Affaire Benalla : Macron éclaboussé #cdanslair 19.07.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 9 %Attaque 65 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:38OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est sérieux, c'est grave ?
- 2:56OuverteRéponse directe
Qui est Alexandre Benalla ? Quelle est sa fonction à l'Élysée ?
- 4:04RelanceRéponse partielle
Pourquoi l'Élysée n'a pas transmis l'affaire à la justice ?
- 4:34OuverteRéponse directe
Que faisait-il le 1er mai au cœur de cette manifestation ?
- 5:39OuverteRéponse directe
Pourquoi l'affaire éclate-t-elle maintenant ?
- 8:17RelanceRéponse partielle
Pourquoi cette contradiction entre congé et observateur ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43PrésentateurFait
« L'Elysée a tenté de couvrir cet incident. »
- 1:47InvitéFait
« C'est de loin l'affaire la plus grave qui touche l'Elysée depuis un an. »
- 2:08PrésentateurFait
« Frapper quelqu'un dans la rue quand on n'est pas habilité à rétablir l'ordre, c'est évidemment quelque chose qui doit se retrouver à un moment donné dans un protocole judiciaire. »
- 4:50PrésentateurFait
« Il n'est pas là pour rétablir l'ordre. L'ordre, il ne fait pas partie des services de police. »
- 12:13PrésentateurFait
« Depuis ce matin, Alexandre Benalla est visé par une enquête préliminaire pour violences par personnes chargées d'une mission de service public, usurpation de fonctions et de signes réservés à l'autorité publique. »
- 13:29InvitéChiffre
« Des sanctions contre Alexandre Benalla ont été prises deux jours après les faits, deux semaines de mise à pied sans salaire. »
- 36:04PrésentateurFait
« affaire d'État »
- 36:08PrésentateurFait
« affaire d'État, oui, quand Cahuzac, ministre du Budget, fraude le fisc, on est dans une affaire d'État. »
- 36:11PrésentateurFait
« Là, on a quand même affaire à un sbire, un second couteau, un nervi. »
- 39:04PrésentateurFait
« un président qui ne cesse de nous rappeler au respect des valeurs républicaines, de l'exemplarité. »
- 39:11PrésentateurFait
« il sermonnait un jeune garçon qui lui avait dit « ça va Manu » »
- 39:21PrésentateurFait
« il était indulgent avec un de ses collaborateurs qui tapait sur des individus sans aucun mandat le 1er mai. »
- 43:25PrésentateurFait
« Dès les premiers pas du gouvernement d'Édouard Philippe, le départ des ministres centristes, souvenez-vous, Sylvie Goulard et François Bayrou, notamment, avaient terni l'image d'une république exemplaire. »
- 43:40PrésentateurFait
« Cahuzac, bien sûr, Morel, on l'a cité. »
- 44:15PrésentateurFait
« un assistant censé travailler pour l'Europe et non pour le parti centriste. »
- 44:30PrésentateurFait
« des soupçons d'emploi fictif qui éclaboussent aussi le nouveau garde des Sceaux et chef du MoDem, François Béroux »
- 45:15PrésentateurFait
« le site d'information Mediapart accuse le ministre du budget Jérôme Cahuzac de blanchiment de fraude fiscale »
- 46:56InvitéFait
« La justice, c'est maintenant ! »
- 47:00PrésentateurFait
« Aquilino Morel avait pour habitude de faire cirer ses souliers au sein même de l'Élysée. »
- 49:30PrésentateurFait
« Un châtiment très sévère a été appliqué à cet individu. »
- 50:19PrésentateurFait
« il y a aussi dans ces affaires-là parfois des intérêts politiques qui peuvent se manifester. »
- 52:35PrésentateurFait
« La vidéo sur le pognon de dingue était quelque chose de construit normalement, de voulu pour frapper les esprits et les réseaux sociaux. »
- 53:38PrésentateurFait
« C'est peut-être la plus grave faute politique du cabinet. C'est la naïveté. C'est prendre les gens pour des imbéciles. »
- 55:10PrésentateurFait
« Cela veut-il dire qu'Alexandre Benalla en a déjà eu auparavant ? »
- 55:39InvitéFait
« Il a le sans-cho apparemment et il est violent. »
- 56:19PrésentateurFait
« Ce personnage ne discrédite-t-il pas les services de police ? »
- 57:58PrésentateurFait
« ça accrédite la thèse qui circule beaucoup dans les manifestations qu'il y a des éléments infiltrés, des provocateurs. »
- 59:35PrésentateurFait
« Il n'est pas habilité ce jour-là à le faire. »
- 1:00:35InvitéFait
« Pour le président de la République et les ministres, il y a quand même un corps structuré de protection des hautes personnalités, de gens totalement affûtés, professionnels. »
- 1:01:06PrésentateurFait
« Le président a aussi un net de camp. S'il a besoin de quelqu'un pour lui rendre des services pratiques hors sécurité, il a aussi cela. »
- 1:02:55InvitéFait
« c'est lui qui a été récipendière de la vidéo, du directeur de cabinet de M. Strauss. »
- 1:03:01InvitéFait
« Fusible dit que la responsabilité est ailleurs. »
- 1:03:33PrésentateurFait
« Il y a eu des titres dans la presse allemande avec les images sur un collaborateur d'Emmanuel Macron qui commet des violences dans les manifestations. »
- 1:03:54PrésentateurFait
« Arnaud Montebourg avait renvoyé cet individu. »
- 1:04:01PrésentateurFait
« Normalement, on enquête sur ceux qui sont engagés à l'Élysée. »
- 1:04:20PrésentateurFait
« le dernier avertissement, on n'aurait pas dû en arriver là. »
- 1:04:34InvitéFait
« il porte le titre de chargé de mission. »
- 1:05:05InvitéFait
« le directeur des ressources humaines qui aurait embauché. »
Temps de parole
- Présentateur66 %
- Invité20 %
- ?5 %
- Invité 24 %
- Invité 33 %
≈ 23,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. L'Elysée est dans la tourmente depuis hier soir, depuis la révélation d'une affaire très embarrassante. Un proche collaborateur d'Emmanuel Macron est accusé d'avoir agressé un
manifestant durant la manifestation du 1er mai. Il s'agit d'Alexandre Benalla, responsable de la sécurité du candidat Macron pendant la campagne et depuis un
an
adjoint au chef de cabinet du président. La vidéo de l'agression est sans appel, mais ce qui choque également, c'est que visiblement l'Elysée a tenté de couvrir cet incident. L'intéressé a été suspendu 15 jours, point. Aucune enquête, aucun renvoi devant la justice. L'opposition crie au scandale et dénonce un climat d'impunité. Jusqu'où ira donc cette affaire Benalla ? Emmanuel Macron devra-t-il s'expliquer, on en parle ce soir avec nos invités. Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste à l'Evdomadaire L'Express. Je rappelle aussi votre
dernier livre, La forteresse assiégée, les populismes contre l'Europe, aux éditions Plon. Yael Ghos, vous êtes chef du service politique de France Inter.
Sylvain Courage, rédacteur en chef à l'Evdomadaire L'Obs, en une de votre magazine cette semaine, Les coulisses d'un triomphe consacré à la victoire des Bleus
à
la Coupe du monde de football. Yannick Halimi, vous êtes rédactrice en chef adjointe du service politique du Parisien, aujourd'hui en France. Bonsoir à tous les quatre. Merci de
participer
à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet. Alexandre Benalla, voilà un nom que personne ne connaissait il
y
a 24 heures. Aujourd'hui, ce nom est à la une de l'actualité, Christophe Barbier. On va expliquer en détail cette affaire, mais est-ce qu'on peut tout de suite dire que c'est sérieux, c'est grave ? C'est très grave. C'est de loin l'affaire la plus grave qui touche l'Elysée depuis un an. Loin devant les histoires de vaisselle achetée trop chère ou de piscine à construire à Brégançon. C'est une affaire grave parce que d'un côté, il y a les faits qui peuvent être reprochés à cet individu. Et là, il y
a
une enquête qui est en cours. Et de l'autre, il y
a
l'attitude de l'Elysée qui a visiblement eu connaissance très tôt des faits et qui a décidé d'agir par la clémence. C'est-à-dire non seulement constatant les faits de ne pas transmettre à la justice. Et quand on voit les images, on se rend bien compte que n'importe qui aurait pensé que ça relevait de fait des tribunaux et de la justice. Frapper quelqu'un dans la rue quand on n'est pas habilité à rétablir l'ordre, c'est évidemment quelque chose qui doit se retrouver à un moment donné dans un protocole judiciaire.
Et puis de l'autre, n'essayez de nous faire croire que la sanction administrative qui lui a été infligée, 15 jours de suspension et une apparente rétrogradation dans ses fonctions internes à l'Elysée, c'était suffisant, voire c'était sévère. Donc à la fois dans la gravité des faits, dans la gravité ou dans la légèreté du traitement politique appliqué par l'Elysée et dans la maladresse de communication depuis plus de 24 heures, oui, l'Elysée traverse une tempête extrêmement sérieuse qui vient pourtant après cette phase de victoire de la Coupe du Monde où on avait l'impression que tout souriait à Emmanuel Macron. Ce personnage, Alexandre Benalla, qui est-il ?
Quelle est sa fonction à l'Elysée, Yael Gauze ? C'est vrai que le grand public ne connaissait pas ce personnage. Et ça pose une question de Bruce, il est chargé de mission à l'Elysée, c'est
-à-dire
qu'il est là, embauché par l'Elysée pour le temps du quinquennat, avec des fonctions qui consistent à assurer la sécurité du président de la République. Ça veut dire qu'un chef adjoint de cabinet chargé de mission a une fonction extrêmement importante, élevée, centrale même pour l'Elysée. Et là, on se demande pourquoi cette relation avec Emmanuel Macron ? Parce qu'habituellement, on fait appel aux administrations concernées, à la police, à la gendarmerie. Lui, il est partout. On le voit sur toutes les photos. On le voit au Touquet faisant du vélo avec Emmanuel Macron. On le voit skiant à la mangie derrière Emmanuel Macron. C'est un peu l'homme de l'ombre qui protège Emmanuel Macron.
Donc, il a traversé, je dirais, un peu toutes les époques. On l'a connu aussi au Parti Socialiste, assurant la sécurité de Martine Aubry. On l'a connu dans le PS de François Hollande. Il est parti en marche ensuite. Il a fait la campagne en marche. On le voit dans beaucoup de meetings assurant également la sécurité. Il entre à l'Elysée. Et la question maintenant, c'est pourquoi Emmanuel Macron ne peut pas
couper,
crever l'abcès tout de suite
?
