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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 14 mai 2020 25 min

Sanofi, emplois aidés, économie... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot, début de rétro-pédalage chez Sanofi, hier soir le PDG du groupe français indiquait que s'il trouvait un vaccin contre le coronavirus, il le réserverait en priorité au marché américain. Ce matin sur France Info, le directeur général de la branche française du même groupe Sanofi explique qu'il y aura des vaccins pour tout le monde. Est-ce que vous êtes rassuré ?

0:26
Yannick Jadot

Non, je ne suis pas rassuré qu'un groupe français qui bénéficie de toutes les infrastructures publiques en France, qui bénéficient de fonds publics régulièrement, notamment le crédit impôt recherche, puisse favoriser comme ça un débouché américain. On sait bien que quand on va sortir le vaccin, c'est faux de dire qu'il y en aura pour tout le monde. Évidemment, il va y avoir une file d'attente dans des conditions assez un peu différentes. En Allemagne, vous vous souvenez, Trump qui voulait récupérer le vaccin produit par une firme allemande. Le gouvernement allemand s'y était fermement opposé. C'était une bonne nouvelle.

On a eu il y a quelques semaines l'histoire de Biomérieux et d'un de ses tests qui lui aussi est destiné au ministère américain de la Défense. Cela nous confirme absolument dans le combat que nous menons au niveau français et au niveau européen sur l'enjeu de la souveraineté en matière de santé, sur la responsabilité des groupes installés en Europe, en France, qui bénéficient de subventions publiques et qui doivent servir l'intérêt général, servir l'Europe, servir la santé des Français et des Européens.

1:46
Présentateur

C'est-à-dire que vous pensez que le gouvernement, à travers ce fameux crédit d'impôt recherche dont Sanofi a touché 150 millions d'euros par an ces dernières années, a son mot à dire dans les choix d'une entreprise privée ?

1:57
Yannick Jadot

Absolument. Absolument. On ne peut pas mettre à l'arrêt l'économie. On ne peut pas se retrouver dans une situation sociale absolument dramatique et qui va s'aggraver et considérer qu'à un moment, la propriété privée définit tout, notamment quand il s'agit de santé.

On a eu tout le débat ces dernières semaines, ces derniers mois, sur les enjeux de réquisition, sur les masques, sur les tests, sur le fait que l'économie devait à la fois, évidemment, se replier, se contracter, faire le dos rond dans cette situation, mais se mettre au service de la santé, Sanofi doit assumer ses responsabilités et effectivement se mettre au service de la santé des Français, des Européens et pas simplement de ses intérêts financiers aux Etats-Unis.

2:52
Présentateur

Cela signifie, Yannick Jadoc, si un jour, un laboratoire français, ce qu'on souhaite tous, trouve, ce vaccin, il doit être réservé d'abord aux Français, mais qu'à contrario, si c'est un laboratoire américain qu'il fait, vous comprendriez qu'il le réserve à sa population ?

3:04
Yannick Jadot

Mais il va y avoir forcément des files d'attente. Quand on va produire, on ne va pas produire immédiatement... Et donc, il faudra sans doute fixer des priorités. ...7,5 milliards de vaccins. Donc, à l'Europe, vous savez que je me bats au niveau européen pour changer les marchés publics, pour qu'on ait un « buy European act », c'est-à-dire qu'à travers nos marchés publics, auxquels répondent notamment les groupes pharmaceutiques, on puisse privilégier des groupes européens.

Donc, il faut utiliser tous les instruments, non pas pour en permanence contraindre les groupes économiques, mais pour que l'organisation, l'écosystème de la santé entre la décision publique et les groupes privés favorise l'intérêt général de la santé et pas les intérêts financiers des groupes, notamment quand ils touchent des fonds publics.

3:53
Présentateur

Vous n'avez pas tout à fait répondu à ma question. Si c'est un groupe français, on le réserve à la France. Si c'est un groupe américain, ils le réservent d'abord à son marché ?

4:00
Yannick Jadot

Mais vous verrez qu'aux États-Unis, si c'est un groupe américain qui trouve le vaccin, les Américains seront servis les premiers. Alors, moi, je me bats au niveau européen pour qu'il y ait une grande coopération sur les vaccins, sur les traitements, parce que c'est un déficit majeur qu'on constate dans cette crise. Et donc, il va falloir que l'Europe se dote d'une souveraineté en matière de médicaments, en matière de matériel de santé, et arrête de dépendre des Chinois, des Indiens ou des Américains. C'est un enjeu de souveraineté.

