L'interview : Yannick Jadot - 11/02
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Vous écoutez RMC. RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Il est 8h33, bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin sur BFM TV et RMC. Vous êtes le candidat écologiste à l'élection présidentielle, l'une des candidatures de gauche. On va y revenir, c'est toujours pas tout à fait stabilisé du côté de la gauche à moins de deux mois des élections. Mais d'abord hier, Emmanuel Macron qui présente donc son grand plan pour l'avenir énergétique de la France et qui prononce cette phrase, nous allons reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire en France. Six nouveaux EPR lancés, huit autres en chantier. Quelle est votre réaction ?
Le président de la République est en train d'enfermer la France pour un siècle, jusqu'à la fin de ce siècle, dans le nucléaire. Ce n'est pas le choix de toutes les autres démocraties. Les autres démocraties et les grands pays qui ont engagé la transition énergétique font trois choses. Un, isoler les logements, maîtriser nos consommations. On a bien vu, les Françaises et les Français sont aujourd'hui percutés par l'explosion de leurs factures énergétiques. Pourquoi ? Parce que depuis des années et des années, on a sous-investi dans la maîtrise de l'énergie, notamment la maîtrise de l'énergie au domicile.
Non mais attendez, Yannick, on va parler de ce qu'on en fait, mais il faut quand même en produire de l'électricité.
Oui, oui, attendez. Il lance le nucléaire et vous vous répondez « facture énergétique ». Oui, parce qu'en fait, l'enjeu, c'est quoi ? C'est de lutter contre le dérèglement climatique, de fournir de l'énergie bon marché aux Françaises et aux Français. D'accord ? Donc, un, la facture est d'énergie. Les différents gouvernements n'ont pas agi. Aujourd'hui, explosion des factures énergétiques. Deuxième chose, on a un enjeu pour le climat. Cet enjeu pour le climat, il est aujourd'hui. Ce que font les grandes démocraties, c'est d'investir massivement dans les énergies renouvelables.
Ce que décide de faire le Président de la République, c'est d'engager un programme de pair, ces nouveaux réacteurs nucléaires, qui seront installés en 2040-2045 au mieux. Ça veut dire qu'en fait, il ne fait rien pour le climat, il ne fait rien pour les Français, rien pour leur pouvoir d'achat, pour les années qui viennent. Et ça, c'est une faute majeure. Vous savez que le Président de la République a été condamné deux fois par les tribunaux en France pour inaction climatique. Vous savez que la France est le seul pays européen, le seul pays européen à ne pas respecter ses objectifs en matière d'énergie renouvelable.
Eh bien, la fuite en avant continue, le dogmatisme nucléaire continue, alors que tous les autres pays choisissent le réalisme comme nous.
Fuite en avant, il y a quand même une chose qui me frappe, c'est que deux fois, alors que ça ne fait qu'une minute trente qu'on est en interview, deux fois vous avez dit les grandes démocraties. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous considérez qu'aujourd'hui, ce que fait Emmanuel Macron, ce n'est pas démocratique ?
Eh bien, de toute façon, dans la décision qu'il prétend prendre, parce qu'il dit « je décide », c'est totalement illégal. Aujourd'hui, les questions énergétiques, notamment, doivent se décider. C'est la loi dans le cadre du Parlement. Et ça doit se décider en 2023. Donc, au fond, le Président, clairement en campagne, prend une décision qui ne relève pas de sa responsabilité. Mais c'est son choix. Au moins, il affiche son choix.
Pourquoi vous dites « grande démocratie » ? C'est-à-dire quoi ? Vous considérez qu'aujourd'hui, le nucléaire ne serait plus dans une logique démocratique ? Vous avez même évoqué, il me semble, hier, la question des dictatures. Ça serait quelque chose qui serait des dictatures ?
Quels sont les grands pays qui investissent sur le nucléaire aujourd'hui ? C'est la Chine et la Russie ? Vous voyez bien qu'Emmanuel Macron est totalement raccord avec Éric Zemmour sur le programme nucléaire. Ils sont d'un accord absolu sur ce sujet.
