dit "Non, laisse-nous faire" et cetera. Sauf qu'à ce niveau de responsabilité avec cinq étoiles et le général Burcard, on le voit son placard de décoration, c'est un grand soldat. C'est un grand guerrier.
Il y a des moments, je pense, où on peut euh je pense qu'un militaire s'est fait aussi parfois pour désobéir et notamment encore une fois dans ce domaine. Donc euh c'est quelque chose qui me qui mérisse depuis depuis longtemps. On voit très bien qu'il est capable de faire l'exercice.
Il a été euh porte-parole de l'étatmajor des armées en 2011 pendant la guerre la guerre de Libye. Donc il sait faire, c'est très bien. Et je pense que les Français ont besoin de ce type de d'explication.
Mais euh général Burcard, c'est dommage qu'on voit pas plus souvent faire ce ce type d'exercice pour les Français. Surtout qu'il dit clairement, vous l'avez entendu, que la France est une des cibles prioritaires de la Russie. Déjà, pourquoi dit-il cela ?
Pourquoi la France serait une cible prioritaire ? Et aussi, vous rappelez l'importance de faire de la pédagogie pour la population française également dans ces temps-là ? Oui.
Alors, la pédagogie, on le vit à LCI, si vous voulez, j'ai souvent dit que euh en j'ai jamais autant parler en 3 ans et demi sur nos plateaux de dissuasion nucléaire, de comment ça fonctionne euh encore sur le programme nucléaire iranien, mais ne serait-ce que pour la France, j'ai jamais autant parlé en 3 ans 3 ans et demi de ces questions qu'en 40 ans lors des 40 années précédentes où j'étais déjà spécialiste de ces de ces questions. Il y a vraiment de la part de l'op française notamment une curiosité. Les Français comprennent bien que nous sommes en pointe, nous sommes engagés.
Le président Macron a eu des paroles fortes après une un démarrage un peu étrange. Il a eu des paroles fortes et ce que ce qu'a rappelé le général Burcard, le ministre Lecornu le dit depuis longtemps, la menace que la que que la Russie fait peser, les différentes actions directes ou indirectes dans le champ militaire ou dans le champ, Burcard l'a rappelé, spatial. le cyber, les guerres d'influence et cetera.
La Russie cible la France parce que la France est la première puissance militaire d'Europe. C'est une puissance nucléaire indépendante. Elle est membre permanente du Conseil de sécurité.
Alors je le rappelle parce que comme les Français adorent se dénigrer, on oublie ces dimensions là. Il y a une diplomatie française même si de temps en temps ces derniers temps, un peu de mal à la à la suivre, mais voilà. Et donc ça c'est un caillou dans la botte de Poutine.
Ça le ça le gêne considérablement. Donc pour me résumer, ça fait longtemps que la France explique une véritable menace pour l'Europe. Je l'ai dit à plusieurs reprises aussi, les services de renseignement occidentaux à travers des écoutes, à travers des personnes qui sont infiltrées à proximité du pouvoir russe savent qu'il y a alors pas du tout de détente ou de volonté de négocier quoi que ce soit, mais au contraire une radicalisation du système du Kremelin.
Et donc je le répète, nous sommes en guerre avec le Kremelin. Nous les Français, les Européens, tous les 70 pays qui partagent le soutien d'Ucra, nous sommes en guerre avec le Kremelin et avec le système totalitaire que Poutine incarne. Nous ne sommes pas en guerre avec le peuple russe, avec la grande Russie avec laquelle nous avons eu nous avons eu des alliances notamment lors de la Seconde Guerre mondiale, mais nous sommes en guerre contre ce système parce que ce système là nous a déclaré la guerre et les premiers éléments qui étaient extrêmement visibles, c'est la façon dont les Russes le le le j'allais dire l'Africa Corps, parce que c'est le nouveau nom de Wagner, la façon dont Wagner a soutenu les gintes et donner des des éléments de déstabilisation, de désinformation, des vidéos absolument contre la France qui a fragiliser notre population.
