Jérôme Guedj - L'interview politique du 03/09/26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:07OuverteRéponse directe
Vous êtes député socialiste de l'Essonne, ancien président du Conseil Général du même département et candidat à la primaire du PS.
- 0:25OuverteRéponse directe
Vous annoncez votre créneau comme celui d'un candidat pour porter la voix d'une gauche républicaine.
- 1:33OuverteRéponse directe
Vous annoncez clairement la couleur, hors de question de faire une alliance avec Jean-Luc Mélenchon.
- 1:45OuverteRéponse directe
Vous revenez sur votre livre 'La République, c'est nous' et votre rupture avec Mélenchon.
- 3:31RelanceRéponse partielle
Vous avez l'impression que certains de vos concurrents transigent sur les valeurs républicaines ?
- 3:53OuverteRéponse directe
Vous avez fait l'ENA, vous êtes un haut fonctionnaire, comment assumez-vous ce parcours ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Ce n pas une primaire que socialiste. Tout le monde peut venir y participer. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Je suis attaché à la laïcité, je suis attaché à l'universalisme républicain. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Je refuse la brutalisation du débat public. »
- 2:13Invité politiqueFait
« Mais ce n pas un problème personnel. »
- 2:26Invité politiqueFait
« Quand il est question de choses aussi essentielles dans l'ADN républicain, vous savez, dans la tradition politique à gauche, l'homme essentiel, ça a été Jean Jaurès. »
- 4:29Invité politiqueFait
« Sébastien Lecornu vient de me confier une mission sur le sujet avec la sénatrice Nathalie Delattre. »
- 4:44Invité politiqueFait
« C'est quand la rupture a été prononcée avec la France insoumise. »
- 4:55Invité politiqueFait
« Moi j'ai refusé l'accord avec la France insoumise. »
- 5:46Invité politiqueFait
« Quand je l'ai lu, les bras m'en sont tombés. »
- 6:04Invité politiqueFait
« Oui, et je considère que sioniste n pas un gros mot. »
- 8:46Invité politiqueFait
« Pour réussir l'intégration, il faut planifier l'immigration. »
Temps de parole
- Jérôme Guedj80 %
- Présentateur18 %
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Bonjour
Jérôme Gage. Bonjour. Vous êtes député socialiste de l'Essonne, ancien président du Conseil Général du même département et candidat à la primaire du PS qui aura lieu les week-ends des 9 et 16 octobre prochains. Pas mal de concurrents déjà déclarés. Philippe Brun, député de l'heure, Ségolène Royal qu'on ne présente plus, Olivier Faure, le patron du PS et Raphaël Glucksmann, le leader de Place Publique. Et vous, vous avez déclaré que votre créneau, c'était celui d'un candidat pour porter la voix d'une gauche républicaine.
Vous avez tout résumé. Juste une précision, parce que c le moment où on popularise cette primaire. Ce n pas une primaire que socialiste. Tout le monde peut venir y participer. Les adhérents du PS, les adhérents de Place Publique, mais aussi justement tous ces orphelins de la gauche républicaine qui parfois ne se reconnaissent pas dans les jeux d'appareils et qui vont avoir l'occasion de pouvoir trancher des débats qui malheureusement n pas été tranchés ces derniers mois ou ces dernières années ou alors qui ont été dans la complaisance, l'ambiguïté. Et en effet, moi je veux incarner cette alternative. Je suis un réformiste radical, je
suis
authentiquement de gauche, je l'admets, mais je m'adresse à l'ensemble des Français dans une élection présidentielle. Et surtout, moi je ne négocie pas, je ne transige pas avec les valeurs. Je suis attaché à la laïcité, je suis attaché à l'universalisme républicain. Je refuse la brutalisation du débat public. Je dis qu'on ne pas négocier, qu'on ne peut pas regarder ailleurs quand il est question de sujets aussi essentiels, à commencer par la lutte contre le racisme, lutte contre l'antisémitisme, dont je constate que pour certains, c'est une problématique résiduelle.
