Face à Face : Yaël Braun-Pivet - 01/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, face à face, Apolline de Malherbe.
Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Yael Brunpivet. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin dans ce studio. Vous êtes la présidente de l'Assemblée nationale, vous êtes vous-même députée des Yvelines. C'est la rentrée, c'est la rentrée officielle aujourd'hui des députés, sauf qu'il n'y a toujours pas de gouvernement. Premier ministre, mais pas de gouvernement. Est-ce que vous imaginez ça comme ça ? Est-ce que vous imaginez d'ailleurs que le macronisme, à la fin, ça donnerait ça ?
Alors déjà, les députés sont au travail depuis le début du mois de septembre. Mes commissions permanentes travaillent, les députés font des auditions, mènent des commissions d'enquête. Mais on ne croit pas qu'ils étaient en vacances. Non mais voilà, c'est ça. Donc ça n'est pas la rentrée le 1er octobre. Ils sont rentrés fin août. S'il y a eu des débats à l'Assemblée nationale, c'est hyper important de le rappeler. Tout ne se passe pas dans l'hémicycle. C'est la rentrée de l'hémicycle aujourd'hui. C'est effectivement le début de la session ordinaire telle qu'elle est prévue par la Constitution.
Et ce début de session ordinaire commence traditionnellement par l'élection du bureau de l'Assemblée nationale et des commissions. Et après, nous abordons normalement, traditionnellement, les examens des textes budgétaires et de certains textes. Et c'est ce qui va se passer, puisqu'on aura un gouvernement dans les jours qui viennent et on aura une discussion de politique générale, les questions au gouvernement et le dépôt d'un texte budgétaire. Donc tout va se dérouler assez classiquement. On a pris l'habitude d'avoir des sessions extraordinaires. Sessions extraordinaires qui se tiennent traditionnellement au mois de juillet au mois de septembre.
Mais notre Constitution avait prévu un début de travaux parlementaires le 1er octobre. Et donc là, on est dans quelque chose quand même d'assez classique. Ne considérons pas que l'exception, c'est cela. Sauf qu'il n'y a pas de gouvernement. Alors il y a un Premier ministre. Il est en train de consulter pour former son gouvernement. Moi, je l'ai vu hier avec le Président du Sénat. On a fait un point pendant plus d'une heure sur le déroulement des prochaines échéances. Donc le gouvernement va être nommé dans les jours qui viennent. Le budget va être présenté au Parlement peu ou prou dans les délais. Et nous sommes aujourd'hui dans les délais constitutionnels tels qu'ils sont prévus.
Le budget doit être adopté avant le 31 décembre. Nous sommes le 1er octobre. Donc vous voyez qu'on a le temps aujourd'hui d'avoir un débat budgétaire.
Mais est-ce que vous n'êtes pas un peu dans le sous-voix très bien, Mme Lamarquise ? Parce que quand je vous écoute, ça va.
Mais il est quand même compliqué. Madame de Malherbe, je vous explique juste nos règles. Nos règles, ce sont les règles constitutionnelles telles qu'elles existent depuis 1958. Le budget doit être présenté au Parlement début octobre. Nous sommes le 1er octobre. Donc en fait, je ne vois pas là où il y a un retard. Nous sommes le 1er octobre. Nous serions le 1er novembre. Je vous dirais, nous sommes en retard. Ça ne va pas. Ça m'inquiète. Mais en tant que Présidente de l'Assemblée nationale, je dois aussi être la plus responsable possible et regarder la situation lucidement. À l'heure où je vous parle, nous ne sommes pas en retard.
Nous ne sommes pas en retard à l'heure où on se parle. On va voir évidemment la suite. Je vous posais la question, est-ce que vous imaginiez que le macronisme, à la fin, on n'est pas encore complètement à la fin, il reste un an et demi avant la prochaine présidentielle, mais ce serait finalement une Assemblée fragile, qui n'a pas de majorité, des premiers ministres qui se succèdent mais qui n'arrivent pas à tenir. Ce serait une France qui paraît quand même extrêmement divisée. Ce serait une dette abyssale. Quel regard vous portez là-dessus ?
C'est très compliqué parce qu'en fait, il faut avoir un regard très nuancé. Il y a évidemment des très grandes réussites dans ce que nous avons fait depuis 8 ans et demi. Il y a aussi des grands échecs et donc il faut regarder ça très lucidement et très pragmatiquement. Cependant, aujourd'hui, moi je ne suis pas au moment du bilan, on est au moment de l'action. Moi je considère, et vous l'avez rappelé, nous avons encore 18 mois pour agir, donc 18 mois pour continuer à servir les Français. Et c'est ce que nous avons débattu hier avec le Premier ministre et le Président du Sénat. Quelles sont pour nous les priorités ? Quels sont les textes que nous devons débattre au Parlement ?