Pourquoi il se contente de rappeler une sanction interne au mois de mai, une sanction administrative, comme disait Christophe Barbier, alors que là, on est dans le dur, dans le sérieux, dans la politique. C'est grave, évidemment, puisque ça impacte immédiatement l'image d'un président perçu comme trop distant par les Français. Et là, on a une affaire qui le met en président de l'impunité. Et ça, ça va devenir très problématique. Que faisait-il le 1er mai
au
cœur de cette manifeste ? Alors d'ailleurs, c
'est
quelle manifestation ? C'est la manifestation des syndicats
? Ce n'est pas la manifestation
principale.
Non, c'est ça. C'est un
rassemblement, place de la Contrescarpe, dans le quartier latin à Paris. Il est censé être infiltré dans les forces de police. Il porte un casque
et
un brassard de la police nationale. Il ne fait pas partie de la police. Donc c'est un des problèmes parce qu'il y a usurpation de fonction. Il n'est pas là pour rétablir l'ordre. L'ordre, il ne fait pas partie des services de police. Et pourtant, on le voit s'activer. Et la vidéo est effectivement accablante. Et d'ailleurs, les CRS sont pratiquement dépassés par la violence et la manière dont ils se comportent. Donc il y a un scandale dans le scandale. C'est que faisait-il là ? Et qui l'a autorisé à participer au maintien de l'ordre ? Ça a été filmé
par
qui ?
Un militant, apparemment. De
la
France
Insoumise.
Un militant de la France Insoumise, ou sympathisant, ou membre, je ne sais pas. Mais ça a circulé dans ces cercles. Et la vidéo a beaucoup choqué. Mais personne ne savait de qui il s'agissait. Et la révélation est venue ce matin de nos confrères du Monde. Oui, image très choquante, Yannick Alimi, en effet. Après, on peut se poser la question pourquoi ça éclate maintenant ? Ah, ça,
c
'est la question. Qu
'est-ce qui s'est passé pendant
deux mois et demi ? Là,
c'est
la question pourquoi
? Là,
ce
sont les remontées d'informations dont la presse peut en être la récipendiaire. C'est le cas du Monde. Pourquoi maintenant, alors que, comme nous le disions, la vidéo a été prise sur le moment par un sympathisant de la France Insoumise, pourquoi maintenant ? Ça, je suis incapable de vous le dire. Alors, on peut imaginer une sorte de main invisible qui aurait fait en sorte que maintenant, après… Je ne
sais
pas, peut-être que vous
avez la réponse, Yannick Al. Par contre, je voulais préciser quelque chose sur… Juste sur la
vidéo et après, on reviendra à vous.
Non,
dans certains cercles ministériels, on dit les bleus, le bus des bleus en Mondovision avec Alexandre Benalla devant, à l'avant, avec son portable, gérant la sécurité du bus, descendant les champs pour aller jusqu'à l'Elysée, devant Didier Deschamps, on l'a vu. Il a été vu, vraiment, pour
le coup, par
tout le monde. Et c'était lundi, ça. C'était lundi. Donc, peut-être qu'il y
a
eu là, à ce moment-là, une… Quelqu'un qui a fait le rapprochement.
Quelqu'un qui a l'aurait reconnu. Mais c'est lui, c'était lui.
Donc,
c
'est…
Hypothèse, hein. Parce qu'en effet, on ne l'a pas encore dit, mais
fait aggravant, pourrait-on dire, Alexandre Benalla, qui était censé être placardisé, était en effet au cœur du dispositif…
À l'extérieur du palais. …de l'équipe de
France, lundi, pendant la fameuse descente des Champs
-Elysées.
Des Champs-Elysées, oui.
Oui, alors,
effectivement, il y a cet élément objectif et concret qui pourrait expliquer pourquoi, maintenant… Voilà, revenons
à une rationalité.
Non, sur la personnalité, sur le pourquoi M. Benalla se trouvait dans ce qui n'était pas une manif, qui était un rassemblement post-manif, bon, à la contre-escarpe. Il était quand même diligenté. Il n'était pas là de façon totalement inopinée et avec une identité usurpée. Il était là à titre d'observateur, comme il peut avoir… Si, ce qu'a
dit
le directeur de cabinet de l'Elysée, c'est qu'effectivement, M. Benalla était là à titre d'observateur, comme une sorte de stage pratique que peuvent faire d'ailleurs les journalistes quand ils veulent s'approcher de la gendarmerie pour voir comment les gendarmes ou les policiers travaillent. Donc, il était là tout de même officiellement. Là, il y
a
un nouveau couac dans le couac, puisque Mme Belloubet, la garde des Sceaux ce matin, devant les députés, a dit contrairement au directeur de cabinet de l'Elysée que M. Benalla n'avait aucune autorisation à être là. Bon, alors, voilà. Mais en tout cas, officiellement, de la part du directeur de cabinet, M. Strodza, M. Benalla était là pour des raisons, mais officielles, à titre d'observateur.
Il a fait plus qu'observé. On nous dit aussi,
de la bouche du porte-parole de l'Elysée, qu'il était en congé. Alors, soit on est en congé, on fait ce qu
'on
veut de ses congés, mais si on fait des bêtises, on rend des comptes devant la justice. Soit on est en observateur, avec une autorisation de l'Elysée, on travaille, et donc on y est dans
les…
Non, on peut faire ça, on peut faire
ça à
titre de formation, enfin… Et dans ce cas-là, pourquoi demander l'autorisation à l'Elysée, si on est dans l'ordre du congé ? Il y
a
une contradiction. Soit l'Elysée donne une autorisation, parce qu'il est dans le cadre de ses fonctions, même si dans ses fonctions, il y
a
le fait d'aller faire des travaux pratiques, pourquoi pas, pour mieux voir comment ça fonctionne. Soit il est
en
congé, et alors là, par quel type d'autorisation faut-il passer quand on est en congé pour faire ce genre d'activité ? L'enquête de l'IGPN interne à la police et l'enquête judiciaire vont devoir faire le clair chemin là-dessus. Certainement. Qui a autorisé quoi et dans quelles conditions il était présent ? Par ailleurs, il n'était pas que présent. Il avait un casque de police, où l'a-t-il trouvé ? On le voit avec un brassard
à un moment donné. Non, c'est normal, c'est normal, la petite de police... Non, ça
franchement, à titre... Après, vous avez raison, il faut peut-être démêler...
C'est comme si vous étiez en stage et qu'on vous donnait l'accoutrement qui va avec le stage. Vous êtes obligés, vous prenez des risques en revanche. Par en même temps, si
vous voulez, attendez, on ne vous entend plus. Pardon. S'il vous plaît. Non, quel accoutrement ? Ce casque, d'où sort-il ? Il est le seul à avoir ce casque-là au milieu de CRS, qui ont des casques de CRS. Il n'a qu'un casque, alors qu'on nous dit que généralement, on équipe avec aussi éventuellement un gilet pare-balles, qui ferait qu'on pourrait utiliser ces instruments,
j'allais dire ?
Non,
mais
plus que de l'usage, parce qu'effectivement... Non, pas les utiliser de façon proactive, mais
d
'avoir un casque,
un casque
spécifique, parce qu'effectivement, s'il faut rentrer dans les détails, mais vous avez raison, un casque spécifique de ceux des forces de l'ordre, parce qu'effectivement, il ne fait pas partie des forces de l'ordre, et surtout, il n'avait pas du tout l'autorisation de se mêler, et de façon proactive comme il l
'a
fait, c'est-à-dire d'aller attaquer lui-même. Il n'était pas en situation de défense, et donc, il n'avait pas à utiliser ses armes et à aller attaquer comme il l'a fait cette personne à terre. Ça, c'est sûr.
On voit bien qu'on a deux affaires, deux polémiques, d'une certaine façon. On a, dans un premier temps, les faits reprochés à ce personnage qui, par ses fonctions, devrait par ailleurs être exemplaire, et ensuite, la clémence, dont l'Élysée a fait preuve à son
sujet, avec une simple suspension de semaine, une mise à pied, et, évidemment, tout cela provoque énormément de réactions. On va revenir tout de suite sur les faits, avec Gladys Laffitte, Julien Launay et Mathieu Lignot.
1er mai dernier, en marche des manifestations, des heurts éclatent entre forces de l'ordre et militants. Cette femme est empoignée par un homme,
mais
ce n'est pas un policier, c'est Alexandre Benalla, un collaborateur d'Emmanuel Macron. Casque de police sur la tête, quelques minutes plus tard, il s'en prend à un homme à terre, la grippe et le frappe.
Il
finit par s'enfuir.
Il
aurait été autorisé par l'Élysée à assister à l'encadrement en tant que simple observateur.
Mais
on le voit ici un peu plus tôt dans la journée, avec un brassard de police et un talkie-walkie. Jérémy Ferrer-Barthomeu a assisté à la scène. Il est aujourd'hui entendu par la police judiciaire.
On
a bien vu que quelque chose d'anormal était en train de se produire. Ce policier de là-bas, croyait-on, était en train de s'acharner, d'humilier publiquement devant les yeux de beaucoup de gens. Un jeune homme qui était à terre, qui ne se défendait plus, qui essayait simplement de parer les coups avec ses bras, tout ça dans un nuage de gaz lacrymogène. Bref, c'était à la fois d'une grande violence, d'une grande impréparation. On sentait que ce policier, entre guillemets, n'était pas un professionnel, n'était pas préparé à cette tâche.
Depuis ce matin, Alexandre Benalla est visé par une enquête préliminaire pour violences par personnes chargées d'une mission de service public, usurpation de fonctions et de signes réservés à l'autorité publique.
Car
son titre exact est adjoint au chef de cabinet du président de la République, chargé de la sécurité du candidat Macron pendant la campagne, puis de celui devenu chef de l'État.
Mais
depuis les révélations du journal Le Monde hier soir, Emmanuel Macron fait la sourde oreille.
Monsieur le
Président, pourquoi ne pas vouloir nous répondre
sur la parole ? Et donc c
'est ça.
Merci, merci.
Non, non, non, la République, elle est inintérable.
C
'est Édouard Philippe, Premier ministre, qui a tenté d'éteindre le feu cet après-midi au Sénat.
Il
a
outrepassé ce statut d'observateur. L'enquête, pardon Madame la Présidente, l'enquête permettra de dire les raisons
et
les conditions dans lesquelles ce
décalage
avec le statut,
ce
dépassement du statut d'observateur a été conduit et réalisé.
Ce
n'est que ce matin que l'Élysée a réagi officiellement par le biais de son porte-parole.
