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interviewBFM Business — La grande interview· 27 février 2024 20 min

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée en charge de l'Agriculture – 27/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

BFM Business présente Edwige Chevrillon, la grande interview. Bonsoir à tous, bienvenue dans la grande interview. Mon habité ce soir, c'est Anne-Espanier-Runacher, ministre déléguée à l'agriculture. Bonsoir Anne-Espanier-Runacher. Bonsoir Edwige Chevrillon. Merci d'être avec nous. Vous arrivez tout droit du salon de l'agriculture et vous y êtes depuis 6h du matin. Vous avez fait la visite, le tour du salon avec le Premier ministre Gabriel Attal. Est-ce qu'il y a une méthode Attal ? Vous étiez aussi là samedi pour l'ouverture mouvementée avec le Président de la République.

Pourquoi le Premier ministre arrive à faire une visite plutôt calme, faire des selfies tranquillement à l'Assemblée de l'agriculture ? Là, on a vu le grand cirque de samedi avec le Président.

0:53
Agnès Pannier-Runacher

Je pense que samedi, il y avait, et on l'a vu, 300-400 personnes qui avaient décidé d'en découdre. Mais ce n'est pas ça le salon de l'agriculture et c'est ce qu'on voit depuis dimanche. D'ailleurs, le Président de la République, dans sa déambulation, a lui-même eu de très bons contacts avec les exposants. Les exposants, ils sont là, ils sont installés depuis vendredi. Ce ne sont pas des figurants et le dialogue était de grande qualité. Et aujourd'hui, on le voit, le travail qu'a fait le gouvernement commence à payer, c'est-à-dire qu'on a des réponses.

Le Président de la République et le Premier ministre ont montré qu'ils maîtrisaient les sujets, qu'ils étaient sur le sujet avec des mesures de simplification.

1:40
Présentateur

En fait, Gabriel Attal, le Premier ministre, a récolté un peu les fruits de la mobilisation du gouvernement. Et puis, en revanche, le Président de la République a été la cible des mécontentements.

1:49
Agnès Pannier-Runacher

Non, je ne dirais pas ça. Je dirais que le débat qu'il a organisé avec différents représentants agriculteurs, qui n'étaient pas des représentants d'ailleurs, c'était la demande que nous avions fait aux organisations syndicales, c'est de dire, mettez-nous en face du Président 15 personnes qui sont syndiquées chez vous, mais qui sont des exploitants, qui n'ont pas de rôle dans le syndicat. Et ce dialogue a montré que nous avions des propositions à faire, qu'une partie des mesures qui étaient mises en oeuvre par le gouvernement n'étaient pas forcément connues. Et le Président de la République a pu faire des annonces complémentaires.

Et aujourd'hui, le Premier ministre porte cette feuille de route.

2:31
Présentateur

Voilà, récoltes les fruits. Et déjà, vous avez des nouveaux chiffres pour nous qui montrent que ça monte en puissance. Juste un point. Je vous écoutais chez nos confrères de France 3. Vous avez dit que le gouvernement compte, dans sa nouvelle loi agricole, faciliter l'installation de réserves d'eau pour l'agriculture. On ne parle plus de bassines. Reconnexer, c'était quand même ubuesque d'évoquer, d'avoir même l'idée d'inviter à un débat au Salon de l'agriculture, le mouvement le soulèvement de la terre. C'est pour ça qu'ils n'ont pas été invités. Oui, enfin, ils ont été, quand même, on les a sollicités.

3:03
Agnès Pannier-Runacher

Écoutez, je ne vais pas refaire ce qu'a dit le Président de la République. Il se trouve que c'est ce gouvernement qui a pris la décision de dissoudre les soulèvements de la terre. Décision qui a été cassée par le tribunal.

3:16
Présentateur

Vous voyez bien que le Président a reconnu que même si c'est un de mes conseillers, je suis un responsable. Donc, il y a eu quand même eu... Donc, ces bassines, ça ne sera pas le matin des réserves d'eau, elles vont pouvoir ouvrir ?