Donc nous sommes dans cet état-là. Et pour terminer, c'est pour ça que je ne comprends pas pourquoi quand on développe ce discours qui est pertinent, qui est tout à fait nécessaire, ce qu'a dit le général Burcard, ce que le ministre Lec dit, ce que le président Macron dit depuis très longtemps, comment on peut à la fois dire cela et prendre langue avec le Vladimir Poutine ? avec Vladimir Poutine il y a quelques jours sous prétexte paraît-il de lui parler de l'Iran comme si la Russie pouvait être une force de d'apport de solution et cetera.
Non, il y a une dérive totalitaire du système poutinien. Et donc dans ce ce cadre là, je crois qu'il est difficile pour l'opinion publique de comprendre que bah un coup on appelle Poutine et puis le coup d'après on dit que c'est ce système est un système horrible qui cible la France. Ce qui est vrai surtout que nous entrons dans un une ère de crise.
Il parle très clairement de crise qui se superpose, s'additionnent et se multiplie. Écoutez, je pense que comme moi, vous constatez que l'environnement stratégique est marqué par des crises qui se multiplient et se superposent. On avait auparavant l'habitude de dire qu'en fait une crise chassait l'autre.
En fait, aujourd'hui, c'est plus véritablement le cas. En fait, au contraire, les crises se superposent les unes aux autres et s'additionnent, sinon se multiplie. Peut-on encore construire une forme de stratégie cohérente dans un environnement comme celui-ci ?
Pierre Sermon. Ah, votre question est centrale et c'est une question que tous les chefs d'État et de gouvernement européens au sein de l'OTAN, au sein de l'Union européenne se pose et tous les militaires, c'est leur obsession he dans notamment dans la capacité d'anticipation qui est une capacité stratégique dans je dirais le le ce que les militaires doivent faire. Donc, comment faire pour arriver à bâtir des choses solides dans un univers qui est friable ? et vous avez des des guerres qui apparaissent ici ou là.
Tout ce qui s'est passé au proche et au Moyen-Orient depuis le 7 octobre, je dire vraiment quand nos enfants liront ça dans quelques décennies, c'est c'est une séquence hallucinante. Donc comment on fait dans ces espèces là qui ces espaces là qui n'arrêtent pas de bouger ? l'Ukraine, mais la Georgie qui est occupée par les Russes, la Moldavie qui est occupée par le par les Russes, les problématiques navales euh avec notamment des bâtiments qui sont coulés en Méditerranée certainement par les services secrets ukrainiens.
Le fait que la Russie ait perdu toute une série d'accès à la mer, des accès stratégiques en Méditerranée, en mer noire, la Baltique et cetera, tout cela crée, si vous voulez, un environnement qui bouge tout le temps. L'objectif de construire une stratégie doit toujours demeurer. Et pour y parvenir, pour arriver dans le flou, dans le dans dans un comment dirais-je un espace où vous avez de la poudre la poudre explosive qui flotte dans l'air, la seule façon de faire c'est de travailler à plusieurs.
L'intelligence en situation hostile ou flottante, c'est le partage des compétences, donc des États, des États-major en évitant le clonage, c'està-dire absolument éviter d'avoir les mêmes aux mêmes endroits. Et s'agissant de l'armée dont le général Burcard a parlé, dont on parle à propos d'une éventuelle annonce d'un service militaire peut-être volontaire. La réserve opérationnelle pour l'armée d'active, elle est essentielle par rapport à ce que je dis parce que ça permet d'agréger aux armé pour un temps limité dans l'année des personnalités, des personnes, des civils qui sont formés au aux questions militaires, qui sont engagés sous l'uniforme, qui sont soldés euh dans comme dirait dans un cadre strictement militaire, mais qui ça permet d'apporter justement cette différence, ce ce cette rupture avec le risque de clonage.
Je connais bien l'armée française, je connais bien son histoire. Il y a des gens absolument remarquables dans tous les grades. C'est vraiment une armée qui est solide et forte.
Mais le le le conformisme, le risque du conformisme qui est véhiculé notamment par la hiérarchie militaire, c'est une des tards qui nous a fait perdre dans l'histoire bien des guerres. Et quand je vois euh Vous voulez dire quoi ? Un manque d'agilité.
Manque d'agilité. Un manque d'agilité. manque de souplesse, on fait comme ça.
