Actu de la semaine - Retailleau, Stérin, référundum et Gaza
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 13 %Attaque 64 %Défensif 23 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:33OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on a une droite clarifiée avec cette élection chez les Républicains ?
- 2:42RelanceRéponse partielle
Est-ce que cette élection clarifie vraiment la ligne politique des LR ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Les Républicains ont-ils un problème d'espace politique ?
- 4:38OuverteRéponse directe
Est-ce que Bruno Retailleau peut réussir à refaire le modèle Sarkozy en 2027 ?
- 5:27OuverteRéponse directe
Pourquoi cette élection est-elle intéressante pour les ministres LR au gouvernement ?
- 11:29OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a fait perdre Laurent Wauquiez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51PrésentateurFait
« Il y a deux ans, on a Pécresse qui fait un peu la manche pour rembourser la dette. »
- 1:37PrésentateurFait
« Le score de Bruno Retailleau, élu président, est sans appel. »
- 5:10PrésentateurFait
« On a un RN au sein duquel c'est le bordel, on ne sait pas ce qui va se passer entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. »
- 36:56InvitéFait
« depuis un an particulièrement, c'est les questions de migration, de sécurité et d'assistanat et c'est à peu près tout ce qui se dit chez les Républicains. »
- 37:10InvitéFait
« c'est plutôt des gens comme Jean-Noël Barraud qui sont issus plutôt du macronisme. »
- 37:32InvitéFait
« c'était une politique qui se voulait d'équilibre entre Israël et Gaza et Israël et Pestine. »
- 37:45InvitéFait
« la politique des deux États. »
- 37:56InvitéFait
« la grandeur de la France, c'est aussi une forme de partiel désalignement sur la politique étatsunienne. »
- 38:03InvitéFait
« des relations avec des pays dits à l'époque du Tiers-Monde il y a très longtemps. »
- 38:10InvitéFait
« c'était aussi des soutiens des dictatures du monde arabe. »
- 39:41InvitéFait
« C'est un tournant nécessaire, trop tard encore une fois trop tardif. »
- 40:12InvitéFait
« que c'est bien légitime qu'Israël a le droit de se défendre. »
- 40:27InvitéFait
« je dresse un parallèle avec 39-45. »
- 41:26InvitéFait
« que fait le gouvernement israélien il rebondit en instrumentalisant et en disant vous voyez c'est les gouvernements européens qui sont en train de se dresser contre Israël c'est de leur faute. »
- 43:22InvitéFait
« moi j'aime bien la question du référendum, elle m'amuse un peu. »
- 44:42InvitéFait
« il a dit qu'il fallait dépasser cette crise et que le peuple avait besoin de se prononcer. »
- 45:02InvitéFait
« il a parlé de budget, il a parlé de fin de vie. »
- 45:30InvitéFait
« un bon référendum c'est un référendum qui a en tout cas une part de délibération en amont. »
- 45:44InvitéFait
« on parle souvent du référendum d'initiative citoyenne délibérative. »
- 46:18InvitéFait
« on sait très bien les moyens qu'ils ont la campagne abominable que ça aurait été. »
- 46:50PrésentateurFait
« tu fais référence à 2005 ? »
- 48:23PrésentateurFait
« on ne peut pas soumettre les droits de l'homme à référendum. »
- 48:38PrésentateurFait
« le droit pour une femme d'avoir recours à l'IVG je considère que c'est un droit. »
- 48:51PrésentateurFait
« moi j'ai connu le référendum de 2005. »
- 50:09InvitéFait
« le problème du Brexit c'est que on demandait aux gens est-ce qu'il faut sortir ou rester sans aucune idée de ce que ça a donné comme conséquence. »
- 50:40InvitéFait
« il faut une bonne information il faut que les gens soient mobilisés dessus. »
- 51:22InvitéFait
« il faut que ça reste aussi quelque chose d'assez exceptionnel. »
- 52:31PrésentateurFait
« article 11 article 89 par jurisprudence constante je crois que c'est toujours oui ou non. »
- 53:29PrésentateurFait
« l'exercice même de la convention citoyenne des citoyens tirés au sort qui délibèrent après avoir été formés sur un sujet. »
Temps de parole
- Invité28 %
- Présentateur25 %
- Présentateur 222 %
- Invité 221 %
- ?4 %
≈ 23,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L'actualité de cette semaine, elle a été marquée par la victoire du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, qui a été brillamment élu président des Républicains avec 74,3% des voix. C'est une large victoire sur son rival, Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l'Assemblée Nationale, on va en parler. Petit point sur les chiffres quand même, il y avait 121 000 personnes inscrites pour voter, il y
en
a 97 000 qui ont voté. Je vous rappelle quand même, en comparaison, qu'en 2024, les Républicains, c'était 43 000 cartes. Ils sont passés de 43 000 à 121 000, ce que je trouve être une opération incroyable pour refaire son vivier de militant. Et de l'espoir
pour
Emilien, du coup, parce qu'il y
a
du taf à l'avenir. Ils sont immortels, ce n
'est
pas la peine de chercher, ils sont immortels. Non, mais je vous rappelle qu'il revient un peu d'entre les morts. Alors, il y a deux ans, on a Pécresse qui fait un peu la manche pour rembourser la dette. Et depuis, on a DLR, arrivé cinquième, je crois, au législatif, mais qui finissent par gouverner avec Michel Barnier.
Et
qui reviennent dans le jeu. Donc bon, qu'il
y ait
eu un boom d'adhésion pas trop inquiet. Mais pour moi, très intéressant ce
qui
s
'est
passé dimanche dernier. Raconte-moi, parce que je te pose la question comme ça, est-ce qu'on a assisté à la primaire des Républicains
?
Pour moi,
c
'était la primaire, parce que le score de Bruno Retailleau, élu président, est sans appel. Si on avait eu un petit équilibre, tu vois, un petit 55-45, allez, on peut dire, on décidera plus tard. Et en attendant, c'est Bruno qui tient la maison, mais là, j'ai envie de te dire, c'est sans appel. Laurent Wauquiez peut aller se rhabiller, pas que pour l'hiver, pour toutes les saisons qui arrivent. Avec cette eau d'une rouge. Et c'est un vrai boulevard pour Bruno Retailleau et pour 2027, parce qu'on sait qu'il a des ambitions pour 2027. Oui, assez clairement, Bruno Retailleau, en tout cas, on lui prête des intentions pour la présidentielle, ce qui permet du coup, potentiellement... Non,
t
'es pas sûr ? Non, je sais pas, il l'a pas dit, en tout cas, il l
'a
pas déclaré pour l'instant. Moi, j
'ai
l'impression que ça participe à figer un petit peu le paysage à droite, à la clarifier, peut-être même, comme disait Thomas Legrand dans Libération, c'est-à-dire qu'on a Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Marine Le Pen.
C
'est le trio, alors, Jordan Bardella à la place de Marine Le Pen, sans doute, mais c'est le trio des trois visages de la droite, des différents courants de la droite. Il
y aura
peut-être un petit Éric Zemmour en plus.
Voilà, alors peut-être que ça va revenir. Sarah Knapos, ce matin,
te dit que Bruno Retailleau, elle est prête à bosser avec lui.
Eh ben nickel !
Oui, mais il y a Éric, quand même. Et
il y
a
Darmanin dans l'histoire aussi, les copains. Qu'est
-ce
que t'en penses, Émilien ? Est-ce qu'on a une droite clarifiée, ou est-ce que rien n'a été clarifié à l'occasion de cette élection présidentielle chez les
Républicains
? C'est pas clarifier, clarifier, dans le sens où,
depuis
2012, en fait, celui qui devient président du parti n'est pas automatiquement, d'ailleurs ça n
'a
jamais été le cas depuis 2012, le candidat à l'élection présidentielle. Donc, rien ne dit que, enfin, il y aura sans doute un vrai processus de sélection, une forme primaire au moins fermée, peut-être pas plus, et il reste toujours des gens qui ont envie. Il reste des David Lina, il reste des Pectes, il reste des Bertrand. Wauquiez, je ne sais pas ce qu'il en sera, mais il ne faut jamais l'oublier, parce que le tour commence à passer.