3:28
Agnès Pannier-Runacher

Alors, d'abord, le terme bassine ou méga-bassine, c'est un terme générique et qui est assez orienté. Nous, on parle de stockage d'eau parce que vous avez différentes manières de stocker de l'eau. Ce n'est pas forcément, d'ailleurs, ce type d'ouvrage. Il y a d'autres façons de stocker de l'eau. Ce qui est important, et c'est ce qui nous intéresse, c'est que beaucoup d'agriculteurs, aujourd'hui, font face au dérèglement climatique, ont besoin d'eau. Nous facilitons leur vie en facilitant le stockage de l'eau sous toutes ses formes.

3:54
Présentateur

Alors, puisqu'on cherche des responsables, un peu tout le monde cherche des responsables pour savoir qui gagne trop d'argent, est-ce que la grande distribution, est-ce qu'elle joue le jeu ? Je ne sais pas si vous avez, j'imagine, que vous avez entendu les déclarations de votre ministre de tutelle, Marc Fénaud, qui a vraiment pointé du doigt la grande distribution. Ce matin, Thierry Cotière, le patron en intermarché, alors il n'a pas du tout, du tout apprécié. Je vous propose de l'écouter. Il était cette fois-ci chez le confrère de France Inter. Vous allez voir, et puis après, vous me dites, est-ce que vous êtes plutôt du côté de Thierry Cotière ou du côté de Marc Fénaud ?

À mon avis, j'ai déjà la réponse. On écoute Thierry Cotière. Écoutez, je vais être dur. Il a eu des mots durs, donc on aura des mots durs ce matin. Je crois que ça n'est pas à niveau. Moi, j'attends du ministre de la Culture dans cette crise de la responsabilité. J'aurais préféré qu'ils mettent autour de la table des gens responsables, les industriels, les agriculteurs et les distributeurs. Et j'ai envie de vous dire, c'est de ne pas connaître ces dossiers que de dire ça. C'est-à-dire, moi, je vais vous parler d'intermarché. On a fait le choix depuis des années. Les œufs, le lait, le beurre, la volaille, le bœuf, tout ce qu'on vend en matière brute est 100% français.

Et là où je trouve ça un peu gonflé, c'est que notre marque de distributeurs, on a fait le choix il y a 50 ans d'avoir des usines en France. Elles sont pour plus de la moitié en Bretagne. Et le choix qu'on a fait, je pourrais vendre moins cher à Monique Ranoux, ma marque de charcuterie. Sauf qu'on a toujours fait le choix d'acheter tous les ports en France. Mathieu Ricottiard, il ne connaît pas ses dossiers, Marc Fénaud. Vous ne connaissez pas vos dossiers, Agnès Poignard-Renaché ?

5:28
Agnès Pannier-Runacher

Non, mais vous savez très bien comme moi que Marc Fénaud pointait notamment les centrales d'achat qui sont positionnées hors de France pour essayer de contourner la loi EGalim. Et ça c'est un contournement d'une loi qui a pour objectif de mieux partager la valeur entre les producteurs, les agriculteurs, les industriels et la grande distribution. Et je le sais, je suis bien placée pour le savoir puisque moi j'avais déjà attaqué une grande centrale de distribution, pas personnellement, mais on avait mené une grande enquête avec la direction générale de la concurrence de la consommation et de la répression des fraudes. Lorsque j'étais à Bercy.

Et lorsque j'étais à Bercy il y a trois ans et demi, on avait prononcé une amende de 117 millions d'euros. Il a fallu trois ans et demi de contentieux devant le juge, différents juges, pour leur élègue des centrales d'achat. Finalement, trancher que oui, c'est bien le juge français qui est responsable de quelque chose qui est produit en France, transformé en France et vendu en France. Donc la grande distribution, elle joue le jeu pour vous, elle joue le jeu, la grande distribution ?

