Emmanuel Macron positif au Covid-19, vaccin, loi sur la sécurité globale...Le "8.30 franceinfo" de Sébastien Chenu
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A toutes et à tous dans le 830 France Info. Bonjour Myriam Ancawa. Bonjour Mathéo, bonjour à tous. Avec côté, comme chaque samedi, journaliste à la chaîne parlementaire, notre invité ce matin est député du Nord, porte-parole du Rassemblement National.
Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour. Emmanuel Macron testé positif à la Covid-19, à l'isolement, dans sa résidence de la Lanterne à Versailles. Je vais bien. C'est le message qu'il a voulu faire passer hier dans une vidéo tournée au smartphone. Écoutez, regardez, on en parle juste après.
Je vais bien. J'ai les mêmes symptômes qu'hier, c'est-à-dire de la fatigue, des maux de tête, une toux sèche, comme des centaines de milliers d'entre vous qui ont eu à vivre ce virus ou qui le vivent aujourd'hui. Je vous rendrai compte chaque jour de l'évolution de la maladie, de ce virus. Il n'y a normalement pas de raison que cela évolue mal, mais je fais l'objet d'une surveillance médicale et je vous en rendrai compte de manière totalement transparente.
Voilà. Le président malade parmi les malades, qui va tenir au courant quotidiennement les Français de son état de santé. Est-ce que cette transparence-là, elle est bienvenue et est-ce qu'elle est suffisante ?
D'abord, pour ceux qui ont vu l'image, j'espère que le président va réellement bien. Enfin, il n'a pas l'air dans une forme éblouissante et on lui souhaite un bon rétablissement. La question de la santé des présidents de la République, c'est une question redondante depuis toujours. Moi, je suis favorable à ce que ce qui existe perdure, c'est-à-dire qu'un président de la République, en début de mandat et avec une régularité qu'on puisse avoir face à l'état de l'ensemble de son état de santé, pas plus, pas moins, un président de la République doit avoir une certaine liberté.
En l'occurrence, sur le Covid, la Covid, pardon, et l'infection qu'a subie le président de la République, c'est un peu, permettez-moi quand même, l'arroseur à arroser. Encore une fois, moi, je souhaite à Emmanuel Macron un très bon rétablissement et qu'il aille bien. Mais quand même, quand on a tapé sur la tête des Français pendant des semaines, voire des mois, quand on a infantilisé les Français, qu'on leur a dit, attention, pas plus de 6, touchez pas votre voisin, embrassez pas votre grand-mère, etc. Et qu'on se retrouve soi-même à faire des dîners à 8 ou 10 à l'Élysée, bon, c'est pas très responsable, quoi. Donc, il y a un peu ce côté arroseur-arrosé qui n'est pas terrible.
Vous auriez aimé qu'un bulletin de santé soit publié ? Vous parlez de la santé des présidents, qui a longtemps été un secret d'État, parfois un mensonge d'État. Là, la transparence est suffisante.
Oui, mais je pense que la transparence est suffisante. Il ne faut pas aller dans cette politique de trou de serrure, à regarder si le président a mal au crâne.
Parce qu'on voit sur les réseaux sociaux qu'il y a déjà des messages. Non, mais moi, je pense que... Sur le thème, ça n'est pas vrai. Tout ça, il faut le condamner.
Un bulletin de santé, je ne sais pas à quel moment il faudrait le faire, mais annuel ou tous les deux ans du président de la République, lorsqu'il est en plus un président jeune, me semble en forme. La question de la santé d'Emmanuel Macron est un faux sujet.
Et la question de la continuité de l'État ? Pas de difficulté ?
Pour l'instant, on voit bien qu'on peut faire beaucoup de choses à distance en ce qui concerne les réunions. Et peut-être que le président aurait dû être, d'ailleurs, lui-même plus prudent et utiliser le fameux distanciel plus souvent. La question de la continuité de l'État, elle ne se pose pas. L'État continue de fonctionner.