Et
donc, c'est sûr qu'il a actuellement la mamie sur le parti, il a une code de popularité importante à droite, donc c'est grâce à l'événagement. Les militants, du coup, lui, sont largement acquis. Donc, c'est vrai que se posera la question, est-ce que les autres vont laisser faire, en fait ? Quand t'as les trois quarts des adhérents qui sont là pour Retailleau, est-ce que tu laisses faire une primaire fermée ? C'est des trucs qui sont suicidaires. Donc, ça, il faudra voir, mais c'est sûr que ça lui donne un avantage, mais en tout cas, en termes de ligne politique, il n'y a rien qui a changé fondamentalement. Il faudra voir le travail que le parti fait, mais pour l'instant,
ce
n
'était
pas miraculeux.
Moi, le parti des Républicains, ça fait dix ans que je dis la même chose, c'est qu'ils ont un problème d'espace politique. C'est qu
'ils
sont cornerisés, coincés entre un macronisme qui mène une politique à droite, libérale, européenne et autoritaire, qui plaît à un certain électorat de droite, et de l'autre côté, un rassemblement national qui joue la dédiabolisation, qui sort le costume et la cravate, et qui essaye de présenter un visage présentable aux électeurs. Et entre ces deux mastodontes, ça écrase le parti des Républicains qui
n
'a plus de spécificité dans le paysage politique, y compris à droite. Ça sert à quoi de voter LR
quand
tu peux voter Le Pen ou quand tu peux voter Macron ?
Qui
sont deux mastodontes, qui ont des millions et des millions de bulletins, qui sont plus sexys d'un certain point de vue. Et je me pose la question de savoir si un Bruno Retailleau peut réussir à aller rechercher des électeurs au Rassemblement national.
Mais en fait, il peut toujours, quelque part, faire cette opération. Mais la question, c'est finalement, s'il prend 5 points au RN, quel intérêt ? Marine Le Pen est toujours à 31%.
Ah bah si, si, il y a un
intérêt, ça divise, et ça permet justement
de faire en sorte
que le RN n'arrive pas au pouvoir. Oui, mais c'est-à
-dire
qu'en fait, la chute des Républicains était telle qu'à un moment donné, il faut arriver à prendre significativement au RN, à repasser devant le candidat Macroniste, donc c'est quand même... Je vais rajouter un argument, je vais rajouter un argument quand même.
On a un RN au sein duquel c'est le bordel. On ne sait pas ce qui va se passer entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, ce n
'est
pas sûr qu
'ils
s'entendent,
ce
n
'est
pas sûr que ça fonctionne. Peut-être que c'est la fin du RN à plus de 20%. Deuxièmement, du côté de la Macronie, se pose la question de savoir si la Macronie va survivre.
Oui, mais ça se défendera après
l'élection, tout ça.
Peut-être.
Je
veux bien rebondir là-dessus, justement.
Vas-y, vas-y, Léa, vas-y.
Parce que précisément, moi, ce qui me fait triper un peu dans cette histoire, j'avoue, ça m'amuse un peu, c'est les LR qui se sentent un peu poussées des aides au gouvernement, du coup, parce que comme il y
a
cette coalition avec quand même pas mal de LR au sein du gouvernement, le fait qu'un membre du gouvernement, pas des moindres par ailleurs, il est quand
même
ministre de l'Intérieur, donc il est dans le rang protocolaire, il est quand même assez élevé, remporte cette primaire avec un large score. Il y a une espèce de sensibilité en mode, du côté des ministres LR, qui se disent, bon, ben voilà, maintenant c'est plié, on reprend le dessus. D'ailleurs, Sophie Prima a dit que c'était fini le macronisme.
Et Gérard Larcher a enfoncé le clou.
Et ouais, donc du coup, je pense
qu
'ils veulent un peu saisir le case, en se disant, bon, ben c'est bon, c'est le moment de revenir. On a, par ailleurs quand même, ils sont au gouvernement,
ce
qui est vraiment absolument lunaire en termes, ne serait-ce que mathématiques, vu le résultat des élections législatives.
Ils
sont au gouvernement, quoi qu'il en soit. Donc, ils sont
quand même en position de force.
Le paradoxe,
c
'est que l'être au gouvernement, ça use et ça fatigue. Sarkozy en sait quelque chose, Hollande en sait quelque chose, Macron
est
en train de commencer à comprendre que ça veut dire quelque chose. Et Bruno Retailleau, peut-être qu'il peut, ce serait paradoxal de ouf, mais il peut réussir à incarner une nouveauté au sein d'un mouvement vieillissant. C'est ce que Sarkozy a réussi à faire en 2006-2007. Il était le candidat de l'UMP, qui était fatigué par l'exercice du pouvoir chiracien, mais il a réussi à incarner la nouveauté. Et ça, je trouve ça dingue, mais c'est passé aux yeux de beaucoup d'électeurs qui se sont dit, ah ouais, il est jeune, il est vif, vas-y, on y va. Est-ce qu'un Bruno Retailleau peut réussir à refaire ce modèle-là en 2027 ? Honnêtement, je n'en sais rien. Je pense qu
'il
va tout essayer pour le faire. T'en penses quoi, Malek
?
À noter, alors les sondages à deux ans du scrutin, il
faut
toujours faire attention, évidemment, mais depuis, donc si on fait le comparatif entre les chiffres de fin mars et les chiffres d'aujourd'hui avec un Bruno Retailleau, élu président des LR, on a un Bruno Retailleau qui prend plus de 5 points dans les sondages et il les prend en grande partie à Marine Le Pen. Donc bon, il n'arrive toujours pas au seuil pour se qualifier au second tour, mais quand même, il fait une percée. Moi,
ce
qui me, dans un contexte plus global, là où il peut incarner la nouveauté, alors incarner la nouveauté, je ne sais pas.
Quand
tu parles des mastodontes et de
l
'offre politique, en l'occurrence, il
y a
un mastodonte qui tombe, c'est la Macronique, du coup, c'est disloque, donc il n
'y
a plus de mastodonte à gauche, enfin à gauche, on s'y a compris. Et surtout, là, moi, ce que j'observe, c'est qu'un Bruno Retailleau aux affaires, élu président des LR, il dicte l'agenda politique. Il le dicte avec le rapport dont j'ai parlé dans ma carte blanche, mais il le dicte aussi depuis, en réalité, son arrivée à Beauvau. Depuis septembre, celui qui dicte, un peu façon valse aussi, quand il est arrivé en ministre un peu omniprésent, c'est lui aujourd'hui qui dicte l'agenda. Et moi, ce qui m'inquiète, c'est qu'est-ce que ça va nous donner pour 2027 en termes de débat ? En 2022, on s'est tous fait le reproche de « le débat n'était pas au niveau, on n
'a
pas parlé des véritables préoccupations des Français ». Et bien là, ça dit quoi pour 2027 ? Est-ce qu'on va parler encore du travail qui rémunère mal et de la transformation du travail ? Est-ce qu'on va parler de l'effondrement de l'hôpital et de la santé ? Je n'ai pas l'impression. Ça,
c
'est pas Retailleau qui va en parler, en tout
cas.
On en est très loin. Par contre, pour parler islam, les banlieues, les « ah ! » C'est
ça la ligne
de Bruno Retailleau, c'est
la
peur. On a quand même un chef de parti qui est ministre dans une coalition dans laquelle il
y
a des mésententes assez importantes entre ce parti-là et le reste des partis, en l'occurrence la Macronie. Je prends un exemple, c'est la proportionnelle.
La
proportionnelle, les bayrouistes la réclament depuis 20 ans, les Républicains s'y opposent depuis toujours et éternellement. Qu'est-ce que ça peut donner, ça ? Qu'est-ce que ça peut donner, les consultations entre les partis ?
Déjà que ce n
'est
pas facile, facile. On ne
va
pas se mentir. Je pense qu'il doit y avoir aussi une certaine compétition qui doit se jouer au sein même du groupe LR ou ancien LR du gouvernement. Je pense à Darmanin qui doit se dire « Quand même, merde, je vais faire quoi maintenant
?
Je vais me positionner où ? » Il
faut
voir, mais moi je suis d'accord avec Emilien, on ne s
'est
quand même pas plié non plus pour Retailleau dans le sens où les Républicains peuvent nous surprendre et on n'est pas à l'abri que ce soit un autre candidat qui soit finalement désigné pour 2027. D'autant qu'ils adorent se tirer dans les pattes. Donc j'imagine qu'en interne, il doit y avoir quand même un certain nombre de stratégies pour essayer de se désinguer les uns les autres. C'est quand même aussi ça qui joue énormément. On l'a vu avec Pécresse, ils ne l'ont pas aidé. On ne
va
pas se mentir. Donc voilà, je ne sais pas trop quel est son avenir politique, mais en tout cas, moi je suis aussi tout à fait d'accord avec Malek sur le fait que ça augure rien de bon sur le débat public. Après, le seul avantage que j'y vois, c'est que ça va diviser les voix à droite. Moi, plus d'être candidat à droite, mieux je me porte. Mais effectivement, la question du débat public reste d'être un peu pénible. et elle l
'est
déjà. On ne va pas se voiler la face. Mais après, est-ce qu'il a vraiment cette ambition-là ?
