Quentin Bourgeois, ancien responsable Front National, rejoint l'UPR
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Questions et réponses
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Bonjour Quentin. Vous êtes notre nouveau ralliement à l'UPR.
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Qui êtes-vous ? Votre âge, vos origines familiales...
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Vous rappelez que c'est une famille de Saint-Omer depuis...
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Vous avez des ascendances... Vous m'avez donné tout à l'heure un ouvrage assez extraordinaire.
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Donc vous faites quoi, comme études ?
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Un peu sous l'influence paternelle, peut-être.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 19:00Quentin BourgeoisFait
« Lors des élections européennes de 1994 – j'avais donc 12 ans –, j'ai lu l'ensemble des professions de foi de tous les candidats. »
- 21:00Quentin BourgeoisFait
« Donc en 2007, j'étais déjà suppléant aux législatives. »
- 25:00Quentin BourgeoisFait
« Il y avait une structure qui était vraiment groupusculaire, si je puis dire. »
- 27:00Quentin BourgeoisFait
« C'était des gens qui étaient là contre les immigrés, en fait. »
- 31:00Quentin BourgeoisFait
« En 2007, j'étais déjà suppléant aux législatives. »
- 35:00Quentin BourgeoisFait
« Il fallait pas perdre espoir. »
- 40:00Quentin BourgeoisFait
« Plus tôt, je pense que j'étais dans une logique où je m'étais tellement investi, où c'est dur de revenir en arrière, en fait. »
- 42:00Quentin BourgeoisFait
« Le discours durant la présidentielle, c'était de dire : « On va négocier. Si les négociations échouent, je propose un référendum. Si les gens souhaitent sortir, on sort. Si les gens ne souhaitent pas sortir, je démissionne ». »
- 46:00Quentin BourgeoisFait
« J'ai écrit plusieurs fois à Marine Le Pen, tant d'un point de vue idéologique que d'un point de vue organisationnel aussi. J'ai jamais reçu de réponse de sa part. »
- 50:00Quentin BourgeoisFait
« Je suis issu d'une famille plutôt de droite. »
- 56:00Quentin BourgeoisFait
« Je pratique la course à pied, voilà, depuis 2 ans, maintenant. »
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(Générique) (Par souci de concision, certaines approbations ne sont pas retranscrites) — Eh bien bonjour, Quentin. — Bonjour. — Quentin Bourgeois, donc.
Vous êtes notre nouveau ralliement. Donc un ralliement qui fait un petit peu de bruit à l'UPR, puisque vous êtes actuellement conseiller municipal en activité. Et vous êtes conseiller municipal, ancien du FN, que vous avez quitté il y a à peu près un an, si j'ai bien compris. — Oui, tout à fait.
Donc en 2014, j'avais monté une liste FN à Saint-Omer. Et donc, j'ai quitté le FN il y a exactement un an. — Alors avant de parler politique, un petit peu, qui êtes-vous ?
Est-ce que vous pouvez nous dire...
Qui êtes-vous ? Votre âge, vos origines familiales... — Donc j'ai 37 ans.
Je suis conseiller en gestion de patrimoine sur Saint-Omer. Mes parents...
Donc ma mère était pédicure-podologue et mon père était banquier. Mes grands-parents, mes arrière-grands-parents étaient déjà audomarois. — Audomarois, ça veut donc dire de Saint-Omer. — D'origine de Saint-Omer, tout à fait. — C'est les habitants, on les appelle les Audomarois. — Exactement. — Parce que vous savez, en France, il y a quand même beaucoup de gens qui ne le savent pas. — Non, c'est pas très courant. — Audomarois, A-U-D-O-M-A-R-O-I-S. — Exactement, oui.
C'est bien orthographié. — D'accord. Donc vous rappelez que c'est une famille de Saint-Omer depuis... — Depuis très longtemps.
Il n'y a qu'un de mes arrière-grand-pères qui était d'origine belge, en fait. — Ah, d'accord. Un immigré... — Tout à fait. (Rire).
Du pays d'à côté. — Oui. Donc vous avez des ascendances...
Vous m'avez donné tout à l'heure, juste avant qu'on commence l'entretien, un ouvrage assez extraordinaire, qui est très très bien fait. Vous pouvez nous en dire un mot ? — Oui.
Donc c'est un livre que mon père a écrit sur son grand-père, donc mon arrière-grand-père, qui a donc aidé des parachutistes anglais durant la guerre, donc qui les a accueillis chez lui et cachés pendant les premiers mois de la guerre. Et donc... — En 1940, alors. — En 1940, oui, tout à fait.
Et donc il a été dénoncé... — Votre arrière-grand-père qui avait quel âge, donc ?
Une vingtaine d'années ? — Non, un peu plus vieux. Il avait déjà des enfants.
Donc oui, il avait 30, 40 ans, oui. — Une trentaine d'années, d'accord. — Et donc il a été dénoncé.
Il a été jugé, condamné à mort. Et donc... — Jugé par la justice de quoi ?
Sous occupation ? — Tout à fait, oui. Par le régime nazi, si on peut dire.
Et donc il n'a pas été exécuté, fort heureusement. Mais il est revenu dans sa famille, puisqu'il avait charge de famille. — Et donc...
Alors oui, je vois et ouvrage. Il est assez extraordinaire. C'est un ouvrage familial, en fait, mais avec plein de photos. — Oui, tout à fait, très documenté.
Mon père a fait des études de lettres. Et il a été banquier. Mais c'est un passionné d'histoire. — Un passionné d'histoire...
Donc il l'a fait un peu en hommage de son grand-père, qui est votre arrière-grand-père. Voilà. Ça s'appelle « Entre les mains des nazis », Vincent Bourgeois de Saint-Omer.
