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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 1 décembre 2023 26 min

Reprise des combats entre Israël et le Hamas, violences d'ultradroite, altercation en commission à l'Assemblée... Le "8h30 franceinfo" de Clémence Guetté

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Clémence Guettet. Bonjour. L'armée israélienne annonce ce matin avoir repris les combats contre le Hamas, faute d'un prolongement, d'un accord sur le prolongement de la trêve. Est-ce que vous regrettez que les armes parlent à nouveau sur la bande de Gaza ?

0:16
Clémence Guetté

Bien sûr, ça fait maintenant des semaines qu'on tient la même position, c'est-à-dire tout faire, mettre une pression populaire la plus large possible pour qu'un cessez-le-feu permanent puisse être instauré en Israël et en Palestine. Donc on est déjà évidemment à près de 15 000 morts côté palestinien, 1200 côté israélien. Alors il y a eu cette semaine des libérations d'otages, c'est une bonne nouvelle évidemment, mais nous on plaide pour que cette trêve se transforme le plus rapidement en cessez-le-feu permanent.

On se mobilisera d'ailleurs samedi, il y a une grande manifestation qui est organisée pour un cessez-le-feu permanent, la libération des otages, la fin des massacres à Gaza, la fin de la colonisation. Donc voilà, on a des mots d'ordre qui sont constants. Donc évidemment, on déplore la reprise intensive.

1:02
Présentateur

Le risque, c'est que dans les prochains jours, justement, la question des otages devienne délicate avec la reprise des combats ? Que les 150, 145, 150 otages qui sont toujours sur la bande de Gaza, qu'il y ait des difficultés pour les faire sortir ?

1:15
Clémence Guetté

Bien évidemment, le niveau de tension remonte. Il y a à nouveau des morts, a priori, dans la bande de Gaza dès ce matin. C'est une difficulté pour libérer les otages, c'est une difficulté pour aller vers une solution politique durable, qui est celle d'une solution, pour notre part, à deux États, qui est celle qui est prônée par les organisations internationales. Donc on est dans une situation qui est à nouveau extrêmement tendue. On le déplore, on y met toutes nos forces comme organisation politique de la façon dont on peut le faire.

Et avec les gens, je le disais, parce qu'en Europe et dans le monde, il y a des mobilisations très très massives qui ont toutes, pour mot d'ordre, la paix, la justice immédiatement, l'arrêt du conflit. On sera convergent avec ça samedi.

1:57
Invité

Vous parlez beaucoup de la paix, du cessez-le-feu, mais c'est vrai qu'on vous entend moins chez les insoumis sur la libération des otages. Et certaines personnalités ont déploré ces derniers jours qu'on parle peu de ces otages. Hier, Miachem, une franco-israélienne, a été libérée. Libérée, pourquoi vous n'en parlez pas davantage ?

2:15
Clémence Guetté

Je viens de vous en parler trois fois dans mes réponses en deux minutes.

2:18
Invité

Mais au quotidien, vous avez lancé des initiatives pour appeler à la libération de ces otages ?

2:23
Clémence Guetté

Ça fait partie de tous les mots d'ordre des manifestations qu'on a tenues. C'était toutes les semaines. Puis là, ça fait 15 jours qu'il n'y en a pas eu, mais il y en a eu une nouvelle pour samedi. Ça fait partie des mots d'ordre. Donc non, on n'est absolument pas muet là-dessus. Il y a évidemment des franco-israéliens parmi les otages. Donc on se réjouit quand il y a des libérations. C'est une bonne chose. Et nous disons à chaque fois que toutes les vies humaines se valent. Nous pensons à ces familles aussi qui sont dans l'attente, dans la peur, évidemment. Et donc c'est une bonne chose quand il y en a. Il faut tout faire pour continuer à œuvrer.

Je sais que la diplomatie française, de toute façon, œuvre en ce sens. C'est une bonne chose. Il faut continuer. Il y en a encore en effet qui...

2:57
Invité

Vous saluez la diplomatie française dans ces libérations d'otages ?