Alors, des choses ont bougé, hein, depuis 3 ans et demi, mais ça reste lourd dingue. Alors, je suis mal formé entre guillemets si je puis dire, parce que moi j'ai eu la chance comme colonel de réserve de servir au commandement des opérations spéciales. Les opérations les opérations spéciales, le COOS, sa devise, c'est penser et faire autrement.
Et euh les opérations militaires du COS sur le terrain, c'est toujours des petites unités, ce qu'on appelle une faible empreinte au sol. déployez pas un régiment, c'est très respectable le régiment, mais c'est un pion ou de pions, c'est 10 commando, 20 commandau qui vont mener des opération avec un un effet de levier stratégique. Donc petite mise militaire mais par la qualité des personnels qui servent, par le le l'imagination, la souplesse, la décentralisation du commandement. fait que sur le sur le terrain si vous voulez parfois c'est pas le grade qui prime, c'est la la compétence et la qualité de celui qui va commander le le groupe qui va s'imposer en fait.
Donc c'est tout cet esprit que j'aime euh qui est celui euh de la la France combattante, de la France libre, euh des combattants de Birakim et cetera, c'est-à-dire de la détermination, de la souplesse et euh comment dirais-je le refus des cadres lourds. Et le défi de notre pays, et je terminerai par là, c'est que on se bat depuis 3 ans et demi. Encore une fois, je ne critique pas les acteurs qui sont dedans qui se battent pour essayer de faire bouger les choses, mais nous sommes un pays d'une lourdeur de paper de de de d'organisation et cetera.
Or, si vous voulez, c'est pas demain, c'està dire dans 3 ans, dans 5 ans, si les Russes attaquent les Pays-Baltes qu'il faudra tout d'un coup se dire "Allez hop, on on y va, on arrête ça." Alors, il y a des évolutions dans ce sens-là. le délégué général pour l'armement que vous avez interrogé sur ce sur ce plateau, Emmanuel qui va exactement est tout à fait dans cet état d'esprit.
C'est quelqu'un d'extrêmement mobile. Pas simplement parce que c'est un normalien. Alors j'ai rien contre les ingénieurs de l'armement mais il est structuré de cette façon-là.
Donc encore une fois il y a des il y a des bonnes choses qui se passent de ce côté-là mais ça reste lourd. Avons-nous vu la menace d'une certaine manière ? Est-ce que on s'en est occupé assez tôt ?
Thiry Burcart, lui, dit que la France n'a pas été aveugle face à la menace. Regardez, pour autant je pense pas qu'on puisse dire que la France a été aveugle à ce à ce mouvement qui est initié et qu'aujourd'hui on voit assez nettement. Pour preuve, les deux lois de programmation militaire depuis 2017 sous la volonté du président de la République ont quand même bien identifié et on a deux lois de programmation militaire qui sont assez inédites.
Les armées sont conscientes de l'effort qui est fait par la nation pour les soutenir mais en fait c'est surtout par rapport à l'ambition du pays au regard de la menace telle qu'elle est aujourd'hui. Vous êtes d'accord Pierre Servant ? Oui, je suis je suis d'accord dans le sens où le président Macron et c'est un peu tout le paradoxe de ce personnage a vraiment anticipé en 2017 avec une loi une première loi de programmation militaire robuste et respectée.
Ce que honnêtement je n'ai jamais vu dans les 40 précédentes années et dans ces 40 précédentes années, j'ai été en cabinet ministérial à la défense et ben on n pas on n pas fait beaucoup mieux malgré la volonté de de Jacques Chirac. Donc il y a eu cette volonté. Derrière il y a une seconde loi de programmation militaire.
Alors évidemment s'appuyant aussi par les sur les événements qui se déroulaient en en Europe. Donc de ce point de vue-là effectivement il y a eu des choses très positives qui ont été faites mais on est passé tous à côté de la possibilité d'un retour d'une guerre de haute intensité étatique entre deux États en Europe avec 1000 morts, 1500 morts, 2000 morts par jour. avec du côté russe 1 million de pertes de tuer et de blessés graves. 1 million.
Alors, je dire ça finit par se noyer si vous voulez dans le le comme ça où on s'habitue aux choses mais ça on l'a pas imaginé. Le le le moindre du monde on l'a pas du tout imaginé. Et le résultat c'est que on a une armée solide, complète avec des très belles choses mais on est court en dessous.