4:32
Invité

Yannick Jadot, vous signez ce matin un appel qui rassemble 150 personnalités politiques, des intellectuels aussi, pour une convention d'un monde commun, un appel de personnalités de gauche et d'écologistes. Et dans ce texte, eh bien, on lit notamment que cette crise, donc elle confirme, je cite, l'urgence radicale des grandes transitions, d'abord des transitions écologiques, qu'il faut tourner la page du productivisme, etc. Est-ce que ça veut dire, Yannick Jadot, que vous avez le sentiment que cette crise, en fait, elle vous donne raison sur tout, et que si vous aviez été au pouvoir, vous l'auriez anticipée et gérée autrement ?

5:02
Yannick Jadot

Cette crise, elle bouscule tout le monde. Elle bouscule toutes les certitudes. Et je crois que, depuis des semaines et des semaines, je n'ai pas rencontré une Française ou un Français sidérés par la vulnérabilité de notre économie, par la fragilité de notre santé, par ces enjeux de mondialisation, de souveraineté, de résilience.

Et donc, évidemment, quand on s'est battu pendant des années et des années pour la défense d'un service public de la santé, quand on s'est battu des années et des années contre la déforestation et la crise écologique, dont on sait qu'il y a un vecteur aggravant des pandémies, quand on s'est battu pour qu'il y ait cette résilience et cette souveraineté européenne, on se dit que le moment est venu de porter concrètement, pratiquement pour les Françaises et les Français, les Européennes et les Européens, les solutions. Mais attention, dans cette complexité que nous vivons, c'est pour ça que je défends à ce point l'intelligence collective.

Personne n'a les réponses à tous les problèmes que nous rencontrons. Personne. Et c'est pour ça... Mais si je vous suis, cette crise, elle bouscule toutes les certitudes, sauf les vôtres, sauf celles des écologiques. Non, j'ai justement dit que tout le monde devait être capable de se remettre en cause. On a des enjeux, on le voit bien, en matière sociale, en matière économique, en matière d'organisation de l'État, qui sont d'une complexité extraordinaire, d'une difficulté extraordinaire. Mais il est certain que le modèle de circuit court que nous proposons en agriculture, avec l'agroécologie, c'est la réponse à la crise écologique, c'est une partie de la réponse à ces pandémies.

Quand nous proposons... Là, c'est un combat que je mène au niveau européen, je l'ai dit, sur les marchés publics, de favoriser dans nos appels d'offres, ce qui est aujourd'hui interdit, de favoriser les PME, qui sont la richesse, le cœur de notre économie et de l'emploi dans notre pays, de l'ancrage territorial, je crois que ça correspond aux aspirations sociales, écologiques, de contrôle de nos vies, de nos citoyens. Mais je ne prétends pas que les écologistes ont seuls les réponses.

Et c'est pour ça, d'ailleurs, que sur tous les grands secteurs stratégiques, sur tous les enjeux nés de cette crise, nous proposons de mettre les acteurs qui agissent, qui réfléchissent, qui inventent autour de la table pour qu'on ne se trompe pas de solution.

7:38
Présentateur

Yannick Jadot, vous restez avec nous, on s'interrompt quelques instants à 8h41 pour retrouver Solène Cresson pour le Filinfo. Évidemment, si Sanofi découvre un vaccin contre le Covid-19, il sera accessible à tous. Le président de Sanofi France rassure sur France Info, après les propos polémiques du directeur général du laboratoire français, servir les Etats-Unis en priorité en cas de découverte d'un vaccin. Je ne suis pas rassurée qu'un groupe français qui bénéficie de fonds publics puisse favoriser un débouché américain. Réagit lui sur France Info, Yannick Jadot, député européen Europe Écologie-Les Verts.

Jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende pour les entreprises qui ont fraudé dans leur demande de chômage partiel. Plus d'un million d'entreprises en ont fait la demande depuis le début de la crise sanitaire. Le gouvernement va maintenant les contrôler. Un plan Marshall du tourisme, comme le dit le gouvernement, plan de relance dévoilé ce matin. Une enveloppe de plus d'un milliard 300 millions d'euros pour soutenir le secteur et ses deux millions d'emplois. Jean Rottener réclame la réouverture des frontières avec l'Allemagne. Le président de la région Grand Est demande d'urgence une dérogation pour résidents et travailleurs frontaliers.