Moi la grande distribution, quand elle met en avant des produits français, quand elle passe des contrats pluriannuels, quand elle fait des contrats tripartites, quand elle rend transparent son étiquetage, elle joue le jeu. Quand elle cherche à contourner la loi EGalim en prenant des contrats depuis l'étranger, ou quand elle pressure au maximum les industriels et les agriculteurs au nom du pouvoir d'achat, mais parfois, pourtant, plutôt pour protéger leur marge, ils ne jouent pas le jeu. Donc il y a ceux qui jouent le jeu et il y a ceux qui ne jouent pas le jeu, c'est très clair.

Et c'est pour ça que nous les contrôlons et que ceux qui jouent le jeu, nous les soutiendrons et nous continuerons à travailler et à aller plus loin. Moi je fais une opération avec une GMS sur le salon de l'agriculture pour montrer des bonnes pratiques. Et ceux qui ne jouent pas le jeu, on les sanctionnera au regard de la loi. Moi je n'ai pas de problème avec ça. On applique la loi, toute la loi, rien que la loi.

7:21
Présentateur

Il y a joué le jeu d'une manière ou d'une autre. Parce que lorsque vous voyez, j'ai été interpellée par un auditeur, les résultats de Carrefour qui sont quand même très bons même s'il y a une baisse du juge d'affaires sur la France. On voit que la rentabilité, elle a augmenté. On voit que les dividendes ont incroyablement progressé. qu'il y a un nouveau programme de rachat d'actions de 700 millions pour 2024 alors qu'il y en a déjà eu un de 800 millions en 2023. On peut se demander quand même si ce n'est pas trop lorsqu'on voit les difficultés que rencontrent justement les exploitants agricoles, les agriculteurs. Moi ce qui m'intéresse, c'est le revenu des agriculteurs.

Oui mais ça ne vous choque pas ?

8:04
Agnès Pannier-Runacher

Je ne veux pas rentrer dans la caricature parce que parfois on dit tel grand groupe a des résultats et on s'aperçoit... Il vient les publier, c'est pour ça. Tel grand groupe a des très bons résultats et on s'aperçoit que ces très bons résultats ne sont pas réalisés en France. Donc je n'ai pas suffisamment analysé les résultats de Carrefour pour me prononcer. Néanmoins, ce qui compte pour moi, c'est que la marge qui est réalisée en France par Carrefour, par Leclerc, par les autres soit correctement partagée avec les industriels et avec les agriculteurs. Pourquoi ? C'est une question de souveraineté. C'est une question de puissance de notre pays. C'est une question de protection des Français.

C'est aussi une question de protection des agriculteurs. Et ça je suis désolée. Mais on n'y est pas pour l'instant, vous êtes d'accord ? C'est un intérêt fondamental de la nation et c'est pour ça que nous allons le mettre dans la loi. Et vous avez raison de dire qu'on n'y est pas. Et c'est pour ça que nous allons aller encore un cran plus loin par une nouvelle loi. Nous avons confié une mission. Effectivement, nous avons confié une mission à deux parlementaires. Ils ont quatre mois pour nous faire des propositions.

Et sur cette base-là, nous allons prendre une loi pour faire en sorte que l'esprit que nous avions insufflé dans la loi et qui a permis de vraies avancées, je pense notamment dans la filière laitière, avec des gens qui ont joué le jeu, aille plus loin.

9:19
Présentateur

En même temps, je vois le jeu lorsqu'on voit l'Actalis. On sait que demain, il risque d'avoir une opération au salon d'agriculture. Est-ce que pour vous, l'Actalis joue le jeu ? Leur siège a été envahi ?