On n pas si vous voulez il y a pas d'épaisseur de de cela. Et je vous donne juste un exemple dont je me souviens. En 2013, la France s'engage dans l'opération Servale pour chasser les djihadistes, pour bloquer les djihadistes.
Entre parenthèses, sont des forces spéciales qui étaient commando des forces spéciales qui étaient au Burklina Faso qui ont mis un coup d'arrêt. Ils étaient extrêmement peu par rapport à l'avalanche des djihadroristes qui venaient du nord. Donc force spéciale qui mettent un coup d'arrêt après l'opération Servale.
Et bien au bout d'un certain temps euh ça s'est peu la France a dû demander à l'Allemagne des missiles parce qu'elle était courte en missile, elle avait plus suffisamment de stock. Donc voilà. Donc si vous voulez, on on a des qualités, des savoir-fairs, une armée qui est qui est solide, des jeunes soldats et soldates qui sont aguéris.
Quand vous regardez leurs placards de décoration, on va les voir défilé dans quelques jours. Vous voyez que ils ont bouffé de l'OPEX. Donc, ce sont des des des hommes et des femmes qui ont vraiment euh qui se sont transformés, qui sont passés du soldat au aux guerriers.
Mais alors pour le coup, on n' pas du tout vu alors là où on peut se rassurer, c'est que personne sauf euh Poutine et sa bande euh avait imaginé le retour de finalement à la fois la guerre de 141 avec les tranchées et puis la guerre moderne avec des outils modernes. Surtout que les menaces sont désormais hybrides. Pierre Servant, on voit une armée française qui doit être sur plusieurs francs en même temps.
Satellite brouillé, câble sous-marin menacé, attaque cyber, souvent en provenance de la Russie. Le chef d'étatmajor des armées l'a dit encore dans sa conférence de presse. Est-ce que l'armée française est adaptée à ces formes de conflictualité assez dispersé et invisible ?
Oui et non parce que quand même elle travaille sur ces sujets sur la guerre de l'information. Il y a des efforts qui ont été faits. Le ministre Leillant quand il était à la l'hôtel de Brienne à la la à la la défense avait fait avancer un certain nombre de dossiers par rapport à la guerre informationnelle. par exemple le cyber, le spatial, la ministre Florence Parlie et une des premières à avoir dénoncé très tôt 2017 ou 2018 les tentatives des satellites russes de venir se coller aux satellites franco satellite franco-italien pour absorber et pomper les données recueillies par ce satellite. que on a on a alerté mais je reviens à mon point euh la réserve opérationnelle et pas dans 5 ans, dans 10 ans avec toutes les pesanteurs de gestion dont mes jeunes camarades que mes jeunes camarades pardon n'accepteront pas comme je l'ai fait moi et comme tous mes camarades de ma génération ont accepté de de de servir dans dans des situations extrêmement difficiles, il fallait se battre pour servir dans la réserve opérationnelle.
C'est sur le plan de la gestion, sur le plan de vos employeurs, vos employeurs qui avaient rien à du fait que vous soyez réserviste opérationnel. C'est pas le cas dans le groupe Big par exemple et dans d'autres grands groupes qui ont des des des accords avec la la défense. La réserve opérationnelle, je sais pas ce que le président va annoncer sur un service militaire peut-être volontaire, la réserve opérationnelle, c'est une clé majeure parce qu'elle apporte justement tout un champ de compétence venant du civil et qui dans un cadre militaire avec des hommes et des femmes formés hein, c'est pas c'est pas un transfert comme ça. des dè dès lors que vous mettez votre uniforme quand vous êtes réserviste, vous êtes militaire et vous et vous êtes soldé, décoré.
Votre avancement est géré d'une façon militaire. Il faut mettre l'accent là-dessus. C'est une grande idée de du ministre Lecornu qui est lui-même réserviste de la gendarmerie.
Mais c'est molaçon. C'est molaçon. Et ça fait des années que je dis tant que le président de la République puisque nous sommes en monarchie Margaot, vous avez remarqué que nous sommes dans une monarchie en France et bien tant que le président de la République n'accueille pas le 13 juillet à la Garden Party les meilleurs des réservistes pour les décorer n'invite pas à l'Élysée les entreprises grandes petites, moyennes qui se sont illustrées dans le fait de libérer leur salariés pour faire euh non pas ce qu'on appelle jist les périodes mais un engagement militaire à des postes opérationnels.