Alors vous, vous annoncez clairement la couleur, hors de question de faire une alliance avec Jean-Luc Mélenchon. Je reviens sur votre livre, La République, c'est nous, qui sort ces jours-ci aux
éditions de
'Observatoire. Évidemment, La République, c nous, c'est une référence à la fameuse phrase de Jean-Luc Mélenchon dont vous avez été très proche pendant des années avant de rompre violemment avec lui après le 7 octobre. Vous l'aviez même qualifié, faut-il le rappeler, de salopard antisémite. Après qu'il vous ait lourdement attaqué à de nombreuses replices, il avait notamment évoqué la laisse de vos adhésions, sous-entendu votre judaïté. Vous avez fait l'objet de nombreuses attaques de sa part et de la part des insoumis. Et dans ce livre, vous revenez sur la blessure personnelle que ça vous a infligée.
Oui,
mais ce n pas un problème personnel. Certains veulent réduire ça à ils se connaissent depuis longtemps », même si on avait rompu dès 2008, quand il a quitté le Parti Socialiste. Mais ce n pas un problème personnel, parce que je redis ce que je viens d'évoquer. Quand il est question de choses aussi essentielles dans l'ADN républicain, vous savez, dans la tradition politique à gauche, l'homme essentiel, ça a été Jean Jaurès. À un moment donné où la gauche ne se préoccupait pas de l'affaire Dreyfus, considérait que c'était un problème de bourgeois, d'un militaire et d'un juif, lui, il a dit qu y un combat commun.
Défendre le mineur de Carmo pour ses problèmes de conditions de travail et d'exploitation, et défendre le capitaine Dreyfus, c'est la même chose, parce qu'il y a une injustice fondamentale, il ne pas y avoir de liberté sans lutte contre l'antisémitisme. Et donc ça, c'était historiquement dans l'ADN de la gauche, et quand je vois que certains, après le 7 octobre, ont préféré s'asseoir dessus, prendre le risque d'alimenter et de nourrir cet antisémitisme sous couvert d'antisionisme, alors là, il y une rupture essentielle.
À gauche, on peut débattre de plein de sujets, du taux de TVA, du niveau d'impôt, de savoir quelle est la réforme pour l'école, mais on ne peut pas, je le redis, négocier, transiger, regarder ailleurs quand il est question de choses aussi essentielles.
Vous
avez l'impression que c'est le cas parmi vos camarades socialistes, et notamment parmi ceux qu'on a cités, parmi vos concurrents, vous avez l'impression qu'il y a certains qui transigent. Raphaël Gluckspann, il a été assez clair, non ?
Alors, moi, je me fixe un principe dans cette compétition, dans cette primaire, je ne dirais pas de mal de mes compétiteurs.
Non, mais vous pouvez souligner
les différences. Je mets en avant des faits. Moi, je viens avec mon énergie, mon enthousiasme, mon expérience, mes principes et mes valeurs. Moi, je suis un gamin de banlieue, j'ai grandi à Massy, dans l'Essonne, je suis un produit de la méritocratie républicaine. Grâce à l'école, j'ai pu me hisser, faire la fierté de mes parents, réussir des concours, devenir haut fonctionnaire.
Vous avez fait l'ENA ? Devenir élu local, et je n
pas du tout honte d'avoir fait l'ENA. Je suis le premier haut fonctionnaire de ma famille. Et servir l'État était pour moi un bonheur absolu. Et j'ai voulu me frotter au suffrage universel. 'ai l'expérience d'un président de département. C'est important, construire des compromis, gérer des budgets, être capable de faire des économies. Deuxième caractéristique, je suis un parlementaire qui est reconnu pour son engagement sur les questions de laïcité. Sébastien Lecornu vient de me confier une mission sur le sujet avec la sénatrice Nathalie Delattre. Capable de construire des compromis au moment du budget l'année dernière. Et puis, sur la question des valeurs, eh bien moi, je n'ai pas transigé.
C'est quand la rupture a été prononcée avec la France insoumise. Et je suis le premier, en effet, dès le lendemain du 7 octobre, à avoir dit la NUPES,'est fini. Et surtout, surtout, quand il a eu une élection, après la dissolution, moi j'ai refusé l'accord avec la France insoumise. J'ai pris ce risque, voilà, qui consistait à dire je suis prêt à perdre mon élection dans ma circonscription. J'ai eu une candidature soutenue par la France insoumise face à moi. C'est-à-dire que cette rupture-là, je ne l'ai pas théorisée. Vous avez été un des rares
candidats socialistes à ne pas
vous inscrire dans l'alliance
avec Exactement.
Et les
électeurs, en m'accordant leur confiance, ils ont envoyé ce signal qui est de dire on peut être d'accord ou pas d'accord avec ce que raconte Jérôme Gage, mais par contre, on soutient la fermeté et le courage dont il a fait preuve en refusant toute forme de compromission avec la France
insoumise.