3:00
Clémence Guetté

Bien sûr, il joue un rôle indispensable avec une position qui est difficile à tenir. Vous avez vu cette tribune des diplomates d'ailleurs qui déplorait le fait que M. Macron semble changer d'avis dans ses discours lors des événements internationaux dans lesquels il s'est rendu ces dernières semaines. Je pense qu'il faut de la constance. Il faut l'unité pour demander la paix, le cessez-le-feu. Nous sommes là. Nous sommes là pour ça. Et nous serons dans la rue, je le redis, samedi. Je pense que c'est important qu'on soit extrêmement nombreux.

3:27
Invité

Clémence Gaté, vous considérez que vous êtes féministe ? Oui. Est-ce que vous êtes exprimée, engagée sur les viols, sur les violences et sur les tortures faites aux femmes israéliennes par le Hamas qui sont de plus en plus documentées ?

3:39
Clémence Guetté

Bien sûr. Évidemment. En fait, je ne comprends même pas que vous puissiez me poser cette question. Toutes les violences sexuelles ont été utilisées comme des armes de guerre dans quasiment tous les conflits de ce genre-là. Donc, on le déplore, évidemment. C'est une abomination. Ça a lieu dans ce cadre-là. Ça a lieu dans d'autres conflits internationaux en ce moment même. Ça a lieu. D'ailleurs, c'est un continuum, évidemment. Ça a lieu aussi en France. Les violences sexuelles utilisées comme armes de guerre, c'est une abomination. On le dénonce, évidemment.

4:13
Invité

Et vous avez signé des tribunes en ce sens pour dénoncer ces viols, ces crimes sexuels ? C'est quoi votre question ?

4:21
Clémence Guetté

Vous pensez vraiment qu'en tant que jeune femme de 33 ans, je cautionnerais, je ne comprends même pas votre question ? Pour tout vous dire, je la trouve assez abominable, en fait. Parce que ça va sans dire. Je suis une femme, je suis sensible à ces questions. Il me semble que nous avons toujours dénoncé, et d'ailleurs, nous avons signé des tribunes, oui, d'ailleurs, avec Amnesty International, par exemple, qui demandent la fin de ce type de pratiques. Mais comme tous les autres crimes de guerre, les actes de guerre qui sont terribles, je déplore aussi que parmi les morts palestiniens, aujourd'hui, on compte déjà 6500 enfants. En tout cas, personne de moins de 18 ans.

5:01
Invité

Ce n'est pas les victimes israéliennes, Clémence Guetta. Mais aussi, on n'est pas obligé toujours de comparer les victimes.

5:06
Clémence Guetté

Justement, c'est ce que vous faites en réalité. Toutes les vies humaines se valent. Je pense aux gens qui sont détenus, qui sont dans la peur, qui sont des femmes, qui sont touchées dans leur intégrité, parce que c'est utilisé comme une arme de guerre dans les conflits, ça l'a toujours été, parce qu'agit aussi le poids de la domination masculine, et c'est une arme qui est utilisée. Je le déplore, évidemment, je le déplore aussi côté palestinien. Il n'y a pas à opposer les deux. Votre question va implicitement vers cette analyse. Comme si je pouvais opposer les deux, je trouve que c'est scandaleux.

5:40
Invité

C'est une question parce que vous exprimez beaucoup, mais sur ce sujet, excusez-moi, peut-être que je me trompe, mais je ne vous ai pas entendu, je n'ai pas vu de tribune de votre part ni de tweet. Dans une tribune, des personnalités appellent à la reconnaissance d'un féminicide de masse le 7 octobre en Israël. Est-ce que vous pourriez reprendre ces termes ?

5:55
Clémence Guetté

Je ne connais pas la proportion, mais vraisemblablement. En tout cas, c'est un crime, ce sont des actes de terreur qui ont été commis. Il y a des gens qui sont morts, il y a des familles qui sont endeuillées. Donc, je n'ai franchement pas envie de polémiquer sur ce sujet.

6:08
Présentateur

C'est le fait qu'une partie des féministes s'étonnent qu'il n'y ait pas plus de voix pour dénoncer les viols qui visent justement les femmes israéliennes. Est-ce que vous comprenez que ce sentiment puisse exister de la part d'une partie des féministes ?