Et quelles sont les réformes que nous pouvons encore faire dans l'intérêt des Français ?
C'est fondamental, on doit agir jusqu'au dernier jour. Vous l'avez trouvé comment le Premier ministre ? Est-ce que vous avez eu... Il dit qu'il y aura un gouvernement d'ici ce week-end ? Il vous l'a réaffirmé ? Oui, complètement. Donc pour vous, il y aura un gouvernement d'ici ce week-end ?
On sera dans les temps. Donc il y aura un gouvernement dans les jours qui viennent. Il y aura une discussion, une déclaration de politique générale, présentation du budget. En fait, il faut y aller pas à pas, sereinement, mais méthodiquement.
Alors on va voir ce qu'on met potentiellement dans ce budget et quelles sont vos convictions à vous, Yael Brunpivet. Mais d'abord, vous parliez du calendrier. Aujourd'hui, c'est donc... Aujourd'hui et dans les jours qui viennent, c'est donc la décision de ce bureau. Vous avez d'ailleurs comparé ça au fond, presque à un conseil syndical d'immeubles. C'est-à-dire qu'on va décider qui s'occupe de quoi au poste clé. Il y a toujours cette question de l'équilibre.
Dans la mesure où il n'y a en effet ni une majorité claire et une opposition claire, est-ce que vous vous estimez, vous faites partie de ceux qui estiment, qu'il faut que LFI, RN et différents partis soient tous représentés ou est-ce que certains doivent être exclus ?
Moi, je travaille à cette composition du bureau de l'Assemblée nationale depuis le mois de juin. Depuis le mois de juin, j'ai rencontré individuellement chaque président de groupe. Il y en a 11 à l'Assemblée nationale, de LFI au Rassemblement national, pour voir si nous pouvions parvenir à un accord équilibré qui permette à chaque groupe politique d'être justement représenté au bureau. Ça a toujours été ma conviction. Depuis que je fais de la politique, je considère que chacun qui a été élu avec le suffrage des Français doit occuper sa juste place. Donc l'Arc républicain, c'est tout l'hémicycle pour vous ? Ce n'est pas une question d'Arc républicain.
C'est la nouvelle expression, désormais, on dit qu'il y a ceux qui sont dans l'Arc républicain ne sont pas dans l'Arc républicain.
Mais non, ce n'est pas le sujet. On ne parle pas de politique en termes de convictions politiques, on parle de places institutionnelles. J'ai une Assemblée nationale avec 577 parlementaires divisées en 11 groupes politiques. Ces 11 groupes politiques doivent être représentés au bureau de l'Assemblée nationale. C'est aussi simple que cela. Et donc moi, j'essaye depuis juin de trouver un accord. Je n'ai pas d'accord unanime. Donc nous sommes obligés d'aller au vote. Et nous y aurons un vote dès cet après-midi, 15h dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Et je l'espère, nous désignerons cet après-midi un bureau qui correspond aux équilibres politiques qui sont à l'Assemblée nationale.
Dans ce que vous avez vu de ces discussions, et vous êtes vraiment aux premières loges de ces discussions et de ces questions d'équilibre, au fond, lorsque cette Assemblée a été élue, il y avait un bloc qui était le nouveau Front populaire. On l'a bien compris, désormais, il n'existe plus. C'est une coquille vide. Chacun a repris ses droits. De l'autre côté, il y avait le groupe du Rassemblement national qui, en nombre de députés, est un très gros groupe. Est-ce qu'il faut que le RN ait à nouveau, comme il l'avait eu par le passé, un vice-président de l'Assemblée, par exemple ? Il faut que tous les groupes soient représentés
au bureau de l'Assemblée nationale. Donc, c'est des vice-présidents. Il y a eu des vice-présidents à la France insoumise. Et moi, je souhaite qu'il y ait effectivement, et c'est toutes les discussions que j'ai menées avec l'ensemble des présidents de groupe, qu'il y ait des membres du Rassemblement national présents au bureau de l'Assemblée nationale. Et effectivement, les discussions que nous avons eues nous conduisent à arriver à un équilibre assez clair, assez simple, assez basique, finalement, avec deux vice-présidents issus du nouveau Front populaire, deux vice-présidents issus du socle commun et deux vice-présidents issus de l'extrême droite. Pour vous, c'est parfaitement normal,
mais vous avez vu effectivement les propos, notamment d'un des députés de gauche, qui dit que Mme Brunpivet espère peut-être être la secrétaire d'État de Jordan Bardella en faisant ainsi signe que le RN devrait être dans les institutions.