Donc, peut-être de l'imprudence, vous le dites. On l'a vu parfois sans masque au Conseil européen de Bruxelles. Le Premier ministre slovaque qui était présent a lui aussi positif. Il y a d'autres chefs de gouvernement européens qui sont à l'isolement. Il y a ce dîner, vous l'avez évoqué, de la majorité, mercredi soir à l'Élysée, plus de 10 personnes. Alors, certains disent que ce n'est pas respecter les règles en vigueur. D'autres disent que c'est un dîner professionnel. Est-ce que tout ça fait un peu tâche, fait un peu désordre ? Est-ce qu'on est peut-être dans une faute politique ?
Je ne sais pas si c'est une faute politique. C'est au moins une imprudence du Président. Et là encore, je vous dis, le Président de la République a quand même beaucoup infantilisé les Français avec des décisions parfois contradictoires, parfois autoritaires. Il y a une forme d'ironie que lui-même se retrouve contaminé. C'est assez ironique de voir que lui-même organise des dîners à un nombre de personnes supérieures à ce qu'il préconise et qu'il en devient victime.
Ce dîner, ça justifie franchement des plaintes contre X pour mise en danger d'un autre.
Non, mais moi je ne veux pas nourrir de polémique là-dessus. Je ne crois pas que ces plaintes soient justifiées, mais c'est la justice qui le dira. On a assez de polémiques et de difficultés dans notre pays pour ne pas en ouvrir de fausses. Emmanuel Macron a été visiblement imprudent, visiblement il a commis des erreurs qui lui reviennent en boomerang. C'est le sort en général de ceux qui donnent des leçons toute l'année.
Alors, à l'heure où la troisième vague menace, la campagne de vaccination des Français les plus fragiles devrait débuter dans quelques jours, juste après l'examen du vaccin Pfizer par l'Agence Européenne du Médicament. Après-demain, le gouvernement accélère donc. Est-ce que c'est une bonne nouvelle ?
Ce qui serait une bonne nouvelle, c'est que le gouvernement fasse ça dans la transparence. Accélérer et laisser aux Français le sentiment d'une opacité sur les contrats. Sur quoi précisément ? Sur les contrats à l'Union Européenne, vous avez vu qu'on signe un certain nombre de contrats pour des sommes très importantes. Alors, ce n'est pas de son fait puisque la France demande la transparence des contrats signés avec l'Union Européenne et les laboratoires. On aimerait avoir cette transparence, avoir une transparence sur les circuits de vaccination à venir, sur le plan de vaccination.
Moi, je m'aperçois qu'on nous dit qu'il y a à peu près 2 millions de doses et 1 million de personnes à vacciner prioritairement. Il faut 2 doses. Bon, on voit bien que ça va être riquérac, quoi. Donc, le calendrier, quel est-il ? On parle des personnes fragiles, pour les personnes en EHPAD, c'est la première phase. Voilà. J'aimerais que Jean Castex nous livre le plan de vaccination tel que l'État l'a prévu et anticipé, de façon totalement transparente. Qui fait quoi ? Vous êtes député. Le rôle de la médecine de ville.
Vous l'avez entendu à l'Assemblée nationale.
Non, ce n'est pas un plan de vaccination que j'ai entendu à l'Assemblée nationale. C'est une succession de monologues. On n'a pas eu de débat, pas eu de vote. Et j'aimerais que le Premier ministre nous livre exactement ce qu'ils ont anticipé. Qui fait quoi ? Quand ? Quel calendrier ? Quelle stratégie ? Il y a un calendrier, il est très clair, il y a même des dates. On voit bien d'ailleurs qu'il y a, à Charleville-Mézières ou Havre, très peu de personnes qui, finalement, vont se faire vacciner. Donc, qu'est-ce qu'on fait dans ces cas-là ?
Alors, justement, c'est une stratégie qui repose sur l'accord des personnes.
On va écouter Jean Castex. 1,6 millions de doses commandées. 840 000 personnes âgées en EHPAD seront vaccinées en priorité. À une seule condition, qu'elles soient d'accord. Écoutez le Premier ministre à l'Assemblée nationale, justement.