Dernier point là-dessus, et après on va revenir à la primaire, mais vous vous déclarez dans le point il y quelques jours Jean-Luc Mélenchon a réduit à mon statut de juif. Vous considérez que c'est à ce statut-là que vous avez été totalement...
Vous avez mentionné ce texte d'avril 2024. Quand je l'ai lu, les bras m'en sont tombés. Parce que, essentialiser un compétiteur politique, pour la simple raison qu'à ce moment-là, je tenais le discours de nuance que j'ai toujours tenu s'agissant du conflit israélo-palestinien. Voilà, moi je suis un défenseur de la solution à deux États. Vous
vous
définissez comme à la fois sioniste et pro-palestinien.
Oui, et je considère que sioniste n pas un gros mot, contrairement à la dérive qui est en cours aujourd'hui dans le débat public et qui est le fauné pour pouvoir en réalité boycotter des juifs. Parce qu'il n pas d'autre mot que ça. Et donc quand vous avez mentionné cette phrase, on me renvoie à la laisse de mes adhésions qui me fait baigner dans un milieu de fanatisme et il continue en disant il a trahi le judaïsme de gauche, c'est-à-dire qu'il donne des bons points et des mauvais points sur qu'est-ce que c'est qu'un bon juif, en l'occurrence un bon juif de gauche ou pas. Ça c'est insupportable. C'est la première fois dans la vie politique que quelqu'un m'a essentialisé.
Moi je ne mets jamais en avant mon identité personnelle parce que je le redis, je suis un enfant de la République, un universaliste républicain et je refuse de s'adresser aux gens en les mettant dans des cases. Ça s'appelle essentialiser. Ça s'appelle je m'adresse à vous avec les mots qui vont vous plaire parce que j'estime que c'est ça qui va me faire gagner des élections. Ce n pas la bonne manière de faire les choses. Dans ce pays, y assez de lignes de fractures pour justement venir opposer les uns aux autres et en l'occurrence importer le conflit israélo-palestinien sur le territoire national.
Je reviens à la primaire, il y a un débat sur le débat, premier débat télévisé sur France Télé le 6 octobre. Raphaël Glucksmann dit que ça suffit, mais tous les autres dont vous considérez que non, il en faut deux autres, un sur LCI, un sur BFM en l'occurrence.
Écoutez, si on veut la réussite de ce moment singulier, franchement, cette primaire a été décidée tardivement, les règles du jeu, etc. Bon, maintenant, c'est lancé. Donc, il faut que ça marche. Pour que ça marche, il qu'il des gens qui viennent, qui puissent voir justement ce que sont les uns les autres, les propositions, le style, le tempérament. Moi, c'est ça que je mets en avant. J'ai des caractéristiques, j'ai cette tonitruance, cette impétuosité, ces convictions chevilles au corps. Il faut qu'on puisse le voir. Et donc, il ne pas se dire que les débats sont inutiles. Ils vont permettre de mobiliser. Et surtout, justement, de dire à des gens, mais venez participer à cette primaire.
Venez vous inscrire sur le site. Il y aura un site Internet. D'ici là, je fais un peu de pub. Je fais comme Annabelle. Moi, j'ai un site Internet qui'appelle jéromegage2027.fr. Et toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans mon combat, c'est le moment. Venez filer un coup de main. Venez juste cliquer, me laisser vos coordonnées. Échangez avec moi. Et donc, de la même manière, il faut que ces débats aient lieu. Il faut que personne ait peur de ces débats. Je suis sûr que personne n peur de ces débats.
C'est collectivement qu'on arrivera, justement, pendant un mois et au-delà, à formuler l'ensemble de nos propositions sur le pouvoir d'achat, sur les services publics, sur l'accès aux soins, sur la transition écologique, sur les sujets essentiels. Moi, je veux parler de tout. Moi, suis à gauche, mais il a aucun tabou. Je veux parler de sécurité. Je veux parler d'immigration. Je veux parler, évidemment, d'autres sujets régaliens comme les questions de défense. Et sur toutes ces questions, on part des préoccupations des Français et on apporte des solutions pragmatiques, efficaces.