6:28
Clémence Guetté

Je ne sais pas si vous faites allusion à la manifestation « Nous toutes » qui s'est tenue le 25 novembre et où il y avait ces mots d'ordre. Nous avons participé à cette manifestation. Nous étions présents comme organisation politique avec de nombreux militants qui sont engagés sincèrement sur cette question.

6:44
Présentateur

Il n'y a pas plusieurs lignes au sein de la France insoumise sur cette question-là ?

6:47
Clémence Guetté

Mais évidemment que non ! Je ne comprends même pas comment vous pouvez sous-entendre cela.

6:51
Invité

Vous parlez de la manifestation du 25 novembre ce jour-là. Des féministes venus porter la voix des victimes israéliennes affirment avoir été tenues à l'écart de la manifestation.

7:00
Clémence Guetté

Mais par des insoumis ? Pourquoi vous me posez cette question ? Je ne sais même pas qui les a interpellées. Je ne sais même pas qui les aurait empêchées de manifester.

7:07
Invité

Mais vous déplorez qu'elles aient été tenues à l'écart ?

7:09
Clémence Guetté

Mais je pense qu'il faut déplorer le viol, les violences sexuelles, les violences sexistes utilisées comme crimes de guerre ou dans un autre contexte. A vrai dire, évidemment, nous sommes mobilisés sur cette question. A vrai dire, je ne comprends même pas quel est votre but en me relançant quatre fois sur cette question. Est-ce que vous remettez vraiment en cause cet engagement de notre part ? Ou c'est juste pour faire des insinuations comme ça parce que c'est le nouveau sujet du jour que vous avez trouvé ? Je trouve que c'est extrêmement choquant en réalité.

7:36
Présentateur

Clémence Guettet, députée de la France insoumise. On se retrouve dans un instant juste après le fil info de Mathilde Romagnon.

7:41
Invité

Après une semaine de trêve, les bombardements à échange de tir entre le Hamas et Israël ont repris. Ce matin dans la bande de Gaza, cela veut dire la fin des échanges entre otages et prisonniers palestiniens. Au total, 80 otages et 240 prisonniers ont été libérés. Cela veut dire aussi la fin de l'arrivée de l'aide humanitaire dans l'enclave palestinienne. Pas de réaction pour l'instant d'Emmanuel Macron. Après la reprise de ses combats, le chef de l'État français est à Dubaï aujourd'hui pour participer à la COP28. Hier, les dirigeants du monde entier ont acté la création d'un fonds de compensation des pertes et dommages climatiques dans les pays les plus vulnérables.

Quelle sera la nouvelle note financière de la France ? Réponse, ce soir, l'agence de notation S&P, nouveau nom de Standard & Poor's, doit réactualiser ses double A pour l'instant. Le ministre de l'économie se veut optimiste. Nous tiendrons nos 4,9% de déficit en 2023, a-t-il assuré ? Le football et Marseille, Rennes et Toulouse continuent l'aventure en Ligue Europa. A noter la performance de l'OM, hier soir, vainqueur 4 buts à 3 de l'Ajax Amsterdam. France Info

8:53
Présentateur

Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.

8:58
Invité

Toujours avec Clémence Guettet, députée de la France Insoumise du Val-de-Marne, le FPLP, Front Populaire de Libération de la Palestine, est soupçonné par Israël d'avoir retenu en otage une famille israélienne. C'est un mouvement classé terroriste par l'Union Européenne notamment. Or, la députée LFI Ercilia Soudet avait invité Maria Magoudaka, une militante palestinienne du FPLP à l'Assemblée Nationale début novembre. Est-ce que vous trouvez ça normal ou cela vous choque, cela vous a choqué ?