Tant que vous avez pas ce changement culturel pour se rapprocher de quelque chose que vous connaissez très bien qui est ce qui se passe aux États-Unis, on va continuer à joujouter quoi. Donc il faut arrêter de joujouter, il faut y aller. C'est vrai que le chef d'étatmajor parle de cohésion nationale.
Bien entendu. Vous faites une blague quand vous parlez de monarchie, je leur appelle à nos téléspectateurs parce qu'on se connaît bien. Oui.
Oui. Pardon. Alors alors non, vous savez que non mais dans dans j'ai quand même fait des études de sciences politiques, on parle souvent de en France de monarchie constitutionnelle. le fait que de Gaulle dans la 5e République a transposé un certain nombre d'éléments qui qui font du président de la République élu au suffrage universel avec la réforme de 62 et le premier élection 65 fait de la figure du président si vous voulez une sorte de de monarque.
C'est comme ça souvent d'ailleurs que nous regarde nos nos partenaires. Nous sommes en République, en démocratie et ce donc c'est une c'est un c'est un c'est à la fois un jeu de mots et c'est quand même quelque chose qui en France en France pèse. Et et donc pour revenir à cette cohésion nationale, euh c'est ça qui est la première menace qui est fortement menacée selon le chef d'état-major des armées.
Vous l'avez mentionné, le président va peut-être parler d'un service militaire volontaire euh quand il s'exprimera depuis l'hôtel de Brienne dimanche prochain. Euh est-ce que il y a besoin pour contrer ces sociétés autoritaires comme la Russie qui parlent d'endoctrinement dès le plus jeune âge dès l'école ? Est-ce qu'il y a besoin d'un retour à une certaine forme de patriotisme beaucoup plus incarné, beaucoup plus rigide peut-être dans nos sociétés occidentales pour faire face à ces poids lourds, à ces titans sur la scène internationale ?
La réponse est oui. Alors, par rigide, ça c'est intéressant parce que on peut euh renforcer le patriotisme, créer un service militaire volontaire, renforcer euh les réservistes et leur donner de la visibilité et le réserviste opérationnel et la réserve citoyenne également. C'est remettre tout cela je dirais en pointe alors que durant plusieurs décennies pour différentes raisons, tout ça a été mis sous le boissau.
Donc remettre tout ça en perspective, il faut le faire et pas de façon rigide. C'est ça qui est intéressant, c'est que dès que vous rigidifiez quelque chose, vous êtes certain d'être non opérationnel par rapport au défis qu'il y a devant. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'il faut être imaginatif. Il faut pas euh refaire le service militaire de papa. Ça a été une époque, ça avait un sens.
Il faut inventer, trouver des nouvelles des nouvelles formes. Mais oui, la réponse est oui, 1000 fois oui dans le contexte dans lequel nous sommes rentrés et qui va pas se terminer demain. C'estàd c'est pour 10 ans, 20 ans, 30 ans.
Donc c'est lourd la cohésion nationale, l'esprit national, le fait de se dire de temps en temps mais qu'est-ce que je fais pour mon pays ? Qu'est-ce que je fais pour mon pays ? Alors que on passe beaucoup de temps à se dire tiens, ben comment je vais gérer ma carrière ?
Comment je vais pouvoir faire ça ? C'est pas illégitime. Voilà.
Mais ce retour-là est pas de façon rigide, de façon moderne. Et alors, je vais utiliser un terme peut-être faire sursauter aussi comme d'une façon jouissive. Il faut il faut que c'est du sens, de l'envie, du désir.
Les moments les plus puissants que j'ai vécu dans ma vie professionnelle à la fois civile et militaire, c'est avec mes camarades en Afghanistan ou en Côte d'Ivoire. C'est la solidarité, c'est le sentiment de faire quelque chose qui vous dépasse. Et donc je crois que tout cela, il faut le remettre en selle et pas de coup de comment dirais-je un coup de menton de ce grognogneux mais d'une façon subtile et joucible.
