JEAN-PHILIPPE TANGUY est l'invité de DARIUS ROCHEBIN sur LCI !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 22 %Attaque 58 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteÉludée
Vous êtes au cœur de plusieurs controverses. Le voile islamique, on va en reparler, et les accusations contre vous sur une radio.
- 1:14OuverteRéponse partielle
Comment avez-vous reçu les mots utilisés contre vous ?
- 2:38OuverteRéponse directe
Vous avez eu des excuses privées, mais pas publiques. Pourquoi ?
- 3:28RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est un dérapage d'un humoriste ou une stratégie du service public ?
- 4:28OuverteRéponse directe
Jean-Philippe Tanguy, est-ce que ça dit quelque chose de l'époque ?
- 5:49OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez que la commission La L'Oncle est un instrument de guerre contre le service public ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:43InvitéFait
« J'attends toujours les excuses publiques de Radio France. J'attends toujours les excuses publiques de France Inter. »
- 6:46InvitéFait
« J'ai totalement défendu Mme Taubira. »
- 7:02InvitéFait
« J'ai publiquement dit que c'était lamentable. »
- 13:40Locuteur 6Fait
« Je considère depuis toujours que le Rassemblement National, que l'extrême droite est à part. »
- 19:01InvitéFait
« Le principe de présomption d'innocence que vous rabâchez pour le moindre voyou, le moindre trafic en drogue ou le moindre meurtrier, pour Marine Le Pen, ça n'existe pas. »
- 22:20Locuteur 6Fait
« Il voulait que le programme de son parti c'était d'infliger des amendes à des femmes musulmanes parce qu'elles portent le voile. »
- 28:10Invité politiqueChiffre
« Le peuple français, majoritairement aujourd'hui, soutient cette mesure à plus de 60%. »
- 28:22Invité politiqueFait
« La France est aujourd'hui le dernier pays où on peut, dans la presse, faire des caricatures blasphématoires. »
- 28:47Invité politiqueFait
« L'islamophobie n'est pas la discrimination des personnes de confession musulmane. »
- 29:00Invité politiqueFait
« L'islamophobie, c'est un terme inventé par les frères musulmans pour empêcher la critique libre et éclairée. »
- 30:10InvitéFait
« Ce n'est pas une discrimination que toutes les Françaises doivent se soumettre à la loi. »
- 36:32Locuteur 8Fait
« Je pense qu'ils ne gagneront pas. »
- 41:59Locuteur 4Fait
« Gérald Darmanin s'est prononcé pour un moratoire sur l'immigration légale. »
- 42:15Locuteur 4Fait
« Édouard Philippe veut repousser uniformément l'âge de la retraite jusqu'à 67 ans éventuellement. »
- 44:35Locuteur 8Chiffre
« La retraite, c'est 380 milliards. C'est 14 % du PIB. »
- 46:48Invité politiqueFait
« Un référendum sur la lutte contre l'islamisme et le voile, il va falloir faire beaucoup de procédures parlementaires pour l'organiser. »
Temps de parole
- Invité36 %
- Présentateur15 %
- Locuteur 612 %
- ?10 %
- Locuteur 89 %
- Jean-Philippe Tanguy8 %
- Locuteur 46 %
≈ 35 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci
d'être avec nous. L'actualité de cette campagne électorale, très vive activité ce jour avec vous, Jean-Philippe Tanguy. Bonsoir. Bonsoir, M. Rejba. Merci, M. le député d'être là. Avec nous, Elisabeth Martichoux.
Bonsoir, Darius.
Bonsoir, Elisabeth. Merci d'être là. Guillaume Roquette. Bonsoir, Roquette. Les politiques aussi opposées à vous nous rejoindront dans quelques instants. Ce sera Benjamin Lucas, ce sera Patrick Vignal. Vous êtes au cœur, Jean-Philippe Tanguy, de plusieurs controverses. Le voile islamique, on va en reparler, et les accusations, ou plutôt les mots qui ont été utilisés contre vous sur une radio. Vous avez été comparé à un rat. Et c'est sans doute sur les réseaux sociaux une des plus grandes controverses de ce début de campagne. On peut lire peut-être la comparaison qui a été faite par l'humoriste de France Inter. Je le cite.
Vous ne trouvez pas qu'il a la tête d'un rat qui se serait transformé en humain, dont la mutation aurait été stoppée à 80%. Je continue. « Si tu aimes les hommes, oublie la thérapie de conversion. Tu regardes l'interview de Jean-Philippe Tanguy et c'est réglé.