9:24
Clémence Guetté

Alors, cette invitation a été annulée par Mme Brune Pivet qui a jugé que c'était inapproprié. Il me semble d'ailleurs que dans le déroulement des événements, c'était avant que cet événement était prévu. Maria Magoudaka, elle a été invitée en France, pas par la France Insoumise. Je crois que c'est par l'Union Juive pour la Paix qu'elle avait été invitée. Et elle était là dans le cadre d'un signe et débat. C'est une militante qui est connue pour son engagement pour le droit des femmes palestiniennes. Elle avait obtenu un visa du Quai d'Orsay. Donc nous, nous avons, dans le cadre de cette tournée signe et débat, et Ercilia Soudet l'avait invitée dans ce cadre-là à l'Assemblée Nationale. Voilà.

10:02
Invité

Ensuite, elle a été expulsée. Il n'y a pas de lien entre cette organisation, le FPLP, et la France Insoumise. Elle a dit qu'il n'y a pas de lien. Mais alors pourquoi les Insoumis, par exemple, se sont mobilisés devant le commissariat où elle était retenue avant d'être expulsée ? C'est quoi ? C'est de l'amitié ? C'est un partenariat ?

10:22
Clémence Guetté

Non, il n'y a pas de partenariat avec le FPLP. Là aussi, je veux dire les choses le plus calmement possible. Mais vraiment, nous n'avons pas de lien avec cette organisation, de manière très claire. Ça tourne dans les médias depuis plusieurs jours, de telle façon que des gens ont cru que nous pouvions intervenir, par exemple, auprès d'eux pour la libération d'otages. Ce sont des informations qui sont d'ailleurs difficiles à confirmer, vous l'avez dit dans votre question. Mais nous n'avons pas de lien avec cette organisation.

Voilà, donc, quand Mariam Aboudaka était en France et que nous l'avions invité à l'Assemblée nationale pour un signé débat sur les droits des femmes palestiniennes, ça n'était pas pour son appartenance au FPLP. Point.

11:08
Invité

C'était pour son combat pour les femmes, vous dites.

11:11
Présentateur

On va passer à un autre sujet à Paris. Un rassemblement de groupes d'extrême droite est prévu ce vendredi pour rendre hommage à Thomas et aux victimes de Crépol. Et ce rassemblement, il a été interdit par le préfet de police. C'est important, selon vous, d'interdire ce type de rassemblement ?

11:25
Clémence Guetté

Oui, c'est une évidence. Il y a un climat qui est extrêmement anxiogène pour beaucoup de gens dans le pays qui nous inquiètent, nous, énormément, politiquement, parce qu'il y a des groupes néo-nazis qui sont armés, qui descendent dans la rue avec des bêtes de baseball, avec des armes diverses et variées, qui sont ouvertement racistes, qui ont des slogans d'exclusion de certains Français qui trieraient par catégorie les gens. Et donc, on est extrêmement inquiets de la recrudescence de ces actes qui vont jusqu'à organiser des ratonnades dans des quartiers populaires en France. Et donc, oui, évidemment, il faut interdire ces manifestations. Mais d'ailleurs, elles l'ont été.

En réalité, il faut aller plus loin que ça.

12:12
Présentateur

La dissolution proposée par Gérard Germana, par exemple, ça va dans le bon sens ?

12:15
Clémence Guetté

Ça va dans le bon sens, parce que si nous savons que ces groupes sont racistes et violents, je rappelle que c'est quand même des délits dans notre pays, et donc, cela va sans dire, on ne les laisse pas manifester, on ne les laisse pas sortir dans l'espace public et terroriser les gens, leur faire peur, etc. Et puis, surtout, on va plus loin, on les dissout, on ferme leurs locaux, parce que ces gens ont des capacités d'organisation, de se réunir, ils ont des boucles télégrammes ou de réseaux sociaux d'information pour rameuter leurs troubles quand ils le décident. Et on ne les laisse pas reconstituer cette panoplie qui les permet de s'organiser.

Parce que, par exemple, à Paris, celles et ceux qui ont prévu de manifester, même si la manifestation est interdite, c'est un nouveau groupe qui s'est reformé après la dissolution de Génération Identitaire. Donc, c'est dire que, en fait, c'est un phénomène multiforme, un peu contenu.

