Colloque : Lieux du lien et ruralités
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 76 %Attaque 7 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 11:01OuverteRéponse directe
Le lien social est-il une question spécifiquement rurale ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Les sociabilités rurales se distinguent-elles des urbaines ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Les tiers-lieux peuvent-ils retisser du commun ? À quelles conditions ?
- 30:00OuverteRéponse directe
Comment le lien social est-il appréhendé par le département dans le cadre de ses politiques sociales ou territoriales ?
- 40:00OuverteRéponse directe
Comment cette question remonte du terrain et comment elle est appréhendée par le programme France Ruralité ?
- 50:00OuverteRéponse directe
Quelles mesures symboliques ou fortes en lien avec le sujet dans les dispositifs actualisés ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Chiffre
« 62 % des projets qu'on accompagne sont en ruralité. »
- 43:20Fabrice d'AllongevilleFait
« Le premier espace de lien de la République, c'est la commune. »
- 0:15Fait
« la MRF clairement soutient la démarche des des tierlieux »
- 0:30Fait
« l'association des maires ruraux a adhéré à la NTL, l'Association nationale des Tierlieux »
- 22:30Chiffre
« les jeunes ruraux ont en moyenne 42 minutes de transport par jour »
- 3:00Judit NesFait
« On a une portée un peu plus ambitieuse de soutenir un réseau un peu plus large. »
- 10:00Timothé de la CôteChiffre
« On accompagne 20 % de nos publics sur le territoire ruraux, donc ça fait à peu près 80000 personnes dans une quarantaine de territoires ruraux. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ils sont en bas non ? Et là c'est mieux. Parfait.
Super. Bien madame madame la ministre, chère Françoise Gatel, monsieur le président de de l'ADEM. Alors je salue aussi alors je pense que l'un des deux n'est pas encore arrivé en tout cas il va nous rejoindre monsieur le directeur général délégué de de la NCT et également monsieur le directeur des programmes de la NCT que j'ai que j'ai rencontré.
Euh mesdames, messieurs, les les élus, chers collègues sénateurs présents, mesdames, messieurs, alors déjà vous dire que je suis vraiment très heureux de vous accueillir au Sénat pour cette matinée de travail coorganisée par la NCT et par LAADEM. Une matinée placée sous le signe de lien du lieu, non lieu du lien que je me trompe pas, lieu du lien et ruralité. un très beau sujet qui évidemment a toute sa place ici au Sénat dans notre chambre des des territoires.
Merci d'abord à vous madame madame la ministre en charge de la ruralité. Nous nous voyons beaucoup tout au long de l'année mais particulièrement dans cette période. Nous étions ensemble encore hier soir et nous savons à quel point l'enjeu de la préservation du lien social dans nos territoires vous tient à cœur.
En témoigne le Tour de France des ruralités que vous avez initié je crois mois au mois de février et vous nous disz hier que vous étiez déjà à 42 si je me trompe pas cet après-midi. Oui. Cet après-midi. 42 départements visités à la rencontre finalement de celles et ceux qui incarnent la ruralité et qui permettent d'y faire sociétés au quotidien.
J'étais d'ailleurs à vos côtés dans les Voges le 23 juin dernier quand vous avez présenté avec le premier ministre une vision ambitieuse en faveur du lien social dans les territoires ruraux au travers d'engagement très concrets que vous rappellerez sans doute. Je salue également évidemment la la présence du président de LAAD, monsieur Vaserman de Laurent Rocher, le directeur général délégué de la NCT et son directeur de programme Arnaud Arnaud Bonet. Merci beaucoup pour l'organisation euh de cet événement.
D'ailleurs euh la DEÈ et la NCT sont des agences dont les actions, je le dis tel que je le pense parce que vous savez que les agences elles sont un peu sur la scellette dans cette dans cette période dont les actions concourent directement au développement et au mieux vivre dans nos territoires ruraux. Cette action, nous les connaissons bien à notre délégation et nous les soutenons. Elles rejoignent d'ailleurs directement les travaux de notre délégation, collectivité territoriale et la décentralisation que j'ai le grand plaisir de présider.
Ce collègue, ce cologue, c'est donc l'occasion d'approfondir le partenariat de longue date entre vos agences, monsieur le président, monsieur le directeur délégué et notre délégation et de poursuivre nos travaux conjoints pour contribuer à bâtir les territoires ruraux de demain. Le thème que vous avez choisi pour cette matinée d'échange autour du lien social, de l'inclusion, des transitions au sein de l'espace rural me tient particulièrement à cœur. J'ai été maire d'un petit village situé au pied des Monts du Cantal en altitude, un département de montagne hyper rural pendant très nombreuses années et je sais à quel point la question du lien social et du vivre ensemble est fondamentale dans nos campagnes.
Je le dis tel que je le pense et j'ai grandi au cœur de cette ruralité et j'ai vécu les évolutions techniques et sociétal d'ailleurs qui ont fait basculer un modèle de vie à la campagne fondé sur l'entraide et le partage d'ailleurs rendu obligatoire par les modalités de de l'activité agricole et un modèle à un modèle basculé à un modèle du chacun chez soi. Et aujourd'hui, la campagne n'échappe pas non plus à une nouvelle révolution technique, celle du numérique, celle de la dématérialisation et surtout celle des réseaux sociaux. Et si ces outils offrent des opportunités évidemment pour le territoire ruraux, leur usage excessif creuse aussi comme partout l'isolement aux conséquences parfois dévastatrices notamment pour les jeunes générations.
Et donc je pense qu'il est donc aujourd'hui urgent de remettre de l'humain au cœur des territoires, au cœur des services, au cœur de l'économie et au cœur finalement de la vie de nos campagnes. C'est d'ailleurs cela qui explique l'immense succès des maisons Franc Services que j'ai tant défendu et que vous continuez à déployer, madame la ministre, sur le territoire national. Elles ont permis de remettre de l'humain au cœur des relations entre les habitants et les administrations, entre les usagers et les services dans une société de plus en plus dématérialisée et leur immense succès trouve d'abord son origine dans cette réalité.
Les tierslieux, espace de stimulation à la création et à l'innovation, lieu par excellence de l'économie collaborative, du partage et des usages, lieu de lien social et de convivialité s'inscrivent dans la continuité naturelle des maisons France Services. Et je suis personnellement, je veux le dire avec force ce matin, très attaché au développement des tierslieux qui prennent d'ailleurs des formes différentes suivant les spécificités des territoires et qui favorisent aussi la mixité sociale. Et je ne peux m'empêcher de vous livrer une expérience personnelle.
Lorsque j'étais président d'une intercommunalité rurale, petite intercommunalité, c'était avant les grandes fusions, environ 6000 habitants mais qui épousait parfaitement un bassin de vie rural regroupé autour d'un chef lieu de canton comme c'est souvent le cas dans ces dans ces territoires nous avons misé sur les services et le numérique pour avancer sur le chemin du développement local et du bien vivre ensemble avec l'ouverture d'une première maison des services il y a aujourd'hui maintenant plus de 20 ans, suivi du premier télécantal puis d'un espace de coworking, puis d'un premier du d'un fablable rural et l'ensemble et vous l'avez visité madame la ministre constitue aujourd'hui un très beau terrieux qui a lieu en perpétuelle effervescence. Alors on lui a donné un nom, la cocote numérique. Et cette cocote numérique rassemble aujourd'hui des services à la population et des acteurs économiques avec comme fil conducteur le lien humain et la convivialité.
C'est un exemple réussi d'une dynamique collective de revitalisation d'un cœur debout rural d'environ 2000 habitants. Et cette expérience locale, mais c'est du vécu, illustre à sa manière l'importance du sujet qui nous rassemble aujourd'hui. Vous le savez, notre délégation au collectivité territoriale est particulièrement sensible aux enjeux de la ruralité qui constitue un espace social qu'il ne faut pas négliger.
On traite souvent de la question du développement économique des ruralités, mais bâtir les territoires ruraux de demain, c'est aussi traiter la question du lien social qui pour moi est un sujet central. Et pour conclure, je veux partager avec vous une conviction profonde. Notre société ne répondra pas aux enjeux qui sont les siens aujourd'hui, au défis qu'elle doit relever. préservation de la biodiversité, lutte contre le réchauffement climatique, transition énergétique, souveraineté alimentaire, souveraineté industrielle, cohésion sociale, parce que c'est bien de cela qu'il s'agit aussi, sans l'espace rural, mieux, sans une ruralité vivante, porteuse de projets et d'innovation, une ruralité audacieuse et optimiste.
Et bâtir les territoires ruraux de demain pour moi, c'est évidemment encourager les dynamiques locales. Ça commence par là. C'est d'abord les locaux, les élus, les acteurs du terrain qui créent les dynamiques locales et qui bâtissent les territoires de demain.
C'est madame la ministre aussi conduire une politique d'aménagement du territoire volontariste et lisible, mais c'est aussi ne jamais oublier que le lien social doit rester le cœur de la vie des campagnes et les terres lieux y contribuent. Et vous vous pouvez compter sur tout mon soutien et sur celui de la délégation pour défendre, je pense notamment dans les mois qui s'ouvrent avec la loi de finance qui arrive pour défendre les tierslieux et les financements qui leur sont consacrés tant pour les créations que pour l'animation. C'est som toutes à l'échelle nationale des financements qui sont quand même modestes, très modestes, mais qui ont un effet levier et qui jouent un rôle central sur les territoires ruraux et donc nous continuerons à les défendre.
Je vous remercie et vous souhaite une excellente et riche matinée sur un sujet encore une fois qui me tient vraiment à cœur. Je serai obligé de vous abandonner en cours de route parce que je préside une réunion de notre plinière de notre délégation sur un sujet qui est également important. Mais en tous les cas, je me tiendrai bien sûr informer au plus près euh des travaux euh de votre colloc qui arrivent vraiment à un bon moment où nous devons défendre euh cette question du lien social dans les ruralités, des tierslieux, des programmes que porte l'ANCT et du fond national d'aménagement du territoire.
J'ai remis un rapport pas plus tard qu'avant-hier à la commission des finances sur le sujet, le Fond National d'aménagement du territoire qui en fait pour une somme assez modeste au niveau national environ 200 millions d'euros finance de nombreuses opérations qui sont tout à fait centrales dans nos territoires euros. Je vous remercie. [Applaudissements] Et donc dans l'ordre des choses, c'est je sais plus.
Alors, j'ai pas le programme. C'est monsieur le président. Très bien.
Très bien. Parfait. Madame la ministre, monsieur le président, mesdames et messieurs, je suis très heureux d'être d'être là évidemment en tant que président de LAAD, mais aussi parce que j'ai été maire de village, président d'une petite comcomaient être très petites.
Et je voulais euh je vais pas vous parler spécifiquement de LAADM, rappelez quand même peut-être que 62 % des projets qu'on accompagne sont en ruralité. Ça c'est quelque chose qu'on ne connaît pas. 62 % des des projets ou actions de LAADEM sont en ruralité.
Euh je vais pas forcément vous parler de tous les dispositifs qui existent pour aider à l'ingénierie des petites communautés communes ou des ou des communes. J'aimerais partager avec vous trois trois convictions, trois messages sur la thématique du rapport entre la transition écologique, ruralité, territoire et lien social qui est au cœur de vos travaux. Je crois aujourd'hui, je vais vous commencer par vous dire, j'écrivais en en 2016 un livre blanc, je dirigeais à l'époque une entreprise territoriale de l'énergie en disant que la transition territoriale sera la pardon la transition énergétique à l'époque écologique aujourd'hui sera territoriale ou ne sera pas parce que malgré l'importance des cadres monsieur le sénateur que vous votez à Paris, des lois qu'on vote, des cadres qu'on fixe, ce qui fait le succès ou l'échec d'un projet de transition écologique, c'est sur le terrain que ça se passe.
C'est est-ce que les locaux sont impliqués en soutien au moteur et catalysent ses réussites ? Est-ce que des acteurs économiques locaux trouvent une raison de s'impliquer ? Est-ce que les citoyens acceptent le projet ou est-ce qu'il le rejettent ?
Toute cette dynamique-là, elle se passe sur les territoires et la transition écologique est l'un des domaines dans lequels il y a euh il y a une une logique très forte de la réussite ou de l'échec d'un projet dans sa dimension dans sa dimension territoriale. En réalité, dans la logique du dialogue entre un élu territorial et et les concitoyens, le je vous donne une anecdote à mon tour, j'étais dans un voilà le le territoire où je vis est un territoire avec beaucoup de beaucoup de petites communes et un jour, il y a eu un projet de méthanisation et en fait ça a été la première manife contre ce projet, la première manife qu'on est connue dans notre territoire, 700 personnes. ça n'arrive jamais. 700 personnes qui ont manifesté contre et pour moi ça m'a beaucoup appris.
Alors moi j'étais pas porteur du projet, j'étais plus voilà dans les dans l'accompagnement de ces projets. Mais je me suis dit là on a loupé quelque chose dans ces projets-là et finalement ce projet a pu aboutir mais à un autre endroit dans d'autres conditions avec d'autres rapports aux citoyens. Et ce projet de transition écologique qui est important pour la transition écologique, la métanisation c'est important, avait occulté le fait qu'il y a une dynamique de territoire et que le dialogue avec les concitoyens est essentiel et que en fait j'avais modélisé quatre niveaux dans le le la façon dont je travaillais avec mes concitoyens.
Ça partait de l'information, ça c'est la base, tout le monde le fait. OK. Après on est plus sur la consultation au fait vous êtes pour ou contre ce projet de méthanisation ?
Et ça c'est un peu le une façon un peu simpliste de poser une question. Après l'aspect plus participatif et après le le plus puissant qui est la coconstruction. Et ces sujets la coconstruction ce qui c'est très anxiogène pour un élu parce que quand vous coconstruisez, vous partez d'un point A mais vous savez pas à quel point d'arriver.
Sinon c'est plus de la coconstruction. Et on se rend compte que dans des projets de transition écologique les plus puissants, ceux qui réussissent le mieux, c'est ceux ont réussi à faire ce parcours de coconstruction. Euh c'est très très présent et très ancré dans nos territoires et je crois que c'est c'est un sujet que maintenant en tant que président de LAAD, je constate et que du coup le rôle des élus et le rôle essentiel qui vont être le catalyseur de de l'implémentation et le succès de ces de ces types de projets.
La deuxième idée que je voudrais partager avec vous, c'est la puissance du modèle rural dans le cadre de la transition écologique. La deuxième notion dans la transition écologique que jeis mettre sur la table, c'est la notion de partage, de repenser la façon dont on considère notre pacte social. Et ça c'est vrai dans l'économie de la fonctionnalité, l'économie circulaire.
C'est vrai aussi dans la façon dont on considère les circuits courts entre nos concitoyens et les différents projets qu'on peut qu'on peut lancer. Je vais vous donner quelques exemples. On a fait une étude pour montrer que une perceuse électrique, c'est ça consomme beaucoup de matière vous l'utilisez en moyenne 7 minutes par an. 7 minutes par an.
Donc quand vous avez 10 maisons, vous avez 10 fois une perceuse qui est utilisée 7 minutes par an. Cet exemple pris par le petit bout de la lorniette, il montre bien que dans une logique de partage, de repenser ça, de mutualisation dans une rue entre voisins, dans un immeuble, bah au lieu d'aller voir dans un immeuble de 20 appartements 20 perceuses qui qui sont utilisé 7 minutes par an, on peut peut-être réfléchir les choses autrement. et qu'aujourd'hui vous parliez monsieur le président de de des impacts du numérique, l'une des vertus qu'on peut avoir c'est de faciliter ces logiques de partage et puis finalement il faut faire attention à l'impact du numérique sur la transition écologique mais la petite boucle WhatsApp entre voisins qui va permettre de mutualiser euh des perceuses qui coûtent qui sont utilisées 7 minutes par an finalement c'est pas grandchose à faire.
Ben, il y a une puissance du modèle rural, c'est que ces notions de partage, ces notions de proximité qui sont consubstantiel de toutes tous les enjeux de transition écologique et de modification et d'évolution des comportements, bah elles sont plus simples, plus directes, plus faciles à mettre en œuvre dans un village, dans un dans une situation rurale parce que euh bah parce que c'est votre voisin, parce qu'il est là depuis longtemps et il sera là pour longtemps, même si parce que vous êtes dans dans un rapport au territoire qui est différent. Donc il y a une facilité de cette coopération qu'on a fini parfois par oublier mais mais que les élus connaissent bien parce que finalement l'engagement citoyen, le rapport au territoire et du coup le rapport à l'environnement et au projet de transition écologique, il est plus fort quand on est attaché quand on vient d'un territoire qu'on y est attaché et qu'on y et qu'on y pleinement. Et cette puissance du modèle rural, je crois qu'on a fini par l'oublier alors même que quand vous allez dans la ville, si vous interrogez quelqu'un qui aime son quartier, il veut dire "Bah oui, mais ici c'est un peu comme un village." On entend souvent ça à Strasbourg.
C'était la semaine dernière qu' dit "On est un peu comme dans un village". Bah oui, en fait parce que cet esprit là, cette puissance là, elle est rurale et elle est territoriale. Et puis le dernier point que je voudrais partager avec vous, c'est la notion d'essémage.
On a une j'ai dû faire 84 ou 5 déplacements depuis que je suis président de la DM dans dans des territoires où je vois des projets d'économie circulaire, des projets de d'énergie renouvelable, des projets très territoriaux. Et ce qui m'a vraiment frappé, c'est que cette innovation territoriale, elle est extrêmement puissante. Que cette innovation territoriale, l'avantage des tierslieux, l'avantage des dynamiques rurales, c'est de pouvoir les les les accompagner, les faire émerger, les catalyser.
Mais que du coup la question se pose de l'essage. L'essage c'est quoi ? C'est plus pour moi que la bonne pratique que le partage des bonnes pratiques.
C'est comment à partir de ces innovations territoriales on arrive à les analyser, les modéliser et essayer de les généraliser le plus massivement possible. Et la transition écologique c'est d'abord peut-être à la moitié ou au de tiers de de la réussite de nos objectifs, c'est de généraliser massivement les solutions qui fonctionnent. et nos territoires sont riches, extraordinairement riches d'une capacité d'innovation sur toutes les thématiques du partage que j'évoquais, sur les thématiques euh d'énergie citoyenne avec des des énergies renouvelables portées par des groupements de citoyens.
Donc extrêmement riche de ces initiatives. Notre rôle à LAADM, c'est d'essayer de réussir et et c'est un sujet qu'on partage souvent avec la NCT, d'essayer de réussir cet essage, c'est-à-dire comment on peut généraliser massivement ces solutions qui fonctionnent. Lorsque je finis par une anecdote, mais lorsque j'ai été je suis arrivé à LAADEM il y a 2 ans, je j'ai j'ai passé quelques jours à voir les méthodologies, les outils euh qui peuvent exister et je me suis dit wouh, si j'avais su ça quand j'étais maire et présidente de Comcom, qu'est-ce que ça m'aurait facilité la vie pour mettre en place ma redevance incitative que j'ai fait tout seul avec mes petits transparents pour expliquer aux gens pourquoi ils avaient payé en fonction du poids qu'ils avaient dans leur poubelle. quand on a euh quand on a créé des jardins partagés, c'était dans un village, c'était pas très euh pas très voilà, quand on a euh ce qui est en Alsace était la deuxème commune du barin à arrêter les produits phytosanitaires dans les dans les cimetières, ce qui est évidemment un sujet compliqué pour nous.
Euh donc quand quand j'ai piloté tous ces projets, j'étais fier de mes projets comme tous les maires mais je me disais il me manque quelque chose, il me manque une approche plus globale de la transition écologique de mon territoire. ces méthodologies que j'ai trouvé à LAADM, c'est ces outils directement gratuits en open source à disposition des élus, je me suis dit comment on fait pour les ouvrir au maximum ? Et c'est là qu'en est l'idée de de d'un réseau élu pour agir euh qui qui a pour but de donner des clés de décryptage et d'essayer de réussir cet essage de la transition écologique sur les territoires.
Aujourd'hui, il y a 4000 élus locaux qui nous ont rejoint, des pas forcément des maires et des adjoints, des des conseillers municipaux, des des citoyens engagés qui s'intéressent à la transition écologique et à qui on donne des clés. Donc toutes les logiques dont vous allez parler aujourd'hui, ces logiques profondément ancrées dans les territoires, ces logiques de lien social au niveau rural, ces logiques de tiru qui catalysent cet engagement citoyen. Croyez bien et et gardez à l'esprit que pour la transition écologique qui implique des changements de modèles, des changements de pact et des changements de pacte social et des changements d'échelle, la ruralité peut-être un moteur de cette transformation à une puissance peut-être inégalée qu'on connaît moins dans des environnements urbains.
Et donc, il faut saisir cette chance et donc c'est pour ça qu'on est très heureux d'être là aujourd'hui. Merci beaucoup pour votre écoute, madame la ministre, messieurs présidents, mesdames et messieurs les directeurs, mesdames et messieurs élus, mesdames et messieurs. on dit en vos grad qualités, les qualités sont nombreuses puisque ça nous vaut la la chance de nous réunir aujourd'hui autour d'un thème fort précieux euh et une écriture très intéressante puisque vous dites lieu du lien et ruralité. ruralité étant conjugué au pluriel euh et je vous avoue la pertinence de de cette écriture.
Euh d'abord pour décrire la ruralité, de quoi parle-t-on ? de quelque chose qui est très diffus, très éparpillé, très différent mais qui est massif puisque les ruralité représente 22 millions de Français, 88 % des communes de France et naturellement la totalité de l'agriculture mais aussi 31 % de l'industrie. Et ces ruralités, chacun les connaît.
Elles sont variées, elles peuvent être dynamiques, elles peuvent former des petites centralités, elles peuvent être aujourd'hui dans des vraies difficultés parce qu'elles sont enclavées, parce qu'elles ont une population vieillissante et une perte démographique. Et en même temps, je crois que nous partageons tous ici cette conviction que la ruralité ne peut être que forte et vivante. Pourquoi ? parce que je reprendrai différemment les propos du président de l'ADEM.
Notre pays, l'ensemble des citoyens que nous sommes sommes engagés volontairement ou involontairement mais de manière nécessaire dans une transition inexorable qui est positive euh qui est celle de du développement durable. Et moi, j'aime ce ces mots de développement durable qu'on emploie pas assez et je reprends le mot américain de de sustainable. Et ce développement durable, il est soutenable s'il est partagé et s'il se construit sur trois piliers que sont alors je les mets pas du tout en ordre de priorité mais l'économie, le social et l'environnemental. au cœur d'un projet de développement durable, il y a naturellement notre environnement, mais il y a aussi les hommes et les femmes, quel que soit leur âge, là où ils habitent et quel que soit leur territoire.
Et je pense que nous sommes encore euh victimes euh à des degrés divers euh d'une image de la ruralité qui avait totalement disparu parce que pendant des années, le modèle qui était euh inspirant, le modèle qui était donné, c'était celui euh de la ville de la métropole et que la ruralité s'est en quelque sorte effacé de l'écran et aujourd'hui Nous pensons qu'il faut enfin certains pensent qu'il faut la guérir et la mener à ressembler à la ville. Or ça, je pense que c'est une erreur fondamentale. La ruralité doit être la ruralité.
Nul ne doit l'opposer à la ville car je le dis, nous le savons quand nous y vivons, que il n'y a pas de ruralité si vous n'avez pas de ville de proximité, de ville moyenne. Il n'y aura même pas d'agriculteur dans nos territoires parce que les agriculteurs ont une famille avec des enfants qui vont à l'école avec besoin de service de médiathèque. Donc il faut trouver euh l'identité, la force de la réalité.
Et je partage mais vraiment profondément ce qu'on dit Bernard Delcroc et Sylva Vasorm. La force de la ruralité, son identité, c'est la solidarité, donc le lien avec les personnes parce que dans la ruralité vous étiez peu nombreux et vous deviez vous organiser ensemble. C'était spontané sinon il y a pas de survie.
Et je vais vous donner un exemple qui n'est pas dans la montagne qui est à Ouessan. L'île d'essand, c'est le bout du bout du monde. Ouissan, quand il y a des grosses tempêtes, les bateaux n'arrivent pas.
Et quand vous avez un lavabo qui fonctionne pas, vous pouvez pas prendre votre voiture, aller à Castorama ou je sais pas où. Ça, c'est pas possible. Donc qu'est-ce que vous faites ? vous êtes avec votre voisin et la perceuse dont parle Sylvain et ben vous vous avez inventé le prêt parce que c'est aussi naturel que monsieur Jourdin qui faisait de la pre sans le savoir.
Et donc vous avez un lien et en même temps ce lien je le dis il peut être suffoquant parce que quand vous êtes dans un univers où vous êtes avec les mêmes personnes depuis votre naissance jusqu'au lycée et encore après, vous avez une vraie difficulté. Ce qui veut dire que ce lien de solidarité qui permet dans la ruralité d'inventer des choses, il doit être un lien qui vous ouvre à l'extérieur et qui fait venir des gens de l'extérieur. C'est un milieu où on doit respirer et dans tous les cas en aucun cas la ruralité n'espace en retrait, un territoire ancreux ou figé ou un territoire qui aurait besoin de notre charité.
Ça n'est pas du tout ça. La ruralité a besoin de notre solidarité, mais elle apporte à la ville aujourd'hui une contribution qui permettra de faire ce développement durable. Elle apporte la souveraineté alimentaire, elle apporte l'eau, elle apporte des énergies renouvelables.
Donc la ruralité est notre avenir. Ensuite, ce que l'on constate dans les ruralités qui sont diverses et variées, c'est que les solutions, elles n'existent pas spontanément. C'est-à-dire souvent vous avez une idée mais vous n'avez pas l'argent et nulle part vous n'avez quelque part un livre de recette qui vous dit bon voilà on le fait même si comme l'a dit le président de l'adem justement l'enjeu c'est de diffuser les bonnes pratiques.
Il y a un géographe qui s'appelle Dumont qui est professeur à la Sarbonne et qui dit des choses extrêmement intéressantes. Il n'y a pas de fatalité et chaque territoire a son génie. Et je donnerai un exemple, l'exemple de carré en Bretagne que tout le monde connaît aujourd'hui.
Alors avant, il y a même des Bretons qui connaissaient pas Car, c'est dire Car c'est dans la Bretagne centrale. Si vous n'y allez pas pour aller à carré, vous ne voyez jamais carré. Et à Car, il y a des jeunes dans cette c'est vraiment une campagne, une grande ruralité agroalimentaire.
Donc c'est c'était de de l'agriculture et de l'industrie. Il y a des jeunes qui ont décidé de faire un truc et ils ont inventé ce truc de dingue, les vieilles charrues qui aujourd'hui euh sont connus de partout et dans des univers très différents. Cela veut dire que dans la ruralité, dès lors que l'on a une volonté d'entreprendre et que l'on travaille ensemble avec la force du lien qui lit les élus qui sont des facilitateurs, les citoyens parce que c'est eux qui portent les projets, c'est vrai aujourd'hui surt des boucles d'autonomie énergétique et puis les acteurs économiques et donc ce qu'il faut préserver en ruralité et dynamiser parce qu'aujourd'hui En ruralité, personne ne vivait comme les ruraux des années 50.
Euh le très haut débit, il est déployé à 92 % dans notre pays. Euh les ruxaux utilisent les mêmes outils que les les urbains. On se ressemble tous et en plus on souhaite que des urbains viennent en ruralité.
Et donc je je crois que euh les dans les territoires, on entreprend et on invente des choses. Et je voudrais donner quelques exemples. Euh je reprendrai l'exemple exceptionnel des maisons France Services.
Alors j'ai exceptionnel, c'est pas moi qui l' inventé. euh des maisons France Services. Cette idée de dire on doit donner accès à nos concitoyens à des services publics tel que c'est réalisé aujourd'hui, ça n'a jamais existé avant.