Alors revenons à vous. — Oui. — Donc vous faites quoi, comme études ? — Donc je suis installé depuis 10 ans comme conseiller en gestion de patrimoine. — Non mais avant...
Je parle de votre jeunesse. Qu'est-ce que vous avez fait, quoi ? Racontez-nous. — Donc j'ai fréquenté les écoles privées de Saint-Omer : le collège Saint-Bertin, le lycée Notre Dame de Sion.
J'ai passé un bac scientifique. Et ensuite, j'ai intégré une école de commerce qui s'appelle l'Institut supérieur européen de gestion pour m'orienter donc vers la gestion de patrimoine et le courtage en assurances. Je suis également passionné d'agriculture.
En fait, juste au moment de choisir mon orientation, j'avais visité une école qui s'appelait l'ESA, donc une école d'agronomie, en fait. Et puis bon, finalement, la finance l'a emporté. — D'accord.
Un peu sous l'influence paternelle, peut-être. — Paternelle et même au-delà, puisque mon grand-père était aussi banquier. — Ah, c'est une famille de banquiers.
Vous êtes riche, une famille de banquiers ? — (Rire). Normal, classe moyenne. — Classe moyenne.
Vous vous classez en classe moyenne. — Ma mère était donc pédicure-podologue et mon père, il a pas travaillé chez Rothschild, en l'occurrence, si c'est ce qu'on peut... — C'est pas un banquier d'affaires.
C'est dans une banque commerciale. — Oui, tout à fait. — D'accord.
Alors ensuite, comment vous en arrivez à la politique, alors ? — Alors très jeune, puisqu'en fait, lors des élections européennes de 1994 – j'avais donc 12 ans –, j'ai lu l'ensemble des professions de foi de tous les candidats. Et il y avait seulement deux candidats qui parlaient de la France.
Tous les autres parlaient d'Europe, d'Europe. Et donc c'était Philippe de Villiers d'un côté et Jean-Marie Le Pen de l'autre. Et donc ces deux profils m'ont interpellé dans leur profession de foi de l'époque.
Et je me suis intéressé à la personnalité de Jean-Marie Le Pen, qui avait un parcours assez atypique. Pupille de la nation. Il avait pris les armes en tant que député pour aller défendre l'Algérie française.
Et puis il avait fait de la coopération en Hollande, je crois. Voilà. Il avait vraiment un profil un petit peu atypique.
Et ça m'avait interpellé aussi. — Vous aviez été séduit par ce profil un petit peu de baroudeur. — Qui sortait de l'ordinaire, du politique classique, si je puis dire. — Oui. — Donc voilà.
J'aime un petit peu ce qui sort des sentiers battus. — Alors en 1994, vous aviez quel âge ? — 12 ans. — 12 ans ! — Oui, oui. — À 12 ans, vous avez commencé à vous intéresser à la politique comme ça. — Exactement. — Très bien.
Donc vous aviez pas le droit de vote, de toute façon. — Absolument pas. Et puis donc, dans la famille...
Je suis issu d'une famille plutôt de droite. — Oui. — Et mes parents ont voté pour la première fois Jean-Marie Le Pen.
L'année suivante, en fait. — Ah d'accord. Donc vous saviez, dans le milieu familial, qu'ils allaient voter... — Je sais pas si c'est moi qui les ai emmenés ou si c'est... — Ah bon ? — ...eux qui m'ont un peu poussés.
Mais pour les européennes, je crois qu'ils avaient encore voté droite. Et puis en 1995... — Donc en 1994, c'était quoi ?
RPR-UDF ? Ça devait être encore... — C'était Chirac. — D'accord.
Vous étiez chiraquien ? — Voilà, c'est ça. — En fait, c'est une famille d'origine quoi ?
Gaulliste ? — Oui, tout à fait. Mon... — Une famille gaulliste qui, progressivement, s'est plus vraiment sentie à l'aise avec Chirac, quoi.
C'est ça ? — Oui, oui. Mon grand-père est toujours gaulliste, si je puis dire. — Ça veut dire quoi ?
Gaulliste dans sa tête ? — Oui, parce que je pense pas que les Républicains d'aujourd'hui représentent le gaullisme. Voilà.
Mais donc, quelque part, avec mes parents, on s'est un peu entraînés vers le FN qui, à nos yeux, représentait plus la défense de la nation. — D'accord, d'accord. Donc vos parents votent...
Quand vous avez 13 ans, ils votent pour la première fois pour le FN. Vous, vous trouvez ça bien. Vous vous en réjouissez. — En fait, on n'en parlait pas beaucoup, à l'époque. — Vous n'en parliez pas beaucoup... — Non. — D'accord. — C'est vraiment... — Ils n'ont pas été quand même retenus par l'image quand même sulfureuse du FN, de Jean-Marie Le Pen ?
Il y avait eu quand même l'affaire du détail. Il y avait les dérapages innombrables. Il y avait tout ça, quand même. — Alors moi, sur ces aspects-là de la personnalité de Jean-Marie Le Pen, je pense que c'était une stratégie de communication.
C'est-à-dire que pour faire parler de lui, il créait un scandale. Et ça a fonctionné, puisque les médias ont parlé de lui. Et donc je suis pas certain que c'était réellement ce qu'il pensait.
À mon sens, c'est plus une stratégie de communication. — Pour faire le buzz. — Pour faire le buzz. — Et parfois, c'est du bad buzz, comme on dit. — Tout à fait.
Mais l'essentiel...
Enfin il y a un adage qui dit : « L'important, c'est qu'on parle de moi. Peu importe que ça soit en bien ou en mal ». Et pour lui, c'était... — Vous pensez que c'était ça, la stratégie ? — Je pense, je pense.