Aucune vaccination, y compris, bien entendu, dans les établissements, n'aura lieu sans que le consentement éclairé ait pu être exprimé.
C'est l'une des thématiques autour des vaccins. Sébastien Chenu, est-ce qu'il faut le rendre obligatoire ? Est-ce qu'il faut le rendre obligatoire pour les personnes les plus fragiles ? Est-ce qu'il faut laisser sa liberté aux Français, y compris, justement, les plus fragiles ? Votre position là-dessus et peut-être même la position du Rassemblement national ?
Oui, nous, nous sommes des gens de liberté. Nous croyons à la liberté et donc à la responsabilité, qui est quand même le corrélaire de la liberté. Plus on est libre, plus il faut être responsable. Le vaccin, ça ne peut pas être la roulette russe pour les gens. Ils ne peuvent pas se dire, en allant se faire vacciner, il y a un risque potentiel que je revienne avec davantage de problèmes. La question qu'on se pose, c'est est-ce que c'est un vaccin qui va limiter les contaminations, qui empêchera les contaminations ou qui va limiter l'aggravation de la Covid ? Ces réponses-là, c'est au goût...
Pour l'instant, ils ne stoppent pas la transmission pour ceux qui sont à l'ARN, mais c'est ce qu'on dit dans les études.
D'après ce qu'on en sait. J'en profite d'ailleurs pour faire un clin d'œil aux chercheurs de l'Institut Pasteur de Lille et saluer leur travail méritoire. Mais le gouvernement doit faire cet effort de transparence, car c'est la transparence qui crée la confiance et la confiance qui amènera les Français à se faire vacciner, pas autre chose.
8h40 sur France Info, le fil info, vous restez avec nous Sébastien Chenu, le fil info avec Diane Ferchit.
Le début des vacances de Noël et des retrouvailles en famille. 750 000 voyageurs attendus dans les gares d'ici dimanche et des tests obligatoires pour rejoindre la Corse. Un test, même négatif, ne garantit pas de ne pas être contaminé par le Covid. 19 rappels sur France Info, Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif de Corse, qui appelle au respect strict des gestes barrières, alors que l'épidémie de coronavirus ne faiblit pas. Santé publique France s'inquiète d'un nouvel afflux de malades après la période des fêtes. Et parmi les personnes contaminées en France, le président de la République, Emmanuel Macron, souffre toujours de fatigue, de toux et de maux de tête.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, il promet de rendre compte chaque jour de son état de santé. Entre 3 et 7 millions de tonnes de CO2 d'ici 2030, c'est ce que va générer l'arrivée de la 5G en France. Selon un rapport du Haut Conseil pour le climat, il demande aux entreprises du secteur de prendre des engagements. Quatre hommes mis en examen dans l'enquête sur l'attaque de septembre dernier, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, attaque au hachoir, qui a fait deux blessés graves. Ils sont soupçonnés d'avoir été au courant des projets de l'assaillant, et même d'avoir pu l'influencer avant son passage à l'acte.
Le début de la 16e journée de Ligue 1 de football, elle commencera à 17h avec Lens, qui se déplace à Metz.
France Info. Le 8.30 France Info avec Sébastien Chenu et Myriam Ancawa.
Allez-vous vous-même vous faire vacciner, Sébastien Chenu ? Vous parlez de vigilance et de transparence. Est-ce qu'il faut montrer l'exemple ?
Moi, je ne suis pas un anti-vaccin. Comme beaucoup de Français, j'ai envie d'être convaincu de l'utilité de me faire vacciner. Et comme beaucoup de Français, j'ai envie de dire que ça me regarde. Je vous disais tout à l'heure, je n'aime pas la politique du trou de serrure, et l'idée que chacun exhibe sa vie privée, sa santé, est quelque chose qui me laisse un peu interrogatif. Vous êtes aussi un responsable politique. Et vous savez que ça compte. Ce que je veux dire, c'est que le fait de convoquer les caméras pour se faire vacciner, très peu pour moi. En revanche, là encore, je ne suis pas un anti-vaccin. J'ai plutôt envie d'être convaincu de l'utilité de ce vaccin.
