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interviewLe Crayon· 8 novembre 2021 61 min

LE RING #12 - VÉRITÉ ET POLITIQUE - @La République En Marche ! VS @Osons Causer ​

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

Les règles de la politique, c'est que collectivement, on peut décider de tempérer, de guiller le monde, de l'améliorer dans le sens que nous souhaitons. Quel est le sens que souhaite ou qu'a souhaité Emmanuel Macron pendant son quinquennat ? C'est d'encourager la tendance à l'enrichissement des plus riches. Je viens de t'expliquer par A plus B que non. Tu viens de m'expliquer par A plus B qu'il y avait des dispositifs pour aider le pouvoir d'achat des plus pauvres.

0:26
Présentateur

Salut les amis, nous sommes de retour dans le RIC. Aujourd'hui, nous allons parler de la confiance ou de la défiance que nous avons envers nos politiques sous trois thèmes. La crise climatique, la crise du coronavirus et la fiscalité. Pour ces thèmes, nous avons à votre gauche, Priska Thévenot, porte-parole de la majorité présidentielle En Marche et fondatrice de l'association Simil Impact, qui se veut rassurante sur cette confiance que nous devrions avoir et qui, bien qu'elle reconnaît des imperfections, pense que l'action des politiques va dans le bon sens.

A votre droite, Ludovic d'Osons Causer, youtubeur, journaliste, entrepreneur, fondateur d'Osons Comprendre également, un site de vidéos à la demande qui approfondit des sujets d'actualité et de fond de manière très journalistique et très sourcée et qui régulièrement met en cause l'action du gouvernement et des politiques plus généralement. Lequel des deux débatteurs vous convaincra ? Lequel de leurs arguments vous parlera ? C'est ce qu'on verra dans quelques minutes. Vos débatteurs sont prêts. Votre présentateur est prêt. On se retrouve dans le ring. Vous mentez. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Allez-y, je pense à quel chiffre, là ? 70 milliards. N'importe quoi ! Je pensais à 1000.

C'est pas le concours de la petite blague.

1:32
Invité

Est-ce que tu veux, j'entends pas ? Non, non, oui. C'est normal ? Ni bien, ni pas bien. Je peux venir pour avoir des bons, des mauvais points. Que vous le voulez ou non, vous avez une tête d'arabe, vous ressemblez à mon oncle Mahfoud au Maroc.

1:40
Présentateur

Monsieur Chambaud, votre adversaire vient de marquer un point, une réaction. Les gens m'ont plein de cul des arabes ! On se calme, la merde ! C'est impossible, c'est pas une cour de régrès, merde ! Faites la paix. Salut les amis, on se retrouve donc au cœur du débat. Je suis aujourd'hui avec Priska Thébnaud. Bonjour Priska. Salut. Tu es porte-parole de En Marche et tu as monté le mouvement Civil Impact. Oui. Qui est, en quelques mots, on va dire une espèce d'école de l'engagement transpartisane.

2:10
Prisca Thevenot

Oui, c'est pas un mouvement justement, c'est une association.

2:12
Présentateur

C'est une association.

2:13
Prisca Thevenot

D'engagement citoyen pour aider toutes celles et ceux qui ont envie de se former à l'engagement citoyen. De façon complètement bénévole et gratuite. De façon complètement non-partisane. Et puis, c'est pas forcément que de la politique au sens, comme on l'entend aujourd'hui, c'est-à-dire avoir une écharpe au bout du bout. Ça peut être aussi participer à une association, participer à un syndicat, créer une action citoyenne très locale. Donc, en gros, c'est participer à la vie de la société et essayer de s'entourer, de trouver comment on peut le faire et si on a besoin de financement, de trouver des financements.

2:41
Présentateur

Très bien. Et je suis avec Ludovic, deux ans causés. Salut. Salut, Ludo. Tu es youtubeur, entrepreneur et journaliste. Entrepreneur, c'est un grand mot, mais oui, oui. Tu as monté ta propre affaire.

2:50
Invité

Oui, c'est vrai, c'est vrai.

2:52
Présentateur

Et donc, du coup, aujourd'hui, tu peux nous dire peut-être en quelques mots aux on-causés pour ceux qui ne connaissent pas.

2:57
Invité

Oui, en gros, aux on-causés. Enfin, aux on-causés, c'est une chaîne de vulgarisation politique sur Internet où on traitait beaucoup l'actu. On a lancé ça genre en 2015 et on a beaucoup, beaucoup parlé d'actualité politique. Et après 2017, on s'est rendu compte que ça nous frustrait de devoir commenter des petites phrases et rester un petit peu à la surface du débat politique. Et on a eu envie d'aller un peu au fond des choses, de se donner le temps, de passer au public des vraies informations. Parce que qui connaît comment fonctionne le climat ? Quels sont les vrais problèmes climatiques ? Comment nous sortir des problèmes énergétiques ?

Quels sont les problèmes posés par l'Union européenne ? Qui va au fond des sujets ? Personne. Les médias ne le font pas et du coup, nous, on a eu envie de le faire et on a lancé Osons Comprendre, notre site de vidéos à abonnement où on se donne le temps d'explorer en profondeur les sujets importants pour les gens. Voilà, maintenant, on fait de l'actu politique et du fond sur Osons Comprendre. Ok, très bien.

3:45
Présentateur

On est là aujourd'hui pour parler de la confiance ou de la défiance qu'on aurait envers les politiques. Pas seulement d'ailleurs de la majorité présidentielle, mais aussi plus globalement du rapport qu'à la population aux politiques. Et on va notamment avoir trois grands thèmes après autour de ça. la crise du Covid, la crise climatique et plus globalement la fiscalité et la gestion un peu de l'individualisme que provoque parfois aussi la carrière politique. Donc moi, j'aimerais vraiment commencer par cette question assez basique et presque un peu naïve, comme dirait mon associé Antonin. Tu as fait une vidéo sur la vaccination, vaccin or not vaccin.

Et finalement, ça m'a interpellé et je me suis posé la question, est-ce que selon toi Prisca, c'est normal qu'un youtubeur ait à faire une vidéo pour expliquer le vaccin ? Est-ce que ça n'aurait pas été le rôle du gouvernement ?

4:34
Prisca Thevenot

Écoute, me poser comme ça, j'ai envie de te dire oui, c'est étonnant. On prendrait ça dans un livre d'histoire en disant en 1940, on a fait ça pour je ne sais pas trop quelle autre maladie ou je ne sais pas quoi. On se dirait mais what ? C'est pas possible. Maintenant, il faut remettre dans le contexte. Effectivement, on aurait préféré que dès le premier jour du début de la campagne de vaccination, tout se passe comme il faut, c'est-à-dire qu'on ait toutes les doses de vaccins possibles, que tout le monde adhère pleinement et qu'on ne soit pas en train de passer notre temps. Et j'en ai passé des heures carrées à dire les doses arrivent, le vaccin c'est bien, le virus ça tue.

Oui, on aurait préféré. Force est de constater que ça n'a pas été le cas, qu'on a eu pas mal de difficultés. Et donc c'est forcément le pouvoir en place. Il ne faut pas avoir honte de dire qu'on n'a pas tout géré comme il fallait. Et puis aussi, on s'est fait aussi peut-être un peu dépasser sur toute la communication. Mais c'était vraiment un bloubi-boulga de tout ce qu'on pouvait entendre, aussi bien des médecins qui ne s'entendaient pas entre eux. Moi, je suis arrivée sur des plateaux où j'avais deux médecins qui n'étaient pas d'accord. Et de ma vision, c'est assez étonnant parce que moi, je suis là. Le médecin, je lui donne un peu ma vie. Je lui dis, vas-y, fais.

5:34
Présentateur

Beaucoup de Français ont eu ce rapport-là.

5:37
Prisca Thevenot

Et donc peut-être que oui, on a pêché en communication. Il faut le dire. Et je dois dire que je suis plutôt contente qu'on ait pu faire en sorte que des youtubeurs, en l'occurrence ceux dont on parle, aient accepté de venir jouer le jeu. À un moment, on avait besoin de réexpliquer que la vaccination était importante. Pourquoi ? Parce que souvenez-vous que c'était au mois de juin. On commençait à desserrer un peu les mesures qui pesaient sur nous. Et on avait quand même peur qu'une autre vague arrive. Donc il fallait absolument, absolument répliquer l'intérêt de la vaccination.

Et en plus, à ce moment-là, on voyait que le nombre de rendez-vous pour les premières doses, les premières injections commençait à baisser. Donc oui, c'est étonnant. Je le reconnais tout à fait. Est-ce que c'est parce que c'est par défaut et parce que c'est par rapport à un manque de communication par ailleurs ? Sûrement. Sinon, on ne l'aurait pas refait. Mais aujourd'hui, force est de constater que ça a permis aussi, avec d'autres choses, notamment la prise de parole du président de la République en juillet, d'accélérer énormément cette campagne de vaccination.

6:33
Invité

Je me permets une relance. Là, tu parles de quel youtubeur dont vous avez fait en sorte qu'il parle de la vaccination ?

6:39
Prisca Thevenot

McFly et Carlito. C'est de deux dont on parle, non ?

6:42
Invité

Ok, ok. Donc si on parle de McFly et Carlito…

6:45
Prisca Thevenot

Non, peut-être qu'on parlait d'autres personnes, je ne sais pas.

6:47
Invité

Parce que le lancement, c'était sur notre vidéo à nous. Et comme nous, on n'a aucun rapport avec l'attitude d'en marge du gouvernement et qu'on ne s'inscrivait pas du tout dans un plan de com', j'étais un peu étonné que tu dises ça. Du coup, ok, on en s'est précisé. Et ensuite, oui, le gouvernement a complètement pêché en communication. C'est quand même étonnant qu'il n'y ait pas eu de prime time avec Olivier Véran ou avec d'autres experts pour expliquer que ça sauve des vies, que c'est safe. Tu dis que les médecins étaient en dissensus sur des plateaux télé. C'est probablement vrai.

