Crimes sexuels sur mineur, vaccins contre le Covid-19, présidentielle 2022... Le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot
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Bonjour Yannick Jadot, avant d'évoquer la campagne de vaccination et les critiques essuyées ces derniers jours par l'Europe. En France, le gouvernement a décidé ces dernières heures de durcir l'arsenal législatif contre les crimes sexuels commis sur des mineurs. Désormais, tout acte sexuel commis sur un mineur de moins de 15 ans sera automatiquement considéré comme non consenti. Il fallait jusqu'à présent prouver qu'il avait été commis sous la violence ou sous la contrainte. Est-ce que c'est une avancée que vous saluez ?
Oui, c'est une avancée que je salue parce qu'on est face à des violences qui ont été trop longtemps minorées dans notre société, mises un peu de côté, il y a eu des formes de tabous. Il est temps qu'on sanctionne à la hauteur des traumatismes qui sont créés, à la hauteur des vies ravagées. Et donc, avoir cet âge de consentement, c'est essentiel. On attend encore la décision sur l'inceste, mais pour moi, il ne peut pas y avoir consentement, y compris jusqu'à la majorité. Ça doit être 18 ans. Et de toute façon, quand on est dans une relation d'inceste, même après 18 ans, ça doit être un crime. Donc, on est dans ce moment où la parole des victimes entend, enfin se fait entendre.
Il faut maintenant qu'on ait un régime de sanctions à la hauteur des vies ravagées.
En revanche, le gouvernement ne veut pas rendre ces crimes imprescriptibles. Je pense que c'est une erreur.
Je pense que c'est une erreur parce qu'il faut envoyer le signal que c'est imprescriptible. Vous savez, j'entends bien, on est déjà sur 30 ans et on peut rajouter 8 ans. Et puis là, la proposition du ministre de la Justice, c'est d'avoir un système glissant. En fond, si vous avez fait quelque chose qui est imprescriptible il y a 40 ans, mais que vous l'avez recommencé il y a 10 ans, il y a 40 ans, on redevient sanctionnable. Mais il faut que, dans la tête des coupables, dans la tête des violeurs, il faut qu'il y ait cette idée d'imprescribilité. C'est-à-dire que si je me rends coupable de cet acte abominable, eh bien ça peut me poursuivre toute la vie.
C'est ça le signal politique qu'il faut envoyer. On sait les conditions d'imprescribilité, mais là on est dans de telles souffrances, de tels traumatismes, et on le voit dans chaque cas, la parole arrive des fois des années, des décennies après le traumatisme. Elle a besoin de se libérer.
Donc il faut aller au-delà de 30 ans.
Il faut rendre le crime imprescriptible. Et que ce soit un crime. Et que ce soit un crime et pas un délit, parfois comme c'est le cas.
Yannick Jadot, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sera tout à l'heure devant les députés européens pour s'expliquer sur la stratégie vaccinale en Europe. Elle essuie de plus en plus de critiques. Vous y serez, vous, tout à l'heure, pour l'écouter ?
Par visioconférence, comme on travaille essentiellement au niveau du Parlement européen. Et nous allons évidemment l'interpeller. D'ailleurs, c'est le groupe des Verts au Parlement européen qui va envoyer la Commission devant la Cour de justice pour l'absence de transparence sur les contrats. Il n'est pas acceptable que les citoyens européens ne sachent pas le prix, les évaluations qui ont été faites, les délais de fourniture de vaccins.
Alors il y a des députés européens qui ont pu consulter les contrats ?
Non, parce que malheureusement, ces contrats sont à moitié biffés. C'est-à-dire que toutes les données sensibles sont biffées. C'est-à-dire que vous ne pouvez pas voir. On ne sait pas quels ont été les essais qui ont été effectivement réalisés. On ne connaît pas les prix. On ne connaît pas les délais de livraison. On ne connaît même pas l'organisation de production industrielle des vaccins. Donc, après de nombreuses demandes, nous voulons que la Cour de justice européenne impose à la Commission européenne de rendre public tous ces contrats. Et puis, la deuxième chose que nous demandons, c'est de mettre en place ce qu'on appelle la licence obligatoire.