Enfin, Valérie, je pense qu'elle n'est pas contre le nucléaire. Fabien Roussel n'est pas contre le nucléaire.
Mais quelle est la rationalité aujourd'hui ? Je l'ai dit. Vous avez un EPR. Il faut que les Français comprennent bien ça. On a un EPR qui a été lancé en 2004. Sa construction a été lancée en 2004, à Flamanville. Il devait être en fonctionnement en 2012 pour 3,3 milliards. On est en 2022. Avant des années, il ne sera pas mis en fonctionnement. Et selon la Cour des comptes, on est déjà à 20 milliards. On est à 17 milliards d'euros de surcoûts. Et quelle est la leçon, tire le Président de la République, de ce fiasco industriel et financier ? Il dit, je prends un fiasco, je le multiplie par 6.
Il faut que quelqu'un explique au Président de la République que 6 fiasco, ça n'a jamais fait un succès. Ça fera simplement 6 fiasco. Et pendant ce temps-là, on n'investit pas dans les économies d'énergie. On laisse les Français percuter dans leur pouvoir d'achat. On n'investit pas dans les industries d'avenir. Il va y avoir des investissements sur l'éolien, sur le salaire. Mais c'est toujours, on nous promet toujours ça. Ça fait 20 ans que Sarkozy, Hollande, Macron ont le même discours.
En fait, vous croyez Emmanuel Macron quand il annonce des EPR, mais vous ne le croyez pas quand il annonce l'éolien.
Mais parce que c'est la continuité.
Vous choisissez comment vous prenez dans le discours.
Non, parce que moi, je regarde ce qu'a été notre histoire. Je vois que depuis 40 ans, les présidents de la République promettent d'économiser l'énergie, de développer les énergies renouvelables. En réalité, ils ne font que du nucléaire. Ils abandonnent les Français et leurs factures énergétiques. Et ils abandonnent les secteurs d'avenir que sont en train de conquérir l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, tous les pays du nord de l'Europe et les États-Unis. Moi, je souhaite que la France... Vous savez, le nucléaire de Macron, celui qu'il propose là, est deux fois plus cher, deux fois plus cher, que les énergies renouvelables que je propose. Et ça va prendre quatre fois plus de temps.
Quatre fois plus de temps. Au regard du climat, au regard du pouvoir d'achat des Français, au regard de nos entreprises, c'est irresponsable. Et pourtant, et pourtant, Barbara Pompili,
qui était quand même à vos côtés il n'y a pas si longtemps, dans votre famille politique, c'est elle qui aujourd'hui, au gouvernement, défend ce projet. Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, qui était justement ce matin sur BFM TV. Écoutez ce qu'elle dit de vous. Je crois que Yannick Jadot n'a pas vraiment conscience de la situation réelle de notre pays. Il n'a pas conscience de l'explosion, notamment des voitures électriques. Quand Renaud nous annonce que dans huit ans, il fera 100% de voitures électriques, c'était quelque chose qui était impensable, il y a encore deux, trois ans. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Écoutez, Barbara Pompili était avec le président de la République. Il y a une époque, elle défendait...
Non, mais vous ne pouvez pas dire qu'elle ne s'intéresse pas à la planète.
Non, non, mais elle reste sûrement écologiste. Elle a encore des convictions écologiques. Quand elle les exprimait très clairement, elle disait à quel point le nucléaire était une aberration. Mais vous savez, dans mon scénario énergétique, évidemment, il y a plus d'électricité. Évidemment, il y a plus d'électricité. Moi, je suis totalement responsable. Simplement, ce que je dis, un, on va avoir besoin de plus d'électricité. Donc, on va déployer les énergies renouvelables.
Mais qui sont intermittentes.
Mais pas toutes. L'hydraulique n'est pas intermittent. La biomasse, ce n'est pas intermittent. La géothermie, ce n'est pas intermittent. L'éolien offshore est de moins en moins intermittent. Et quand vous conjuguez toutes ces énergies, c'est très solide. C'est ce que dit RTE. C'est ce que dit l'ADEME. C'est ce que dit l'Union Européenne. On peut faire 100% renouvellement.