C'est ce que je fais en matière d'immigration, par exemple, quand je dis que pour réussir l'intégration, il faut planifier l'immigration. C'est un sujet un peu tabou, parfois, à gauche, en donnant la préférence travail plutôt que la préférence nationale comme le rassemblement national. Je veux parler de sécurité sociale parce que c'est notre patrimoine commun. Moi, je défends une sécurité sociale intégrale pour qu'on n'ait plus besoin d'avoir une complémentaire santé qui est injuste, inégalitaire, souvent très coûteuse pour les jeunes, les chômeurs ou les retraités. Voilà, je mets l'accent sur les questions de santé. C'est là aussi mon ADN.
Moi, je travaille depuis des années sur les questions de vulnérabilité. On ne parle jamais des personnes en situation de handicap, des 11 millions d'aidants qui accompagnent chaque jour soit des personnes malades, soit des personnes âgées isolées. Voilà autant de sujets qui sont le lien
qui fait la force de notre pays. Sur la laïcité, vous l'avez rappelé, un spécialiste, le Premier ministre a confié récemment une mission. Qu'est-ce que vous pensez de la proposition du RN, formulée il quelques jours, d'interdire le port du voile dans les rues sous peine d'amende
? Mais
vous vous rendez compte comment on s'assied sur le compromis qui a été fait en 1905 avec la loi relative à la séparation des Églises et de l'État et avec le travail d'Aristide Briand ? Parce que là, ça veut dire que, vous savez, l'article 1er de cette loi, c'est la République assure la liberté de conscience. C'est-à que chacun a le droit d'avoir sa religion et de pouvoir l'exercer. Si demain, on dit à des personnes vous ne pouvez plus avoir votre liberté de conscience dans la rue. Donc demain, on va dire à un juif de ne pas porter la kippa dans la rue, à une femme voilée de ne pas porter la kippa dans la rue, de ne pas porter le voile dans la rue.
Et donc, on va venir s'ingérer dans l'intime des gens. Voilà. Chacun peut avoir son rapport à la religion et considérer qu'elle devrait plutôt rester dans la sphère totalement privée. Mais la liberté de conscience, c'est une singularité française. Il y a des pays où on n pas le droit d'exprimer sa religion ou à l'inverse, il y des pays où il y a une religion d'État qui s'impose d'une certaine manière aux uns et aux autres. Moi, ce n pas ma conception. Je suis un défenseur de l'égalité femmes-hommes.
Je n'aime pas que les religions qui parfois ont une vision un peu patriarcale imposent, et c'est assez commun à tous les monothéismes, on peut le dire, imposent une position d'infériorité parfois des femmes par rapport aux hommes. Mais ça, c'est l'éducation populaire, c'est l'émancipation personnelle, c'est le libre-arbitre qui permet de faire ces mouvements.
Mais ce n pas la loi et ce'est pas
des interdictions de cette manière qui ne sont destinées qu'à stigmatiser une partie de nos concitoyens, en l'occurrence les musulmans.
Alors, il y a une élection présidentielle en France, mais en Israël, il y des législatives, ce sera dans quelques semaines. Je crois que vous vous êtes rendu sur place, vous n'avez rencontré pas le monde il a quelques mois. Je
suis allé au mois de mai, c'était mon premier déplacement, en cohérence avec le combat, un des combats que je porte, et je suis allé à la fois en Israël, à la fois à Ramallah et en Palestine, pour pouvoir parler avec ceux des acteurs dont j'estime et j'espère qu'ils sont pour la désescalade et pour trouver un apaisement.
Pour qui voteriez-vous si d'aventure, aviez à mettre un bulletin dans l'urne ?
Écoutez, en cohérence, je l'ai d'ailleurs rencontré, je voterai pour la liste conduite par Yair Golan
et avec le parti
Les Démocrates, notamment parce qu'il s'inscrit d'emblée dans la logique d'une coalition d'union nationale en Israël, et que je trouve que c la bonne manière. C'est d'ailleurs aussi inspirant peut-être sur ce qu'on aurait à faire. Alors, n'est pas dans la situation très problématique et inquiétante que connaît Israël, mais quand on est face à un défi de cette ampleur, et par exemple, nous en France, on a aussi des défis importants sur la crise de la dette, sur les finances publiques, sur la santé, sur l'école, il y des moments où peut-être qu peut converger et être dans une logique d'union nationale.
Merci Jérôme Gage
d'avoir
répondu aux questions de Radio-G.
Merci
beaucoup David, on se retrouvera lundi matin à 7h45. Absolument.
Jérôme Guedj