9:32
Agnès Pannier-Runacher

Écoutez, moi je constate que l'Actalis propose aujourd'hui des contrats qui sont en dessous de l'indicateur de référence de la filière interprofessionnelle. Donc ça, a priori, ça ne va pas dans le sens de la loi EGalim. C'est très simple et c'est pour ça que nous avons demandé au médiateur des négociations commerciales qui est quelqu'un qui vient de l'État de mettre autour de la table les agriculteurs et l'Actalis pour trouver un accord. Et si on ne trouve pas un accord, on pourra activer, ça c'est la loi EGalim qui le permet également, le comité de règlement des conflits. Et là, ça sera une décision qui s'imposera au parti.

10:08
Présentateur

Ce que je ne comprends pas, c'est qu'il y a déjà la loi EGalim 1, 2, 3. Donc là, puisque vous dites que le prix du lait de l'Actalis, il est inférieur au prix qui a été établi, au prix de filière, pourquoi il n'est pas sanctionné dès aujourd'hui ?

10:23
Agnès Pannier-Runacher

Parce que la loi, elle prévoit trois options de calcul du prix du contrat et que donc l'Actalis a emprunté d'autres chemins pour justifier sa position. Mais justement, ça montre bien que vous avez des groupes, il faut peut-être les citer, lorsque Lidl fait des contrats tripartites, lorsque Bell fait des contrats avec des agriculteurs, des éleveurs laitiers, vous avez des acteurs qui jouent le jeu et qui ont joué le jeu de la loi EGalim. On voit qu'il y a aussi des contournements. Eh bien, on y fait face, tout simplement. On reprend le sujet, on balaye devant notre porte.

10:56
Présentateur

C'est fou qu'il y ait quatre lois pour y arriver. Et encore, il y aura peut-être une loi EGalim 5.

11:00
Agnès Pannier-Runacher

Je veux dire aussi qu'il faut regarder le verre à moitié plein. Combien d'exploitations ont été sauvées grâce à la loi EGalim ? Alors que nous avons traversé des crises sans pareil, il faut aussi le dire, des milliers d'exploitations ont été sauvées grâce à cette loi.

11:14
Présentateur

Mais nous irons plus loin. Ce matin, il y avait une réunion à Bercy avec les banquiers. Philippe Rassac, du Crédit Agricole, évidemment incontournable dans ce milieu-là. Il y avait aussi le président de la Fédération bancaire française. Il y a combien d'exploitations aujourd'hui qui sont en difficulté ? Et combien de dossiers déposés avez-vous depuis que les guichets sont ouverts, je le rappelle, depuis mai-février ? Voilà.

11:37
Agnès Pannier-Runacher

Alors plusieurs choses. Nous, on a débloqué des fonds d'urgence. Certains sont spécifiques sur la MHE qui est une maladie qui touche des élevages bovins. Vous en avez sur la viticulture. Vous en avez de différentes natures. Là, on a 2500 dossiers. Ce sont plutôt pour répondre à des situations de crise spécifiques. La viticulture, en fait, c'est en train d'augmenter très rapidement. On était à 500 dossiers il y a quelques jours. On voit qu'aujourd'hui, on est en train de saturer les guichets. C'est une très bonne chose. On commence à payer. Vous avez une deuxième mesure qui est pour toutes les exploitations. C'est le gazole non routier.

Nous faisons le remboursement et nous offrons de faire une avance de trésorerie. Là, on a 26 500 entreprises qui ont déposé leur dossier pour avoir le remboursement et deux tiers d'entre elles qui demandent l'avance de trésorerie. Et ça monte très vite puisqu'on a pris 10 000 dossiers de plus. Je veux dire ici néanmoins qu'il y a 400 000 exploitations en France à peu près. Il y a encore de la marge qu'elle n'hésite pas à déposer ses dossiers pour avoir une avance de trésorerie. Ça vient de l'État. C'est payé en ce moment. Donc, c'est une mesure très concrète qui concerne tous les agriculteurs. Et puis, il y a les annonces que nous avons faites à l'issue de cette réunion à Bercy.

12:54
Présentateur

Juste une précision par rapport parce que c'est là qu'on voit que ça monte en puissance d'une manière assez spectaculaire parce que les chiffres que vous aviez donnés dimanche étaient 13 000. 17 000. 17 000. Et là, on en est à 26 500. Tout à fait. C'est dire que c'est une montée en puissance très forte.