Il y a des plateaux télé où on a organisé de la controverse et où on est allé chercher des médecins opposés à la vaccination, parfois sceptiques sur les dangers du Covid ou promoteurs de thérapies qui ne fonctionnent pas. Sur des plateaux télé, tu as pu voir du dissensus. Mais le consensus scientifique international et médical était assez clair. Tu vois, nous, on n'est pas un médecin de formation. On est juste des gens qui savons chercher l'information. C'est notre métier. On est un peu des chercheurs. On sait dénicher de l'info et lire des études scientifiques. Et le consensus médical sur la vaccination était très clair.

Du coup, pour nous, c'était assez naturel dans un moment crucial de promouvoir un outil qui allait sauver la vie des gens et qui était sans danger pour eux. Et je m'étonne que le gouvernement n'ait pas organisé de prime time et de campagne de communication plus large. Ensuite, tu disais, je me permets de rebondir sur la fin, sur le discours de juillet d'Emmanuel Macron a permis d'élargir la vaccination. Alors, c'est vrai, une fois qu'on a fait le pass sanitaire et qu'on a conditionné l'accès à plein d'aspects de la vie quotidienne des gens à la vaccination ou à l'administration d'un test PCR, ça a fait augmenter les premières doses et c'est une réussite. Tu es contre le pass sanitaire ?

Non, je ne suis pas du tout contre. Mais j'aimerais pointer deux choses. J'aimerais pointer un échec, c'est le taux de vaccination des plus de 80 ans. Je ne sais pas si vous le savez, mais là, aujourd'hui, les 18-24 ans sont plus vaccinés que les plus de 80 ans. Les plus de 80 ans, ça plafonne à autour de 80% de vaccination. Maintenant, c'est un peu plus de primo-vaccinés depuis des mois. En avril, on était déjà pas loin des 80%. Aujourd'hui, on est à 86% de primo-vaccinés. Plein de pays européens, des voisins, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, il y en a plein, sont à 100% de vaccination.

Et du coup, moi, je suis d'accord que le pass sanitaire, ça a mis un kick pour pousser des jeunes à se faire vacciner. Mais on n'est pas allé chercher les populations les plus vulnérables. On n'a pas fait, nous, notre campagne de vaccination en France, elle s'est appuyée sur des plateformes numériques, sur de la Startup Nation, sur du Doctolib. On n'est pas allé chercher comme l'ont fait d'autres pays, en leur donnant des rendez-vous, en les appelant par téléphone. On a passé quelques coups de fil. On n'a pas organisé des rendez-vous d'office pour toutes les personnes jeunes. On n'est pas allé chercher ces personnes-là qui sont pourtant les plus vulnérables.

Du coup, ça, c'est un premier bémol au pass sanitaire. Et le deuxième, c'est quand même ce discours de juillet. Le discours de juillet d'Emmanuel Macron, c'est « Bonjour, Jacques Adi a dit, maintenant, j'ai dit pass sanitaire, c'est le chef, ça devient sérieux, vaccination obligatoire pour les soignants, allez hop, hop, hop, tout le monde se fait vacciner, et je vous monte du doigt et je vais sévir. » Ça, c'est un tiers du discours, il n'explique rien. Il n'explique pas l'intérêt du vaccin, il n'explique pas qu'il est safe, il n'explique pas que le virus tue plus que le vaccin, il n'explique rien. Il fait juste père fouettard et il monte le doigt.

Et deux tiers du discours, c'est une campagne électorale. Moi, regardez comme je suis fort, regardez comme le quoi qu'il en coûte a fonctionné, regardez comme avec l'Union européenne, je vais me porter en candidat pour les Français et je vais continuer cette dynamique vertueuse. Est-ce que c'est sérieux ? On a une crise sanitaire importante. Il aurait pu expliquer, il a parlé quasiment 40 minutes, il aurait pu prendre quelques minutes pour expliquer rationnellement, pour convaincre les Français. Au lieu de ça, il les a juste montrés du doigt et il a sévi comme un vieux papa à l'ancienne.

Pour moi, ça, c'est dommageable, il aurait pu faire mieux et c'est une critique que j'ai à faire à la majorité parce que prendre les Français de haut, c'est ce qui alimente la défiance et ça n'a pas aidé.

10:35
Présentateur

Tu crois que justement le Président a pris les Français de haut et était en campagne pendant ce discours-là ?

10:39
Prisca Thevenot

Non, je vais répondre point par fond, parce que tu as soulevé des sujets extrêmement importants et il faut effectivement les désamorcer et donc c'est bien qu'on puisse le faire ici ensemble. Tu disais effectivement, il n'y a pas eu de grand prime time à la télévision, etc. parce que c'est vrai qu'on était quand même tous enfermés chez nous pendant très longtemps et même si nos modes de vie ont un peu changé après, on restait quand même liés à la télévision. En fait, si, il y en a eu. Il y en a eu. Alors effectivement, ce n'est pas la grande messe comme avant aux 20h où tu allumes ta télé et tu vois Claire Chazal arriver et tu dis, tu sais que tous les Français sont connectés.

Ce n'est plus le cas maintenant. On a plusieurs chaînes d'infos en continu qui sont des chaînes d'opinion ou pas, mais en tout cas, c'est aussi diversifier l'offre. On a aussi grâce, d'ailleurs toi, des chaînes YouTube, etc., des influenceurs sur les différents réseaux sociaux et donc ça, c'est important. Mais il y a eu des moments et souvenez-vous, ça nous énervait. Un moment, ça commençait tous à nous saouler. Ce fameux rendez-vous, on nous disait mardi soir, l'EPR ou l'EPM va parler ou Olivier Véran va parler jeudi soir, machin. Ça a duré quand même très longtemps. Et souvenez-vous... Sur la vaccination ? Eh bien si ! C'était sur des différents éléments.

Et d'ailleurs, il y avait en général l'EPM qui parlait et les ministres... L'EPM, c'est-à-dire quoi ? Le Premier ministre, excuse-moi. Le Premier ministre qui parlait. Donc c'était à l'époque, soit Édouard Philippe et puis après, c'est devenu Jean Castex et puis les ministres concernés. Donc c'était des trucs qui duraient effectivement très longtemps mais parce que c'était des éléments et des moments extrêmement importants pour plein d'informations sur la crise sanitaire. Non, non, vraiment. On a vécu en France dans le même pays pendant un an et demi et ces moments existaient.

C'était des moments, soit le mardi soir, soit le jeudi soir où t'as le PM qui s'adressait aux Français, c'était annoncé et t'avais après Olivier Véran qui parlait et où Jean-Michel Blanquer quand il y avait la rentrée scolaire par exemple et où Agnès Pannier-Runarcher sur les doses de vaccins qui arrivaient et où etc, etc, etc.

12:24
Présentateur

Je pose la question Ludo, est-ce que c'est aussi facile de convaincre des gens qui sont contre le vaccin de l'aller les faire vacciner ? Comment toi tu ferais

12:31
Invité

ou comment t'arriverais à t'y prendre ? Je ne sais pas pour les personnes âgées. Moi, je constate juste que sur les personnes âgées, on n'y est pas. Mais sinon, il faut prendre les doutes et les doutes, généralement, c'est manque de recul, un vaccin qui n'est pas safe et le Covid, c'est pas grand-chose.

12:46
Prisca Thevenot

Ou ma fille me dit de ne pas me faire vacciner. C'est souvent ça en ce moment.

12:48
Invité

Mais tu vois, pourquoi ? Je veux dire, si ma fille me dit, il faut lui demander qu'est-ce qu'elle vous a dit votre fille qu'est-ce qui se passe ? Mais ça, ces associations, elles le font. Et moi, je suis désolée, mais elles le font. Les médecins de famille le font. Il y a deux débats. Soit je réponds à ce que font les associations. Et moi, je te dis, c'est super qu'il y ait des associations, mais je constate qu'on est très à la traîne sur la vaccination des plus fragiles par rapport à nos voisins. Et donc, c'est où que le gouvernement a mal bossé, où que les associations ont mal bossé.

Mais dans tous les cas, on a moins bien bossé qu'à côté, puisqu'il n'y a pas de différence qualitative de ouf entre la population espagnole et la population française. Il n'y a pas de spécificité irlandaise qui serait plus favorable à la vaccination et de spécificité française. Du coup, c'est que quelqu'un a mal bossé. Ça, c'est un truc que je dis. Et ensuite, pour répondre à ta question, comment convaincre ? Tu regardes quels sont les arguments opposés et après, tu en parles.

13:41
Présentateur

On parlait du discours de Macron sur toute la question de la candidature. Et j'ai vu, par exemple, sur des stories Instagram, Sarah El Haïry coller des tracts. Et ça m'a personnellement interpellé sur est-ce qu'une ministre en activité peut coller des tracts pour un président ? Est-ce que ça se fait ? Ou est-ce que c'est finalement aussi loin d'une élection, quand même ? Ça peut être un problème.

14:03
Invité

Tu as collé des affiches sur un mur avec Emmanuel Macron. En tant que ministre de la République, je pose ces questions-là. On a un gouvernement singulier. C'est une majorité différente. Mais est-ce que ça n'a pas toujours été fait aussi ? Que tu vois un ministre en exercice qui colle, je ne pense pas, que tu vois un ministre en exercice en temps de campagne électorale qui est du même parti, qui se mouille dans un meeting ou quoi, peut-être, mais qui colle et qui soit filmé en train de coller aussi loin d'élection, ça m'étonnerait. Mais après, ça montre que ce gouvernement est singulier. Et aussi, ça montre peut-être que les ministres n'ont pas grand-chose à foutre.

Parce que quand tu regardes la gestion de la crise sanitaire, je suis désolé de refaire un petit retour en arrière, mais tu vois, il y a beaucoup des décisions qui étaient prises en conseil de défense et tout seul, en haut, avec un petit groupe autour de M. Macron, Jupiter. Et donc, peut-être que Sarah Elayri, qui est, je crois, secrétaire d'État à la jeunesse et à l'engagement, peut-être qu'elle a que ça à faire, que de s'afficher à coller des photos de son président qu'elle ne voit pas assez pour montrer son action. Peut-être que ça montre aussi ça.