Il a pas su évoluer, justement, en se disant quand il a atteint les 10% – on va dire – : « Il faut que je change, que j'arrête avec ces dérapages. J'ai plus besoin de ça pour me faire connaître, en fait ». — Mais là, vous lui prêtez des idées qui sont peut-être pas les siennes.
On n'en sait rien, finalement. Si ? — À mon avis, il est peut-être plus complexe que ce que les gens peuvent imaginer.
C'est ça, le truc. — D'accord. Alors donc, vous continuez votre scolarité.
La première fois que vous votez, c'est quand ? C'est pour quelles élections ? — Alors j'ai surtout été très marqué par l'élection de 2002.
Donc j'avais 20 ans. — Donc là, vous avez voté, alors... — Jean-Marie Le Pen. — Vous avez voté Jean-Marie Le Pen aux deux tours, alors ? — Tout à fait. — D'accord. — Et donc je venais d'arriver sur Lille... — Vous aviez 20 ans ? — Oui. — Donc j'avais fait une année par correspondance.
En fait, j'ai intégré mon école de commerce en deuxième année directement. Et donc il y a eu une espèce de chasse aux sorcières, véritablement, pour savoir qui, dans la classe, avait voté FN. — Ah bon ? — Oui, tout à fait.
Et donc on était 20. Le FN avait fait 20%. Donc mathématiquement, il y avait autant de personnes qui devaient avoir voté... — 4 personnes qui devaient avoir voté. — Donc je faisais partie des 4.
Et j'ai fini par le revendiquer. Voilà. À l'époque, j'étais pas du tout engagé au FN encore.
Mais... — C'est-à-dire qu'à force, cette chasse aux sorcières vous a un peu cabré, si on peut... — M'a renforcé dans mes convictions, d'une certaine manière, en me disant : « C'est bizarre.
Si on l'attaque comme ça, c'est peut-être que les positions qu'il défend sont intéressantes et vont contre » le mainstream qu'on appelle aujourd'hui, la pensée globale. — La pensée dominante, la pensée unique, quoi. D'accord.
Donc vous votez Le Pen, vous commencez votre scolarité, donc, d'accord. — Voilà. Donc à ce moment-là, en étant sur Lille, en fait, j'ai eu l'occasion d'aller dans des réunions du FN avec Carl Lang, notamment, à l'époque, qui était le responsable sur Lille.
Et donc j'ai pu côtoyer pas mal de personnes du mouvement, toujours sans prendre de carte, sans militer. — Vous êtes allé vous renseigner ? — Voilà, c'est ça.
Donc c'est en revenant sur Saint-Omer après mes études que je me suis dit : « Allez, on se lance en politique ». Et donc c'est en me rapprochant de Steeve Briois, qui était le secrétaire départemental à l'époque... — Qui actuellement est le maire d'Hénin-Beaumont. — Tout à fait, oui, oui.
Donc c'est avec lui qu'on a démarré le mouvement sur Saint-Omer. — D'accord, d'accord. Donc vous prenez votre carte.
Vous avez quel âge, à ce moment ? — Ma première carte, donc, c'est 2007. — En 2007.
Donc vous fondez...
Il n'y avait pas de structure du FN à Saint-Omer ? — Il y avait une structure qui était vraiment groupusculaire, si je puis dire. — D'accord.
Donc vous prenez votre carte et puis vous allez à la première réunion. — J'organise la première réunion. — Avec les adhérents de Saint-Omer. — Oui.
Enfin en l'occurrence, on était 5. — Vous étiez 5, d'accord. Et alors ? — C'était assez surprenant, puisque sur les 5, déjà, il y avait mon père.
Et puis après, c'était des jeunes un peu avec – en effet – des idées très marquées sur l'immigration. Et donc la consigne, quelque part, était de dire : « Il faut dédiaboliser, donner une image plus lisse du FN ». — Ça, c'était qui ?
C'était Steeve Briois qui vous avait dit ça ? — Oui, oui. C'est vrai qu'encore une fois, dans la stratégie politique, si je puis dire, j'étais assez favorable à ce genre de choses.
Pour moi, un programme présidentiel doit être global. Et il doit pas se cantonner à l'immigration. Voilà.
C'est super important. — En fait, vous vous êtes rendu compte que les maigres troupes qu'il y avait à Saint-Omer, c'était des gens qui étaient là contre les immigrés, en fait. C'est ça ? — Oui, tout à fait. — Ça vous a choqué ? — À l'époque, on m'a incité à m'en débarrasser, en quelque sorte, à les renouveler, ... — Ah... — ...à aller chercher de nouvelles personnes. — La consigne, c'était de se débarrasser de ces... — Ou de les rendre moins visibles, en tout cas. — Ils étaient visibles ?
On les voyait ? On les reconnaissait ? — Un petit peu, oui. — C'était quoi ?
C'était des skinheads ? C'était des... — Oui, des gens...
Bombers. — Ah oui, quand même. — Oui, oui. (Rire) — Et ça vous a pas quand même fait froid dans le dos ? — Étant responsable, j'allais dire : c'est moi qui devais donner l'ordre de marche, donc la ligne de conduite.
Donc moi, j'ai dit clairement les choses. Ceux qui souhaitaient rester, ils sont restés. Et ceux qui préféraient rester sur une ligne très dure sont partis. — D'accord, d'accord.
Très bien. Donc alors, ensuite, vous continuez. Vous développez votre petit mouvement à Saint-Omer.
Ça se développe ? — Oui, oui. Donc en 2007, j'étais déjà suppléant aux législatives. — Oui. — Ensuite, donc, j'ai essayé de monter une liste en 2008 à Saint-Omer, une liste municipale. — Une liste pour les municipales. — Malheureusement, de par mon jeune âge à l'époque et puis mon manque d'expérience encore, je n'ai pas réussi.