J'ai encore des questions. Je ne suis pas un public prioritaire. Et donc, par conséquent, lorsque ce sera mon tour, je pense y aller bien volontiers.
Si vous avez encore une grand-mère dans votre famille, vous... Vous l'inciterez à y aller ?
Oui, bien sûr, parce qu'elle est publique prioritaire et qu'elle est exposée. Et je pense que le bénéfice-risque est plus important pour elle si elle ne se vaccine pas. Elle a plus de risques à ne pas se vacciner qu'à se vacciner, arriver à 97 ans, ce qui concerne ma grand-mère.
L'une de vos collègues...
Elle sera ravie qu'on parle d'elle sur France Info.
L'une de vos collègues à l'Assemblée a proposé un passeport sanitaire pour l'élu de culture et restaurant. En gros, on rouvre pour tous ceux qui ont eu un vaccin. Ça peut être une piste pour accélérer la reprise de l'économie ?
Je trouve ça épouvantable. Je trouve absolument épouvantable cette espèce de dictature sanitaire dans laquelle les gens qui auraient eu un vaccin auraient le droit de circuler librement. Et les gens qui n'auraient pas de vaccin, on ne parle pas de gens positifs et de gens qui ne le seraient pas, ne pourraient pas être libres de leur mouvement. Certaines compagnies aériennes, leur visage notamment en Australie déjà. D'accord, mais je ne sais pas si on se rend compte de ce que ça veut dire. Enfin, si la députée qui a proposé ça, qui est une députée UDI ralliée à la majorité d'Emmanuel Macron, se rend compte de ce que ça veut dire, moi je suis contre ce type de proposition.
Voilà, moi je pense qu'il faut au contraire d'abord faire de la prévention. Une politique de santé publique, quelles que soient d'ailleurs les politiques de santé publique, ne se fait pas sur la coercition, ne se fait pas sur la punition, ne se fait pas sur l'interdiction, ça ne fonctionne pas. Ça se fait sur la pédagogie, ça se fait sur la capacité à convaincre, ça se fait sur l'exemplarité et ça se fait sur l'anticipation. Vous avouerez que sur tout ça, le gouvernement a raté.
L'Italie va se reconfiner du 21 décembre au 6 janvier. L'Autriche aussi se reconfine depuis hier. La Suède reconnaît l'échec de sa stratégie et pour une fois, l'Allemagne nous félicite pour la gestion réussie, notamment du reconfinement. Est-ce que vous reconnaissez au fond, même si c'est vrai, ces trois derniers jours, les chiffres sont inquiétants, les indicateurs épidémiques, est-ce que vous reconnaissez qu'au fond ce gouvernement n'a pas tout raté ?
Non, je pense que le gouvernement a raté d'abord dès le démarrage la gestion de cette pandémie. Je note quelques autres exemples, parce que vous citez des exemples, mais moi j'ai regardé ce matin ce qui se faisait partout en Europe. Et je vois qu'il y a des choses très différentes qui se font, dont on aurait peut-être pu s'inspirer. D'abord il y a des pays qui maintiennent leur commerce ouvert, jusqu'à 21h, 22h, je pense, des pays pas très loin, je pense au Portugal, je pense à la Suisse, je pense à la Suède, je pense à la Bulgarie. Tous ces pays maintiennent leur commerce ouvert.
Mais qui utilise des mesures restrictives bien plus dures, si il faut le dire.
Et il y a des pays, et j'ai trouvé que c'était très intéressant, et on l'avait tutoyé lors de la première vague de Covid, qui font de la gestion départementalisée ou régionalisée. C'est-à-dire que vous avez des zones, zones de très grande contamination, moyenne ou petite, et selon ces zones, vous adaptez les politiques publiques qui sont menées.
Qui adapterait si c'était régionalisé ? A qui vous donnait le pouvoir ? Aux élus locaux ? Aux préfets ?