Parce qu'aujourd'hui vous habitez chez toi dans le Cantal dans un petit village, vous pouvez faire tout votre dossier de retraite qui est toujours très compliqué parce qu'il vous manque un papier sans aller dans votre caisse de retraite, vous allez à la maison France service qui a 20 minutes de chez vous ou qui a une maison France service mobile et qui va dans le et qui va dans le village. Et donc j'ai entendu dans des maisons France Service des maires me dire il y a des gens qui viennent à la maison France Service apporter des chocolats aux opérateurs parce que il voi quelqu'un qui dire bonjour. Vous voyez, ils ont l'impression d'être reconnu et et d'exister.
Ensuite, on a des expériences assez remarquables et je voudrais citer celle d'OG Saint-Vincent et monsieur le maire est là. Je ne parle que de lui et d'autres, mais c'est exceptionnel. Voilà, il va le témoigner d'ailleurs.
Excusez-moi, monsieur le maire, de dévoiler les choses. Euh pas trop quand même. Non, je vais juste être sobre.
Euh vous savez que l'État euh accompagne les communes alors par le biais des tiers lieux mais aussi les villages d'avenir et les petites villes de demain. Et le titre est intéressant parce que dire village d'avenir ça veut dire qu'on a un avenir. Et dans ce village, avec l'accompagnement de l'État, c'est développé une formule d'exception d'un café citoyen où les élus avec les habitants, ils ont fabriqué leur modèle, un endroit en plus, il vous dira qui est autonome et où il y a ce café qui est porté par les par les habitants, les citoyens où on peut lire, on fait des lectures, on peut écouter de la musique dit que et ce sont les villageois, j'aime bien ce mot, les villageois eux-mêmes avec leurs élus qui ont porté une chose une chose qui est assez exceptionnelle et donc la vitalité, l'avenir de la ruralité, elle repose sur le lien d'abord le lien entre les acteurs, c'est-à-dire la synergie.
Rien ne peut se faire dans la réalité. Si les élus ne dialoguent pas avec les citoyens, avec les acteurs économiques, avec les association, rien ne peut être proposé en offre de service dans les territoires si vous n'avez pas un engagement associatif. Je pense à tout le mouvement sportif, mais je pense aussi à une association remarquable qui s'appelle famille rurale qui a développé dans la ruralité des crèches euh de l'aide à domicile et vous avez à la fois un engagement de citoyens euh appuyé naturellement par des professionnels et ce que vous disent les personnes qui sont engagées dans ces mouvements, soit le café citoyen mais aussi dans une un club de sport euh où euh j'ai vu des des gens en retraite qui accompagnent les péibus dans les écoles.
Tous les gens qui participent disent que le fait de d'avoir créé ce lien de donner et de contribuer, ça les enrichit et ça leur donne une existence sociale positive. C'est-à-dire que ça les motive et ils sentent qu'ils ne sont plus isolés parce qu'à un moment ils s'engagent et ils donnent aussi les choses. Donc moi je crois qu'il faut apporter des choses aux gens mais il faut aussi permettre à des personnes de contribuer de de contribuer à faire les choses essentiels.
Et on a dans la ruralité de grandes solitudes. On a de grandes solitudes dans un village isolé. Euh une personne seule âgée, elle peut se sentir extrêmement seule, y compris quand elle bénéficie de ce qu'on appelle le maintien à domicile.
Vous avez une personne qui vient le matin euh qui accompagne la personne pour le petit- déjeuner, faire sa toilette et ensuite la personne, elle est totalement isolée toute la journée, c'est-à-dire elle n'a pas de lien social qui stimule, qui donne envie de faire des choses. Et donc cette solitude terrible, on doit y mettre fin par le biais d'un lien social qu'il nous faut inventer. Nous avons aussi la solitude de certaines familles.
Je vous citais l'exemple d'essent et moi je l'ai entendu notamment de la part de de famille monoparentales ou de familles où il y avait des difficultés intrafamiliales. des femmes qui m'expliquaient qu'elles se sentaient seul parce que quand vous êtes en ruralité, vous êtes parfois dans un microcosme et vous ne dites pas les choses. C'est pas possible de les dire parce que tout le monde va savoir, vous n'osez pas.
Et donc il faut queon invente ce ce lien, ces espaces de de rencontre où au-delà de sortir les personnes de la solitude, on est aussi attentif en matière de prévention et de confiance. Et je me réjouis que le Premier ministre euh est confié à euh monsieur Kuberfond qui est euh qui a été député euh euh de la Dordogne, une mission sur l'isolement euh dans notre plan Franceuralité euh que nous avons présenté euh dans les dans les Vauges, l'assignation à résidence, la pression qu'on se met les uns et les autres parce qu'en ruralité, on pense queon est dans un univers On ne peut pas sortir cette solitude qui est faite de souffrance ou parfois juste qui n'aide pas à nous émanciper. C'est un enjeu extrêmement important de cohésion sociale.
La solitude existe terriblement en ville 1. C'est pas parce qu'il y a beaucoup de gens dans les rues vous n'êtes pas seul. On le sait.
On l'a vu dans des moments de grandes difficultés sociales et familiales, mais parce que la solidarité, le lien social, l'humanité tout simplement, c'est l'essentiel de la ruralité, ce qui lui permet de construire, de bâtir parce qu'on partage le même attachement au territoire et on a les mêmes besoins. C'est la ressource essentielle de la ruralité et il nous faut donc comme vous le faites aujourd'hui et vraiment je suis extrêmement heureuse de cette initiative originale. Il nous faut profondément ensemble travailler sur le sujet bâtir des murs, bâtir des maisons, bâtir des services, rénover des logements. formidable mais ça prend du sens quand on reconstruit une sorte de communauté de vie et c'est le sens même de la commune où chacun est solidaire des autres avec beaucoup de discrétion mais chacun a sa place sa liberté et qu'en même temps on ne laisse personne sur sur la route.
Et je terminerai par une anecdote juste après. Vous savez la grande canicule. Il y a quelques années, j'étais maire comme voilà nous tous ceux qui sommes ici sur cette estrade.
Et donc je vais à la boulangerie et la boulangère me dit "Madame le maire, ça fait 3 jours que j'ai pas vu monsieur Martin. C'est bizarre parce qu'il vient tous les matins la même heure prend ça." Cette femme, cette boulangère, elle a déclenché un réseau de solidarité parce que tout de suite, on est allé voir, les volets étaient fermés, le courrier était dans la boîte aux lettres et donc on a reconstitué le réseau d'amitié de ce monsieur parce qu'on savait qu'il faisait partie du club des boulistes.
Donc, on est allé voir les boulistes. Voilà. Et puis ce réseau d'entraine nous a conduit à découvrir que ce monsieur était tout simplement parti en vacances chez des amis, rien d'inquiétant.
Mais quand il est revenu, quand il est revenu, vous auriez vu son visage. Ce monsieur, il a senti qu'il était important pour tout le monde et que tout le monde s'était mis en réseau d'entraide et de solidarité pour aller chercher et il me disait que c'était pour lui un moment d'exception et il a dit je ne me suis pas sentie seule et je sens que je fais partie d'une communauté à laquelle j'ai envie de de contribuer. Merci euh euh de vos de de vos travaux euh que je suivrai aussi avec beaucoup d'intérêt, même si je dois m'échapper pour parler d'un autre sujet.
Merci à tous. Là, je crois que c'est bon. Voilà.
Merci au merci au président, merci au président Vazorman. Merci la à madame la ministre Françoise Gatel pour pour leurs mots ce matin et leur engagement à nos côtés et je sais qu'on se recroisera très bientôt. Je vous propose de passer à justement à la question qui nous qui nous rassemble ce matin, donc le lien social, une question rurale pour cette pour cette première partie en tout cas de cette de cette matinée qui va nous permettre justement de de discuter, d'objectiver cette question du lien social et en milieu en milieu rural qui a été abordé par nos premiers intervenants.
Je vais inviter à la tribune à nous rejoindre madame Valérie Jousum et madame Sandra Wabian, s'il vous plaît. Bien et donc ça me permet de de replacer, j'ai pas pu le dire tout à l'heure que donc nous avons bien nous allons bien dans cette première partie euh aborder donc cette question du lien social en Moral avec une une première séquence de de 20 minutes pour euh pour évoquer discuter cette cette question avec les deux personnalités qui m'entourent là maintenant. Nous aurons ensuite une table ronde pour continuer à échanger cette question notamment avec des élus locaux qui nous ont qui nous rejoindront tout à l'heure.
Et puis après une après une courte pause, nous reviendrons bien sûr sur la présentation de l'étude autour de la contribution sociale des tirers lieux que que vous attendez toutes et tous puisque vous le savez nous dévoilerons cette étude nous dévoilons cette étude aujourd'hui après l'avoir travaillé et mené conjointement avec l'ADEM ces derniers mois et nous aurons l'occasion bien sûr de de la discuter avec des acteurs de terrain qui sont parmi nous à la fois pour en échanger et évidemment dans le public ici présent et je les salue toutes et tous. Alors peut-être pour commencer du coup sur cette première sur cette première question, mise en perspective sur les ruralité esselé ou porteuse d'avenir. On a déjà sans doute des éléments qui qui feront discuter ou réagir Sandra Wabian et et Valérie Jusom.
Peut-être quelques mots pour dire que on a voulu ce matin poser cette question simple et essentielle. Le lien social est-il une question spécifiquement rurale ? et au fond, est-ce un enjeu privé ou d'intérêt général ?
Cette interrogation a été récemment ravivée par un rapport, mais j' pourrais dire plusieurs. Je pense notamment à un qui est le plus le plus récent de de l'IMPAC tank publié en mai dernier qui s'appelle Refaire nos liens, l'impact du lien social dans les territoires mais qui s'inscrit qui s'inscrit aussi dans un certain nombre d'études y compris celle solitude qui est menée depuis plusieurs années par le Crédoc pour la Fondation de France. Je pense que Sandra voit bien reviendra.
Et donc ce ce rapport de l'impactant qui est appelé à mieux mieux mesurer l'impact du lien social dans un contexte de défiance croissante et d'isolement social qui s'ancre dans la société. On l'a on l'a évoqué. que plusieurs chiffres sont évoqués dans ce rapport mais aussi dans l'étude dans l'étude solitude notamment je pense à celle de 2023 qui était dédiée au lieu du lien qui nous a donné l'idée de de ce nom pour pour cette matinée. 12 % de la population qui est en situation d'isolement relationnel, un français sur qu ressent de la solitude et avec quelques surprises par exemple 40 % chez les jeunes, 83 % qui déclarent souffrir de cette de cette situation et par ailleurs, dans un contexte de défiance, je le disais, près de 80 % des des Français qui déclarent ne pas faire confiance aux autres ou aux institutions.
L'étude Solitude 2023 justement révèle aussi deux dynamiques fortes. Je parle parle sous contrôle de Sandra toujours. D'une part, les lieux les plus fréquentés par ceux qui se sentent seuls sont les centres commerciaux ou les marchés, des lieux ouverts, gratuits, peu, exposants, mais ce ne sont pas nécessairement les lieux où le lien se crée réellement.
Ce sont dans les associations, dans les espaces sportifs, dans les lieux marqués par une expression qu'on connaît bien dans les marqué par le faire ensemble que les nouvelles sociabilités prennent véritablement de la consistance. Parallèlement, les lieux historiques du lien se sont peut-être rarifiés, ont évolué. 90 % des cafés, des bistros ont disparu en un siècle.
La sociabilité au travail a également évolué et on sait que d'autres services publics ou privés, on pense notamment au commerce de proximité, ont pu connaître certaines fragilités qu'on connaît bien à l'agence à la fois dans des centralités de de villes de villes de petites et moyennes villes ou de territoires ruraux. Alors, face à cette éion euh selon ces différentes publications, plusieurs plusieurs typologies de lieux émergent. Pour notre part, nous nous pouvons citer évidemment les tiers lieux qui euh euh se sont développés rapidement. 1800 tierslieux identifiés en 2019, 3500 revendiqués aujourd'hui d'après les baromètres de de France Tierlieu et des réseaux thématiques qui qui contribuent.
Euh le programme Nouveau lieu nouveau lien euh a pour sa part porté par la NCT donc a soutenu plus de 500 lieux dont la moitié euh en territoire ruraux. Mais il y a évidemment beaucoup d'autres lieux euh et plus anciens encore qui participent de cette de cette convivialité. On pense évidemment au aux es au lieux sportifs, au MJC, aux maisons de quartier, aux structures d'insertion.
Bref, beaucoup d'espace évidemment y contribuent et depuis depuis longtemps. Et pourtant, malgré ces dynamiques, ces nouveaux lieux du lien, l'isolement demeure stable, contribue à une forme de ressentiment pour reprendre les termes de cette philosophe Cynthia Fleury, voire à la défiance selon l'économiste qui en a fait sa spécialité, Gan Algan. Alors, comment reter des liens, par quel lieu, avec qui ?
Nous allons effectivement en discuter maintenant avec donc Sandra Wabian. Donc vous êtes directeur directrice pardon général du Crédoc et autrice de la mosaïque française Comment refaire société publié en fin fin 2024 il me semble aux éditions Flamarion et puis Valérie Jusô géographe à l'université de Nant et vous êtes autrice également de Plug Pride un nouveau récit pour les campagnes publié en 2021 aux éditions de l'aube. Alors Sandra Wabian, on va commencer avec vous tout d'abord.
Donc vos enquêtes et j'ai cité, j'ai dévoilé une partie de de cette étude solitude qu'on qu'on évoquait tout à l'heure montre que cet isolement relationnel concerne une partie significative de la population et qu'il concerne notamment les populations les plus fragiles économiquement y compris en QPV ou en ruralité. vous montrer que ce que ce sont donc les lieux gratuits, ouverts, peu exposants qui sont fréquentés par ceux qui se sentent seuls. Ma question est simple, c'est les socialités les sociabilités rurales se distinguent-elles aujourd'hui des des sociabilités urbaines et y a-t-il donc un isolement rural spécifique ?
Bonjour à tous, merci pour votre invitation. Euh donc effectivement, on mène depuis presque 10 ans maintenant des travaux pour la fondation de France sur le lien social et l'isolement. Et puis au par ailleurs, on a au Crédoc des grandes enquêtes dont une qui existe depuis 45 ans.
Donc on a des séries longues vraiment sur le lien social. Alors d'abord évidemment la mesure du lien social, elle est elle est plurielle. Euh on voit bien qu'on va pas mesurer la même chose selon qu'on s'intéresse à la fréquence de contact, euh à l'intensité.
Est-ce qu'on peut se confier à quelqu'un ? Est-ce qu'on peut compter sur quelqu'un ? Est-ce qu'on compte pour quelqu'un ?
Euh également euh donc la diversité des réseaux relationnels. Euh donc il y a évidemment beaucoup de manières de mesurer le lien social. Donc je vais vous parler de deux indicateurs qu'on a dans nos travaux.
Le premier, c'est celui de l'isolement relationnel. Donc c'est une mesure objective de la fréquence de lien avec un nombre important euh enfin plutôt faible pour les personnes isolées de nombre de réseaux relationnels. C'est-à-dire qu'on va avoir quelques liens très ponctuels uniquement avec quelques personnes de sa famille ou de ses amis ou de ses collègues mais pas plusieurs plusieurs réseaux.
Et l'importance d'avoir plusieurs réseaux relationnels, c'est évidemment dans les cas de coup dur, dans les moments un peu compliqués, ben c'est aussi important d'avoir différents types de de réseau. On parle aussi bien sûr des liens faibles, le fait que des gens que vous connaissez assez peu peuvent vous rendre des très grands services, hein, c'est les travaux de granovetur dans les années 70. Euh et donc si on prend cet indicateur d'isolement relationnel, on mesure 12 % de la population qui euh a peu de liens.
Euh donc on parle des liens de visu, hein. On a choisi de garder uniquement les liens en face-à face, même si on mesure aussi bien sûr les liens numériques, hein, aujourd'hui qui sont très importants. Cet isolement, il a eu tendance assez assez logiquement à augmenter pendant la période Covid et on on mesure pas finalement de différence sur cet indicateur entre les zones urbaines et les zones rurales.
Deuxième indicateur, c'est l'indicateur du de la solitude. Donc c'est ce que disait madame la ministre, on peut très bien être très entouré, hein, avoir plein d'enfants, un mari et puis se sentir très seul, avoir des grands moments de de solitude. On peut aussi voilà avoir une famille avec lesquelles on peut avoir des liens compliqués.
Enfin voilà, le fait d'avoir des liens avec autrui ne signifie pas forcément qu'on est seul, enfin qu'on est qu'on est qu'on se sent en lien social. Et d'ailleurs une partie de de il y avait des travaux qui ont été faits par différentes associations et qui montraient ce cette solitude au quotidien et notamment la solitude par rapport aux difficultés. Est-ce que lorsque à un moment j'ai euh j'ai un pépin, une difficulté dans ma vie, est-ce que je peux vraiment euh aller euh faire appel à quelqu'un ?
Donc ce sentiment de solitude euh là, il est beaucoup plus développé. Euh on a un quart de la population française qui a le sentiment de d'être seul souvent ou toujours. Donc c'est vraiment pas négligeable.
Comme vous le disiez, c'est assez fort chez les jeunes. Alors, on a beaucoup parlé et a raison euh des difficultés de santé mentale de la population de la jeunesse. Euh et évidemment, il y a un lien très fort avec ce ce sentiment de de solitude.
Et là aussi, en fait, on voit pas vraiment de différence entre la zone rur entre les zones rurales et les la population en moyenne. Alors même que donc dans les deux cas, isolement et solitude, on a des structures socio-démographiques qui sont quand même différentes puisqu'on a des public qui sont un peu plus âgés en moyenne en zone rurale. On a également des personnes qui sont plutôt des bons taux d'emploi mais beaucoup d'ouvriers.
Or, on voit dans nos travaux de manière récurrente que le revenu est un vraiment un marqueur très segmentant du lien social. Plus on a des revenus, plus on va pouvoir recevoir des gens chez soi, plus on va pouvoir également maintenir le lien social, y compris avec des des personnes qui vont être éloignées du domicile. Mais en revanche, lorsqu'on va creuser un petit peu les lieux justement qui sont fréquentés suivant le lieu d'habitation, et bien là, on se rend compte que il y a quand même une forme de retrait des habitants de zone rurale qui sont beaucoup moins nombreux notamment qu'en agglomération parisienne à fréquenter des équipements sportifs, des bibliothèques, des cinémas.
Alors, évidemment, la première raison, c'est que il y a moins de ces équipements qui sont qui sont présents, mais également, il peut y avoir une forme de retrait euh donc de question de mobilité, mais aussi une question de retrait dans la comment dire l'habitude et la capacité à à fréquenter ces liens. Merci beaucoup Sandra. Euh Valérie, je vous je permet de vous faire réagir aussi sur ce sur cette question.
Est-ce que selon vous euh euh vous voyez une forme de recul de des sociabilités rurales entre raréfaction des lieux et tendance à l'individualisation de de la société ? Et voilà, est-ce que vous comment vous percevez le le monde rural sur cette sur cette question ? Ben en fait, moi je vais pardon euh moi je vais plutôt parler de la question par l'angle du des territoires puisque c'est plus ma compétence et euh je me permets de d'abord souligner euh euh combien je suis agréablement surprise de de voir l'assemblée aujourd'hui parce que moi ça ça fait 30 ans que j'ai commencé à réfléchir sur les questions rurales et je vous assure qu'il y a 30 ans c'était euh nul et non avenu Euh et il y a 30 ans, on parlait des des réseaux de ville, hein.
Moi, je suis de Nant, c'était l'arcée Atlantique et cetera. Après, on a été dans la métropole, hein. Il fallait soutenir la métropole parce que c'est elle qui par le ruissellement soutenait les malheureux territoires ruraux périphériques.
Et là, on en est à se dire la ruralité, c'est l'avenir. Enfin, vous voyez ce renversement complet du regard porté sur ce territoire. Et donc moi je je vais prendre le je vais prendre un billet un peu différent.
Je pose la question mais qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tout d'un coup le rural et l'avenir du du système qui euh euh était totalement urbain et cetera ? D'accord.
Donc et là on va revenir sur des choses qui ont été abordées par la tribune précédente qui méritent qu'on le conscientisse, qu'on le dise franchement. Pour comprendre de quoi on parle, il nous faut séparer deux disques qui tournent ensemble. Mais enfin, il convient de les séparer.
Il y a deux choses. Il y a l'espace, la dimension spatiale, d'accord ? Rural urbain, c'està-dire c'est tous les gradients de l'aménagement du territoire, du plus artificiel au plus proche du du naturel, mais il y a pas de naturel, on est d'accord.
Bon donc ça c'est le spatial urbain rural et puis se superpose à cela quelque chose d'autre. C'est et c'est là où il faut le conscientiser parce que c'est là où ça ça mute, c'est on va dire le paradigme c'està-dire la vision du monde. Une vision du monde c'est un filtre sur la réalité qui est inconscient et qui est collectif.
On est tous d'accord pour voir les choses de cette façon-là, pour mesurer les choses de cette façon-là, pour nommer le monde de cette façon-là. Et là, c'est là où ça devient plus pertinent de comprendre, c'est que euh je vais pas je pourrais passer des heures à vous parler de ce qu'il y a au-dessus, mais on nous avons été dans une ère dans un paradigme qui que c'était l'aire des paysans mais tout le monde était dans l'air paysane y compris les bourgeois des villes hein. Donc c'est une période préindustrielle, prémoderne, c'est la société paysane.
Et donc là, la question du lien, elle est fondée sur la société était fondée sur des communautés. Il y avait deux niveaux. La famille élargie, la maisonnée d'artisans ou de p de paysans.
Et puis ensuite, il y avait la communauté villageoise puisque du fait de la faible mobilité qui n'était pas motorisée, ben en fait c'était la proximité qui faisait la relation. Donc, il y avait la famille, le village et euh comme on était euh peu équipé, enfin pas de façon motorisée, c'était une société de la réciprocité, de la mutualisation. Quand il y avait des gros travaux, tout le monde s'y mettait et cetera.
Donc c'était ça qui structurait euh le le la les relations. Et puis cette société paysane, elle a totalement disparu sous les effets de la révolution industrielle, c'est-à-dire de la vie motorisée. Ça a produit de l'accélération, de la mobilité.
Euh on est rentré dans une société qui dont le fondement c'est la production de biens matériels, une société profondément matérialiste. Donc c'est la société moderne. Et la société moderne, qu'est-ce qu'elle a produit ?
Euh et bien on est passé de la famille, le village à l'individu et l'État nation. On pouvait parler d'un droit à la ville. La ville étant le lieu où on se forme, où on trouve du travail, où on rencontre et cetera.
Et donc cette société s individualisé. Mais ce que je veux dire, c'est que ensuite on est d'accord que la modernité a émergé dans les villes de l'Occident, de l'Europe, mais la modernité, elle s'est diffusée à tout le territoire. Donc en fait ce paradigme moderne d'individualisation et cetera, c'est diffusé à l'ensemble de la société.
On peut dire donc que les ruraux sont des modernes comme les autres, donc ils se sont individualisés comme les autres. Enfin, je veux dire voilà. Alors avec la nuance, c'est que la nuance va être spatiale ensuite.
Alors quelles sont les difficultés de la ruralité ? Bah c'est sa moindre densité. Et donc comme les densités sont moindres, euh on est on a des distances qui sont plus grandes.
Euh et donc la faible densité va engendrer des des par exemple la logique privée marchande et bien elle va pas trouver son compte parce que en terme de de comment dire de de bassin de chalondise voilà c'est moins intéressant. Donc le le la ruralité intéresse moins la puissance privée. La puissance publique, ben aujourd'hui elle peut être dans elle est dans des difficultés financières.
En revanche et bien dans la ruralité c'est maintenu sans doute plus que en ville bien sûr des systèmes d'auto-organisation et c'est là où on va se trouver le commun, le faire ensemble. Et pourquoi est-ce qu'on en parle aujourd'hui ? Et je finirai là-dessus.
Pourquoi est-ce qu'on en parle aujourd'hui ? parce queon est en train de sortir de l'air de la modernité et ce modèle de le matérialisme, l'individu, la puissance, la compétition parce que évidemment je l'ai pas dit mais dans la société paysane on était dans la mutualisation réciprocité, la société moderne va plutôt valoriser la compétition et cetera. Donc la relation à la qui est un peu différente.
Cette société euh moderne, elle est en train d'être ébranlée par les révolutions numériques qui dématérialise qui dématérialise une société matérialiste. Et donc euh de deux choses l'une et c'est là où on voit qu'on a deux paradigmes en ce moment qui se polarisent. Soit on continue dans l'esprit de la modernité avec le numérique, toujours plus loin, toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus technologique et cetera, toujours plus de compétition grâce au numérique.
Et là, on va vers les mondes virtuels et on pourrait dire que là, la question rurale a pas trop de changement. Mais on voit bien que ce paradigme là, il fait plus rêver. Et on est dans une espèce de bascule des imaginaires où on a plutôt l'idée d'une alter modernité, c'est-à-dire ben il nous faut atterrir en fait, il nous faut revenir dans les écosystèmes, faire une transition écologique mais qui est aussi une transition, c'est pas seulement écologique en fait, c'est une transition anthropologique majeure.
Il nous faut atterrir, reprendre contact avec la Terre et là, le numérique ne sert plus à une à au contrôle, mais le numérique sert à la relation. Pour ça que je parle des mondes conscients, on a le choix entre les mondes virtuels et le monde conscient. Et c'est là en fait dans cet atterrissage que l'enjeu de la ruralité devient majeur.
La société moderne, elle a généré de de point de vue économique, elle a généré l'urbain, c'est-à-dire un monde artificiel, c'est-à-dire un espace de vie construit par les humains. Euh la société paysane avait généré des paysages de la nature domestiquée par l'homme la campagne. On voit bien que si on atterrit, c'est aussi d'une certaine façon la fin d'un processus de concentration et d'urbanisation.
Et donc ça veut dire que si on atterrit, il y a probablement aussi un processus de reconquête euh des territoires. H c'est allumé. Oui.
Euh ça veut dire que si on atterrit, si on dépasse la modernité, on récupère les mémoires. C'està-dire que la modernité est dans ses limites, donc elle ne peut pas apporter des solutions à ses propres limites. Il nous faut récupérer nos mémoires pour savoir tout ce qu'on peut faire, tout ce qu'on a fait pour inventer du nouveau avec.
C'est de la de la revalorisation contemporaine des mémoires. Donc voilà les endroits où moi je pense que la ruralité a vraiment des nouveautés fondamentales à apporter et c'est je pense pour la la raison pour laquelle elle est remise sur le tapis euh actuellement. Merci beaucoup Valérie ce premier tour de piste.
Je sais que je vous demande un exercice difficile avec des réponses courtes sur un sujet sur lequel vous êtes toutes les deux passionné et expertes. au avion. Je vous fais réagir parce que je crois qu'il y a beaucoup de mots qui ont été cités là qui font écho à ce à des mots qu'on peut retrouver aussi dans votre livre la mosaïque française parce que précisément vous décrivez vous décrivez une société individualisée ou en mosaïque et dans laquelle la compétition la mise en compétition ne serait finalement pas une fatalité.
Et donc moi la question que j'ai envie de vous poser sur en lien aussi avec notre sujet de ce matin, c'est ces lieux du lien ou ces tier lieux qui émergent ou qui ont émergé qui vont continuer à émerger. En quoi est-ce qu'ils sont capables selon vous de retisser du commun du commun et à quelles conditions ? Oui, c'est effectivement il y a beaucoup de choses qui sont convergentes dans dans les travaux de Valérie et et les miens, même si on n pas du tout les les mêmes angles au départ.