Mais ils confondent tout, et c'est très triste pour notre vie démocratique et pour notre État de droit. Une démocratie, elle a des règles, et je suis à l'Assemblée nationale garante du respect de ces règles et de ces équilibres démocratiques. Il y a aujourd'hui, sur 577 députés, 174 députés qui ne sont pas représentés au bureau. L'anomalie démocratique, elle est là. Donc moi, je ne me bats pas pour la représentation du Rassemblement national ou de la France insoumise. Ce n'est pas mon sujet. Mon sujet, je me bats pour la démocratie.
Je vous pose une autre question, d'ailleurs, à ce propos. C'est la question du barrage républicain. Il y a de plus en plus du côté des LR, et on l'a entendu avec le sénateur Orger Carucci hier, qui dit qu'il ne faut plus de barrage républicain, ou alors, à l'encontre de LFI. Il dit, moi, je pourrais voter plutôt pour un RN en faisant barrage contre LFI. Quel regard vous portez sur ces histoires de barrage républicain ?
Mais vous voyez bien, et on est bien d'accord, pour que vos téléspectateurs comprennent bien, on ne parle pas de la même chose. Le bureau de l'Assemblée nationale, c'est la représentation institutionnelle. Le barrage républicain, c'est un barrage politique, sur les idées, sur des valeurs. Ça n'a strictement rien à voir. Vous êtes encore une femme politique. Mais bien sûr, mais ne confondons pas. Ne confondons pas. Et donc, oui, je suis toujours, moi, personnellement, politiquement, farouchement, en faveur du barrage républicain. Je m'opposerai toute ma vie au RN et à ses idées.
Pour autant, je dis qu'à l'Assemblée nationale, sur le plan institutionnel, les Français ont voté pour eux, et il doit avoir leur juste place. Ça veut dire qu'il y a le Brun-Pivet, est-ce qu'on peut aujourd'hui encore faire la différence entre les deux ?
Mais est-ce que ça veut dire, il y a le Brun-Pivet, que s'il y avait demain des élections à nouveau, législatives ? Vous seriez prête à voter LFI
pour vous assurer que le RN ne passe pas ? Alors, moi, j'ai toujours dit que je ne voterai jamais LFI. Donc, le barrage républicain, pour moi, c'est je m'oppose à l'extrême gauche, je m'oppose à l'extrême droite, je suis une femme du centre, je ne veux pas que nos extrêmes arrivent au pouvoir en France. Donc, le barrage républicain, c'est contre l'extrême droite, contre l'extrême gauche ? Je suis contre toute extrême.
Donc, pas d'alliance de second tour ou d'alliance au moins dans le refus de l'autre. Yaël Brun-Pivet, vous parliez du calendrier, il y a cette question du discours de politique générale, qui devrait donc avoir lieu la semaine prochaine. Est-ce que vous estimez qu'il faut un vote de confiance ?
Alors, dans une démocratie qui serait une démocratie parlementaire, il devrait y avoir un vote de confiance. Dans nos institutions telles qu'elles existent, le vote de confiance, comme vous le savez, est facultatif. Compte tenu de ce qui vient de se passer au début du mois de septembre, avec l'engagement de la responsabilité de François Beyrou, et le refus de la confiance exprimée par le Parlement, il y a encore quelques semaines, je pense qu'il n'est pas... Quel est le mot juste ? Je pense qu'en tout cas, il n'est pas... Alors, je n'ai pas envie de dire utile, parce que le vote de confiance, il est utile.
Mais en tout cas, aujourd'hui, je pense que nous n'arriverons pas à avoir un vote de confiance favorable, parce que malheureusement, nous avons des oppositions qui restent dans des grandes postures. En fait, le problème, c'est qu'on arrive dans une situation où malheureusement, nous n'avons pas réussi, à l'heure où je vous parle, peut-être que ça peut changer, et moi j'espère que ça changera encore dans les heures et les jours qui viennent, mais nous n'avons pas réussi aujourd'hui à construire une majorité qui puisse assurer de la stabilité pour les mois qui viennent.
Donc, ce faisant, le vote de confiance est extrêmement risqué, parce que nous n'avons pas réuni autour d'un projet une majorité. C'est dommage, je le déplore, je l'aurais souhaité.