15:02
Prisca Thevenot

Alors déjà, sur Sarah Elayri, je vais quand même remettre un peu le truc. J'ai encore une fois que, peu importe le mouvement politique à laquelle appartiennent les ministres, j'ai beaucoup de mal à considérer qu'un ministre ne fait rien. Peu importe. Je te le dis franchement. Tu me parles d'un truc d'il y a cinq ans, ça ne sert à rien. Et je te dis ça pour Emmanuel Macron, comme ça serait n'importe quel autre président

15:19
Invité

ou président ou président. C'est pour ça que vous avez vu la décrédibilisation de la fonction.

15:22
Prisca Thevenot

Non, mais ça participe. Mais non, arrête. Tu vois, là, tu es dans les brouves, ça ne sert à rien. Justement, si on veut faire en sorte que les Français se réintéressent au débat politique, au débat public, je pense que c'est aussi à nous de faire attention à comment on le présente et comment on l'amène. Discuter du fond de manière très dure, de manière très tranchée, oui, mais venir en plus vers faire de la petite phrase, ça n'apporte rien, à part faire rire. Donc, le sujet que j'ai, c'est Sarah Laïry, effectivement, je vais te donner un exemple très clair. Ça a été lancé sous Gabriel Attel quand elle était ministre de la Jeunesse. Ça s'appelle le Service National Universel.

Le Service National Universel, on est d'accord ou pas, moi, je suis plutôt favorable à ce sujet-là, c'est redonner du sens dans les valeurs républicaines et la citoyenneté surtout à plein de jeunes. Et bien, effectivement, notamment, alors pas que ça, mais notamment, elle a géré aussi ce sujet-là parce que ça devait être lancé l'année dernière, mais ça n'a pas pu être lancé parce qu'auprès de milliers d'étudiants, milliers de jeunes, parce que la crise sanitaire était là. Et donc là, par exemple, en juin-juillet, elle s'est occupée de ça, en l'occurrence. Et moi, j'ai assisté un peu de loin à une présentation qui a été faite dans un Service National Universel dont la base est dans le 93.

Je peux te dire que, au-delà de savoir qui était la ministre ou pas, je peux te dire qu'ils ont vu les actions concrètes de ce Service National Universel mis en place par la ministre. Donc, les actions sont là. Après, tu peux me dire, nous, on n'en a pas entendu parler, on ne sait pas, etc. Peut-être, peut-être que ça, ça a été noyé dans tout le broie médiatique par ailleurs. Peut-être, ça, je te l'accorde.

16:49
Présentateur

Qu'est-ce qu'on revienne sur le sujet de la distanciation entre ceux qui sont au gouvernement, parfois même députés, et ceux qui sont en campagne ? Je ne néglige pas le fait qu'évidemment, En Marche a tout à fait le droit et devrait être en campagne même dès maintenant.

17:03
Prisca Thevenot

On l'est.

17:04
Présentateur

Ça s'est vu en juillet. Comment faire à l'inverse ceux qui sont en place et au gouvernement ?

17:11
Prisca Thevenot

Alors, déjà, quand je dis on est en campagne, c'est la majorité présidentielle qui est en campagne. Ça, il faut être très clair. Je n'invente rien. On le dit, je l'assume. Moi, je le suis. Je l'ai dit juste avant. Oui, on est en campagne. Maintenant, on arrive dans ce moment du quinquennat, quel qu'il soit, mais du quinquennat de la Ve République, l'année avant. Là, on est sur les sept derniers mois. On se dit de toute façon, quoi que le président, et j'aimerais bien un jour dire où la présidente fait, ça va être vu comme de toute façon, il est en campagne. Ça, c'est comme ça. Est-ce que je vais passer ma vie à venir justifier ?

Non, il n'est pas en campagne, mais en fait, il répond à telle demande, machin. Ça ne servira à rien parce que celui qui a envie d'entendre qu'il est en campagne l'entendra quoi qu'il arrive et je vais lui raconter des sornettes et celui qui a envie de voir plutôt les actions continuera à les voir et ne va pas écouter l'autre chose. Donc moi, ce que j'ai plutôt envie de dire, c'est quoi qu'il arrive, de toute façon, on arrive sur un temps de campagne. La France va se mettre en campagne. Moi, ce que j'ai envie plutôt de voir, c'est faisant en sorte que pas que la classe politique se mette en campagne.

Parce que là, ce qu'on voit depuis un moment, et je le dis avec toute la responsabilité qui est aussi sur nous, c'est que la classe politique se met en campagne. Mais la France elle-même, elle se met en campagne. Moi, je vais vous dire clairement un sujet. Alors, ce n'était peut-être pas à l'ordre de la discussion, mais je vais dire deux minutes dessus. Il y a un sondage au Daxa qui est sorti ce matin, je crois. qui expliquait effectivement les intentions de vote, des machins, bidules, premiers, pas premiers, etc. Franchement, c'est génial, mais à sept mois du vote, j'ai envie de dire,

18:38
Présentateur

on s'en fout. Macron n'a qu'est même pas dans ces sondages-là. On a déjà vu tous les mille retournements à sept mois du vote.

18:44
Prisca Thevenot

Qu'est-ce que ça nous apporte dans notre vie de tous les jours ? On s'en fout. Par contre, là, surtout après deux ans, on n'a parlé que de crise sanitaire. On a enfin un moment où on peut parler d'autre chose. D'autre chose. Et en fait, quand tu regardes la suite du sondage, et après vous pourrez le passer, il est quand même assez intéressant, c'est que tu vois les préoccupations des Français. Parce qu'il ne faut pas oublier que la présidentielle, c'est le moment où les Français aussi mettent leur sujet dans l'agenda.

Et les préoccupations des Français, par rapport à tout ce qu'on peut entendre, et je ne vais pas citer de nom parce que ce n'est pas l'objet du débat, c'est bien sûr la politique migratoire, mais ce n'est pas du tout l'immigration la première préoccupation. C'est le pouvoir d'achat. C'est le pouvoir d'achat. Donc, le pouvoir d'achat, l'environnement, la cause des femmes. Très clairement. Est-ce qu'on en entend beaucoup parler en ce moment ?

19:30
Invité

Il y a une grande cause du quinquennat qui est tombée dans l'oubli pour la cause des femmes. Et ce qu'on en entend parler, c'est...

19:37
Prisca Thevenot

Non, non, là, tu parles des actions. C'est autre chose, on ne peut pas parler des actions si tu veux. De toute façon, tant qu'il y aura une femme qui mourra sous les coups de son conjoint, on ne sera pas bon. De toute façon, ça, c'est un fait. Et ça, je te rejoins. Mais ce que je suis en train de dire, c'est que nous devons faire en sorte, nous, en tant que classe politique, et là, je me mets moi et moi-même autour de la table toute seule dedans, de faire en sorte de ne pas juste nous parler entre nous. Parce qu'encore, on va faire en sorte de... Enfin, on ne doit pas se parler à nous. On doit plutôt écouter, mettre les Français dans le débat et surtout pas faire du débat entre politiciens.

Parce que... C'est parfois l'effet que ça vient d'un à beaucoup de gens. Eh bien oui, et c'est pour ça que je le dis. Je le dis avec toute l'humilité possible. Je ne sais pas, j'en suis consciente. Tu vois, et encore une fois, quand on a passé, pendant tout le début d'année, là où on parlait un peu des échanges, excuse-moi deux secondes, on parlait beaucoup de Macron-Le Pen. On disait, ah, c'est bien que nous, on aura Macron-Le Pen. Mais c'est dramatique de dire ça. C'est dramatique.

20:29
Invité

C'est qui qui l'a produit, le Macron-Le Pen ? Attends, mais attends, je suis là,

20:32
Prisca Thevenot

j'ai la majorité, coucou. Pourquoi c'est dramatique ?

20:35
Invité

Aux Européennes, aux Européennes, attends, aux Européennes, tout le narratif d'En Marche, c'était nous ou les méchants populistes, Macron ou Le Pen. C'est le narratif de la majorité, jusqu'à avant le Covid. Il y a eu le Covid qui a après un peu twisté. Tu repars d'un truc qui n'a rien à voir avec les vêtements. Tu changes de chronologie. Macron-Le Pen, c'est un narratif voulu, activement,

20:58
Prisca Thevenot

en Marche. Et qu'est-ce que je suis en train de te dire là ?

21:00
Invité

Tu es en train de le déplorer. Tu es en train de dire que c'est dramatique qu'on nous fasse une course à l'échalote et qu'on occule des sujets. Je suis effectivement et tu as raison. Cette posture de clash, nous ou le péril, les progressistes ou les populistes et Macron versus Le Pen, c'est la volonté profonde active d'En Marche depuis le premier jour. Mais regarde ! Même depuis les premiers mois de campagne de 2017. Ce n'est pas une réalité aussi ? Ah non, mais moi, c'est sûr que quand tu vois le résultat de l'élection présidentielle de 2017 et le second tour qu'on a eu, c'était une réalité.

Mais est-ce qu'on peut, dans la position d'un responsable En Marche, déplorer que le duel, Macron-Le Pen, prenne toute la place et occulte le fond avec tout ce qu'a fait En Marche depuis qu'ils sont en campagne de 2017 et surtout depuis qu'ils sont au pouvoir et un des moments où ça s'est vu de ouf, c'est les élections européennes, je trouve que c'est un peu fort le café.

21:53
Prisca Thevenot

Mais non, quand on a dit ça, quand on a passé notre temps et on le fait un peu moins mais heureusement, à dire qui sera au second tour, ça sera eux. On est en train de dire aux Français, les gars, le premier tour, ça se fera sans vous. Implicitement, c'est ce qu'on est en train de dire. Et moi, quand j'entends aujourd'hui à droite comme à gauche ou peu importe, dire de toute façon l'intérêt, c'est d'être face à un second tour Macron-Le Pen, je trouve ça dramatique au possible. Et tu ne peux pas me dire que La République En Marche dans son ensemble a envie de faire ça ou qu'on en fasse ça, machin, etc.