»
Il continue. « Il m'énerve parce qu'il est homosexuel et il reste dans un parti qui vote sans cesse contre les droits LGBT. Je sais que ce paradoxe, c'est son côté humain, mais il aurait pu utiliser son côté rat pour sentir le piège. » Je précise que c'est une chronique humoristique, donc le ton doit aller avec.
Mais
enfin, ce sont les mots. Comment les avez-vous reçus
?
Écoutez, c'est une
série
d'insultes qui n'a absolument rien d'humoristique parce que moi, j'aime plutôt qu'on se moque de moi. J'ai plutôt de la dérision sur moi-même. J'en ai beaucoup sur les autres aussi. Donc quand on en a sur les autres, on essaie d'en avoir sur soi-même. Mais franchement, je n
'ai
pas trouvé ça drôle. Et c'était un torrent d'injures pour justifier par le bouclier de l'humour, pour m'animaliser, pour me diffamer, mais avec une haine à peine dissimulée et les ricanements. Moi, ce qui m'a choqué, ce n
'est
même pas que la chronique soit absolument pitoyable. C'est l'absence de contre-mesure, de contre-pouvoir, si je puis dire, de recadrage sur le plateau du service public. C'est
-à
-dire qu'il peut y avoir une mauvaise chronique, il peut y avoir quelqu'un qui part dans le décor, mais il doit y avoir un journaliste ou un intervenant, les CT4, je crois, sur le plateau quand même, qui recadre. Au moins qu'il fait semblant d'exprimer une mesure. Il n
'y
a pas eu le cas. J'attends toujours les excuses publiques de Radio France. J'attends toujours les excuses publiques de France Inter. J'ai eu des excuses privées, mais l'offrance est publique. Et quand l'offrance est publique dans la civilisation française... Pardon
?
Quand vous dites excuses privées,
c
'est-à-dire que vous avez reçu des excuses ?
Oui, j'ai eu une forme d'excuse privée, mais...
Est-ce que c'est une
forme d'excuse
privée ? Je ne vais
pas... Écoutez, je ne
vais
pas... C'est privé. Donc moi, je suis bien élevé. Et même face aux orduriers, je garde la bonne éducation que mes parents m'ont transmise. Donc je ne vais pas franchir une ligne rouge. En l'occurrence, pardon, puisque la
controversée... Je n'ai pas eu d'excuse publique. Je n'ai pas eu
d
'excuse
privée.
C
'est
de France Inter, c'est de
l'Union
d'Ori. Voilà. Moi, je considère que la seule excuse qui vaille est une excuse publique. Voilà. Mais ce n
'est
même pas moi, d'ailleurs. C
'est-à
-dire... Je veux dire, je m'en fiche que ça me concerne. Franchement, je m'en fiche. C'est une question de bonne éducation, de respect républicain, d'un certain nombre... Et surtout, la campagne ne fait que commencer. Elle va être très longue. Marine Le Pen nous avait prévenu à tous les députés qu'elle allait être très dure, pour ne pas dire pire, parce qu'ils ont peur de perdre le pouvoir.
Et
donc, c'est humoristique, il y
a
des bras armés, de gens qui se croient tout permis parce qu'ils disposent de l'argent public pour faire leur propagande et très inquiets qu'on vienne se mêler de leurs affaires. Et peut-être qu'il
y ait
une vraie alternance dans ce
pays. Mais pour vous, est-ce que c'est un dérapage d'un humoriste qui
n'en a
que le nom ? Ou est-ce que c'est une stratégie du service public qui, en campagne électorale, sait qu'il faut que les journalistes fassent attention, mais qui, du coup, donnent, entre guillemets, carte blanche à leurs humoristes pour vous attaquer, vous, vous, Rassemblement National ?