Des
sanctions contre Alexandre Benalla ont été prises deux jours après les faits, deux semaines de mise à pied sans salaire. Cette sanction
vient
punir un comportement inacceptable
et
lui a été notifié comme un dernier avertissement avant licenciement.
Cette
sanction
est
la plus grave jamais prononcée contre un chargé de mission travaillant à l'Élysée.
Un
autre homme présent aux côtés d'Alexandre Benalla a lui aussi été sanctionné. Vincent Crase, ici crâne rasé, réserviste de la gendarmerie et employé de la République en marche. Depuis, sa collaboration avec l'Élysée a été suspendue.
Une
présence qui interroge le syndicat de police Alliance qui demande une enquête.
Pourquoi
il était là ? Qui lui a donné l'autorisation d'être là
? Comme
il est observateur,
pourquoi était-il en plein milieu de l'action ? Pourquoi avait-il le brassard police alors qu'il n'est pas policier ? Pourquoi avait-il le casque maintien de l'ordre ? Et en plus, quand on est observateur, normalement on a un tuteur. Pourquoi le tuteur qui est censé l'accompagner est autorisé à toutes ces genres de choses
? La
police des polices a été saisie aujourd'hui par le ministre de l'Intérieur.
Mais
ce qui pose aussi question, c'est le rôle toujours actif d'Alexandre Benalla. Après avoir été rétrogradé à des missions à l'intérieur de l'Élysée, il a par exemple été vu ce lundi dans le dispositif de sécurité entourant l'équipe de France sur les Champs-Élysées.
– Yael
Gauze,
pourquoi l'Élysée a-t-il réagi ce matin ? Et comment interpréter d'ailleurs cette intervention du porte-parole qu'on n
'a
pas l'habitude de voir
à
l'antenne ? – Moi, j'ai pensé, comme beaucoup de journalistes je pense ici sur ce plateau, que l'affaire allait être purgée très vite. Une fois le scandale lancé sur le site Internet du Monde hier soir, dès le matin, il y aurait un président qui depuis périgueux, puisqu'il est parti hier soir en Dordogne, allait trancher dans le vif et dire « voilà, évidemment, je me sépare de ce collaborateur ».
Et puis non, il utilise, il se défausse sur son porte-parole Bruno Roger Petit, que personne ne connaissait sauf les anciens téléspectateurs d'Antenne 2 à l'époque, et qui aujourd'hui entre dans la lumière à la demande du président, et qui fait donc cette espèce de plateau un peu insipide, mal éclairé, sur une minute quinze. C'est même pas en direct, les chaînes d'info continu pensent qu'ils vont diffuser Bruno Roger Petit en direct, et finalement non, c'est une cassette envoyée comme autrefois. Et là, on se dit « mais qu'est-ce qui se passe ? Emmanuel Macron laisse son porte-parole agir, ne veut pas trancher dans le vif. » Et j'en reviens à la question initiale.
Pourquoi laisse-t-il pourrir la situation ? Qu'est-ce qu'il y a derrière ? On n'a pas la réponse. Est-ce que ce Alexandre Benalla est vraiment si proche d'Emmanuel Macron qu'il ne peut pas s'en séparer comme ça ? On dit qu'avec le temps, une relation de confiance s'instaure. On a vu par le passé des exemples assez similaires. Je pense à Fauzi Lamdawi, qui était le conseiller historique. Enfin, pas le conseiller, l'homme de main de François Hollande, premier secrétaire du PS, qui l'a suivi ensuite à l'Elysée jusqu'à ce qu'il y ait des affaires qui le contraignent à la démission en 2014. Là, je pense qu
'on
est dans le même schéma, c'est-à-dire sur la durée, une relation de proximité qui se crée nécessairement. Et au-delà de la sécurité, Alexandre Benalla s'occupait aussi sans doute d'affaires plus privées, de déplacements plus privés d'Emmanuel Macron, ce qui explique aujourd'hui la gêne qu'a le chef de l'État à se séparer de cet individu. Pour prolonger votre interrogation, regardez cette question SMS qui me semble assez pertinente. Emmanuel Macron
n
'a-t-il pas sous-estimé la gravité des faits ? En était-il totalement informé ? C'est difficile pour
l'instant
de
savoir. Il va
falloir l'établir. Un des aspects troublants de toute cette affaire, c'est qu'il va y avoir une enquête à l'Elysée. On imagine que la police judiciaire va entendre les responsables de l'Elysée, ce qui est quand même quelque chose de très gênant à la longue. Donc pour l'instant, on ne le sait pas. On sait que le directeur du cabinet a validé l'hypothèse sur laquelle il était bien la personne présente sur la vidéo. On nous a expliqué quelle avait été la sanction, mais comment elle a été prise ? Quel était le degré d'information du président ? Est-ce que le président a approuvé cette sanction ? Est-ce que c'est lui qui en a décidé ? Tout ça,
ce
sont des éléments qu'il va falloir éclaircir. Christophe Barbier, c'est tenable ou pas ? Non, ce n
'est
pas tenable. Il faudra faire d'autres exemples que simplement l'éviction de Benalla. Benalla, il est adjoint au chef de cabinet, donc il a un chef de cabinet. Est-ce que cette personne ne doit pas, elle aussi, donner sa démission ? Puisqu'elle a mal contrôlé son subordonné, mal sanctionné son subordonné. On nous dit que c'est le directeur de cabinet aussi qui aurait pu donner l'autorisation et puis valider cette sanction. Directeur de cabinet à l'Elysée, ce n
'est
pas comme dans un ministère, c'est moins important. C
'est
le secrétaire général de l'Elysée qui est le plus important à l'Elysée. Directeur de cabinet,
c
'est un peu plus pour la vie interne. Mais cet individu, quelque part, devrait assumer sa responsabilité et dire « J'ai sous-estimé ce qui s'est passé, je pensais avoir sanctionné sévèrement, c'était visiblement insuffisant. J'aurais dû signaler à la justice, je ne l'ai pas fait, je donne ma démission. » Si c'est lui le responsable. Mais peut-être que c'est plus haut, peut-être que c'est le secrétaire général. Est-ce qu'Emmanuel Macron a vu les images avant de demander qu
'on
sanctionne son collaborateur ? Est-ce qu'on lui a simplement fait un rapport édulcoré ? Ce qu'on sait, c'est que dans la guéguerre qui anime les conseillers, comme dans tous les quinquennats et toutes les présidences, on dit aujourd'hui que beaucoup étaient au courant, presque tout le cabinet, et qu'au bout de 15 jours, l'un des conseillers proches du président a dit « Écoutez, ce n
'est
pas sorti, ça ne sortira plus.
»
Et que du coup, il n'avait absolument plus rien préparé comme communication de crise au cas où ça sorte. Et donc là, il y
a
une légèreté coupable, qui est sans doute un mélange d'assurance. On est à l'Elysée, on est les maîtres du monde. Donc ne venez pas nous embêter avec ça. Et puis, pas vu, pas pris, après il
y
a d'autres événements, il y a la Coupe du Monde qui arrive, on n'en parle plus, et patatras, ça se
coûte à la figure de ces gens le
mi-juillet. Vous partez du principe que Benalla va démissionner ? Je pense que Benalla doit être exclu de l'Elysée. Ce
n'est pas le cas pour l'instant.
Au moins être interdit de séjour à l'Elysée, tant que la justice n
'a
pas tranché, comme ça se passe dans de nombreux cas. Quand des fonctionnaires sont à bon titre suspectés d'avoir commis une exaction, on les sort de leur fonction, ils restent chez eux, on suspend éventuellement leur traitement, et ils ne reviennent en poste que quand toute la lumière a été faite. C'est rituel, c'est habituel. Donc il faut évidemment qu'ils ne puissent plus mettre les pieds à l'Elysée. Le temps que l'enquête se déroule, on verra, il a le droit de se défendre, il est présumé innocent. Et puis, il faut chercher dans la chaîne des responsabilités, d'autres responsabilités. Nous sommes au début de ce qu'on peut appeler le Benalla Gate.
Alors, il ne s'agit pas de se dire que Macron pourrait être amené à interrompre son mandat à cause de ça, on n'en est pas là. Mais il y a dans la chaîne des responsabilités à l'Elysée, d'autres personnes concernées que simplement Benalla. Ceux qui l'ont autorisé à être observateur, et visiblement de manière mal encadrée, et ceux qui ont validé une sanction qui est beaucoup trop légère. Quand le porte-parole de l'Elysée nous dit « Dernier avertissement avant licenciement ». Mais que faut-il faire pour être licencié ? Il faut assommer quelqu'un, tuer quelqu'un.
C'est déjà fait, assommer. Oui, assommer, c'était visiblement bien en cours. C'est
agressant comme légèreté et comme indulgence.
Il
suffit,
comme Aquilino Morel, il y a quelques années, de faire venir un sireur à l'Elysée, aux frais de l'Elysée, et de se faire cirer les chaussures.
Ce n'était pas en fait d'Elysée, il l
'avait payé.
Oui, il l'avait payé. À l'Elysée. À l'Elysée, pardonnez-moi, raison de plus.
Raison de plus.
Aquilino Morel
qui était conseiller spécial de
François
Hollande. Voilà, quand l'Elysée, aujourd'hui, le porte-parole, dit que c'est une des sanctions les plus lourdes portée à un conseiller de l'Elysée depuis la nuit des temps, c'est faux. Aquilino Morel, lui, a été viré, limogé, immédiatement, sans tambour ni trompette. Ça,
c
'est une chose, il faut le rappeler. Et l'autre chose aussi que fait ressortir le syndicat Alliance des policiers, pas dans votre vidéo, mais enfin c'est ce qu'ils disent par ailleurs, c'est que si cette personne avait été véritablement un policier en fonction, pendant ses services et suspecté de tous les faits dont on a parlé, de toute façon tabasser quelqu'un alors qu'il n'était pas encore une fois en situation de défense, cette personne-là, en l'occurrence, si ça avait été un policier, ce policier aurait eu au moins une suspension de 1 à 2 ans, voire un limogéage de sa fonction, si ça avait été un policier en bonne et due forme.