Je suis très heureuse que tu me considères comme une citoyenne lambda mais je te rappelle aussi que je suis porte-parole de la majorité présidentielle. Et quand je te dis ça, je le dis ça avec aussi ma casquette de majorité présidentielle. Pourquoi ? Parce qu'il faut absolument, après l'année et demie qu'on vient de passer, les deux ans qu'on vient de passer à ne parler de tout sauf des sujets de préoccupation majeurs des Français, tu n'as pas envie de rentrer sur une campagne présidentielle et sur un quinquennat quelle que soit la personne qui gagne au bout du bout où en fait, tu n'as pas abordé les préoccupations des Français.

22:51
Invité

Alors, je suis d'accord. Je vais prendre ma casquette parce que je ne suis pas dans la course à l'échalote politicienne et je m'excuse de t'avoir trop cherché et cornerisé sur votre attitude politicienne. J'ai fait du commentaire politique du coup, j'étais dans cette casquette-là. Maintenant, je vais faire de la vulga et on va parler des chiffres, des préoccupations des Français. Tu parles du pouvoir d'achat. Voilà. Ce serait rigolo qu'En Marche et que des partis politiques comme ça abordent la question du pouvoir d'achat. Allons-y, pourquoi ?

Parce que là, il y a une note qui est sortie par l'INSEE qui confirme ce que dit l'OFCE et plein d'analyse des politiques fiscales de Macron depuis le début. Qui s'est enrichi depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir ? Le 1% qui a gagné plus de 1% de la richesse nationale. Il faut voir, le 1%, c'est des gens qui gagnent plusieurs dizaines de milliers d'euros par mois. C'est des gens qui sont très à l'aise. Ces gens-là ont gagné 1% de richesse nationale, c'est confirmé par l'INSEE. Est-ce que c'est que le fait de la politique ? Bien sûr. C'est à partir du moment où tu supprimes l'ISF. Et c'est dit dans la note de l'INSEE. C'est l'objectif de la statistique nationale.

Quand tu fais la flat tax, c'est-à-dire que tu taxes les revenus du capital. Ça veut dire les loyers, les dividendes, les désintérêts bancaires. Quand tu taxes ces revenus-là, autant, quand tu fais une flat tax à 30% et que du coup, pour les plus riches qui avant étaient imposés à 45% sur ces revenus-là, maintenant, ils ne sont imposés qu'à 30% sur ces revenus-là. Tu leur fais un effet de baine de malade.

Ça, ça a été chiffré à peu près ISF plus flat tax à 4, 4,5 milliards d'euros que l'État a arrêté de collecter et donc que nous tous, on a perdu ou en hausse d'impôts, mais il y en a eu quelques-unes, mais pas tant que ça pendant le quinquennat, ou en baisse d'investissement public et baisse de fonctionnaires. Du coup, ces 4 milliards d'euros, ils nous manquent à tous et nous laissent tous, premier point, mais surtout, ces 4 milliards d'euros qui arrivent direct dans la poche de Bibi et ces 4 milliards d'euros-là, le pouvoir d'achat, quels Français ont été enrichis par le quinquennat Emmanuel Macron ? C'est éclatant, c'est les 1%, les 0,1% les plus riches. 1%, c'est 500 000 personnes.

0,1%, c'est 50 000 personnes. Ces gens-là ont gagné énormément. Et l'INSEE le dit, les 90% autres restants, c'est-à-dire nous tous, 90% de la population, c'est vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde, eux ont perdu de l'argent. Ils reçoivent moins d'argent de la richesse nationale. C'était moins bien qu'en 2017. Et du coup, si on parle du pouvoir d'achat, comment vous allez défendre ce bilan ? Comment tu peux dire c'est super ce qu'on a fait pour les plus riches ? On avait besoin de supprimer l'ISS et de faire cette flat tax. Il y a eu zéro ruissellement. Personne s'est enrichi en bas. C'est resté dans les poches des grands donateurs de Macron et de ses amis bien riches.

C'est moche, ça. Si on parle de ces vrais sujets, j'attends de voir la réponse, mais à mon avis, vous préférez rien que de ne pas parler de pouvoir d'achat, c'est plus facile pour vous.

25:45
Prisca Thevenot

Donc, le premier sujet, c'est est-ce que certaines personnes, je ne vais pas te contredire, est-ce que certaines personnes qui sont déjà très bien loties se sont enrichies ? Oui. J'ai envie de te dire, le rapport le montre, je ne vais pas aller contre ça. Par contre, est-ce que ça veut dire mathématiquement que si certains s'enrichissent, c'est forcément au détriment des autres ? Non. Non, de manière très simple. Non, mais de manière très simple. Aujourd'hui, je vais te donner un exemple très concret.

Aujourd'hui, tu prends une personne qui est au SMIC avec l'ensemble des mesures qui ont été mises en place, c'est-à-dire la défiscalisation, des heures supplémentaires, la revalorisation de la prime d'activité, mais également la baisse des charges sociales. il a l'équivalent d'un treizième mois à la fin de l'année. Tu vas me dire oui, mais machin, etc. Il y a aussi eu la suppression de la taxe d'habitation. Je veux dire, ce n'est pas anodin. On sait qu'en plus, c'était une taxe extrêmement inégalitaire qui s'habitait. Par exemple, je te donne toujours le même exemple.

Moi, ma mère, dans le 93, payait une taxe d'habitation trois fois plus élevée que des Parisiens alors qu'elle avait un logement dans une copropriété dégradée. Elle avait des charges monstrueuses, un truc horrible. Il y avait des cafards, 93 Astin. Elle payait 1 500 euros de taxe d'habitation. T'imagines le délire pour un truc qui ne vaut rien. Donc, ce n'est pas anodin. Ensuite, ce qui s'est passé aussi, ce qu'il faut voir, et ça, d'ailleurs, si tu regardais ce matin les matinales, etc., ce n'est pas nouveau et ça arrive de plus en plus et il faut qu'on s'y en préoccupe et ça va venir, je pense, le sujet d'après qui est l'environnement.

On a des charges fixes, des charges impressibles qui, elles, augmentent drastiquement, notamment celles liées à l'énergie. Et ça, ça vient imputer. Mais ce matin, j'ai écouté, je ne sais plus, c'était sur RMC ou sur Europe, une retraitée qui expliquait que sa facture d'électricité avait augmenté, je crois qu'elle payait 16 euros de plus par mois. C'est dramatique. C'est monstrueux. Donc, est-ce qu'il y a des efforts qui ont été faits pour venir baisser la pression fiscale et augmenter le pouvoir d'achat des Français sur le quinquennat ? Oui, c'est 24 milliards d'euros et je viens de t'expliquer concrètement ce que ça veut dire pour une personne au SMIC.

Mais est-ce que, parallèlement à ça, il y a des charges qui ont continué à augmenter, notamment liées à l'énergie ? Oui. Et sur ça, il va falloir y travailler. Alors là, il y a eu des mesures d'urgence qui ont été mises en place parce qu'il faut mettre des mesures d'urgence par rapport à ça. Donc, il y a le chèque énergie qui a été mis en place en 2017 qui a été là complété par un chèque ponctuel de 100 euros pour 6 millions de Français. Tu vas me dire oui, mais non,

28:05
Invité

je ne te dis pas oui, ça c'est bien. Non,

28:07
Prisca Thevenot

mais il faut le faire mais plus il faut aussi voir à long terme. Pourquoi ? Je te fais très court, mais pourquoi en ce moment on a une hausse de tous les prix de l'énergie ? C'est parce qu'on a un rebond mondial, un rebond économique et donc des grandes puissances comme la Chine, consomment énormément mais face à cette consommation qui augmente, on a une demande qui reste faible et c'est surtout la Russie, etc. qui n'ont pas tendance à augmenter les vannes. Donc, nous aussi, ça pose des questions. Donc ça, il faut qu'on travaille dessus, bien sûr. sur notre dépendance énergétique, etc.

Mais ça revient aussi, on a des moyens aussi, nous, de revoir nos modes de consommation que ce soit dans les foyers mais que ce soit aussi dans les entreprises. Donc, dans les foyers, par exemple, c'est qu'on a énormément, alors je ne sais pas ici si c'est le cas, mais on a énormément de ce qu'on appelle des passoires thermiques. Les passoires. Les passoires d'isolation. Exactement. Donc ça, ça a été mis en place avec la prime rénov' notamment. Il y a des milliers de foyers qui l'ont mis en place. Ça, c'est très concret aussi, on peut en parler si vous voulez, j'ai des exemples à la clé.

C'est très concret, ça permet vraiment drastiquement de venir réduire sa facture énergétique et en plus, d'aller dans le sens de la préservation de l'environnement. Mais il y a aussi tout ce qui a été fait pour les entreprises. Les entreprises, il y a tout un pan qui a été mis en place, notamment dans le plan de relance pour permettre aux entreprises d'évoluer sur leur mode de consommation énergétique et d'être plus vertueuses. Parce que c'est bien beau de leur dire, je vais t'imposer nanana pour que tu le fasses, etc. Si tu ne les aides pas à le faire, elles ne le feront pas. Donc, d'accompagner et si elles ne le font vraiment pas, là, effectivement, on pourra parler de punition.

Et ensuite, il y a aussi le premier qui doit le faire, les foyers, les entreprises, mais le premier, c'est qui ? C'est l'État. Si l'État ne le fait pas, j'ai envie de dire, c'est bien mignon, mais ça ne sert à rien. Et là, pareil, la rénovation énergétique a été mise en place dans l'ensemble des bâtiments publics. Elle n'est pas finie, tu peux rigoler, moi, ça ne me fait pas rire, mais c'est extrêmement important. Alors, ça ne se fait pas en un claquement de doigts, ça, c'est sûr. Mais c'est fondamental parce qu'on a aujourd'hui le premier foncier de France, c'est quand même l'État. Et donc, si on ne commence pas par ça, on n'y arrivera pas.