Non, je pense que c'est délibéré de nous attaquer, nous, mais d'attaquer aussi toute pensée différente. Parce qu'il y a aussi Charles Sapin, qui est éditorialiste, politique, qui était au Figaro, chez vous, vous le connaissez bien, qui n
'est
absolument rien d'un extrémiste, qui a une chronique le dimanche matin de deux ou trois minutes, et deux ou trois minutes d'une pensée qui vient du Figaro, de valeur ou du point, puisqu'il était aussi au point. C'est trop comme pensée, on va dire, divergente et non conforme à la pensée unique de France Inter. C'est dommage, parce qu'en plus, moi, je fais parfois... Moi,
je
vais pas me lancer des fleurs, mais... Moi,
je
vais toujours, dans toutes les émissions, je vais toujours débattre avec tout le monde, je n'ai aucun interdit idéologique, je n'ai aucune vindicte idéologique contre personne, je débat, par exemple, très correctement, ici, avec Madame Trouvé, des Insoumis ou d'autres, et je trouve que c'est lamentable.
Oui. Alors, que ce soit drôle ou pas, c'est pas la question, parce qu'il y
a
des choses qui peuvent vous faire rire, et pas moi. C'est tout à fait subjectif, quand même, l'humour. Certains l'ont trouvé drôle, alors qu'ils peuvent éprouver de la sympathie ou une forme de neutralité à votre égard. C'est vrai que la difficulté, quand même, c'est que ça va toujours un peu dans le même sens. Sur le service public, on a rarement des sketchs insultants contre les filles, qui animalisent, par exemple, des élus. Ça, c'est tout factuel. Mais cela dit, est-ce que vous estimez, puisqu'on a beaucoup parlé à l'occasion de la fameuse commission La L'Oncle, qui était perçue par certains comme un instrument de guerre contre le service public.
Vous maintenez, d'ailleurs, que vous voudriez... Parce que, pourquoi vous avez des ennemis en interne aussi ? Parce que vous avez des projets
de
nationalisation, de
privatisation, pardon,
du service public radio et télévisuel. Ces personnes qui vous
assustent, elles se sont
menacées.
Vous maintenez ou pas
? Oui,
c
'est
-à
-dire, c'est sûr que quand on n'a absolument aucun talent et qu'on a besoin de la subvention publique pour pouvoir vivre de son non-humour, c'est sûr qu'on est inquiet de perdre son gros billet.
Mais non, mais le talent, ce n'est pas un bon axe de...
Franchement, c'est très médiocre. Je le pense. Jean
-Philippe Tanguy, est-ce que ça dit quelque chose de l'époque ?
Qu
'on soit de votre camp, d'un autre, etc. L'insulte animalière, c'était une grande tradition dans les années 30, le pamphlet. C
'est une
grande tradition fasciste, oui. Alors, fasciste ou communiste, d'ailleurs. Vous vous rappelez les communistes ? Oui, mais
c'est... Vichinsky qui disait la
vipère lubrique. C'était un mot favori de Vichinsky. Et effectivement, les fascistes italiens, notamment, qui adoraient les mots de vermin, rat, etc. Est-ce qu'on revit une époque, dans tous les camps, d'ailleurs, droite, gauche, ou l'insulte, l'insulte pamphlétaire renaît ? Certains aiment ça, il faut dire des choses. Certains aiment le ton de
l
'insulte.
Je ne suis désolé, je ne vois pas les familles de pensée de droite, ou nationalistes, ou patriotes, utiliser l'animalisation.
Et
je vous mets au défi de trouver un média qui ne boche pas dans le Figaro, pas de caricature qui animalise les personnalités de gauche. Il y a eu des écrits,
oui,
contre Mme Taubira,
par exemple, qui était traité de Guenon par des
gens d'extrême droite. Là, ce n'était pas la presse,
ce
n'était pas un média. C'était un militant complètement dingue.
Vous ne l
'aviez pas
défendu à l'époque,
si
? Pas du tout,
j'ai totalement défendu Mme Taubira. À l'époque, je n'étais pas très connue.
C
'est sûr que mes tweets, à l'époque,
ne
devaient intéresser pas grand monde. Mais d'une manière plus récente, et sans vouloir évidemment comparer, mais sur le racisme, j'ai défendu Rocaya Diallo, qui avait été caricaturée avec des bananes. J'ai publiquement dit que c'était lamentable. Dans Valeurs, il y avait eu une espèce de roman, enfin,
je
ne
sais
plus quoi, une espèce de roman sur Mme Obono, j'avais trouvé ça lamentable. Je n
'ai
aucune difficulté d'ailleurs à dire, comme ma famille politique, au sens large, puisque parfois on nous met avec des gens, à écrire n'importe quoi.
Écoutons toutes les réactions. Je lisais M. Picmal, qui disait, je crois que c'est Sud Radio, qui parlait de la liberté d'expression. Vous nous avez rejoint aussi, Benjamin Lucas.