Et puis... — Vous avez fait combien ? — J'avais même pas réussi à créer la liste. — Ah oui.
Vous avez pas...
Ah oui, c'est pas fort. — Il faut 33 personnes. Je devais en avoir une dizaine ou une quinzaine.
Donc... — Ah oui, parce que les gens ne voulaient pas s'afficher, sans doute. — Oui.
Et puis j'avais 26 ans. Donc vraiment, c'était un petit peu difficile aussi de prendre mon bâton, d'aller taper aux portes, de rencontrer les gens et...
Voilà. C'était encore un peu court. — Donc après, j'ai enchaîné les différentes campagnes régionales, départementales.
Et voilà, jusqu'aux présidentielles et aux législatives. Et on a remis ça au fil des ans. — D'accord.
Mais pendant cette longue période, il y a eu des dérapages, quand même, de Jean-Marie Le Pen et...
Ça vous a pas mis mal à l'aise ? Ça vous a pas... — Encore une fois, je justifiais cet aspect des choses sur le fait que c'était une stratégie de communication.
Après, c'est vrai qu'on le voyait avec les gens qui nous disaient : « On vote FN. Mais quand on entend Jean-Marie, ce qu'il peut raconter, des fois, ça nous écœure, parce que du coup, on sait qu'on va baisser mathématiquement dans les scores qu'on fera ». — Qu'est-ce que vous répondiez, alors, à cette question ? — Qu'il fallait pas perdre espoir.
Mais bon, au fil... — Et vous-même, vous étiez gêné par les sorties de Jean-Marie Le Pen ? — Bien sûr.
Enfin c'est toujours gênant de devoir se justifier de l'injustifiable. Voilà. Enfin en l'occurrence, moi, je me considère pas comme un fasciste ou un nazi ou un raciste. — Vous n'avez pas le racisme dans votre âme. — Absolument pas.
Encore une fois...
Enfin je vais pas dire qu'il y a quelques gages dans ma vie personnelle qui font que... — Oui, puisqu'à chaque fois, les gens tournent au ridicule. — Voilà, c'est ça.
Mais voilà. Enfin mon meilleur ami est d'origine turque. J'ai hébergé des étudiantes marocaines.
Donc voilà, je pense que si j'étais un authentique raciste, je ne pourrais pas faire ce genre de choses. Donc je ne suis absolument pas raciste, non. — Ni xénophobe... — Ni xénophobe.
J'ai rien contre personne. (Rire). — Ça doit être gênant, quand même, de se retrouver à défendre un mouvement qui a quand même cette image auprès du public et dans les médias.
Et surtout quand il y a des dérapages du style...
Lorsque Le Pen a défendu Breivik en Norvège, vous y étiez encore ? — Oui, oui, bien sûr, malheureusement. — Enfin il était peut-être plus... — Il en avait été exclu, il me semble.
Je pense que... — Il avait déjà été exclu, d'accord.
Mais enfin, il y avait quand même...
Parfois, vous deviez avoir le sentiment d'avaler des couleuvres, non ? — C'est ça. — Et vous n'avez pas eu envie de claquer la porte ? — Plus tôt, je pense que j'étais dans une logique où je m'étais tellement investi, où c'est dur de revenir en arrière, en fait.
Donc je faisais fi de tout ça, et puis en me focalisant sur le combat de la France, c'est-à-dire de la grandeur de la France, et vis-à-vis de l'UE surtout. Et moi, ce qui m'a fait bouger vraiment, c'est le changement d'orientation vis-à-vis de l'UE de Marine Le Pen au moment de la présidentielle. — Alors qu'est-ce qui s'est passé au moment de la présidentielle ?
Enfin si vous aviez suivi...
Vous connaissiez pas l'UPR encore, à l'époque ? — Si, si. Alors je connais l'UPR depuis 8 ans. — Depuis 8 ans. — Oui.
Alors je devrais peut-être pas le dire mais j'avais déjà voté UPR lors des précédentes élections européennes, tout en étant responsable FN. — C'est vrai ? — Tout à fait. (Rire).
En fait... — Dans le secret de l'isoloir, vous avez voté... — Exactement.
Dans le secret de l'isoloir, j'ai voté pour vous. — Ça s'appelle de la schizophrénie, ça. — Oui mais il y avait un sens pour moi, puisque je savais que le FN allait faire un score formidable.
Les sondages l'annonçaient à 24 ou 26%. Je me suis dit que ma voix pourrait être peut-être utile à un petit candidat. Et voilà.
Et puis comme je vous connaissais depuis longtemps déjà... — Enfin vous m'aviez vu sur Youtube, quoi.
C'est ça ? — Oui. En l'occurrence, j'avais deux, trois amis avec qui on échangeait sur l'UPR déjà. — Ah d'accord, d'accord. — Et donc voilà.
À mon sens, vous étiez un défenseur de la France contre l'UE. Et c'est toujours le cas. Et c'est pour ça que je vous rejoins aujourd'hui. — Donc vous avez assisté au fait que...
Enfin vous savez quelles sont mes analyses. Je trouve que le FN n'a jamais été très clair sur la question européenne, quand même, ... — Oui. — ...parce qu'il n'a jamais proposé réellement...
Ou alors s'il a pu le dire une fois, il disait le contraire le lendemain, etc. Il y a jamais eu une architecture très claire sur la sortie de l'UE, quand même. — Alors le discours durant la présidentielle, c'était de dire : « On va négocier.
Si les négociations échouent, je propose un référendum. Si les gens souhaitent sortir, on sort. Si les gens ne souhaitent pas sortir, je démissionne ».