Moi, j'ai j'avais j'ai essayé dans mon livre de m'intéresser à la question de la cohésion sociale qui des termes qui ont été évoqués euh ce matin en essayant déjà de définir bon qu'est-ce que c'est que la cohésion sociale. Donc en gros, il y a trois grandes dimensions : économique, culturelle et politique. Donc est-ce qu'on va s'engager ?
Le politique c'est est-ce qu'on va avoir confiance dans les dirigeants ? Bon, la réponse vous la connaissez, c'est plutôt non. Est-ce qu'on va s'engager personnellement ?
Donc là, on a plutôt des travaux qui montrent qu'il y a de l'engagement citoyen. Est-ce qu'on partage les mêmes valeurs ? Et puis est-ce qu'il y a des inégalités ? pour faire cour.
Oui, il y a des inégalités notamment des inégalités de patrimoine, mais en gros par rapport à une vision de société qui est souvent développée d'une société qui est complètement atomisée, archipélisée ou c'est un ghetto et cetera, mais en fait lorsqu'on essaie de faire un état des lieux, on est plutôt dans un état des lieux mitigé. C'est-à-dire qu'il y a des facteurs négatifs, la défiance dans les institutions, mais il y a aussi des facteurs positifs, l'engagement des citoyens euh ou euh ou une forme de par exemple d'inégalité de revenu qui même si elle est importante reste mesurée grâce notamment à la protection sociale qui voilà fait un filet de sécurité qui est quand même encore très important en France. Donc finalement, pourquoi on a cette vision d'un monde où chacun est isolé et qui est très forte en fait puisque quand on interroge la population française, on a 80 % des gens qui pensent que la cohésion sociale est faible.
Et dans le même temps, quand on leur demande est-ce que vous vous êtes personnellement intégré dans la société française, là on a 80 % des gens qui nous disent "Oui, moi je suis intégré personnellement." Donc il y a quand même un yatus entre c représentation très négative et euh la le sentiment personnel d'être intégré dans un territoire. Donc euh moi je l'explique par le fait que notamment notre société donc c'est individualisé comme l'a dit Valérie.
Donc individualisé qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut pas forcément dire chacun pour soi. Ça veut dire chacun ses choix.
C'est-à-dire euh je choisis le prénom de mes enfants et aujourd'hui chaque prénom est donné euh moins de 2 % des bébés. Euh voilà, le top 50 des prénoms euh il y a dans les années 50 c'était 75 % des bébés. Aujourd'hui, c'est plus qu'un donc on voit bien que voilà, on a une multiplicité de de des inventions, des créations de de chacun qui peuvent être reliées à des histoires, hein, à un passé, à des des cultures qu'on aime et cetera.
Euh et et tout au long de la vie euh les choix affectifs, les choix professionnels, même jusqu'au choix de cérémonie de de fin de vie euh aujourd'hui se sont démultipliés. On n' plus un seul une seule manière de d'enterrer ses morts. On va euh cérémonies qu'on va personnaliser.
Voilà. Donc je peux vous multiplier les exemples à l'envie, mais en gros le phénomène c'est chacun a envie d'être un individu singulier qui fait ses propres choix. Et euh la difficulté selon moi, c'est qu'on a essayé d'organiser cette individualisation sous un mode compétitif.
C'est-à-dire qu'on s'est dit bah finalement les ressources sont pas infinies. Donc ce qu'on va faire c'est qu'on va essayer d'organiser une espèce de course géante entre les individus. C'est ce qu'on appelle la méritocratie.
Et ceux qui vont gagner cette course et bien auront des places légitimes. Donc seront finalement les les auront des statuts sociaux privilégiés et cetera. Et cette cette vision de société qui est très ancrée, hein, euh elle a évidemment plein de de de défauts.
Euh un des premiers défauts, c'est qu'on n'est pas tous d'accord sur ce que c'est que le mérite. Euh certains vont considérer que c'est les efforts, se lever tôt le matin, d'autres vont considérez que c'est les talents ou les diplômes. Un deuxième problème, c'est qu'évidemment la l'égalité des chances, le fait de courir tous derrière la même ligne de départ et bien c'est très difficile à atteindre parce qu'on est on n'est pas tous dans la même la même famille avec les mêmes revenus, les mêmes territoires et cetera.
Donc la puissance publique a beau essayé de courir pour essayer de de corriger ses ses écarts, bah c'est c'est extrêmement difficile. Euh la troisième difficulté, c'est que finalement les gens vont euh ça va entraîner une forme de concurrence victimaire, c'est-à-dire dire bah moi j'ai pas été assez aidé, je veux bien courir dans la course mais j'ai un je suis en situation de handicap, j'ai un TDAH ou bien je suis discriminée ou et cetera et cetera. J'ai besoin d'aide pour faire partie de ce modèle.
Et puis la dernière difficulté, c'est que bah mécaniquement, puisque c'était l'objectif, on crée des gagnants et des perdants. Et du côté des gagnants, et bien en fait, on a du burnout parce que les gens, comme l'a expliqué Valérie, court de plus en plus vite en fait. Il faut aller se mettre à maîtriser l'IA, il faut se mettre à à voilà faire passer du temps à passer du temps sur les réseaux sociaux.
Donc ce qui devait nous faire gagner du temps, par exemple, les mails nous conduit à passer un temps incroyable sur le numérique. Donc voilà, on est dans une course un peu infinie. Et du codé des perdants, on retrouve ce que décrit Cynthia Fleuris, c'est-à-dire du ressentiment parce que les gens non seulement sont perdants de la course, mais en plus on leur dit "Bah, c'est de votre faute.
C'est parce que vous avez pas fait les bons choix sur Parcours sup, c'est parce que vous avez pas été euh assez mobile dans votre carrière professionnelle, vous n'avez pas fait les bons choix en terme professionnels et cetera et cetera." Donc personne n'a envie de non seulement d'être perdant, mais en plus de dire qu'il est responsable. Alors que auparavant, il pouvait y avoir des visions plus collectives.
On pouvait dire bah voilà, je suis ouvrier, j'ai pas beaucoup de chance de mobilité, c'est pas forcément mieux hein. Je dis pas qu'il faut laisser les gens dans des situations d'inégalité, mais il y avait au moins le sentiment que c'était un destin collectif, que c'était pas une responsabilité de chacun. Donc c'est pourquoi en fait moi il me semble qu'aujourd'hui on a vraiment un enjeu à transformer ces imaginaires et à sortir de cet imaginaire donc dominant de la compétition comme seul moyen de créer de la justice sociale pour aller vers de la coopération.
Donc la coopération qu'est-ce que c'est ? C'est faire ensemble dans un but commun. Et euh ce que proposent les tiers lieux euh c'est peu ou prou ce projet-là, c'est-à-dire des individus qui euh se mobilise avec des gouvernances qui sont la plupart du temps très horizontales gérées sous la manière des communs, donc où en fait les décisions vont être prises collectivement et avec un but commun qui est de faire ensemble et la coopération est à la fois finalement un moyen, un modus opérandi également un objectif.
Alors dit comme ça, ça peut paraître un peu bénioui. Donc évidemment tout le monde est pour la coopération, personne est pour la compétition mais ça veut dire plein de changements de société en fait. Ça veut dire changer de valeur.
C'està-dire au lieu d'apprendre aux enfants à l'école à devenir des leaders et au lieu de les classer en permanence, valoriser les apprentissages collectifs, les projets. Ça veut dire en entreprise également avoir des évaluations qui vont être collectives et pas seulement des évaluations individuelles. Je dis pas qu'il faut abandonner l'individu hein puisque c'est une des valeurs centrales de notre société mais il faut essayer d' à côté de créer des cadres qui vont permettre la la coopération et j'en terminerai là le le principal élément il me semble qui manque dans notre société pour créer cette cohésion sociale qui qui est appelé des vœux de de tous ce sont des cadres.
C'est-à-dire que il y a pas de raison que la coopération soit plus spontanée que la compétition. On a des autorités de la concurrence, on a des algorithmes qui classent les élèves. Tout ça, ce sont des systèmes qui organisent notre société sur le mode de la compétition.
Si on veut que les gens s'engagent et qu' participent à des collectifs, et bien il faut qu'ils aient ces cadres. Les tierslieux en font partie, les conventions citoyennes en font partie. Évidemment, ils ont encore plein de défauts, hein.
On sait que les tierslieux euh malheureusement ça ça reste encore beaucoup de l'entre soi. Il y a des difficultés à à créer de la mixité sociale. Donc c'est des enjeux aussi aujourd'hui.
Mais c'est sans ces cadres là, il y a il y a pas de possibilité d'agir pour les citoyens. Donc si on veut une société où il y a du lien, où il y a de la cohésion sociale, où il y ait de l'engage, l'engagement, il y a besoin à la fois de lieu, donc c'est le sujet d'aujourd'hui. Euh et il y a aussi besoin de cadres euh d'organisation, d'espaces dans lesquels les citoyens peuvent se mettre en action pour agir.
Ah oui, merci beaucoup. Merci beaucoup Sandra. Valérie, vous aurez le le mot de de fin de cette première première séquence.
Voilà. l'émergence de ces de ces lieux et et leur ancrage ou leur perception par les habitants, les anciens et les néos et les nouveaux. Euh en fait, c'est très intéressant ce que ce que décrit Sandra, c'est c'est ça le changement enfin un paradigme, une vision du monde, elle va créer ses concepts et elle va créer ses méthodes de calcul.
On va choisir ce qu'on évalue. Euh quand on change de paradigme, bah en fait les vieux indicateurs, ils correspondent pas. Les façons de calculer, ça correspond pas. les concepts ne correspondent pas et donc on va changer mais pour le moment on est dans ce qu'on appelle un système sociotechnique bloqué c'est-à-dire qu'on veut faire du nouveau qui n'a jamais existé mais avec les méthodes de calcul concept les méthodes de financement du passé donc là je dirais vous vous êtes en train d'ouvrir la voie c'estàdire il y a toutes les nouvelles idées mais il y a pas les nouvelles méthodes de calcul même de financement et cetera Donc mais mais ça va venir.
Euh on est en train c'est important parce que vous êtes en train d'inventer du nouveau. Si je prends une métaphore que j'utilise souvent quand on était des paysans, on était comme une communauté mais comme un rocher. On mangeait ensemble, on dansait ensemble, tout le monde dormait dans la même chambre.
Enfin, vous voyez, on avait le nom de la famille. Enfin bon, donc c'était un rocher. La modernité nous a débité comme des pavés.
Ah bon ? Nous sommes devenus des individus. Et là maintenant, il nous faut inventer quelque chose qui n'a jamais existé dans l'histoire de l'humanité, la communauté d'individus.
Comment pouvons-nous faire une maison commune avec les pavés que nous sommes devenus ? Et ça c'est et donc c'est pour ça que vous voyez, c'est le débat entre la dimension privée, la dimension commune. C'est elle est à repenser dans les maisons, dans les dans les villages, elle est à repenser partout.
Mais plus globalement, vous comprenez que si on change de monde, il nous faut repenser carrément toutes les échelles et tous les acteurs des différents niveaux. Alors, je vais aller rapidement, promis Arnaud. Grosso modo, dans nos besoins humains, on a des besoins de protection, des besoins de relation et des besoins de sens.
OK ? Donc si on prend ces trois niveaux, on pourrait dire que dans les sociétés paysanes, le niveau 1, la protection, c'était la maisonnée ferme, la maisonnée d'artisan. Voyez la la famille élargie.
Voilà le le niveau relation, c'était le niveau du village. Le niveau du sens était donné par la religion. OK.
Si on prend la modernité, le niveau de la protection, la cellule de base, on va dire c'était la famille nucléaire dans un cadre du salariat. D'accord ? C'est le salariat qui apporté la sécurité matérielle à des familles nucléaires.
Ensuite, le niveau de la relation, c'était la ville, hein, où on va au lycée, on cherche un premier emploi et cetera où on sort, voilà, où il y a le musée, le enfin les équipements et puis le sens global était donné par la République qui donnait un sens aux hommes collectivement, je veux dire. On voit bien qu'aujourd'hui la société hypermoderne, elle n'a plus ni protection, ni relation, ni sens. Voilà, c'est ça qui fait que ça devient dystopique et et qu'on adhère plus tellement.
Mais du coup, émerge un nouveau modèle où il va nous falloir réfléchir à quel est le niveau de la communauté familiale ou de vie de base, à quelle échelle euh s'organise quelque chose de plus collectif. Euh on certains parlent d'un droit au village pour remplacer le droit à la ville. Bon, ça veut juste dire que il y a quelque chose de plus petit, un échelon plus petit peut-être.
Moi, je pense beaucoup à la question des microurbanités sur les petites villes comme modèle d'habitat d'avenir. Et puis globalement, qu'est-ce qui donne du sens ? Moi, je propose la question le vivant.
La question le vivant, qu'est-ce en quoi on peut soutenir la vie ? Voyez le la la relation. Mais vous voyez que il nous faut vous avez enfin vous êtes les acteurs de quelque chose de d'important qui est comment est-ce qu'on fait de la communauté d'individus ce qui n'a jamais existé et puis comment est-ce qu'on redéfinit sur une société altère moderne qui atterrit bah quels sont les niveaux de protection de relation et de sens et on a du pain sur la planche mais en tout cas on est de plus en plus nombreux à y réfléchir.
Merci beaucoup. Je crois qu'on peut les applaudir toutes les deux. Merci.
Grand merci à vous. Je vous invite à à reprendre place au premier rang euh et je vais inviter nos prochains intervenants pour pour la table ronde qui suit. On a on accuse un léger retard mais mais on va pouvoir rattraper ça tranquillement.
Donc je vais appeler à mes côtés Annique Merle, vice-présidente du conseil départemental de l'Is Fabrice d'Allongeville qu'on ne présente plus maire d'OG Saint-Vincent et membre de l'association des maires ruraux de France et Magalie Martin directrice des programmes France Ruralité Avenir montagne et village d'avenir à l'agence également. Ouais, bien sûr. Excuser excuser Sylvie Robert, sénatrice Dil Villen, vice-présidente du Sénat qui devait participer à cette table ronde jusqu'à il y a encore avanthier mais qui est retenu en commission culture pas très loin d'ici au Sénat dans le cadre de l'examen de la proposition de loi sur le devisal public qui est revenu au Sénat un peu plus tôt que prévu.
Alors sur cette sur cette sur ce deuxième temps donc centré sur une question plus générale ou peut-être plus expérientielle qui est comment le lien social est-il aujourd'hui appréhend intégré par dans au sein des politiques publiques et donc c'est pour ça qu'on a différentes strates finalement de collectivité ou d'action publique qui sont représentées sur ce sur ce deuxème temps d'échange et donc est-ce est-ce une préoccupation ce lien social partagée par nos concitoyens nos élus euh et plus largement quel est le rôle de la puissance publique, de l'État, des collectivités face à ce qui est aussi une forme de retrait ou de carence de l'initiative privée parfois en tout cas on pourra en discuter. Peut-on encore laisser place finalement à cette individualisation warshipisation comme elle est en débat ? Faut-il ou faut-il assumer que le lien social est une question d'intérêt général nécessitant des choix, des moyens et autrement dit devons devons-nous placer des moyens publics pour pour aboutir à une société du lien ou la laisse-on faire une société du repli, une société du cocon qui est aussi évoquée par certains et si la puissance publique doit intervenir alors comment avec quel levier dans un contexte que l'on connaît tous comment s'articuler aussi avec des dynamiques portées par la société civile et beaucoup on incarne ici comment s'articuler également avec les élus de terrain ou même certains acteurs privés.
On pense évidemment euh aux acteurs du commerce du du commerce de proximité et du secteur économique évidemment. Euh donc je vous propose qu'on qu'on puisse démarrer cet échange pour pour reprendre le fil et ma première question. Donc on va avoir une première partie plutôt sur plutôt plutôt sur les constats, vos retours par rapport à cette à cette question et puis on ira ensuite sur davantage sur les outils.
Et je vais commencer par vous euh Fabrice d'Allonville, donc en tant que maire et membre de de la MRF, euh est-ce que vous considérez constater que cette question finalement de euh des lieux de sociabilité, du lien social est une préoccupation partagée par vos collègues élus dans le communalité, dans l'association des maires ruraux. Voilà, est-ce que vous vous considérez que c'est une préoccupation partagée des maires pour préserver, développer ces lieux de sociabilité ? Et peut-être pouvez-vous nous raconter euh même si elle a déjà été euh évoquée, l'expérience au niveau d'OG Saint-Vincent de la jeunèse du café citoyen ?
Bon, bonjour à tous. Euh l'image que vous voyez, c'est un Fabrice d'avant et aujourd'hui j'ai bifurqué en fait. Donc donc je vais je vais tout de suite mettre parce qu'à l'époque je croyais beaucoup en l'état, l'organisation général et finalement aujourd'hui euh euh j'ai décidé de retirer la cravate.
En tout cas merci pour tout ça et je suis très content parce que depuis ce matin, on parle pas de Merci, ça m'encourage, c'est gentil. Euh on n' pas évoqué deux mots qui moi me perturbent toujours, c'est l'insécurité et l'immigration. Euh et c'est vachement bien dans une réunion comme celle-là de pas évoquer ce genre de chos parce que on si vous passez sur d'autres médias euh euh c'est ce que vous entendez tout le temps quoi.
Donc la réalité qu'on vit localement ne correspond pas à la réalité qu'on veut nous raconter. et je va chercher un peu les notions de récit dans tout ça. Euh euh ce que je voudrais simplement dire aussi, c'est que moi, je me suis beaucoup reconnu dans tout ce que j'ai entendu ce matin.
Donc c'est vrai que c'est c'est vachement bien maintenant de parler de ruralité dans des termes aussi élogieux quoi. Parce que moi, ça fait 25 ans que je suis élu et je peux vous dire que le 10 10 premières années de de mandat, c'était plutôt la sous-préfecture, combien de temps elle va rester. les perceptions.
Bon, c'est déjà plié. Le secrétaire de mairie, finalement, on va mettre tout ça à l'interc et puis et les gens finalement quittez la campagne parce que votre avenir est plutôt à la ville. Donc euh et depuis peu, on a vraiment ces ces transformations, moi je dirais ça depuis une dizaine d'années et euh et c'est pour ça que je me représente aux élections parce que en fait ça a jamais été aussi génial à vivre et à et à à s'impliquer qu'aujourd'hui plutôt que il y a 15 ou 20 ans, quoi.
Et vous voyez, comprenez l'évolution en fait vestimentaire traduit ça d'une certaine manière. Ça me fait réfléchir un peu autrement sur la question que que tu poses Arnaud. Et euh donc la question du lien dans au sein de la MRF, évidemment qu'elle y est quoi euh depuis très longtemps parce qu'on considère que le premier espace de lien de la République c'est la commune et j'ai entendu beaucoup parler de France Service ce matin mais la le premier espace du service public c'est la mairie.
Donc arrêtons de croire que en réajoutant en remettant un certain nombre de nouveaux dispositifs et en dévitalisant d'autres qui existent déjà, on va apporter des solutions aux habitants. En fait, les gens viennent à la mairie directement quand ils ont des problèmes concrets à régler. Euh et nous ce qu'on fait derrière c'est qu'on a intérêt à être sérieusement au courant de tout ce qui se passe parce que comme la plupart des choses sont transférées, elles ne sont transférées mais elles sont pas forcément bien réalisées.
C'est pas parce qu'on transfère et qu'on éloigne qu'on va être plus efficient. C'est ça je crois ce qu'on dit mais et donc ça c'est la première chose. Donc évidemment le lien aux habitants on l'a et à travers toute le tissu associatif et cetera, le lien il se fabrique en continu et vraiment en continu.
Ce qui a pas été évoqué non plus, je vais le rappeler hein, on a quand même un effondrement des de la fabrique du lien en général dans les territoires ruraux. C'est-à-dire que tout le mouvement de l'éducation populaire, le tissu associatif, les francas, le rôle des enseignants, le quand j'ai démarré moi le directeur de l'école était secrétaire de mairie. Aujourd'hui, c'est on a plus ça, on a des professeurs des écoles super mais avec une situation de salaire qui est tellement dégradée qu'ils ne veulent plus s'investir dans la vie sociale et la vie locale sur les champs de l'émancipation, l'éducation populaire.
Et ça c'est un vrai souci aussi. Donc on a quand on parle de effectivement la feuille de route qu'on doit rebâtir, c'est assez monstrueux quand on commence à poser les différents points de l'ensemble des champs sur lesquels on doit intervenir avec un élément qui est encore plus fort qu'avant et ça c'est la tour hein, c'est que la différence c'est la dimension environnementale. Les 40 ans de de modernisme aboutissent à une à une situation extrêmement dégradée, y compris dans les territoires ruraux.
Euh vous prenez l'eau, vous prenez le vivant. Euh c'est c'est pas en bon état hein. Donc on doit aussi retravailler sur ça.
Le soin à apporter au vivant et le soin apporter au nonvant. Le non vivant enfin non humain entre guillemets quoi. C'est dans ce sens là que je le dire.
Euh donc quand on a je vais faire les les effets de transition et prendre encore 2 minutes. Euh quand on a décidé de créer euh un café citoyen, en fait c'est déjà pour aller boire un coup hein. On va se le dire assez simplement euh de se dire au lieu d'aller en ville pour aller boire l'apéro, on s'est dit si on peut le faire d'un côté de chez nous, ça serait pas plus mal parce que le comité des fêtes fait des manifestations mais pas suffisamment pour qu'on puisse boire tous les jours.
Je le je le dis je le dis de façon très amusée parce que à l'issue de la crise des gilets jaunes et quand l'État s'est dit merde il faut peut-être qu'on essaie d'apporter des réponses à la campagne, il y a eu l'agenda rural ce qui a abouti à des évolutions à la structuration de l'organisation aujourd'hui avec la NCT et cetera. Une des mesures phare des 189 mesures qui ont été gardées, c'est de remettre dans les villages la licence 4. Donc si je vous dis que je parle de barre, c'est à bonne essence et même l'État se dit on va les faire picoler les ruraux, ils vont moins nous emmerder.
Donc la la licence 4 mine de rien, elle est revenue là parce qu'il y a des dispositifs qui permet à chacun permet à chacun dans un village de réouvrir une licence, donc un café. Quand on dit qu'il y a 90 % des cafés qui ont disparu, vous faites la même le même parallèle avec l'ennemi de la République et l'église. Vous avez plus de curé non plus dans les villages.
Donc les lieux du lien, les lieux de sociabilité, de construction des des controverses locales, il y en a plus quoi. Alors bon, maintenant il y a six députés RN sur 7 dans mon dans mon territoire. En même temps, le département est plutôt de tendance retaillo.
Alors, je veux dire que grosso modo, les forces progressistes et écologistes, on a intérêt à se secouer pour que on mette un peu de d'opposition dans tout ça. Mais au-delà de ces évolutions, c'est vraiment la question du lien et du lieu. C'est pour ça que la la vraiment la la titraille est très bonne.
Le lieu du lien, les lieux du lien et des ruralités pour moi vraiment c'est ça correspond à ça. Donc la création d'un café citoyen à OG Saint-Vincent dans un ancien presbyère. symbolique tout ça.
Faut faut du récit, faut du récit dans tout ça. Donc nous, on a décidé de prendre soin de l'âme des gens. On met à ce niveau-là quand même hein.
Le curé n'est plus là, mais nous on reprend sa place quoi. Et et donc quand on a créé ça, en fait, c'était juste un aboutiss enfin c'est pas un aboutissement, c'est un point d'étape. C'estd que depuis 15 ans, on a mis en place une journée citoyenne.
On implique les gens en fait. On considère que les gens sont pas simplement des électeurs et qui doivent se mobiliser une fois tous les 6 ans. C'est dire que il faut qu'ils prennent en charge aussi leur le domaine public parce que ça leur appartient et qu'il s'engage quoi.
Mais pour qu'il s'engagent, il faut leur faire confiance. Donc la la le grand défi qu'on a essayé de relever, c'est d'installer la confiance dans le village. Une fois qu'on installe la confiance, après on peut faire vraiment des trucs absolument absolument géniaux.
Euh donc cette journée citoyenne sur un mandat, ça pèse 250000 € quand même de valorisation. C'est gigantesque hein. Le budget d'un village comme OG Saint-Vincent, c'est 430000 €.
On a perdu 20000 € de dotation générale de fonctionnement chaque année là. Donc on est dans des situations de fragilité financière mais on compense. Sauf que ce n'est pas du tout valorisé dans le budget de la commune.
Donc tout ce qu'on peut faire, toute cette valorisation de l'engagement pour l'État, ça n'existe pas. Donc ça renvoie sur le statut de l'élu les bénévoles et je vais pas aller plus loin que ça. Donc quand on a décidé de racheter le presby, c'était au début et c'est la période où j'étais avec les cravades, la belle cravate que vous voyez, je voulais faire une auberge en mettant un gérant et que ça soit vraiment quelque chose de de puissant quoi.
Donc là, l'ubris par fond et finalement, j'ai réussi à convaincre à l'époque des gens pour financer mais le portage de la commune était pas possible. on était unlion 4 donc ça n'allait pas quoi. Donc finalement j'ai pris sur mon bris, j'ai viré la cravate et je me suis retrouvé à refaire le même projet mais à une ambition à l'échelon villageoise donc à l'échelon villageois pardon.
Donc porté par les habitants, porté par les bénévoles avec un un modèle économique qui est qui vise l'autonomie en fait. Donc évidemment, faut aller chercher des subventions pour se faire financer, mais après ça, l'autonomie dans le mode de fonctionnement et le mode de gestion, il est extrêmement important. Et pourquoi des bénévoles ? parce que vous redonnez de l'estime de soi aux habitants qui voient qu'ils sont en capacité collectivement de refaire quelque chose dans le village.
Et euh et aujourd'hui euh on est on gagne de l'argent, je devrais pas le dire trop fort d'ailleurs. On est capable de via le café citoyen de financer des projets municipaux. C'està dire que le le café citoyen vient abonder à de l'investissement du côté municipal.
Donc je peux vous dire que ça ça fait c'est ça donne beaucoup de sens aussi dans le l'émergence de ce type de projet. Et on a créé un git communal qui est sur l'autre moitié du bâtiment qui garantit le le modèle économique global quoi. C'està dire que le retour sur investissement c'est un projet à 580000 € on est à 70 % de subvention.
Donc la l'ingénierie derrière qu'il y a pour aller et je regarde un collègue de la MRF euh l'ingénierie qu'il faut déployer derrière pour aller chercher les financements pour une fois que vous avez identifié le financement, il faut trouver la bonne personne. Il faudrait pas qu'elle bouge trop non plus dans le service. Une fois que vous avez ça, vous devez aller voir les élus, d'autres élus qui sont pas du tout sur alignés sur les mêmes choses que vous, hein, parce que là sur la transformation, c'est l'enjeu de l'innovation et des changements de modèles.
Moi, je veux pas réparer hein, moi je veux transformer. On n plus au stade de la réparation. Si on veut vraiment agir, il faut bifurquer, il faut changer les modèles, y compris la perception qu'on a sur la commune.
La commune, elle doit viser l'autonomie. Et il y a pas que l'énergie dans la vie hein, il y a le lien social parce qu'aujourd'hui vous avez beaucoup de tendance à vouloir regarder les territoires ruraux comme des sources d'extraction d'énergie quoi. Méthaniseur, euh arivoltaïme et cetera.
Bon je parler un peu sur ce terrainlà mais donc il faut être il faut faut être attentif à ça parce que ce qui va nous permettre de relever les crises. Vous avez vu les 3 jours de de chaleur qu'on a eu là, c'est notre capacité à faire collectif en fait. Donc ceux qui seront les mieux armés pour aborder les crises qui vont se multiplier, ce sont ceux qui auront fabriqué le plus de liens entre les habitants.