Près de 4000 personnes infectées tous les jours en France. L'Institut Pasteur assure que le virus circule trois fois plus vite que prévu au moment du déconfinement. Yannick Jadot, les Français ont été malmenés. Il y a eu à la fois infantilisation, menaces et mensonges. C'est ce que dit ce matin Ségolène Royal. Est-ce que vous estimez vous aussi que la crise a été mal gérée par le pouvoir en France ?

9:09
Yannick Jadot

Il y a une colère profonde chez les Françaises et les Français aujourd'hui autour de cette crise. Alors évidemment, cette colère qui est sociale, qui est démocratique, elle n'est pas née dans cette crise, mais elle s'est sacrément renforcée. Parce qu'effectivement, quand les Françaises et les Français ont subi des messages contradictoires, des messages changeants de la part du gouvernement sur les masques, sur les tests, il y a de quoi être en colère. Vous avez encore vu ces derniers jours 85 millions de masques qui étaient dans un entrepôt et qui ont été oubliés, parfois détruits par l'État, alors qu'il n'y avait pas de masques dans les EHPAD.

Parce qu'ils n'étaient plus utilisables, Yannick Jadot, qu'ils étaient périmés. Non, 85 millions vont être remis en circulation. 85 millions, c'est plus que tout ce que les entreprises françaises ont pu produire comme masques depuis le début de la crise. Donc, il y a une infantilisation, une culpabilisation des Français qui génère une colère extraordinaire. Une colère contre qui, aujourd'hui, Yannick Jadot ?

10:23
Présentateur

Une colère contre l'État qui n'a pas été capable depuis des années de reconstituer les stocks de masques ? Une colère plus précisément contre ceux qui nous gouvernent aujourd'hui ?

10:32
Yannick Jadot

La colère, elle porte à la fois sur la façon dont l'hôpital a été malmené. Elle porte sur la façon dont, à travers les gilets jaunes, les services publics ont disparu. L'activité économique a disparu d'une partie de nos territoires. La colère sociale sur la précarité, l'émergence de ce qu'appelait un préfet les émeutes de la faim dans certains quartiers, dans certains départements français. Donc, il y a une colère, mais qui devra trouver un débouché. Vous savez, les écologistes, il n'est pas question d'instrumentaliser cette colère. L'État a voulu, le gouvernement a voulu ignorer cette colère. Certains, à l'extrême droite notamment, veulent l'instrumentaliser.

Nous, cette colère, on l'a fait nôtre, mais pour apporter des réponses.

11:25
Invité

Cette colère, Yannick Jadot, sur la gestion sanitaire, elle se traduit notamment par une avalanche de plaintes, de nombreux dépôts de plaintes qui visent des ministres. Est-ce que vous les trouvez légitimes, ces plaintes, et est-ce que vous les soutenez ?

11:38
Yannick Jadot

Ces plaintes, elles sont légitimes au regard d'un certain nombre de, notamment de professions, qui se sont trouvées totalement dépourvues de matériel, de soutien, alors que ces professions faisaient face à la plus grande pandémie qu'on ait eue depuis un siècle. Quand je vois le gouvernement...

12:00
Invité

Il faut traduire des responsables politiques, et en l'occurrence des ministres en justice, selon vous.

12:05
Yannick Jadot

Ça fait partie du cadre. Moi, je préférerais, je l'ai dit depuis le début, j'aurais préféré que, plutôt qu'Emmanuel Macron décide seul de l'ensemble du dispositif de crise sanitaire et de gestion sociale. Je l'ai toujours dit, j'aurais préféré que les forces politiques, les forces sociales soient réunies tous les jours, tous les deux jours, autour des scientifiques, pour qu'on évite les mensonges, qu'on évite les polémiques, et qu'on prenne les Français pour des adultes. On parlait de colère. Vous vous rendez compte que le schéma d'indemnisation professionnelle du Covid, proposé par le gouvernement, il ne va s'adresser qu'aux personnels soignants.