Oui, mais je crois que c'est ça, c'est ça la capacité à dialoguer avec les élus locaux, les collectivités. On nous a vendu lors du premier confinement, le couple maire-préfet, etc. Rien ne fonctionne en ce qui concerne le second confinement sur ça. On a vu que la France était grosso modo divisée en deux, du nord au sud, avec cette seconde vague. Eh bien, pourquoi avoir les mêmes dispositions dans toute la France ?
Vous voyez bien que dans d'autres pays, les lieux de culture, par exemple, sont aussi fermés. Bien sûr. Il y a des décisions qui relèvent, et puis c'est la compétence sanitaire qui est nationale dans notre pays, de décisions de responsables qu'ils doivent endosser.
D'accord, mais la compétence sanitaire est nationale, mais ça ne veut pas dire la bureaucratie. Je crois qu'on est en train d'écrouler une partie de notre économie, la culture fait partie de l'économie, aux bénéfices de décisions qui ne font pas leur preuve, puisque vous le disiez, les contaminations sont toujours assez importantes, assez élevées dans notre pays, alors que les bars, les restaurants et les lieux de culture sont fermés.
On va parler de sécurité, des lois à venir, mais je voulais vous interpeller sur quelque chose. Dans la nuit de jeudi à vendredi, vous avez sans doute suivi ça, des policiers ont manifesté à Rennes en pleine nuit. Il était minuit, ils se sont approchés très près et visiblement volontairement du domicile de la maire PS de la ville. Est-ce que tout cela ne va pas trop loin ? Est-ce qu'en tant que député, ça ne vous choque pas qu'on puisse comme ça intimider des élus ?
Les policiers ne cherchent à intimider personne, ils sont eux-mêmes victimes d'intimidation tout au long de l'année. Moi j'étais avec des policiers devant le domicile du maire de Rennes, c'est bon, ça va, c'est pas Verdun non plus. C'est bon, je pense qu'elle s'en remettra qu'il y ait des policiers qui soient les manifestés devant son domicile. À un moment il faut regarder les choses avec un peu de distance. Moi j'étais avec les forces de l'ordre mardi soir à Valenciennes pour les soutenir, parce qu'elles ont besoin d'être soutenues.
J'ai eu au téléphone les policiers qui se sont fait durement agresser, et vous en avez fait écho à Valenciennes et à Marly cette semaine, en début de semaine, deux policiers. Ce sont les policiers qui aujourd'hui deviennent des cibles dans notre pays. Les soutenir est notre devoir. Il manque de reconnaissance et de soutien, ils nous le disent. Et par-dessus tout, je crois qu'ils détestent encore plus les éternelles pleureuses qui viennent verser des larmes de crocodile en leur disant on vous soutient, qui, lorsqu'ils sont en responsabilité, enlèvent des crédits et des postes. Alors il y a une stratégie de la sécurité à mettre en place en ce pays.
Il y a les violences subies par les policiers, il y a aussi des violences policières dans le pays.
Non, non, non, Madame, le mot violences policières sous-entend qu'il y a quelque chose de systématique. Il y a des violences qui peuvent être commises, des bavures par des policiers de façon extrêmement marginale. Il n'y a pas des violences policières dans notre pays. Soyons précis sur les mots. Dans le cas de Michel Zéclair, il se passe quoi exactement ? C'est probablement une bavure qui doit être sanctionnée à la hauteur de celle-ci. Mais si c'est un policier qui est violent, c'est une violence policière ?
Non, mais on peut dire qu'il y a en France des violences policières parce que ça sous-entend quelque chose de systématique dans ce corps qui assure la protection des Français et qui lui-même est contrôlé et réprimé d'ailleurs très sévèrement.
N'empêche que la défiance, elle est là. Elle existe des deux côtés entre la population et sa police. Il y a l'expression n'est pas de moi un beau veau de la police qui se prépare. Le syndicat Alliance ne veut pas y participer. Vous le suivez là-dessus ou vous lui demandez au fond de revenir à la table du dialogue pour essayer de comprendre ce qui se passe ?