Donc moi, je sais que je suis confiant sur ça parce que on a réussi, on réussi à organiser localement des formes de solidarité très puissantes. Et pour je vois Arnaud qui commence à me regarder, je termine juste sur des éléments parce que la question de la citoyenneté, il faut vraiment la il faut vraiment la la revaloriser beaucoup plus qu'elle ne l'est aujourd'hui. Je voudrais juste terminer en vous partageant les trois grandes valeurs qui ont sont issues de l'analyse des cahes de doléance parce que vous savez que je suis très engagé sur les cah de doléance, c'est la proximité, la solidarité et la citoyenneté.
Avec ces trois éléments-là, vous êtes capable de retourner vraiment des montagnes et et les tiers lieux dans cette organisation là, dans cet objectif là sont centraux pour moi. C'estd qu'ils sont en capacité s'ils s'ouvrent beaucoup plus pas seulement auprès de ceux qui sont les plus démunis mais aussi qui sont auprès de ceux qui sont les plus riches et les plus dotés qui sont aussi dans l'exclusion sociale volontairement eux contrairement aux autres on narrivera pas à trouver les les vraiment les solutions pour transformer durablement la République parce que le cœur de tout ça c'est quand même de sauver la République. Merci beaucoup Fabrice pour ces mots engagés.
Effectivement, j'avais pas eu l'occasion de de citer un des un des de tes engagements notamment sur sur les doléances que chacun connaît ou beaucoup connaissent ici. Je me tourne maintenant vers la vice-présidente, madame la vice-présidente Annique Merle du conseil départemental de de l'ISER. Alors, on imagine que la licence 4, c'est pas trop le levier principal du département, même si ça intéresse certaines ruralité.
Donc ça ça intéresse au département. Mais ma question, c'est plutôt comment finalement cette question du lien social est appréhendée par par le département dans le cadre de ces politiques sociales ou territoriales notamment. Comment vous percevez ce sujet ?
Merci pour pour l'invitation à cette matinée. Merci à vous mesdames pour le regard que vous nous avez apporté justement sur ce sujet et et vous l'évoquiez Fabrice hein peut-être simplement de redonner ou de donner des définitions un peu de la ruralité ou des ruralité comme pouvait le dire madame la ministre euh parce qu'on entend beaucoup parler de ça. Nous, on est sur un département de lisière qui est quand même beaucoup à vocation rurale, en tout cas la commune rurale et on entend un peu un peu tout chacun mais je dirais presque un peu sa sa définition derrière ce terme.
Euh vous disiez c'est peut-être pas la licence 4 qui va euh qui va jouer au niveau du département. C'est vrai que c'est pas la priorité en tant en tout cas moi en tant que fille de commerçant et qui tenait justement un café, je veux bien apporter quelques quelques un regard sur euh la notion par exemple on va rouvrir le café, on va ouvrir des cafés parce que les ruraux on va les faire boire un coup. Euh nous, c'était pas ça l'approche.
L'approche c'était quand même euh c'était déjà un peu un lieu, c'était même franchement un lieu euh de lien social. Hm hm. Où les gens venaient euh se retrouv euh que ce soit les familles, que ce soit euh les habitants du village, que ce soit euh Et moi j'ai vécu ça beaucoup.
J'avais eu la chance d'aller au Portugal et c'était vraiment ça. C'était vraiment une institution. Et effectivement, ça serait intéressant qu'on retrouve ce côté finalement du lieu où les gens viennent échanger, partager, fêter un anniversaire euh ainsi de suite alors que jusqu'à maintenant les les cafés ont plutôt eu tendance à à disparaître.
Voilà, c'était un côté plus de vécu parce que moi je me j'ai de très très beaux souvenirs dans le café qu' tenu les parents pendant nombre d'années et je souhaite que ce soit du coup quelque chose de qui ramène un peu autant de ce sujet-là. Pour revenir au département, évidemment qu'en tant que chef de fil de l'action sociale, le lien social, l'isolement, l'analyse enfin l'insécurité sociale, c'est vraiment quelque chose qu'on a à cœur. Titre de de d'ailleurs de ses compétences sociales, hein. département agit par différents leviers en faveur de la qualité de vie en milieu rural et notamment les aides aux communes pour pour aider justement à créer ces lieux ou à permettre d'avoir des structures pour que il y ait du lien social autour de ça soutien la vie associative il ils y ressentaient d'autres tout à l'heure dans le dans le le deuxième point qu'on y seront plutôt les tiers lieux il y aura tout ce qui est autour de la fibre madame la ministre le disait nous en 2025 fin 2025 l'ISER sera équipé en fibre justement pour que tout le monde puisse y accéder et ce qui fait que moi j'ai aussi qui dépend de mes compétences le département performance et modernisation et on fait beaucoup d'interrogation beaucoup d'analyses justement au niveau de la sécurité sociale et puis on a toujours un peu tendance parce que ça soit sans doute plus d'imaginer que les personnes qui sont en difficulté ou en insécurité c'est peut-être plutôt autour de la région grenobleise En fait, il y en a beaucoup de de signes d'alar d'alarme d'alerte et d'alarme qui disent que dans les petit dans les communes rurales, ben on a des vraies difficultés parce que justement on a une difficulté, un allé ça devient vite un problème.
Par exemple, vous avez la personne où nous dans nos territoires, moi je suis maire de ma commune aussi, euh on est sur un territoire qui est quand même plutôt très rural. On a absolument pas de moyen de mobilité, c'est-à-dire on a zéro transport en commun. On est complètement sur la voiture, ça n'existe pas pour nous.
Donc quelqu'un qui est déjà en situation un peu précaire, quand vous avez la voiture que vous avez forcément depuis nombre d'années, vous réparez pas forcément, vous entretenez pas forcément très bien si la voiture volage c'est finie et c'est un vrai sujet. Donc on a vraiment trois pôles, trois grands déterminants qu'on a pu mettre en évidence, c'est le logement, la mobilité, capacité à se déplacer dans ce que je vous disais puis l'offre des territoriales parce que et ben alors c'est un problème national mais on est quand même nombre de de petites communes où on a peu de médecins, parlons pas des services un peu spécialisés et quand il faut aller vers des spécialistes et ben c'est un peu compliqué. Donc c'est tout ça qu'on analyse au niveau du département et ce qu'il en ressort surtout et vous l'avez évoqué je crois Arnaud au début de vos propos, c'est que l'importance du lien social cert à titre individuel mais surtout comme enjeu d'intérêt général.
Pourquoi à titre individuel ? Parce que c'est une ressource d'abord avec des amis, de la famille, des voisins parce que vous évoquez en disant bah du coup nous on dans nos communes oui la solidarité on sait ce que c'est. Vous l'avez évoqué aussi l'une et l'autre.
Euh c'est un et puis euh il y a quelqu'un qui l'a cité aussi et sur lequel euh ça ressort énormément sur toutes les analyses et sur sur lesquelles on s'appuie, c'est vraiment le vecteur d'estime de soi. C'est-à-dire que l'engagement à un moment donné associatif, c'est faire des choses pour les autres, c'est vraiment un moyen de se se retrouver, de retrouver euh de l'estime de soi-même. Puis on s'est rendu compte aussi que il y a souvent euh une difficulté aller pousser la porte la porte au niveau des département euh même aller rencontrer une assistante sociale.
Euh et du coup euh ben demander de l'aide ça devient plus compliqué. on on se retrouve peut-être possiblement dans le non recours au droit et le et du coup ça derrière ça va expliquer pourquoi on est parti sur sur les tierlieux puis sur le le bien commun qui est un enfin le le lien social est aussi un bien commun et un enjeu d'intérêt général euh c'est aussi l'accès à l'information et au droit passe souvent par le bouche à oreille en fait c'est tout ça c'est tout ce qui se autour des gens qui qui leur apporte des réponses et des solutions à des endroits ou avec des personnes vers qui aurait peut-être pas aller. Voilà ma première réponse.
Merci madame la vice-présidente. J'en profite pour vous relancer tout de suite puisque vous l'avez vous l'avez cité effectivement le le conseil départemental de l'ISER avec le soutien de la NCT d'ailleurs euh a lancé un plan triénal pour pour les tirlieux et je salue madame Isabelle Pissard qui est aussi notre interloctrice technique au quotidien. Euh et donc peut-être que vous pouvez mentionner ce ce dispositif parce qu'il me semble que son objet premier c'était pas nécessairement le lien social mais qu'en définitive c'est quand même un objet finalement qui qui vous intéresse que ça devient finalement un des leviers euh un des leviers pour pour y concourir.
Effectivement à la base c'est plus la réflexion est plus partie sur ce ce cet appel à projet tiu euh sur l'équité territorial qui de fait va ramener je oui vraiment de fait le lien social et tout le reste l'équité l'équité territoriale. Pourquoi ? Parce que d'abord je voudrais faire un petit clin d'œil moi aussi à Isabelle Pissard avec qui j'ai beaucoup travaillé sur ce projet.
J'ai eu plaisir à travailler sur ce projet. Et puis je crois qu'on a Julia Sorlin. J'ai pas réussi à l'avir.
Ah voilà. Euh vous verrez Julia Sorlin c'est l'usine. C'est vraiment quelqu'un qui a beaucoup de d'expérience dans le domaine des tirlieux euh et qui travaille beaucoup au niveau du réseau des tirlieux qu'on a pu créer d'ailleurs grâce à à la NCT.
Et euh c'est Ouais, ça a été quelqu'un d'important dans notre appel à projet et qui l'est toujours et qui continue. Et puis j'en profite peut-être aussi pour la féliciter parce que je crois qu'elle vient encore décrocher quelque chose euh au niveau des des tirers vieux. Donc au départ, je voudrais aussi saluer Pierre Gimel. c'est mon collègue vice-président qui avait avec qui on avait travaillé, qui avait porté ce sujet initialement, qui nous a quitté et je suis assez ravie de de pouvoir avoir une pensée pour lui parce que on est quand même sur un quelque chose qui a été en tout cas un bout de réussite, un départ un départ vers des des nouveaux lieux.
Voilà. Et effectivement c'était l'équité territoriale, c'était de dire je rappelle 2020 Covid euh où tout change, tout s'accélère de façon d'ailleurs un peu incontrôlée, incontrôlable. On traverse toute la période de Covid du mieux qu'on peut dans des conditions extrêmement difficiles mais tout s'accélère notamment le numérique, d'autres moyens de travailler.
Il faut faire faut rester chez soi, faut travailler quand même euh parce que il y a des moments où faut plus travailler, enfin on peut plus aller travailler mais du coup socialement, moralement ça va pas du tout non plus. Donc faut réagir, il faut réagir vite. Et du coup ça accélère aussi.
On travaill énormément sur ce sujet-là et on se rend compte et je trouve que cette période a été assez euh marconte sur probablement peut-être des populations qu'on avait peut sans doute pas pu imaginer souffrir autant de l'isolement. C'est des sujets que vous évequiez tout à l'heure et notamment on a beaucoup de retours sur les jeunes qui qui vivent quelque chose et qui continuent à vivre ces phénomènes de d'isolement de façon assez dramatique. Et pourquoi l'équité territoriale ?
Est-ce qu'on se rend compte que sur le département euh tout ce qui est plutôt dans le réseau urbain, il y a déjà des choses en place, il y a des des espaces qui se créent de coworking de plus facilement. Et euh nous, il faut qu'on donne qu'on amène une réponse et on le souhaite, c'est vraiment une volonté politique d'amener une réponse en milieu rural parce que les gens ont aussi besoin de pouvoir télétravailler mais télétravailler chez soi, on sait que c'est pas toujours très simple. Et donc il faut queon réfléchisse à apporter ce genre de de réponse.
Et donc il y a des critères qui vont être tenus. Il y a le fait de bah d'éviter les les déplacements pendulaires et ce qui va plutôt être assez intéressant aussi dans le cas du développement durable. Il y a l'innovation parce que justement c'est le modèle qui change.
C'est à la fois le modèle, c'est à la fois les méthodes, c'est à la fois les moyens, c'est à la fois les lieux, c'est à la fois la façon don dont on y va. Euh et puis euh petit à petit, on on crée et on on prépare ce cet appel à projet et puis on lance en 2021 et l'idée ça va être d'accompagner à la fois sur l'investissement et à la fois sur le sur le fonctionnement. Et rapidement euh on pense qu'il faut faire un accompagnement sur le fonctionnement sur 3 ans parce queil faut quand même le temps que ça se mette en place.
Il y a plein d'acteurs différents. Donc c'est une complémentarité par rapport aux acteurs, je dirais du du social hein qu'on a au niveau de des départements. aller chercher plein d'autres acteurs euh des acteurs de l'économie, des acteurs de la culture, des acteurs l'associatif, des gens des villages euh qui vont s'impliquer dans ces lieux, qui auront envie de l'entreprise euh du des tirlieux qui auront plus une connotation un peu fablable avec des échanges, des échanges sur comment travailler différemment des choses, comment penser différemment des choses, comment les vivre, ainsi de suite et mais on réfléchit immédiatement, on accompagne 3 ans sur le fonctionnement mais on travaille aussi beaucoup dès qu'on a la présentation des projets, ça c'est plutôt le travail des équipes.
à l'époque, on avait aussi Alexis d'Isabelle et Alexis euh de sensibiliser les porteurs de projet à qu'est-ce qui se passe à 4e année parce qu'il faut aussi qu'on le veuille ou non qu'il y a une forme de modèle un peu économique en tout cas qui tiennent dans la durée parce que sinon ça peut facilement s'effondrer et tous ces toutes toute cette motivation, toute cette envie, tout ce partage qui a été à un moment donné à l'origine de de cette ces beaux projets qu'on a pu financer aujourd'hui. Aujourd'hui, on en est on a 25 projets qui ont été financés et accompagnés sur le département à 18 avec lesquels enfin qui sont en dehors de de l'appel à projet mais qui du coup rentrent dans le réseau que porte Julia. Donc on est sur une quarantaine sur l'ISER et ça fonctionne bien.
Ils sont tous très différents à des vocations plutôt culturelles. En tout cas, il y a vraiment du lien social. Effectivement, il y a vraiment des gens qui se rapprochent, qui partagent des choses et euh si euh j'ai quelques minutes encore tout à l'heure euh je terminerai, on est allé interroger quelques quelques tierslieux avec plutôt des réactions des gens et je trouve que les témoignages sont vraiment très parlants.
Voilà. Merci beaucoup madame la vice-présidente pour ce pour ce retour et effectivement peut-être que dans les échanges même si vous avez compris qu'ils seront contraints, on pourra y revenir. Je me tourne je me tourne vers vous Magalie Martin donc directrice des programmes ruralité entre autres à l'agence.
On a parlé tout à l'heure du de l'agenda rural, l'ancêtre de France ruralité qui a été actualisé encore récemment. Euh donc ça nous donne quand même pas mal d'occasions, ça vous donne pas mal d'occasions aussi pour euh mesurer finalement la remontée de cette préoccupation du lien social par euh les parties prenantes de cette politique publique, les élus en premier chef, mais aussi les les préfectures, nos partenaires. Voilà, comment cette question euh vous remonte du terrain et comment elle est appréhendée finalement par le programme.
Merci, merci beaucoup Arnaud de me donner l'opportunité de témoigner sur ces sujets qui nous passionnent avec mon équipe et voilà qu'on a l'honneur de piloter à l'Agence nationale de la cousition des territoires et puis d'entendre aussi tous ces témoignages. Vraiment, c'est extrêmement intéressant et ça fait écho évidemment à tout un tas de choses qu'on observe de là où on est. Nous la question du lal en fait elle elle irrigue en fait tous les programmes qu'on porte.
Moi, j'en porte trois donc qui sont France Réalité, Avenir Montagne et Village d'avenir. Et en fait sans que ça soit forcément toujours exprimé de cette façon et sous ce vocable en fait c'est vraiment une question qui irrigue tous les projets qu'on porte. En fait, il y a vraiment une demande de euh de créer du du lien de la cohésion, de la des relations humaines, simplement de mettre de des relations humaines derrière tous les projets en fait qui sont portés via ces programmes et déposés pour lesquels une aide est déposée auprès de nous en fait, que ce soit du commerce, du transport, enfin cette question du lien social vraiment elle irrigue tout.
Voilà, c'est c'est ça que je veux dire. vraiment il y a cette volonté de de de reconstruire du lien derrière l'ensemble des projets queles que soient les thématiques finalement qu'il concerne. Et ce que j'observe aussi c'est que c'est pas forcément toujours des grands projets, des grandes infrastructures qui nous sont demandées.
Ça peut être des petites choses mais qui sont extrêmement génératrices de lien social qui sont absolument vitales. Moi, je crois énormément monsieur monsieur le maire à l'échelon communal hein. D'ailleurs, la MRF est notre partenaire privilégié sur village d'avenir. et même vous la MRF qui avez pensé ce programme et donc je crois beaucoup à à cet échelon en complémentarité évidemment avec les autres mais mais je crois vraiment que la proximité elle elle se fait d'abord à c à cet échelon là et donc on a effectivement pas toujours des des grands projets mais des petites choses qui recréent du lien social et qui améliorent mais de manière très très forte et très qualitative la vie des habitants.
Ça peut être un appui pour rénover un lien, ça peut être une demande d'ingénierie pour faire une étude préalable sur un projet touristique, sur ça peut être une demande de transport solidaire. Vous vous savez dans France Royalité, on a une mesure sur le transport, sur la mobilité qui était à l'origine cette mesure pensée que pour les AOM, donc les autorités organisatrices de mobilité. Euh on s'est rendu compte assez vite qu'en fait les communes elles avaient euh plein d'idées et plein de besoins à l'échelle de leur commune ou parfois à l'échelle infra infra infraincommunal euh donc entre plusieurs communes parce que euh notamment dans le village d'Avenir, elles peuvent être en grap et porter des projets à plusieurs pas forcément au niveau de l'interco mais en dessous et elles avaient plein de de projets comme ça pour bah accompagner une personne âgé ou quelqu'un qui ne peut pas conduire, faire ses courses chez le médecin et cetera et la mesure le permettait pas parce qu'elle n'était pensée que pour les AOM puisque seuls les AOM dans la loi ont la compétence mobilité et on s'est battu amicalement mais néanmoins fortement avec nos collègues de la et amis néanmoins de la DGTIM pour inclure les communes dans cette mesure et leur permettre d'avoir le bénéfice de cette commune.
On a plusieurs dizaines de communes qui ont créé depuis un an des petits projets de transport solidaire euh voilà et qui recrée de la proximité du lien social puisque le lien social, on l'a dit, c'est le voisin, c'est la famille, ça peut être aussi son chauffeur quand quand il vous transporte, ça peut être son médecin quand on a arrive à recréer des des centres médicaux. Enfin voilà. Donc donc ça c'est vraiment vraiment des choses qu'on observe beaucoup.
Récemment il y a un maire. Alors moi, je préfère les commerces avec des humains, mais récemment, il y a un maire chez qui on a permis par exemple qu'on a aidé à installer un distributeur de pain. Voilà, on voit par ce type de modèle se développer, ça peut être tout à fait complémentaire au commerce plus classique notamment pour favoriser le la production locale.
Et le maire nous disait en fait que il observe régulièrement autour de cette machine quatre ou cinq voitures qui sont arrêtées et des gens qui en fait voilà parlent autour du distributeur de pain. Voilà, on fait eux-mêmes spontanément une sorte un peu de lien de rencontre bah parce que dans la commune il y en a pas il y en a pas ailleurs. Donc voilà, je trouve que ça en dit long quand même sur ce besoin et ses ses attentes.
Ce que j'observe aussi de là où je suis, c'est une forte demande d'aller vert. L'itinérance, elle est, je trouve, très adaptée à la ruralité parce qu'on aimerait avoir des commerces dans chaque village. Enfin, bon, c'est pas toujours possible parce que il y a effectivement des sujets de modèle économique et cetera et je trouve que la lé vert est vraiment particulièrement bien adapté à la ruralité en complémentarité à tout ce qui est sédentaire et on essaie de le développer.
Ça existe évidemment avec la médecine. Euh, on a lancé des médicobus depuis maintenant 1 an. On en à terme d'ici 2 ans, l'objectif c'est d'en avoir dans tous les départements, d'en avoir au moins 100 sur tout le territo international.
Ça existe évidemment en terme commercial. Dans le CR qui s'est tenu là le 20 juin dernier, le dernier comité intermissel sur la ruralité, il y a tout un volet sur le commerce itinérant pour favoriser le développement de ce commerce itinérant. Vous avez parlé madame de la numérisation.
Enfin, moi je crois beaucoup qu'il y a des commerces qui ne sont pas euh numérisables. Je sais pas, on peut le dire comme ça, mais par exemple, on voit des commerces se développer qui font du toilettage, par exemple pour les animaux domestiques ou de l'esthétique, de l'optique aussi et qui accompagne voilà ça d'examens de de petits examens médicaux et cetera. C'est des choses qu'on peut pas commander sur internet, vous voyez. et et moi je crois beaucoup en ça et et ça se développe de plus en plus et franchement c'est très apprécié.
On est très content que le premier ministre a repris ce cette ce plan qu'on a qu'on avait proposé avec le ministère de l'économie. Donc je crois beaucoup en ça et je et je je constate qu'il y a une très forte appétence pour ce type pour ce type de service. Euh voilà.
Et puis ensuite sur la question des enjeux euh derrière tout ça en fait, mais ça a été dit par tous les intervenants qui précèdent, mais il y a évidemment la question de ne pas faire de ce territoire des espaces sans sans collectif. Euh en fait euh bon tout il y a il y a ce sujet euh évidemment du ressentiment, des sentiments d'abandon et cetera qui est assez fort en réalité, qui est de l'ordre du ressenti euh et il faut traiter le ressenti, même si parfois il y a des euh il y a pas d'éléments objectifs qui permettent de dire "Mais en fait vous n'êtes pas isolé parce qu'il y a telle et telle chose", mais en fait il y a des sujets de ressenti qu'il faut traiter comme tel. Euh et euh et moi je trouve que le lien social en fait c'est une c'est une sorte d'infrastructure invisible, voilà, qui fait communauté et qui permet de construire euh collectivement des choses, de créer des synergies et de et de et de faire finalement euh voilà une bah un commun.
Voilà ce qu'on disait tout à l'heure et je crois aussi qu'on pourra pas comme ça a été dit précédemment affronter toutes les crises et tous les toutes les transitions qu'on a affronté sur ces territoires qui soient environnementaux démographiques et cetera sans sans entraides et sans lien social et au final pour répondre à la question de la table ronde bonheur privé ou en jeu d'intérêt général mais le bonheur privé c'est pas intuitivement un sujet d'intérêt général comme ça spontanément mais en revanche la la lutte contre l'isolement la nécessité de faire société, bah ça ça allit et on a des outils pour ça et et l'État a des outils et je pense que l'État a un rôle important à jouer qu'il joue déjà et et moi j'y crois beaucoup quand je vois les résultats de ce qu'on fait et et donc on a des dispositifs pour ça qu'on va pouvoir plus amplement détailler. Je crois que ça te fait une parfaite transition pour la suite. Oui, voilà.
Effectivement, je pense que on peut revenir là sur le peut-être une ou deux mesures symbolique ou en tout cas forte en lien avec avec le sujet dans les dispositifs tels qui sont en l'état et notamment actualisé tout récemment dans le cadre du C. Oui, effectivement, je je voilà, je parlais des outils et pour rentrer plus précisément dans les dispositifs qu'on porte et qui permettent d'améliorer euh bah ce ce lien social, euh il y a effectivement d'abord France Réalité qui est donc la suite de l'agenda rural. Euh France Réalité lancé en 2023 euh qui porte un un volet en fait qui s'appelle France Ruréalité Solution.
Ce sont mesures qui vont de la santé à la mobilité. Je parlais de la mesure mobilité tout à l'heure, c'est donc elle fait partie de de France Rité Solution au commerce en passant par la jeunesse. Donc 32 mesures qui euh qui permettent d'améliorer la vie dans les territoires.
Il y en a certaines même si comme je disais tout à l'heure le lien social irrigue tout ces tous ces sujets et tous ces projets toutes ces mesures. Il y en a certaines qui sont vraiment très particulièrement axé là-dessus. Euh notre mesure commerce qui cartonne, on a plus de 600 euh commerces qui ont bénéficié de de soutien financiers, que ce soit en fonctionnement, en investissement euh et beaucoup de commerces euh associatifs qui fonctionnent très bien et qui au-delà euh de euh l'accès à euh de l'alimentation et cetera ont souvent un espace justement dédié à un peu de convivialité, l'accès à une imprimante, un dépôt de pain, enfin voilà, il peut y avoir différents types de services qui sont associés à un espace bar qui sont associés à ce à ces à ces commerces.
Donc ça, on le voit énormément. Euh et c'est souvent tenu par des bénévoles d'ailleurs, beaucoup d'épicerie sociales. J'ai vu que Bouche Tonco qui est dans la salle et voilà, on travaille énormément avec eux là-dessus. le transport d'utilité sociale, donc j'en ai parlé tout à l'heure, ça ça marche extrêmement bien.
On avait une mesure en 2024 sur les fonds de convivialité doté de 2 millions. Malheureusement, le le budget de l'État ne permet pas de la reconduire cette année, mais elle a quand même permis de faire émerger dans tous les départements euh beaucoup de lieux de convivialité, que ce soit des des tierslieux, des cafés associatifs, des lieux de convivialité intergénérationnel. Euh donc euh donc on est très content de ça.
Euh le le C qui s'est tenu euh le 20 juin dernier, j'en parlais euh euh renforce encore sur certains aspects notamment par le levier du sport, j'ai pas trop le temps de détailler, mais renforce euh c c ces sujets de d'insertion et de et de cohésion. Et puis on a Village d'avenir. Alors Village d'avenir, c'est un nouveau programme lancé depuis un an et demi sur donc spécifiquement fait pour les village euh 2600 2000 non 2965 communes aujourd'hui qui sont dans le village d'Avenir.
Ça représente 2,6 millions d'habitants euh et près de 4000 projets qui vont qui sont accompagnés par des chefs de projet spécifiquement financés par l'État et qui sont dans tous les départements en préfecture ou en sous-préfecture et qui accompagnent les projets des maires au quotidien. Euh voilà, parce que les maires on le sait, euh sont euh les maires sont seules, souvent avec euh un quart, une demi-crétire de mairie euh et donc euh on on avait euh envie et il y avait un réel besoin d'accompagner ses mères dans dans ces projets-là. Euh et ça marche très bien puisqu'on a déjà près de 600 projets qui dont l'accompagnement est terminé des premiers rubans qui sont coupés et euh et c'est un très chouette programme parce que euh évidemment qui permet de sortir des programmes, des projets très concrets pour améliorer la vie des habitants, mais il permet aussi euh de mieux maîtriser la dépense publique parce qu'en fait on a des projets qui sont mieux construits dans un contexte bah qui est contraint.
C'est important de bien dépenser l'argent public et c'est le cas. Enfin, ce village d'avenir permet aussi ça. Il y a des projets qui sont écartés en accord avec les mères justement parce qu'ils étaient surdimensionnés, pas pertinents, pas faisable juridiquement et cetera.
Et c'est un des atouts de village avien de d'aider les maires à ne pas se partir dans des choses qui sont euh vouues à l'échec par avance. Et donc les maires en sont très reconnaissants justement de pouvoir réorienter les projets quand c'est nécessaire. Et puis il y a tout effectivement ce lien social.
Certains maires nous ont dit "Moi, je ne me j'ai décidé de me représenter grâce à Village d'avenir parce que ça a redonné du sens à mon mandat et parce que je me sens plus seule et parce que je me sens de nouveau utile ou d'autres voulaient démissionner dans les landes." Par exemple, j'ai le souvenir d'un maire dans les landes qui m'a dit "Moi, j'avais envie de démissionner, ben je démissionne plus grâce à Village d'Avenir parce que je me sens de nouveau dans une dynamique." Euh voilà.