Donc, il y a vraiment quelque chose de pourri au royaume du Danemark à ce niveau-là. La question que vous posiez sur Emmanuel Macron, pourquoi n'a-t-il pas réagi, était-il au courant ? Oui, il était au courant, puisque le directeur de cabinet, dès le 1er mai, l'avait appelé, en tout cas l'avait contacté,
Emmanuel Macron, qui était en déplacement en Australie. Et Emmanuel Macron a répondu à son directeur de cabinet,
prenez, les faits me semblent importants, prenez les mesures adaptées selon l'évaluation que vous en ferez. Bon, ça,
c
'est une chose, c'est un fait. Après, Emmanuel Macron est revenu, on devait être le 2, le 3, le 4, le 5 mai, nous sommes le 18 juillet, il aurait pu ouvrir le dossier et apprécier par lui-même la gravité des faits. Il ne l'a pas fait. Alors, il y a effectivement certaines explications selon lesquelles M. Benalla aurait connaît très beaucoup de choses, mais quoi, de l'avis privé d'Emmanuel Macron, ou pourquoi pas, enfin. Il y a aussi
tout simplement un élément plus politique, plus rationnel, qui a été évoqué, qu'Emmanuel Macron et ses troupes au château n'ont pas
pris
conscience de l'importance, tout simplement, politique, dans l'opinion publique, et puis peut-être réelle, de cette affaire, parce que déconnecté d'un certain nombre de préoccupations et de la hiérarchie des valeurs dans l'opinion publique, sans vouloir faire de rapprochement trop hâtif. Au début, du quinquennat en décembre dernier, lorsqu'ils ont baissé 5 euros les APL, ils ont considéré que c'était rien du tout. Qu'est-ce que c'est 5 euros ? C'est peut-être une marque de déconnexion de la réalité de ce qui se passait sur le terrain.
Là, sur un autre registre, qui est beaucoup plus judiciaire, pénal, etc., il semble qu'il y ait une déconnexion qui continue, puisque la communication est, on le dit,
extrêmement
calamiteuse, et les conséquences qu'il pourrait avoir, effectivement, pourraient remonter tout à fait au directeur de cabinet, qui est M. Strodza, qui est quand même la clé de voûte de toute cette action et de la communication qui en a découlé. M. Strodza est un préfet, qui a 63 ans, on pourrait tout à fait sortir tranquillement. Et là, ce serait quand même un élément qui pourrait, peut-être, désenvenimer la crise politique qui se profile.
Quoi qu'il arrive, Yelgouz est d'accord avec ce qui est dit, le fait qu'on ne va pas en rester là, ça me paraît impossible.
Ou alors,
Emmanuel Macron va tenir le fort ? C'est son habitude, on connaît son caractère, on sait comment il réagit dans les situations de crise, il déteste la bronca de l'info continue, des chaînes d'info continue, et les journalistes qui le harcèlent, là, périgueux, comme on l
'a
vu dans les images en Dordogne. Mais là, comment tenir ? Il considère qu'il ne doit pas réagir sous la pression. Mais cette fois-ci, c'est la République exemplaire qu'il prône depuis le début, qui est en train de s'effondrer en l'espace de 24 heures. C'est parce que là, on est vraiment au cœur. Quelle est la jurisprudence maintenant d'Emmanuel Macron vis-à-vis de collaborateurs ou de ministres qui sont en faute, ou vus en faute ? On se souvient au début du quinquennat, pour Marielle de Sarnez ou François Bayrou ou Sylvie Goulard, c'était sur la base de simples enquêtes préliminaires que les ministres étaient pris de faire leur valise. Et puis il y
a
eu la jurisprudence mise en examen. C'est ça qu'on va appliquer là maintenant pour l'affaire Benalla. Ça paraît assez étonnant. Pourquoi ne pas, dès maintenant, crever l'abcès ? C'est un pourrissement en perspective pour lui, c'est évident. C'est vrai qu'on n'a peut-être pas assez insisté depuis le début de cette émission sur le fait que, évidemment, la décision, la suspension, la mise à pied de 15 jours, peut surprendre. Mais il y a aussi un volet judiciaire. L'Élysée aurait dû saisir la justice.
Le
fameux article 40 du Code de procédure pénale, quand les services administratifs découvrent des faits délictueux, ils doivent les signaler au parquet.
Ils
doivent en faire un signalement judiciaire. Et donc ça n'a pas été fait. Nul n'ignore l'article 40 à l'Élysée. Donc là, il y
a
une faute aussi qui peut concerner
l'ensemble. Il faut que la presse s'emmène pour que ça arrive. C'est quand même assez spectaculaire. Ça,
par contre, ça peut faire partie de l'angle mort d'Emmanuel Macron. Parce qu'il a tellement méprisé la presse, il l'a tellement tenu à l'écart, que là, sur cette affaire précisément, il est vraiment à la merci de la presse. Il est pris dans les raies de la presse. Et c'est aussi ça qui le gêne. Il ne veut surtout pas mettre un genou en terre. Et il était en déplacement en Dordogne. Il voulait donner un sens à ce déplacement, s'occuper des territoires, de la France rurale. Et de se voir ainsi poursuivi par des journalistes qui lui demandent, qui le sommes de s'expliquer sur cette affaire, pour lui, c'est vraiment une
catastrophe.
C
'était Marianne versus
Benalla de l'autre.
C'est une
drôle
de journée. Est-ce que demain, il va
se ressaisir ? Mais à mon avis, il est contraint de communiquer, ne serait-ce que pour contrôler les dommages de cette affaire qui, sinon, va pourrir.
Il
n'est pas que têtu et déterminé, Emmanuel Macron. Il est extrêmement en colère,
m'a-t-on dit. Vous croyez ? C'est ce qu'on m'a dit. Pardon,
Dion,
qui est un peu général et imprécis. En colère contre qui ? En colère contre toutes ses troupes. En colère contre M. Strauss, en colère contre ses communicants, en colère peut-être aussi contre son ami Gérard Collomb. Parce que dans la chaîne des responsabilités, au regard de l'article 40, avant de remonter à l'Elysée,
il
pouvait avoir tout simplement la
préfecture de police qui a eu vent. Puisque les policiers étaient là, tout près, l'article 40 aurait pu être activé par le préfet de police de Paris. Après, il pouvait avoir le ministère de l'Intérieur avant d'arriver véritablement à l'Elysée. Ce qui n'enlève rien à la responsabilité de l'Elysée. Éventuel, juste un point juridique, il me semble que l'enquête préliminaire qui a été ouverte, par le parquet de Paris, je pense, sauf s'il l'a élargi, n'a pas, alors qu'il est, comme fondement, justement, le non-respect éventuel de
l'article 40. C'est uniquement les faits qui se sont produits sur les images.
Donc, juste pour terminer, M. Macron est extrêmement en colère. Je pense qu'il a pris enfin la dimension des faits et puis aussi de l'impact que ça pourrait avoir politiquement. Effectivement, il a tout intérêt à apporter une réponse adaptée à la situation.
Ce qu'on dit à Beauvau, donc le ministère de l'Intérieur, c'est que le 2 mai, ils sont mis au courant de cette affaire, de cette vidéo, et que l'Elysée leur dit, en gros, circuler, il
n'y a
rien à voir, on a pris les sanctions qu'il fallait. Et après, ça y est, ça
reste... L'Elysée,
ce n
'est
pas Emmanuel Macron, le
2 mai. Non,
non, non,
l
'Elysée. Je ne
parle
pas d'Emmanuel Macron précisément, mais à Beauvau, ce qu
'on
dit,
c
'est, nous,
on
nous a dit, circuler, il
n'y a
rien à voir, on a pris les sanctions qu'il fallait, on passe à autre chose.
Et puis, voilà, ça rejaille.
Il y
a
un dysfonctionnement de cabinet évident à cette affaire, et donc, ça exige de la part du président de la République et d'Alexis Collère un réagencement complet de ce cabinet. Qui a fauté où et comment réorganiser le cabinet, qui changer pour que dans l'année qui vient, ça ne se reproduise pas. Ce n
'est
pas forcément illogique avec une équipe qui a enchaîné la campagne présidentielle et la première année de quinquennat et qui peut être à la fois déconnectée, fatiguée, trop sûre d'elle-même et qui finit par faire une faute de ce genre. Affaire d'État, police parallèle, remise en cause de l'État de droit.
Depuis ce matin, l'opposition n
'a
pas de mots assez durs pour dénoncer l'attitude de l'Élysée dans cette affaire, de la France insoumise au Rassemblement national en passant par les Républicains. Tous les leaders politiques n'ont qu'une cible dans leur viseur. Emmanuel Macron, Jérémy Normand avec Mariam Soumaré et Clément Biais.
Le
cas Benalla est-il en train de liguer l'opposition contre Emmanuel Macron
? Depuis
ce matin, les ténors politiques se succèdent au micro des radios et télévisions et dénoncent d'une seule voix la gestion de l'affaire par l'Élysée.
Le
problème, c'est qu'Emmanuel Macron, de ce que je comprends,
a
été informé personnellement.
Et
donc, les portes-coupe-feu n'ont pas fonctionné. Donc, dans cette affaire, la chaîne de responsabilité remonte directement à lui. C'est donc à lui de nous dire s'il a ou non ou s'il compte ou non saisir la justice. Alors, ça devient une affaire d'État, incontestablement.
Déjà, dans les faits, dès lors qu'Emmanuel Macron, son directeur de cabinet, et je suppose Gérard Collomb était au courant
du
délit pénal de M. Benalla,
à la fois le passage
à tabac de manifestants mais aussi l'usurpation du rôle de policier, le code pénal les obligeait, la presseur pénale les obligeait à alerter la justice. Ils ne l'ont pas fait. Il y a-t-il eu des manœuvres pour étouffer cette affaire
?
Vous le pensez
? Je
pose la question et j'attends des réponses comme beaucoup de Français, comme tous ceux qui ont regardé cette vidéo. Est-ce qu
'il
y
a
eu des pressions
? Est
-ce qu'une fois qu'elle a été révélée, il y a eu des manœuvres qui ont été destinées à étouffer l'affaire
et
mettre un couvercle sur tout ça
?
Emmanuel Macron, cible de toutes les critiques. Car à droite, comme à gauche, on voit dans cette affaire le signe d'une dérive sécuritaire du chef de l'État.
Un
président grisé par le pouvoir jusqu'à se considérer au-dessus des lois.
On
ne peut pas vouloir une République exemplaire et considérer que, quand c'est un collaborateur du président de
la
République, il n'a pas, lui, à répondre aux mêmes règles que n'importe quel Français. C'est une évidence. On ne
peut
pas faire la leçon à un collégien et ne pas la faire à quelqu'un qui
est
dans son propre cabinet. On n'a jamais vu sous aucun président de la République récent une police parallèle à l 'Élysée.