Oui,
mais M. Picmal, il a plutôt été correct. Je veux dire, il ne
m
'a
pas accablé, il a été correct. Benjamin Lucas, comment est-ce que vous comprenez ça ? Est-ce que vous partagez, disons, la réaction de Jean-Philippe Tanguy, traité de rat
?
Moi, d'abord, je m'en moque, c'est un débat qui me désintéresse totalement. On est à l'aube d'une année présidentielle. Pas ce débat ce soir, j'ai plaisir à venir parler avec vous. J'espère qu
'on
va parler d'autre chose, mais on est à l'aube d'une année présidentielle qui est décisive pour
les Français. On peut s'insulter, d'après vous. Je
considère... Non, mais il y a toujours eu, pardon, des chroniques humoristiques qui déplaisent aux uns et aux autres.
Il
y en a toujours eu. J'en ai moi-même fait l'objet.
Alors, je
n
'ai
pas le niveau de notoriété de M. Tanguy, mais c'est déjà arrivé aussi qu'on se moque de mon nom, etc., de mon parti, des choses comme ça. Cela arrive. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on est à l'aube d'une année présidentielle. Cruciale, que ce qui m'inquiète, ce n
'est
pas la nature des blagues qu'il y aura sur les antennes. C'est le projet politique porté par M. Tanguy et ses amis. C'est notamment cette semaine de
la proposition
qu'ils mettent dans le débat, si je puis dire, de stigmatisation de mon compatriote musulmane. Ça, par exemple, c'est beaucoup plus grave et à mon avis, beaucoup plus important dans le choix que
nous aurons avec vous. Pardon, M. le député. Si on vous traitait,
pardon,
c
'est
pour
vous qu'on puisse traiter. Dans une règle humoristique, encore une fois, de cochons, de rats, de vermines, etc., ça ne vous pose pas de problème ?
Sur les rats, moi, j'aime beaucoup Ratatouille, par exemple, je le regardais avec mon fils cet été. Mais ce que je veux dire là aussi, pardon, mais c'est l'histoire entière de la vie journalistique, politique, démocratique, et même avant même qu'il y
ait
une démocratie dans notre pays, il y avait des caricatures, il y
avait
des pamphlets,
il y avait des nouvelles. Il y a toujours eu des libertés paroles de l'humour qui est toujours rassurée. Je croyais qu'on était tous charlés et
qu
'on respectait la liberté de caricaturer l'humour.
Excusez-moi,
M.
le député, mais dans les médias dignes de ce nom, on ne traite pas des responsables politiques de rats. Je suis désolé, mais non. Est-ce que vous ne pensez pas qu'il
y a
un sujet politique quand le service public audiovisuel,
c
'est-à-dire payé par tous les contribuables, des engagements militants aussi forts ? On vient de là donner deux exemples. Les insultes contre M. Tanguy ou l'attaque contre un de nos confrères, Charles Sapin, parce qu'il a le malheur de ne
pas
travailler pour un médias de gauche. Vous ne pensez pas que c'est un problème pour une démocratie comme la France ? Je ne
vous
ai pas
entendu
quand Mme Sophia Aram, qui officie d'ailleurs sur la même antenne, faisait, et moi je n'ai d'ailleurs jamais critiqué aucune chronique humoristique, qui qu'elle touche, critiquait très durement d'autres élus d'autres bords. Voilà, pardon, mais j'ai souvenir de chroniques, là aussi c'est historique, sur ces chaînes de radio. Ce qui me choque dans le service public, c'est qu'aujourd'hui, par exemple, sur France Info, on donne la parole à un journaliste de Valeurs Actuelles qui a été condamné pour incitation à l'aide raciale envers les musulmans, par exemple, et qu
'on
lui donne la parole comme si c'était finalement une opinion acceptable comme d'autres et un média acceptable comme d'autres. Ça, ça me choque beaucoup plus
les chroniques
humoristiques présentées comme telles.
Jean-Pri Fongui, votre réaction quand Benjamin Lucas lundi dit Charlie, quand on dit on est tous Charlie, on accepte aussi les excès, qu'on juge ça bien ou pas bien, votre réaction à ça
?