Donc donc ça c'est vraiment vraiment des très des très chouettes des très chouettes réussites. Je sais pas si j'ai encore le temps, si c'est un exemple que j'aime beaucoup dans l'ine à Saint-Richaumont, je sais pas s'il y a des personnes originaires de l'INE, on a un projet de construction d'un béguinage euh voilà qui permet de d'associer autonomie lien lien social euh enfin voilà des projets comme ça, on en a plein. C'est pas des gadgets, c'est des réponses systémiques à la solitude, à l'éclatement social.
Et nous, bah notre rôle à la NCIT, c'est de faire en sorte que chaque commune puisse avoir des projets qui permettent ça, qui permettent de faire honnête ses liens et pas seulement de construire des mètres carrés de service, même si c'est hyper important, mais aussi de diminuer les mètres entre les habitants. Voilà. Magalie, on approche tranquillement de la pause nécessaire pour avant d'entamer la la deuxè la deuxème partie et la présentation de de l'étude peut-être un et j'en profite parce que tu les as salué pour saluer évidemment l'équipe de Bouche Tonco qui est une tête de réseau accompagnée par l'agence, proche du programme ruralité mais proche aussi du programme Tirlieu un peu au Carrefour entre les deux et qui sortira d'ailleurs il me semble à l'automne une étude qui s'appelle Terroir et qui est directement en lien avec notre sujet du lien social en milieu rurale, ce qui montre bien qu'il y a profusion d'étude, un engouement intellectuel, public mais aussi euh associatif et entrepreneurial sur sur cette question, un momentum autour de de cette question.
Fabrice peut-être un mot euh pour conclure cette cet échange. Voilà, donc les tirés ne sont pas une mesure du du plan France ruralité, mais on néanmoins on est on est on émerge au même programme, donc on est quand même assez assez proche et puis ce sera finalement aussi le le rôle peut-être des meurs ruraux que de que que de porter attention à cette question de lumière sociale finalement d'une manière générale dans le cadre de ce plan et des mesures qui sont déployées par l'État sur ce sur cette question. Mais en tout cas, la MRF clairement soutient la démarche des des tierlieux.
Pour l'anecdote, l'association des maires ruraux a adhéré à la NTL, l'Association nationale des Tierlieux. Euh donc, il y a il y a une prise de conscience progressive progressive de l'intérêt, de l'importance de créer des lieux, de nouveaux espaces dans les territoires ruraux. Mais tous les maires ruraux ne sont pas acquis à la cause.
On va se calmer un peu quand même, hein. Euh, donc il y a du travail maison. Après, il y a des élections qui arrivve.
Euh, moi, je lance un appel, un appel à tous les tierslieux, hein. Présentez-vous aux élections. La meilleure façon de faire du lien avec une collectivité, c'est de la contrôler.
Donc j'en et inversement inversement euh c'est très c'est très important qu'une commune s'intéresse aussi au tierlieu à ce qui se passe en fait. Mais c'est pas un mariage spontané, hein. C'est il faut un peu de temps quand même.
Et euh sans le regarder, parce que je vais pas le mettre mal à l'aise, mais euh dites-vous qu'un maire a la capacité aussi de faire tomber un lieu. Donc il y a tout le monde n'est pas de bonne volonté, hein. Tout le monde a aussi un corpus, une idéologie et cetera.
Et bon, je veux pas aller plus loin que ça. Simplement terminer parce que j'ai un collègue mère qui m'a parlé de ça quand je lui ai dit "Mais qu'est-ce que tu fais dans ton village ? Il m'a dit euh ben en fait moi je fais de la sérotonine, je fais pas de la dopamine.
Alors tu pourquoi tu me dis ça ? Ben en fait la dopamine c'est le sucre. Donc on est vachement content d'avoir du sucre mais assez vite c'est quand même pas terrible quoi.
Tandis que la sérotonine elle fabrique de l'hormone du bonheur et c'est ça qui et c'est ça qui fait le lien en fait. Donc la question du lien, elle est vraiment liée à la façon dont on va nourrir le cerveau parce que c'est un mauvais allié notre cerveau. Donc je mais je vais pas l'expliquer comme ça pour les prochaines élections municipales parce que les gens vont me dire "Je crois que tu as pété un câble quand même encore une dernière fois mais en tout cas ça nous fait réfléchir quand même à la façon dont on fabrique du lien et comment on peut développer une collectivité locale.
Qu'est-ce qu'on fabrique en fait comme dispositif de dépendance ou d'indépendance et d'autonomie ? Pour moi, l'autonomie c'est la la clé de tout. Euh merci.
Et donc je suis désolé mais je vais devoir renier sur le temps de questions réponse de cette séquence là en tout cas pour vous préserver un temps de pause et pour les préserver du temps pour la présentation de l'étude tout à l'heure mais ça permettra à la table ronde ensuite la prochaine de démarrer avec un peu moins de retard et de bien laisser une place à l'échange à ce moment-là. Moi, je voulais conclure cette matinée, enfin tout cas, cette première partie de la matinée à ce stade, euh en faisant aussi un moment de promotion de du podcast que la NCT lancera autour des tirlieux le 9 juillet prochain et qui permet de mettre à l'honneur euh le tierlieu l'Hermitage à Autrège dont l'un de ses fondateurs Jean Carenti est parmi nous au deuxème rang ici. Donc je je vous inviterai évidemment à à écouter cette série qui démarrera le 9 juillet et dont l'ermitage je croyais le 2e 2e épisode.
Et en tout cas pour vous pour vous donner envie de de l'écouter et pour faire la transition aussi avec le thème qui nous animera tout à l'heure, on vous propose d'en écouter un court extrait maintenant. Ben, c'est une question compliquée et en même temps passionnante en fait la question de la rencontre dans de personnes différentes en fait. Alors, c'est un peu la raison d'être de l'hermitage, c'est de rendre possible les rencontres improbables dans un lieu comme ça, quand la société de séjour accueille des des haut fonctionnaires qui viennent en formation sur les enjeux environnementaux et que au bar il croise quelqu'un du village qui vient juste boire un verre et qui est très éloigné de ses préoccupations, il y a parfois cette rencontre mais ça suffit pas.
Il suffit pas de mettre dans la même pièce des personnes très différentes pour qu'elles se parlent et qu'elles se rencontent vraiment. Je dirais que il y a plusieurs manières. Déjà un, c'est dans le temps, en trouvant notre place grâce à nos activités que petit à petit la rencontre se fait.
On essaie de faire en sorte que ce lieu soit un lieu d'accueil inconditionnel. Alors, ça veut pas dire qu'on accepte tout et n'importe quoi, mais tout le monde est le bienvenu a priori. Je pense que dans la dans les actions qu'on met en place, dans le fait de vivre au quotidien, euh de partager de plus en plus un destin commun avec les personnes et surtout en sortant de l'hermitage, euh je crois que l'un des enjeux de l'équipe de l'hermitage, c'est de c'est de pas se contenter de ce qu'on fait ici comme un lieu en tout cas un lieu un petit peu à l'abri.
C'est pas une forteresse l'Hermitage. C'est un lieu. On vient passer un bon moment, recharger les batteries pour avoir l'énergie de faire des choses ensemble.
Bien. Euh on avait on avait équé évoqué l'idée malheureusement je vais devoir renier sur le petit commentaire qu'on avait envisagé de de gens mais mais vous pourrez le retrouver ce midi évidemment au déjeuner qui vous sera proposé pour pour échanger avec lui autour de autour de la dynamique de l'hermitage et de ses actualités et on sait qu'il qu'il y en a. Je propose qu'on prenne 5 minutes de pause et qu'on reprenne à 11h15 avec la présentation de de l'étude.
Donc reprise à 11h15. Merci de revenir en salle. Donc pour boire de l'eau, il y a une fontaine à eau dans le fond de la salle.
Les sanitaires qui sont juste à la sortie de la salle vous demandera de de rester par ici. Il n'y a pas de café, excusez-nous. Il y a pas de café à la pause tout de suite.
Mais mais vous avez le le premier café puis il y aura le cocktail dégénéatoire tout à l'heure. Donc restez avec nous. Merci beaucoup.
On se retrouve à 11h15 dans la salle. Merci. On va commencer peut-être la la suite de la demi-journée si vous souhaitez vous réasseoir.
Vous êtes libre. Merci de l'invitation. Ça peut être bien.
Je vais vous inviter à vous réasseoir s'il vous plaît. Merci. Oui.
Alors, vous voulez que je vous présente un petit peu mieux ? J'ai bien de cité. Ah oui, d'ailleurs j'ai pas trop.
Bien, s'il vous plaît, je vais vous demander d'avoir la gentillesse de de vous rasseoir pour qu'on puisse reprendre les échanges. Allez, encore une fois. Bien donc nous allons reprendre.
Merci beaucoup. Bon, je vais commencer à parler. Ça va t'asseoir hein.
Tu as cette magnifique responsabilité de faire venir les gens. C'est la 4è fois que je relance. Bah oui, j'imagine il y a encore un rabatteur et est parti.
Ouais. D'accord. D'accord.
Bon, allez, on va là. Ouais. Bien.
Donc, bonjour à toutes et tous. Nous entrons euh à présent Nous entrons à présent dans le deuxème temps euh de cette matinée. Nous entrons donc à présent dans le deuxème temps de cette matinée intitulé de nouveaux liens au service de de l'inclusion et de la transition.
Alors quelques quelques mots liminaires fort bref. Donc l'ANANCT a a remis à la ministre Gatel le 27 mai dernier le premier rapport, on en a parlé ce matin, annuel du Conseil scientifique de France Ruralité qui porte sur les relations entre représentation des ruralités et et politiques publiques dans les territoires ruraux qui, on le rappelle concerne 33 % de la population française. Donc le rapport invite, cela a été dit encore une fois, à changer de regard sur les ruralités en tenant compte de leur diversité. et de leur spécificité en tenant compte également du poids du du prisme urbain qui d'une certaine manière a conduit euh à définir les ruralités en creux et sans doute quelque peu abusivement comme étant fragile ou en manque lorsque leurs atouts et bien et leurs dynamiques propres évidemment sont infiniment plus consistantes et qui plus dans un contexte de transition de transition écologique notamment des ruralités fortes et vivantes comme le disait madame la ministre ce matin. et qui sont également alertes en matière d'inclusion.
On peut penser ici au programme DFINOV, donc un programme DGEFP à NCT sur lequel Yolen FR reviendra conduit par les régions sur le principe de partenariat entre tierslieu et organisme de formation. euh certains projets visant à remobiliser les les nites comme on dit hein et articulant se faisant dans une logique d'aller vers euh des réponses qu'on va dire euh localisées et désstigmatisantes hein euh euh face à cette difficulté à à pousser la porte qui évoquée ce matin euh par la vice-présidente Annique Merl. Un enjeu de remise en confiance en vue notamment de retour à l'emploi d'autant plus important en ruralité que selon les chiffres de la banque de la des territoires, les les jeunes ruraux ont en moyenne 42 minutes de transport par jour.
Donc éloigné par voie de fête de projets possiblement porteurs. Et au service de ces enjeux et bien la question du lien. Euh on se rappelle en effet que le baromètre 2024 élu locaux euh et tierslieu.
Donc quelques exemplaires je crois sont encore disponible à l'entrée de la salle conduit par l'ANCT, le GIP France Tierslieu et les associations euh d'élus locaux AMRF, à PVF, ADCF, France urbaine, entre autres choses. Montrer que pour 75 % des élus, les tiers lieux sont axiaux dans le renforcement du lien social en ruralité. Les propos encore une fois ce matin l'ont fort bien montré.
Nous allons donc durant cette ce premier moment de mise en perspective revenir sur ce que pourrait signifier évaluer euh le lien social. En effet, des lieux hybrides émergent. De plus en plus d'élus, il voient des alliés pour leur commune, des espaces de vie désirables, porteurs de solutions pour les défis à venir, hein, des espaces qui permettent notamment le développement de de circuits courts, d'espaces de coworking, d'espace relais à des services publics de proximité.
Cela a été évoqué également, des lieux enfin qui intègrent les nécessités d'économie circulaire. autant d'éléments qui sont possibles, qu'il est possible d'évaluer, de chiffrer. Mais certains aspects davantage immatériel résistent à entrer dans une logique comptable et font pourtant la vertu de ces lieux du lien, de ces lieux soutien des territoires en générant du sens, du mieux-être en hyperruralité.
Alors, différents euh différentes études et rapports sont déjà pars seront notamment réévoqués sans doute tout à l'heure et la NCT et LAADEM ont souhaité poursuivre cet effort et ont donc commandité aux chercheuses du campus de la transition le rapport qui va vous être présenté, qui entre en complémentarité évidente en analysant la contribution sociale des tierslieux par le biais d'un indicateur un indicateur de capacité relationnelle. Alors avant de vous donner la parole Cécile donc qui en a coordonné la réalisation, je précise que les livrables sont également disponible sur les tables à l'entrée, donc rapport, synthèse et infographie et qui vous permettront de saisir peut-être plus tranquillement he ce qui ne va ici être que rapidement dressé. Nous aurons ensuite un témoignage euh retour d'un tierslieu qui a été étudié, le tierslieu la Grange porté par l'association Bouillot Cube en région Occitanis.
Ce qui nous permettra ensemble de nous figurer, j'ai envie de dire concrètement ce que peut signifier évaluer des lieux du lien. Et enfin Yol Prou, directrice du GIP Frontière Lieu, nous proposera une mise en perspective en nous donnant à voir notamment les réflexions et les outillages disponibles sur ce sujet. Donc mesdames, bonjour.
Merci pour votre présence Cécile. Vous êtes professeur d'éthique et de responsabilité sociale des entreprises Auxilia Business School. Vous êtes également chercheuse pour le campus de la transition.
Donc je vous laisse la parole pour une dizaine de minutes. Je vous remercie Alice. Merci beaucoup pour cette invitation.
Je suis très heureuse et très honorée au nom de l'équipe dont Cécile et Fan sont là dans la salle est ici présente en partie. euh d'avoir cette chance de de présenter notre étude qui a été menée en partenariat avec la NCT et euh LAAD sur la mesure de la contribution sociale des tierslieux à partir de notre indicateur de capacité relationnelle et dans le cadre de cette matinée qui est extrêmement fructueuse et enthousiasmante sur justement la contribution sociale de ces lieux du lien. Et alors, je profite en introduction pour remercier Alice Canabat et Solange Martin de LAAD euh pour leur l'exigence et l'esprit très constructif avec laquelle elles ont accompagné ces travaux.
Et je vais démarrer avec la présentation de notre étude. Donc, dans quel contexte s'inscrit cette étude ? Elle est elle est centrée sur des lieux sur des tiers lieux spécifiques situés dans des territoires ruraux et périphériques puisqu'elle s'inscrit en complémentarité par rapport à d'autres études sur les tirieux qui avaient déjà été menées et et donc on s'est intéressé à ces enjeux particuliers en terme d'inclusion, de cohésion sociale, enjeux démographique, enjeux foncier.
On est parti de ce contexte de la ruralité et aussi et ça a été bien souligné ce matin par seulement des défis des ruralités mais aussi des ressources. On a évoqué, la ministre a évoqué les ressources en terme de souveraineté alimentaire, d'eau, d'énergie, mais aussi d'innovation social. Et et donc c'est à travers ce contexte qu'on a essayé de caractériser la manière dont les tierslieu jouent un rôle spécifique pour favoriser euh des liens sociaux et pour contribuer à des transitions qui peuvent être de différentes nature sur le plan écologique et social dans les domaines agroécologiques, alimentaires, énergétiques, industriel et technique, mais aussi dans les domaines de l'éducation, dans les domaines de la démocratie, de la fabrication. ensemble et c'est là-dessus qu'on a travaillé.
Donc nos études, notre étude répondait à deux besoins spécifiques. D'une part, établir un outil de mesure de la contribution sociale des tiersieux. Cet outil devait à la fois contribuer à guider les politiques publiques mais aussi devait être appropri.
Alors, comment est-ce qu'on a cerné cette problématique de l'objectivation des contributions sociales des tirers lieux ? On l'a dit déjà ce matin, en fait cette contribution sociale, elle est vraiment à facette. Elle n'est pas seulement matérielle.
Elle touche à la culture, à la mémoire, euh au maillage social et intergénérationnel, à la capacité à faire, à la convavialité euh et aussi à des dynamiques qui dépassent les tierslieux mais qui sont euh qui sont développées à travers ces tierslieux euh qui concernent à la fois la relocalisation d'activités, la dynamisation de filières, les innovations sociales et territoriales. Donc c'est la raison pour laquelle on a en fait décliné notre question en deux questions principales ou deux volets principales d'une une question assez qualitative qui cherchait à cerner les différentes facettes de ces valeurs sociales spécifiques des tierslieux depuis qui encore une fois sont qui concernent à la fois l'inclusion des publics vulnérables, le dével développement économique local en passant par la médiation culturelle, la transmission de de compétences et de savoir-faire utiles pour la transition écologique et comment arriver à objectiver ces dimensions. Et puis ensuite, on a un deuxième volet de l'étude qui est plus quantitatif, systématique qui consiste à établir de façon très précise des dimensions, des composantes, des variables qui vont permettre de d'objectiver la qualité relationnelle, la capacité relationnelle dans le cadre des tierslieux.
Euh donc je vais y revenir tout tout de suite après sur la manière dont se compose cet indicateur, mais je voulais déjà insister sur cette dimension double à la fois qualitative et quantitative qui est vraiment au cœur de notre méthodologie. Euh l'équipe qui a mené l'étude est pluridisciplinaire. Nous avons à la fois des des compétences en philosophie, en sciences sociale, mais aussi en économie et en gestion.
Euh donc vous voyez là les quatre autrices euh du rapport que vous pouvez euh consulter euh ici. Euh Hélène Luy, Fannie euh qui est ici présente, euh Fannie Ergou, Cécile Renoir et et moi-même. Et alors, je voulais insister sur le fait aussi que on est parti évidemment des des rapports qui avaient déjà été menés par LAAD, par la NCT, par un certain nombre de chercheurs sur ces questions du lien social dans les tiers, mais on est aussi parti d'un d'un travail que l'on mène depuis maintenant une quinzaine d'années à partir des capacités et de cet indice de capacité relationnelle qu'on a adapté au tierslieu.
Et là, je vais peut-être dire un mot de cette approche des capacités relationnelles parce que ça permet de comprendre aussi dans quelle logique on a travaillé. L'approche par les capacités, elle a été remise au goût du jour notamment par l'économiste Amartien et la philosophe Martinus Baum. Et il s'agissait de définir une approche qui serait une approche alternative à la mesure de la qualité de vie, non pas simplement à partir d'indicateurs comme le le PIB, mais par les capacités.
Donc la question c'est de savoir comment et si dans quelles conditions les personnes ont accès à des capacités. En l'occurrence, nous on va s'intéresser en particulier aux capacités relationnelles puisque selon cette approche des capacités, la qualité de vie, le bien vivre euh est conditionné par la capacité euh et les capacités relationnelles. Ici, on s'appuie sur un indicateur qu'on appelle l'indicateur de capacité relationnelle depuis depuis le début et qui a été développé dans le cadre de nos thèses respectives, dans le cadre du laboratoire CODEV de l'ESSEC et aujourd'hui dans le cadre du campus de la transition pour plusieurs types d'organisation et il y a toujours des dimensions qui sont assez proches.
On parle toujours d'inclusion sociale, de cohésion sociale et de confiance et enfin d'engagement civique. Mais ici, on l'a décliné un peu différemment puisqueon s'intéressait encore une fois aux contributions spécifiques des tierslieux qui se matérialise dans les capacités relationnelles. Alors, comment est-ce qu'on a procédé suivant quelle méthode ?
Euh donc là, je je là, j'ai expliqué un peu la l'approche sous-jacente et cette ancrage dans cette philosophie des capacités. Euh la ce que vous voyez sur euh euh le le slide, c'est plutôt la manière dont on a procédé pour entrer euh en contact avec le terrain. Et on l'a fait euh à la fois euh avec une approche qualitative puisqu'on s'est rendu sur euh des sur ces lieux plusieurs jours à chaque fois à deux pour avoir un regard croisé.
Euh et ensuite, on a à travers cette cette ces immersions et ces ces entretiens qualitatifs, on a établi étalonner notre indicateur de capacité relationnelle qu'ensuite on a pu tester sur une base plus quantitative à partir de questionnaire que l'on a euh que l'on a transmis aux membres et aux visiteurs pour avoir un échantillon relativement représentatif des lieux. et les tiersli ont été choisis en concertation avec l'ADEM et la NCT pour répondre à la fois à euh cet objectif de cerner les enjeux spécifiques et les apports spécifiques des tierslieux ruraux euh dans des territoires périphériques ultrar. Euh on a choisi à la fois des manufactures de proximité et des fabriques de territoire pour voir les deux manières dont le lien social pouvait être développé.
Euh et puis on a cherché aussi à euh cerner les les atout les ressources qui étaient spécifiques aux différents territoires de France. Donc c'est pour ça qu'on a essayé d'avoir une répartition euh pour euh travailler à la fois euh sur euh euh les problématiques de Creuse, de Charand, de du Morbillant, de l'Ariège, de l'Ardège, du Var, du Pas de Calais, de la Drô, des Vauges entre autres. Alors, c'est évidemment une toute petite étude, c'est un petit échantillonnage.
On est bien conscient des des limites, mais on a quand même essayer d'avoir de se donner l'occasion de voir les visages des tiersieux avec des problématiques territoriales différenciées. Et puis et je les remercie ici aussi, je sais pas si si certains nous nous écoutent ou sont dans la salle, mais on a eu un accueil extrêmement chaleureux et on a senti qu'il y avait vraiment une volonté forte de tous les tiers lieux que j'ai mentionné de contribuer à l'étude, de collaborer à la manière dont on pouvait rendre visible de façon plus objective, plus tangible la manière dont dont ces lieux contribuent au lien social. C'est évident pour les parties prenantes, c'est souvent aussi évident pour les élus qu'on a entendu ce matin.
Les gens qui connaissent les tiers savent à quel point ils sont précieux. En revanche, c'est parfois des lieux totalement inconnus de leurs voisins et même de leurs voisins proches. Donc il y a vraiment un enjeu pour nous de faire connaître cette ces ces ces pépites qui sont parfois un peu cachées dans nos territoires ruraux.
Alors maintenant, je vais parler très rapidement des résultats. J'ai encore 2 minutes. Parfait.
Alors, on a on va aller très euh très rapidement. Donc d'abord, mais ça peut-être vous vous le verrez, je vais pas m'étendre là-dessus parce que ça a été beaucoup développé ce matin. On a identifié un premier un une première série de résultats qui concerne vraiment les apports spécifiques des tiers au lien social et donc là, on a insisté sur l'esprit associatif, l'économie sociale et solidaire, la dimension qui a été évoquée d'interconnexion, de confiance de ces lieux de coworking qui permettent à des travailleurs isolés de retrouver du lien. euh le soin apporté à la protection, à la valoration du patrimoine culturel, naturel à travers notamment les lieux qui sont ciblés sur la transition écologique.
Et puis euh cet esprit participatif euh lié au aux événements, aux faits qui sont organisés dans les tiers vraiment dans un esprit de euh ça a été dit tout à l'heure de coconstruction de coconstruction entre les membres des tierux mais aussi avec les les collectivités, avec les associations locales. Je vais passer maintenant à l'indicateur. Pour pour bien comprendre comment ça fonctionne cet indicateur, on a identifié et adapté cinq grandes dimensions qui correspondent à cinq grandes dimensions du lien social.
Euh d'abord l'encapacitation personnelle, on l'a évoqué, le l'estime de soi qui permet d'aller vers les autres et qui permet de créer du lien, euh la qualité des relations euh à l'intérieur du lieu et puis ensuite sur le slide suivant, vous voyez euh le rapport euh au territoire, le rapport à la société et le rapport à l'environnement, autrement dit au milieu de vie, au vivant. Et pour chacune de ces grandes dimensions, on a identifié des variables et des seuils qui permettent de dire, comme je l'expliquais tout à l'heure, que oui, la capacité existe, le pouvoir d'être et d'agir en lien est bien mise en en œuvre ou bien non. Et c'est cette manière de faire qui nous permet d'objectiver euh la qualité des liens sur cinq dimensions euh à partir de variables qui ont été encore une fois établi grâce à nos recherches mais réétablis et et rediscuté avec les lieux et en concertation avec bah toutes les personnes qui ont pris part à notre étude.
Et alors, j'insiste, j'ai encore une minute sur la la dimension. Là, vous voyez des éléments assez quantiques qui sont représentés à travers des graphiques. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que cette démarche, elle est extrêmement enrichie par la dimension qualitative.
Et là, on peut regarder quelques verb à team. En fait, à la fois en amont, lorsqu'on établit les variables et les seuils, on se fonde sur le témoignage d'une série représentative de parties prenantes et et ensuite lorsque l'on fait passer le questionnaire, on a aussi également des éléments qualitatifs qui sont recueillis et c'est ça qui nous permet de de faire une forme de vérification euh de de la pertinence de ce qui est dit et de la cohérence de des résultats de l'étude. Et bon, pour donner quelques exemples, on voit que le lien avec le territoire se manifeste dans ces événements liés à la la mémoire, la culture locale.
Je je cite par exemple une bénévole de Maison Glace qui nous parle du carnaval, qui a réveillé les associations qui étaient en sommeil, le comité des fêtes, des souvenirs positifs. C'est vrai que c'est très on a je vais pas je peux pas m'étendre, j'ai très peu de temps, mais on a eu la chance de vivre des moments extrêmement conviviaux dans les tirliù. on est passé et on est souvent passé un peu par hasard, pas forcément au moment où l'événement se passait, mais à chaque fois on croisait des gens très différents et avec beaucoup de convivialité.
Je cite aussi la fracture numérique qui a été évoquée ce matin qui renvoie à la fois l'encapacitation personnelle et au lien avec la société. Ça ça a été bien explicité à la quincaillerie qui qui sur tous les freins qui empêchent les personnes d'oser envoyer un mail d'oser s'y mettre et la manière dont les tierslieu accompagnent ces publics pour briser cette fracture numérique et puis enfin la capacité à faire la capacité à faire avec d'autres au sein des lieux et là l'exemple que j'ai choisi de mentionner c'est celui de la ferme des volonteux avec les ateliers les jardins partagés qui permettent de transmettre des savoir-faire autour de de l'agroécologie. Et enfin, le troisème type de résultat, donc le premier spécificité des tiers lieux sur le lien social.
Le deuxième, cet indicateur de capacité relationnelle adapté au tout tiers lieu. Et le troisème c'est l'appropriation. On a beaucoup travaillé avec cet indicateur en tant que chercheux.
Ça fait une dizaine d'années qu'on développe des projets à la fois enfin avec la recherche et qu'on livre des rapports d'études. Et là, ça nous avait été demandé et ça nous paraissait particulièrement important. Euh on souhaitait qu'à la fin de l'étude euh notre démarche et cet indicateur de capacité relationnelle soit approprible directement par ceux qui sont concernés euh et que ça puisse les aider à euh s'auto-évaluer, à euh trouver des pistes de euh de réflexion.
Et donc cet indicateur, il est à travers euh des un outil de mesure d'impact qui a été formalisé à la suite de l'étude. Il est disponible, il est disponible à la fois sur le site de la NCT et puis sur le site de la plateforme Commune Mesure qui nous a fait le plaisir de de travailler avec nous sur cette dernière partie. Euh et il est en open source.
Donc pour les tiers lieux que ça intéresse, n'hésitez pas à aller euh tester directement. Voilà, je j'en ai terminé. Et je voulais juste vous remercier pour votre attention et vous pour redire mon enthousiasme pour cette étude et pour les tierslieux ruraux.