Justement de de manière assez imbriquée. Le chef d'état-major des armées parle d'une menace existentielle que la guerre en Ukraine est décrite comme existentielle pardon pour la Russie. On peut se poser la question et pour l'Europe est-ce que c'est vraiment le cas ?
Est-ce qu'il y a eu une forme de réalisation que ce qu'il se passe en Ukraine peut-être demain à nos portes ? Et de fait, la Russie est passée en économie de guerre. Les pays européens ne le sont pas, ne le font pas.
Est-ce que il y aurait vous pensez réellement dans la société française, dans les sociétés une européennes une forme de volonté d'y arriver ? Est-ce que on peut faire ce choix-là ou est-ce que au vu de nos dépenses publiques, au vu de notre déficit, nous ne pouvrons jamais être à ce niveau-là de l'économie de guerre russe ? Bon, c'est une question très très importante que vous posez.
Je ne sais pas je ne sais pas quelle réponse y apporter. Poutine a été sidéré au début de la guerre en Ukraine. Il pensait que les Européens allaient s'égayer comme des poule en cactant.
On a renforcé l'OTAN, deux pays majeurs, la Suède et la Finlande. On on s'est réuni à Ramstein avec les Américains, avec tous les pays qui voulaient aider l'Ukraine et donc on ne s'est pas du tout débandé. Et je trouve que quand même le le l'esprit civique, la prise de conscience de l'importance de l'Ukraine globalement avec évidemment des trous dans la raquette avec certains pays qui finalement sont idéologiquement proches de Poutine et donc ont pas tellement envie de se mettre dans truc.
Mais globalement, je trouve que l'Union européenne a fait plutôt face. Après la difficulté Margaot c'est qu'il faut il faut accepter de souffrir. Il faut accepter de souffrir et nous sommes dans des sociétés on n pas du tout du tout envie de souffrir.
Et on parlait du budget de la défense. J'ai vu pendant 40 ans le budget de la défense se faire pilonner. Pourquoi ?
Pour pouvoir financer la protection sociale que je défends qui est quelque chose d'important qui est un acquis français. Mais pour ne pas avoir à souffrir dans les réformes à faire pour avoir une défense solide et une protection sociale solide, on a sacrifié la défense à la protection sociale. Et tout dernier point, euh le le il y a pas de question existentielle pour la Russie en Ukraine.
C'est un énorme bobar construit par le Kremelin. Il n'y a aucun risque existentiel. Aucun pays de l'OTAN, surtout pas ceux du Flan est qui ont passé leur vie à être envahis par les Russes puis par les soviétiques, n'ont la moindre envie d'aller attaquer la la Russie.
C'est une invention, c'est un immense bobar. En revanche, la réalité aujourd'hui, c'est que le surarmement russe, la brutalité, le caractère totalitaire du système russe fait peser sur les Européens une menace considérable. Mais malheureusement en Europe, quand vous prenez la géographie et que vous faites une échelle de température, bah vous avez le trait rouge sur les Pays-Bas de la Pologne, la Roumanie, tous les pays sont plus à l'est et puis plus nous on est un peu au milieu puis quand vous allez vers les pays Espagne, Portugal et la température, la prise de conscience de cette température est plus faible.
Mais c'est maintenant qu'il faut le faire. L'histoire de France nous montre que chaque fois que on n pas voulu voir les menaces, qu'on a pas voulu se faire mal, qu'on a pas voulu en 70 faire une vraie réforme du service militaire, instaurer un vrai service militaire, on n pas voulu faire pour différentes raisons. En 14, on n pas voulu construire avant une vraie réserve opérationnelle pour faire face au aux divisions allemandes avec des unités de réservistes.
Et en 40 enfin avant avant 39 la guerre de 39 on n pas voulu écouter le le généralo, le général Douac le colonel de Gaulle qui disait "Ben, il faut souffrir un petit peu pour constituer un nouvel outil déjà souffrir intellectuellement parce qu'on a on n pas envie de refaire une guerre pour arriver à y faire." Donc la question, elle est là. La France est un pays formidable, bourré de talent et cetera, mais nous sommes un pays euh parfois un peu insouciant ou indolent.