C'est dans la loi française, c'est dans les lois internationales. C'est l'idée que, évidemment, on compense les laboratoires. On paye pour la recherche extraordinaire qui a été réalisée. Mais nous récupérons les brevets pour massifier la production et donc massifier la vaccination. Parce qu'on est dans un moment...
Mais alors, sous quelles conditions ? On leur donne de l'argent à ces laboratoires ?
On compense, on compense. Moi, dans les années 90, le combat qu'on menait, c'était de rendre les brevets sur tous les traitements anti-sida accessibles. Et on a gagné au niveau international dans le droit commercial. Et donc, ça permet de soigner. Et que ce ne soit pas simplement au bon vouloir des laboratoires, au prix qu'ils déterminent. Donc, l'idée, c'est véritablement, aujourd'hui, la seule voie de sortie de cette crise sanitaire, de cette pandémie dramatique, on le sait, c'est la vaccination. Les laboratoires sont en train de faire des milliards et des milliards sur les vaccins. Ils ont inventé ces vaccins. Il est normal qu'ils soient récompensés.
Mais à un moment donné, on ne peut pas simplement développer des capacités industrielles de mise en flacon. Non, il faut que la formule devienne accessible, qu'on puisse massifier la production pour vacciner plus vite en Europe. Et puis, qu'on puisse vacciner dans le monde. Parce qu'on voit bien que si on se vaccine simplement, nous, dans les pays riches, et qu'on laisse...
Dans les 2,3 milliards de doses préemptées par l'Europe, il y a des doses qui sont censées partir dans les pays en développement.
L'idée, bien sûr, c'est que ces vaccins soient disponibles. On a effectivement plus de 2 milliards de doses, mais il faut que ces vaccins soient disponibles et efficaces.
Est-ce que vous continuez à penser qu'il aurait fallu rendre la vaccination obligatoire, comme vous nous l'aviez dit ici même il y a quelques mois ? Vous n'êtes pas nombreux à dire ça aujourd'hui dans la classe politique.
Là, le sujet n'est pas la vaccination obligatoire, puisque en fait, les Françaises et les Français sont prêts à faire la queue pour être vaccinés.
Et quand il y en aura suffisamment, vous pensez toujours ça ou vous avez changé d'avis ?
Je n'ai pas changé d'avis. Je pense que les drames que nous vivons aujourd'hui, évidemment, on est quand même à 80 000 morts dans notre seul pays. On a je ne sais pas combien de milliers de morts, simplement parce que l'hôpital n'est plus accessible. On a des personnes qui meurent seules parce qu'on ne peut plus avoir de liens sociaux. On a une précarité, on le voit pour les étudiants, de détresse psychologique, mais c'est l'ensemble de la société. Vous avez vu les réactions de la société par vos propos quand vous avez dit ça ? Oui, mais parce que, si vous voulez, l'idée, ce n'est pas qu'on envoie la police vous arracher de votre lit à 6h du matin et vous piquer de force.
L'idée, c'est que collectivement, nous devons avoir la responsabilité de nous vacciner pour le bien-être de toutes et tous.
Aucun pays, pour l'instant, n'a retenu cette solution de la vaccination obligatoire. Attendez, je n'ai pas posé ma question. En revanche, il y a une idée qui fait son chemin dans plusieurs pays scandinaves, notamment Danemark et Suède. Je crois que c'est d'instaurer des droits supplémentaires. Par exemple, que les vols, cet été, si on peut voyager à nouveau, soient réservés aux personnes vaccinées. Est-ce que vous y êtes favorable ?
On n'y est pas favorable parce que, un, comme je l'ai dit, tout le monde ne peut pas se faire vacciner aujourd'hui. Donc, ce serait une discrimination qui serait inacceptable. C'est étonnant parce que vous l'avez dit que je suis pour eux. La vaccination obligatoire. Mais non, parce que je suis pour que chacune et chacun se sente la responsabilité de se faire vacciner pour le bien-être, pour le collectif. Mais je ne veux pas qu'on mette en place des mesures qui discriminent alors que vous pouvez souhaiter être vacciné, mais être bloqué par ce passeport vaccinal.