13:07
Présentateur

Est-ce que vous créditez le gouvernement d'être à l'action sur cette question-là ? Gérald Darmanin dit qu'il l'est, par exemple.

13:12
Clémence Guetté

Alors, ils ont décidé de dissoudre trois groupes. C'est une bonne nouvelle, évidemment. Je pense qu'il y en a plus que ça dans le pays, qu'il faudrait potentiellement dissoudre. Mais j'imagine qu'il a toutes les informations. Par contre, ce que je déplore, c'est la discordance qu'il peut y avoir entre les paroles et les actes. Il ne faut souffrir d'aucune ambiguïté sur ce sujet. Il faut condamner à chaque fois. Et là, en l'occurrence, je ne parle pas du gouvernement. Mais je trouve que quand M. Ciotti a du mal à décrire ce qui s'est passé quand Marion Maréchal-Le Pen ironie sur le sujet comme si ça n'était pas très grave, quand M.

Zemmour, de manière encore plus affirmée, minimise, dit que ça n'est pas si grave, que les gens ont bien le droit de s'organiser, de riposter. Il y a une forme de tolérance vis-à-vis de... Il y a une forme de tolérance, y compris dans une classe politique qui est beaucoup invitée dans les médias, donc qui, nécessairement, a beaucoup d'audience, qui est entendue chez les gens, qui vise à la banalisation de ces groupuscules qui sont violences.

Et ça, c'est un phénomène qui est l'extrême-droitisation, y compris d'un discours accepté, qui ne l'était pas nécessairement à d'autres époques, et contre lequel nous devons lutter de toutes nos forces pour démasquer ce qu'il y a derrière, c'est-à-dire un prétendu choc des civilisations, une rhétorique qui est inquiétante, qui mène à la violence, et qui mène surtout à diviser les gens entre eux, alors même qu'ils n'aspirent qu'à une chose, c'est vivre ensemble, parce que la période est extrêmement difficile, on a parlé du conflit international, mais difficile aussi parce que l'inflation, le pouvoir d'achat, toutes les difficultés que les gens connaissent au quotidien.

Donc il faut de l'apaisement, et une parole très claire sur ces groupes qui sont violents et qui sont racistes.

14:51
Invité

Et est-ce que le meurtre de Thomas vous a choqué, vous a indigné ? L'insoumis François Ruffin, après ce drame, a déploré sur Twitter, l'hémiplégie et la demi-cécité de ceux qui choisissent un camp. Parce que c'est vrai qu'on a beaucoup entendu les insoumis sur l'agression, peut-être raciste en tout cas, accompagnée de... Non, pas peut-être. Il y a une vidéo,

15:13
Clémence Guetté

donc il n'y a vraiment aucun doute sur le sujet.

15:14
Invité

Voilà, d'un jardinier qui s'appelle Morad, et qui a été notamment traité de sale bougnol. Non mais pas que. Ce n'est pas ça qui s'est passé.

15:22
Clémence Guetté

Non, non, je ne dis pas que vous minimisez, mais je veux redire très clairement ce qui s'est passé. Il n'y a pas de lien du tout entre les deux événements. Il y a Thomas, qui est un jeune de 16 ans, qui est mort, pour qui j'ai une pensée immense, et notamment pour sa famille, parce qu'aucun parent ne devrait voir son enfant mourir à cet âge-là, dans le cadre d'une rixe, d'une bagarre, d'après les éléments que nous avons. Et la justice doit faire son travail le plus rapidement possible sur ce contexte.

Et l'événement que vous mettez en lien, mais qui en réalité n'a pas de lien, c'est Morad, qui est jardinier dans le Val-de-Marne, je suis députée du Val-de-Marne, et qui a été agressé, il s'est fait trancher la gorge au cutter, c'est ça qui s'est passé, en se faisant traiter de bouignoule, et je ne sais quel type d'insulte, par un monsieur de 76 ans, qui avait déjà été condamné, d'ailleurs pour d'autres faits. Et donc là, il y avait une vidéo en direct. En fait, les deux événements n'ont aucun lien. Et il faut vraiment veiller à ne pas établir de confusion.