Au-delà de la question du vote de confiance, les socialistes demandent par exemple est-ce qu'ils s'engagent à ne pas utiliser le 49.3 ? Est-ce que ça aussi, ça vous paraît trop risqué ?
Moi, je pense qu'en fait, il faut utiliser les outils constitutionnels tels qu'ils existent. L'engagement de ne pas utiliser le 49.3, il serait possible si le Premier ministre réussissait à agréger autour de lui une majorité parlementaire, donc composée notamment des socialistes. À ce jour, quand j'écoute les socialistes, ça n'est pas le cas. Donc en fait, si vous n'arrivez pas à avoir une majorité autour de vous, il est difficile de renoncer aux outils constitutionnels qui existent depuis 1958 et qui vous permettent d'adopter notamment un budget.
Vous disiez d'ailleurs, Yael Moine-Pivet, vous avez rencontré hier le Premier ministre, Olivier Faure qui était à ce même micro lundi, l'Euro qu'on reverra à nouveau vendredi après l'avoir rencontré la semaine dernière, sauf que pour l'instant, il n'y a pas le compte. Ils disent, pour qu'on ne censure pas, il aurait fallu qu'il y ait la taxe Zuckman ou l'ISF ou au moins la suspension de la réforme des retraites. Ces trois points, la porte a été fermée par Sébastien Lecornu. Est-ce que vous vous dites, il aurait dû les ouvrir ? Vous faisiez partie de ceux qui disaient il faudra sans doute mettre à contribution les plus riches.
Oui, mais je le pense toujours et je pense qu'il faut absolument que ce budget ait un caractère de budget juste et équitable et qu'il soit perçu comme tel par nos compatriotes et que nos compatriotes aient vraiment le sentiment et la conviction qu'il y a un effort à réaliser, un effort juste et partagé. Qu'est-ce qui reste comme option ?
Quand on a dit pas de taxe Zuckman, pas d'ISF, pas de suspension de la réforme des retraites, qu'est-ce qui reste ?
Un débat parlementaire. Un débat parlementaire. En fait, on ne va pas considérer aujourd'hui que les négociations s'effectuent en chambre, en cabinet, entre quatre yeux ou six yeux. Mais en fait, le débat parlementaire sert à quelque chose dans notre pays. On ne peut pas dire le Parlement doit avoir toute sa place. On ne peut pas dire que c'est l'expression de la parole des Français. et balayer d'un revers de la main les heures, dizaines, centaines d'heures de débat qu'il va y avoir durant le mois d'octobre, durant le mois de novembre à l'Assemblée nationale et au Sénat. Mais ce que répond le Parti Socialiste,
c'est qu'il dit « Nous, on ne veut pas faire de blanc-seing » parce que si on nous dit « C'est le débat parlementaire », ça veut dire qu'au fond, on nous demande à l'avance de ne pas censurer
alors qu'on ne sait pas où on va. Non mais on est dans un pays où on brandit la motion de censure à tort et à travers. Moi je suis désolée, on a aujourd'hui, on est dans une situation effectivement complexe. Nul ne le nie et il suffit de regarder. Mais nous faisons les choses dans l'ordre. Nomination d'un Premier ministre, cette semaine, nomination d'un gouvernement, la semaine prochaine, discussion de politique générale et annonce du calendrier parlementaire sur un certain nombre de textes et on pourra en parler si vous le souhaitez. Présentation du budget, discussion budgétaire. Puis après, chacun se prononcera, il y aura des votes.
Fin octobre, il y aura un vote sur la première partie, la partie importante des recettes. Et là, les parlementaires pourront exprimer leur point de vue. Donc vous dites aux socialistes « Laissez les députés bosser ». Débattons à l'Assemblée nationale. Il y a beaucoup de députés socialistes, ils sont membres de la commission des finances. Ils peuvent amender, faire des propositions et ces amendements peuvent être débattus dans l'hémicycle. On parle d'ailleurs
de M. Brun, comme éventuel président de la commission des finances. Est-ce que ça a vos faveurs ?
Philippe Brun est un excellent député que je connais bien et il aura évidemment des propositions à faire. Il faudra les écouter
et les débattre. S'il est effectivement élu président de la commission des finances, il remplacerait Eric Coquerel qui était l'actuel président de la commission des finances.