Et puis, on a des interrogations de fond sur est-ce que, par exemple, une fois que vous êtes vacciné, est-ce que vous êtes porteur ou pas ? Est-ce que vous pouvez toujours contaminer ou pas ? On ne connaît pas. Donc, en fait, vous allez accorder un droit de déplacement au fond où on supprimerait, pour celles et ceux qui seraient vaccinés, les mesures barrières, alors qu'on ne connaît pas l'effet des vaccins sur la propagation du virus et la réaction personnelle.
Donc, ce serait une mesure qui serait à côté de la plaque. 8h41, le fil info, Mélanie Delonais. On poursuit avec vous dans un instant, Yannick Jadot.
Quelques centimètres de neige et c'est la circulation qui est perturbée en Ile-de-France où la préfecture recommande de ne pas prendre le volant. En Bretagne, où plus de 300 camions doivent rester garés sur désert au bord de la Nationale 12, notamment, mais aussi dans l'est de la France, les transports en commun sont perturbés. Pas de bus à Belfort, Laval ou Rennes, pas de transport scolaire dans une quinzaine de départements dont les Yvelines ou les établissements scolaires restent fermés toute la journée. A la suite de la libération de la parole sur l'inceste et les violences sexuelles, le garde des Sceaux veut créer un nouveau crime pour viol sur mineurs de moins de 15 ans.
La question du consentement ne se posera donc plus en cas de relation sexuelle entre un adulte et un adolescent ou une adolescente. Patrick Balkany, mis en examen pour prise illégale d'intérêts et abus de biens sociaux, l'ancien maire de Levallois-Péret dans les Hauts-de-Seine est soupçonné d'utilisation frauduleuse de locaux appartenant à la commune. Lyon, Lorient et Valenciennes, premiers qualifiés pour les 16e de finale de la Coupe de France de football. 10 clubs tentent ce soir de décrocher leurs billets, dont le Paris Saint-Germain qui se déplace à Caen et Lille qui affronte Dijon. France Info
Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.
Toujours avec Yannick Jadot, le député européen Europe Écologie-Les Verts. Hier, le ministre de la Santé, Olivier Véran, était donc notre invité. Écoutez ce qu'il disait sur la possibilité d'un reconfinement.
Si notre action porte ses fruits, aujourd'hui elle porte un certain nombre de fruits, alors nous ferons reculer cette échéance. Il est évidemment possible qu'on ne soit jamais reconfiné.
Il est possible qu'on ne soit jamais reconfiné, vous y croyez vous ?
C'est bonne nouvelle, si c'est le cas, bonne nouvelle. On sait qu'aujourd'hui les mesures sanitaires qui sont définies et mises en place par l'État nous permettent un peu de tenir sur le virus traditionnel, le virus source. Emmanuel Macron a eu raison de ne pas écouter le médecin. On ne sait pas bien comment les variants vont impacter la pandémie dans notre pays. Tant mieux si les mesures qui existent aujourd'hui nous évitent de nous reconfiner.
Mais est-ce que ça veut dire qu'Emmanuel Macron a eu raison de ne pas écouter les médecins ?
Je ne sais pas s'il n'a pas écouté les médecins. Il y a eu une décision politique qui a été prise. Si elle tient, tant mieux. Ça ne m'empêche pas de penser que la question, ce n'est pas le pari politique d'Emmanuel Macron. Ce n'est pas l'effet de surprise.
C'est lui qui prend la décision, donc c'est lui qui prend le risque.