Donc,
est-ce qu'il y a une police parallèle dans notre pays ? Je veux dire, on ne se rend pas compte de ce scandale d'État. Mais M. Macron se croit au-dessus de tout. Si nous supportons que n'importe qui fasse la police aux côtés de la police, alors nous ne sommes plus dans un état de droit. Et en ce moment, on a de nombreuses raisons de craindre que le président se soit en quelque sorte grisé de lui-même. Une accusation partagée à l'opposé de l 'échiquier politique.
Le
porte-parole du parti de Marine Le Pen dénonce lui un signal de déconnexion totale d'Emmanuel Macron et sa cour. Face au quasi-mutisme du président, les députés interpellaient dès ce matin la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, en séance à l'hémicycle.
Merci,
M. le Président.
Est
-ce que vous souhaitez, oui ou non, Mme la garde des Sceaux, saisir la justice de ces faits
? Je
n'ai absolument pas la possibilité de donner aucune instruction individuelle au magistrat. Depuis le 1er mai, puisque les faits avaient été portés à la connaissance du président de la République, il aurait été possible d'activer l'article 40. Je regrette que cela n'ait pas été fait, puisque c'est une obligation pour tous ceux qui ont connaissance de faits délictueux. Vous avez parlé d'agression, Mme la garde des Sceaux à l'instant, c'est-à-dire que c'est un délit. Vous avez parlé de faits graves et je pense que cet article 40 aurait pu être mobilisé.
L
'exécutif pressé de s'expliquer par l'opposition dans une affaire qui pourrait durablement entacher le quinquennat.
En
fin d'après-midi, un groupe de sénateurs a demandé l'audition en urgence du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.
Le
porte-parole de l'Élysée a parlé ce matin. On a vu aussi le Premier ministre au Sénat qui s'est exprimé, le ministre de l'Intérieur, mais bon, le principal intéressé, et je ne parle pas de M. Benalla, mais je parle bien sûr
d'Emmanuel Macron, ne parle pas pour l'instant. Un mot arraché tout à l'heure à Périgueux, il faut qu'il parle ? Non, moi je pense qu'il faut qu'il agisse. Je pense qu'il faut qu'il prenne des sanctions, qu'il remette de l'ordre dans sa maison, parce que l'Élysée c'est sa maison, ce sont ses collaborateurs, il les a choisis, et avec Alexis Colère, il faut qu
'il
fasse le ménage. Donc c'est de
l
'action qu'on attend du Président, sa réponse, ça ne sera pas des mots, ça doit être des actes. Visiblement, il y
a
eu un grave dysfonctionnement du bout en bout, du moment où ils ont les images devant les yeux à l'Élysée, jusqu'à la mauvaise communication de ces dernières 24 heures et à cette intervention qui oscille entre le calamiteux et le désastreux de la part de Bruno Roger Petit. Donc voilà ce que le Président a comme bilan de l'action de son équipe sur cette affaire-là. C'est un désastre. Donc il faut qu'ils prennent des mesures pour que, désormais, il
y ait
une meilleure équipe pour gérer ce genre d'affaires. On ne peut pas se contenter d'attendre la punition de celui qui a commis l'effet. Il faut regarder la chaîne de responsabilité. Il y
a
un problème d'image et ça a été pointé d'ailleurs par Yael Ghos. Regardez cette question SMS. Où se trouve l'exemplarité prônée par le chef de l'État ? Sylvain Courage, c'est vrai que c'est quelque chose qui est brandi comme un totem depuis le début du quinquennat. Et là ? Oui, alors ça, ça a été un thème de campagne. Il disait même la République irréprochable, ce qui est encore plus fort. Et donc effectivement, ça revient comme un boomerang. On a déjà vu ça à plusieurs reprises. Et c'est imparable. C'est
-à
-dire que c'est très compliqué ensuite de revenir sur ce sujet-là. Et ça, c'est presque une décision mortelle parce qu'on ne peut pas la guérir. quand on a promis d'être irréprochable et qu'on doit accuser de réception de ce genre de faits, c'est fichu. Donc il n'y
a
qu'une façon, c'est d'essayer de s'en excuser, de s'en expliquer. Et on en est loin. Ce qui est terrible, et peut-être pire encore, c'est qu'il y a un côté ancien monde, finalement.
Ça
rappelle plutôt François Mitterrand. Enfin, je veux dire,
dans
l'intrigue interne, l'lyséenne, le côté ténébreux, le premier cercle du président qui est touché... Voilà, on a l'impression de revenir aux années 80.
D
'autant
plus que, pour
revenir à la place d'Alexandre Benalla dans le cabinet du président, il fait partie de ces chargés de missions dont l'identité n'est pas dévoilée, publiée dans les journaux officiels. Il y a comme ça des catégories de chargés de missions qui n'apparaissent, encore une fois, ni de façon nominative dans le journal officiel, ni même dans l'organigramme de l'Elysée. C'est pas une exception cette année. Mais ça existe, ça fait partie...
Une opacité.
Une opacité qui génère des fantasmes de cabinets noirs, etc. Alors attention, ce monsieur, quand même, ne se chargeait que de la sécurité. C'était pas une éminence grise, etc. Mais ça participe là, aujourd'hui, maintenant qu'on commence un peu à connaître ce monsieur et la place à l'Elysée, de cette opacité, de ce... Mais je pense qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron l'a dit, mais je pense que là, il va prendre le temps de faire lui-même l'analyse des responsabilités et de regarder ça comme il sait le faire parfois, voyez-vous, au trébuchet et de voir où ça a pêché. Il va laisser faire aussi la justice parce qu'il n
'est
pas question aujourd'hui puisque une enquête est lancée. Peut-être qu'une commission d'enquête, les partis politiques de l'opposition le demandent, va pouvoir aussi être diligenté à l'Assemblée nationale et peut-être au Sénat. Il va aussi devoir, M. le Président de la République, laisser faire la justice mais il va falloir qu'il prenne une décision plus que symptomatique. Je vous dis,
ça passera peut-être, peut-être par l'éviction de son directeur de cabinet. Oui, bien sûr, il faut des mesures de ce type. Il y a eu deux abus de langage dans la parole de l'opposition depuis hier. D'abord, affaire d'État, on est face à un scandale, c
'est
une affaire gravissime. Mais affaire d'État, oui, quand Cahuzac, ministre du Budget, fraude le fisc, on est dans une affaire d'État. Là, on a quand même affaire à un sbire, un second couteau, un nervi. On n'est pas non plus dans un ministre qui aurait complètement trahi sa fonction. Et puis, cabinet noir. Nupont-Aignan a utilisé cette expression ce matin. Il faut qu
'on
nous donne des éléments. Si des gens, des informations sur des activités dans l'ombre qu'aurait remplies Alexandre Benalla au profit de Macron pour cacher telle ou telle distraction nocturne, il faut qu
'on
nous le dise. On ne
peut
pas lancer des accusations de cabinet noir sans apporter des preuves. Il y a des écarts de langage. L'opposition se déchaîne. Il y a El Gauze. C'est le jeu aussi. C'est vrai que c
'est
la première fois que l'Elysée commet un tel faux pas. C'est ça. Et il y a aussi les silences très lourds qui en disent long au sein de La République En Marche. Notamment de la part de toute cette génération qui a fait ses classes à l'UNEF. Rappelons que cet apéro militant Place de la Contre-Escarpe était organisé notamment par l'UNEF. Que disent les Pierre Persson, les Gabriel Attal, toute cette génération de députés En Marche qui aujourd'hui se tait, mal à l'aise ? On a Bruno Fuchs qui était un député En Marche qui a dit qu'il faut le licencier, que ça ne peut pas durer. Laurent Saint-Martin. Ce sont des voix très discrètes mais qui sont des silences qui sont lourds. Pourquoi ?
Parce que le mois de juillet pour Emmanuel Macron était conçu comme une grande séquence retour à la proximité. Toutes les enquêtes d'opinion montrent qu'il y a cette distance qui lui est reprochée. Le sparadrap vie, le président des villes, le président des riches que Laurent Wauquiez veut coller au dos d'Emmanuel Macron. Ça commence à porter ses fruits. Donc c'était la proximité. Ça passait par quoi ? Par la Coupe du Monde, proximité majeure avec les Français, on célèbre les Bleus mais sans trop en faire, on dose intelligemment, il ne prend pas la coupe dans sa main.
C'était ensuite aller en Dordogne pour parler aujourd'hui des services publics, l'accès dans les territoires aux services publics. C'était aussi le sommet social avec les syndicats. Mardi matin,
on
recommence à parler des corps intermédiaires et du respect des corps intermédiaires. Et là, qu'est-ce qu'on a ?
On
a tout sauf la proximité. On a que vont dire les syndicats par rapport à ce qui s'est passé. Place de la Contrescarpe, c'est terrible. C'est terrible pour eux. À la rentrée, il y aura d'autres manifestations. Il y aura le débat sur les retraites qui va monter. FO, CGT ont prévu d'autres journées de manif à l'automne. Comment ça va se passer ? Quelle crédibilité ensuite pour Emmanuel Macron pour dialoguer avec ces corps intermédiaires-là, avec la jeunesse aussi qui est engagée sur Parcoursup, le service universel obligatoire, le service national, tous ces sujets qui touchent à la jeunesse ou au social.
Là, pardon, mais avec cette affaire Benalla, il n'est plus crédible pour parler à ces catégories de français, syndicats et jeunesse. C'est très, très compliqué pour lui
à partir de maintenant. C'est intéressant
de voir quels peuvent être, Christophe Barbie, les dégâts dans l'opinion. Parce que là, depuis 24 heures, évidemment, ça fait les choux gras de la presse, mais est-ce que l'opinion va s'intéresser à cette histoire ? Est-ce que l'opinion va être choquée
? L
'opinion est plutôt sensible à ses problèmes de vie quotidienne. On le voyait ce matin, d'ailleurs, en Dordogne, les Français parlaient au président des services publics
défaillants,
du pouvoir d'achat et se préoccuper peu de l'affaire Nebala. En revanche, ça va quand même laisser des traces parce que c'est en contraste complet avec la parole publique d'un président qui ne cesse de nous rappeler au respect des valeurs républicaines, de l'exemplarité. Alors, il en a fait, évidemment, l'éloge aux côtés des Bleus dans cette dernière phase. Il n'y a pas un mois, il sermonnait un jeune garçon qui lui avait dit « ça va Manu » et ça a fait le tour du pays et on l'a amplement commenté. Et pendant ce temps-là, il était indulgent avec un de ses collaborateurs qui tapait sur des individus sans aucun mandat le 1er mai. Ce n
'est
pas possible. C
'est une affaire de
dingue. C'est une affaire de
dingue. On
ne
peut pas dire « faites ce que je
dis, ne faites pas ce que je fais, ne faites pas ce que font mes collaborateurs ». Là,
il
y a une contradiction qui relève de l'hypocrisie politique et ça,
ça
fait toujours des dégâts dans l'opinion. Sylvain Courage, vous pensez que ça va avoir un
effet
dans l'opinion
? Oui,
dans l'opinion de gauche notamment parce que qu'un chargé de sécurité de l'Elysée aille sur son temps de loisir molester des manifestants en plein quartier latin,
c
'est trop beau pour être vrai.