C'était ce que disait Marine Le Pen. Pour moi, c'était un discours qui me paraissait cohérent, quand même. Après, dans l'entre-deux-tours, Dupont-Aignan a rejoint Marine Le Pen.
Et du coup, rétropédalage sur l'Europe, puisque c'étaient les conditions pour le fait Nicolas Dupont-Aignan rejoigne Marine Le Pen. Et... — Donc vous, en tant que responsable du FN à Saint-Omer, vous aviez des directives ?
On vous disait : « Voilà ce qu'il faut dire pour le changement de pied » ou vous étiez simplement en train de regarder la télé ? — Oui. Moi, je justifiais ça tout à fait naturellement, quand même, dans le sens où quand on fait des alliances, eh ben c'est vrai qu'il faut savoir faire des compromis.
Voilà. Donc je comprenais la stratégie. — Oui mais on fait des compromis sur des choses relativement secondaires.
On fait pas de compromis sur la... — C'est peut-être ça qui m'a échappé, en effet. — C'est comme si vous disiez : « De Gaulle, il fallait bien qu'il fasse un compromis avec Pétain ».
Non. — (Rire) — Il y a un moment à partir duquel...
C'est une vraie question qui va au-delà du FN, d'ailleurs, ... — Bien sûr. — ...parce que ça touche en fait tous les partis politiques.
Enfin vous le savez, ce qui fait – nous – notre ligne de conduite, c'est qu'on est prêts – nous – à accueillir tout le monde sur le projet de sortir de l'UE, puisque nous concernant, c'est la clé de voûte absolue de la souveraineté nationale, de l'indépendance nationale, alors que nous, c'est pas le clivage droite-gauche qui prévaut. Nous, c'est le clivage souveraineté nationale contre ceux qui sont pour l'asservissement alors qu'à l'évidence, de ce que vous nous dites, le FN, finalement, il peut brader comme ça la souveraineté nationale pour faire une alliance avec Dupont-Aignan. — C'est ce qui m'a vraiment mis la puce à l'oreille, en me disant : « C'est vrai que c'est pas possible de renier à ce point des convictions qui sont essentielles », oui. — Alors qu'est-ce que vous faites, à ce moment-là ?
Vous votez Mme Le Pen au deuxième tour ? — Oui, quand même. — Quand même. — Et puis donc après le débat de l'entre-deux-tours, ça a été un vrai traumatisme pour les électeurs. — Ah oui ? — Et pour les militants... — Vous l'avez vu ?
Les militants... — Pendant trois mois, quatre mois, ils étaient abattus. — Ils disaient quoi ? — Que c'était pas possible de s'être plantée à ce point lors d'un débat, qu'on n'y arriverait jamais.
Enfin voilà. Donc moi, j'ai expliqué très tôt les choses aux gens qui me suivaient en leur disant : « Je comprends le fait qu'il y ait une évolution sur le programme du fait de l'arrivée de Nicolas Dupont-Aignan. Mais maintenant, si après l'élection, on revient pas sur une position très ferme sur l'UE, ma place au sein du FN ne sera plus en adéquation avec mes idées ». — Vous l'avez fait savoir, ça ? — Oui, oui.
Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, il y a beaucoup de personnes qui étaient dans mon équipe sur la liste des municipales qui continuent de me suivre malgré tout. — Donc vous avez prévenu qui, alors ? Vous avez prévenu Steeve Briois ?
Vous avez prévenu le siège du FN ? — J'ai écrit plusieurs fois à Marine Le Pen, tant d'un point de vue idéologique que d'un point de vue organisationnel aussi. J'ai jamais reçu de réponse de sa part.
Donc il y a aussi cet aspect-là. En interne, il y a de gros problèmes de communication. Donc il y a aussi eu un ras-le-bol de cette organisation, de cette structure – finalement – politique. — Donc... — Donc je finis par prendre mes cliques et mes claques et quitter le FN fin 2017.
Et j'officialise la chose en février 2018. — Alors j'ai vu, il y avait un reportage, d'ailleurs...
C'était...
Je ne sais plus de... — Grand Lille TV. — Grand Lille TV.
Parce que bon, il faut que je précise aux gens qui m'écoutent que vous nous avez écrit à la fin 2018, je crois. — Oui, à l'été 2018. — L'été 2018.
Donc plusieurs mois, en fait, après avoir quitté le FN. — Oui, tout à fait. — Donc quand on a vu ce courrier arriver, j'ai demandé qu'on se renseigne sur vous pour savoir un peu qui vous étiez, est-ce qu'il y avait des horreurs sur vous. — Et vous n'aviez rien trouvé. — On n'a rien trouvé.
On n'a rien trouvé. Vous aviez l'air sympathique. Et puis surtout, on a vu cette petite vidéo où vous expliquiez...
Vous aviez eu les honneurs de Grand Lille TV qui était venue vous dire, parce qu'un conseiller municipal...
Vous étiez le seul conseiller municipal du FN ? — Oui, j'étais le seul élu de ma liste. — Saint-Omer, c'est quand même une...
C'est quoi ? C'est une sous-préfecture. — Oui.
C'est une sous-préfecture. 15 000 habitants. — 15 000 habitants.
C'est pas une ville négligeable. C'est déjà une belle petite ville. Voilà.
Et donc le seul conseiller municipal FN qui claque la porte, ça fait un petit peu de remue-ménage local. Et donc Grand Lille TV vient vous interviewer. C'est ça ? — Oui, c'est ça.
Et puis les journaux locaux, bien sûr, avec qui j'ai généralement de bonnes relations. — D'accord. — Moi, j'ai jamais stigmatisé les journalistes ou la presse à l'inverse de beaucoup de militants frontistes, oui.