Non, mais ce qui aurait été bien, c'est qu'à un moment donné, y compris, vous savez, quand il fait cette annonce, toutes les matinales étaient autour de, mais finalement, pourquoi Emmanuel Macron a pris cette décision ? Sur quelle base ? Sur quel fondement scientifique ? Sur quel fondement sanitaire, économique ? Moi, ce que je souhaiterais, c'est qu'on arrive à être dans une démocratie à peu près sereine et mature. Nous avons une pandémie extrêmement dure, qui est une pandémie mondiale. On est tous face à l'incertitude. Et donc, on a besoin, y compris, et notamment parce qu'il y a beaucoup d'incertitudes, on a besoin d'organiser collectivement les décisions, de partager les diagnostics.
C'est-à-dire que vous voudriez que tous les partis politiques votent ?
Moi, j'ai toujours défendu l'idée d'un conseil de sécurité sanitaire, depuis le début.
Vous pensez que vous seriez capable de vous mettre d'accord avec Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou ? Mais moi, je crois, et on vote pour décider qu'on reconfine.
Face, face, non, parce que l'Assemblée peut avoir son mot à dire. On est quand même dans une démocratie où les états, le gouvernement, s'il faut soumettre cette décision. Mais la question n'est pas d'empêcher le gouvernement d'agir. Il a une responsabilité. Moi, je ne veux pas supprimer les prérogatives du président de la République.
Yannick Jadot, juste avant la prise de décision d'Emmanuel Macron, Jean Castex a reçu tous les présidents de partis, des groupes.
Oui, mais vous savez parfaitement, et ils le disent tous, les femmes et les hommes qui sont invités à la consultation, on nous demande notre avis, on ne nous dit pas ce qui va être décidé.
C'est ce qu'ils ont dit en sortie de cette réunion-là, et en plus, ils étaient tous pour le confinement.
Mais parce que, encore une fois, que ce soit les maires, que ce soit les présidentes ou les présidents de régions, les représentants des différents secteurs économiques, l'Assemblée nationale, les forces politiques, on a besoin de rassurer les Français. Vous savez, les Français sont parfaitement...
Vous pensez qu'on est capable de faire une sorte de consensus à l'Allemande, alors que même en Allemagne, on voit qu'Angela Merkel a eu beaucoup de mal à convaincre. Oui, mais n'empêche que quand elle discute... Les présidents, c'est l'Ender, et que l'Allemagne a sans doute perdu beaucoup de temps. D'accord. Même l'Allemagne.
Oui, enfin bon, le variant aujourd'hui est moins développé en Allemagne qu'en France. Donc, il y a des périodes, mais, encore une fois, les Allemands comprennent exactement quels sont les tenants des décisions qui sont annoncées par le gouvernement et par les l'Ender. En France, on est trop souvent dans l'interrogation. On subit des décisions, on essaye pendant les jours qui suivent, d'en comprendre les tenants et les aboutissants. Moi, je souhaiterais juste qu'on soit dans une démocratie mature, qu'on assume l'incertitude et qu'on choisisse l'intelligence collective
plutôt que la décision d'un seul. Yannick Jadot, ça fait un peu plus de 7 mois que les 27 sont tombés d'accord sur le principe d'un plan de relance de 750 milliards d'euros pour tenter de sauver un peu l'économie européenne. Pas un euro de cet argent n'est arrivé dans les caisses d'un seul État. Qu'est-ce qui cloche ?
Vous vous souvenez déjà que sur votre plateau, quand on avait parlé du plan de relance, j'avais dit à la fois que c'est une innovation formidable, parce qu'on va emprunter en commun, mais qu'il faudrait attendre longtemps en 2021 pour voir les premiers euros européens tomber. Maintenant, on envisage peut-être que ce soit 2022. C'est absolument dramatique, parce que le système européen veut finalement que tous les États valident le plan européen, y compris à travers leur Assemblée, et qu'il y a des États qui continuent... Il y a des États qui continuent à être extrêmement réticents.
C'est dramatique, il y a une forme de prise en otage de la relance européenne par certains États, que ce soit la Pologne ou la Hongrie, parce qu'ils veulent défendre une dérive autoritaire non sanctionnée du point de vue des libertés fondamentales. Donc, il faut aller beaucoup, beaucoup, beaucoup plus vite, mais ça n'empêche pas la France d'agir.