Mais sur l'éolien offshore. Arrêtons-nous un instant là-dessus. Puisqu'Emmanuel Macron, il propose 50 parcs éoliens en mer. Et là, c'est une autre association écolo, Sechefferd, qui se maintenant appelle à manifester contre.
Madame, madame.
Sechefferd dit que c'est mauvais pour l'environnement.
Emmanuel Macron termine son mandat. Termine son quinquennat. 50 quinquennats. On a une éolienne à peine connectée. Il y en a 5400 dans le reste de la mer du Nord. Tous les pays ont développé ça. C'est bon pour le climat. C'est bon pour l'industrie. C'est bon pour l'emploi. La France en a une. Et elle est expérimentale. Alors moi, je veux bien que le président de la République tente d'équilibrer son discours pour montrer qu'il n'est pas totalement dogmatique sur la question de l'énergie.
C'est pour faire semblant ? C'est pour faire mieux passer la pilule nucléaire ? Oui, bien sûr. Mais bien sûr.
Regardez. Quinquennat sur l'isolation des logements. Encore une fois, c'est le vrai bouclier énergétique. Sur les transports collectifs, c'est le vrai bouclier contre les hausses de carburant. Moi, je propose le covoiturage gratuit pour aider les automobilistes à réduire leur consommation et leur facture de carburant.
Mais vous n'avez pas répondu à Sea Shepherd.
Mais vous savez, en mer du Nord, y compris le problème est réglé sur l'éolien offshore, y compris pour les pêcheurs. Parce qu'en fait, souvent, l'éolien offshore, ça fait des récifs sur lesquels viennent les poissons. Donc, vous savez, dans tous les pays, cette affaire, elle est réglée.
Elle est réglée. Comment vous expliquez que les associations écolo
considèrent que c'est mauvais pour l'environnement ? C'est une association de protection de la mer qui considère que, même dans la mer, il ne devrait pas y avoir de telles structures. C'est, mais moi, ma responsabilité. Je protège les océans. C'est moi qui ai gagné au Parlement européen contre la pêche électrique. C'est moi qui ai gagné au Parlement européen contre la pêche en eau profonde. Je me bats pour éviter les échouages de dauphins. Mais je veux qu'on ait de l'électricité dans notre pays.
3 300 emplois. 3 300 emplois, c'est ce qu'annonce, à l'instant, EDF avec ce projet de nucléaire d'Emmanuel Macron. Vous diriez non à ces 3 300 emplois.
Mais écoutez, là, vous savez, en Allemagne, ils sont aujourd'hui à 45-50% d'électricité renouvelable. C'est 400 000 emplois qu'ils ont créés. 400 000 emplois. Les énergies renouvelables, c'est 3 fois plus d'emplois. Toutes les statistiques internationales le démontrent. C'est 3 fois plus d'emplois que le nucléaire. Ma volonté, ce n'est pas de mettre en danger notre économie. Ce n'est pas de mettre en danger nos familles. Au contraire, c'est de les protéger. On va économiser l'énergie. On va déployer les énergies renouvelables. Et progressivement, sans prendre aucun risque, on va fermer les centrales nucléaires. Les plus vieilles, les plus dangereuses.
Ce qui est intermittent, en ce moment, c'est le nucléaire. D'où 11 réacteurs fermés. Et vous savez qu'en plus, c'est les plus récents. Ils ont des problèmes génériques. C'est-à-dire que ça met en danger d'autres réacteurs nucléaires. En Chine, il n'y a pas un EPR qui fonctionne dans le monde.