J'étais très surpris, d'ailleurs, que vous fassiez applaudir les médias lors de vos meetings, etc. — Ah oui... — Généralement, au FN, les médias sont sifflés, quoi.
Et ça, ça se fait encore. — Nous, on a des relations difficiles avec les médias. Mais c'est vrai que lorsqu'ils font leur travail, on les remercie. — Mais voilà, ça sert à rien d'envenimer bêtement les choses, non plus. — Donc vous démissionnez.
Grand Lille TV a fait une petite vidéo de vous qui était assez...
Que j'ai regardée. Je me suis dit : « À quoi ressemble... », « Est-ce que c'est la bête immonde qui arrive ? ».
Et puis j'ai trouvé quelqu'un qui avait l'air normal – si j'ose dire –. Il a l'air sympathique et normal. Et puis j'ai vu qu'à la fin, vous vous posiez des questions, parce qu'une journaliste vous demandait : « Et qu'est-ce que vous allez faire ? ».
Donc vous évoquiez plusieurs hypothèses. — Voilà. C'est un petit peu...
Quelque part, je quittais le FN. Et tout de suite, ils voulaient savoir qui j'allais rejoindre. Et la question était absolument pas là à l'époque.
Moi, je voulais déjà prendre du recul par rapport au FN. Et puis donc, dans les mois qui ont suivi, j'ai regardé un petit peu ce qui se faisait ailleurs. J'ai assisté à une réunion des Républicains.
Forcément, quand ils ont parlé d'Europe, j'ai vite fui. J'ai rencontré des responsables de DLF, qui m'ont pas emballé plus que ça. Et puis encore une fois, je vous connaissais depuis assez longtemps.
Et donc, je me suis décidé à vous envoyer ce courrier, enfin ce courrier-là, en l'occurrence. — Très bien. Donc nous, de notre côté, à l'UPR, on a examiné ça.
On a fait une petite recherche sur Internet pour voir effectivement quel était votre parcours, ce que vous aviez fait, ce que vous n'aviez pas fait, etc. Et puis ensuite, j'ai soumis au bureau national de l'UPR le projet de votre adhésion, puisque c'est une adhésion d'un élu en exercice qui demande son intégration et en plus venant d'un parti politique qui n'est pas banal. Donc j'ai soumis l'adhésion de Quentin Bourgeois au bureau national, où tout le monde a d'ailleurs accepté.
Il y a eu un accord unanime, parce que nous, nous souhaitons à l'UPR...
D'abord, ce que nous, on pense, c'est que tout le monde peut avoir des évolutions de pensées, s'être trompé, moi le premier. Il n'y a rien qui m'énerve plus, lorsque je vois des gens me reprocher d'avoir travaillé il y a 20 ans avec Charles Pasqua...
D'abord, j'ai déjà eu l'occasion de le souligner. Charles Pasqua, quand il était jeune, il était résistant. C'était pas comme Mitterrand qui avait la francisque.
Et donc, j'ai déjà dit...
Là, je m'adresse en particulier aux gens de FI, certaines personnes de FI qui me critiquent sur le fait d'avoir travaillé avec Pasqua il y a une vingtaine d'années, il y a 18 ans. Moi, je ne reproche pas à M. Mélenchon d'avoir travaillé avec Mitterrand qui avait la francisque et d'avoir été son ministre pendant que Mitterrand protégeait René Bousquet, l'auteur de la rafle du Vel d'Hiv, parce que je trouve que ça serait pas correct de reprocher ça à Jean-Luc Mélenchon.
Voilà. Parce que c'est pas parce qu'on a travaillé il y a 20 ans avec quelqu'un, ou 25 ans, qu'on en partageait forcément les opinions et surtout qu'on n'a pas pu évoluer. Donc voilà.
J'aimerais que les gens de FI aient la même élégance, la même – tout simplement – justice de me reconnaître que je ne me confonds pas avec M. Pasqua, avec lequel – d'ailleurs – je n'ai travaillé que lorsqu'il était au Conseil général des Hauts-de-Seine. Je n'ai pas travaillé avec lui quand il était ministre.
Alors pour vous...
Nous, c'est un petit peu la même...
C'est tout à fait notre état d'esprit. On l'a fait lorsque Sylvie Heyvaerts de FI nous a rejoints. On s'en est réjouis.
Mais Sylvie Heyvaerts n'avait pas de mandat électif. Vous, vous avez un mandat électif. Donc j'ai soumis ça au bureau national.
Et notre point de vue, c'est...
C'est pas parce que vous avez été au FN il y a quelques années que vous êtes un pestiféré, dans la mesure où vous avez l'air sincère, vous avez accepté notre charte fondatrice dans tous ses tenants et aboutissants. Donc maintenant, vous avez annoncé publiquement avec notre accord...
On a attendu quelques mois, le temps de bien vérifier que vous étiez toujours sur la même ligne de pensée. Et puis donc vous avez averti la presse. Alors comment ça s'est passé ? — Encore une fois très bien. — La presse, elle connaît l'UPR, quand même ?
La presse locale ? — Très peu. Mais voilà, c'était l'occasion de leur faire découvrir un peu plus... — Oui.
Ils ont pas été surpris ? Ils ont pas dit : « C'est quoi, ce truc-là ? ». — Un petit peu, mais sans plus. — Sans plus. — Non, non.
Encore une fois, je pense que ça participe d'une logique d'état d'esprit qui est la mienne. C'est-à-dire défense de la France et rayonnement de la France dans le monde. Donc défense contre l'UE qui nous impose certaines choses et rayonnement avec la francophonie que vous défendez, avec tous ces pays avec lesquels on pourrait avoir des liens très forts et qu'on peut pas avoir dans le cadre de l'UE, finalement. — Donc ça s'est bien passé avec la presse.