Pourtant, Pierre Servant, nous nous faisons pas face à une menace d'un pays avec qui est une puissance nucléaire. De fait la Russie hier, Kirstarmer et Emmanuel Macron ont annoncé un renforcement de la coopération franco-britannique. Écoutez, nous reconnaissons que nous n'imaginons pas de situation de menace extrême à l'Europe qui ne susciterait pas une rapide réponse de notre part, quelle que soit la nature de cette réponse.
La deuxième décision est que nous n'excluons pas la coordination de nos dissuasions respectives. C'est un message que doivent entendre nos partenaires et nos adversaires. Ça change quoi concrètement ?
Bah ça, écoutez, moi je pense que Vladimir Poutine et ses conseillers dans leur bureau, ils se disent "Merde, il continuent à bouger, à se renforcer et cetera." Alors, ils savent que la force des dissuasions nucléaires britanniques est fragile, très dépendante des Américains. Ils savent que celle de la France est autonome, suffisante et extrêmement solide.
Mais ce type de rapprochement et de discours, ça ennuie pour ne pas utiliser un autre terme, Vladimir Poutine. C'est pour ça d'ailleurs que vous avez vu que le Krémelin pilonne une nouvelle fois euh la possibilité d'une projection de force européenne en cas de cesser le feu et cera. C'est pour ça qu'il y aura pas de cesser le feu et cetera.
Donc je pense que ça envoie des messages au Kremelin sur vous vous êtes planté il y a 3 ans et demi en pensant que les Européens allaient le camp comme des des poules à qui on avit coupé la tête. Et bien non. Voilà.
Alors, il voit aussi que nous sommes moins courageux que que faut dire aussi que nous sommes pas une dictature, queon n'est pas encore en économie de guerre dont vous aviez parler, mais je pense que c'est tout à fait important et que ça n'arrange pas du tout les affaires hégémoniques du Kremelin. Mais est-ce que le signalement stratégique est assez fort Pierre Servant quand on apprend que la France a commandé de nouveaux missiles scalp que les britannique appelle les Storm Shadow et on apprend qu'il s'agit de la première commande depuis 15 ans alors que les Ukrainiens ne font que réclamer ces missiles de croisière depuis le début de la guerre. Comment vous expliquez que ça a autant tardé ?
Al Margaot, vous êtes redoutable hein, parce que vous vous vous voyez toujours avec beaucoup d'acuité, d'intelligence justement les les incohérences. C'est une incohérence. On avait parlé ensemble il y a quelques semaines d'une autre incohérence, le fait qu'il il a fallu aux Européens d'arriver au 17e plan de sanction pour que dans ce plan de sanction des matériaux des composants essentiels pour la fabrication des fusées russes soient mis sous embargot et soit soit arrêté.
Alors ça si vous voulez le le le charme désespérant des démocraties. C'est euh voilà, c'est aussi encore une fois la résultante du fait on se fait pas mal. C'est que cette décision aurait dû la faire bien avant mais certainement au détriment d'autres choses et cetera.
Donc c'est incompréhensible et je suis d'accord avec vous. Ça crée une distorsion et c'est pas bon pour les Français qui peuvent être fiers de leur armée, qui peuvent être fiers des budgets qui ont été adoptés et cetera. Et quand il voi des des quand ils entendent des choses comme ça sur lesquelles vous pointez le doigt à juste titre, il y a il y a quand même des incohérences et des des difficultés majeures.
Donc euh des choses avancent, des choses assez remarquables ont été faites et sont faites encore aujourd'hui. Et vous avez encore, je dirais le la masse inertielle de ce qu'est une démocratie qui est un système au combien important et que nous devons défendre mais qui crée des trous, des des impuissances, des des lobby le fait que vous puissiez voir, je dis pas que c'est une question de lobby sur le Storm Shadow et le le scalp, voilà, mais des querelles d'ingénieur, je dis pas que c'est ça non plus là-dessus, mais voilà, ce genre de chos toujours est-il que nous nous découvrons, moi avec vous, d'un coup des trucs dites "Mais c'est pas possible." Alors qu'on sait que le scalp et le Storm Shadow, donc des missiles de croisière avec une charge explosive très importante, une portée de 400 à 500 km, ont un effet majeur sur les postes de commandement euh russes.