13:09
Agnès Pannier-Runacher

C'est dire qu'on voit que c'est en train de s'activer. Probablement, l'information redescend dans les cours de ferme. Moi, je compte beaucoup aussi sur les syndicats agricoles pour faire ce travail de relais sur les chambres d'agriculture, évidemment. Parce qu'on a besoin aussi que ce qui apparaît comme abstrait au niveau de discussion et à la télévision redescend dans les cours de ferme. Et ça, c'est très concret. Demandez une avance de trésorerie. Elle est pour vous. Il n'y a pas de condition.

13:34
Présentateur

Sur les 400 000, évidemment. Hier, je recevais Thierry Blandinière. Il fait partie de ses exploitations agricoles. Mais lui, il va très très bien et ils se vont énormes. Il y en a combien qui sont susceptibles de toucher ces fonds que vous mettez, ces fonds d'urgence ou ce que vous mettez à disposition ? Il y a combien de sociétés qui soient d'exploitation agricole qui sont en difficulté ?

13:56
Agnès Pannier-Runacher

Alors, ça, c'est le deuxième travail que nous avons lancé depuis que le Président de la République a souhaité un dispositif spécial pour les trésoreries. Depuis lundi, les services de l'État sont au travail pour recenser les exploitations qui seraient en difficulté. Ils s'appuient sur leur connaissance de la situation fiscale des entreprises. Mais là encore, on demande à la MSA, la Mutuelle Sociale Agricole, on demande aux chambres d'agriculture et même aux syndicats aux banques de nous faire remonter ces situations pour pouvoir les traiter. C'est 10 000, c'est 20 000 ?

À ce stade, c'est difficile à dire parce que les banques nous ont dit que les taux de défaut en matière de pré-agricole avaient baissé par rapport à il y a quelques années. Donc, il ne faut pas faire de généralité. Mais cela ne veut pas dire que vous n'avez pas beaucoup de petits éleveurs en particulier. Nous, on l'entend sur le salon, des éleveurs laitiers ou des éleveurs en viande qui sont dans un sentiment d'être pris par un effet de ciseau, c'est-à-dire que le prix de ce qu'ils vendent a augmenté moins vite que le prix de leur charge. Et c'est là où il faut analyser en profondeur la situation. Donc, probablement plusieurs milliers, peut-être plus, plusieurs dizaines de milliers.

c'est le travail que nous entamons et je veux dire ici que nous avons également décidé avec Gérald Darmadin, Marc Fénaud, de faire des permanences dans les sous-préfectures parce qu'il y a toujours cette question d'aller au plus loin, le dernier kilomètre, de faire savoir aux petits exploitants qu'il est le bienvenu pour parler de ces problèmes et pour qu'on puisse les traiter.

15:31
Présentateur

Donc, une série de mesures a été annoncée ce matin pour parler aux problèmes de trésorerie notamment avec un prêt garanti avec un taux qui est entre 0 et 2,5%. Oui, nous avons... Pourquoi ce n'est pas 0% ? J'ai envie de dire.

15:47
Agnès Pannier-Runacher

Parce qu'on a demandé effectivement aux banques à un moment où les taux sont plutôt du côté de 4% voire plus de faire un effort avec des taux réduits, des taux qui soient en ligne avec ce que peuvent supporter les exploitants agricoles, de se remettre au fond dans des niveaux de taux qui étaient ceux de ces dernières années et qui étaient des taux très faibles et ils l'ont accepté. Et donc, deux mesures, des prêts avec... Enfin, des avances de trésorerie à taux réduits et deuxième mesure, le fait de décaler le remboursement du capital d'un an pour ceux qui sont en difficulté. Voilà.