Je
ne
sais
pas. Oui, je ne sais pas. Comme n'importe quel homme politique qui a un tout petit peu d'attention en France, il
n
'y
a
aucun doute sur le fait qu'il veuille y aller. Il avait déjà hésité en 2022. Il s'était dit, quand même, les gens sont un peu capés. On a du Pécresse, du Bertrand, tout ça. Mais il n
'y a
aucun doute sur le fait que là, il a un boulevard pour y aller.
Il
y
a
quelqu'un dans le chat qui a fait remarquer que les Républicains, dans les négociations, avaient dit qu'ils étaient potentiellement OK pour la proportionnelle, à condition qu'on rajoute le cumul des mandats. Ça me rend ouf. Quel coquin. Tu
sais que même Béroud a parlé de la possibilité de remettre le cumul des mandats.
Je sais, je sais. Les Républicains, ils ont eu l'intelligence de lier les deux en disant, vous voulez la proportionnelle, vous remettez le cumul des mandats. Habile. Le retour des Baronis, c'est parti. Le retour
des
Baronis chez les Républicains. Qu'est-ce qui a fait perdre Laurent Wauquiez
? Qu
'est-ce que Laurent Wauquiez a mal fait, a raté dans cette campagne ? Est-ce qu'il était face à un ministre de l'Intérieur, donc c'est impossible de gagner
?
C'est vrai que moi, je ne
m
'attendais quand même pas à une aussi grosse claque. C'est violent quand même. C'est impressionnant, plus de 70%.
Oui, c'est assez violent, parce que finalement, en plus,
il
n'est pas forcément aussi visible qu'un ministre de l'Intérieur, bien évidemment, mais quand même auprès des sympathisants. C'est un visage connu. Wauquiez, il est là depuis longtemps. Il a eu beaucoup de responsabilités au sein du parti. J'ai presque envie de dire plus que Rataillot, dans une certaine mesure. Donc je suis un peu surprise de cet écart, quand même.
Il y a les gens dans le chat qui disent qu'il est nul. Alors, il est peut-être nul à vos yeux, mais sauf erreur de ma part, vous
n'avez
pas voté pour le président des Républicains. Oh,
je ne sais rien. Et
il est président de région. Donc
vous n'étiez pas la cible tout à fait du bonhomme. Il est
président
de région.
Et
puis, je veux dire, en termes de surenchère des magots, il y est allé lui aussi, avec Saint-Pierre et Miquelon et tout. Donc je veux dire, Bruno Rataillot n'a pas le monopole de la proposition
un peu...
Après, il
n
'y
a
pas eu tant de
débats sur la ligne politique entre les deux. Non, ils étaient globalement sur la même ligne. Je pense que du coup, ce qui a changé... Bon, il y a beaucoup qui ne pouvaient pas contrôler.
C
'est-à
-dire
qu'effectivement,
on
n
'est
jamais sûr. Mais dans la mesure où tu as 80 000 personnes qui adhèrent tout d'un coup au parti, alors il n
'y
a pas des anciens qui sont partis, mais on se doute que c'est plutôt pour le ministre de l'Intérieur qui est en train de faire le buzz que pour l'envoquer, qui est quand même beaucoup moins visible politiquement. Et après, il y
a
quelque chose qu'il pouvait contrôler, c'est
-à
-dire sans doute le côté réseau personnel. Il a sans doute un réseau qui reste encore un peu vivace dans sa région où c'est à peu près les seuls endroits où il remporte quelque part le duel. Mais en revanche, il a laissé une très mauvaise image, tous les journalistes le disent, auprès des autres personnalités de droite.
C'est pour ça qu
'on a eu des raliments,
de Bertrand,
de Bécresse, de tout le monde en fait pour Retaillot parce qu'ils pensent que Retaillot au moins, eux, les respectera alors que Wauquiez, durant sa présidence du mouvement en 2017, à 2019, avait été perçu comme quelqu'un qui, en gros, pensait qu'à lui.
Alors
je précise qu'il n'est plus président de
région, effectivement, il est député. Il reste
conseiller de la région Auvergne-Rhône-Alpes, un
poste
extrêmement flou,
pour
le dire poliment. Est-ce que Wauquiez a les moyens de mettre des bâtons dans les roues de Retaillot vers l'Elysée ? Enfin, vers
l
'Elysée, pardon,
vers
la candidature.
Il peut y mettre tous les bâtons qu'il veut dans les roues.
Parce qu'il a toujours le
groupe. Je rappelle quand même un truc, c'est qu'il a toujours le groupe. Il y
a
quand même une situation paradoxale, les Élysées. On a un ministre de l'Intérieur qui est président d'un parti dont le groupe est présidé par son premier opposant.
Oui, il a fait un move un petit peu malin. Il a dit, bon, je remets la confiance dans les mains des députés. Donc évidemment, comme il n
'y
avait que lui, les députés,
on
dit, bon, vas-y, continue. Tu crois que c'était à faute de mieux
?
À faute de mieux, oui, il a reçu la confiance des députés. Donc bon, il reste président du groupe. Et donc effectivement, il peut continuer à pousser des propositions de loi. Il peut continuer à faire un chantage au soutien des députés au gouvernement. Donc oui, il peut toujours rester présent et faire ce qu
'il sait faire de mieux. Il
y a
quelqu'un dans le chat qui demande si un ticket Philippe Retaillot, c'est sérieux
ou
pas
? Malek
? Je ne vois pas Philippe... J'y crois pas.
J
'y l
'ai
avec ça.
Ni Retaillot, j
'y l'ai avec Philippe. En fait, je pense que l'éventualité, c'est s'il y a une pointe de
cœur
de gauche
qui
peut
apparaître
comme menaçant le duel, enfin Philippe au second tour.
Genre
François Ruffin, par exemple
?
Sans aucun doute. Mais parce qu'en fait, il faut voir pourquoi Philippe s'embêterait avec Retaillot dans les pattes, qui lui enlèverait des voix des électeurs de centre-gauche. Retaillot a fait quand même campagne sur le fait qu
'il
y
aurait
une candidature du Parti des Républicains. Donc à moins qu'il y
ait
ce genre de sacrifice de soi-même pour empêcher la vilaine gauche d'aller au pouvoir, il n'y
a
pas de raison qu'il fasse un ticket.
En
tout cas, la suite de l'histoire dépendra peut-être en partie d'un milliardaire qui s'appelle Pierre-Édouard Sterrin, qui a refusé pour la deuxième fois en moins d'une semaine de se rendre à la convocation de la commission d'enquête sur l'organisation des élections en France. Le président Thomas Cazenave, le président de la commission, a annoncé qu'il saisissait la justice. Sterrin doit s'expliquer sur son activisme politique avec son fameux projet Périclès, qui avait été révélé par nos amis de l'humanité. Un investissement de 150 millions d'euros sur 10 ans pour influencer le débat public et soutenir des candidats aux élections. Une commission d'enquête... Qu'est-ce que c'est ?
Je vous rappelle qu'une commission d'enquête, c'est un groupe de travail de l'Assemblée nationale, de députés de tous les bancs, qui vont se mettre ensemble et qui vont mener une enquête sur un sujet en particulier pour voir s'il y a potentiellement des dysfonctionnements dans les pouvoirs publics en vue de proposer des amendements pour les réparer. Je vous rappelle qu'une commission d'enquête n'est pas un tribunal et n'est pas là pour élaborer des culpabilités individuelles, ni pour donner des peines. Mais quand même, le travail des commissions d'enquête est suivi de près par la justice, parce que sur la base des travaux d'une commission d'enquête parlementaire, la justice peut se saisir.
Elle peut aussi se saisir en parallèle, elle a parfaitement le droit. Et c'est sur la base des conclusions du rapport d'une commission d'enquête parlementaire que l'on peut faire évoluer la loi. Et c'est ça qui compte. En l'occurrence, là, les députés s'intéressent aux conditions dans lesquelles sont organisées les élections. Il y
a
un truc intéressant, Léa, c'est que la méthode de Pierre-Édouard Sterrin, ce fameux milliardaire, c'est d'être omniprésent dans le paysage politique et médiatique.