Et avec les adhérents du FN de Saint-Omer, il y a eu des gens qui ont protesté ? — Il y a toujours des gens qui ne sont pas d'accord. Mais il y a aussi quelques-uns qui ont pris leur carte à l'UPR. — Ah bon ? — Oui, oui, tout à fait.
Donc voilà. Après, encore une fois, moi, j'ai été très transparent avec les gens qui m'entouraient. Je leur ai expliqué toujours ma démarche.
Et donc c'est naturellement qu'ils ont compris les raisons qui me poussaient sur ce cheminement et qui m'ont suivies. Voilà. — Qu'est-ce que vous faites quand vous avez des loisirs, si tant est que vous en avez, parce qu'en politique, c'est...
D'abord, vous êtes un conseiller municipal actif ou... — Oui, oui, oui.
Je participe à l'ensemble des conseils municipaux. Il y en a à peu près un tous les trimestres. Donc ça occupe quand même un peu de temps.
Et puis d'essaie d'être présent aussi dans les différentes manifestations, et puis les Gil...
Les choses officielles comme le 1e mai, le 11 novembre. Voilà, des événements comme ça. Mais je pratique la course à pied, voilà, depuis 2 ans, maintenant.
Je faisais du rugby avant. — Oui. Esprit d'équipe, alors. — Tout à fait. — D'accord. — C'est vraiment... — Course à pied, c'est course en solitaire, là. — Oui, oui, mais je suis dans un club, en l'occurrence... — Ah quand même. — ...où il y a vraiment un esprit d'équipe aussi, très familial, etc.
Mais oui, le rugby, c'était pour l'esprit d'équipe, l'aspect technique aussi, qui joue beaucoup. Mais donc la course à pied, aujourd'hui...
Donc il y a 2 ans, j'ai participé à un challenge local. Donc il y avait 12 courses à faire durant l'année. Puis j'ai fini mon année avec un marathon : le marathon de Reims – voilà –, que j'ai couru en 4 h 20, qui est un résultat correct, mais j'aurais espéré être sous les 4 h. — Et vous avez fait le marathon en entier ? — Oui, oui, bien sûr. — Ah oui, vous avez fait les 42 km. — Oui, oui. — Et sinon, vous vous intéressez...
Culture, littérature, voyages ? — Voyages...
Malheureusement, encore une fois, c'est vrai que le sport est un exutoire. Et donc c'est à peu près l'un des rares loisirs que je m'accorde, si je puis dire. — Ah oui ? — Voilà. — Parce que par ailleurs, vous avez gardé votre activité professionnelle. — Oui, oui, oui, oui.
Et puis je fais aussi quelques petites autres choses à côté. J'essaye de développer d'autres activités en parallèle aussi. — Associatives, des choses comme ça ? — Dans l'artistique.
Mais ça, c'est mon jardin secret. — C'est votre jardin secret. Vous accepteriez d'être sur la liste pour les européennes de l'UPR ? — Bien écoutez, volontiers.
Après, moi, ce que je vous ai dit, c'est que j'étais à votre entière disposition. Donc si vous jugez utile que je sois présent sur votre liste, j'accepte volontiers. — Alors vous savez qu'on a eu le ralliement – j'en parlais tout à l'heure – de Mme Sylvie Heyvaerts qui – elle – n'est pas dans le Pas-de-Calais mais dans l'Aisne, qui – elle – a été candidate de FI dans la 4e circonscription de l'Aisne, et qui donc nous a rejoints.
On l'a prévenue qu'il y avait sans doute quelqu'un du...
Un conseiller municipal ex-FN qui allait venir. Vous avez pas de problème pour vous pour être sur la même liste qu'elle ? — Non, absolument pas. — Je lui ai posé la même question.
Donc...
On en a parlé. — Oui, oui. Pour tout dire, donc, j'ai lu sa déclaration sur Facebook.
Et il y a certaines idées avec lesquelles j'adhère totalement. Enfin elle semble très préoccupée par l'écologie, etc. Mais c'est aussi comme je l'évoquais...
Donc j'ai failli rejoindre une école d'agronomie. Et donc c'est des choses qui me touchent particulièrement. Voilà. — D'accord, d'accord.
Donc je pense que là, je m'adresse...
C'est un peu une de nos fiertés, en fait, à l'UPR. Je crois que nous sommes...
Quand je dis « je crois », je suis même sûr que nous sommes le seul mouvement politique qui est capable de rassembler à la fois des responsables de FI et des responsables du FN sur une même liste. Donc ils ont évidemment des points de divergence. Mais ils savent les mettre de côté pour se rassembler sur l'essentiel, c'est-à-dire la liberté, la souveraineté de la France.
Quelque chose me dit que vous allez bien vous entendre, d'ailleurs, avec Sylvie Heyvaerts, ... — Je pense aussi, oui.
J'ai hâte de la rencontrer. — ...parce que c'est une femme...
Non, cette femme, vraiment, elle est très très sympathique. Vous aussi, je vous trouve sympathique. D'ailleurs, vous êtes l'un et l'autre un peu la partie émergée de l'iceberg, parce qu'actuellement, on a 30 à 40 adhésions par jour.
Alors si j'ai bien compris, il y en a que ça intriguait. Faudrait que je regarde ça à la loupe. Nico, il me disait que quand on adhère à l'UPR, nous, on demande pas...
Les gens, ils adhèrent. On leur demande pas leur pedigree, voilà. Vous avez eu la courtoisie de dire qui vous étiez.
Donc ça, c'était important. Vous avez été – j'en profite pour le dire – très correct du début à la fin de... — Merci. — Non, vraiment, il n'y a eu aucun coup fourré.