Traditionnellement, vous savez, en commission des finances, le poste est dévolu à un membre de l'opposition et la majorité ne prend pas part au vote. Donc ça n'est pas, c'est la majorité de choisir quel est le membre de l'opposition qui préside la commission des finances. S'il n'y a pas de budget, il faudra dissoudre ? Écoutez, moi, je ne me mets pas dans cette hypothèse. Aujourd'hui, je me mets dans une hypothèse où on aura un budget. Moi, aujourd'hui, mercredi 1er octobre, je me mets déjà dans la situation où je veux une Assemblée nationale qui soit en ordre de marche. C'est pour ça que je me suis beaucoup consacrée et impliquée sur la recréation de ce bureau et son bon fonctionnement.
Après, il faut laisser les discussions budgétaires se faire et moi, je suis convaincue que nous sommes capables d'y parvenir. Je crois qu'on y arrive. Vous pensez qu'on peut échapper à une dissolution ? Mais bien sûr ! Mais bien sûr ! Moi, je suis à la tête d'une Assemblée nationale qui fonctionne. Je sais qu'elle est bruyante, je sais qu'elle est désordonnée, je sais qu'il y a EDE, etc. Mais l'Assemblée nationale fonctionne.
La justice, quel regard vous portez sur le jugement qui a été développé à l'encontre de Nicolas Sarkozy ? Votre homologue au Sénat, Gérard Larcher, a eu ces mots. Il y a un questionnement grandissant au sein de la société sur l'exécution provisoire d'une condamnation alors que les voies de recours ne sont pas épuisées. Et ce questionnement, je le partage. Le partagez-vous aussi ?
Oui et non, en fait, pour tout vous dire. Parce que lorsque l'exécution provisoire d'une peine de prison, c'est malheureusement le tout venant des décisions judiciaires aujourd'hui. L'exécution provisoire fait qu'aujourd'hui, vous avez un quart des détenus dans les prisons françaises qui ne sont pas condamnés définitivement.
C'est notamment de la prison
en prévention ? C'est soit de la détention provisoire, donc ils n'ont pas encore été jugés en première instance, soit des personnes qui sont en instance d'appel, qui ont été condamnées en première instance et qui n'ont pas encore été jugées en appel. C'est 25% de nos détenus aujourd'hui. Rendez-vous compte. Donc moi, je suis tout à fait favorable à ce qu'on pose la question de la détention provisoire et de l'exécution provisoire. Mais il ne faut pas la poser pour certaines infractions ou pour certaines personnalités qui seraient condamnées. Mais là, en l'occurrence, c'est l'impact politique. Oui, mais justement, ce sont des questions graves, importantes.
Donc si nous devions rentrer dans ce débat, il faut rentrer dans ce débat pleinement. Et c'est-à-dire que c'est détention provisoire, exécution provisoire. Et c'est aussi délai de notre justice. Malheureusement, on le sait, la justice est parfois trop lente. On a mis les moyens depuis 2017. Vous me demandiez quel était le bilan du macronisme et bien le budget de la justice a été considérablement augmenté avec des embauches de magistrats, de greffiers, etc. Réorganisation de nos tribunaux. Et cela, ça se met en place progressivement. Maintenant, ces sujets-là, il faut les aborder à froid et non pas à l'aune d'une décision de justice, quelle qu'elle soit. Mais il faut l'aborder
de façon générale. Est-ce que le macronisme s'est fini ? Vous avez vu sans doute les résultats du dernier sondage qui montrent que le candidat Gabriel Attal officiellement qui serait testé comme le candidat du macronisme, plateforme à 10% des intentions de vote. Est-ce qu'aujourd'hui, le macronisme, c'est fini ?
Je suis convaincue de l'inverse. Je suis convaincue de l'inverse. Moi, je crois profondément au dépassement des clivages, au rassemblement des énergies. Moi, c'est ce que les Français me disent quand je me déplace. J'ai fait plus de 75 déplacements sur tout le territoire et ils ne me disent qu'une chose. Et en ce moment, encore plus que d'habitude, c'est essayer de vous entendre, rassemblez-vous, mettez-vous autour d'une table et travaillez, mettez vos différences de côté. Mais le macronisme, c'est parti de là en 2017 et donc moi, j'y crois plus que jamais de le faire vivre. Vous auriez pu être testée dans ce sondage ?
Non, puisque moi, je ne suis pas à ce jour candidate à l'élection présidentielle et je considère d'ailleurs, et les Français me le disent aussi, que ce n'est pas le sujet du jour l'élection présidentielle.
Merci beaucoup, Yael Brunpivet, d'avoir répondu à mes questions présidentes de l'Assemblée nationale. Il est 8h47 sur AMC BFM TV.
Yaël Braun-Pivet