Moi, ce que je veux... Ce que seront ce développement, comme vous dites, de ces énergies renouvelables. Il y a plusieurs exemples qui montrent que les écologistes et les associations locales sont souvent très divisées sur la question. Quand vous voulez installer, par exemple, des parcs photovoltaïques dans les Landes, ça veut dire couper des arbres pour mettre ces parcs photovoltaïques. Et vous avez de nombreuses associations locales et colons de protection de la nature
qui sont contre. Mais vous avez raison. Je veux dire, de toute façon, à partir du moment où on produit de l'énergie, on génère des pollutions. Donc la question, c'est de le faire intelligemment. Dans mon projet, on met du photovoltaïque sur les écoles, sur les parkings, sur les toits. Mais vous n'imaginez pas le nombre de mètres carrés qui ne sont pas installés. Le projet que vous citez dans les Landes, on est contre. Puisque c'est un projet d'industrialisation. Ça vise à mettre 1000 hectares de forêt à bas. Et ce n'est pas vraiment des forêts. D'ailleurs, c'est des élevages de pins. C'est un peu différent que de la forêt réelle. Mais on est contre ce projet.
Mais aujourd'hui, on a une responsabilité. C'est le climat. Et c'est maintenant qu'il faut agir. Ce que propose le Président de la République, c'est d'agir pour le climat à partir de 2040-2045. Ce que propose le Président de la République, c'est une incroyable gabegie d'argent public. Il veut mettre de l'argent dans des projets qui sont un fiasco industriel et énergétique et financier. De l'argent. Et EDF est en danger aujourd'hui. Vous avez les concurrents d'EDF en Europe. Ils ont choisi la transition. Ils ont choisi l'efficacité énergétique. Ils ont choisi les renouvelables. Ils sont en train d'investir massivement. C'est des entreprises qui vont bien, qui recrutent.
EDF est en train de chuter. Et EDF est mise en danger par Emmanuel Macron et son dogmatisme sur le nucléaire. Moi, je veux de la rationalité. Je veux du pouvoir d'achat. Et je veux lutter contre des règlements climatiques.
Yannick Jadot, justement, deux points que je voudrais encore aborder avec vous. La question du pouvoir d'achat et la question quand même de votre campagne et des liens avec Christiane Taubira. Sur le pouvoir d'achat, quand vous entendez hier les profits records de Total, que dans le même temps, les Français ont du mal à boucler leur fin de mois et que le poids des pleins d'essence est si élevé, est-ce qu'il faudrait que Total et que les autres entreprises du CAC 40 qui ont fait des profits records redistribuent d'une certaine manière ? Est-ce qu'il faudrait une taxe ?
Bien sûr. Vous vous rendez compte que... Vous savez, le lien avec le débat d'avant est exactement le même. Les amis et ceux qui participent à la construction de la politique énergétique de M. Macron, c'est effectivement Total et le lobby nucléaire. Ne croyez pas que ce sont deux sujets différents. À partir du moment où vous condamnez les Français à utiliser toujours plus d'énergie, à toujours plus de carburant, vous les condamnez à réduire leur pouvoir d'achat et à être malheureux.
On met en place une taxe exceptionnelle sur ces profits ?
Bien sûr. Vous savez, dans mon projet, j'ai ce qu'on appelle une fiscalité bonus-malus sur le climat. Et il est évident que Total, qui a fait beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent sur le dos des Français, ils font, vous l'avez rappelé, 15 milliards d'euros de bénéfices. Et ils se font de la pub en redistribuant 50 millions. 50 millions contre 15 milliards d'euros.
Ça, c'est à travers les 5 euros redistribués pour 50 livres achetés.
Total, continue d'investir avec le soutien de l'État français, avec le soutien d'Emmanuel Macron, pour aller explorer, forer en Arctique, pour continuer à détruire l'environnement, le climat en Afrique, dans des conditions de mise sous pression,
de répression des populations locales. Donc il faudrait condamner et taxer ?
Il faut empêcher Total d'agir de la sorte avec les écologistes au pouvoir. Total n'aura plus accès aux marchés publics, n'aura plus accès aux crédits impôts-recherches, n'aura plus accès aux exonérations si sa seule stratégie, c'est de contribuer à bousiller le climat et à faire payer toujours plus les consommateurs et les automobilistes.