16:19
Présentateur

Non, non, mais il n'y a pas de confusion entre les deux. Ça n'a rien à voir, d'accord ? Donc on a réagi immédiatement,

16:25
Clémence Guetté

parce que dans un cas, il y a une agression raciste où un jeune homme qui est jardinier, qui fait son métier, frôle la mort, mais vraiment, il en a réchappé de très peu, il s'est fait trancher la gorge au cutter. Mais pourquoi vous avez moins réagi sur Thomas en fait ? C'est ça la question. Mais on a réagi sur Thomas, il y a des dizaines d'insoumis. Mais ça, vous lui poserez la question. Je ne sais pas pourquoi il met en lien ces deux événements. Je ne vois pas le rapport. Voilà. Donc maintenant, pour Thomas, il y a le temps de la justice, il y a l'envie de ne pas polémiquer sur la mort d'un aussi jeune homme et un événement aussi dramatique qui s'est passé.

Et puis après, il faut réfléchir à des solutions politiques. Alors justement,

17:00
Présentateur

avant le fil infos, quelle mesure, si vous étiez au pouvoir, vous proposeriez, peut-être, sans faire de lien évidemment entre les deux, mais sur ces types de violences qui...

17:10
Clémence Guetté

Ça n'a... Je ne sais pas si vraiment lutter contre l'insécurité.

17:13
Présentateur

Sur la question de la sécurité, quels sont les éléments ?

17:16
Clémence Guetté

Ce n'est pas tant la question de l'insécurité. En réalité, je dirais que là, ce dont on a affaire, c'est la question des rixes, plus généralement, des bagarres. Je suis bien placée pour le connaître puisque dans ma circonscription, juste à côté, en tout cas, il y a eu aussi un mort dans le cadre d'une rixe. Donc pour vous,

17:34
Invité

c'était une rixe, que c'est l'agression de Thomas. Ce ne sont pas des jeunes qui sont venus dans un bal pour le perturber. De toute évidence, il y avait une bagarre.

17:40
Clémence Guetté

Ni vous, ni moi, ni y étions. Il y a des témoins qui disent des choses différentes. Mais vous,

17:43
Invité

vous avez l'air de savoir que c'était une bagarre, ce n'était pas une décence.

17:47
Clémence Guetté

C'est ce que rapportent tous les témoins de façon concordante. Autant ils ne sont pas d'accord sur les causes de la bagarre et comment elle a été déclenchée, etc. Autant, de toute évidence, ce qui s'est passé, c'est un affrontement entre des jeunes. Voilà. C'est ça qu'on sait pour le moment de manière absolument avérée.

18:04
Présentateur

Alors sur les riches, par exemple, quel type de solution ?

18:06
Clémence Guetté

Ce qu'il faut faire, d'abord, c'est réintroduire de la médiation dans les quartiers populaires, notamment, mais partout, les petits villages qui sont abandonnés. Moi, j'ai grandi dans un petit village de 500 habitants et je suis aujourd'hui députée dans une circonscription très urbaine. Ce qu'on manque, c'est de liens sociaux. C'est de lieux où les jeunes peuvent se rassembler, se connaître, se fréquenter parce qu'aujourd'hui, il y a un problème de mixité à l'école, par exemple.

Et puis, il y a aussi un manque de lieux culturels, d'activités qui sont proposées, parfois un désœuvrement, un manque aussi, et je veux le dire, de perspectives, de jeunes qui voient le taux de chômage, qui ont des formations qui ne leur plaisent pas nécessairement. En fait, c'est ça la racine du problème. Et c'est à ça qu'il faut s'attaquer et pas à la superficie des choses.

18:50
Invité

Ce n'est pas l'ensauvagement, comme dit Gérald Marmanin, qui implique des mesures plus fortes qu'une médiation ?

18:54
Clémence Guetté

Évidemment que non. Mais en fait, c'est scandaleux. Vous voyez, ça me ramène à la discussion que nous avions précédemment sur l'extrême-droitisation. L'ensauvagement, c'est un terme de l'extrême-droite, c'est une théorie de l'extrême-droite. Qu'un ministre d'un gouvernement prétendument centriste et d'accord en même temps et en même temps puisse dire une chose pareille. Franchement, ça me répugne, ça me révolte. Et il faut que, collectivement, nous soyons attentifs à ne pas banaliser ce type de terme. Décivilisation, ensauvagement.