Et économique. Et économique aussi. Et commercial, bien sûr. En fait, j'ai écouté d'ailleurs ce matin une émission de France Inter. Je suis désolée, je ne
l'ai
pas relevé, mais je pourrais le retrouver pour celles et ceux que ça intéresse. La référence précise qui expliquait comment, finalement, il a bâti son empire d'abord sur un empire financier. Il a lancé Smartbox, tout seul dans son garage, en mode avec 5000 boules. Bref, on connaît l'histoire, soi-disant. Et wow, c'est le succès absolu. Et puis, du coup, il capitalise, il capitalise, il capitalise. Et en fait, ce qu'expliquaient les journalistes et les personnes qui intervenaient dans l'émission, c'est que c'était vraiment un plan.
Et que, d'ailleurs, il l'assume, il l'assume, il l'assume en interview en disant que lui, il avait pour ambition de ramasser masse, masse, masse, masse, masse de thunes. Et ensuite, d'aller, effectivement, irriguer un peu, un peu beaucoup même, parce que quand même, 750 millions sur 10 ans,
c
'est quand même énorme. Les différents leviers d'influence qu'il peut identifier. Et c'est quand même assez hallucinant.
Moi,
j'ai eu l'opportunité de rencontrer Alice Barbe, qui est activiste, fondatrice de Singa, etc. et qui s'intéresse beaucoup au cas de terrain, qui m'a montré un peu la cartographie sur laquelle elle a bossé et qui montre toutes ses interventions, que ce soit d'un point de vue économique et commercial, industriel et commercial, à travers une espèce de fonds d'investissement, mais aussi d'un point de vue purement idéologique, en allant financer soit des assos déjà préexistantes, qui sembleraient pouvoir virer vers ses idées, les idées qu'il porte, qui ne sont rien d'autre que des idées d'extrême droite, anti-walkiste, anti-machin, etc.
Soit même créer des associations complètement délirantes, ou finalement, par exemple, qu'est-ce qu'il a créé comme association ? Les associations contre le racisme anti-blanc. Pour l'égalité dans l'anti-racisme. Pour l'égalité, ah ouais, voilà,
c'est le nom de l'assaut. Attends, quoi ?
Pour l'égalité, ouais, ouais,
ouais. Pour l'égalité dans l'anti-racisme. C'est le nom de la... C
'est le nom du bai. C'est le nom du rire de rire. C'est le nom du bai.
C'est génial.
Mais bref, du coup, il fait ça vraiment à tous les niveaux. Et on l'avait vu d'ailleurs quand on était à Avignon, puisque c'était une des questions du quiz à la con. Il finance des marques, etc. Il finance aussi des médias. Il finance notamment l'incorrect. Il souhaiterait racheter Valeurs Actuelles. Il a voulu racheter Marianne, mais la rédaction de Marianne s'y est opposée. Les journalistes de rédaction s'y sont opposés. Donc du coup, il n'a pas pu,
ça
a capoté. Donc il finance en partie aussi le média en ligne, le crayon, il faut le savoir. Bref, il est vraiment partout. Et c'est quand même assez inquiétant de voir à quel point c'est une véritable galaxie, exactement, c'est le bon terme, d'influence, qui n'échappe à rien. Ils sont vraiment sur le délire de la métapolitique avec le financement de formation aux élus, avec l'Institut
Politicae.
Politicae, merci, qui est un institut de formation pour les élus vraiment, voilà, que tu n
'as
pas envie de former, en tout cas pas moi. Et aussi, autre point qui est quand même assez important, c'est qu'ils sont en train de créer un réseau qui dépasse la France. Parce qu'un ancien conseiller de Donald Trump a pris contact avec Pierre-Édouard Sterrin en considérant que finalement sa méthode était intéressante. Un think tank similaire à Politicae aux États-Unis a aussi contacté Sterrin pour essayer de créer des liens, etc. Donc
on
a l'impression que finalement, c'est vraiment le camp conservateur qui s'organise incroyablement bien. Et c'est dramatique de le constater, qu'il est vraiment de partout, qu'ils ont l'argent.
Et
qu'il ne
faut
pas sous-estimer, en fait, le pouvoir, même le soft power que ça représente.
Est-ce que Pierre-Édouard Sterrin cherche à s'affranchir des règles électorales, tu penses, Émilien
?
Bah, techniquement, évidemment, il respecte toutes sans aucun problème. Mais c'est vrai qu'en France, il y a quand même des règles de financement de la vie politique. Notamment, vous savez que, d'abord, pas de dons de la part
de
personnes morales. C'est forcément des individus physiques qui donnent. Et ces dons sont limités à 7500 euros. Alors parfois, ça s'arrange un peu pour contourner via des prêts. On sait que le RN, par exemple, a été beaucoup mis en cause sur ça. Et toutes les questions d'assistance parlementaire, sur lesquelles ils ont été condamnés récemment. Un présumé innocent, tout ça, tout ça, pour certains. Et finalement, une faille dans le système, c'est, en fait, si vous avez des gens qui ne sont pas des membres du parti, et qui font campagne malgré tout pour eux. Évidemment, ils ne vont pas s'étiqueter comme tel.
Notamment, ça leur évite en plus de passer par le petit label de l'ARCOM, qui va limiter le temps de parole après. Donc finalement, c'est tout bénef. Donc vous financez des médias, et Bolloré l'a déjà très bien fait avec CNews, qui en fait, bon bah, ne sont peut-être pas pour un candidat. Ils sont pour n'importe quel candidat d'extrême droite, identitaire, catholique, etc. Mais voilà, c'est des gens qui, tout à fait, roulent pour, notamment, on pense beaucoup, on voulait pour Éric Zemmour, la dernière présidentielle. Donc oui, dans ce sens-là, il n'y a pas tellement de limites de dépenses, et c'est pour ça qu'on part du 150 millions en 10 ans, c'est quand même colossal. Tu penses que, voilà,
voilà,
c'est presque le montant du... Le RN doit tourner autour de ça, annuellement, quoi, de 15 millions. Donc c'est vraiment, il double, quelque part, l'argent qui est donné, et avec, évidemment, un adresse directe à la population, c'est vraiment d'une grande efficacité. Malek
?
J'ai plein de choses à dire sur ce terrain, parce
qu'en ce moment, c
'est beaucoup de montants. Ce terrain, c'est important de le dire, ça franchit totalement de la loi française, parce qu'en réalité, il est en Belgique maintenant, donc il s'en tape un petit peu, c'est un exilé fiscal, il n'est plus ici, il vit sa vie ailleurs. L'influence de... Ah pardon, la richesse, pardon, les 150 millions, ça n
'a
pas un grand impact en réalité sur ce terrain, parce qu'il
y
a Smartbox, il y a son fonds d'investissement, où depuis des années, il a investi dans plein de start-up, on parle de plus d'un milliard en termes d'actifs sur ces start-up-là avec ce fonds d'investissement, donc 150 millions sur 10 pistes, j'ai envie de te dire, c'est un peu goutte d'eau pour lui. L'influence, elle est un peu partout, elle est dans Politicae, et en fait, je veux aussi revenir sur le fait de... sur l'importance de l'entendre sur cette commission d'enquête. Quand ce terrain présente le projet Périclès, il y a un objectif très clair de 300 villes RN, gagné par le RN l'année prochaine sur les municipales.
C'est pour ça que Cazenave, Léoman veulent entendre ce terrain, et parce que son nom est beaucoup revenu dans les travaux de la commission.
À
partir du moment où on a donc un mec qui décide de mettre de l'oseille avec un objectif très clair, qui est que tel parti, le Rassemblement national nommé, doit gagner 300 villes sur les élections municipales, il y a du coup ingérence, et il y a une véritable influence. La galaxie,
ce
terrain, comment ça s'organise ? Tous les petits observatoires, think tanks divers et variés,
sur
plein de sujets, sur la mer, sur l'école, sur la sécurité, et bien après, ça te permet de les placer sur ces news. Il a été dénombré, il y a au minimum une fois par jour, un représentant d'un organisme financé par ce terrain qui vient et qui intervient sur ces
news tous les jours.