Alors, attendez, pardon, pour aller beaucoup plus vite, si un seul pays lève la main, je pense à la Hongrie, vous avez cité la Pologne aussi, et vote contre ce plan de relance, ou simplement si le chef d'État de ce pays ne convoque pas la réunion de son Parlement pour voter ce plan de relance, qu'est-ce qu'on fait ? On reprend tout à zéro ?
Non, on ne reprendra pas tout à zéro, mais on trouvera les moyens au niveau européen pour mettre ce pays de côté, à la fois... Ça a été tout le débat quand il y a eu blocage des Hongrois et des Polonais, c'était de dire à un moment, on fait le plan de l'ensemble.
Donc, on ne décide plus à 27, ce n'est pas la philosophie de l'Europe, ça ?
Oui, mais à un moment donné, il faut agir. Si vous voulez, nous, on s'est toujours... Il est arrivé que la France vote contre... Nous, on a toujours combattu l'unanimité.
Il est arrivé que la France vote contre, lors du référendum, on ne nous a pas mis de côté, on nous a gentiment attendus sur le bord du chemin.
Oui, mais c'était le changement de la Constitution européenne. Ah, c'était encore plus important. Oui, non, mais c'était... Donc, si vous voulez, il faut sortir de l'unanimité. Aujourd'hui, on a... On peut emprunter... La France emprunte à 0,6% à 50 ans. On est sur des taux négatifs à 10 ans. La France, aujourd'hui, peut parfaitement emprunter, peut parfaitement emprunter et investir massivement.
On n'attend pas l'Europe, alors ça sert à quoi d'être dans l'Europe ?
Non, mais de toute façon, l'Europe ne suffira pas. Enfin, la France, vous le savez, on va toucher 40 milliards. La nécessité de reconstruction, de réparation de notre pays, de reconstruction de notre pays, c'est bien au-delà de 40 milliards. Donc, la France, aujourd'hui, a parfaitement la possibilité d'investir sur tous les secteurs, y compris qui créent de l'emploi, notamment pour les jeunes. On peut investir sur les énergies renouvelables ? Malheureusement, on ne le fait pas. On pourrait investir beaucoup plus fort.
C'est dans le plan de relance français.
Oui, mais c'est dans le plan de relance, mais on ne le voit pas. Non, d'ailleurs, les énergies renouvelables ne sont pas dans le plan de relance français. Dans le plan de relance français, y compris brander l'écologie, c'est le nucléaire pour l'énergie. Donc, là-dessus, ça ne marche pas. En revanche, on pourrait investir beaucoup plus sur la rénovation des logements privés. Moi, ce que je prouve... C'est dans le plan de relance. Non, enfin, c'est plan de relance. L'hydrogène aussi, c'est dans le plan de relance. C'est dans le plan de relance, vous savez, à quel niveau ? On est aujourd'hui dans le plan de relance. On va être à 1,7 milliard sur le logement privé.
Il y a trois ans, on était à 2 milliards en temps classique, normal, sur la rénovation thermique de nos logements. Moi, ce que je propose dans la plateforme d'idées que j'ai sortie, c'est que pour les passoires énergétiques et les ménages les plus vulnérables, il y a une prise en charge totale de la rénovation thermique pour accélérer la rénovation thermique, créer de l'emploi d'artisans.
Prise en charge par l'État ou par les propriétaires ? Par l'État. C'est l'État qui paierait la rénovation thermique de tous les logements. Bien sûr, parce que c'est un investissement extrêmement rentable. Y compris s'ils sont loués par un propriétaire aujourd'hui, ce ne sera pas à lui de le faire.
Mais le propriétaire doit avoir l'obligation de le faire quand le changement de bail, mais pour les passoires énergétiques et pour les ménages les plus vulnérables, il faut aujourd'hui que la prise en charge soit totale. C'est rentable du point de vue de l'analyse économique, du point de vue du budget de l'État, c'est rentable. Il faut, je l'ai dit, il y a le rapport de la fondation Nicolas Hulot qui est sorti sur l'agriculture hier, qui confirme tout ce qu'on dit depuis 10 ans. On aurait dû réduire en 10 ans de moitié l'usage des pesticides. Ça a augmenté de 25%. Alors ce sont des chiffres qui sont contestés par la réalité.