Et regardez le Taurus, le Taurus allemand dont on parle, dont on pensait que c'était la livraison était acquise son c'est un missile de croisière avec une charge un emport d'explosif plus important donc capacité de destruction toujours avec le même principe. domicile de croisière est très très difficile à intercepter parce qu'en fait il vole au au rat basse altitude à très basse altitude mais il épousse dans son ordinateur de bord il épousse complètement le terrain il doit il y a une colline il passe au-dessus derrière il va dans le talveg il remonte il repart à droite et cetera donc c'est très difficile à intercepter et le taorus on y on y est pas encore. Pour conclure sur ce point si je puis dire je dirais mais que les Ukrainiens sont admirables.
Que les Ukrainiens sont admirables. d'enseignement avons-nous attiré, nous armée française, armée britannique, les autres armées européennes la masse d'enseignement attiré de ce pays en guerre qui subit ce qu'il subit depuis 3 ans et demi, qui fait face, qui met une branlée navale à la Russie en mer noire. C'est quand même assez extraordinaire.
Parmi les incohérences, la posture américaine vis-à-vis du conflit en Ukraine, des missiles patriotes avait été réclamés lors du sommet de l'OTAN. Et nous apprenons par Axios que Donald Trump prévoit d'envoyer des armes à l'Ukraine via l'OTAN. Est-ce que c'est un mécanisme qui peut être crédible ?
Est-ce que ça peut se faire d'une certaine manière ? Est-ce qu'il y a un mécanisme pour que l'OTAN puisse envoyer des armes à l'Ukraine que les Américains vendraient à des pays tiers ? Est-ce que c'est possible ?
Alors, je pense que c'est possible. C'est un drôle de de montage mais en fait on on comprend quand on sait que le cerveau de de Trump est guidé à la fois par un super égo de de super comptable. Ce que Trump ne veut pas, c'est payer.
Donc en fait l'idée c'est que il vend les patriotes américains à l'OTAN. Donc si je comprends bien l'OTAN a pas trop le choix. C'està-dire que les 33 32 moins les américains pays financent l'achat de ses patriotes et ils doivent donner ou revendre aux Ukrainiens ces ces ces ses patriotes.
C'est un système complètement alambiqué mais le résultat quand même c'est la possibilité pour les Ukrainiens de récupérer des patriotes et d'une certaine façon les Américains mettent la pression aussi sur le fait que des pays européens l'Espagne je crois la Grèce et cetera, ont un certain nombre de systèmes de défense solaire. pourrait faire un effort dans ce sens-là. Donc c'est complètement bizarre, c'est du Trump mais ça peut marcher et à la guerre comme à la guerre.
Donald Trump peut-il changer de posture à force d'être humilié par Vladimir Poutine ? Il a dit à NBC News qu'il prendrait une décision par rapport à la Russie lundi parce qu'il n'était pas content, je cite, de la Russie. Le tableoïte conservateur qu'on connaît bien, le New York Post qui est tout de même un tableoïde pro Trump que Donald Trump adore fait cette une aujourd'hui après un édito du comité éditorial la semaine dernière demandant directement au président américain arrêter cette horreur en Ukraine faite stopper la Russie.
Et on le voit ce bébé qui vient de décéder qui est montré dans cette une Post. Est-ce qu'il y a un moyen que l'opinion publique américaine mais aussi le camp magain puisse évoluer d'une certaine manière ? Pierre Servant ?
Honnêtement, je m'estime pas suffisamment compétent sur l'âme américaine, le fonctionnement euh de du clan Baga pour savoir si ça va faire basculer ou pas. Ce qui est certain, c'est que du côté de Donald Trump, le fait que Donald Trump a parlé et je cite entre guillemets de conneries en disant de Vladimir Poutin me dit des conneries sur la guerre en Ukraine. Bon, même si ce personnage utilise des des des insultes.
Donc ce que je crois vrai, c'est que Trump en a marre de se faire balader comme une girouette. Et 2è point et dernier point, il y a quand même dans le fond magar républicain un antisoviétisme qui a été structurel pendant des décennies, l'ours rouge, l'ours russe. Et donc, il est possible que ça puisse jouer aujourd'hui avec justement des photos comme celle-ci ou des campagnes allant dans ce
Benjamin Haddad