Vite une loi ambitieuse pour les Outre-mer ! | Discours d'Antoinette Guhl
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Antoinette GuhlFait
« Les outre-mers, dans leur diversité, restent les perdants des politiques publiques nationales. »
- 0:30Antoinette GuhlChiffre
« Un ultramarin a 25 % de chances en moins d'obtenir un diplôme de l'enseignement supérieur. »
- 1:15Antoinette GuhlChiffre
« À Mayotte, le RSA est encore et toujours deux fois inférieur à celui versé dans l'Hexagone. »
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Au regard de la situation que vivent les territoires d'outre mer, ce texte ne répond pas, selon moi, à leurs urgences. Il faut rappeler une réalité simple. Les outremères dans leur diversité restent les perdants des politiques publiques nationales. En matière d'égalité des chances, un ultramarin a 25 % de chance en moins d'obtenir un diplôme de l'enseignement supérieur. Le chômage atteint des niveaux que nous n'accepterions nul part ailleurs. 30 % à Mayotte, 17 % en Guadeloupe, en Guyane, à la Réunion. Et alors que les revenus y sont plus faibles, les produits alimentaires coûtent en moyenne 40 % plus cher.
Les travaux de la commission d'enquête sur les inégalités systémiques enrem permettront bientôt d'en mesurer toute l'ampleur. Notre échec collectif constitue une grave entorse à la promesse d'égalité républicaine. Là où ne pardon là où ne nous devrions réparer, nous laissons perdurer les inégalités. Un seul chiffre que je donnerai suffit à le démontrer à Mayotte le RSA est encore et toujours deux fois inférieur à celui versé dans l'hexagone. Et la convergence sociale, je vous le demande, peut-elle vraiment attendre jusqu'en 2031 ?
Je disais que ce texte ne répondait pas aux urgences car je cherche où sont les mesures importantes sur l'éducation, sur la santé, sur le pouvoir d'achat, sur la gestion de l'eau, sur l'énergie, sur l'adaptation au changement climatique, sur tous ces sujets essentiels en outreem. Le silence du texte est assourdissant. Je ne dis pas qu'il n'y a pas des dispositions intéressantes. Bien sûr, il y en a comme celle sur le logement où il y en a ou d'autres encore. Mais cette proposition de loi ne traite pas les sujets essentiels. Il nous aurait fallu un grand texte pour les outreemères.
Et au-delà de ces lacunes, ce texte comporte une disposition particulièrement préoccupante et les écologistes réunionnés n'ont cessé de nous alerter sur [grognement] l'article 4 et la possibilité qu'il offre de déroger à la loi littorale. L'île de la Réunion se caractérise par un patrimoine naturel exceptionnel. Elle figure parmi les 35 points chauds de la biodiversité mondiale identifié par l'Union internationale pour la conservation de la nature. Mais toute évolution de la loi littorale doit être examinée avec la plus grande prudence sur la base d'études d'impact et d'une véritable concertation locale.
Or, les conclusions de la mission d'information territoriale sur les lois littorales et montagnes ne sont pas encore connues. Mes chers collègues, les défis auxquels font face les outremères sont immenses. C'est précisément parce que ces sujets sont complexes qu'ils exigent de la concertation de la volonté des moyens accrus. Alors nous écologistes, nous continuerons à soutenir les revendications des habitants des territoires ultramarins pour l'égalité réelle, pour un meilleur pouvoir d'achat, pour une décentralisation et une autonomie politique accrue, pour une transition écologique adaptée aux réalités de chaque territoire.
Nous espérons que les amendements que nous défendons permettront de renforcer ce texte, surtout de sauvegarder la loi littorale à l'île de la Réunion. Sans cela, nous peinons à avoir l'intérêt de soutenir cette proposition de loi qui malheureusement sur ce point nous apparaît comme une grande régression. Yeah.
Antoinette Guhl