Merci beaucoup. Merci beaucoup Cécile pour cette étude très riche et importante. On on l'espère et merci pour la qualité de cette présentation synthétique frustrante sans doute.
Euh on va vous présenter une courte vidéo de quelques minutes. Donc Claire Pitau et Élise Armentier de Bouillon Cube nous ont on les remercie encore une fois produite pour l'événement. Donc c'est un tiers lieu qui a été situé dans le cadre qui a été pardon visité dans le cadre de cette étude dans le département de l'héros au ces de la selle.
On peut les écouter. Nous nous sommes implantés à la Grange au Coste de la Selle en 2006 et nous avons créé l'association Bouilloncube et nous développons un pôle culturel rural dans ce vieux masse de pierre qui date du 11e siècle. L'histoire de Boulon Cube se raconte en trois ponts d'activité principales.
Les activités culturelles, les activités jeunesse famille et vie locale et les activité Europe internationale. Aujourd'hui, avec la mise en place du tierslieu un nouvel axe à vu le jour, le pôle de ressources territoriales. Nous vous amenons en visite pour découvrir ce lieu emprunt d'éducation populaire.
Bouillon Cube aujourd'hui, c'est une programmation culturelle avec plus de 60 représentations pour plus de 10000 personnes chaque année. Nous accueillons une vingtaine de résidences d'artistes par an et nous mettons en place des projets d'action culturelle de territoire et une programmation décentralisée. [Musique] Je suis nouvel arrivant chez Bouillon Cube, assistant de production.
Je travaille sur tous les projets artistiques, la saison culturelle, le festival jeune public et tout ce qui est projet d'action culturelle, projet de territoire comme par exemple celui qu'on a en ce moment avec André Mainviel autour de la mémoire du territoire. Je pense que c'était quand même une période rude mais depuis 2011 les associations Bouillon Cube et Courbouillon proposent deux accueils de loisirs sans hébergement pour les enfants de sep communes rurales de la communauté de commune du Grand Pic Saint-Lou. L'été des séjours avec hébergement sont également proposés.
Nous sommes également agréés de vie sociale par la Caféro depuis 2022. Bien ce mot alors la boussole s'est ouvert depuis février 2022 avec trois grands axes un axe engagement du des habitants, un axe intergénérationnel mixité sociale et les jeunes. Ça se traduit par des actions qui sont assez vastes des rendeux, des ramassages de déchets, des animations pour les jeunes, des projets et c'est surtout aussi un espace de vie sociale, c'est pour les habitants.
Donc faire vivre le territoire en prenant en compte leurs idées, leurs envies en complément des miennes. Le dernier né des projets de Bouillon Cube, c'est le tierslieu ou du moins sa formalisation car la fonction sociale, le fait de faire tierlieu sur le territoire fait partie de l'ADN du projet depuis sa création. Le Tierlieu est un espace de lien de commun de faire ensemble.
Il est ouvert à toutes et à tous et c'est en cela que c'est un fantastique outil au service d'un territoire. C'est un relais local qui permet que les habitants et les habitantes se croisent au détour d'un cours de yoga, d'un bureau partagé ou d'une envie de projet commun. À la Grange, le tierslieu est défendu comme un outil d'éducation populaire où la transmission et l'émancipation sont à la source de la démarche.
Je suis coopérante au Charlot de la Grange. Ça veut dire que je viens quelques jours par semaine dans un bureau partagé. Euh je participe aussi aux réunions pour construire le projet.
Euh pourquoi je viens ? parce que bah il y a une ambiance conviviale propice au travail et on a tous les outils numériques pour travailler dans de bonnes conditions. Sur le tierslieu on trouve plusieurs espaces au service des coopérants et coopérantes.
Il y a des espaces de bureaux partagés, une salle de vie commune avec un espace cuisine, une salle de résidence ou d'activité, un amphithéâtre de 250 places, une scène concert. Il y a également un kiosque en bois financé grâce à des fonds leaders qui permet d'accueillir des activités hebdomadaires proposées par des associations locales comme du champ ou du yoga. On y trouve également un studio d'enregistrement professionnel.
Il y a quelques mois, nous avons eu la chance de faire partie des structures étudié dans le cadre de l'étude nationale portant sur la contribution sociale des tierslieux impulsé par l'ANCT et mené par le campus de la transition. Ce travail a été pour nous un véritable levier de reconnaissance et d'analyse grâce à une méthodologie rigoureuse, innovante et profondément ancrée dans les réalité du terrain. Nous avons souvent été sollicités pour participer à différentes études, mais celles-ci se distingue par sa capacité à restituer fidèlement la parole des usagers et usagères, à rendre lisible notre utilité sociale et à fournir des indicateurs concrets, appropries et mobilisables.
Les résultats de cette étude nous sont d'autant plus précieux qu'ils nous permettent de mieux caractériser la contribution de notre tierslieu à son territoire, de rendre compte de notre utilité sociale auprès des institutions, mais également de mettre en lumière des éléments qui constituent notre ADN : la considération du lien social, l'engagement collectif et l'ancrage territorial. Ce sont des indicateurs particulièrement pertinents dans notre écosystème et c'est notre raison d'être et elle n'est pas toujours facile à évaluer. Parmi les dimensions exploré dans cette étude, plusieurs raisonnent particulièrement avec notre réalité quotidienne.
Les relations humaines au sein du lieu où se tissent une véritable mixité sociale, générationnelle et culturelle, la relation au territoire à travers des liens concrets que nous entretenons avec les habitants et habitantes et leurs besoins. Et enfin, la relation à la société via les engagements, les actions et les valeurs portées par notre collectif. Le projet de la Grange s'inscrit pleinement dans cette dynamique.
Il fait vivre une vision d'un tierslieu comme acteur engagé, vecteur d'impact social, concret et durable. [Applaudissements] Bien. Yolène Prou, vous êtes directrice du GIP France Tiieu.
Je vous laisse réagir d'autant que ces questions de de mes de mesure d'impact, vous les connaissez fort bien. Quel éclairage peut-être vous vous pourriez nous apporter sur ces enjeux d'évaluation des tiers ruraux enfin des tiers en ruralité et en particulier peut-être leur rôle dans la dans la création de liens social sur ce territoire. Merci Alice.
Bonjour à toutes et tous. Alors, je vais décadrer un petit peu le sujet et je vais plutôt voilà partager quelques éléments sur et de réflexion sur les tirliers en ruralité, leur rôle dans la création du lien social et puis effectivement revenir sur le sujet de l'évaluation qui est assez centrale et qui nous occupe aussi d'où on est côté GIP France Tierlieu en lien avec les politiques publiques qu'on anime. Pour rappel, ça a été dit ce matin, mais voilà, selon l'observatoire des tirlieux que porte France Tierlieu, on est à 3700 tiers lieux recensés en France sur la cartographie en tout cas actuellement.
Les 2/ tiers sont situés en dehors des des grands centres urbains et un/ers dans les territoires ruraux. Donc c'est une représentation assez massive et d'ailleurs ils sont surreésentés sur les territoires ruraux à habitat très dispersés quand on va encore plus dans la granularité. Par définition, les tirers sont des lieux de sociabilité.
Comme vous le savez, c'est l'ADN même du tierlieu. Donc par essence, c'est des lieux de reconstruction du lien social et notamment dans les territoires euros comme ça a été évidemment dit tout à l'heure. Il prennent racine là où les services de proximité se sont retirés, que ce soit les commerces, les cafés comme on l'évoquait ou les services publics aussi.
Euh quelques chiffres pour illustrer ce qu'on se disait aussi ce matin. Il y a 62 % des communes euh en zone rurale qui ne qui ne disposent d'aucuner en 2023 contre 25 % en 1980, donc 62 % c'est assez euh conséquent et les cafés sont passés 200000 en 1960 contre 38000 aujourd'hui. Voilà, ça permet de remettre en perspective aussi ce qu'on évoquait tout à l'heure.
Ils sont des réponses aussi effectivement aux inquiétudes des Français comme ça a été rappelé à travers l'étude du Creddoc. Mais il y a une étude également euh Ipsos, un baromètre 2024 du lien social qui dit que 78 % des Français disent qu'au niveau national le lien social s'est détérioré. Un peu plus faible au niveau local, au niveau local puisque c'est 57 % des Français qui s'expliquent par tout ce qu'on évoquait aussi tout à l'heure du lien qui est parfois plus plus fort de par son ancrage dans les territoires.
Euh et les premiers piliers toujours selon cette étude de l'ipsos du lien social sont justement les lieux de vie. Alors, dans les lieux de vie, il y a les cafés, les restaurants, on pourrait y mettre les tirers avant euh les associations et avant euh les commerces notamment. Euh parce que comme comme vous le savez, les les tierslieux euh de facto sont des lieux d'accueil inconditionnels, ouvert à tous, accessibles, qui favorisent la mixité, les rencontres et des lieux aussi qui sont euh des lieux vecteurs de la coopération.
On y trouve effectivement différents publics que ce soit des citoyens, des élus, euh des acteurs de l'économie locale. Et comme tu le rappelais à l'ice, effectivement les les élus ont bien compris ce sujet-là puisque selon le baromètre qui a été qui a été réalisé par France Tierlieu avec l'appui des associations d'élus et de la NCT que vous pouvez retrouver effectivement à la sortie, il y a 75 % des élus locaux qui qui pour eux en fait les tiers luttent contre l'isolement et renforce le lien social. C'est la première valeur en tout cas portée par les tirlieux selon les élus interrogés.
Donc pour continuer à rendre compte efficacement de ce que réalisent les tierlues et pour les soutenir, il est important effectivement de savoir mesurer, évaluer ce qu'on évoque. cette richesse relationnelle en fait qui est qui est importante mais qui est effectivement aussi très complexe et très difficile à mesurer que ce soit sur le lien social qui est le sujet qui nous occupe mais surtout comme vous l'avez évoqué sur la remise en confiance et sur ce sujet de l'encapacitation parce qu'on sait très bien que un aussi des vecteurs forts des tirers lieux c'est de redonner du pouvoir d'agir et évaluer ce pouvoir d'agir. Voilà, c'est c'est la complexité de de qui nous qui nous qui nous réunit ce matin.
Complexité parce que effectivement ce sont des lieux qui sont non homogènes. Donc c'est très difficile et on a vu vous avez pris un échantillon effectivement d'une quinzaine 12 lieux je crois précisément dans l'étude. Voilà, quand on essaie d'élargir le cadre d'une étude, on se pose toujours la question de quel angle on prend parce que cette cette homogénéité, cette hétérogénéité est complexe en fonction des missions, des publics, mais aussi évidemment en fonction de l'inscription territoriale des lieux.
Euh ça requiert une analyse écosystémique et participative. Donc ça, je crois que c'est un sujet assez essentiel pour prendre en compte l'ensemble des acteurs impliqués dans ces dans ces démarches là. Et souvent on se heurte à cette complexity là quand on veut lancer une démarche de mesure d'impact.
C'est-à-dire que bah voilà, il va falloir rencontrer aussi largement l'ensemble de l'écosystème impliqué. Troisème difficulté, c'est la temporalité. Euh je pense qu'il faut que ça s'inscrive aussi dans des temps longs.
On est sur des processus effectivement de de temps long. On n'est pas sur l'évaluation d'une action, d'une photo, à intenté. Je pense que vous pouvez tous en témoigner ici.
On est sur voilà des démarches aussi qui s'inscrivent dans le temps. Donc ça vient aussi poser des questions face à ces à ces méthodes en tout cas d'évaluation. Par ailleurs dans aussi des temps politiques qui sont courts.
Enfin une un paradigme là sur sur la temporalité par rapport à ce que à ce que développent les tierslieux. Et puis le sujet aussi auquel on est heurté c'est la normalisation. Quand on commence à poser des indicateurs et des processus, on normalise des approches qui sont par définition des approches innovantes euh et des approches évolutives.
Donc voilà, c'est des questions aussi qui se posent quand on est sur ces cadres d'évaluation. H pourtant c'est un défi majeur et on est on en est tous convaincus même les tirluants en sont convaincus à la fois pour les politiques publique bien sûr pour orienter les politiques publiques. On a besoin d'éléments en amont, on a besoin aussi d'éléments après pour évaluer en tout cas ce qui est produit, pour évaluer les effet, pour justifier aussi légitimer, on pourrait dire, la finance publique et les finances publiques sur ces dispositifs.
Et puis pour les tirlieux eux-mêmes, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle les tirus s'interrogent aussi de plus en plus sur ces questions là puisque c'est des outils qui permettent d'objectiver les actions et même de piloter aussi au quotidien ce que font les tirlieux et puis aussi dans une approche effectivement réflexive de lors des processus qui sont qui sont à l'œuvre. Donc on observe voilà plein de de choses en fait de méthodes d'approches complémentaires et différentes autour de l'évaluation. Comme le disait tout à l'heure la directrice générale du Crédoc, je pense qu'on observe aussi ce foisonnement parce qu'aujourd'hui il y a pas de cadre en fait pour mesurer cette coopération. on n' pas les référentiels.
Donc on est aussi dans une approche voilà presque innovante de la démarche, presque on va dire oui innovante ou euh ou euh itérative, on va dire aussi parfois de ces approches. Donc on a on a plusieurs euh pour faire ce panorama un peu plusieurs approches. Bon, il y a l'évaluation des politiques publiques comme je disais qui qui est un cadre extrêmement important.
Euh à ce titre-là, l'évaluation qui a été menée par l'agence Phare est assez originale puisque'en fait elle a été qualitative et participative autour de l'évaluation des fabriques de territoire. Alors, on pourrait se dire voilà, c'est c'est malheureusement un échantillon euh que de 10 fabriques de territoire, mais en même temps, elle a permis d'observer les impacts qu'on arriverait pas à observer dans une approche quantitative. Euh donc c'est une forme d'originalité quand même dans la mesure euh et dans l'évaluation des des politiques publiques.
C'est complété aussi par des constructions d'indicateurs et là je vais plutôt prendre l'exemple de Dfinov qui est mis qui est mis en place alors qui est une approche différente avec la construction d'indicateurs qui ont été codéfinis entre les différents échelons régionaux donc les référents régionaux qui sont en charge du déploiement de la politique publique le niveau national bien sûr pour avoir aussi des indicateurs qui soient qui permettent d'avoir aussi une une observation au niveau national et puis qui a été partagé avec les tierslieux. Donc on a construit en fait euh autour de 67 indicateurs une sorte de tableau de bord collectif entre euh l'État au niveau national, les régions avec euh les conseils régionaux à l'œuvre ou les DRS et puis les tierslieux. euh donc qui permettent de de piloter collectivement, on va dire, euh cette politique publique sur un temps long aussi puisque euh l'idée c'est tous les ans de remener en fait cette cette enquête pour voir les évolutions euh au sein des projets.
Mais cette approche, elle est effectivement la pour le coup quantitative, mais elle ne permet pas voilà d'observer aussi de façon qualitative ce que ça produit en terme effectivement comme on se le disait d'encapacitation, de remise en confiance, de lien social qui sont effectivement des approches aussi extrêmement importantes. Et d'ailleurs cette certaine région se pose la question de compléter cette approche autour des indicateurs avec une des approches de recherche action. Euh et là se pose la question de la mise en cohérence euh des études qui sont portées à un niveau local dans une observation nationale.
Donc comment aussi travailler ces référentiels à toutes les échelles euh pour pouvoir aussi mettre en en cohérence les différents résultats. On a aussi plein d'études euh en tout cas de de d'outils qui sont des outils d'auto-évaluation comme je disais qui qui répondent aussi aux besoins des tirers lieux de de pouvoir analyser et de piloter leur leurs actions. Donc vous avez cité commune mesure, c'est effectivement une plateforme qui à la fois porte en elle un dispositif d'auto-évaluation qui permet de visualiser, de mettre en visibilité en tout cas certaines actions portées par les tierslieux et qui agrègent aussi d'autres outils sur la plateforme.
On peut citer aussi l'étude famille rurale et existe qui là pour le coup est sur le sujet de l'évaluation des tierslieux en milieu rural qui est un guide mode d'emploi. Je vais pas faire la liste, je vais montrer alors je n'ai pas c'est un peu à l'ancienne mais c'est un format papier. En fait, on a fait ce travail au sein de l'Observatoire des Tierlieux de cartographier l'ensemble des outils à disposition des tirlieux pour la pour la mesure la mesure d'impact.
Donc vous voyez, ils sont nombreux. Donc ça c'est à retrouver sur l'observatoire des tirleux. Il y a une une série aussi de de d'entretiens et d'articles qui ont été menés avec différents acteurs de la mesure d'impact qui permettent voilà de mettre en perspective les différentes approches et donc elles ont des entrées soit autour du lien de l'impact social, de l'impact environnemental, de l'impact économique, une approche aussi plus urbaine pour d'autres pour d'autres voilà inscriptions géographiques et puis des mesures d'impact au sens au sens large pour des approches plus globales.
Pour conclure, pour rester dans le timing, euh trois choses. Euh donc je pense qu'on est collectivement convaincu qu'on a intérêt à poursuivre à poursuivre ces démarches. je pense dans un premier temps à encourager la mise en place d'indicateurs justement d'évaluation qui sont partagées, construit, qu'on définité à l'image de ce qui a été fait dans le cadre de Définov, à l'image aussi de ce qui est fait dans le cadre du recensement puisque ça a permis aussi d'apporter voilà des des éléments quantifiables autour autour du phénomène autour du mouvement. recensement qui, je le rappelle, est corréalisé aussi avec l'Association nationale des tierslieux, les réseaux thématiques et les réseaux régionaux dans une approche aussi d'avoir un schéma de données qui est qui est collectif.
à compléter ces approches là par des approches de recherche action qui permettent effectivement d'avoir en complément des démarches qui sont qualitatives et qui permettent d'évaluer les effets exogènes aussi avec voilà des questionnements autour de l'ensemble des acteurs de l'écosystème. Et puis j'ajouterai et c'est la conclusion aussi que vous avez dans le cadre de votre étude le fait de croiser les dimensions. C'est-à-dire que c'est assez réducteur en fait de se dire qu'on va analyser les actions des tierslius sous un prisme à savoir soit la transition écologique, soit l'emploi, soit l'activité économique.
Parce qu'effectivement, comme vous le dites, le le lien social, la confiance, l'encapacitation, toutes ces dimensions difficilement mesurables sont parties prenantes en fait des actions. Et si on ne mesure pas ça en fait, si on n'intègre pas ça dans l'ensemble des évaluations qu'on mène, on perd en fait tout un pan de l'impact de l'impact des tiers lieux et on réduit en fait l'activité des lieux à une dimension sectorielle qui qui est voilà bien plus riche que ça. D'où l'importance effectivement d'avoir cette cette dimension aussi plurielle.
Donc ça rajoute de la complexité à la complexité mais c'est en testant qu'on qu'on apprend des approches euh qu'on mène. Voilà. Je vous remercie. [Applaudissements] Bien, merci.
Donc des enjeux substantiels et des outillages à à poursuivre dans un geste si j'ai bien compris d'innovation hein euh à maintenir. Euh merci beaucoup mesdames pour pour ce pour ce moment. Je vais appeler à présent euh les intervenants de la table ronde suivante euh et je leur laisse le temps de de s'installer et je vous présente quelques quelques éléments.
Merci encore. Alors, on vient de le voir, les l'évaluation euh de la contribution de de ces lieux du lien comme potentiellement euh enfin nous allons passez-moi, à présent donc à cette table ronde de la matinée euh et qui interroge ces nouveaux lieux comme euh potentiellement accélérateur de transition et d'inclusion. Donc l'évaluation de la contribution de ces lieux du lien euh est un enjeu, on vient de le voir très fortement à à interroger avec des potentiels spécifiques qui sont nombreux.
Euh certaines latitudes, on on vient de de l'explorer, sont subtiles à saisir parce que révélatrice d'une logique de qualité relationnelle, de développement ou de reprise de lien qui présente pour la plupart des offres et bien favorisant un brassage de population, de génération, agissant en ouverture vers des populations plus éloignées. autant d'enjeux de renforcement des sociabilités et du soin comme l'indiquait Fabrice Alangeville ce matin qui sont importants en ruralité mais ils sont également des apports ils ont également des apports très directs et sans doute plus nettement repérables en ce sens qu'ils développent des activités qui sont socialement utiles au service d'enjeu économique créateur de richesse collective et d'emploi et d'une certaine forme de ménagement environnemental vertueux donc pour leur territoire. Ces lieux constituent ce faisant fort souvent des appuis à leur bassin de vie et face à des besoins qui sont souvent diagnostiqué comme étant en carence au prix peut-être parfois de se situer, on l'a discuté un peu ce matin à la à la lisière d'enjeux d'intérêt général et en renfort de services publics.
Donc cette table ronde a justement vocation à interroger donc le poids du lien évidemment dans la structuration de certaines politiques publique et les apports de ces lieux ouverts en matière de dynamique de transition et en matière de politique d'inclusion des latitudes avérées à parfaire marginal ou structurelle. C'est ce que nous allons donc explorer avec nos intervenants et nos intervenantes et intervenants durant une toute petite heure maintenant. Donc, j'ai donc le plaisir de vous présenter Ophélie Desol, directrice générale de l'Association nationale des tierslieux.
Solange Martin, donc sociologue à LAAD à la direction prospective et recherche exécutive prospective et recherche, Judithe NES, donc co-coordinatrice de la convergence des possibles à Joign responsable des rapports institutionnels et enfin Timothé de la Côte donc délégué général de la fondation Face Agir contre l'exclusion. Alors, sans plus attendre, on a du temps à rattraper premier tour de table autour de ce premier volet qu'on a parcélisé, donc de des lieux du lien sont-ils accélérateurs de transition ? Donc, de plus en plus de liens, nous on le voit en place la transition, on le voit dans les candidatures, la transition des territoires au cœur de leur projet et ces espaces vont soulever finalement des enjeux pratiques en même temps qu'ils interrogent certaines dimensions de notre société.
Alors ma première question ira à vous Ophélie Derol donc déléguée général directrice pardonnez-moi générale de la NTL donc qui est quand même une association préfiguratrice de la politique publique et puis plaido de près de 4500 tierslieux. Nous savons qu'il y a une grande hétérogénéité, Yolen Prou l'a l'a rappelé à l'instant, dans l'écosystème des tierslieux et à forciori encore plus dans les tierslieu ruraux et urbains. Au sein de cette seconde catégorie et bien peut-on tirer quelques analyses tendantielles.
Autrement dit, quelles sont les caractéristiques saillants des tierslieux ruraux ? Est-ce qu'ils sont davantage peut-être nourriciers ? Est-ce qu'ils sont davantage des lieux de reprise de la sociabilité comme le faisait le café d'entemp ? sont-ils finalement plutôt support, relais ou moteur bifurquant peut-être en matière de transition ?
On vous écoute. Bonjour à toutes et tous. Alors, c'est vrai qu'en préparant cette table ronde, moi j'avais du mal à spécifier des caractéristiques de tierslieux ruraux par rapport à à des tierslieux urbains en en disant qu'ils sont plus si ou plus ça.
Ce qui est certain, c'est que dans le manifeste qu'on a écrit au sein de l'Ass nationale des tierslieux avec l'ensemble de nos adhérents, on a rappelé ce qui a été dit hein aujourd'hui, à savoir que les tierslieux sont des espaces ouverts que se donne la société civile pour des projets d'intérêt général et d'utilité sociale et que donc ils se construisent avec les villageois, les villageoises, les citadins, les citadines pour répondre aux besoins des uns et des autres. Ils sont donc forcément ancrés dans leur territoire en hyperproximité. Ils sont euh initiés par des collectifs citoyens et se se relie et coopère avec les associations, les entreprises et les collectivités locales.
Il questionne euh la question du travail, de la richesse et du rééquilibrage de la répartition de la valeur y compris économique et ils sont dans la coopération. Donc peut-être que sur le sujet de l'accélération et du du sujet de la capacité à faire plus de liens, une des grandes forces des tirers, c'est la transversalité, c'est la coopération, c'est le fait de sortir du cloisonnement et que on est quand quand on va avoir une action culturelle, on va en même temps avoir une action sociale, une capacité à nourrir les gens, une capacité à faciliter un petit peu d'inclusion numérique et que ça cette force de coopération et de transversalité c'est une des grandes caractéristiques des tierslieux. Euh ensuite par rapport aux enjeux ruraux forcément d'ailleurs ça a été rappelé ce matin, les enjeux liés au monde agricole, au monde nourricier, les enjeux liés à la relocalisation de l'activité économique du de la transmission de savoir-faire sont particulièrement portés par les tiers lieux ruraux.
Voilà. Donc on va pouvoir trouver des des des petites caractéristiques thématiques, mais notre force collective, c'est justement d'être multisectoriel. D'ailleurs, l'exemple de la grange et du bouillon cube l'illustre parfaitement.
C'est qu'en tirant un fil, on va en démultiplier, on va avoir un impact, si on utilise ce mot-là, qui va avoir lieu dans dans plusieurs autres secteurs. Voilà. Donc c'est un petit peu complexe de dire que les tirliers ruraux sont plus ceci, plus cela.
La peut-être que un point aussi euh malgré tout d'ajout, c'est le fait que les tirlieux viennent pas se substituer au service public. Le service public, il est égal et il est accessible, il doit être accessible à chacun et à chacune. La spécificité des tirers lieu, c'est qu'ils vont être sur de l'hyperproximité.
Ils vont aller là aussi où les services publics ne peuvent plus aller parceomie ou autre. Et donc on va aller sur des territoires qui sont pas couverts où donc les citoyens pensent ensemble à créer des outils communs avec des objectifs partagés et où ils vont adapter leur capacité à agir en fonction de leur territoire et en fonction des forces vives de ce territoire là. Donc c'est des c'est des c'est des c'est des lieux qui adaptent s'adaptent euh pour venir compléter et non pas se substituer des actions d'intérêt général du service public et de l'utilité sociale.
Merci beaucoup. Euh je veux vous passe la parole Solange Martin. Peut-être donc vous avez notamment supervisé des études autour des questions d'évolution des comportements et des pratiques sociales vers plus de durabilité donc vers une transition.
Ma question sera donc la suivante : quelle vision vous avez de ces lieux, de ces espaces euh de qui sont-ils ou non soutien à des logiques alors peut-être direct ou indirect de de transition ? Sont-ils support peut-être à des politiques institutionnelles exemplifiant peut-être de dynamique souhaité ? Comment est-il finalement à l'appropriation et à l'adhésion de normes sociales qui seraient enclin à favoriser des des changements de comportement ?
Bonjour à tous, merci Alice pour cette question. Effectivement, les tierslieux ont sont, on va dire, assez naturellement designés pour dans le sens de la transition. Alors, c'est un effet heureux parce que priori, c'est pas nécessairement dans leur cahier des charges ni dans leur but premier, mais on observe que il propose un certain nombre d'actions qui s'inscrivent tout à fait dans la transition, qu'il s'agisse de réemploi avec les ressourceries, de recyclage aussi, d'ateliers de réparation.
Donc ça ça contribue à la sobriété et c'est bien d'un point de vue de transition. Euh tout ce qui est aussi espace nourricsier, [Musique] apprentissage de cuisine bio végégétarienne, de saison et cetera, tout ce qui est aussi projet citoyen autour de l'énergie. Euh donc il y a des projets également de panneaux solaires citoyens dans les tiers lieux.
Enfin voilà, il y a une acculturation qui se fait à ce niveau-là. la rénovation, la capacité à réparer euh et puis également bah comment le lieu est géré euh du point de vue de l'énergie mais des déchets aussi euh assez naturellement. Ça rentre bien dans le cadre de la transition. on en est très heureux euh parce que c'est pas forcément quelque chose qui avait été décidé centralement au départ par une politique publique, mais de fait ça émerge du terrain et c'est d'autant plus intéressant aussi qu'on sait que bah les normes sociales elles guident, elles orientent quand même beaucoup nos comportements.