Donc, moi, ce que je suis en train de te dire en conclusion, c'est, oui, il y a eu des mesures qui ont été mises en place pour venir améliorer le pouvoir d'achat des Français et de façon très concrète sur la baisse des impôts, sur le fait que le travail est rémunéré mieux, mais à côté de ça, force est de constater qu'il y a des charges fixes qui, elles,

30:33
Invité

d'abord, ce n'est pas naturel que des riches s'enrichissent. Quand il y a une suppression de l'ISF,

30:38
Prisca Thevenot

c'est naturel. Non, mais si,

30:39
Invité

ça arrive, tu vois, comme si c'était... Il y a une tendance que l'argent appelle l'argent. Il y a une tendance que l'argent appelle l'argent.

30:46
Prisca Thevenot

Est-ce que je suis d'accord avec ? Non, mais...

30:48
Invité

Les règles de la politique, c'est que, collectivement, on peut décider de tempérer, d'aiguiller le monde, de l'améliorer dans le sens que nous souhaitons. Mais c'est pas dans ce que je t'ai dit. Quel est le sens que souhaite ou qu'a souhaité Emmanuel Macron pendant son quinquennat ? C'est d'encourager la tendance à l'enrichissement des plus riches. Je viens de t'expliquer par A plus B que non. Tu viens de m'expliquer par A plus B qu'il y avait des dispositifs pour aider le pouvoir d'achat des plus pauvres. Moi, ce que je te dis, c'est qu'au total, quand on fait la somme de ce qu'on a... Et faire que le travail paye mieux. Moi, ce que je dis, c'est que l'INSEE et l'OF...

Et ça confirme tout ce qu'a dit l'OFCE en note préliminaire pour évaluer l'impact de chaque mesure fiscale du quinquennat. Ils ont dit attention, c'est les plus riches qui vont beaucoup plus s'enrichir que tous les autres. Même si on enrichit un peu tous les autres, ceux qui vont vraiment gagner le magot, c'est les plus riches. L'OFCE disait ça à chaque réforme fiscale. Tu n'as qu'à regarder les policiers briefs, ils en ont sorti à chaque réforme fiscale. Et là, maintenant, c'est confirmé. Parce qu'ils ont fait ça a priori avec des modèles pour évaluer comment ça va changer les pouvoirs d'achat. Tu as changé ta phrase par rapport à tout à l'heure.

Non, je t'ai dit que ceux, les grands gagnants du quinquennat, ce qu'a vraiment voulu faire Emmanuel Macron, ce qu'il a vraiment voulu faire, c'est enrichir les plus riches. C'est ça qui s'est passé.

32:01
Prisca Thevenot

C'est au détriment des autres.

32:02
Invité

Alors ça, c'est certain que quand tu donnes 4 milliards d'euros, mais attends, si toi, tu me donnes un... Alors ça, c'est certain que quand tu donnes 4 milliards d'euros, mais attends, si toi, tu me donnes un chèque et qu'à côté, dans le budget public, il manque 4 milliards d'euros parce que tu supprimes de la fiscalité sur les plus riches. C'est 4 milliards d'euros qu'il manque. Ça me lèse aussi. Tu vois, c'est pas parce que... Tu vois, un budget public... C'est vraiment important. Un budget public, quand il manque 4 milliards, il manque 4 milliards. Et ces 4 milliards qui manquent, ça va d'une manière ou d'une autre se payer.

Admettons qu'on soit dans le logiciel d'Emmanuel Macron, si ces 4 milliards d'euros étaient toujours là, si on n'avait pas permis aux plus riches de s'enrichir en leur supprimant leur fiscalité alors qu'ils gagnent déjà énormément. Si ces 4 milliards d'euros étaient là, il aurait pu donner plus aux plus pauvres. Il aurait pu faire des meilleurs coups de pouce énergétiques. Il aurait pu davantage baisser les impôts. C'est très bien que c'est pas mathématique comme ça. Ah si, 4 milliards d'euros dans un budget, si tu les as plus, il faut les trouver ailleurs.

33:04
Prisca Thevenot

Non, mais déjà, il n'y a pas de finance. C'est très bien, c'est pas fléché. C'est comme ça que ça fonctionne.

33:07
Invité

Attends, attends, attends. Les impôts, tu décides chaque année dans une loi de finance des budgets de l'État, à la fois comment tu les collectes et qu'est-ce que t'en fais. C'est-à-dire que chaque année, la République en Marche décide, je n'ai jamais dit que c'était fléché, je dis que chaque année,

33:22
Prisca Thevenot

le président et le président de tous les Français, ne l'oublient pas.

33:24
Invité

Chaque année, les députés, évidemment sous tutelle du président de la République et du gouvernement, décident comment on va répartir cet argent, comment on va le percevoir et comment on va le répartir. Et du coup, la République en Marche et M. Macron, le président de la République, ont décidé de se priver de 4 milliards d'euros qu'ils donnent, qu'ils laissent en cadeau aux plus riches qui, au total, sur la période, se sont plus enrichis que les plus pauvres. Les plus pauvres, les 90 %, avant, ils captaient 73 % de la richesse nationale. Maintenant, c'est plus que 72. Et qui a gagné ce point ? C'est les 1 % les plus riches. C'est rigolo.

Les dépenses contraintes et l'énergie, je suis d'accord que les prix de l'énergie augmentent. Je suis d'accord que les prix de l'électricité augmentent. Pourquoi ? Les prix de l'énergie, c'est, comme tu l'as dit, un peu mal, mais comme tu l'as dit, c'est un problème entre l'offre de gaz, les pays producteurs de gaz qui n'augmentent pas assez leurs vannes par rapport à la demande qui augmente, notamment chinoise et européenne puisqu'on a eu un hiver un tout petit peu plus rigoureux à l'Est et du coup, on a eu plus de demandes européennes. Donc ça, le gaz, c'est un problème de déséquilibre off-demande. Mais l'électricité, pourquoi ça augmente ? Parce que le gaz augmente.

Et pourquoi est-ce que, chez nous, on est contraint par l'augmentation des prix de l'électricité ? Aussi, peut-être, parce qu'on a fermé Fessenheim. Moi, ça m'intéresserait de comprendre comment c'est possible qu'on déplore l'augmentation du prix de l'électricité alors qu'on avait une centrale parfaitement en état de fonctionnement d'après l'Autorité de Sûreté nucléaire et qui produit l'équivalent de toute la production photovoltaïque française.

On s'est privé, c'est un choix politique, on s'est privé d'un truc qui était déjà payé, donc amorti, qui ne coûte quasiment rien et qui produisait une grande partie de notre électricité et on a décidé de se passer de ce financement-là, de cette production-là. Et du coup, en le faisant, non seulement on accroît les émissions carbone de l'électricité française parce que nécessairement quand Fessenheim ne produit pas et que c'est la nuit et que les panneaux solaires ne produisent pas et qu'il y a peu de vent, comment est-ce qu'on fournit de l'électricité en Alsace ? On importe de l'électricité au gaz ou au charbon allemand.

Du coup, un, on a choisi en se coupant de ça d'augmenter nos émissions de gaz à effet de serre et ce qu'on a choisi aussi, c'est de compliquer la facture énergétique et électrique des Français parce qu'en se privant d'une production déjà payée, nécessairement, ça augmente le coût moyen du reste.

35:38
Prisca Thevenot

Mais ce n'est pas parce que tu injectes de l'argent que forcément, tu dis que c'est au détriment d'autres personnes parce qu'il y a d'autres mesures qui sont possibles, notamment sur le coût de fonctionnement de l'État et la façon dont tu gères ton budget. Donc ça, je ne vais pas te l'apprendre, c'est aussi un esprit de bon père de famille. Donc ne viens pas me dire qu'on est en train

35:54
Invité

de l'investissement public. C'est quoi la bonne gestion d'un État ? On a augmenté 10 000 que je suis en train de te dire.

36:04
Prisca Thevenot

Ton raisonnement était de dire, ton raisonnement très simple, tu l'as fait ta dernière phrase, c'est de dire parce que l'ISF, du coup, on est en train de tuer l'environnement. Waouh ! C'est bizarre comme raisonnement.

36:16
Invité

Avec 4 milliards de plus, tu peux être moins mauvais.

36:18
Prisca Thevenot

Tu veux qu'on parle en milliards ? On va parler en milliards. On va parler en milliards. Très simplement, est-ce que, oui, il y a une urgence climatique ? Vas-y, celui qui s'assure, celui qui dit... Non, bien sûr qu'il y en a une. Bien sûr qu'il y en a une. Est-ce qu'il s'agit... Et ça, c'est ma position qui n'est peut-être pas celle qu'on partage. Et ça, c'est un débat. Est-ce qu'il faut changer de paradigme de la façon dont on aborde l'urgence climatique ? Je pense que oui. On a passé notre temps et on le voit aujourd'hui aussi dans la...

On ne peut pas l'ignorer dans la campagne des présidentielles qui arrive où on a des candidats écologistes qui parlent de tout sauf de l'écologie et voire même qui ne savent pas en parler. Donc, je vais... Pour en parler, si vous voulez, je m'adresse très clairement à Zandréos. Sur les solutions ou ce qu'on pourrait faire pour reconter. Sur ça, le sujet de l'environnement, c'est que oui, il y a eu un certain nombre de mesures qui ont été mises en place. La prime Rénov', le rapport que tu soulignes, il a été mis en place dans un débat parlementaire, dans une commission parlementaire, dans un travail parlementaire qui a eu lieu dans quel cadre ? Dans le cadre de la loi climat et résilience.

Donc, c'est venu alimenter cette loi pour la faire évoluer et tant mieux ! Pour dire, écoutez, on est en train de mettre un certain nombre de dispositifs en place. La loi n'était pas votée, elle était en discussion. Donc, ne viens pas me dire que cette loi... Non, mais attends,

37:31
Invité

c'est important que je finis. Moi, je te dis que la réalité est en de ça et que c'est constaté par votre propre majorité. C'est ça que je te dis.