C'est intéressant. Sur les plateaux. Et ça, l'influence, c'est le concret, c'est le direct. Politicae se présente comme un institut de formation. Il faut savoir que la formation pour les élus et pour les candidats, c'est un truc qui coûte de l'oseille. Là, en l'occurrence, ça coûte zéro pour les participants, parce que ce n'est même pas dans le cadre d'enveloppes qui sont destinées pour les élus, parce que là, c'est entièrement financé par ce terrain. Et pourquoi en réalité cet institut de formation ? Parce que ça permet de faire réunion avec beaucoup d'élus et de futurs candidats sans étiquette qui viennent et qui, dans des sessions de formation, vont rencontrer.
Ah
ben tiens, il y
a
Paul du RN. Salut, tu vas bien camarade ? On va passer une journée de formation ensemble.
Pas camarade. Pas camarade. Pas
camarade. Mais on a
l'idée, on a l'idée.
Vous m'avez compris. Vous m'avez compris. Et surtout, je voulais en parler. Il y a Hexagone. Hexagone, donc financé par Pierre-Edouard Sterrin. Think Tank qui a commandé, il y a quelques semaines, un sondage à l'IFOP avec un panel de 10 000 personnes. Sur un sondage, 10 000 personnes, c'est quand même balèze. Généralement, ça tourne entre 1 000 et 2 000 personnes. Et là, on avait des questions très orientées. Et surtout, c'est la première fois que Jordan Bardella a été testé en frontal face à d'autres candidats sur un scénario 2027. Et donc, ce qui ressortait justement de ce sondage-là,
c
'est que Jordan Bardella ressortirait grand gagnant, autant que Marine Le Pen. Et la petite coulisse, ce qui est intéressant, c'est qu'apparemment, du côté des équipes de Le Pen, quand ils ont appris qu'un sondage allait sortir sans que Marine Le Pen soit testé, ça a gueulé auprès des équipes de Sterrin et qu'en last minute, sur un panel de 2 000 personnes, l'hypothèse Marine Le Pen a été testée. Évidemment, quand les médias ont
parlé
de cette étude d'Hexagone, à aucun moment, on a expliqué au tout début qui était derrière Hexagone. Et c'est en ça que c'est dangereux. C'est en ça que la commission d'enquête doit entendre Sterrin. Et j'espère qu'on va pouvoir le tirer devant cette commission d'enquête. Le rapporteur de cette commission d'enquête,
c
'est le député LFI de l'Essonne, Antoine Léaumant.
On
va le recevoir dans Baxit bientôt. On est en train de caler ça, justement, pour en parler. Merci beaucoup pour le RAID, Mr Jidet. Merci les amis, bienvenue à vous. On continue à parler de politique dans cette émission Baxit avec un sujet qu'on voulait évidemment aborder. On ne pouvait pas passer à côté. C'est le sujet de Gaza. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a annoncé lundi vouloir prendre le contrôle total de la bande de Gaza dans le cadre de l'opération Chariot de Gédéon, opération militaire lancée le week-end dernier. Hier soir, Netanyahou a évoqué la possibilité d'une pause dans l'offensive pour libérer des otages détenus par le Hamas.
Et pour la première fois depuis deux mois et demi, les camions d'aide humanitaire sont entrés dans la bande de Gaza.
Ce
qui se passe à Gaza est grave. Léa, on sent que ça bouge beaucoup sur la scène internationale.
Oui, ça commence timidement, disons-le, et un peu tardivement, à mon goût. Je voulais faire un petit bilan de la situation humanitaire à Gaza.
Oui,
volontiers.
Près
de 60 000 personnes tuées
depuis
le 7 octobre. 93 % des enfants qui sont à Gaza
ont
risque de famine, selon l'ONU. Ça représente 71 000 enfants
et
plus de 17 000 mères qui sont menacées de malnutrition aiguë. au moins 212 journalistes qui ont été tués. Blocage de l'aide humanitaire depuis des mois. Et alors, soit disant, l'aide humanitaire peut rentrer à nouveau dans Gaza, mais en fait, c'est au compte-gouttes. Et encore, au compte-gouttes, vraiment toute petite goutte. Et moi, je voulais quand même faire état effectivement des certaines réactions diplomatiques. La France, le Royaume-Uni et le Canada ont fait un communiqué commun en disant qu'ils allaient prendre des mesures concrètes, sans rentrer trop dans les détails, contre Israël si jamais ça ne cessait pas et qu'ils ne remettaient pas en place le couloir humanitaire.
L'Union européenne a annoncé réviser son accord d'association avec Israël.
Le
Vatican aussi condamne, bien évidemment, les faits. C'est une bonne chose, enfin.
Mais
ce n
'est
pas assez. On le voit bien, puisque ça n'arrête pas Netanyahou. Moi, je ne comprends pas ce qui manque, en fait, à ce monde et à ses gouvernants
pour
déjà arrêter de livrer les armes.
Et surtout
les États-Unis, en
l'occurrence.
Notamment, mais pas que. La France en a livré aussi. Il ne
faut
pas l'oublier. Deux, quand Netanyahou vole au-dessus de la France et qu'il est sous mandat d'arrêt de la CPI, l'empêcher de le faire. Voilà, ça c'est une mesure très concrète que le gouvernement français aurait pu prendre
il
y
a
quand même un certain temps. Et surtout, la situation n'est pas nouvelle. La question que j'ai envie de poser ce soir à nos gouvernants et à ceux qui nous regardent bien évidemment, c'est combien vous faut-il de morts et de morts sur la conscience pour vous bouger
?
À quel moment allez-vous faire en sorte de faire cesser ce génocide
et
le massacre en cours ? Voilà. Et j'ai l'impression que ça fait
plus
d'une année maintenant, presque un an et demi,
qu'on
est là, on se retrouve, on en discute, et ça se répète. Et tout ce qu'on voit, les seules choses qui changent, c'est le nombre de personnes qui sont au quotidien sacrifiées
par
une volonté clairement à la fois et génocidaire et d'empire et de colonisation de la part de l'État d'Israël, avec une véritable complicité de la majeure partie des États occidentaux. Et je ne sais
encore
une fois, et j'ai l'impression de me répéter après des mois et des mois, je ne sais pas ce qui manque encore aujourd'hui
pour
qu'il y
ait
une réaction.
Et
je suis très inquiète.
Malek, Léa en a parlé, l'aide humanitaire commence à peine à entrer dans la bande de Gaza, mais en quantité bien trop insuffisante par rapport aux besoins des Gazaouis. Oui, désolé. Oui, on est sur...
En
fait, là, au-delà des bombes, il y a une volonté claire
d
'éliminer une population par la faim, par la famine, par le ventre. Et en fait, ça dit beaucoup de la cruauté. On est très loin là de la prétexte riposte au 7 octobre. On est sur un projet politique. Et je pense que c'est pour ça que tout le monde est un peu en train d'évoluer. On en parlera juste après. On parle de plus de 2 millions de Palestiniens aujourd'hui qui sont affamés à l'heure où je vous parle. On parle de tonnes de nourriture qui sont à la frontière
et
qui sont bloquées.
On
parle de déplacés. En fait, là, avec des potes, j'ai un groupe de WhatsApp avec des amis d'enfance, de voir des vidéos de
personnes
en fauteuil roulant en train de... mais d'agonir, de marcher, de réclamer un bout de pain, une goutte d'eau, à Khan Yunes notamment,
c
'est sous nos yeux. Et je pense que c'est pour ça que ça nous fait réagir. L'ONU a parlé, il
y
a 48 heures, de 14 000 bébés qui pourraient mourir si dans les 48 heures,
il
n'y avait pas de réponse et un entrée des convois humanitaires. 48 heures après, rien n'est réglé. Donc là, dans les prochaines heures, ou peut-être à l'heure où l'on se parle, 14 000 bébés sont en train de mourir sous les yeux du monde entier. Ça,
c
'est les Nations Unies qui annoncent ce chiffre. Ça, c'est les Nations Unies qui le disent. Et les chiffres que j'ai donnés juste au-dessus, notamment sur les 2 millions qui sont actuellement infamés, c'est l'OMS qui les a donnés. Moi, je travaille avec une ONG qui travaille sur place, qui est une ONG française et internationale, LIFE, qui a été aussi endeuillée parce que deux de leurs bénévoles sont morts fin mars.
Et
en coopération avec d'autres ONG, la situation, en fait, le terme urgence n'est même plus suffisant pour décrire ce qui se passe. On est sur donc à peu près 100, 150 camions qui sont rentrés depuis lundi.