Dans le même temps, les convois de la liberté, comme ils disent, qui sont en train de converger vers Paris et peut-être demain vers Bruxelles. La manifestation est interdite à Paris avec 7000 policiers mobilisés ce week-end. Est-ce que vous dites oui, on a raison d'interdire ou est-ce que vous comprenez davantage les manifestants ?
Moi, je ne soutiens pas cette manifestation. En revanche, je soutiens le droit à manifester, mais je comprends parfaitement l'État de ne pas vouloir bloquer Paris. Quand on voit la situation à Ottawa, au Canada, ce n'est pas une situation acceptable du point de vue démocratique. La ville et l'activité, l'ensemble de l'activité bloquée à Ottawa, ce n'est pas acceptable. mais c'est toujours la question du pouvoir d'achat qui est aussi au cœur de ces préoccupations. Je l'ai dit, nous, on veut investir sur les trains du quotidien pour avoir encore des gares. On veut rendre le covoiturage gratuit.
On veut donner et prêter des vélos à tous les jeunes pour qu'ils s'habituent à se déplacer différemment quand on est en ville, évidemment. Ça veut dire quoi
rendre gratuit le covoiturage ?
Je ne comprends pas en quelle mesure
c'est payant aujourd'hui.
C'est payant. C'est-à-dire que si aujourd'hui... C'est payant si on ne passe pas une impuie, mais si on s'organise tout le temps dans son coin, c'est gratuit. Aujourd'hui, un Français qui, pour aller à son travail, fait 30 km par jour. Ça lui coûte 2000 euros à la fin de l'année.
Mais ce n'est pas le covoiturage qui est payant. Attendez,
j'essaie de vous expliquer. 2000 euros à la fin de l'année. Nous allons imposer, rendre obligatoire la prime, le forfait mobilité durable. Vous savez que c'est un forfait qui existe dans les entreprises, qui est obligatoire dans la fonction publique, qui existe dans les entreprises, mais c'est optionnel. On va le rendre obligatoire. D'accord ? Jusqu'à 1000 euros. Ça veut dire que si vous, demain, vous...
En fait, ce n'est pas le covoiturage qui va être gratuit, c'est que ça va être payant si on n'est pas en covoiturage avec vous.
Non, c'est-à-dire qu'en fait, le covoiturage, à partir du moment où vous rentrez dans une logique de partage, ce sera remboursé par l'entreprise et par les financements publics. Donc, si vous faites du covoiturage, ça vous coûtait 2000 euros jusque-là, vous faites du covoiturage, ça vous coûte zéro à la fin de l'année. Donc,
ce n'est pas le covoiturage qui est gratuit, c'est le reste qui est payant.
Non, ça veut dire qu'en fait, si vous vous organisez pour faire du covoiturage, vous savez, aujourd'hui... Je comprends pas. D'accord. Vous avez une carte de transport en commun. Ok. L'entreprise contribue à la prise en charge du transport en commun. Tout à fait. Dans la loi aujourd'hui, il y a ce qu'on appelle le forfait mobilité durable. Ok. Dans la fonction publique, vous faites du vélo, vous faites du covoiturage, le service public prend en charge une partie de vos frais. D'accord. Eh bien là, l'entreprise prendra en charge à partir du moment où vous ferez du covoiturage.
C'est pas tant que le covoiturage sera gratuit, c'est qu'il y aura des aides pour le covoiturage.
Ce que je veux dire, c'est que les Françaises et les Français qui choisiront le covoiturage, eh bien à la fin de l'année, leur déplacement sera gratuit. J'ai bien compris. Moi, ce que je veux, c'est changer les comportements et aider les Français dans leur pouvoir d'achat. Est-ce que vous continuez à voir... En plus, si vous me permettez, ça limite la pollution de l'air. Vous avez vu les dernières statistiques sur la pollution de l'air, y compris en Ile-de-France. 8 000 morts prématurées par an. 8 000 morts par an.
Est-ce que vous continuez à voir Christiane Taubira en catimini ? Mais non ! Mais non !
On ne s'est jamais vus en catimini d'ailleurs.
Enfin, vos équipes se sont vues en catimini.