En gros, la majeure partie de ce qu'on fait c'est ce qu'on a toujours fait donc c'est l'habitude et puis le mimétisme. On fait comme le voisin ou on fait comme les les nos proches. Et dans les tierslieux, on va pouvoir donner à voir et expérimenter potentiellement de nouvelles manières de faire.
Et ça c'est très intéressant aussi parce que on sait que les normes dans les familles, notamment dans les ménages, on les réouvre pas tous les quatre matins hein. Voilà, on a une habitude de fonctionner. Si on a décidé tout d'un coup de faire un repas végétarien, c'est bien qu'un peu avant, on soit passé par un atelier avec d'autres gens qui considèrent que c'est possible.
Ça c'est des résultats tout à fait classiques de la psychosociologie. Euh, on a plein d'expériences là-dessus de d' une époque fallait donner du jus d'orange au bébé ou fallait faire cuisiner des abats ou au ménage américain pendant la Seconde Guerre mondiale. En gros, si vous expérimentez quelque chose dans un petit groupe de pères et ben vous allez avoir la force de ce groupe-là pour éventuellement faire évoluer les normes sociales au sein de votre propre foyer.
Donc ça c'est très intéressant parce que déjà ça change un peu le paysage et puis ça donne à faire et puis ça donne à faire des choses qui sont appropri et adapté puisque d'initiative aussi citoyenne dans un territoire donné donc particulièrement adapté à celui-là. L'autre chose qui est très intéressante, si je peux rajouter un deuxième point, c'est que le tierslieu et c'est là on voit que transition et lien et on y reviendra peut-être après sont quand même lié. Dans le tier lieu, on est dans des logies qui sont pas complètement marchandes, qui sont pas complètement dans l'intérêt individuel.
On échange et puis après on se connaît plus. Non, il y a un petit côté don contre don. Euh on vient échanger, on vient proposer, on reçoit de l'attention aussi. de la considération, de la reconnaissance et ça va donner envie de faire la même chose.
Quand on se sent seul, isolé, invisibilisé, vont avoir tendance à en rester à son strict intérêt personnel et à ses proches immédiats. Là, le tierslieu ça permet d'ouvrir vers le collectif et donc d'avoir peut-être un peu plus envie de faire des choses en fonction de ce collectif et voir de s'engager dans des actions bénéfiques au collectif. Bien, merci beaucoup pour cette concision.
Par ailleurs, Judit Nes, vous avez euh peut-être, on va prendre quelques illustrations pratiques, vous êtes cocoordinatrice d'un d'un tierslieu dans Lyon qui a été labellisé fabrique de territoire une première fois en 2021 puis relabellisé en en raison de la qualité de sa structuration en 2024. Euh je crois que la structure va portée par un consortium de six acteurs euh qui fédèr un réseau d'une plus d'une trentaine d'acteurs de l'ESS euh des associations et quelques entreprises. Euh je précise juste peut-être que votre terrain d'action, si je puis dire, se situe sur la communauté de commune du Jovinien et donc euh votre tierslieu prend place aussi hein dans une zone de revitalisation rurale également territoire d'industrie et petite ville de demain.
Alors est-ce que vous pourriez peut-être nous en nous le décrire un peu ? avantage et puis surtout donc quels apports spécifiques concrets euh cet espace et ce réseau génère en matière de transition, mais aussi euh comment ça vous est possible de le mesurer et de le donner à voir à vos partenaires et les collectivités en premier chef ? Ben merci beaucoup pour cette invitation.
Je suis très touchée de pouvoir témoigner de ce qui se passe dans notre territoire. Du coup, nous on est situé entre Hausser et Sens, donc dans le nord de Lyonne, donc dans une ville de 9500 habitants à Joan et donc qui s'intègre dans une comité de commune d'à peu près 20000 habitants où il y a 19 communes. Et donc la jeunesse du projet, c'était six acteurs donc 3 tiers lieux et des associations et coopératives qui se disent bah pourquoi pas répondre à cet appel à manifestation d'intérêt fabrique de territoire.
Alors, ils sont bien poussés par le maire de la ville et aussi président de la communauté de commune en mode bah allez rassemblez-vous et faites ensemble. Euh sur le papier, les structures elles avaient pas forcément euh enfin je sais pas ouais, elles se ressemblaient pas vraiment. On a quand même trouvé un un truc en commun qui était qu'on avait envie de montrer que c'était possible de créer une société plus juste, plus sobre et plus solidaire sur le territoire.
Donc c'est comme ça que ça s'est installé. Au début, on s'est dit on mutualise nos ressources, on on a salarié, donc moi, du coup, deux personnes euh au tout début pour euh rendre des services en fait à ces structures. Euh ensuite, on s'est dit "Waouh, il y a plein d'acteurs qui commencent à foisonner." Donc du coup, vas-y, on donne un petit coup de d'accélérateur.
Et donc là, on a une portée un peu plus ambitieuse de soutenir un réseau un peu plus large. Donc c'est comme ça qu'on s'est construit de fil en aiguille. Euh je peut-être spécifie que on n'est pas un tiersieu en tant que tel euh la convergence des possibles.
Euh on n' pas encore d'espace vraiment dédié depuis euh nos nos 3 ans d'existence. Euh pour autant, on aime bien dire qu'on fait tierslieu dans la ville euh parce que pour le coup euh on travaille vraiment avec les principes des tierslieux sur les notions d'expérimentation, de convivialité, donc tout ce qui a été évoqué au préalable. Donc euh, on a développé des services aux associations, je vais en citer quelques-uns.
On organise des apéros mensuels pour faire du lien entre les personnes et les structures. On a créé un outil que j'ai ramené, j'en ai si vous voulez hop, qui s'appelle la galaxie des acteurs en transition du Jovinien qui est une représentation graphique de tout ce qui se passe sur notre territoire. Euh on a aussi un annuaire de financement qui permet de faciliter la recherche du coût de financement pour les associations et on fait aussi des entretiens individuels pour des porteurs de projet ou des associations qui ont des besoins en particulier.
Euh et en fait depuis l'année 2024, on a développé un nouveau service qui est du portage administratif pour des projets. Donc nous-même on porte trois gros projets actuellement et on soutient quatre autres projets. Euh donc on fait soit du portage salarial, soit du portage administratif.
Euh donc on est vraiment là pour dire on vous met le pied à l'étrier puis après vous pourrez voler de vos propres ailes. Et donc euh sur les trois projets qu'on porte si atarde un petit peu, on a un projet d'assemblée citoyenne pour l'évolution du Jovinien. Donc c'est un projet qui a été mené en 2024.
Euh donc il y avait 50 pardon 43 personnes élus et citoyens qui ont été regroupés dans 17 communes des 19 communes de la CCJ. Euh et donc on a réussi à produire ce super livret euh qui reprend 142 propositions pour bien vivre demain dans le Jovinien. Euh et donc ça euh ça a été produit euh il y a en mai donc c'est très très récent et euh a priori il va y avoir une suite parce que dans les 43 il y a plus d'une vingtaine qui sont encore motivés et on a réussi à mobiliser une 20 20 autres personnes pour continuer l'aventure.
Ensuite on a le projet Agir qui est un projet de remobilisation. Donc ça c'est un programme défin euh de donc de remobilisation pour plutôt des personnes qui sont isolées ou éloignées de l'emploi euh spécifiquement plutôt pour des jeunes et des primaux arrivants. Donc il y a des programmes avec des semaines de remobilisation, on vit une aventure collective ensemble, on découvre des acteurs du territoire et puis on apprend aussi des les métiers de la transition écologique.
Donc voilà, ça c'est notre deuxième projet et le troisème c'est le projet de sécurité sociale alimentaire. Donc ça, il y a plein d'expérimentations qui se mènent du coup en France. Nous, elle est assez récente.
On est en cours d'expérimentation là de mi-avril à à mi-août avec un marché solidaire où les gens en fait qui ont cotisé peuvent du coup euh venir au marché pour pouvoir euh consommer des produits locaux avec certains producteurs labellisés. Et donc après donc sur les autres projets qu'on soutient rapidement des forêts comestibles qui sont implantées à Joanny, une ressourcerie tierslieu qui est à côté de la commité de commune du Jovinien, un défi zéro decheté sur les quatre PC du nord de Lyon et puis un réseau composte citoyen. Voilà, donc ça fait beaucoup de choses mais c'est comme ça qu'on s'est monté.
Alors du coup, j'avais envie de revenir un peu sur pourquoi il y a autant d'initiatives dans une ville de 9500 habitants. Euh c'est parce que on bénéficie. Bon déjà Joanny, c'est une ville très mignonne mais elle est à 1h30 du coup de euh de Paris.
Euh il y a quand même une culture dans le nord de Lyon de turnover quand même assez important de de population. Euh vu qu'on a 1h1 de Paris, il y a des jeunes retraités qui viennent s'installer. Il y a aussi beaucoup de mutations avec des nouvelles personnes qui arrivent et depuis euh le Covid, grosse vague de néoruraux euh que je que je qualifierai de néoruraux climatiques euh qui sont convaincus que en fait euh pour survivre en fait au aux prochaines crises climatiques, il faudra plutôt s'installer à la campagne et plutôt créer un un réseau de confiance sur lequel s'appuyer en cas de en cas de difficulté.
Euh donc c'est beaucoup des néoruraux qui portent en fait ces initiatives. Juste pour vous rendre compte, on a une boucle Telegram, donc euh l'équivalent d'un WhatsApp. Il y a aujourd'hui 330 personnes, je dirais qu'il y a 60 % néoruraux.
C'est vraiment à la louche mon chiffre. Euh et donc euh on a bien conscience, on a parlé tout à l'heure de de l'entre soi euh et voilà de de nos milieux. On a bien conscience de cet enjeu d'entre soi.
C'est vraiment un enjeu pour nous. on on porte vraiment beaucoup d'attention à aller chercher d'autres d'autres personnes et surtout de moi je suis assez critique de ce qui se passe en terme de d'écosystème qu'on a créé puisque je trouve que un des écueils qu'on a c'est qu'on vient avec tellement d'énergie tellement d'envie qu'on prend pas le temps d'observer ce qui se passe déjà de rencontrer en fait les acteurs du coin et de se rendre compte que peut-être les valeurs de solidarité et de sobriété et bien on partage la même chose mais on dit pas de la les mêmes manières, on n'utilise pas les mêmes mots et donc du coup c'est comment on arrive à reconnaître aussi les personnes qui s'expriment pas de la même manière, qui théorisent pas autant que nous. Euh voilà, donc ça c'est vraiment un énorme travail pour nous.
Euh je voulais sur la question de l'évaluation, c'est OK ? Ouais. euh sur la question de l'évaluation.
Euh du coup, on l'a on l'a dit, nous en fait, je dirais le point commun entre toutes les dynamiques qu'on mène, c'est qu'on cherche à mener des dynamiques collectives qui sont vraiment sur la question du pouvoir d'agir. Comment on permet à des gens de d'être en lien ? Comment on permet à des gens quand ils ont réussi à être en confiance de pouvoir euh du coup être dans être acteur en fait de leur territoire, comment ils arrivent à à redonner de l'énergie.
Et donc ça c'est vraiment je dirais le le carrefour de tout ça. Et donc comment on arrive à rendre compte de ça ? C'est pas évident mais on travaille vraiment très fortement avec la commité de commune et et la ville de Joannie.
Donc, on a intégré euh du coup dans nos différents projets du coup des agents et euh et élus dans nos comités de suivi. On a eu dans le cadre de l'assemblée citoyenne un chercheur en sciences cognitives qui a fait une analyse de c'est quoi les effets en fait de la mobilisation citoyenne sur le territoire. Grande surprise et ben en fait les gens qui sont venus pour cette assemblée citoyenne, c'était pour du lien social et c'était pas pour les enjeux écologiques.
Voilà. Donc donc voilà et puis voilà, je pense que je vais m'arrêter là mais en tout cas merci à l'État et merci aux collectivité de faire tout ce travail et de nous financer parce que nous ça nous permet de donner du sens à ce qu'on fait dans nos vies et de répondre vraiment à des besoins de gens qui sont éloignés des collectivités. [Applaudissements] Merci à vous pour ce retour qui fait très bien la le lian euh qui nous permet de passer donc au second volet de notre temps de discussion sans doute en certains points liés hein ces lieux du lien sont-ils accélérateurs et acteurs ou non d'inclus d'inclusion pardon c'est un sujet vaste qui touche à la fois des enjeux de solidarité d'accès au droits et et se faisant de de réduction de frature territorial des problématiques qui sont fondamentales pour les territoires cibles de la NCT et ces différents programmes.
Alors, je me tourne vers vous. Timothé de la côte, vous êtes délégué général de la fondation face. Donc, elle se déplie ses actions mais vous allez nous le dire un peu mieux, selon plusieurs modalités, hein.
L'inclusion par l'emploi et l'insertion, par l'éducation et l'orientation, par l'accès au droits et la médiation sociale notamment. Euh et vous agissez également dans une ambition de lutte contre toutes les formes d'exclusion et donc vous accompagnez des publics div fragiles. Donc ma question sera sera la suivante parce que finalement ces enjeux impliquent la mise à disposition la plupart du temps d'espace qui permettent ces médiations sociales et qui impliquent surtout en ruralité des partenariats.
Donc peut-être vous pourriez nous dire un petit peu plus à la fois sur vos actions en ruralité, à la fois sur le type de partenariat que vous dépliez et peut-être nous spécifier quels sont finalement les conditions d'association entre acteurs qui selon vous et bien peuvent permettre de préserver l'objectif d'intérêt général au services des plus vulnérables mais tout en renforçant leur capacité d'action. Sacré challenge. Bonjour à toutes et tous.
Donc oui, moi je vais apporter un témoignage un petit peu différent que chez FAS, on travaille essentiellement la mobilisation de des entreprises et de ce qu'elles peuvent apporter au service de l'inclusion. Et donc nous, on accompagne 20 % de nos publics sur le territoire ruraux, donc ça fait à peu près 80000 personnes dans une quarantaine de territoires ruraux. On est historiquement nous très implantés en quartier prioritaire de la politique de la ville.
Euh et progressivement sur ces 15 dernières années, on a compris qu'il y avait aussi quand même des sujets en réalité qui était souvent d'ailleurs assez peu éloignés quand on parle d'accès à l'emploi, quand on parle de lutte contre l'isolement, quand on parle de mobilité que finalement on avait quand même des problématiques très proches et des leviers d'action des entreprises qui étaient aussi assez proches à force parce que les entreprises n'ont pas moins de sujet et d'importance à agir aussi en ruralité. C'est notamment le cas bon sur les questions d'attractivité territoriale auquels elles sont très sensibles mais aussi évidemment de recrutement et donc évidemment on touche très facilement très rapidement à la lutte contre les freins périphériques à l'emploi qui est un des leviers qu'on essaie de de travailler chez FAS. Alors depuis nous ça fait à peu un peu plus de 30 ans qu'on existe chez FAS notre job en fait c'est d'aller chercher tous les leviers d'engagement possibles des entreprises et ils sont peut-être un peu plus nombreux que ce qu'on pense au premier abord.
Le premier c'est le levier financier. Évidemment, je pense que c'est important de se le dire. Alors, on porte pas du tout chez face une vision de dire que le l'engagement privé, le messena doivent remplacer les politiques publiques et le financement du voilà de de ce qu'on pourrait considérer comme le bien commun ou d'intérêt général.
Ça c'est très clair. Pour autant, il y a des leviers très forts notamment via le messenat de projet, via la fiscalité parfois notamment la taxe d'apprentissage qui est très important qui nous permet aussi de de mobilier de de mobiliser sur nos actions, pardon, et les politiques RSE des entreprises. Il y a évidemment les leviers internes de transformation culturelle de l'entreprise, c'est les politiques diversité inclusion, ça c'est important.
Et puis le recrutement évidemment, ça c'est très important aussi en réalité avec tout ce que les entreprises peuvent faire, notamment sur les enjeux de mobilité. Euh on a nous, je pourrais en dire deux mots, peut-être euh déployer des dispositifs euh de mobilisation des employeurs euh pour euh voilà des navettes euh de derniers kilomètres, un certain nombre de dispositifs qui permettent aussi de faciliter l'accès euh l'accès au lieu de prise de poste. Et puis euh deux volets qui sont très importants aussi pour nous, c'est le messena de moyens.
Donc vous avez parlé de la mise à disposition de locaux, c'est très important euh notamment en ruralité où ça peut être un sujet euh et de véhicules hein très basiquement des véhicules pour accéder à un emploi ou des véhicules plus collectifs, je pense notamment à des busire des trains. Euh je pourrais en dire deux mots sur des dispositifs qu'on a mis en place. Et puis un dernier levier qui est aussi très important, c'est le volet humain à travers le messenat de compétences et la mobilisation des salariés auprès des publics les plus vulnérables.
Donc nous, on a deux deux piliers enfin de deux canaux d'action qui sont euh du point de vue très opérationnel des clubs face, donc nos antennes locales qui sont en fait des dirigeants d'entreprise qui se regroupent au côté des pouvoirs publics locaux et des associations locales pour mener des projets d'inclusion euh sur les les différents thèmes que vous avez cité, j'y reviendrai tout à l'heure. Et puis on a aussi des fondations territoriales parce que nous on est fondation abritante. On a vraiment les deux volets qui nous permettent de déployer des projets.
Alors c'est plus là des projets entre guillemets philanthropiques où soit sous la hallette d'une collectivité locale, soit sous la lettre d'une entreprise ou de plusieurs entreprises qui veulent agir sur un territoire, on décide de mettre en commun un projet mais aussi des ressources. Là le levier de la défiscalisation, il est hyper important pour permettre aux entreprises aussi de de verser un petit peu et de financer des actions et des acteurs sur un territoire. Donc ça peut être soit très redistributif et être uniquement du reversement auprès d'association, soit plus opérateur en portant des actions en propre.
Donc on a vraiment ces deux leviers qui permettent ce passage à l'action aussi des entreprises qui veulent s'investir sur un territoire. Alors peut-être pour être un peu plus concret dans ce qu'on fait en effet, vous le disiez, on a plusieurs actions auprès des publics qu'on accompagne qui sont essentiellement les publics très vulnérables. Donc on accompagne des jeunes en situation de décrochage scolaire. comme les fameux nit sont qu'on a qu'on a évoqué tout à l'heure, les personnes les plus éloignées de l'emploi, donc souvent qui cumulent les vulnérabilités face à l'emploi.
Euh et donc auprès des jeunes, on a des dispositifs qui marchent assez bien. On a deux volets hein. Le premier c'est d'intervenir dans les établissements scolaires.
Là c'est les salariés d'entreprise qui interviennent directement auprès des jeunes en ruralité pour parler de leur métier et surtout ouvrir le champ des possibles parce qu'on se rend compte que moi, pour l'avoir euh vécu en live, une classe de seconde euh toute réunie ces 10 métiers qu'ils ont en tête. en seconde au maximum. Donc c'est quand même assez faible.
Notre objectif c'est d'élargir ce ce champ des possibles. Et puis du mentorat qui fonctionne aussi très bien en individuel et en collectif euh et qui permet aujourd'hui on a plusieurs modalités de mentorat notamment à distance par téléphone en visio qui permettent aussi euh à des salariés qui sont plus souvent parfois dans des centres un peu urbains d'accompagner des jeunes qui vivent en ruralité qui peuvent pas forcément se se déplacer à force quand ils ont pas encore le permis. Un deuxième volet qui est l'emploi.
Évidemment, vous avez compris qu'on travaille beaucoup sur la lutte contre les freins périphériques et notamment la mobilité. On a notamment dans le tard d'un dispositif de mise à disposition en leasing solidaire de véhicules pour nos publics qui veulent se rendre à des entretiens d'embauche avec ensuite un parcours de mobilité qui leur permet ensuite d'acquérir à faible coût le véhicule. Donc on a des partenariats avec bah des concessionnaires hein très très basiquement des assurances et puis des associations locales qui rétrofitent les véhicules qui qui nous sont mis à disposition pour pour les mettre en biogaz.
Donc ça c'est un exemple assez vertueux aussi de ce qu'un écosystème local peut permettre. L'entreprise met à disposition ses véhicules réformés. l'association locale le rétrofit face source public et les les flèches vers le dispositif de mobilité et les accompagne ensuite dans leur parcours vers l'emploi en incluant la la dimension mobilité.
On accompagne aussi pas mal de publics sur la partie médiation. Donc là on a des lieux d'accueil. Euh alors je sais pas si on les appelle tir à lieu, je sais pas je je suis pas très au clair sur la définition et je sais pas s'il y en a une unique.
Je crois que c'est peut-être une des une des conclusions de cette journée, c'est qu'il y a il y a peut-être plusieurs définitions, mais euh nous on opère dans des lieux qui sont euh qui sont des lieux hybrides, euh souvent mis à disposition par des entreprises. Très clairement, on travaille beaucoup avec la poste en territoire rurau qui nous met à disposition soit des anciens bureaux de poste, soit parfois des des parties de de Maison France Service en lien avec l'État sur lesquels on intervient et où on accompagne des publics. assez classiquement sur l'inclusion numérique de l'inclusion bancaire toujours en lien avec nos entreprises partenaires qui nous qui nous permettent d'agir.
Et puis un un dernier volet qu'on a qu'on a pas cité là mais qui est très important pour nous c'est la lutte contre la précarité énergétique. Donc là on a deux volets d'intervention. On a des interventions en porte à porte.
Donc là, on travaille beaucoup avec des services civiques qui nous aident à aller voir les ménages dans leur logement euh pour travailler sur la lutte contre la précarité énergétique et les dispositifs de de qui peuvent qui peuvent s'offrir à à eux euh en lien avec la EDF et GRDF. Et on a des dispositifs aussi de maison pédagogiques euh pour aider les publics les plus vulnérables, notamment avec les épides, les jeunes des épides, euh pour faciliter l'arrivée dans le premier logement et avoir les les bons gestes et les bonnes pratiques en terme de voilà de de pratique écologique, on va dire, en en consommation d'énergie dans son logement. Donc voilà, quelques exemples de ce qu'on peut mettre en place notamment en réalité avec avec les entreprises euh et évidemment la capacité qu'elles ont à agir et notamment à mettre à disposition des lieux ou à cofinancer des lieux, elle est hyper importante et parfois euh elles y trouvent aussi leur intérêt en lien avec leur propre activité.
Je reprends l'exemple de la poste. En vendé, on travaille avec la poste où elle nous a enfin on est nous on a contractualisé avec la poste pour être à la fois relé colis et euh faire de l'inclusion numérique. C'est-à-dire que on a la première accroche qui est vous venez chercher votre colis et on en profite parce que nos médiateurs sont là directement à côté de la personne qui fait l'accueil pour faire un petit diagnostic de de d'inclusion numérique et vous proposer des accompagnements en direct.
Donc c'est aussi une capacité de de sourcing et d'accompagnement des publics qui permet voilà ce cercle aussi vertueux. Merci beaucoup. Alors n'ayez crainte, les les enjeux définitionnels étaient au démarrage de la politique publique et se poursuivent.
Alors justement, je je me tourne vers vous Ophélie Desol dans dans finalement les il y a une série de propositions qui qui émerge face aux vulnérabilités, au traitement en tout cas des plus vulnérables. On parle souvent des tiers lieux dit solidaires qui permettent d'aller vers plus de d'égalité d'accès aux droits et au services publics. Peut-être vous pourriez nous parler un peu plus de cet lieu spécifique et et également, j'ai envie dire d'une inclusion d' d'un autre ordre qui est intergénérationnel, notamment avec un projet que vous portez actuellement autour du bien vieillir.
Euh est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus sur ces sur ces propositions et sur ces tierslieux et de ce qu'il déplie dans les territoires ? Oui. Alors en effet, on je je voulais juste parce qu'en fait moi aussi je voyais ma photo depuis tout à l'heure en face et ça me faisait penser que ça c'est une photo qui a été prise il y a 9 ans au démarrage du whip donc le tierslieu que j'ai co-créé et où j'étais persuadée à ce moment-là que grâce à l'énergie citoyenne et un modèle économique coopératif et privé et bien on arriverait à faire justement un tierslieu solidaire, un tierslieu euh euh qui valorise les droits culturels et la transition écologique.
La réponse est non, on peut pas faire ça sans soutien de la puissance publique et que la solidarité euh on on on depuis tout à l'heure hein, c'est ce qu'on dit que les tierslieu c'est du lien social, c'est de la coopération, c'est de l'animation euh entre tous les acteurs, c'est la mobilisation des citoyens. Donc c'est du temps, donc c'est du fonctionnement, c'est les conclusions de votre étude d'ailleurs. Et euh et donc moi, on est face à un dilemme là, on le sait bien.
Donc je mets les pieds dans le plat, ça a déjà été un petit peu abordé par Fabrice, mais on est tous d'accord avec ça depuis ce matin. On est je pense qu'on est très aligné et tant mieux. Déjà, c'est une grande force.
Euh mais en face, quel investissement ? surtout en ce moment, on le sait bien que on est dans une période une conjoncture économique très difficile. Donc moi ma question c'est comment on trouve des solutions maintenant ?
C'est comment on fait changer l'évaluation en n'intégrant pas que des indicateurs économiques et financiers et en intégrant par exemple les indicateurs de relation de capacité relationnelle pardon. Comment on fait ? On dit que les tierslieux sont innovants, sont font de l'expérimentation.
En effet, c'est le cas sur les enjeux de santé, sur les enjeux de bien vieillir où on facilite la coopération entre les acteurs de santé. On va chercher les personnes dans leur logement, les personnes âgées dans leur logement pour les amener dans le tirlieu et créer pas justement pas juste une une distribution de repas, mais aussi une transmission des savoirs qu'elles peuvent avoir. Donc comment aujourd'hui on en est plus que à des expérimentations et des innovations.
Les tierslieux sont en perpétuelle expérimentation et innovation, mais à un moment ça peut aussi devenir des normes. Et donc comment on finance ce passage non plus de l'amorçage mais au développement ? le président de LAADM parlait de l'essimage tout à l'heure et donc comment justement cet essage il arrive à se développer et à être soutenu pour cela.
Euh comment on rentre en fait d'une certaine façon sans tout en préservant notre capacité d'adaptation et d'agilité à dans des dispositifs de droits commun. Vous parliez de la poste. Euh les les tiers lieux, on n'arrête pas de le dire depuis ce ce matin, sont des des acteurs de l'aménagement du territoire.
En réalité, la Poste a un fond de péréquation territorial, donc elle est soutenue par pour le fait qu'elle est installée là où elle est installée à 5 km de toute habitation. Donc voilà, nous on aimerait bien et c'est on essae au maximum d'être sur ces tours de table. pour trouver des solutions à la problématique actuelle de soutien aux fonctions de solidarité des tiers lieu.
Merci beaucoup Ophélie pour cette mise au jour. On va donner la la parole à Solange Martin pour en guise d'ouverture, si je puis dire, et d'élargissement peut-être de cette belle question des liens et des ruralités. Euh ma question sera la suivante.
On sait que l'ADEM travaille beaucoup sur la transition dite juste. Peut-être que vous pourrez nous en redire quelques mots. Euh vous pilotez hein justement dans une apporche prospective une série d'analyses qui qui concourent.
Euh finalement quelles sont les pistes de renforcement possibles ? Parce que ces lieux citoyens qui ont dans leur ADN un cadrage fort autour de la solidarité peuvent-il et c'est oui comment d'une manière ou d'une autre participer de cet accompagnement et peut-être peuvent-ils se constituer en en vecteur d'endiguement des vulnérabilités des plus modestes et puis largement en vecteur d'inclusion de la ruralité dans la transition. Alors effectivement la transition juste c'est une notion assez cadrée au niveau international et y compris français.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire déjà une transition. C'est-à-dire que on utilise maintenant l'injustice donc ce reporteuse la transition comme discours ou argument légitimant l'inaction climatique.