Mais moi, je n
'ai
pas du tout demandé la censure,
l
'interdiction, c'est humoriste. Non, vous voulez privatiser, c'est encore bien. Non, c'est que ça doit être envoyé sans public. Il y
a
un public, Charlie, ils
ont
un public. Moi, je sais toujours,
elle
était Charlie, ça me fait beaucoup rire, y compris si c'était contre moi-même. Mais il y
a
une forme d'outrance dans Charlie, ce n
'est
pas le ton de France Inter. Je ne
suis
pas du tout vexé, M. Lucas Lundi.
Voilà, donc laissons le
public choisir s
'il
a envie d'écouter ou pas France Inter.
C'est autre chose.
On n'a pas le choix, donc c'est un peu le problème. Si on ne
veut
pas aller voir cet humoriste, on ne
va
pas voir son spectacle, que à mon avis, il ne
doit
pas
être
terrible. Sur
le ton de l'époque, laissons le côté.
J'ai fini là. Je ne comprends pas pourquoi le collègue Lucas, vous faites semblant, M. Lucas Lundi, puisque vous avez soutenu, c'est peut-être pour ça que vous l'avez invité d'ailleurs, hier soir publiquement, le fait qu'on puisse insulter dans un festival Marine Le Pen. Voilà, vous avez trouvé ça très bien, vous avez soutenu, revendiqué l'insulte sur une scène devant des milliers de gens qui n'avaient d'ailleurs rien demandé, fuck Marine Le Pen. Et vous avez trouvé ça très bien, vous les avez félicités. Et regardons l
'image, pour bien comprendre ce dont vous parlez. Vous trouvez ça normal,
une insulte
misogyne.
M. Tanguy,
vous appelez à ce qu'on frappe des femmes dans la rue,
vous
appelez à ce qu'on stigmatise nos femmes,
parce que c'est ce qui va se passer, monsieur. Vous
aurez des femmes musulmanes qui seront frappées,
et
c'est vos propos qu'elles auront sur la figure. Vous vous appelez à ça, et le lendemain, parce que vous vous êtes fait taper sur les doigts, M. Tanguy, vous êtes fait taper sur les doigts, pas ensemble,
s'il vous plaît,
Benjamin Dugat-Tanguy, expliquez-vous la position. S'il vous plaît, laissez le finir.
Il faudrait qu'il commence, plutôt. Parce que M. Tanguy, d'un mot très clair, s'est fait taper sur les doigts, sans doute, parce qu'il est un peu contrevenu à la stratégie de, entre guillemets, dédiabolisation du Rassemblement National, en rappelant qu'ils étaient un parti islamophobe et raciste, alors il essaye d
'ouvrir un contre-feu,
et de venir sur tous les plateaux de télé depuis ce matin, se victimiser. Pardon, mais personne n
'est
dupe de ça.
On
reparlera du voile.
Sur ce
qui
s
'est passé hier,
On
reviendra vers du voile, mais l'image, pour bien qu'on comprenne ce dont vous parlez l'un et l'autre, ce sont ces images de rock en scène où effectivement, ce slogan « Fuck Marine Le Pen » a été affiché, et c'est ça qui vous faisait réagir, Jean-Philippe Tanguy. Mais
M. Luc Alain dit, a revendiqué et diffusé cette insulte hier en trouvant que c'était formidable, comme M. Picasse, le milliardaire de M. Mélenchon, qui a trouvé ça aussi, que c'était formidable, propagande. Voilà, donc, quand M.... Je suis sûr qu'on retrouvera dans vos archives des moments où vous n'avez pas trouvé toutes les chroniques très drôles, on ira vérifier. Quelque chose me dit qu'on trouvera peut-être quelque chose qui n
'est
pas très cohérent avec vous-même. Mais vous avez revendiqué le fait qu'on puisse dire « Fuck Marine Le Pen
».
Donc, quel rapport avec tout ce que vous avez dit sur «
On
va taper les femmes » ?
Enfin,
n'importe quoi. « Fuck Marine Le Pen ».
J'ai dit, vous citez, je vous remercie de me lire, M. Tanguy, j'ai dit que je me réjouissais. Moi, ce n
'est
pas mes mots,
ce
n
'est
pas mon vocabulaire,
je n'ai pas besoin
de recourir.