Et
il faudrait que
600
au minimum rentrent par jour pour pouvoir répondre à l'urgence. Et on en est très loin. Donc,
on
peut aussi dire qu'hier ou avant-hier, des diplomates européens, dont français, ont été tenus en joue par des soldats israéliens. Tout ça se fait
avec
des communiqués, avec des tweets de barreaux, avec des tweets d'Emmanuel Macron qui nous renvoient au 18 juin. Mais qu
'est
-ce qui restera de Gaza et du peuple gazahuil le 18 juin ? Je ne le sais pas. Où est-ce qu'on en est de la mobilisation en France ? Parce que je sais que les gens se mobilisent, les gens dans le chat en parlent. Comment on fait pour se mobiliser ? Il y a un an, on en parlait sur le plateau de Baxit. Regardez l'extrait, c'était Malek qui en parlait.
Ces
pays qui se prononcent pour la reconnaissance de l'État palestinien, j
'ai
l'impression que c'est en train d'accompagner quand même une certaine évolution dans l'opinion publique. Tout à fait. En fait, on est vraiment en train de sortir de cette diabolisation de reconnaître les droits de civils palestiniens et la reconnaissance d'un État palestinien. C'est soutenir le Hamas, c'est soutenir les attaques du 7 octobre, c'est être antisémite. J'ai vraiment l'impression qu'on est en train de sortir de ça. Alors Malek, un an plus tard, on en est où de cette mobilisation ? L'histoire n'a fait que confirmer ce qu'on disait il y a un an. Cette émission,
c
'était au lendemain d'un concert qu'on organisait au Zénith de Paris avec le collectif Not About Us. Et je rappelle que ce concert, il a été organisé dans un contexte où toutes les manifestations étaient interdites
et
où le simple fait de dire qu'on voulait reconnaître les droits de civils palestiniens,
c
'était presque une offense dans le débat. Depuis, on le voit, tout le monde a évolué selon moi, selon moi, par contrainte. On voit que des paroles, on voit que des, pardon, des
voix
qu'on n'entendait pas sont en train d'exprimer. On a eu Anne Sinclair il y a 15 jours de ça, la rabbin aussi, Delphine Orvillard, qu'on a entendu. Le président de la République, le président de la République, j'ai l'impression que depuis qu'il est allé à la frontière égyptienne et qu'il a vu de ses yeux que oui, il y a des vies qui sont en jeu et que des gens meurent, ça l
'a
un petit peu fait réagir. Alors pour moi, c'est encore timide et de la parole aux actes, il y a de grands pas à faire. Mais oui, la mobilisation a évolué. Sur les manifestations, alors il y a des manifestations sur la cause palestinienne en tant que telle, là où on retrouve ce qu'on a appelé en conférence de rédaction les éternels gens et oui, c'est ceux qui étaient là avant et ceux qui seront là demain. Il y a aussi un nouveau public, plus jeune, mais qui n'est pas non plus, qui n'est pas là en masse non plus. Il y a aussi des sujets dans les sujets. Il y a ce qui se passe à Gaza. Il y a aussi la dissolution de collectifs comme Urgence Palestine qui sont aussi des motifs de mobilisation.
Mais il y
a
une nouvelle mobilisation.
Dans
une autre émission encore en novembre 2023, on parlait de génération palestine. Est
-ce
qu'il n'y
avait
pas une génération palestine qui était en train de se créer ? Et c'est un peu ce que j'observe avec une génération qui est en train d'écrire sa page du militantisme sous contexte de génocide, avec un militantisme qui se fait en ligne avec des gens que je ne vois pas spécialement communiquer sur des sujets d'habitude et qui tous les jours prennent la parole sur Gaza. Donc, c'est peut-être aussi une mutation que les plus anciens vont devoir observer et accueillir à bras ouverts et ne pas rejeter. Parce que, oui, on peut être dans la rue et c'est important.
Il
y
a
une mobilisation dimanche à 15h à République, mais il y
a
aussi une mobilisation qui peut se faire en ligne. Émilien, j'ai envie de
t
'interroger sur ce qu'en dit la droite parce que ce n
'est
pas la gauche qui gouverne en ce moment.
Je
veux dire, la gauche, on sait ce qu'elle dit sur Gaza, elle essaie de le dire au maximum. La droite, j'ai l'impression
qu
'ils n'en parlent même pas. Oui, c'est un peu étonnant, non, mais par rapport à ce qu'on dit mes camarades, c'est qu'en fait, c'est l'indifférence. En fait, quand l'indifférence, je ne peux même pas dire qu'ils sont au courant et qu'ils s'enfuient. Je ne sais pas en fait quel est l'état de leur connaissance du sujet. Ils ne
s
'expriment pas. Alors, un intérêt quasiment nul, ça je ne
suis
pas à peu près sûr, mais c'est un sujet qui n'existe pas dans le discours
parce
que depuis un an,
c
'est plus longtemps, mais depuis un an particulièrement, c'est les questions de migration, de sécurité et d'assistanat et c'est à peu près tout ce qui se dit chez les Républicains. Ceux qui parlent aujourd'hui au gouvernement ne sont pas spécialement des Républicains.
Ce
qui est obligé parce que c'est la porte-parole, mais sinon, c'est plutôt des gens comme Jean-Noël Barraud qui sont issus plutôt du macronisme. On a eu des voix très timides parfois comme Aurélien Pradié mais qui n
'est
plus dans le parti et finalement, en fait, on a une rupture avec une tradition plus ancienne qui était héritée, on va dire, du gaullisme et notamment... Oui, c
'est
la politique arabe de la France. Voilà, alors bon,
c
'était pas évidemment une politique qui
était
spécialement pro-palestinienne mais en tout
cas,
c'était une politique qui se voulait d'équilibre entre Israël et Gaza et Israël et Pestine. Il
y en a dans le chat
qui parlent de Villepin, c'est exactement ça.
Voilà, et qui gardaient comme horizon à un moment donné la création de... Enfin, la politique des deux États. Oui. Évidemment, il n
'y
a pas... Les actions n
'ont
pas été immenses en la matière mais au moins,
il
y avait cette idée que
la
droite, c'est le gaullisme et le gaullisme, c'est la grandeur de la France. La grandeur de la France, c'est aussi une forme de partiel désalignement sur la politique étatsunienne et notamment l'idée qu'on peut avoir des relations avec des pays dits à l'époque du Tiers-Monde il y
a
très longtemps. Évidemment, c'était aussi des soutiens des dictatures du monde arabe mais c'était quand même l'idée que non, on ne va pas tout leur donner. Là, aujourd'hui, j'ai l'impression que
ça
a changé effectivement. Du temps,
il
y avait encore Meyir Abim, il est toujours là mais il n'est plus député. C'était lui qui parlait et donc c'était évidemment pas une image particulièrement équilibrée. Non, vraiment, c'est un désintérêt assez flagrant de la part de la droite sur toutes les questions internationales d'ailleurs de manière générale.
Léa,
tu
as remarqué un point intéressant, c'est une évolution dans la couverture médiatique de ce qui se passe à Gaza.