Les gens veulent la concorde, ils veulent vivre en paix, ils veulent qu'on s'occupe de leurs vrais problèmes, c'est-à-dire le pouvoir d'achat ou c'est-à-dire l'imminence du changement climatique et de ce qui va nous tomber dessus dans les années à venir. Et sur ça, je regrette que nous soyons muets, en tout cas que le gouvernement soit muet, parce que nous, nous avons beaucoup de propositions et beaucoup de choses à dire.

19:42
Présentateur

Clémence Guettet, députée de la France insoumise du Val-de-Marne, on se retrouve dans un instant après le fil info de Mathilde Romagnon à 8h52.

19:47
Invité

La députée LFI Clémence Guettet plaide ce matin pour un cessez-le-feu permanent le plus rapidement possible dans la bande de Gaza. Elle est l'invité du 830 France Info. La trêve a été rompue ce matin, les combats ont repris entre le Hamas et Israël. Cette trêve a permis en une semaine la libération de 80 otages et de 240 prisonniers palestiniens. Un tiers des 15-25 ans pensent qu'on peut attraper le VIH en embrassant une personne séropositive, selon un sondage IFOP pour SIDAction. L'association déplore les préjugés qui persistent sur la maladie à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA.

Aujourd'hui, qui, pour racheter les plus de 300 hyper et supermarchés du groupe Casino en France, Auchan a confirmé hier l'existence d'une offre conjointe avec Intermarché Les Mousquetaires, Casino étant grande difficulté financière. Le décès hier soir du photographe américain Elliot Erwitt, il avait 95 ans, membre de l'agence magnum, grand nom de la photographie documentaire. Il était aussi connu pour ses portraits de chiens. France Info

20:54
Présentateur

Le 8.30 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.

20:59
Invité

Toujours avec Clémence Guettet, députée de la France Insoumise du Val-de-Marne, l'insoumis, Hugo Bernalicis, a fait un esclandre hier soir en commission des lois à l'Assemblée où était examinée la loi immigration. On va en parler, mais d'un mot juste, Hugo Bernalicis a débarqué vers 19h40 pour réclamer une suspension pour que les députés puissent aller dans l'hémicycle en séance où est examinée votre niche. Hurlement, altercation verbale, le président de la commission des lois veut demander des sanctions. Est-ce que vous condamnez son attitude ?

21:26
Clémence Guetté

Alors, Hugo Bernalicis n'a pas débarqué en commission des lois. Hugo Bernalicis en est membre et il siège depuis déjà plus d'une semaine avec mes autres camarades pour lutter contre ce projet de loi asile-immigration qui est absolument indigne. Après, alors oui, le ton est monté, vous savez, l'objet juste du différent, c'était que nous demandions une suspension de séance en commission des lois pour pouvoir aller dans l'hémicycle voter sur le texte présenté par Daniel Obono pour la réouverture des guichets physiques dans les services publics. J'en profite pour vous donner une bonne nouvelle puisque je suis sûre que ça vous intéresse.

C'est que nous avons gagné sur ce texte comme nous avions gagné d'ailleurs le matin pour une commission d'enquête sur les événements climatiques extrêmes dans les Outre-mer. Donc c'était une très bonne journée de niche parlementaire pour nous et il se trouve que ce texte sur les guichets physiques dans les services publics avait été examiné en commission des lois avant d'être examiné en hémicycle et que c'est l'usage de suspendre la commission concernée par le texte pour que les commissaires puissent aller dans l'hémicycle écouter le débat et voter. Mais il ne restait que 20 minutes

22:30
Invité

à cette commission des lois dit la majorité. Le problème aussi

22:33
Clémence Guetté

c'est que les macronistes ont un rapport à géométrie un petit peu variable comme ça les arrange avec le règlement les suspensions des commissions etc. Ils ont eu une attitude hier que je déplore pendant notre niche parlementaire qui consiste une fois de plus parce qu'ils le font quasiment systématiquement à faire de l'obstruction sur nos textes de niche parlementaire. Je répète que c'est la seule journée dans l'année où de 9h à minuit et à minuit quoi qu'il arrive tout s'arrête nous pouvons décider de l'ordre du jour et des sujets discutés.