Oui, il y a eu... Vous savez, l'équipe de Christiane Taubira a demandé à voir mon équipe. Ils se sont vus.
Pourquoi vous ne l'avez pas dit ?
Et pourquoi ? Pourquoi on devrait le dire ? Enfin, pas à nous ! Je ne l'ai pas dit à nous ! Mais on ne l'a pas caché !
Pourquoi vous ne l'avez pas dit à Sandrine Rousseau qui est quand même la présidente de votre conseil politique ?
On ne va pas en faire une affaire !
Elle en fait une affaire, pardon !
Mais il y a une équipe qui nous propose de nous rencontrer. On est courtois. On accepte l'invitation. Mon équipe a rappelé à l'équipe de Christiane Taubira qu'évidemment, en 2022, au regard de l'urgence climatique absolue, de l'inaction du président sortant comme des précédents et de l'urgence sociale, il faut une candidature écologiste autour d'un programme très fort, le nôtre, qu'on a déjà proposé, et c'est tout ! Point barre ! Et ça ne continuera pas ? Pas de négociation ! Mais non ! Il n'y a pas de négociation ! Enfin, on peut se parler ! Soit elle vient, soit elle ne vient pas,
mais on ne négocie pas !
Mais non ! On peut parfaitement se parler !
Vous avez l'impression qu'elle est tentée éventuellement de vous rejoindre ? Oh là là !
Posez-lui la question ! Invitez-la, posez-lui la question ! Parce que vous n'avez pas la réponse ! Ah ben non ! Non ! Non, non ! Moi je fais ma campagne, vous savez, hier j'étais à Montpellier...
Elle a 47 parrainages, seulement 47 parrainages !
Vous n'allez pas l'aider ! Non, non ! Mais ne me demandez pas de répondre à la place de Christiane Taubira ! Je veux dire, Christiane Taubira fait ses choix ! Vous savez, elle est venue dans cette campagne présidentielle en disant qu'il fallait réduire le nombre de candidatures ! Aujourd'hui, elle est une candidate en plus ! C'est sa cohérence ! Interrogez-la sur ses objectifs !
Pas de neige à Pékin ! Enfin, de la neige artificielle !
C'est terrible ce truc ! Vous avez vu les images ? Alors, c'est plutôt bien filmé ! Parce qu'on ne voit jamais l'environnement des compétitions ! On en voit parfois ! On voit des centrales nucléaires ! De temps en temps, vous voyez la piste de saut au milieu des centrales nucléaires et aucune neige ! Ce n'est pas simplement aberrant du point de vue écologique ! Vous avez raison ! Comme la Coupe du Monde au Qatar C'est ce que j'allais vous dire ! C'est que demain, ce sera la Coupe du Monde ! Ce sera totalement aberrante du point de vue de l'organisation !
Vous, Président, vous n'irrez pas soutenir l'équipe de France au Qatar ?
Je soutiendrai l'équipe de France au Qatar, mais je n'irai pas m'afficher avec les dirigeants qatari qui instrumentalisent le sport à des fins politiques ! Vous avez vu l'ouverture des JO à Pékin ! Xi Jinping et Vladimir Poutine, les deux dictatures qui menacent l'Europe et la stabilité en Asie qui instrumentalisent le sport et ses valeurs qui sont des valeurs de fraternité, de solidarité, de dépassement de soi-même à des fins politiques ! C'est pour ça que je trouve franchement scandaleux que la ministre des Sports se rende à Pékin. On peut parfaitement soutenir ses sportifs sans servir la dictature. D'accord ! Sans servir la dictature !
Il faut se rappeler qu'il y a un génocide sur les Ouïghours en ce moment en Chine qu'au Qatar, on a, selon les associations, il y a déjà 6500 ouvriers morts dans la construction des stades. Franchement, on n'a pas à servir ces dictatures-là.
Yannick Jadot, candidat écologiste à l'élection présidentielle, merci d'avoir répondu à mes questions. Nous sommes le vendredi 11 février, moins de deux mois avant le premier tour.
Yannick Jadot