C
'est l'illustration, le symbole idéal pour remobiliser cette gauche manifestante qui n'avait pas tout à fait réussi son pari. Là, on tient une histoire, on tient un symbole et pour la France insoumise en particulier, c'est un peu un boulevard et je pense qu'ils ne
vont
pas rater l'occasion de l'utiliser. Jeanne Kalimi ?
Alors, écoutez, oui, la situation peut être grave pour toutes les raisons qu'on vient d'indiquer. Je me permets tout de même d'apporter un bémol, ne serait-ce que pour être modeste dans nos commentaires et ne pas seulement faire des commentaires à chaud, même si tout ce qu'on a dit sont des éléments extrêmement objectifs et de fait extrêmement graves pour le pouvoir en place. Il n'empêche que pour que la coupe déborde véritablement, encore faut-il que les gouttes se soient accumulées sur un État qui serait déjà une autorité qui serait déjà en déliquescence. Aujourd'hui, certes, la côte de popularité d'Emmanuel Macron est en baisse, on le dit. Ça fait un an qu'il est au pouvoir.
Il y a un tas de leviers politiques qu'a évoqués Yaël Gauze qui permettaient là, au jour d'aujourd'hui et dans les semaines qui viennent,
à
Emmanuel Macron peut-être de redonner sinon un peu de souffle à sa côte de popularité, en tout cas, essayer de donner un peu de souffle à sa politique. mais ce qui est important quand même aujourd'hui, c'est qu'Emmanuel Macron, malgré tout ce qu'on vient de dire, reste quand même un président qui n'est pas touché par une malfaçon dans son autorité de président. Au contraire, on lui fait plutôt le reproche contraire d'être trop jupitérien, trop vertical, trop autoritaire, trop monarchique, décidant trop unilatéralement. Donc, je ne dis pas que la crise ne laissera pas de traces.
De là à dire qu'elle va entraver dans les semaines qui viennent la politique de réforme que veut mener le gouvernement et Emmanuel Macron. Je n'en sais rien, je veux rester modeste parce que, encore une fois, certes, les partis de l'opposition vont en faire leur miel et c'est bien normal, ce n'est pas du tout péjoratif que de dire ça. Mais, encore une fois, l'État, aujourd'hui, reste bien incarné, me semble-t-il, on peut le critiquer, mais, voilà, il faut rester calme et attendre la façon dont il va traiter, lui, Emmanuel Macron, la crise à chaud. Il peut encore garoter la crise,
en
tout cas, à l'heure qu'il est. Tout n'est pas dit.
Il y a un autre élément calendaire. On est le 19 juillet, les vacances sont
là,
l
'été. Le Rainbow Warrior était
encore plus grave comme affaire. Ça a éclaté pendant l'été, ça a cheminé pendant l'été, ça a donné le résultat.
Il y a une enquête judiciaire. Mais on
était dans une autre dimension aussi. Non, mais il
y
a l'enquête. Je trouve ça très difficile pour l'Élysée de faire face à cette enquête judiciaire parce qu'on va pouvoir entendre les conseillers, le directeur de cabinet. Ce feuilleton-là, il est
dévastateur. Il est préliminaire encore. Il est préliminaire, mais
si elle est ouverte. Et puis, vous parliez de vacances, Bruce, mais celui qui est en charge de la sécurité à Brégançon pour les vacances à venir du président, c'était initialement Alexandre Benalla. Donc, voilà, est-ce qu'on peut le changer maintenant ? Est-ce
que...
C'est une
des questions... Voilà, c'est une
question pour les vacances haussiennes du président. Oui, mais est-ce que vous pointiez à l'instant, en effet, sur l'enquête préliminaire ? Mais enfin, vu les éléments dont nous disposons, c'est-à-dire la vidéo, je ne vois pas comment
ça va faire pour aller classer. Enfin bon, c'est jamais... On va laisser la justice sur son... Il y a un
inconnu, ce sont les victimes. Parce que les victimes n'ont pas déposé de plainte. Pour l'instant,
elles sont activement recherchées par la
presse, mais pour l'instant, elles n'ont pas témoigné, elles n'ont pas donné leur version. Ce n'est pas la première crise qui secoue l'Élysée. Dès les premiers pas du gouvernement d'Édouard Philippe, le départ des ministres centristes, souvenez-vous, Sylvie Goulard et François Bayrou, notamment, avaient terni l'image d'une république exemplaire. Mais avant Emmanuel Macron, le quinquennat de François Hollande avait déjà été entaché par plusieurs affaires qui ont embarrassé le pouvoir, si ce n'est pire, Cahuzac, bien sûr, Morel, on l'a cité.
Des affaires à la communication plus ou moins bien gérées, plutôt moins bien que plus d'ailleurs, et qui peuvent abîmer durablement l'image d'un président. Victoria Rouxel, Pierre
Millet et Diane Caccarella.
C
'est un gouvernement qui se voulait exemplaire. Pourtant, un mois après sa formation, premier départ, Sylvie Goulard remet sa démission.
Un
passage éclair.
L
'éphémère ministre des Armées est suspecté d'avoir mis à disposition de son parti, le MoDem, un de ses assistants parlementaires européens. un assistant censé travailler pour l'Europe et non pour le parti centriste.
Des
soupçons d'emploi fictif qui éclaboussent aussi le nouveau garde des Sceaux et chef du MoDem, François Béroux, l'effet domino est immédiat. Il donne sa démission, 24 heures après la ministre, un choix logique pour celui qui avait œuvré en faveur d'un gouvernement irréprochable.
Je
choisis de préserver la loi de moralisation et de confiance dans la démocratie.
Je
choisis de ne pas exposer à des campagnes mensongères le gouvernement et le président de la République que je
soutiens.
Premier
couac du quinquennat Macron rapidement maîtrisé, on ne transige pas sur une République exemplaire.
C
'était aussi le souhait du président François Hollande entouré de ministres qu'il espérait vertueux.
Alors
qu'en décembre 2012, le site d'information Mediapart accuse le ministre du budget Jérôme Cahuzac de blanchiment de fraude fiscale, l'exécutif fait bloc derrière lui pendant de longs mois.
Je
n'ai pas, monsieur le député, je n'ai jamais eu
de
compte à l'étranger,
ni
maintenant, ni avant.
Face aux accusations, le gouvernement soutient Jérôme Cahuzac, une stratégie de communication menée par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault pour éviter le naufrage du navire gouvernemental.
J
'ai toute confiance dans mon ministre, Jérôme Cahuzac,
il
ne s'est pas exprimé n'importe où aujourd'hui, il s'est exprimé dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.
Sans scier, Jérôme Cahuzac s'enferme dans une spirale du mensonge. Lui qui avait fait de la lutte contre la fraude fiscale une priorité est pris à son propre piège.
L
'épreuve de sa culpabilité s'accumule.
Le
19 mars 2013, une information judiciaire est finalement ouverte.
Le
ministre ne s'en relèvera pas.
Il
annonce sa démission le jour même avant de passer aux aveux deux semaines plus tard. Une trahison pour François Hollande.
C
'est une faute impardonnable.
C
'est un outrage
fait
à la République.
D
'autant que les faits reprochés sont eux-mêmes intolérables. Levez la main droite
et
dire je le jure.
L
'affaire Cahuzac, la plus importante faillite politique et morale du quinquennat Hollande.
Une
crise qui aura aussi permis des avancées en termes d'exemplarité politique. Dans la foulée du scandale, François Hollande annonce la création de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique qui divulgue notamment les déclarations de patrimoine des élus.
Le
président apprend de ses erreurs au dépens de son conseiller Aquilino Morel, sa plume pendant la campagne présidentielle.
C
'est maintenant ! La justice, c'est maintenant !
C
'est une histoire de chaussure qui lui fait perdre pied en 2014. Aquilino Morel avait pour habitude de faire cirer ses souliers au sein même de l'Elysée. Des faits jugés déplacés, le conseiller annonce sa démission en moins de 24 heures. Selon ses dires, cette erreur était l'occasion rêvée pour le Parti socialiste de se débarrasser de lui.
Oui,
c'est une faute qui méritait sanction. Et ce que je regrette infiniment,
c
'est que cette sanction ne soit pas venue de façon normale. Qu'est-ce qui aurait été normal, humain, loyal ? C'est que le président informé de cette faute, qui était une faute de comportement stupide, stupide, me convoque dans son bureau et me dise écoute, tu as fait une erreur, d'abord je te demande que ça ne se reproduise jamais, il y
a
la limite qu
'il
me sanctionne. Là-t-il fait ? Non.
Lui
et les gens qui étaient informés de cette faute l'ont conservé par deux verreux pendant un an. Vous êtes sûr de ça ? Oui, je suis sûr de ça.
De petits couacs, en crise politique, les présidents doivent manier la communication avec subtilité pour se maintenir dans l'opinion publique. Dans l'affaire Benalla qui secoue l'Elysée depuis hier, l'entourage d'Emmanuel Macron multiplie les prises de parole pour pallier le silence d'un chef de l'État déjà en berne dans les sondages. La communication de crise, Christophe Barbier, on est tous d'accord je crois autour de cette table pour dire que ça doit être un boulot difficile d'être à l'Elysée, de gérer la communication, de gérer les couacs, etc. Mais on a le sentiment qu'on n'apprend jamais des erreurs du passé et que ça se reproduit systématiquement. À chaque fois, avec les mêmes... Je
parle de la communication. Le
même cycle d'erreurs sur la communication de crise. Trop attendre. Là, on a quasiment 16 heures de délai entre le moment où les révélations du monde sont faites et le moment où le porte-parole de l'Elysée, qui n'était certainement pas la bonne personne sur cette affaire-là pour s'exprimer, en tout cas pas dans cette forme-là, prend la parole. Le président était déjà en route pour la Dordogne et on a l'impression que d'un seul coup la machine s'arrête. Que sans le président, rien ne peut se décider, rien ne peut se faire. Et pendant des heures et des heures, on spécule que s'est-il passé, l'Elysée savait-il, pourquoi n'ont-ils rien fait ?