C'est-à-dire que si on regarde ce qui s'est fait avec le Ségur de la santé, je comprends que les syndicats de police se disent qu'on est en train de les entraîner exactement sur le même territoire. C'est-à-dire qu'on réunit tout le monde, on blablate et puis derrière rien du tout.
Mais il n'est pas le temps de remettre un peu les choses à plat ?
Bien sûr.
Et notamment la question des contrôles, des contrôles d'identité, des contrôles au faciès parfois, ça existe aussi ?
On peut parler de tout ça mais bien sûr qu'il est temps de remettre tout ça à plat. La population soutient majoritairement la police. N'essayons pas, n'entretenons pas cette défiance que certains souhaitent entretenir en disant les Français sont hostiles à leur police, ils sont attachés à leur police. Moi ce qui me frappe, c'est que notre État est si autoritaire, pratique l'autoritarisme parce qu'il manque d'autorité justement, et en même temps si impuissant. Ça c'est le climat dans lequel nous vivons. Qu'au bout de trois ans et demi, le gouvernement d'Emmanuel Macron se rende compte qu'il faut remettre à plat un certain nombre de choses, c'est un peu tard.
Tout ce qui pourrait être fait, nous nous le soutiendrons, mais c'est un peu tard. Mais je crois qu'il n'y a pas de vision, il n'y a pas de stratégie, il n'y a pas de volonté, il n'y a pas de moyens. Alors évidemment avec ça, quand vous dites aux policiers on va vous réunir, quand on manque de tout cela, au bout de trois ans et demi, ça laisse dubitatif.
Il y a deux lois qui se font écho, même si les deux n'ont évidemment pas le même but et pas les mêmes dispositions. La loi sécurité globale et la loi renforçant les principes républicains, ex-séparatisme, qui arrive. Vous comptez les voter, vous les trouvez insuffisantes, vous trouvez qu'elles vont dans le bon sens, mais ne suffisent pas ?
Il faudra voir ce qu'il y a un peu dans ces lois de façon concrète, parce que la loi sur le séparatisme, enfin qui ne s'appelle pas loi sur le séparatisme, vous l'avez dit, loi qui renforçant les principes républicains, je pense qu'elle passe complètement à côté de l'objectif qui est celui de lutter contre l'islamisme ou contre l'islam politique ou contre l'islam radical, on peut appeler ça de différentes façons, et que ce n'est pas en sanctionnant ou en faisant semblant de revisiter la laïcité dans notre pays qu'on s'attaque à tout cela, le volet immigration n'est pas traité, le volet de l'islam radical dans le monde du travail.
Sur les associations, les écoles clandestines, les cultes musulmans, on ne peut pas dire que c'est un texte vide.
Ce sont des mesures administratives, mais par exemple on passe complètement à côté de l'implication de l'islam radical dans le monde du travail, il n'y a rien là-dessus, rien sur l'immigration. Or aujourd'hui tout le monde dit ce que le Rassemblement National et Marine Le Pen dit depuis toujours, oui il y a un lien entre islam radical et immigration. Toute la classe politique aujourd'hui le dit. Donc par conséquent ce texte il passe à côté de ses objectifs. Ce n'est pas en s'attaquant à tout le monde, je pense notamment à l'éducation à la maison, en sanctionnant tous les parents qui ont choisi cette liberté, qu'on luttera contre l'islam radical.
Sébastien Chenu, vous restez avec nous jusqu'à 9h, il est 8h51, pardon pour le petit retard, vient de faire chit, c'est le Filinfo.
L'Italie l'a appris cette nuit, le pays sera confiné à partir de lundi et durant toute la période des fêtes nouveaux, confinement le troisième aussi pour l'Autriche, il débutera au lendemain de Noël, et ensuite pour la première fois le port du masque est recommandé dans les transports publics. En France, l'inquiétude des autorités sanitaires, alors que l'on recense encore plus de 15 500 nouvelles contaminations en 24 heures, la France qui a franchi le seuil des 60 000 morts dues au coronavirus. Testé positif, Emmanuel Macron est isolé dans le pavillon de la Lanterne à Versailles sur les réseaux sociaux.