Les volumes de pesticides en France.
Oui, mais si vous voulez, les volumes, ça c'est l'arnaque. On baissait 25%. Non, non, la question c'est, en fait c'est les traitements. Aujourd'hui, effectivement, les pesticides, quand un agriculteur les achète, ils sont moins dilués dans l'eau, ils sont plus concentrés. Donc jouer sur les volumes, c'est une arnaque. Mais on a, moi ce que je propose, c'est que l'argent européen finance des contrats de transition pour les agriculteurs, y compris parfois en prenant en charge les dettes accumulées, parce que les agriculteurs sont extrêmement endettés, et qu'on a des contrats de transition qui fournissent en bio local l'ensemble des cantines, hôpitaux, écoles, universités, établissement public.
Et moi ce que je propose, si vous voulez bien, c'est de lancer le fil info, il est 8h52 et qu'on se retrouve juste après. Voici Mélanie Delaunay.
Et ce grand oral devant le Parlement à Bruxelles pour la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, va s'expliquer sur les retards pris par la vaccination contre le Covid en Europe. En France, l'épidémie a fait en tout plus de 80 000 morts, 19 000 nouvelles contaminations ces dernières 24 heures. Les directeurs de tous les instituts d'études politiques, convoqués ce soir par la ministre de l'Enseignement supérieur, pour parler des violences sexuelles racontées par des étudiantes sous le mot-clé Sciencesport. A Sciences Po Paris, dans le siège de l'affaire Duhamel, le directeur Frédéric Mion démissionne.
Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, et le député européen Gilbert Collard, tous les deux jugés aujourd'hui pour avoir publié sur Twitter des photos d'exaction de l'Etat islamique. C'était en 2015. Des routes glissantes ce matin de la Bretagne à l'Alsace, 35 départements en vigilance orange à cause de la neige, du verglas ou du grand froid avec des difficultés de circulation en région parisienne, où les bus d'une centaine de lignes sont à l'arrêt. Perturbation aussi autour du Mans, de Rennes, d'Orléans ou de Strasbourg. France Info.
Le 8.30 France Info. Salia Brachia, Marc Fauvel.
Toujours avec Yannick Jadot, député européen Europe Écologie-Les Verts. Alors en 2017, vous aviez renoncé à votre candidature à la présidentielle pour allier Benoît Hamon, avec le résultat qu'on connaît, 6%. Est-ce que cette fois-ci, vous irez jusqu'au bout ?
On l'a dit, on a des pandémies qui percutent nos sociétés, qui vont malheureusement se multiplier si on continue à déforester, à soutenir l'élevage intensif. On a le chaos climatique, on a l'explosion des inégalités, comme une forme de désordre démocratique qui s'est installé dans notre pays. Donc il va falloir à la fois remplacer Emmanuel Macron, son gouvernement, sa majorité, évidemment éviter l'arrivée d'une peste brune dans notre pays. Une peste brune, c'est Marine Le Pen ? Bien sûr, l'extrême droite. Il va falloir une candidature de rassemblement, une candidature de rassemblement entre Mélenchon et Macron, une candidature de rassemblement qui se construit sur l'écologie.
Pour moi, quand on voit les urgences climatiques, sociales, démocratiques, il faut aujourd'hui une candidature écologique. Vous pensez que l'écologie est majoritaire en France, peut être majoritaire en France ?
Il y a 50% des voix qui sont prêtes... Il faut qu'elle le devienne, il faut qu'elle le devienne, parce que moi je ne vois pas d'autres pensées politiques, d'autres logiciels politiques qui nous permettent de relocaliser l'économie, qui nous permettent de reprendre le contrôle de nos vies à l'échelle locale et qui nous permet, et c'est important pour notre pays, de trouver un nouveau destin collectif. Et la France, et les Françaises et les Français aiment être fiers de ce qu'on fait collectivement, au-delà de ce qu'on fait individuellement. Et donc il nous faut être le leader de cette transition écologique.