23:04
Invité

Est-ce que vous pensez que vos électeurs vous ont confié ce mandat pour renvoyer cette image-là ? Vous trouvez que c'est respectueux ?

23:12
Clémence Guetté

Déjà je n'étais pas en commission des lois et en plus le ton est monté il n'y a pas eu de violence physique je pense qu'il faut vraiment dédramatiser je ne suis pas sûre que les gens soient extrêmement inquiets de cette situation les macronistes vont demander des sanctions nous nous défendrons je veux dire une chose c'est que je suis fière des camarades qui ferraillent contre ce projet de loi qui est absolument indigne

23:32
Présentateur

il ne reste pas beaucoup de temps je voudrais qu'on parle justement de cette proposition de loi immigration elle a été durcie par la droite sénatoriale elle revient le gouvernement dit par exemple en tout cas les macronistes disent qu'ils veulent par exemple réintroduire le fameux article 3 sur les régularisations de travailleurs étrangers sans papier dans les métiers en tension est-ce que typiquement sur ce type de sujet vous pourriez porter un regard favorable avoir voté cet article en particulier

24:03
Clémence Guetté

non les macronistes sont en train de dérouler un récit qui consisterait à dire qu'au Sénat ce texte serait devenu très dur et que eux dans leur envie d'équilibre il est devenu un tout petit peu moins dur à la fin au début il était très dur au Sénat ils seraient en train de le ramollir en commission pour en faire un texte d'équilibre c'est un texte qui est inhumain sur ce sujet des métiers en tension pour le dire le plus clairement possible sont considérés comme des métiers en tension les médecins par exemple ou toute une série de professions dans les cadres supérieurs mais le bâtiment la restauration les aides à domicile tout ça ça n'est pas des métiers en tension donc en fait si vous voulez c'est un prétexte pour dire on régulariserait des travailleurs sans papier alors que les gens qui participent à l'effort collectif dans ce pays qui font des métiers extrêmement durs qui sont des dizaines de milliers je veux le dire maintenus dans une situation de précarité au sein de la commission des lois

24:58
Présentateur

il est possible de réintroduire ce type de détail entre guillemets

25:01
Clémence Guetté

il vous aura pas échappé que les forces de gauche on va dire et les insoumis tout particulièrement ne sont pas majoritaires en commission des lois vous voulez régulariser tous les sans papiers vous c'est ça nous voulons régulariser tous les sans papiers ça ne sert à rien de maintenir les gens dans des situations de précarité qui sont intenables je reçois à ma permanence parlementaire des gens qui sont dans un statut précaire qui reçoivent un récipicé puis on les balade et puis un autre récipicé et puis en fait ils vivent dans la peur alors qu'ils participent à travailler à la richesse de ce pays et que jamais par contre ils n'ont de droits sociaux d'ouverture de droits à la retraite etc je trouve que c'est une situation qui est indigne de notre pays un pays qui est riche qui a les moyens d'accueillir tout le monde de façon beaucoup plus digne et je veux le dire parce qu'on va pas avoir d'autres temps plus de temps pardon il y a d'autres sujets qui sont extrêmement choquants par exemple la question de la rétention des mineurs par exemple la question du regroupement familial l'immigration c'est aussi une chance j'aimerais que ce soit présenté un peu plus souvent comme ça notamment dans le débat médiatique mais aussi à l'Assemblée Nationale

26:01
Présentateur

merci beaucoup Clémence Guettet députée de la France Insoumise du Val-de-Marne merci Agathe Lambré de m'avoir accompagnée on se retrouve demain et dans un instant ce sont les informés de Renaud Delis au programme on reviendra sur la fin de la trêve évidemment sur la bande de Gaza