37:38
Prisca Thevenot

Non, ce que je suis en train de te dire, tu refais encore la même chose. C'est-à-dire que tu es en train de m'objecter quelque chose qui, au contraire, va dans ton sens. C'est de dire, ce rapport a été mis en place non pas pour venir dire l'ensemble des mesures qui ont été mises en place ne servent à rien, mais plutôt de venir dire la loi est en cours d'écriture faisant en sorte que l'ensemble des mesures qu'on met en place puissent être effectivement qualitativement et quantitativement regardées. Et c'était ça. Mais ce n'est pas venu

38:04
Invité

du tout dire que... Non, mais le constat, c'est que là, on a un problème de disjonction entre l'affichage des mesures, ce qu'on dit et ce qui est réellement fait. Mais non ! Tu parles d'un travail qui a été mis en place. Tu parles d'un travail non, là, ce n'est pas honnête ce que tu es en train de faire. Écoute, personne ne se satisfait du rythme des rénovations thermiques. Je ne connais pas un acteur qui me dit « Ah oui, c'est vrai, dans le logement social, ça va assez vite. » « Dans le machin, ça va assez vite. » « Et dans le public, ça va assez vite. » Je ne connais personne.

38:35
Présentateur

Si je peux faire juste un point pour alimenter ce que tu dis, on avait reçu Guillaume Bigot dans un débat sur l'école et il avait écrit un livre qui s'appelle « La populophobie » qui parle notamment des élites qui seraient très anti-peuples et lui mettait aussi en avant le fait que le peuple parfois n'aidait pas aussi à le fonctionnement on va dire de mesures qui étaient prises. Et on peut voir notamment par exemple l'exemple du pass sanitaire où certaines personnes qui viennent du peuple empêchent aussi la bonne action de cette mesure-là.

Et c'est pour dire que je bascule aussi sur ce sujet-là qui est de comment on réussit à reconnecter aussi ce lien de confiance entre nos élites politiques, entre le peuple et dans le fait qu'on puisse aussi avancer ensemble parce que de toute façon tout ce qui est décidé par le gouvernement est à la fin infaisable

39:19
Invité

si les gens derrière ne suivent pas. Tu penses que sur la rénovation thermique il y a un lien avec le peuple ? Parce que pour moi le peuple personne n'est opposé à payer moins de factures de chauffage. Personne. Par contre il faut organiser des moyens, des filières et il faut que la puissance publique soit exemplaire et pour le moment à part des paroles il n'y a pas de... Non mais c'est pas moi qui dis, c'est le rapport. Tu sais quoi ? Laisse-moi dire une parole.

39:43
Prisca Thevenot

On va faire un truc. Donc laisse-moi dire une parole sur ça parce que je n'ai pas réussi à la mettre. On parle de l'environnement. L'environnement. Que Macron, machin, moi je regarde les dimensions aujourd'hui qui nous permettent d'arriver vers effectivement cette préservation et cette protection de l'environnement. Que ce soit Macron ou qui tu veux. Ce que je regarde aujourd'hui c'est ça. D'accord ? Pour moi c'est transpartisan le sujet. Ce que je te dis c'est que oui en 2016 le sujet de l'environnement faisait effectivement partie du programme comme il fera partie de l'ensemble des programmes pour 2022 sur tous les candidats. Il n'y a pas de débat.

Je l'espère mais je pense qu'ils ne sont quand même pas tous comptes. Ensuite, est-ce que tout a été mis en place dès le début ? Je ne crois pas et je ne vais pas te mentir tout le début du quinquennat n'a pas été focalisé et monopolisé sur l'environnement. Ça on peut peut-être en discuter. C'est peut-être un tort mais le fait est de constater que non. En revanche, est-ce que sur l'ensemble du quinquennat un ensemble de mesures et de séries et voire de lois et de dispositions réglementaires ont été mis en place pour atteindre les objectifs que ce soit avéré ou pas ?

40:41
Invité

Le bilan écolo-climatique du quinquennat de Macron est très décevant. Il faut arrêter. Il a mis en place quelques trucs dont les objectifs ne sont pas atteints. Ce qu'il a fait concrètement pour les gaz à effet de serre, c'est fermer de l'électricité décarbonée pour prolonger de l'électricité au charbon. Ce qu'il a fait c'est de valider une raffinerie de biodiesel à l'huile de pâme totale à l'Amede à côté de Marseille. Cette raffinerie, tout le monde sait qu'elle importe de l'huile de pâme de Malaisie et d'Indonésie et que c'est un bilan désastreux pour le climat à cause de la déforestation et d'après le canard même si on a accepté cette raffinerie.

41:17
Prisca Thevenot

C'est un florilège de canards.

41:19
Invité

Il y a quand même plein de gros problèmes dans le quinquennat Macron.

41:25
Prisca Thevenot

Tu me dis beaucoup de choses. Oui, ça j'ai compris. En fait, c'est ça le sujet. Mais du coup,

41:28
Invité

on shoot les solutions. Il faut mettre des moyens. Déjà, il faut être cohérent. Quelles sont les solutions ? C'est-à-dire du charbon.

41:37
Prisca Thevenot

C'est simple.

41:40
Invité

Tu regardes où sont les émissions de gaz à effet de serre et tu les adresses. Où elles sont ? Elles sont dans la rénovation des bâtiments puisque le chauffage émet énormément et on a encore beaucoup trop de chaudières à gaz, de fioul, j'espère, de moins en moins, mais on a encore beaucoup trop de chaudières à gaz et du coup, il faut les remplacer. Par quoi les remplacer ? Par des chauffages électriques, des pompes à chaleur ou des chauffages au bois. Attention un petit peu au chauffage au bois parce que si le chauffage au bois alimente de la déforestation, il n'est pas si décarboné. Comment tu fais ça ? Tu consacres des moyens à ce qu'on isole mieux les bâtis et qu'on change les chaudières.

Donc ça, c'est une question de thunes et d'organisation. Est-ce que le gouvernement a mis assez de thunes et assez bien organisé ? Réponse, non, par rapport aux objectifs qui sont eux-mêmes fixés. Ensuite, où est-ce qu'on émet des gaz à effet de serre ? Dans la mobilité. Du coup, qu'est-ce que tu fais ? Tu dois arrêter, sortir des voitures à l'essence et au diesel. Qu'est-ce que tu fais ? Il n'y a pas 36 solutions, il n'y en a qu'une, c'est des voitures électriques. Du coup, tu mets en place des crédits pour les voitures électriques. Tu vas voir les constructeurs, tu changes la flotte des véhicules publics pour que ça lance la filière.

Tu organises la transition vers les voitures électriques. En fait, ce que j'aime bien, c'est que... Non, mais non.

42:48
Prisca Thevenot

C'est quand même pas... Mais oui, mais attends, on va juste se dire un truc. Si tout était si simple et limpide, mais attends, ça serait génial. En fait, ce qu'il faut aussi regarder, c'est que tu ne peux pas décider de choses et te dire que ça va se mettre comme ça en place du jour au lendemain. Moi, je reviens, je ne lâche pas sur ce truc de la rénovation. Tu dis, oui, il faut le faire, etc.

Bien évidemment, on est en train de discuter de la même chose, mais tu te rends bien compte que lancer des choses comme ça, alors que, je rappelle juste dans le contexte, ce n'est pas pour se dédouaner, mais c'est pour rappeler un contexte qui est un fait historique, on a eu deux ans de crise sanitaire. D'accord ? Donc, à un moment, je veux bien qu'on se dise, oui, mais on avait dit en 2016 qu'en 2022, on aurait tant... Il y a le Covid qui est passé par là. Est-ce qu'il faut se dédouaner dedans ? Non, mais est-ce qu'il faut venir en trouver un sujet de contradiction pour dire perpétuellement Macron, c'est Macron, ça ne sert à rien.

Par contre, ce qui est important, eh bien voilà, mettez les moyens. Et justement, eh bien tu as raison, et tu as raison notamment. Mais ça ne veut rien dire, c'est mal fait. Moi, je te donne un exemple concret. Tu dis mettez les moyens, mettez les moyens. Moi, je suis complètement d'accord avec toi. Et c'est ce qui a été fait dans le plan de relance. 30 milliards des 100 milliards sont consacrés à la transition écologique. Tu parles de la dépendance énergétique parce que quelque part, dans tout ce que tu disais, tu dis que je m'exprime mal, mais quelque part, je vais aussi aller sur le truc de l'expression. Ce qui pose problème aussi, c'est notre dépendance énergétique.

Qu'est-ce qui a été mis en place ? Sur quoi on a mis 9 milliards d'euros dans le plan de relance ? Le plan hydrogène. Pourquoi ?

44:20
Invité

Tu sais comment on produit de l'hydrogène ? Pourquoi ? Mais pourquoi ? Il faut de l'électricité. Du coup, il faut produire énormément d'électricité décarbonée pour produire de l'hydrogène. À quoi servirait l'hydrogène ? Je crois que dans le plan de Macron, ce serait pour la mobilité ou alors c'est pour l'industrie. C'est soit l'un, soit l'autre.

44:36
Prisca Thevenot

C'est aussi pour permettre de stocker de l'énergie et notamment dans le mix énergétique qu'on doit travailler.

44:41
Invité

Et l'hydrogène, c'est une bonne idée à long terme, mais en termes de gains de CO2 par euro investi, aujourd'hui, c'est beaucoup plus efficace. Mais non, je ne te dis pas qu'il ne faut pas se projeter. Je te dis que si ton problème, c'est d'empêcher le réchauffement climatique et que tu es vraiment mec de Planet Great Again et un champion de la Terre, c'est ça que tu as en tête. Il y a des choses hyper méga prioritaires sur lesquelles le gouvernement a été en retard. et rénovation thermique, les deux ont été prêts. Retard, production d'électricité, retard.

45:08
Prisca Thevenot

Rénovation thermique, il y a eu deux ans de crise sanitaire. Tu veux faire quoi ? Tout le monde était confiné chez toi. Viens rénover chez moi, on est tous confinés chez toi. Il faut des gens pour rénover. J'ai cru comprendre

45:17
Invité

que le bâtiment, ce n'était jamais aussi bien produit et apporté que depuis la crise sanitaire. Il faut des gens pour faire... Attends, là, c'est quand même simple.