Il y a des
anglicismes, il y a des insultes pour vous caractériser et caractériser ce que je crois être le danger de votre programme politique pour le pays. Mais je me suis réjoui, oui, que des artistes s'engagent, mais ça aussi, ce n
'est
pas nouveau, pardon M. Tanguy, mais je sais bien que
le Rassemblement
National
a du mal à assumer toute son
histoire. Mais il y avait un groupe qui chantait « La jeunesse en merde, le Front National » il y a 30 ou 40 ans, il
n'y avait même pas né vous et moi.
Donc c'est vieux
comme le monde. Malheureusement, il était
né il
y
a
30 ans.
Donc
souffrez quand même qu'il y
ait
une partie de la population avec ses mots, encore une fois, qui ne sont pas les miens, mais on n'est pas dans la même posture. Je ne
suis
pas un artiste, malheureusement pour moi, je n'ai aucun talent en cette matière. Je ne chante pas bien, je ne suis pas toujours drôle,
je danse encore moins bien. Ce
n
'est
pas
mes
mots, je n'aurais pas organisé cela. Par contre, je me réjouis que des artistes prennent position pour combattre le Rassemblement National et ce que vous représentez, oui. Benjamin
Lucanandi, est-ce que vous considérez
que le RN est en partie différent ?
C
'est-à-dire qu'on peut le viser différemment parce qu'il est en partie différent
? Oui, je considère depuis toujours que le Rassemblement National, que l'extrême droite est à part. Et d'ailleurs, c'est pour ça, je note qu'on a tenté ces dernières années d'effectuer, ils ont tenté d'effectuer ce qu'on a appelé une dédiabolisation parce qu'ils voulaient faire oublier qui ils étaient. Et souvent, on trouve des gens qui sont
là,
qui sont des négationnistes, qui sont des gens violents, qui posent avec des t-shirts de skinheads, c'est vrai, c'est documenté dans la presse, je n'invente rien. Et Mme Le Pen elle-même, d'ailleurs, elle a participé à ça. Elle a adhéré au Front National, Mme Le Pen, dans les années 80, quand Jean-Marie Le Pen était déjà condamnée pour ses propos sur les chambres à gaz. Elle a été sa directrice de campagne
et qu'il était condamnée pour incitation à la
haine raciale. Non,
non, mais
elle a été candidate
à toutes les élections en soutien de son père après que lui il y a eu des condamnations à l'Église.
A 18 ans, deux ans après une condamnation de son père, Mme Le Pen adhère au Front National. En
2004, il est
condamné, en 2007, elle est sa directrice de campagne. Donc elle ne
peut
pas faire croire qu'elle ne connaissait pas. Et donc elle a inventé la stratégie
de diabolisation dont vous êtes une incarnation. S'il vous plaît, vous êtes attrapé par la réalité. Messieurs,
messieurs, j'aimerais entendre aussi Elisabeth Martichoux sur ce qui se passe là. C'est-à
-dire
quand le député dit en 2026, le RN n'est pas un parti comme un autre.
Oui, de toute façon, on voit bien que le clivage va être là-dessus puisque une grande partie de la gauche souhaite la confrontation avec le RN pour mobiliser au nom du fascisme. Donc c'est ça derrière le...
Vous présentez
ça d'une façon cynique et caricaturale,
pardon. Moi, le
fascisme me fait peur, madame. Ces gens me font peur.
Ces gens qui
disent qu
'ils
veulent aller mettre des amendes à
des femmes qui portent le vol, ça me fait
peur.
Oui, mais ne dites pas
que je joue cyniquement dans une volonté de confrontation. Je préférais qu
'il
ne soit ni au second tour ni même présent dans la vie politique.
Je
dis simplement que la seule chance de la gauche...
Non.
Si, la seule chance de la gauche pour gagner cette présidentielle, c'est de pouvoir mobiliser le peuple de gauche contre un combat qui lui est effectivement historiquement très cher, c'est la lutte contre le fascisme.
Il y a d'autres ressorts, le peuple de gauche.
On a parlé la semaine dernière des salaires sur votre antenne notamment, et de très bons débats, de la question du partage des richesses, des services
publics, de l'écologie. Alors laissez-le finir, s'il vous plaît. Et laissez finir et vous avez de l'anti-jou. Il
y a dans le débat, je voudrais juste dire ça, c'est vous qui avez renvoyé le Rassemblement national d'une certaine façon au fascisme et aux sources du Front national.