Oui,
je suis pas mal notamment des médias britanniques et étatsuniens mais aussi les médias bien évidemment européens et j'ai effectivement le sentiment enfin, encore une fois, qu'il y a un petit changement de cap et qui a quand même un accompagnement en fait de cette timide indignation effectivement qui est quand même un peu pas inattendue mais
encore
une fois c'est jamais assez mais voilà, j'ai remarqué qu'il y avait quand même une des prises de position dans les médias qui était quand même plus affirmée que ce qu'on pouvait peut-être plus général aussi que ce qu'on pouvait faire. Il y
a
eu un édito du monde quand même contre Netanyahou ce qui était quand même pas tout à fait gagné non plus je dis pas que le monde n'a pas couvert ce qui se passe à Gaza loin de là mais de là à ce que ça devienne éditorial Il
était sale l
'édito du
monde
Je
l'ai relu ce matin
pour vérifier mais il
m'avait pas relu ça
C'est un tournant nécessaire trop tard encore une fois trop tardif mais voilà j'espère que ça pourra quand même faire un peu bouger les lignes et encore une fois je ne sais pas ce qui manque aux gens qui ne comprennent pas ce qui est en train de se passer ou qui ferment les yeux que ce soit
des
personnes de la classe médiatique politique mais pas que le monde de la culture je pense à plein de gens qui soit se
taisent
soit continuent à dire que c'est bien légitime qu'Israël a le droit de se défendre etc. je ne sais pas ce qui va se passer et quand on regardera dans quelques années ce qui s'est passé quelles responsabilités ces gens-là auront sur leurs épaules vraiment moi je dresse un parallèle avec 39-45 et j'ai pas de problème avec ça je le dis clairement il y a eu des responsables ils ont été il y a aussi il y a eu des complices et honnêtement j'espère vraiment mais vraiment
que
les personnes qui aujourd'hui ne prennent pas la parole et ne se positionnent pas clairement sur ce qui est en train de se passer notamment les personnes qui ont le pouvoir de le faire que ce soit d'un point de vue politique ou médiatique vont quand même payer un peu parce que franchement c'est pas possible en fait c'est juste pas possible ça fait des mois bientôt des années qu'on est en train d'alerter sur ce qui se passe tout le monde sait ce qui est en train de se passer on a là on a les informations qui sont sous nos yeux
et
on est encore dans l'inertie on est encore dans le mépris le mépris en fait du peuple palestinien c'est ça qui est en train de se jouer à une grande échelle un mépris qui est institutionnalisé un mépris qui est concerté une instrumentalisation aussi de l'antisémitisme oui l'antisémitisme existe c'est vrai il y a eu deux diplomates israéliens qui ont été assassinés à Washington c'est abominable que fait le gouvernement israélien il rebondit en instrumentalisant et en disant vous voyez c'est les gouvernements européens qui sont en train de se dresser contre Israël c'est de leur faute etc c'est abominable il faut arrêter je ne sais pas comment je suis démuni de solutions mais c'est juste abominable et je ne sais pas comment on peut continuer à vivre normalement dans ce monde où on a un génocide qui est là sous nos yeux mais toutes les minutes toutes les minutes
affaire à suivre en tout cas on essaiera de continuer à en parler dans Backseat dès lors que l'actualité nous en donnera l'occasion autre sujet qu'on voulait aborder ensemble dans ces sujets de la semaine c'est pas forcément un sujet de la semaine c'est un sujet un peu plus profond mais c'est la question des référendums Emmanuel Macron dans son interview la semaine dernière a une nouvelle fois évoqué la possibilité d'un référendum il avait parlé notamment du dossier de la fin de vie qui pourrait potentiellement faire l'objet d'un référendum bon il se trouve que la constitutionnalité n
'est
pas claire c'est pas sûr du tout que ce soit possible de faire un référendum sur la fin de vie mais la question c'est quand bien même est-ce que ce serait souhaitable est-ce que toutes les questions est-ce que tous les sujets sont submissibles au référendum des français est
-ce
qu'on peut soumettre toute question au peuple pour qu'il le ratifie lui-même c
'est
vraiment une question qui moi me taroute depuis assez longtemps parce qu'il y
a
un certain nombre de sujets sur lesquels je ne
suis
pas d'accord j'ai toujours le même exemple qui m'avait marqué à l'époque c'est le mariage pour tous j'ai vu en France des millions de gens manifester pour réclamer un référendum sur le mariage pour tous
et
moi j'étais en face et je disais non je ne veux pas que l'on confie la vie des homosexuels comme ça au vote de mes ongles de mes tantes des gens de ma famille non je suis délogé je ne
veux
pas que les minorités soient comme ça soumises et on en parlait dans la préparation parce qu'en même temps j'ai bien conscience en disant ça
de
porter atteinte à un fondement important de la démocratie c'est la possibilité pour le peuple de décider par lui-même sans passer par ses représentants
qu
'est
-ce
que vous en pensez vous de cette question
?
moi j'aime bien la question du référendum elle m'amuse un peu pourquoi ?
parce que alors c'est un outil de démocratie directe quasiment un des seuls mais c'est un outil de démocratie directe qui est à mon sens mal utilisé ou en tout cas mal conçu tel qu'il est outillé aujourd'hui je m'explique déjà on est sur souvent des questions qui n'apportent pas de nuances dont les réponses attendues n'apportent pas de nuances c'est soit oui soit non bon ok très bien mais parfois entre oui et non il y a tout un tas de raisons qui poussent au oui qui poussent au non et peut-être qu'on aurait parfois envie et besoin d'avoir d'autres possibilités de réponses d'une part comme au quiz de la con on peut avoir A,
B,
C, D et puis en plus de ça
je
trouve que c'est finalement un peu dangereux parce qu'il est souvent instrumentalisé pour redorer le blason des politiques on l'a vu c'était quand même
l
'outil préféré du général de Gaulle pour un peu tâter l'opinion et essayer de redorer son blason et ou de se casser le cas échéant
et
là où j'ai un peu une crainte sur ce que Macron voudrait faire et sur ses intentions réelles face au référendum parce qu'il a dit qu'il fallait dépasser cette crise et que le peuple avait besoin de se prononcer c'est que les sujets qu'il a mis sur la table assez brièvement lors de cette interview absurde sur TF1 c'était des sujets où vraisemblablement on avait le sentiment que c'était un peu genre le programme de travail de l'Assemblée nationale il a parlé de budget il a parlé de fin de vie bref
un
peu comme si il avait pour ambition de se servir du référendum pour dépasser cette crise institutionnelle dans laquelle il s'est enfoncé tout seul rappelons-le qui est ce blocage au Parlement où il n'a plus de majorité donc voilà moi je m'interroge sur les intentions réelles de celles et ceux qui pourraient être à la manœuvre et je pense qu'un bon référendum c'est un référendum qui a en tout cas une part de délibération en amont
ce qu
'il faut faire voilà on parle souvent du référendum d'initiative citoyenne délibérative moi je trouve que c'est quelque chose d'intéressant c'est entre la convention citoyenne et le référendum mais le référendum tout seul je le trouve un peu dangereux et on s'était posé aussi la question lorsqu'on a porté avec des associations l'IVG dans la constitution parce qu
'à
un moment donné c'était une proposition de loi et donc l'issue constitutionnelle d'une proposition de loi constitutionnelle pour réformer la constitution c'est forcément le référendum et donc moi je me souviens à l'époque on avait discuté de tout ça il y avait un point de vigilance qui était est-ce qu'on veut vraiment compte tenu du moyen des antichois
aller sur ce terrain puisqu
'on sait très bien les moyens qu'ils ont la campagne abominable que ça aurait été et le risque finalement de se retrouver avec le rejet de l'IVG dans la constitution parce que finalement le camp d'en face le camp du non en quelque sorte est beaucoup plus puissant
et
donc voilà je pense que c'est c
'est
un outil à améliorer et certainement pas à instrumentaliser
Malek t'en penses quoi ? en fait je pense que c'est ça il faut repimper cet objet alors déjà il
faut
que le référendum soit suivi et écouté déjà je pense que c'est une tu fais référence à 2005 ? bah oui c'est quand même une belle grosse étape c'est quand même une belle condition sine qua done après j'ai un avis différent là dessus mais ouais et deuxièmement de la nuance oui et moi par contre oui il y
a
des sujets mais en réalité j'ai un
peu
l'impression que
la
constitution clarifie déjà un peu ce truc il y a des sujets qui ne doivent pas être soumis à référendum et moi par contre après moi je je ne veux pas entendre Emmanuel Macron me parler de référendum à partir du moment où il n
'a
pas voulu de référendum sur la réforme des retraites voilà ah ça sur ce sujet
parce que pour le coup on
est sur le périmètre décrit par la constitution ah pour le coup on est en plein dedans
on est en plein dedans
ça c'est absolument certain et pour le coup dans la sur le fait qu'Emmanuel Macron ait démonétisé l'idée même de référendum avant même d'en proposer un c'est ça mais attends mais ça pose une bonne question parce que si il
y a
un référendum qui est proposé demain est-ce qu'on y va est-ce qu'on n
'y
va pas ça va être une question est
-ce
qu'il faut boycotter ou pas le référendum tu vois il va y avoir une campagne du oui une campagne du non une campagne du boycott donc moi j'ai hâte de voir les émissions backseat ce qu'on aura quand il y aura un référendum qui aura été
proposé
ça peut être marrant ça peut être extrêmement fun mais je reviens je voudrais clarifier ce que je disais tout à l'heure sur les limites inhérentes à l'exercice du référendum c'est que la toute puissance de la volonté populaire ça a été la construction sur laquelle on a bâti la république et les états-nations pendant à peu près un siècle et demi
et
tout ça s
'est
fracassé sur la seconde guerre mondiale c'est qu'à partir de 1945 on s'est dit collectivement qu
'une
démocratie adulte c'est une démocratie capable de se limiter elle-même par les droits de l'homme
on
ne peut pas soumettre les droits de l'homme à référendum on ne peut pas soumettre les droits de l'homme à négociation il y a des droits qui dès lors qu'ils sont reconnus à toute personne qui partage la dignité humaine et bien on ne peut pas revenir dessus et moi c'est à ça que je suis accroché et je ne veux pas que les aléas du temps nous permettent de revenir sur des choses que je considère comme étant des droits et je sais qu'on peut ne pas être d'accord
avec moi
le droit pour des homosexuels de se marier je considère que
c
'est un droit le droit pour une femme d'avoir recours à l'IVG je considère que c'est un droit et qu'on ne doit pas en discuter publiquement comme ça à l'occasion d'une campagne référendaire pour les raisons que tu as exposées je ne
veux
pas la vivre cette campagne-là la peine de mort c'est aussi déçu en plus moi j'ai connu le référendum de 2005 c'est des émissions à la télé avec le camp du oui le camp du non à part égale de temps de parole
je
voulais s'imaginer ce que ça peut donner dans certains cas bon sur l'Europe en l'occurrence c'était plutôt de très haut niveau je trouvais c'était assez intéressant même un peu chiant mais voilà t'en penses quoi toi
Emilien ?