Tant mieux, mais c'est souvent, en plus, un système d'indemnisation extrêmement, souvent médiocre. Mais les personnes qui sont à l'accueil des hôpitaux, les personnes qui font le ménage dans les hôpitaux, tous les personnels non soignants, plus les personnes qui travaillent dans les magasins, les personnes qui livrent, les personnes qui ramassent nos poubelles, les personnes qui assurent l'activité économique et la survie de notre société en ce moment, ne seront pas couverts par cette indemnisation professionnelle. Pour gérer cette crise, Yannick Jadot, pour gérer cette crise, si je vous suis,

13:24
Invité

vous auriez souhaité que tout le monde y soit associé de façon quotidienne, vous le disiez à l'instant, vous auriez souhaité, en fait, pour gérer cette crise, un vrai gouvernement d'union nationale. Et vous en auriez été...

13:32
Yannick Jadot

Pas un gouvernement d'union nationale. On peut parfaitement organiser, avec intelligence, autour du gouvernement, encore une fois, un échange quotidien, tous les deux jours, qui permette de mettre en commun les incertitudes. Vous mettez d'accord tout le monde, Yannick Jadot, sur une question... Les réponses, les manquements, on aurait évité ces mensonges qui nous ont été sortis tous les deux jours sur les pénuries de masques, sur les pénuries de tests.

13:59
Présentateur

Comment vous mettez d'accord tout le monde sur une question, par exemple, sur l'école, si vous demandez à l'ensemble de la classe politique de faire un choix sur la réouverture des écoles, une partie est pour, une partie est contre, une partie dit c'est trop tôt, une partie dit c'est trop tard ?

14:11
Yannick Jadot

Ce qui est certain, c'est que quand le président de la République ou un ministre annonce seul les conditions et les dates de réouverture des écoles sans en parler avant aux professionnels de l'enseignement, aux parents d'élèves, ça crée toujours des difficultés. Moi, j'ai confiance dans l'intelligence collective. J'ai confiance dans le fait que quand on met les Français en responsabilité et ils l'ont démontré, on n'a pas besoin de les menacer matin, midi et soir en leur disant si vous vous comportez mal, on va vous reconfiner. Donc le choix par exemple qui a été celui du gouvernement

14:46
Présentateur

du caractère volontaire du retour à l'école est le bon. C'est de la responsabilité des Français de décider.

14:53
Yannick Jadot

Moi, j'aurais préféré, mais on subit d'une certaine façon la difficulté du moment, moi, j'aurais préféré qu'on ait effectivement un système qui permette aux parents et aux enfants, notamment qui sont en difficulté, d'aller à l'école. C'est celui qui a été retenu

15:11
Présentateur

en partie, Yannick Jadot. Priorité aux décrocheurs après la priorité aux enfants des soignants. Donc ce que vous souhaitez, c'est ce qui est mis en place déjà.

15:20
Yannick Jadot

Mais on sait qu'on affronte une situation où à la fois, y compris les parents sont pris dans des contradictions, je le vois bien, à la fois on a la trouille pour nos enfants et à la fois nos enfants ont besoin de sortir des appartements, des maisons. On a des gamins qui vont être presque pendant six mois en décrochage scolaire et il va falloir sacrément intervenir en matière de soutien, en matière d'éducation pour justement accompagner tous ces enfants qui vont être en décrochage scolaire. Et d'ailleurs, si vous le permettez, moi j'appelle le gouvernement à remettre en place les emplois aidés.

On a supprimé un outil qui permettait à la fois de ramener dans le cadre professionnel des personnes de plus en plus éloignées de l'emploi, qui avaient une fonction majeure dans le secteur associatif, dans le secteur de l'éducation populaire, dans l'encadrement des enfants. Et donc j'appelle le gouvernement à restaurer les emplois aidés à hauteur de 300 000 emplois aidés pour 2020 pour justement poursuivre cette solidarité qui s'est exprimée. Ça coûte combien 300 000 emplois aidés ?

Éditer que trop de jeunes et de personnes décrochent de l'emploi et puis remettre du lien social, notamment dans les quartiers, autour de la transition énergétique, autour de l'accompagnement social, c'est essentiel. Ça coûte combien 300 000 emplois aidés ? Ça coûte autour de 2,5 milliards d'euros. Reconnaissons que dans ce moment où nous sommes en capacité d'aider à hauteur de 7 milliards un grand groupe comme Air France sans conditionnalité sociale, environnementale, mais personne ne veut la mort d'Air France, on peut être capable aussi d'aider ceux qui décrochent, d'aider ceux qui dans les quartiers difficiles sont en train... Il n'y a plus d'associations qui...