Il assure aller bien malgré une activité ralentie, le chef de l'État fera chaque jour un point sur son état de santé. Le vaccin de Moderna est désormais disponible. L'annonce de Donald Trump après que l'agence américaine des médicaments a accordé une autorisation en urgence au vaccin de Moderna contre le Covid-19. L'agence européenne du médicament débutera lundi l'examen du dossier du vaccin Pfizer. L'édition 2021 du concours de Miss France ce soir est dans le contexte actuel. On a besoin de joie, de bonheur et de rêve, estime sur France Info sa directrice générale, Sylvie Tellier.
Pas de masque sur la scène du Puy-du-Fou ce soir, mais Sylvie Tellier assure que la distanciation sociale sera conservée dans les coulisses.
France Info. Le 8.30 France Info avec Sébastien Chenu et Myriam Ancawa.
On va parler des régionales à présent. S'il y a une région que le Rassemblement National peut remporter, c'est la vôtre, les Hauts-de-France. C'est vous, Sébastien Chenu, qui serait très probablement candidat face à Xavier Bertrand. Pourtant, les sondages ne sont pas extraordinaires. Xavier Bertrand est devant vous au premier tour et gagnant au second. Qu'est-ce qui ne va pas ? Comment vous l'expliquez ?
D'abord, on est très loin des élections régionales. On verra d'abord qui est notre candidat pour le Rassemblement National. La commission d'investiture le décidera. Mais moi, j'ai fait acte de candidature auprès des membres de mon parti politique.
Quand on regarde votre agenda, vous êtes quasiment en campagne.
En tout cas, moi, si vous voulez, je ne vais pas me servir de cette élection régionale pour un tremplin pour la présidentielle. Le problème, c'est que Xavier Bertrand dit « votez pour moi et je partirai ». Si vous votez pour moi, je serai candidat aux présidentielles. C'est une curieuse façon de concevoir l'intérêt de la région. Moi, je dis simplement que notre région, elle subit d'une façon peut-être encore plus forte qu'ailleurs tous les errements de la politique actuelle. Que ce soit la crise sanitaire, que ce soit la crise économique, que ce soit l'immigration, la région des Hauts-de-France subit de façon encore plus forte les politiques qui sont menées depuis toujours et que M.
Bertrand accompagne. Donc moi, j'ai envie de changer les choses et nous sommes, je crois, le Rassemblement National, les seuls qui puissent changer les choses. Non, si vous voulez, un président de région qui vous dit « votez pour moi et je partirai », déjà, ce n'est pas vraiment l'intérêt de la région. Moi, je veux de la proximité. Et je vous dis, si j'étais candidat, mon slogan, ce serait celui d'une région qui protège. Car je crois fondamentalement que c'est ce qu'attendent les habitants des Hauts-de-France.
Il y a une donne qui change aussi localement, c'est que les socialistes ont dit que cette fois, il n'y aura pas de front républicain s'ils ne peuvent pas se maintenir, s'ils arrivent troisième, pardonnez-moi. C'est ce qu'a dit Patrick Cannaire à votre place ici même la semaine dernière. Merci les socialistes ?
Non, mais c'est M. Bertrand qui doit dire merci aux socialistes. C'est à lui qu'il doit son siège à la région. Ah oui, mais là, cette fois, la donne elle change, la donne politique. Pour l'instant, les socialistes sont des propos qui sont des propos de pré-campagne. Ils essayent d'exister. Vous avez fait parler de sondage. Effectivement, la liste des républicains de Xavier Bertrand et la nôtre du Rassemblement National sont au coude à coude. Personne d'autre ne peut diriger cette région. Ce sera ou M. Bertrand qui partira à l'élection présidentielle après ou ce sera le Rassemblement National.
Eh bien moi, je souhaite que si on veut de la proximité, si on veut donner une chance à la Picardie et au Nord-Pas-de-Calais, ces deux régions qui ont été fusionnées, alors il faut un candidat de la proximité.