45:25
Prisca Thevenot

Je veux bien qu'on soit déconnectés. Attends, juste une phrase. Non, mais, ce qu'on peut entendre, c'est pour faire de la rénovation thermique, tu es bien au courant qu'il faut quand même des gens qui viennent chez toi, qui font des travaux, il faut que tu sortes de ton logement. On a eu une crise sanitaire de deux ans. Je ne sais pas si tu es au courant du truc. Ou la majorité... Ben voilà, je te le rappelle. Tu vois ? Mais, tu vois, blague à part, on a eu des gens qui sont passés du temps chez eux, qui ont du coup fait du télétravail, machin. Ce que je te dis, ce n'est pas de dédouaner ou de venir dire « Oh non, non, on est les pauvres, on n'a pas réussi à cause de la crise sanitaire.

» Pas du tout. Mais il faut aussi remettre ça en considération. Le sujet de l'environnement, il est fondamental, il est transpartisan. Maintenant, il faut faire face aussi au contexte. On ne peut pas aujourd'hui être un politique quel qu'il soit et se dire « De toute façon, moi j'arrive en telle lambe boule de zère et ce qui se passe dans le monde, je m'en fous. » Ça ne marche pas.

46:13
Invité

Ça ne marche pas. Tu fermes une centrale qui ne produit rien, tu en ouvres une autre qui produit et qui fait des gaz à effet de serre. C'est des choix. Tu prends de la prime rénov' et là tu retournes sur le nucléaire. Le gouvernement choisit, il est acteur de ce qu'il fait et les types de choix ne sont pas satisfaisants. Ce n'est pas moi qui le dis. C'est le Haut Conseil pour le Climat, l'Agence internationale de l'énergie, c'est la plupart des associations environnementales. Les gens disent « Bon, si c'était vraiment une grande priorité du quinquennat, il y a plein de choix qui n'auraient pas été faits comme ça. » Il faut faire face à ça. C'est la même chose sur le pouvoir d'achat.

Si la priorité, c'était de donner du pouvoir d'achat

46:49
Présentateur

de manière plus abstrait et plus méta parce que c'est des sujets que vous avez abordés mais il y a énormément d'autres sujets dans le quinquennat que tu pourrais critiquer ou que tu pourrais défendre. Il y a beaucoup d'autres sujets.

J'aimerais qu'on termine plutôt sur quelles solutions on pourrait y apporter, comment recréer un lien de confiance entre les élites politiques, d'ailleurs pas seulement du gouvernement mais d'autres partis également et la population qui, pour beaucoup d'entre eux, se trouve assez plus qu'en manque de confiance, assez distante de cette politique en témoignent, je pense, les 87% d'abstention des jeunes au régional qui est, je pense, un signal d'alarme assez fort quand même. Pour moi,

47:28
Invité

il faut regarder d'où vient la déconnexion et j'ai l'impression que c'est admis que la plupart des gens qu'on fréquente, quasiment quel que soit l'âge, même si la participation est plus élevée à mesure que l'âge augmente, mais je pense que quel que soit l'âge, les gens ont le sentiment qu'ils n'ont plus prise sur leur destin et du coup, que voter ne sert à rien puisque c'est grosso modo la même merde qui va se perpétuer quel que soit le vote. Et je pense que ça, ça vient de la Ve République et de petites trahisons qui se sont empilées à cause de nos institutions.

Je pense que le quinquennat de Macron, c'est une démonstration éclatante, mais c'était déjà le cas avant, de comment quelqu'un a la majorité et a le pouvoir dans notre pays, mais se retrouve un conduit à faire une politique qui est minoritaire. Quand tu regardes les grandes réformes de Macron, tu vois, les réformes fiscales, la réforme de la loi travail, la réforme du chômage, la réforme des retraites, des trucs qui étaient des gros moments du quinquennat, quand tu regardes ça, en fait, c'est minoritaire dans le bloc social.

Les gens n'adhèrent pas à ces réformes, mais pourtant, Macron, comme d'autres, puisque les réformes de loi travail, les réformes d'assurance chômage, les réformes du système de retraite, c'est scandé. Je ne sais pas, moi, j'ai 34 ans, je pense que j'en ai connu une dizaine de chaque, tu vois. Du coup, on a ce genre de réformes tout le temps en permanence et ces réformes sont chaque fois minoritaires. Et pourtant, notre système politique remet des gens en place qui, en fait, ne représentent que 20% des gens, mais ce n'est pas de leur faute, ce n'est pas de la faute d'Emmanuel Macron s'il n'y a que 20% des gens qui adhèrent profondément à son projet et qui se retrouvent présidents.

C'est de la faute à notre système électoral. Les gens n'en peuvent plus de ne pas arriver à choisir quelqu'un qui a pris sur leur destin. Les gens n'en peuvent vraiment plus. Ils en ont marre du chantage au Front National. Ils en ont marre d'être complètement dépossédés de leur vote. Moi, un exemple que je prends depuis tout le temps, c'est la seule élection que j'ai gagnée, c'est le non au référendum de 2005. Le peuple entier ne peut pas s'exprimer plus clairement sur son rapport à l'Union européenne. Ils ont dit non à la constitutionnalisation des traités européens et donc non à la perpétuation de cette Europe-là.

Et ce qui s'est passé, c'est que le président élu immédiatement après a dit qu'il allait renégocier mais en fait, il n'a rien renégocié du tout. Il a signé exactement la même chose dans le traité de Lisbonne. Et cette somme de renoncements qui est un peu impliquée par notre Ve République et le lien entre les élites qui gouvernent dans leur monde et un bloc social qui n'adhère pas à ce qu'elles n'arrêtent pas de faire depuis des années, je pense que ça, c'est le problème. Du coup, pour le résoudre, à mon avis, il y a besoin d'un changement institutionnel.

Je ne sais pas si ça doit passer par une constituante, si ça doit passer par changer le mode d'élection, s'il faut mettre du jugement majoritaire, s'il faut mettre des RIC et des référendums d'initiatives citoyennes. Mais il y a quelque chose à faire ou de la proportionnelle. Mais il y a quelque chose à faire dans notre système institutionnel. Moi, à titre personnel, je pense qu'il faut une constituante et refonder notre République parce que là, les gens ne s'y retrouvent plus. Et je pense que le jugement majoritaire et la proportionnelle sont des bonnes pistes. Mais je ne suis pas politicien, ce n'est pas mon métier. Et du coup, je ne peux que donner des idées et donner un constat.

Quelle est ton avis, Prisca, sur ce que vient de dire de Vick ?

50:48
Prisca Thevenot

Alors, je vais laisser sur la fin parce qu'en fait, on va se retrouver sur la fin. Je vais juste me permettre de réagir sur une phrase que tu as dit, je l'ai notée du coup. Tu disais que c'était une politique de minoritaires ou des réformes de minoritaires, si je reprends le terme, c'était ça. Et je l'entends maintenant dans les faits et je vais très rapide parce que ce n'est pas l'objet de ta question, mais ce n'est pas vrai. Dans les faits, il y a eu le dédoublement des classes. Ce n'est pas minoritaire. Ça a concerné l'ensemble des CP et CE1 et ça va continuer à se développer.

Tu as eu énormément de choses sur l'éducation, les dispositifs devoirs faits, l'habitation, la taxe d'habitation qui a été supprimée pour 80% des ménages et ça va être pour 100%. Au final, ce n'est pas minoritaire. C'est la dynamique sur les années où on a toujours les mêmes réformes

51:29
Invité

qui s'imposent au forceps et que les gens ne veulent pas. Du coup, ça,

51:36
Prisca Thevenot

c'est pourquoi je te dis ça ? Pourquoi je te dis ça ? J'ai compris que ce n'était pas en plus que tu faisais un reproche spécifiquement pour Macron mais pour l'ensemble des quinquennats. Pourquoi je te dis ça ? C'est que je pense qu'aussi nous, et c'est pour ça que, d'ailleurs, j'en profite pour te remercier parce que c'est important ce genre de débat aussi.

51:49
Présentateur

On adore ça. On adore ça.

51:50
Prisca Thevenot

Qu'on puisse avoir ce genre de débat pour vraiment se titiller, se chercher, etc. Parce qu'en vrai, ce qu'il faut, c'est apporter de la nuance dans le débat politique. Et la nuance n'empêche pas d'être hyper ferme et hyper rigoureux comme d'ailleurs tu le montres très justement. Donc, je pense qu'il faut faire attention avec ces grandes phrases qui, mine de rien, tu sais, on n'a pas tous vraiment le temps. Attention, je ne dis pas qu'on est tous cons, mais je ne dis pas qu'on n'a pas forcément tous le temps. Et ce n'est pas nos priorités d'aller creuser chaque jour.

Toi, tu le fais pour nous et c'est très bien, mais on n'a pas tous le temps soit de regarder, soit de le chercher comme il faut, etc. Et donc, on va se laisser quelque part un peu fantasmer par certaines phrases. Mais oui, donc il faut qu'on fasse attention. Ça interpelle, c'est vrai. Moi aussi, j'ai eu de temps en temps un peu de buzz médiatique parce que ça permet. Mais si derrière, il n'y a rien, ça n'aide pas. Donc, c'est pour ça que je dis, je résiste à ça, pas pour te dire que tu avais faux, mais pour te dire que je pense que, collectivement, on doit apporter de la nuance. Ça, c'est un premier point.

Ensuite, sur le truc du chantage au Front National, j'ai noté des grands trucs, mais je crois que tu l'as compris, je suis à 100% d'accord avec toi. Déjà d'une, ça ne fonctionne pas et de deux, c'est contre-productif. Donc ça, il faut que ça s'arrête. En plus, on a bien vu qu'aujourd'hui, le Front National, il a vu rapidement ma petite analyse politico-politicienne qui ne vaut rien à part moi-même dans ma salle de bain. On a vu que Marine Le Pen, quand elle essayait d'arrondir les angles, elle s'est fait dépasser par la droite par un Zemmour. Donc au final, ça ne sert à rien, à rien. Donc ça, mais 100% d'accord avec toi, vraiment.