Vous avez joué très transparent. Nous aussi, je crois. On vous a accueilli comme ça.
Moi, je m'en réjouis. Il faut absolument que les Français se rassemblent. Nous attendons des ralliements – d'ailleurs – venant d'autres endroits.
Notre mouvement – je le répète – est un mouvement qui se veut provisoire, comme l'a été le CNR. C'est un mouvement qui...
Une fois que nous serons parvenus à faire sortir la France de l'UE, de l'euro et de l'OTAN, la mission historique de l'UPR sera achevée. Et naturellement, les gens venus de droite, les gens venus de gauche regagneront leurs idées, leur famille politique assez naturellement – je pense –, parce que je ne crois pas...
Enfin toute l'histoire du monde et l'histoire de France me donnent à penser qu'on peut pas durablement avoir un mouvement politique unique. Mais en cas d'extrême nécessité, là, c'est très important d'être soudés pour permettre à la France de sortir de cette affaire. Je rappelle que...
Vous avez voté non à la Constitution européenne, j'imagine, en 2005. — Bien sûr. — Voilà.
Les 55% de Français qui ont voté non, c'étaient des gens, des électeurs du FN, une partie des électeurs de l'UMP, une toute petite partie – peut-être – de l'UDF et une partie un peu plus importante du PS, puisque Fabius avait appelé à...
Et puis le PCF et une grande partie de l'extrême-gauche. Et si on n'arrive pas à avoir un mouvement politique qui permette de rassembler ceux qui ont voté non, qui ne correspond absolument pas au clivage droite-gauche, on n'y arrivera jamais. C'est aussi simple que ça.
Et donc nous, notre vocation, c'est de faire un CNR. Et je voudrais aussi m'adresser ici...
J'en profite. Je souhaite la bienvenue à Quentin Bourgeois. J'en profite aussi pour souligner...
Je vois des initiatives ici ou là de personnalités qui veulent...
Chacune veut créer maintenant son CNR, notamment à gauche. Mais souvent, ce sont des CNR hémiplégiques. Voilà.
C'est-à-dire des gens qui veulent un CNR au-dessus du clivage droite-gauche mais uniquement avec des gens de gauche. Ça, c'est pas possible. C'est comme quelqu'un qui voudrait un CNR au-dessus du clivage droite-gauche mais uniquement avec des gens de droite.
Donc c'est un exercice très difficile qui consiste à rassembler des gens venant de tous les horizons sur un programme. Et c'est la raison pour laquelle nous avons un programme qui – sur les sujets les plus clivants – a la sagesse de les mettre provisoirement de côté pour se focaliser sur l'essentiel. C'est trop grave, ce qui est en train de se passer.
C'est la disparition en fait de la France. C'est notre démantèlement national, avec l'unité nationale qui est en cause. C'est la baisse du niveau de vie, le pillage du patrimoine national, la vente à l'encan de tous les services publics.
Enfin tout le monde connaît ça. Eh ben ça, on n'en sortira pas si on reste dans un simple clivage droite-gauche. Vous avez d'autres choses à ajouter, Quentin ? — Simplement le fait que les problématiques essentielles, c'est cette dichotomie entre la France et l'UE et que – donc – c'est cet enjeu qui est majeur et central.
Et donc en effet, il faut rassembler le plus de monde autour de cette idée de recouvrer nos souverainetés à tout point de vue. Et je reviens sur l'écologie. Il y a aussi une préoccupation essentielle, et notamment de la jeunesse.
Mais on pourra...
Beaucoup disent : « On peut régler l'écologie qu'au niveau mondial », carrément. Mais je pense qu'au contraire, c'est en étant moteur...
Si la France redevient une locomotive, elle pourra tirer l'ensemble des pays du monde sur des sujets – et sur l'écologie – qui sont très importants aussi. — Et puis de toute façon, c'est un État souverain qui prend les mesures. Si on attend de se mettre d'accord à 27, on n'y arrivera jamais.
Et j'ai vu – c'est sorti il y a 2, 3 jours – un article très intéressant qui montre que la Suisse est quasiment n°1 mondial en matière de transition énergétique. Or, la Suisse, justement, n'est pas dans l'UE. Elle prend des décisions souveraines.
C'est comme ça que ça marche, en fait. On attend que... — Et puis après, il y aura un esprit d'entraînement, je pense.
On le voit avec le glyphosate. Finalement, plutôt que montrer la voie sur le glyphosate, Emmanuel Macron fait la marche arrière parce que, justement, il a la contrainte de l'ensemble des autres pays européens. Voilà.
Et c'est l'inverse qui doit être, en fait... — Absolument.
C'est une pensée très juste, ça, parce que toute l'Histoire vous donne raison. C'est-à-dire que c'est pas quand on se met d'accord que les choses évoluent. Se mettre d'accord à 30, ça n'est pas possible.
C'est lorsque quelqu'un...
Toute l'histoire de l'Europe est là, d'ailleurs, et l'histoire du monde. C'est lorsqu'un État prend une décision qui se révèle avec le temps plus judicieuse que les autres que les autres vont l'imiter. — Bien sûr. — C'est exactement ce qui s'est passé par exemple avec...
La France a joué souvent ce rôle. — Et c'est pour ça qu'on est appelés à le rejouer aujourd'hui. — Quentin Bourgeois, bienvenue à l'UPR. — Merci beaucoup. — Nous sommes aussi contents de vous voir rejoindre l'UPR que nous avons été contents de voir Sylvie Heyvaerts de FI rejoindre l'UPR.
Vous allez m'inviter à faire une réunion publique à Saint-Omer un de ces jours. — Très volontiers, quand votre agenda vous le permettra. — Merci beaucoup, en tout cas, Quentin, merci. — Merci. (Générique)
François Asselineau