Et donc on a l'impression que pendant ce temps-là se construit à l'Elysée une vérité officielle, qu'on va essayer de nous imposer le lendemain. Donc la spontanéité, c'est la première vertu de la communication de crise. Ensuite, il
faut
des professionnels de la communication de crise. Il
y a
des gens spécialisés dans les entreprises, il y
a
des choses à dire, à ne pas dire, voilà. Et donc là, il fallait analyser toutes les fautes qui avaient été commises. Une sanction trop légère, l'absence de référence à l'article 40 et répondre sur chacun de ces points-là. Au lieu de ça, on a à 9h du matin dans une vidéo enregistrée et mal présentée, on a l'impression qu'on nous dit circuler, il n
'y a
rien à voir. Un châtiment très sévère a été appliqué à cet individu. D'ailleurs, il n'était pas le seul,
il
y avait un de ses camarades avec lui. Alors lui,
c
'est pire, il ne met plus les pieds à l'Elysée. Vous voyez, nous avons été exemplaires puisque nous avons été sévères. Mais évidemment, ça ne tient pas la route 5 minutes parce que c'est archaïque dans la forme et incomplet dans le fond. Donc la communication de crise, c'est un métier, visiblement, ce métier n'est pas exercé à l'Elysée. Question SMS, l'Elysée sait très bien qu'on ne peut rien cacher à l'époque numérique. Alors pourquoi ne pas avoir été plus radical sur ce sujet ? C'est vrai que le
fait qu'il
y ait une vidéo, c'est quand même un facteur aggravant. La faute politique, ça consiste à pousser la bavure sous le tapis parce qu'évidemment, elle est ressortie. Et penser que parce que trois semaines, un mois s'est écoulé, l'affaire est oubliée parce qu'elle peut ressurgir à tout moment. Tout en plus qu'il peut y avoir des tensions à l'intérieur de l'Elysée, dans la majorité, que sais-je. Parce que bon, voilà, il y a aussi dans ces affaires-là parfois des intérêts politiques qui peuvent se manifester. Donc c'est beaucoup de naïveté. J'ajoute à la communication calamiteuse les couacs puisqu'on a vu que la garde des Sceaux n'était pas sur la même ligne que l'Elysée.
Donc ça aussi, les contradictions entre les différentes instances, c'est déplorable.
Comment jugez-vous la communication, Jeannick Halimi
? Parce que
communication, il y a
?
Non, mais on
l'a dit.
Non, mais elle est calamiteuse. Une communication, c'est aussi, comme le disait Christophe Barbier, mais c'est aussi de l'information. Donc on peut légitimer, on peut dire qu
'il
n
'y a
rien à voir, mais qu'on apporte une information. Là, M. Brune-Rochepetil n'a rien apporté, sauf ce deuxième homme, effectivement, qui était donc
camarade... camarade... Mais qui n'était pas salarié de l'Elysée.
Qui n'était pas salarié... De la République en Marche ? De la République en Marche. Elle n'est pas
licenciée au moment où on se parle de la République en
Marche.
Voilà. Mais enfin bon, qui ne fait plus office de fonction d'agent de sécurité, mais qu'on apporte des informations. Donc si on ajoute à tout ça le fait qu'il y
a
un temps énorme qui s'est écoulé entre les faits et puis la crise et puis la tentative d'explication, il faut maintenant qu'il y ait une décision de prise. Qu'on garotte, qu'on arrête l'hémorragie et qu'on tente de trouver un sens à tout ce scandale qui pourrait effectivement enfler ou se désenfler. Pourtant, Yael Gauze, les exemples précédents ne manquent pas. On voit à chaque fois ce qui marche, ce qui marche moins bien en termes de communication.
Encore une fois, pourquoi c'est si difficile ?
Pourquoi
c'est difficile ? Parce que là, je pense qu'il
y
a aussi la distance. On a un président qui est embarqué dans son déplacement de 48 heures sur les services publics de proximité. Il ne
veut
pas sortir de cette séquence-là qui est une séquence où il était défi à
faire
un bain de foule hier soir tard dans les rues de Périgueux. C'est une séquence où il va célébrer Marianne, le nouveau timbre, les services publics, la poste. Il ne veut pas sortir de ce schéma-là. Il est en province et puis ce truc arrive le soir. Effectivement, c'est étonnant que ce ne soit pas mieux préparé en amont parce que l'Elysée, joue à fond sur les réseaux sociaux, connaît par cœur le fonctionnement. L'Elysée a recruté de jeunes experts de l'image et du numérique justement pour moderniser l'Elysée. La vidéo sur le pognon de dingue était quelque chose de construit normalement, de voulu pour frapper les esprits et les réseaux sociaux.
Et là, ça se retourne sur les réseaux sociaux qui se retournent très facilement, très bêtement contre l'Elysée. C'est tout à fait étonnant et c'est amateuriste. C'est d'autant plus étonnant que la semaine, souvenez-vous, on a l'impression que c'était il y a une éternité, mais c'était il
y
a 4 jours. C'était ouverte d'une certaine façon avec cette photo incroyable d'Emmanuel Macron pendant la finale de la Coupe du Monde. Photo qui fait le tour du monde et qui montre un président vraiment
au
sommet.
Oui,
mais
qui a... Donc la communication...
Le poing en l
'air, comme
ça... Elle qui est accomplie
par l'image, peut périr par l'image.
La roche
tarpeyenne est proche du Capitole et les images se retournent aussi contre Macron quand elles sont négatives. L'enregistrement de la voix de Cahuzac a mis des années à ressortir et c'était un mauvais enregistrement et c'est quand même lui qui a fait éclater la vérité à un moment donné. Alors pensez qu'aujourd'hui en effet, sur des actions dans la rue, alors que tout le monde filme, parfois la police, elle-même filme ces moments-là et puis évidemment des militants filment d'éventuelles violences policières. Pensez que ça ne serait pas filmé et que ça ne sortirait pas. C'est peut-être la plus grave faute politique du cabinet. C'est la naïveté. C'est prendre les gens pour des imbéciles.
Et pensez que du haut de l'Elysée, si on décrète pas vu, pas pris, ça sera à la fois pas vu et pas pris. C'est vu et pris. Bon, on verra évidemment dans les prochaines heures, voire les prochaines minutes si des décisions sont prises, si d'autres réactions politiques se font entendre. C'est vrai que pour l'instant du côté du gouvernement,
on ne se
bouscule pas pour répondre. Julien Denormandie, ce matin, secrétaire d'État au logement qui a parlé
de... C'était le même
temps, c'était comportement inacceptable et en même temps des sanctions ont été prises.
C
'était ça.
Mais pour le reste, on ne peut pas dire qu'on soit abreuvé de déclarations de la majorité et du gouvernement. Voici maintenant vos questions SMS
et Internet.
Pourquoi
la sécurité du président n'est-elle pas exclusivement du ressort des agents publics ?
Tout
à fait. Le fait qu'il
y ait
un chargé de mission qui visiblement puisse donner des ordres à des services officiels, des gendarmes, des policiers, le service de protection des hautes personnalités, enfin tout ce qui est la tirée de sécurité, c'est déjà étrange. Pourquoi un président se dote-t-il d'un chargé de mission qui ordonne sa sécurité ? Dans une campagne électorale, on comprend, c'est toujours des zones grises et que cet individu a été directeur de la sécurité pendant la campagne. Pourquoi pas ? Mais quand on arrive à l'Élysée et qu'on est chef de l'État, il y a des professionnels pour ça. Il y
a
des services de renseignement, des gendarmes,
des
policiers. Il ne faut pas en sortir, ne serait-ce que parce que eux sont dans une hiérarchie où on connaît les chaînes de décision et les chaînes de responsabilité. Dernier avertissement, c'est le terme qu'a utilisé en effet Bono-Roger Petit, le porte-parole de l'Élysée, ce matin. Cela veut-il dire qu'Alexandre Benalla en a déjà eu auparavant ?
Avec
lequel ? On n'a pas d'éléments
? Oui,
des avertissements en tout cas au rôle parce qu'il
y
a eu quelques petits comportements déplacés depuis la présidence d
'Emmanuel Macron.
Il
y a
un journaliste de public Sénat qui se souvient bien des
interventions de Benalla qui a été exprimée.
Et puis
auparavant...
Puis il
y a
un militant communiste aussi, il y a quelques témoignages
qui
sont sortis
depuis... Donc
il ne découvre pas la personnalité en plus de
ce personnage. Il a le sans-cho apparemment et il
est violent.
Voilà, et Arnaud Montebourg également, qu'il avait eu à son service lorsqu'il était ministre, je crois, s'en était dégagé Manu Militari parce qu'il avait fait un accident, enfin il avait perpétré un accident, M. Benalla et que ça avait tourné à la RICS, enfin ça avait tourné de façon extrêmement violente et M. Montebourg lui-même avait dit je n'en veux plus. Donc la personnalité, indépendamment de sa fonction, effectivement la légitimité de son rôle, la personnalité de ce monsieur était connue d'un peu
tout le monde. C'est très curieux. Et des abus pendant la campagne, il voulait que l'équipe de Macron investisse dans des flashballs ou des boucliers et ça a été refusé par le trésorier. Ce personnage ne discrédite-t-il pas les services de police ? C'est assez curieux que, on l'apprendra peut-être, que les services de police officiels n'aient pas protesté contre l'influence visiblement très forte de cet individu dans l'entourage du président et sur sa sécurité. Peut-être l'ont-ils fait d'ailleurs, peut-être qu'à l'intérieur
du cabinet... C'est peut-être l
'aboutissement d'ailleurs de ça aujourd'hui, d'une petite guerre de
police contre l'Élysée. On sait que les
présidents sont très paranoïaques à ce sujet. Ils se méfient tantôt de la police, tantôt de la gendarmerie qui est censée les protéger ou pas. Il y a toujours des intrigues autour de cette question de la protection et c'est un rôle très exposé. Donc, effectivement, il peut y avoir des règlements de compte entre eux. Emmanuel Macron n'est-il pas l'objet d'un chantage de la part d'Alexandre Benalabra
?