Bien
sûr. Donc ne me dites pas alors que je vous dis que vous voulez
mobiliser contre
le fascisme que je
suis à côté
de la plaque, c'est vous-même. qui
nous l'avez mis. C'est ça comme l'objectif cynique de souhaiter une confrontation. Moi je ne le souhaite pas,
je préfère perdre face à quelqu'un de droite que
de gagner face au Rassemblement national bientôt. On va parler
d'autres choses.
Mais vous étiez très jeune, dans les années 80, vous n'étiez même pas née, mais François Mitterrand avait inauguré cette politique qu'utilise la gauche depuis lors. C'est-à-dire que le président de la République d'alors, qui était de gauche, faisait monter le Front national, mettait en place un système proportionnel, demandait à la télévision publique de faire interviewer Marie Le
Pen. Roland
Dumas raconte de quelle façon François Mitterrand, c'est un choix, ce n
'est
pas votre génération, vous jeunes, mais François Mitterrand disait on va pousser le Rassemblement national comme ça on a une sorte d'épouvantail qu'on va pouvoir utiliser. Est-ce que c'est encore valable aujourd'hui quand on dit alto-fascisme et qu'on vous désigne Jean-Philippe Tanguy ? Mais non,
mais
tout ça
c
'est absolument ridicule, ne repose sur rien. Le fascisme est évidemment aujourd'hui malheureusement dans des méthodes qui sont utilisées contre nous. L'insulte, l'animalisation, la diabolisation, le refus de nous sommes des êtres humains. Quand ma collègue Yael Ménaché, députée Rassemblement national de confession juive, est victime d'antisémitisme, la gauche ne l
'a
jamais défendue. Quand je suis victime d'homophobie, tout le monde peut le voir sur les réseaux sociaux, c'est quotidien, et en permanence, je n'ai jamais été défendu par la gauche ni par le centre d'ailleurs. Quand ils attaquent misogynes contre Marine Le Pen, comme cette insulte évidemment qui a un ressort misogyne, M. Lucas Lundi la diffuse et soutient une prise de position comme si c'était une prise de position et un apport au débat intellectuel de prendre cette position d
'ailleurs d'un groupe
étranger qui ne parle pas français et qui
ne prend absolument
rien au débat qui se passe en France. Bon, c'est
très
grotesque. Mais je vais vous dire,
la
seule bonne nouvelle là-dedans, c'est que la majorité de nos compatriotes voient chacun comme il est, voient les comportements de chaque parti politique, qui est républicain, qui ne l'est pas, qui est bien élevé, qui se comporte en pignouf, et ça finira par la sanction
des urnes. Jean-Philippe Tanguy,
pignouf ou non, pignouf ou non, est-ce que ça montre qu'une partie de la bourgeoisie, de gauche ou de droite, se
méfie toujours de vous ? Je ne t'en parle pas l'autre
jour, Mme Martichaud, comment
? Je disais pignouf ou non, vous dites que
c'est
des pignouf. Des
mal élevés,
des...
Ok, c'est des pignouf.
Mais les pignoufs, il y
a
des pignoufs bourgeois, bien pensants peut-être, mais de droite ou de gauche, qui considèrent toujours que vous n'êtes pas comme un autre. Voilà, c'est malgré tout un boulet pour vous.
Mais c'est de moins en moins vrai puisque la réalité rattrape toujours le mensonge. C'est dur, c'est un combat difficile, mais c'est un combat que nous menons avec Marine Le Pen, avec dignité, mais c'est sûr que parfois c'est dur de rester digne.
Oui, c'est vrai qu'avec un brasse électronique à la cheville, aussi les
questions
de
dignité vont être dures pendant cette campagne. Mais c'est marrant parce
que moi,
c
'est pour ça que
j
'ai jamais été... C'est
pour ça que j'étais plus jeune. C'est pour ça que l
'inversion, quand même, vous présentez en
victime
dans
cette élection présidentielle. Ça
commence bien, dis donc,
M. Tanguy. Oui,
mais vous savez, ça c'est aussi une des raisons pour lesquelles je n
'ai
jamais été de gauche. J'ai remarqué très tôt en France, ce n
'est
pas le cas de toutes les gauches dans le monde entier, que les gens de gauche n'ont qu'un principe pour les autres. Par exemple, le principe de présomption d'innocence que vous rabâchez pour le moindre voyou, le moindre trafic en drogue ou le moindre meurtrier, pour Marine Le Pen, ça n'existe pas.
Donc elle n
'est pas présumée innocente parce que c
'est
Marine Le Pen. Mais ça confie en
ce
que je
vous dis.