Les associations n'ont plus de budget. Yannick Jadot. Les associations d'aides alimentaires n'ont plus de bénévoles, n'ont plus de budget alors qu'on a une crise alimentaire dans ce pays. Eh bien oui, mettons le paquet sur le social, y compris dans les quartiers les plus difficiles.

17:37
Présentateur

Yannick Jadot, eurodéputé écologiste. On se retrouve dans quelques instants. Il est 8h51. Le fil info, Solène Cresson. Des chiffres faussés qui ne couvrent que les deux premières semaines du confinement mais le taux de chômage continue de baisser sur les trois premiers mois de l'année des lignes C, moins 0,3 points, 7,8% de la population active. Il faut donc s'attendre à ce que le deuxième trimestre soit bien plus mauvais. Et déjà, un patron sur cinq envisage de licenciés dans les Hauts-de-France, nous rapporte France Bleu Nord d'après une enquête de la Chambre de Commerce et d'Industrie.

Il est inacceptable que Sanofi serve les Etats-Unis en priorité s'ils trouvent un vaccin contre le Covid-19. Réaction de la secrétaire d'Etat à l'économie, Agnès Pannier-Runacher, alors que le patron du laboratoire français a prévenu que les Etats-Unis seraient les premiers parce qu'ils les soutiennent. Ce serait indigne, dit sur France Info la ministre de la Recherche, Frédérique Vidal. Deuxième vague de rentrée scolaire aujourd'hui dans plusieurs grandes villes, Lille, Paris ou Lyon. D'ici demain, un million et demi d'élèves seront retournés à l'école. Et puis, oui, être plus de dix personnes chez vous est possible.

Le Conseil constitutionnel dit non au gouvernement qui voulait limiter la jauge à domicile comme dans l'espace public. Le ministère de l'Intérieur en appelle à la responsabilité. France Info Et tout est plus clair. Yannick Jadot, dans l'appel que vous lancez avec 150 personnalités aujourd'hui pour un nouveau monde, un monde commun, on n'a pas trouvé la trace de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que c'est un oubli ?

19:00
Yannick Jadot

Non, chacun décide de signer ou de ne pas signer. Moi, ce qui m'importe, c'est que ce n'est pas ceux qui ne sont pas là, c'est ceux qui sont là. Et puis, cette envie dans ce moment de difficultés sociales majeures, de crise économique très difficile où chaque Français chaque Français angoisse pour son entreprise, pour son emploi, pour sa santé, qu'on soit capable de produire de l'intelligence collective, de dialoguer entre nous pour apporter des réponses avec la seule ambition d'être utile aux Françaises et aux Français européens.

19:37
Présentateur

Julien Bayou, le secrétaire national des Verts, veut réunir cet été ou à l'automne toutes les figures de la gauche. Aujourd'hui, est-ce que Jean-Luc Mélenchon devrait être sur cette photo ?

19:48
Yannick Jadot

Écoutez, je comprends votre obsession pour Jean-Luc Mélenchon. Il a eu la mairie, c'est quelqu'un d'important. Il est arrivé en tête

19:54
Présentateur

quand il est à la présidentielle et que la question de l'avenir de la gauche se pose forcément avec ou sans lui.

19:59
Yannick Jadot

Mais mon sujet aujourd'hui, c'est l'avenir de notre pays et comment le paysage politique se recompose autour de l'écologie justement pour que les Françaises et les Français retrouvent le contrôle de leur vie, que notre économie, et notre société soient plus résilientes et plus souveraines.

20:18
Présentateur

La recomposition, elle se fait autour de vous ou derrière vous ?

20:21
Yannick Jadot

Non, elle se fait autour d'idées. Elle se fait... Voyez bien qu'on est dans un moment charnière de notre pays. Chacun, dans cette crise terrible, sent bien qu'il nous faut redonner du sens à la société, qu'il nous faut, je l'ai dit, reprendre le contrôle de nos vies, que la crise sanitaire, la crise écologique, ce sont deux crises qui sont liées, que la matrice de l'écologie, je l'ai dit, sur les emplois aidés, je pourrais le dire sur l'agriculture, sur toutes ces PME qui nous demandent au fond que les propositions écologiques s'imposent enfin pour qu'elles aient du boulot sur leur territoire.