Et ça c'est un oxyor parce qu'on sait que les impacts du changement climatique et vont particulièrement augmenter les inégalités au sein de notre pays et plus largement dans la planète. Donc une transition juste et une transition, c'est une transition aussi qui accompagne euh la mutation des activités brunes et le développement des activités vertes et puis qui prennent aussi en compte les vulnérabilités à la fois socio-économiqu mais aussi territorial mais aussi de genre d'âge et cetera et le tout parce que c'est une notion qui vient du syndicalisme en fait la transition juste le tout avec un dialogue social un dialogue citoyen donc de la façon la plus démocratique possible. Donc voilà, c'est un c'est un une fusée à à trois étages avec un sous-bassement démocratique, la transition juste et ça nous est très cher à LAADEM. pour dire les choses peut-être de manière plus encore synthétique, c'est vraiment poser la question de la démocratiquement poser démocratiquement la question de la solidarité avec ceux qui vont perdre perdre plus vite plus longtemps et de la répartition des gains de ceux qui vont gagner parce que dans la transition il y a aussi une grosse enfin il y a beaucoup de gains y compris en emploi et en revenus mais ça c'est un certain comment dire un certain horizon temporel et puis bah c'est pas parce que globalement on n'y gagne que certains territoires, activités, secteurs ou groupes de population ne vont pas perdre.
Donc le président de LAAD en parlait tout à l'heure. Oui, il y aura des perdants et des gagnants. Et parmi les perdants, bah alors sous l'angle de la valorisation du carbone, je vais vous expliquer parce que les territoires ruraux, ils peuvent aussi beaucoup gagner dans le cadre de la transition, notamment si on fait la transition agroécologique en emploi.
Pareil, ça peut quand même énormément aider et revitaliser les territoires ruraux. Et puis si on relocalise un certain nombre d'activités également, on pourrait revenir sur ce dépe des campagnes et des territoires euros. Mais ils vont perdre.
Pourquoi ? Parce que la transition, ça exige aussi à un moment que le carbone qu'on aimait et bah il coûte un peu plus cher pour que le signal prix comme disent les économies soit au bon endroit et puis pour que les solutions vertueuses soient aussi plus rentables. Parce que si on voilà si les solutions vertueuses c'est toujours ce qui est plus compliqué et plus cher, il faut pas s'étonner à la fin qu'on considère que l'écologie c'est un truc de luxe de bobo qu'on le temps et les moyens.
Donc non, il faut bien un moment que le carbone paie le prix de euh ces impacts négatifs. Ça ça peut être fait par une taxe carbone, ça peut être fait par un mécanisme carbone d'ajustement aux frontières, ça peut être fait par des normes euh des produits qu'on met sur le marché. Tous ces moyens de politique publique ont le même résultat.
à la fin le carbone il paye enfin il est plus cher. Et le problème des territoires ruraux bah c'est que en raison des distance qui sont les leurs pour aller au travail pour aller euh euh faire les courses, pour aller se voir pour les loisirs, en raison aussi de la taille de leur logement et ben si on renchérit le carbone et en raison aussi de notre dépendance actuelle hein aux énergies fossiles et donc carbonées et ben ils vont payer plus cher. Donc on sait d'une manière générale que si vous faites alors je prends l'exemple de la taxe carbone mais encore une fois c'est pas le seul moyen de politique publique pour faire que le le carbone soit plus qu'on paye le coût véritable du carbone.
Quand vous êtes pauvre, vous allez payer moins en valeur absolue tout simplement parce que vous consommez moins. Mais en valeur relative de votre budget, vous allez payer beaucoup plus et vous allez payer beaucoup plus donc que les plus aisés. Puis ça va être en concurrence directe avec bah se nourrir, se soigner, éventuellement effectivement se déplacer et cetera.
Donc vous allez pas être content et vous allez perdre plus que les autres. Et c'est pas juste et c'est vrai. Euh donc dans la transition et dans la transition juste, on a vraiment intérêt à faire en sorte que les terroirs ruraux ne se sentent pas sacrifiés au bénéfice de l'intérêt général qui est aussi le leur mais quand même un peu plus que ceux d'à côté.
Et voilà le le sentiment d'injustice, le besoin d'équité, c'est pas un luxe. C'est nécessaire au fonctionnement des sociétés. Alors ne nous cach ne nous ne nous voilons pas la face non plus.
On sait qu'il y a une corrélation extrêmement tout à fait établie par les études d'opinion entre euh adhésion à la transition et proximité des transports en commun. Donc ça la carte elle est elle est assez claire. On sait aussi qu'il y a une corrélation tout à fait établie entre disparition des services publics et votes radicaux, on va dire.
Donc si on veut que ces gens-là reviennent dans dans la transition, et bien il y a un moyen, c'est de faire en sorte aussi que cette transition, elle amène un certain nombre d'emplois, d'activités, de services sur les territoires. Il y a un baromètre récent de l'adresse sur la taxe carbone qui a montré voilà renchérissement de la taxe carbone, vous avez un un habitant des territoires euros sur 5 qui est d'accord, ça fait pas beaucoup, on est d'accord mais si vous leur dites qu'en contrepartie il y aura ça et ben il passe déjà à 3 sur 5. C'est quand même beaucoup mieux.
Donc on a un enjeu à faire qu'il y ait du lien, qu'il y ait des services, qu'il y ait du repeuplement de la joie, des activités et cetera en milieu rural. Et on a l'habitude côté environnement à considérer que le lien social peut-être une conséquence de la transition. Là, c'est aussi de voir le lien social comme une des conditions de possibilité de la transition.
Ça va vraiment dans les deux sens et c'est pour ça que c'est tout à fait intéressant ce que font les les tiersluux. Alors après si j'ai encore 2 minutes, une tout à fait une minute très rapidement. Donc euh vous m'aviez demandé au début si c'était exemplification de pratique ou support de politique publique.
Bah si on veut que ce soit support de politique publique, euh il faut les multiplier parce que l'avantage du tierlieu, c'est quand même d'être proche. On va faire une heure de transport en voiture pour aller une maternité, pas forcément pour aller au tierslieu donc et puis c'est pas souhaitable. Donc il faut qu'il y en ait plus.
Il faut également qu'il soit pérenne pour qu'il rentre dans les habitudes et dans les paysages des campagnes. Faut quelque part que ce soit un élément comme le bureau de poste avant, bah il y a un tiers lieu dans tous les territoires. Et puis il faut trouver l'équilibre aussi entre l'initiative et l'innovation au niveau local et puis peut-être un petit cahier des charges au cœur de métier en contrepartie de la subvention publique où il y a des ressourceries un peu partout.
Euh voilà ou en tout cas qu'on réfléchisse à une manière euh effectivement de rendre dans les normes euh ces espaces qui sont pour l'instant extrêmement euh euh intéressants, vigoureux, euh utile socio-économiquement parlant, euh mais encore trop rare et très hétérogène aussi. Bien. Donc les multiplier, les soutenir, on on prend donc la conclusion.
Euh on peut laisser 5 ou 10 minutes d'échange avec la salle si certains avaient des des questions ou des des remarques. Je crois qu'il y a des micros qui vont circuler. Je vois une question ici, une là.
Euh c'est Oui, bonjour à toutes et tous. Bon, je prends encore la parole Arnaud, je te remercie. Enfin, je remercie de de ce colloque.
Il y a un sujet moi qui me paraît intéressant, c'est l'absence de la CAF dans nos sujets. La caisse d'allocation familiale comprend encore très très mal les tiers lieux, notamment leur rôle de d'équipement de proximité extrêmement sensible aux enjeux de solidarité et de solidarité de paire à paire. Et comme tu le disais Ophéli, il y a il y a des absents.
Je crois que la CAF, il faut qu'on travaille à à lui faire comprendre notamment aux caisses locales que c'est un sujet fondamental pour la cohésion de no territoire et qu'à partir du moment où la reconnaissance de ces lieux comme des espaces de vie social va être comprise et accueillie, alors on va vivre une nouvelle époque en matière de de liens familiaux et sociaux de proximité parce que là il y a un gros sujet de redéfinition et les collectivités locales ne s'en sortiront pas sans les tiers lieux de ce point de vue-là. Or, elles ont beaucoup trop tendance à penser queil y a concurrenceance trava France travaille également peut-être. Oui, peut-être prendre une série de questions.
Je crois qu'il y en avait une par ici et une par là, il me semble. Est-ce qu'on peut mettre le micro ? Le deuxème micro.
Merci. Merci. 1 2 Oui.
Merci. Bonjour à toutes et bonjour à tous. Christophe Vex, député de la Haute Garonne.
Je tiens à remercier déjà l'organisation de cette rencontre. Je tiens à féliciter l'ensemble des intervenantes qui sont qui ont pris la parole. Je tiens à noter intervenant, il y a eu deux hommes qui ont pris la parole.
L'introduction a été faite par deux hommes de directeurs. La conclusion sera faite par un homme, un directeur. Mais il y a peut-être un lien entre le lien et le fait que ça soit beaucoup de femmes qui prennent la parole.
Ceci étant dit, humblement, modestement, avec mes côtés qui est collaboratrice dans mon cabinet, on va essayer de mettre en place une de déposer une proposition de loi pour faciliter justement ben l'éclosion des tiersieux, même s'il y en a déjà 3600, il y a 36000 communes. Et quels sont les freins que connaissent les tiersieux ? été dit tout à l'heure, il faut que la puissance publique intervienne même si on a un budget contraint, on va nous demander encore une économie de 40 milliards.
Mais ça a été dit tout à l'heure, il y a un enjeu, il faut sauver la République. Ça a été dit tout à l'heure, l'absence des services publics. Moi, je me bat pour qu'on évite de fermer des écoles dans les communes parce que dès qu'une école ferme, quand il y a plus les rires des enfants dans une commune, et ben il y a moins de lien et les parents ne se rencontrent plus.
Et quand je vois toutes ces belles initiatives, cette énergie, les gens qui sont battus, enfin qui se battent pour faire des ti à force s'épuisent et donc il faut vraiment soutenir. Donc moi je suis preneur de ben de vos expériences et les freins que vous avez pu rencontrer quand vous avez essayé de construire un tierslieu avec les municipalités, avec les élus parce qu'il faut faire la bifurcation écologique. Moi j'aime pas trop le terme développement durable.
Ce développement, ça veut dire qu'on continue dans le système actuel et puis on essaie de le faire durer. Il faut vraiment faire une bifurcation écologique et une bifurcation démocratique. Là, les enjeux sont importants.
Il va y avoir des élections très très importantes. C'est dit tout à l'heure, il faut éviter à tout prix que notre pays sombre du mauvais côté de la pièce, quoi. Voilà.
Et je tenais encore à vous remercier toutes et toutes. [Applaudissements] Oui, il marche. Oui.
Bonjour Sacha Desmar de la Banque des territoires. Moi, je travaille sur les sujets d'inclusion numérique et c'est ce sujet est revenu plusieurs fois ce matin. Euh mais je travaille dans le département cohésion sociale et territoriale qui traite aussi la question des tiers lieux.
Et je voulais simplement prendre la parole pour pour rappeler que la la banque des territoires se tient aussi à la disposition euh de l'État pour accompagner les gros programmes France Service, conseiller numérique qui sont aussi portés par la NCT, mais aussi des projets plus locaux et qu'on est vraiment à la disposition de de tous les projets locaux portés par les acteurs privés et les acteurs publics avec des outils financiers et des et des programmes d'accompagnement qui qui sont suffisamment larges pour répondre aussi au mieux à vos besoins. Donc n'hésitez pas à nous solliciter même si on n pas comme l'a dit Timothé de la Côte, on n pas vocation à se substituer à l'État mais on essaie quand même de faire tout ce qu'on peut pour accompagner les le les développements sur les territoires et sur le plan France ruralité notre directeur général a pris des engagements assez forts. Donc c'est le bon moment pour venir nous voir.
Merci. Je crois qu'il reste une question au fond et une derrière et peut-être après on laissera répondre. Allô ?
Allô ? Oui, bonjour. Bonjour.
Sébastien Plion de la compagnie des tiersieux dans les Haut de France à Lille et également vice-président de l'Ass nationale des tierslieux. Donc merci pour le colloque parce que je pense c'est important qu'on puisse venir parler de la question tierslieu dans le au Sénat et puis dans ce haut lieu de la puissance publique. Euh premier enjeu nous qu'on travaille beaucoup au niveau de la zone nationale mais également en région c'est la question de la citoyenneté.
Fabrice l'a abordé tout à l'heure, mais on est sur des territoires, bon en Haut-Fance, on est quand même bien doté, euh qui sont gangrainé par l'abstention et le Rassemblement national et que les prochaines élections risquent de laisser encore plus de trac sur nos territoires et que donc les tiersliux, on essaie de s'emparer de ça et ça s'oppose parfois avec cette question d'accueil inconditionnel. C'estàd qu'on accueille tout le monde, comment on refait du lien, comment on parle politique dans les tirers lieux. Donc ça c'est un enjeu sur lequel on travaille beaucoup entre réseau.
Et le deuxième point de mon intervention de ma question c'est qu'en fait effectivement il y a énormément de tirli qui naissent mais là en fait on a on en a beaucoup. Il faut les aider à se structurer et à se regrouper en consortium et à monter des projets ensemble parce que ça c'est très compliqué et ces moyens d'ingénierie commune. Nous en tout cas à la à la compagnie des tiers lieux dans les dans les Haut de France on essaie de développer ça au maximum. un regroupement de lieu qui a envie de travailler sur un sujet, mettre de l'argent à disposition, les les outiller, les aider à aller chercher de l'argent, redistribuer de l'argent.
Voilà, ça pourrait être une façon aussi de s'entraider pour aller plus vite puisque il y a urgence. Merci. Oui, c'est allumé.
Ça va déclencher, c'est ça ? Je dois appuyer. Non.
Bon, j'attends que ça. Voilà. Bonjour.
Merci. Euh à la suite du collègue, merci euh pour euh cette matinée. Euh je suis Lucil Lotolini.
Je suis la condatrice d'un tierslieu de santé euh euh en zone rurale dans les Vauges. Euh je suis accompagnée de mes collègues et je suis euh sociologue et psychologue. On a également un une petite structure scientifique en zone rurale.
Euh moi, il y a quelque chose que je suis pas sûre de enfin que j'ai trouvé un petit peu implicite justement dans les manières de faire du lien. C'est vrai qu'il y a il y a une double échelle quand même très locale mais en fait aussi régionale national, on est quand même très actif dans des réseaux qui sont représentés ici au niveau national et au niveau régional. C'est ma collègue du grand est juste à côté.
Et cet effort justement enfin cette euh manière de travailler en fait où moi je suis chercheur de formation initiale aujourd'hui je je n'ai pas vécu ça dans ma vie professionnelle en fait ni dans le secteur de la santé ni dans le secteur académique en fait cette double connexion très territoriale et très multi-échelle quoi, multidimensionnel. Et donc quand j'ai entendu parler d'essages tout à l'heure, moi enfin on y est tous très attentifs parce que on est en plus inscrit dans des logiques de transmission, de documentation depuis plusieurs années. Mais comment est-ce que dans cette étape là, on va aussi garantir que cette capacité qu'on a eu jusque-là justement à ce que des lieux soient euh bah associés en fait à la diffusion, enfin soit acteur et et non enfin que ce soit pas hors sol entre guillemets euh ça me semble assez important.
Voilà, c'est ma question. Je crois que Fabrice vous aviez une question très courte puis on va vous laisser répondre. J'avais Ouais ouais, j'ai une question très courte pour tout le monde.
En fait, je n'arrive pas à je vous pose la question, comment on peut interpréter la présentation ce matin d'un rapport parlementaire qui vise à supprimer la NCT ? Ouais. Et je vais et je vais rebondir un petit peu sur ce que dit Fabrice en fait.
Il y a un truc qui qui c'est pas que ça me choque, mais en fait on est en train de parler au niveau de l'État, bah il y a l'adem enfin dans un an, il y a peut-être plus d'adem peut-être même avant, il y a plein de choses. On nous demande de plus en plus de faire des choses. Alors, je suis Michael Clément, je que d'un tirieu dans un territoire rural à Loche en André Loire.
Je suis membre de la NTL aussi et et donc je il y a moi j'ai plein d'interrogations parce qu'en fait l'avenir on nous demande on est en train de détruire tous les services publics donc il y a des choses qu'on on a parlé des maisons de France France service qu'on remplacé des services publics. Maintenant les tirliures on est de plus en plus en train de remplacer les services publics mais maintenant il y a de moins en moins encore alors je suis tout à fait d'accord qu'on doit trouver des modèles économiques mais on pourra jamais vivre les tierslieux sans les subventions. Je reviens un petit peu ce que disait tout à l'heure Sébastien.
Là, on peut se mettre ensemble, on peut mais il y a un vrai sujet parce que là en fait, on est autour de la table, on entend que l'ADEM bah peut-être va être supprimé, il faut que les régions reprennent mais je vois ma région, elle doit faire 50 millions d'économies. Enfin, moi je vois l'avenir un petit peu sombre quand même de ce qui se passe parce qu'on est en train vraiment de bah de taper enfin ça va être du bénévolat, ça va être des choses, on veut des projets de plus en plus structurants. Moi je sais pas, je sais pas si je suis vraiment aussi optimiste.
C'est super d'avoir ces journées là, mais je rejoins un petit peu ce que disait le monsieur monsieur le député pour avoir aussi avec Ophélie interpellé l'année dernière les députés avec Laurent Baumel, des gens comme ça pour vraiment interpeller et je sais pas, je vois les budgets et je sais que la NCT, je regarde Arnaud se battent pour garder les budgets, mais enfin on fait quoi avec 7,5 millions pour faire des tirs lieux partout ? Enfin, enfin voilà, c'est peut-être un petit coup de gueule, c'est peut-être voilà, c'était ce que j'avais envie de dire. Merci, c'est important.
Merci. [Applaudissements] Alors, on va peut-être prendre vraiment une minute de réponse si vous le vouloz bien pour que ça reste quand même dans l'interaction et la convivialité avant de passer la parole pour la conclusion. Chacun, chacune si vous voulez répondre à une des questions ciblées.
Oui, moi je veux alors on a rendez-vous avec la CNAF la semaine prochaine. Ça fait 6 mois qu'on les harcèle mais on va y arriver. Et en effet, l'enjeu c'est c'est de d'arriver à à ce que les CAF locales qui ont chacune des des des panel d'outils différents ça mais voilà l'idée c'est c'est des choses qu'on travaille avec les réseaux régionaux, c'est les mises en connexion euh entre les CAFs locales départementales et et les échelons départementaux régionaux.
Et je voulais juste rebondir sur les ces images. En effet, l'enjeu, qu'est-ce qui fait que les expérimentations et les innovations elles fonctionnent en tierlieu ? les démarches qu'on met en place, c'est-à-dire les démarches de coopération, d'horizontalité, de d'expertise des usagers dans et de leur contribution et que l'essimage doit se faire aussi en terme d'essimage de démarche et donc pas de récupération.
C'est c'est pas une recette qui est utilisable par n'importe quelle autre structure. C'est forcément quelque chose qui reste ancré localement, qui s'adapte à à à au territoire d'implantation, aux partenaires territoriaux. Mais par contre les ces démarches là, elles peuvent être essaimées à partir du moment où elles sont saisies de la de de manière similaire ailleurs sur les autres territoires.
Donc en effet, il faut être vigilant à ce que ça devienne pas quelque chose de trop normé ou qui rentre trop dans des cases puisque c'est ça qui fait notre valeur ajoutée, c'est cette transversalité, cette adaptabilité. Voilà. Donc comment on sème tout en ne rentrons pas dans des normes ou une définition qui nous oblige à rentrer dans trop de case.
Euh moi, je crois que j'avais envie de revenir sur euh plusieurs points qui avaient été euh nommés sur la question euh des freins justement euh euh qu'on peut euh qu'on peut avoir nous en tant que structure et je parle au titre de la convergence des possibles au titre de plein d'autres terlieux avec lesquels on travaille euh sur effectivement la pérennité des financements. Je vois par exemple en 2024 donc on était à la fin de notre première vague de financement donc de 3 ans de la NCT euh on a passé un an à se poser des questions sur notre modèle économique et de comment on pouvait faire autrement. Euh on nous a recommandé euh de faire de la prestation de services aux associations avec lesquelles on travaille qui ont pas une tune.
Euh et donc du coup euh c'est extrêmement complexe quand on discute avec les collectivités locales qui n'ont pas d'argent non plus. Euh donc c'est c'est donc c'est voilà juste pour revaloriser l'importance en fait du financement de l'État. Et sur la question de la délégation de services publics euh nous on agit beaucoup en complémentarité du coup des collectivités.
On a du mal à trouver notre place parce que effectivement on fait les choses différemment. On a beaucoup de confiance de la part des collectivités, on a beaucoup beaucoup de chance. Je mesure la chance qu'on a de d'être aussi bien accueilli.
Euh mais c'est vrai que du coup, comment on travaille ensemble ? On est en train de de d'affiner les choses peut-être avec une charte de coopération qui nous permettrait de clarifier les liens entre association et collectivité. En tout cas, voilà, c'est la coopération au quotidien, c'est vraiment pas de la tarte.
Euh c'est épuisant, c'est fatiguant, c'est clairement de la lutte au quotidien. Euh et quand je vous entends effectivement avec les mauvaises nouvelles qui s'enchaînent, ouais, moi je suis très inquiète aussi mais voilà, les les réseaux qu'on crée aussi en local, c'est je pense ça qui va nous rendre fort dans le futur quoi. [Applaudissements] En tant que représentante de LAADEM, je partage vos angoisses euh actuelles.
Il y a des raisons évidemment aussi géopolitique à tout ça. Faut quand même se souvenir que si on en croit le PIB, on n' jamais été des sociétés aussi riches. Donc c'est que il y a doit y avoir un moyen de trouver ce qu'il nous faut.
Les tierslieux sont évidemment sont parfaitement adaptés pour endosser un rôle de délégation de service public d'initiative citoyenne visant la cohésion et la transition écologique. Donc il y a toutes les raisons de vous financer, de continuer à vous financer pour ça avec une labellisation, un contrôle. Voilà, de l'argent public, ça doit être traçable.
Et donc et le la grande le grand apport de l'étude qui a été dévoilé aujourd'hui, c'est effectivement de donner des outils qui vont permettre d'objectiver ça et de justifier aussi ce type de financement. Euh pour ce qui est de la transition, ce qui est euh mon domaine de compétence, euh j'aurais tendance à expliquer le backlash euh actuel. Je suis d'accord qu'on tire sur tous les services publics hein, santé et cetera, mais quand même l'environnement euh est est est bien placé dans les attaques actuelles.
Et alors, outre le fait que bah effectivement comme toute transformation, il y a des perdants et des gagnants et que le mode de développement sur les énergies fossiles, c'est pas des petits intérêts économiques au niveau et national et surtout international et qu'on a peut-être eu trop tendance du côté de l'environnement à mettre un peu la poussière sous le tapis et à considérer qu'il n'y avait que des ces bénéfices pour mieux vendre la transition et non Allons regarder bah voilà les perdants. Mettons la poussière au milieu de la table et discutons de quelle solidarité on met en place. Et c'est toute l'origine de la notion de transition juste.
C'est donc le syndicat des énergies chimies énergétiques aux États-Unis qui disait OK pour des régulations environnementales. C'était déjà nouveau parce qu'avant il disait non non non c'est incompatible avec l'activité. Il a dit "OK, un air pur et une eau propre, ça intéresse tout le monde, y compris nous, mais les intérêts individuels qui sont mis à mal par la poursuite de l'intérêt général et ben il faut les accompagner, c'estàdire que les salariés et un fond de reconversion et cetera." Donc c'est aussi cette approche qu'il faut développer.
Regardons les perdants pour que les prendre en compte même quand on sait que c'est au bénéfice de tous. Bien, merci beaucoup. J'appelle à présent pour clore cette demi-journée donc Laurent Roger, directeur général délégué au numérique à la NCT. [Applaudissements] Voilà.
Bonjour à toutes et à tous. Donc après ces ces débats euh ces échanges extrêmement riches et animés, me revient de de dire quelques mots de de conclusion de de cette matinée. Quelques mots d'abord pour revenir sur les temps forts de ces échanges et en particulier sur cet enjeu du lien social qui fait alors il est vrai l'objet d'un intérêt renouvelé depuis quelques années mais dont on a bien vu à quel point il était nécessaire de mieux l'objectiver et de mieux le prendre en compte comme un enjeu d'intérêt général en tant que tel.
Euh [Musique] on cette matinée, elle a également démontré ce que beaucoup pressaient, à savoir que les tierslieux ruraux sont de devenus de véritables laboratoires du lien social. Euh au-delà des chiffres de l'étude RCI, il y a des réalités de terrain euh et les différents témoignages qui ont pu être présentés en ont vraiment donné, je pense, une réalité extrêmement tangible. Ces lieux, ils répondent à une nécessité territoriale concrète.
Redonner aux espaces ruraux des points de convergence où se mêle le développement économique, la transmission des savoirs et l'engagement citoyen. Ils incarnent une approche intégrée du développement territorial alliant ancrage local et transition écologique. Al face au défi du vieillissement démographique de la désertification, ces tier lieux les inventarités territoriales.
Et même si ce matin on a fait le choix de de mettre l'accent plutôt sur les territoires ruraux, il est évident que la question de l'accès à des lieux de rencontre, de mobilisation citoyenne ou de monter en compétence, toutes ces questions, elles seraient également valables dans les territoires urbains, je pense en particulier au quartier prioritaires de ces territoires. Alors, cette approche intégrée, elle guide précisément euh l'action de la NCT. Nous accompagnons les territoires ruraux et urbains avec la même attention en nous appuyant sur une gouvernance partenariale qui fait des élus locaux de véritables coconstructeurs.
Et ce modèle agile, je pense qu'il a été vraiment clé dans l'émergence de cette politique publique des tiers lieux qui aujourd'hui est véritablement devenue interministériel et territorialisé. Alors pour clôturer cette matinée, mes remerciements vont naturellement d'abord au Sénat et à la délégation au collectivité territoriale qui nous accueille, à son président Bernard Delc qui a bien voulu témoigner de son soutien à cette rencontre et plus largement à notre action ainsi qu'à Joseph Eufrosine et à l'ensemble des équipes mobilisées. Merci également à notre partenaire l'ADEM pour son engagement constant sur ces sujets, à son président Sylvain Vassorman pour ses mots ce matin et à Solange Martin pour sa participation active à l'étude et à l'organisation de cette matinée.
Je salue enfin l'équipe du programme Nouveau nouveau lien Arnaud Bonet, Alice Canabat, Lise Darry, Lucas Chenot ainsi que Mariel Bruel et le service communication de la NCT dont le travail minutieux a rendu possible cette journée d'échange. Permettez-moi enfin de saluer l'engagement de celles et ceux qui font vivre ces lieux du lien avec passion et détermination, souvent, on l'a dit, avec des moyens limités, élus, technicien, acteur de l'accompagnement et bien sûr porteur de tirerslieu qui se mobilise au service de la cohésion des territoires. C'est un écosystème riche de sa diversité et avec lequel nos équipes à l'agence mais aussi dans les préfectures ont plaisir à travailler au quotidien.
Alors, dans un monde qui privilégie de de plus en plus virtuel, ces lieux, il nous rappellent une vérité simple que c'est souvent dans les dans la rencontre physique que naissent les solutions durables. Merci à toutes et à tous et je vous invite maintenant à poursuivre ces échanges autour du buffet déjeunatoires. Au revoir. [Applaudissements]