La théorie du complot ressurgit instantanément. Bon,
on n'en sait rien. On sait-il
beaucoup sur la vie
privée
d'Emmanuel Macron ? Ça, on est dans l'exploitation politicienne par l'opposition
qui veut nous
faire croire que derrière une affaire déjà gravissime, il y
a
plus. Il
y
en a d'autres. Pourquoi ne parle-t-on pas des victimes ? Ont-elles porté plainte ? Vous en parliez tout à l'heure en effet. C'est vrai que c'est étrange pour
l'instant. J
'imagine qu'elles seront entendues dans le cadre de l'enquête préliminaire mais pour l'instant, on ne sait pas de qui il s'agit. Elles n'ont pas été identifiées par la presse en tout cas. Comment expliquer que cet homme portait un brassard de policiers ? Qui
le
lui a fourni ? À quel niveau de responsabilité
? Ça
aussi,
c
'est
une des zones du GPN. L'inspection générale de la police
nationale qui a été saisie, on l'a appris
tout à l'heure par Gérard
Collomb, devra indiquer cela. Ne faut-il pas
s'inquiéter quand les forces de l'ordre sont accompagnées de barbouzes sans que cela les gêne ?
Ça,
ça accrédite la thèse qui circule beaucoup dans les manifestations qu'il y
a
des éléments infiltrés, des provocateurs. Donc, ça va beaucoup faire fantasmer les gens qui, depuis longtemps, s'inquiètent de ça. Donc, il va falloir aussi que les policiers, sans doute, rassurent sur ce point-là.
Et ça va donner du gras à moudre à une partie de l'opposition, vous le disiez
tout à l'heure. Mais ça, c'est normal. Qui va vouloir
organiser des manifestations.
La France
insoumise, notamment. Et oui, et qui va avoir, évidemment, cet élément à
charge.
Il
faut quand
même rappeler tout
de même que ce monsieur n'était là qu'à titre d'observateur. Rappelons-le, tout de même, juridiquement, il n'était là qu
'à titre
d'observer. Ça veut dire que la police sélectionne mal et encadre mal ses observateurs. Il n'aurait pas dû pouvoir passer à l'acte, il aurait dû avoir quelqu'un qui lui dise « mais tu es observateur, tu restes là et tu ne bouges pas.
»
La justice était-elle au courant de cette affaire avant qu'elle ne sorte dans la presse ? Non, visiblement, puisque le parquet vient
d'ouvrir son enquête.
On enquête par le préliminaire que dans la journée. Autre question, autre question,
quelles
sont les peines encourues pour violence volontaire et usurpation d'identité
? Là, c
'est difficile, je ne sais pas si autour de la table…
La
prison, en tout cas. Enfin, je veux dire, des peines de prison à la clé. Au moins prison avec sursis, oui, absolument. Avec sursis, peut-être. Après, l'enquête va devoir déterminer exactement le cadre dans lequel les violences sont exercées. Est-ce qu'avant la scène filmée, il y a de la part des victimes, des provocations, des jets de pierre, etc., qui pourraient donner des arguments à la défense ? Et puis, si on retrouve ces victimes, quelles ont été les conséquences ? Est-ce qu'elles ont été blessées grièvement ou pas pour juger de la gravité de la sanction de
la peine ? Mais même si c
'était la victime défense, il n'en bénéficie pas de toute façon, Benalla, puisqu'il n'a pas à faire usage de la force. Il n'est pas habilité ce jour-là à le faire. Comment sont recrutés les gros bras des partis
? Ça,
c'est vrai que
depuis
toujours, ça existe, je
veux
dire.
C'était le cas de M. Benalla. Il avait travaillé, il avait même créé des sociétés de sécurité privées. Donc, ça,
ce
sont des viviers, notamment pour les partis politiques, dans lesquels ils
puisent, ils piochent pour assurer leur propre protection. Ça peut être aussi des policiers en retraite,
ça
peut être des militants qui ont le goût pour ça. Ça s'est toujours fait de manière un peu improvisée, un peu par le système D, avec toujours la nécessité d'être un fidèle de la cause politique. Il faut être un militant du parti pour pouvoir être dans le service d'ordre. Et ce n
'est
pas que pour faire le coup de poing, c'est tout simplement pour protéger. C'est pour protéger, contre les mouvements de foule, dans les meetings, contre les...
C'est très
utile. Bien sûr. Il peut plus
organiser. C'est très
utile et très répandu. Oui, bien sûr, tous les partis ont l'organisé. Et en particulier dans les périodes de campagne électorale, quand il y a des meetings et des rassemblements qui nécessitent un service d'ordre. Ce serait une faute que
de ne pas en avoir. Pour le
président de la République et les ministres, il y a quand même un corps structuré de protection des hautes personnalités, de gens totalement affûtés, professionnels. Donc on peut se demander effectivement quelle est
la mission de cette personne dont mission et fonction qui existait encore une fois avant Emmanuel Macron. Donc c'est un
point d'interrogation. C'est ça qui me
frappe. C'est la collusion entre normalement on a quelqu'un du GSPR, donc ce service de protection des hautes personnalités, et on a sur toutes les images à chaque fois Benalla qui est un chargé de mission en
charge de la
sécurité. Le président, c'est troublant. Le président a aussi un net de camp. S'il a besoin de quelqu'un pour lui rendre des services pratiques hors sécurité, il a aussi cela. Donc pourquoi avoir ajouté ce chargé de mission entre le GSPR, chargé de la sécurité du président, l'aide de camp et tout ce que l'État fournit déjà au président ?
Ça, de la part d'Emmanuel
Macron, c'est une bizarrerie et c'est une erreur. Pourquoi la personne agressée par Alexandre Benalla n'a pas déposé plainte ? On a répondu en partie tout à l'heure. J'allais dire peut-être aussi parce que malheureusement ce genre de scène
arrive fréquemment
dans des
manifestations qui dégénèrent.
Le 1er mai, c'était le fameux jour des Black Blocs, des 1200, mais qui étaient ailleurs. Mais ce que je veux dire, c'est que ce jour-là,
il
y avait une grosse pression et une intensité dans le maintien de l'ordre. Alors, à la place de la contre-escarpe, ce n'est sans doute pas le cas. On n'avait pas entendu parler jusqu'à présent, ce qui rend les choses un peu curieuses. Mais voilà, il y avait quand même ce contexte qui
compte.
Il y
a
des vidéos qui tournent sur les réseaux sociaux, mais encore une fois, fake news ou pas, il faudra que la justice le dise, où cet individu en question aurait été filmé avant comme étant des violences policières. On n'en sait rien à ce stade, mais effectivement, que faisait-il avant pour qu'on arrive à cette scène finale-là ? Voilà, aussi. Le fusible Gérard Collomb
pourrait
-il sauter ? Moi, j'ai du mal à penser que ça remonte au niveau ministériel. Parce que c'est vrai que la préfecture de police ou les services du ministère de l'Intérieur auraient dû eux-mêmes activer l'article 40. On peut comprendre que quand l'Elysée parle, Beauvaux se taisent. En revanche, au sein de l'Elysée, là,
il
y
a
eu des fautes commises et là, on doit attendre des sanctions.
Gérard Collomb,
qu'est-ce
que
vous
en pensez ? Non,
je pense la même chose pour différentes raisons, notamment la personnalité de Gérard Collomb qui est très proche d'Emmanuel Macron. Et puis, il y a des raisons beaucoup plus proches, des responsabilités, comme on le disait,
beaucoup plus proches d'Emmanuel Macron qui sont les membres de son cabinet. Et notamment, je n'ai rien contre ce monsieur, mais tout de même, encore une
fois,
c'est lui qui a été récipendière de la vidéo, du directeur de cabinet de M. Strauss, qui pourrait être qui dit « Fusible
»
dit que la responsabilité est ailleurs. Donc, je ne veux pas parler de « Fusible » mais en tout cas, l'élément qui pourrait peut-être dégorger la crise.
La seule chose qu'on peut dire au sujet du ministre de l'Intérieur,
c
'est que
régulièrement,
on évoque son possible départ.
Il
fait partie des ministres qui
sont... Remaniables.
Remaniables. C'est pas tout de suite. Il
y a
la loi de l'immigration qui arrive en deuxième lecture à l'Assemblée la semaine prochaine et il sera encore là. Comment cet événement est-il perçu à l'étranger ? Ah, je crois que c
'est
un peu tout pour... Pour l'instant, j
'ai vu que les champions du monde s'en étaient emparés. Pardon ?
Il y a eu des titres dans la presse allemande avec les images sur un collaborateur d'Emmanuel Macron qui commet des violences dans les manifestations. Enfin, voilà, ça peut atteindre l'image de la présidence française.
C
'est vrai que pour l'instant, les
bleus... On est encore champions
du monde.
Les bleus ont
encore la faveur de la presse internationale. Arnaud Montebourg avait renvoyé cet individu, vous l'avez rappelé tout à l'heure.
Comment peut-on le retrouver à un tel poste ? Normalement, on enquête sur ceux qui sont engagés à l'Élysée, qui vont entrer à l'Élysée. Il y
a
des enquêtes et c'est tout à fait normal. Il y
a
même parfois des surveillances. Et c'est très curieux que c'est l'incident majeur qui lui avait valu d'être évincé de
l
'entourage d'Arnaud Montebourg et pas mis la puce à l'oreille du président de la République. Alors s'il y en a eu d'autres ensuite parce qu'il avait le sang un peu chaud, ça aurait dû servir d'alerte et le dernier avertissement, on n'aurait pas dû en arriver là. Mais ce sont des postes, des jobs, j'allais dire, assez particuliers.
Il
ne faut pas non plus imaginer que c'est une fonction extraordinaire. Il est évidemment, il
porte le titre de chargé de
mission.
Oui, il y
a une proximité, mais il n'a rien à voir encore une fois avec le patron de la direction des services de protection des personnalités publiques. Ça reste quand même un petit maillon. Cette personne n'a pas des galons ou des... Il n
'est
pas sorti des grandes écoles. Alors effectivement, il a un titre chargé de mission, encore une fois, pas officiel. Ce n
'est
pas non plus un élément fort sur lequel Emmanuel Macron, quel qu'il soit, le président de la République, aurait eu le CV sur le bureau et ce serait lui, le directeur des ressources humaines qui aurait embauché. Ça
reste quand même un petit maillon. Non, mais c'est son parcours peut-être qui peut...
Peut-être, je suis d'accord. Et notamment le fait qu'il ait
été durant la campagne. On aurait dû alerter le président sur le côté un petit
peu instable
de ce
collaborateur. Voilà, l
'alerter.
Et nous verrons en effet dans les prochaines heures si des sanctions sont prises et si le président prend la parole, même si vous nous avez dit tout à l'heure, Christophe Barbier, il ne faut pas qu'il parle, il faut... Qu'il agisse. Qu
'il agisse.
Merci beaucoup à tous les quatre. Merci d'avoir participé à cette émission. Évidemment, nous nous retrouvons demain bien sûr. Merci à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air. Ce soir, La Rodif, 22h40. Très bonne soirée sur France 5.
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