Eh bien, moi, ce que je veux, c'est que toutes ces personnalités, toutes ces idées, ces Françaises et ces Français qui, aujourd'hui, sont prêts à réfléchir ensemble, à apporter des solutions aux Françaises et aux Français, se regroupent autour d'un même projet.

21:24
Invité

Renaud Delis. Vous dites, Yannick Jadot, et vous le dites aussi dans ce texte, qu'il faut changer, il faut inventer un nouveau modèle social français, et notamment pour secourir les plus précaires. Vous évoquiez à l'instant les emplois aidés, mais si on liste l'ensemble des interventions publiques de l'État en deux mois de crise, ça se chiffre par dizaines de milliards d'euros, notamment pour financer le chômage partiel, 12 millions de salariés au chômage partiel, un niveau d'intervention publique de l'État totalement inégalé en Europe. Finalement, le modèle social français aujourd'hui, dans l'urgence face à une telle crise, il fonctionne encore relativement bien.

22:00
Yannick Jadot

Il est heureux, il est heureux, il est heureux, heureusement, quand on voit ce qui se passe en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, évidemment, qu'il y a des filets de sécurité sociaux, mais on voit de plus en plus de personnes sortir de cette protection-là, d'être en difficulté.

On risque, une fois qu'on va sortir progressivement du chômage partiel, d'avoir un retour au chômage très lourd dans notre pays, beaucoup de faillites d'entreprises, donc l'enjeu, c'est de mettre des moyens pour accompagner, sauver l'emploi, sauver les entreprises, mais que ces moyens-là, ils ne soient pas simplement pour retourner à la situation d'avant, mais qu'elles nous permettent justement d'engager la transformation de notre économie. Je l'ai dit pour tout l'accompagnement social associatif, on doit changer notre agriculture.

Vous vous rendez compte que l'Europe a encore signé il y a 15 jours un traité de libre-échange avec le Mexique qui va créer l'importation de 20 000 tonnes de viande bovine alors que nos éleveurs sont en difficulté.

23:14
Présentateur

Dans le monde d'après, Yannick Jadot, il faudra travailler plus en France ?

23:18
Yannick Jadot

Il faudra qu'il y ait plus de travail pour plus de Français. Ce n'est pas tout à fait ma question. Ah non, mais si l'idée c'est l'idée du MEDEF et je l'entends parfois dans la majorité. Et de la droite ces derniers jours aussi, en tout cas d'une partie d'entre elles. De faire payer aux salariés, aux travailleurs cette crise majeure, c'est une faute. On ne peut pas en même temps se dire qu'il va falloir former davantage les salariés. Et moi, je regrette que tous les dispositifs de chômage partiel ne soient pas accompagnés beaucoup plus massivement d'une formation notamment vers les métiers dont nous avons besoin. Notamment, je pense aux artisans de la rénovation thermique.

24:00
Invité

Est-ce qu'à l'inverse, il faudra travailler moins et aller vers les 32 heures ? Là,

24:05
Yannick Jadot

on n'est pas sur... Enfin, vous voyez là...

24:07
Invité

C'est une revendication historique des écologistes, les 30 heures de manière.

24:10
Yannick Jadot

Ce n'est plus le cas. L'idée, c'est de travailler moins au cours de sa vie. Ça nous paraît être le sens de l'histoire pour qu'on puisse avoir une vie culturelle. C'est-à-dire au cours de sa vie, c'est à quel moment ? plus riche. Ce n'est pas le sujet du moment. Ce n'est pas le sujet du moment.

Le sujet du moment pour les écologistes, c'est de sauver des millions d'emplois qui vont être en difficulté et de faire en sorte qu'au-delà de sauver des millions d'emplois et d'en créer des millions d'autres secteurs de la transition écologique, de faire en sorte que notre société, elle prenne du sens, que nos entreprises, et on le voit bien, tout le monde réfléchit à la raison d'être, comme on dit aujourd'hui, des entreprises, que ces entreprises soient aussi au service de l'intérêt général qu'elles s'inscrivent dans la sortie du carbone, qu'elles s'inscrivent dans la sortie des pesticides, qu'elles s'inscrivent sur des ancrages territoriaux qui redonneront vie à nos territoires et donc à notre pays.

25:07
Présentateur

Merci beaucoup Yannick Jadot. Merci.

25:09
Yannick Jadot

Merci.

Sanofi, emplois aidés, économie... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot — Yannick Jadot · Pourquijevote