Alors justement, vous ne répondez pas à ma question. Est-ce que vous, vous allez y aller jusqu'au bout ?
Ah mais moi, je l'ai dit.
Ça fait de moi que vous dites que vous vous préparez.
Ben oui, mais parce que, regardez la situation politique, on n'est pas dans le temps des candidatures à l'élection présidentielle.
En revanche, ce que j'ai fait la semaine dernière, à travers ma plateforme d'idées 2022, l'écologie.fr, c'est véritablement d'amener, de mettre en débat des mesures d'urgence, à la fois pour notre jeunesse, essentielle pour la démocratie, et puis pour faire en sorte, on en parlait tout à l'heure, que chaque euro de dépense publique, que ce soit aujourd'hui en soutien, en aide, comme évidemment en plan de relance, soit conditionnée à son impact sur le climat, à sa valorisation des salariés, et puis évidemment à la parité femmes-hommes, comme à la lutte contre les discriminations.
Alors les femmes, justement, il y a une autre personnalité politique en ce moment qui avance ses pions en vue de 2022, qui était à votre place, avant-hier, vous la connaissez ? La maire de Paris, Anne Hidalgo.
Je vais prendre ma part dans le débat qui vient. Prendre sa part, c'est parler, agir, et c'est aussi essayer de construire avec d'autres, évidemment, un chemin qui permette d'avoir une alternative, une alternative à ce duel annoncé, à ce deuxième tour déjà programmé.
Elle pourrait faire une bonne candidate de l'écologie ?
Anne Hidalgo est maire de Paris, c'est une figure du Parti Socialiste. Moi, je suis écologiste, et je suis convaincu que c'est autour de l'écologie, aujourd'hui, que ça doit se reconstruire. La société s'accompagne sur l'écologie à Paris, elle se revendique écologiste comme vous. Il va falloir rassembler très largement, y compris le Parti Socialiste, puisque pour moi, l'arc qui peut gagner, c'est entre Mélenchon et Macron. Non, mais il y a quatre ans, les socialistes gouvernaient encore ce pays. Il ne vous a pas échappé qu'on n'a pas vu de révolution écologique. Et donc, la social-démocratie a démontré de nombreuses richesses dans l'histoire de notre pays, encore dernièrement.
Elle est en train de bouger sur ces questions d'écologie, mais on a changé d'époque, on a changé d'époque.
Les Verts vous le reprochent à longueur d'année, vous êtes aussi un social-démocrate ? Non.
Enfin, je suis un écologiste. Non, mais je ne sais pas, moi, j'ai toujours été écologiste, mais il est évident que moi, je ne suis pas pour remplacer un dirigisme d'État technocratique, libéral, par un dirigisme d'État rouge. C'est vrai que je considère que je préfère Biden à Poutine. Alors, ça me distingue de Mélenchon, sûrement.
Clairement, Yannick, ça veut dire que vous n'allez pas refaire la même erreur qu'en 2017, vous n'allez pas vous effacer.
Vous avez répondu à la question de la façon dont vous l'avez formulée. J'ai tiré toutes les leçons de ce qui s'est passé en 2017. Aujourd'hui, c'est au tour de l'écologie. Et quand on voit l'urgence climatique, l'urgence sociale, on ne peut plus être simplement dans une forme de social-démocratie verdie, quel que soit, encore une fois, et je loue ces avancées des sociodémocrates sur la question de l'écologie, mais là, il y a un tel niveau d'urgence.
Les écologistes, aujourd'hui, doivent être à la hauteur du rendez-vous historique de 2022, doivent rassembler, rassembler, rassembler, rassembler, pour gagner, mais au tour de cette nouvelle matrice, qui est une formidable matrice d'innovation technologique, sociale et démocratique. Merci Yannick Jadot et bonne journée à vous.
Yannick Jadot