Moi, et ça, ça faisait aussi partie des promesses de campagne de 2016, moi, je suis très favorable à la proportionnelle, une dose de proportionnelle.

53:24
Invité

Ça, elle est où ?

53:25
Prisca Thevenot

Justement, c'est pour ça que je viens de te dire, je ne te donne pas le bâton pour me faire bâton, je te dis, je suis dans une relation où on se dit les choses.

53:35
Invité

ça fait des années, Mitterrand, j'ai dit ça, ça fait 40 ans qu'on parle de proportionnelle et qu'elle n'est bien jamais.

53:41
Prisca Thevenot

Mitterrand est arrivé en poste, j'étais à peu près comme toi, je m'étais encore un peu découcheux, je crois. Mais ce que je suis en train de te dire, je regarde là, il faut aussi faire le bilan d'un quinquennat, c'est aussi faire le bilan des plus, des moins et de ce qu'on a. Tu vois ? C'est dit, ouais, en fait, on a...

53:57
Invité

Comment la proportionnelle ?

53:58
Prisca Thevenot

On aurait dû la mettre, elle aurait dû faire partie de notre bilan. On ne l'a pas mise pour x, y raison, je ne vais pas non plus commencer à faire le décodage du truc, mais je pense qu'il va falloir commencer à avancer sur ces sujets-là, mais pas dans 10 ans, dans 20 ans, sur le prochain quinquennat. Peu importe qui sera aux manettes, il va falloir y arriver. Parce que c'est par des mesures comme ça qu'on va aussi recréer du vrai lien et de la vraie conscience de représentation dans nos instances.

Un autre sujet que je regardais aussi, mais ça, tu pourras peut-être me dire si c'est plus ça, je crois que c'est en Suisse où ils le font beaucoup, c'est des instants où on demande la parole aux Français, où on s'adresse aux Français.

54:33
Présentateur

Beaucoup fait en Suisse, effectivement.

54:35
Prisca Thevenot

C'est beaucoup fait en Suisse.

54:36
Présentateur

Il y a des référendums réguliers ?

54:37
Prisca Thevenot

Oui, mais en Suisse,

54:38
Présentateur

ça se passe même sur une place de ville où il y a 20 000 personnes et tout le monde s'écoute. En reste, c'est la Suisse à sa propre culture par rapport à ça.

54:46
Prisca Thevenot

Sans coller, sans être sur le truc, tu vois, moi je parle du super tisane du regardons ce qui se fait ailleurs, on ne va pas dire qu'on va prendre à l'identique ce qui est fait ailleurs parce qu'on a nos particularités, heureusement, mais ça peut nous inspirer. Il ne faut pas être con, tu vois. Pour le coup, la crise sanitaire aussi nous a appris un truc, c'est falloir qu'on regarde ce qui se passe ailleurs.

55:03
Invité

C'est sûr que le début de la crise sanitaire, ça nous montre bien qu'on ne croyait pas et qu'on pensait que les Italiens c'est sûr que c'est de l'arrogance française.

55:15
Prisca Thevenot

Mais pas que de l'arrogance, il faut arrêter de se frapper. Mais c'est global.

55:18
Invité

On a mis des œillères et c'est collectif, plein de gens, d'individus. Pensez que ça, ça concerne des gens très lointains et ça nous est arrivé en pleine face.

55:27
Présentateur

Il y a un dis de normalité également qui fait qu'on ne s'appelle un peu différent.

55:30
Prisca Thevenot

Tant que ça ne te touche pas, mais ça c'est sur tous les trucs, tant que ça ne te touche pas, c'est comme le handicap, la maladie, le machin, tu as l'impression que tu es un peu préservé. J'espère qu'on va retrouver aussi du débat sur ça. Ça donne envie de quand est-ce qu'on crée ces rendez-vous. Ça peut être effectivement soit...

55:54
Invité

C'est l'élection présidentielle, tu n'as pas le choix aujourd'hui.

55:56
Prisca Thevenot

Tu es là où tu décides de l'avenir du pays pour cinq ans. Tu vois, attends, regarde.

55:59
Invité

Tu es là. Si tu l'appelles,

56:00
Prisca Thevenot

il y a l'élection présidentielle. Regarde, écoute, on est en train de parler et tu n'es pas en plus dans ton discours qui était avant, tu n'es pas comme ça. On n'est pas dans de la fatalité. Il y a l'élection présidentielle qui arrive, c'est un fait. On ne va pas tous se dire qu'on part en vacances ou qu'on ignore le truc. Mais c'est aussi le moment de pousser des sujets pour que ça fasse partie du programme des candidats et qu'ils le mettent en place d'une façon... Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse. Et donc, le sujet qu'on peut se dire, c'est plutôt qu'il va falloir qu'ils se réveillent, etc., c'est faisons des propositions. Soyons force de propositions.

56:29
Invité

Tu vois quand même une défiance. Le pays est fracturé entre populistes et le reste du monde, entre antipasse sanitaire et le reste du monde. Mais tu vois la différence entre ce que tu dis au début

56:41
Prisca Thevenot

et ce que tu dis à la fin ? On parle de la défiance entre les citoyens et les politiques. Tu vas sur Macron. Moi, je te dis, ça n'a rien à faire avec Macron. C'est plus global que ça.

56:49
Invité

Ça vient du bloc central. Moi, mon analyse, c'est que si tu as toujours les mêmes qui obtiennent le pouvoir central,

56:55
Prisca Thevenot

c'est quoi les mêmes ?

56:56
Invité

Les mêmes UMPs. Je trouve que cette expression du Front National, elle est éclatante. On est la République en marche. Pour moi, si tu regardes, c'est la même chose. Au contraire, c'est l'incarnation parfaite de l'UMPs. Je suis l'incarnation parfaite. L'exemple. Mais quand tu vois des ministres de Sarkozy et des ministres de Hollande être ministres de Macron, tu as quand même compris que c'est le même bloc central qui gouverne. Et ça, c'est ce même bloc central. Mélenchon, Zemmour et Marine Le Pen à la table. Ce que je dis, c'est que ce bloc central, il n'a fait que trahir. Il a dit qu'il allait écouter le peuple. Il a dit qu'il allait faire des réformes institutionnelles.

Il a dit qu'il allait préserver le modèle social. Tu retournes dans la généralité. Écoute, je suis désolé. C'était dans les campagnes Sarkozy, c'était dans les campagnes Hollande, c'était dans les campagnes Emmanuel Macron pour les derniers. Et toutes ces proclamations n'ont pas été traduites par les faits. Et donc, les gens se sentent de plus en plus méprisés. Et si tu as ça plus un système électoral ou celui qui passe à toujours au mieux 20% du corps électoral derrière lui au premier tour et après se retrouve régulièrement, pas systématiquement, en face du candidat Front National qui est la bête immonde, ça crée un sentiment que la politique ne t'appartient plus. Mais tu proposes quoi

58:16
Prisca Thevenot

pour 2022 ?

58:17
Invité

Moi, ce que je te dis, c'est des changements institutionnels majeurs. Moi, je suis favorable. Non mais concrètement pour 2022, tu ne veux pas

58:21
Prisca Thevenot

U, M, B, S ni la REM. Donc, tu veux quoi ?

58:23
Invité

Moi, je propose une constituante, un jugement majoritaire et de la proportionnelle. Ça, c'est ce que je propose.

58:28
Prisca Thevenot

On a eu l'élection de 2022.

58:29
Invité

Non mais c'est ça que je te dis. Non, un candidat qui propose ça, évidemment. Il faut gagner la présidentielle pour obtenir des changements institutionnels. Ma dernière phrase et après je te laisse parler

58:38
Prisca Thevenot

et après je te laisse parler jusqu'à la fin et je me tais.

Donc moi, ce que je te dis, c'est est-ce que tu saurais, la question, elle est très simple, est-ce que si un candidat, quel qu'il soit, mais qui sort de ce déjà monde politique identifié, te propose ce genre de choses, peu ou prou, est-ce que du coup, tu vas y croire ou ça va être décrédibilisé parce que ce sont qui le portent ou alors est-ce que tu as besoin d'une figure providentielle et ce n'est pas négatif ce que je te dis, ce n'est pas péjoratif non plus, mais d'une figure providentielle qui sort d'une nulle part, qui n'a jamais fait de politique et qui va te proposer peu ou prou ça, est-ce que tu vas plus le croire que ce qui vient de l'ancien jour ?

59:14
Invité

C'est dur de réfléchir abstraitement. Par contre, je suis sûr sur la cause. La cause de la désaffection des Français avec la politique, ça vient du bloc central, ça j'en suis certain. Après, est-ce qu'il suffit que quelqu'un n'en vienne pas et propose ce que moi j'appelle comme réforme institutionnelle pour que je sois convaincu ? Il faut juger sur pièce.

59:32
Présentateur

On va s'arrêter là-dessus. C'était très intéressant d'abalayer beaucoup de sujets et ça a permis aussi de faire cibler beaucoup de désaccords. Moi, je tenais à dire que c'est aussi ça que nous, on cherche à faire au crayon, c'est-à-dire aussi connecter du coup, sans caricaturer le peuple et le gouvernement, même si c'est plus compliqué que ça évidemment. Viens-moi le peuple !

59:51
Invité

Et moi, je suis monté au gouvernement en deux heures, t'as vu ! On reviendra plus souvent, non ?

59:56
Présentateur

Exactement. Non, mais c'est important qu'il y ait des porte-paroles aussi de différents corps de la société. Et qu'en plus, je trouve qu'il y a de moins en moins sur les plateaux télé de diversité de profils et aussi de personnes de jeunes générations et qu'on est ravis, nous, au crayon, de pouvoir aussi promouvoir des voix parfois un peu moins traditionnelles et un peu moins récurrentes. Merci, Léna.

1:00:18
Prisca Thevenot

Merci à toi.

1:00:19
Présentateur

Merci, Trisca. On se retrouve très bientôt pour de nouveaux débats et de nouvelles interviews sur le crayon. C'était Valorant. Salut les jeunes.