et jusqu'à trois ans pour l'ensemble de leurs prêts, ce qui va donner de l'oxygène aux exploitations qui en ont besoin. Encore une fois, la situation sur le terrain est très hétérogène. Vous citiez... Bien sûr. Thierry de Blandinière, il y en a qui s'en sortent très bien et c'est une bonne chose pour notre agriculture et je m'en réjouis et il y en a qui sont

16:46
Présentateur

en difficulté. Un mot quand même, même si on a bien vu qu'il y a une levée de bouclier assez générale contre le prix plancher, mais comme c'est l'idée du président, il faut forcément travailler dessus. C'est un peu une idée d'un autre siècle, du siècle dernier, avant la PAC, cette question du prix plancher. En plus, est-ce que c'est compatible avec l'OMC, avec l'Europe ?

17:07
Agnès Pannier-Runacher

Je crois qu'il ne faut pas se méprendre sur cette idée de prix plancher. C'est la prolongation de la loi EGalim. Vous me disiez à l'instant et c'est intéressant, comment se fait-il que l'indicateur de référence ne soit pas utilisé de manière automatique dans le calcul du contrat ?

C'est ce que nous voulons faire, c'est de faire en sorte que ces indicateurs de référence qui ne sont pas établis par l'État, qui sont établis par les filières, c'est-à-dire qui viennent du terrain sur la base de la réalité des coûts de production, servent dans la construction du prix et qu'il ne soit pas possible d'avoir, ou en tout cas qu'on regarde s'il n'est pas possible d'obliger à avoir une négociation d'abord entre l'agriculteur et l'industriel avant que l'industriel discute de son prix avec le distributeur. Ça a l'air d'être évident, mais ce n'est pas ce qui se passe aujourd'hui.

17:55
Présentateur

Il faut faire ça au niveau, en fait, ce que disait Thierry Blandinière hier ou même encore Thierry Cotillère ce matin, il faut faire ça au niveau régional, au niveau départemental même.

18:03
Agnès Pannier-Runacher

Alors, il faut faire ça au sein des filières, d'abord, au sein des filières agricoles parce que c'est elles qui ont la vue transversale de l'amont à l'aval, de la cour de ferme jusqu'au rayon du supermarché et il faut le faire sur la base de la réalité des coûts de production mais en faisant en sorte que ceux qui sont très compétitifs puissent tirer leur épingle du jeu, ceux qui font de la qualité aussi. Le prix plancher, ce n'est pas un prix plafond.

18:29
Présentateur

Toute dernière question, Agnès Pannère-Renacher, est-ce que vous ne redoutez pas qu'après ce salon de l'agriculture puisqu'en plus le président a fixé un nouveau calendrier au 15 mars que ça reparte, ça reparte, les tracteurs reviennent, reprennent le contrôle des routes et des autoroutes ?

18:43
Agnès Pannier-Runacher

Moi, je crois que les agriculteurs sont en train de réaliser que nous tenons, nous faisons ce que nous disons et que les mesures d'urgence, notamment les fonds d'urgence sont en place, les paiements sont faits, que les simplifications sont en train d'arriver, nous avons des textes qui sortent et que les revendications qu'ils ont portées sont entendues et que nous prenons les mesures pour répondre à leur attente. Et beaucoup d'entre eux me disent, on a bien compris que ça ne sera pas fait du jour au lendemain. La question du revenu agricole, ça ne se fait pas du jour au lendemain. La lutte contre le dérèglement climatique, ça ne se fait certainement pas du jour au lendemain.

Mais ce qui est important, c'est de restaurer la confiance et tout l'enjeu de ce salon, mais des jours qui vont suivre et du travail. C'est d'avoir un rythme et un calendrier de travail qui fonctionnent et qui permettent de trouver des solutions

19:33
Présentateur

pour les agriculteurs. En tous les cas, merci Agnès Pannier-Renacher d'être venue. Enfin, un petit détour pour passer à BFM Business, dans le studio de BFM Business, je vais dire au salon d'agriculture, mais ça, vous y retournez juste après. à BFM Business,