Une question qui n'était pas prévue, mais j'y pense parce que vous êtes députée du Nord. Il y a une jeune fille trans qui s'est donnée la mort. Elle était au lycée Fenelon de Lille et son établissement. Et l'éducation nationale, plus généralement, reconnaissent que sur ces questions d'identité sexuelle, ils ne sont pas encore tout à fait au point et qu'ils n'arrivent pas forcément à coller à l'évolution de la société suffisamment à temps. Comment on peut les y aider ?
D'abord, je vais lui transmettre mes voeux, non pas à cette jeune fille, à sa famille, des voeux de courage dans cette horreur qu'ils subissent. Un enfant qui se suicide, c'est forcément quelque chose d'horrible. On sait qu'à l'adolescence, des troubles sur sa vie intime, sa sexualité, son identité, ça peut être des choses qui vous amènent très loin. Ils ont amené cette jeune fille ou ce jeune garçon trans. Je ne sais pas exactement comment dire, mais en tous les cas, vous ne voyez aucune condescendance dans mon propos. Moi, je pense qu'effectivement, aider les adolescents à se construire, les accompagner dans leur parcours, ça fait partie aussi des œuvres de l'éducation nationale.
On a pu comprendre, et je ne veux pas jeter la pierre, tout ça est très difficile à l'éducation nationale, mais on a pu comprendre que la réponse éducative n'avait pas été, ou l'écoute n'avait pas été à la hauteur. En tous les cas, je crois que ce sont des sujets qu'il faut prendre au sérieux. quand on est un ado et qu'on se construit, on peut être face à des questionnements très difficiles.
Toujours au chapitre des élections, peut-être une question sur un référendum qui se prépare. Il y a encore beaucoup de conditions, bien sûr. Emmanuel Macron souhaite poser une question aux Français. Êtes-vous pour inscrire dans la Constitution la lutte pour le climat et la diversité ?
Êtes-vous pour ? La biodiversité. Je trouve ça ridicule. Je trouve ça ridicule. Je trouve ça ridicule. C'est vraiment une opération de com'. Je veux dire, ça fait déjà partie, la Charte de l'environnement, elle est déjà intégrée au bloc de constitutionnalité. Et sa jurisprudence existe déjà. C'est-à-dire que le principe pollueur-payeur, on l'applique déjà dans notre pays.
Ça va être difficile quand même de s'opposer à l'inscription de ça dans la loi fondamentale quand même.
Non mais que le Président de la République veuille bidouiller à travers l'article 89 la Constitution pour en faire une opération de communication, je pense que ça se retournera. Vous ferez campagne pour le nom ? Mais on verra, on verra si d'abord le Sénat donne le feu vert. Je trouve que tout le monde le voit. C'est une énorme opération de communication. Alors je vais vous dire, je crois que c'est pas demain la veille qu'il y aura un référendum sur cette question-là. En tous les cas, pour y mettre ce terme-là. Moi j'attends des référendums sur ce qui clive la société française, sur ce qui fait débat.
Tout le monde est favorable à ce que la protection, la lutte pour le climat soit une priorité. Mais moi j'attends un référendum sur l'immigration, j'attends un référendum sur les retraites, j'attends des référendums sur ce qui clive la société. Là tout le monde est d'accord.
J'ai le temps d'une dernière petite question. Très très vite, vous souhaitez un accord sur le Brexit, c'est votre région. C'est les pêcheurs français qui subiraient les conséquences d'un autre deal.
Vous avez raison, les pêcheurs français et de l'autre côté les pêcheurs britanniques puisqu'ils utilisent le port de Boulogne. Je me suis rendu sur le port de Boulogne, je souhaite un accord. Et je souhaite qu'on protège la pêche française qui dépend des eaux britanniques évidemment, mais les britanniques dépendent également des français. Un accord doit être trouvé évidemment.
Merci à tous les deux, merci Myriam, merci Sébastien Chenu.
A demain sur France Info à la même heure. Merci à vous.