le sujet est délicat parce qu'il a été beaucoup en fait instrumentalisé par les politiques c
'est
-à
-dire
que chacun a sa petite proposition de référendum il y
en
a qui veulent même en faire tous les ans donc en fait ça devient le truc on va vous redonner la parole ce qui est un peu bizarre parce que
si
vous élisez quelqu'un surtout si vous lui donnez la majorité au parlement c'est bizarre qu'il dise non non on va pas le faire nous-mêmes on va vous demander il y
a
un truc un peu bizarre c'est vrai après effectivement c'est toujours compliqué le référendum parce que techniquement je sais plus qu'il disait qu'en démocratie le peuple n
'a
pas toujours raison mais c
'est
le seul qui
a
le droit de se tromper mais il
y
a ce petit côté bah effectivement
et
c'est l'argument souvent qu'il mobilise
vous
avez peur du résultat ce qui est à craindre c'est les moments où le référendum est mal fait quelque part le Brexit moi je considère pas que les gens forcément votent mal les gens dans les élections aussi sont parfois désinformés votent pour tout un tas de raisons et finalement on peut pas décider on peut pas demander aux gens de bien voter avec la bonne mentalité mais le problème du Brexit c'est que on demandait aux gens est-ce qu'il faut sortir ou rester sans aucune idée de ce que ça a donné comme conséquence de devoir rester on
a vu les
conséquences
derrière
voilà sur le hard Brexit le soft Brexit en fait personne ne savait ce que ça voulait dire parce qu'il n
'y
avait pas de projet de une autre relation avec l'Europe c'était juste on arrête quelque chose et un certain nombre de gens qui ont voté pour le Brexit le regrettent aujourd'hui voilà et ils regrettent donc ils se posent ils font éventuellement est-ce qu'il faut avoir plusieurs moments de concertation ce qui est sûr c'est qu'il faut une bonne information il faut que les gens soient mobilisés dessus si c
'est
pas mobilisé bon bah ça donne le référendum de 2000 sur le quinquennat où en fait tout le monde s'en fiche et peut-être même certains commencent à le regretter il faut une information il faut prendre les citoyens pour ce qu'ils ont c'est-à
-dire
des gens qui ont effectivement la souveraineté et le droit de voter et sont compétents par principe et après à nous de faire en sorte qu'ils le soient le plus possible après tout les gens politisés ne
sont
pas plus enfin non c'est pas simplement démocratique on ne les présume pas plus compétents que les gens qui ne sont pas politisés et à mon sens et ce que j'ai regardé beaucoup d'articles de jury sur la question
en
fait il faut que ça reste aussi quelque chose d'assez exceptionnel on a donné souvent le référendum sur des questions
exceptionnelles bon
alors après c'était discuté mais l'élection du président suffrage universel direct les questions des accords déviants le traité de Maastricht l'Europe donc c'est des moments où on se dit
en
fait ça engage tellement l'avenir du pays
et
je pense la forme de retraite aurait pu être le cas qu'il faut que la population décide ou alors finalement le débat est tellement tendu à l'assemblée qu'il faut que le peuple soit qu'on en revienne au peuple
c
'est pour ça que
je
trouve l'idée de trouver un référendum bizarre
pour
moi le référendum il s'impose de lui-même quand les situations on le veut il faut faire en sorte qu
'il
soit bien accompagné mais trouver un référendum pour un référendum parce que ça fait bien ça fait 20 ans qu
'on
n'en a pas fait je trouve ça un peu bizarre
moi
je suis complètement je suis complètement d'accord avec toi je me demande vraiment s'il n
'y a
pas d'autres solutions par exemple des consultations citoyennes c'est pas la même chose qu'un référendum un référendum je vous rappelle quand même que c'est la réponse par oui ou par non
à
l'entrée en vigueur d'un texte quel qu'il soit et on peut en discuter etc machin mais c'est obligatoire oui ou non là dans la constitution
est-ce que c'est tout d'accord ? article
11 article 89 par jurisprudence constante je crois que c'est toujours oui ou non conséquence d'être en chère c'est un texte de loi adopté c'est un
texte
de loi adopté ou une réforme de la constitution mais c'est effectivement l'entrée en vigueur d'un texte bon il
y
a aussi une autre possibilité ce serait bien qu'on mette en oeuvre dans notre pays une culture de la consultation citoyenne où effectivement on pourrait avoir davantage de référendums alors là pour le coup on pourrait avoir des choix multiples on pourrait avoir des questions différentes on pourrait avoir un petit système presque à
l
'américaine moi par exemple je considère que le jour où on va voter pour les élections régionales par exemple
et
bien tant qu'à faire puisqu'on se déplace ce serait peut-être l'occasion de nous proposer un référendum au même moment ou une consultation citoyenne même une consultation locale pourquoi pas
oui les
référendums locaux pour une élection régionale ne seraient pas totalement dégâts
en même temps en plus
vraiment
le même jour franchement on fait
des économies d'argent on économise le temps des
gens etc. c'est vraiment plutôt une bonne idée et puis il y a aussi l'exercice des conventions citoyennes moi à titre personnel j'aime bien les conventions citoyennes je trouve que c'est un bel objet je trouve que ça devrait être respecté mieux derrière par la politique ça c'est un autre sujet non mais à la limite c'est un deuxième sujet qui est très important mais l'exercice même de la convention citoyenne des citoyens tirés au sort qui délibèrent après avoir été formés sur un sujet après avoir travaillé sur le fond voilà on est une démocratie adulte à mon avis ça gagnerait à être développé davantage donc
c
'est pour ça que je pense que la question référendum par référendum
c
'est pas une bonne question elle est aussi bête qu'un référendum en fait vous voyez ce que je veux dire le oui ou le non vous voyez le côté un peu sans nuance je pense que la nuance elle est dans
quand
est-ce que dans ce pays on expérimente des trucs quand est-ce qu'on ose changer les choses les conventions citoyennes ça a été une expérimentation je considère que ça a fait ses preuves j'espère qu'on en verra d'autres à l'avenir les consultations citoyennes par pitié faites-en voilà c'est le moment on y va on essaye d'imaginer ça demande du courage ça demande beaucoup d'ambition pour un gouvernement mais je pense qu'on peut y arriver c'est dommage d'ailleurs qu
'un
Bayrou premier ministre ne pousse pas justement pour la convention citoyenne sur la démocratie par
exemple
ce qui pour le coup alors pour le coup franchement parlons de François Bayrou vieux démocrate vieux démocrate qui depuis 25 ans en parle beaucoup de la
démocratie
moi j'ai connu des interviews à rallonge de François Bayrou je suis sûr qu'on pourra retrouver les archives où il nous parle de proportionnel où il nous parle d'innovation dans
le vote
de décentralisation plus intelligente de participation citoyenne d'inclusion etc enfin je veux dire moi j'ai connu mon Bayrou plus démocrate que ce qu'il est à l'exercice c'est dommage quand même mais peut-être qu'il est tenu par son ministre de l'interview je ne
sais
pas
on
ne
va
pas refaire le débat
mais peut-être qu'il n'y a pas refaire le débat