Non, M. Tanguy,
les Français, la dignité justement, c'est de se retirer, de se constituer prisonnière, comme elle l'a appelée d'ailleurs. Elle même disait pas de sursis, condamnation dès la première infraction. Mme Le Pen, elle a prôné avec vous d'ailleurs un
discours de fermeté
absolue
depuis
des
années. Et donc la logique, il faudrait que Mme Le Pen se retire ou que vous la retiriez parce qu'elle a
en
frein finalement ses
principes moraux. C'est fabuleux. Tous ceux qui ont suivi cette émission pouvant entendre M. Luc Aladi qui expliquait que Marine Le Pen présumée innocente devait donc se constituer prisonnière.
C'est
ce que vous avez dit là. Je dis que si
elle avait suivi,
si elle s'appliquait elle-même
les principes
qu'elle défend
à long et à l'heure de députation de télévision
depuis 30 ou 40 ans, Mme Le Pen, ce serait d'elle-même retirer du jeu
politique. Elle avait dit
inéligibilité à vue pour les élus corrompus.
Interruption,
s'il vous plaît. Interruption, courte
interruption.
On se retrouve juste après et on entendra notamment Nicolas Sarkozy. Vous allez voir qu'il rend hommage évidemment à Édouard Balladur,
c
'est le cœur de son interview, mais il a des mots sur la droite de gouvernement qui vont faire écho à la campagne électorale. Le mauvais état de la droite de gouvernement peut-elle revenir et avec qui ? Et notamment, avec ou contre vous, Jean-Philippe Tanguy. A tout de suite. Merci d'être avec nous. La chronique, l'actualité déjà très animée de cette campagne électorale avec Jean-Philippe Tanguy. Merci beaucoup d'être là. Avec ses adversaires aussi qui s'expriment sur ce plateau, Benjamin Lucas Lundi, dans quelques instants, c'est Patrick Vignal, figure de renaissance qui nous rejoindra, et nos éditorialistes, Elisabeth Martissoux et Guillaume Roquet. C
'est
la désobéissance au RN. Si le RN devait gagner, il faut raccouper que pour l'instant, c'est ce que dit notre sondage IFOP fiducial pour LCI, une désobéissance civile des grandes manifestations aurait-elle lieu ? Écoutez, Manuel Bompard, le représentant de la France Insoumise, il était tout à l'heure l'invité d'Amélie Carouer.
Non, mais les actes de désobéissance civile, ça a longtemps existé dans l'histoire de France. Si Mme Le Pen ou sa majorité décide d'imposer une forme de discrimination dans l'accès à l'emploi, par exemple, en fonction de la couleur de peau ou de la religion, oui, par exemple, on peut décider de désobéir à ce type de décision parce que la France,
c
'est pas ça. Et la France, c'est l'égalité des citoyens, quelles que soient leurs couleurs de peau, leurs religions. C'est les principes fondamentaux de la France. Et on ne laissera pas le Rassemblement National les attaquer comme ça, évidemment. Et ce sera notre devoir dans ce cas-là d'y résister par les moyens légaux nécessaires.
Jean
-Philippe Tanguy,
réaction
?
Écoutez, si c'est ça parce que le premier M. Bompard, il n
'est
pas prêt de désobéir puisqu'il n'y aura aucune discrimination sur la couleur de peau ou la religion, tout ça n'a aucun sens. Le seul parti politique aujourd'hui majeur, parce qu'il y
a
des groupuscules,
il
faut d'ailleurs combattre, mais qui n
'ont
aucun rôle politique, qui aujourd'hui mettent le critère, entre guillemets, d'ethnie ou de racialisation, moi, c
'est
des mots que
je
n'utiliserai pas et que je n'utiliserai jamais, enfin, en tout cas, pour moi, pour dénoncer, oui, c'est la France insoumise.
Est-ce
qu
'on
peut
vérifier que le monsieur sur le plateau est bien le même Jean-Philippe Tanguy que celui qu'il y a quelques heures ou un ou deux jours a déclaré sur une chaîne concurrente qu'il voulait que le programme de son parti c'était d'infliger des amendes à des femmes musulmanes parce qu'elles portent le voile.
C
'est-à-dire de proposer finalement, pour le résumer à gros traits, que finalement ce soit les talibans français du Rassemblement national qui dirigent ce pays, des fanatiques intégristes identitaires qui veulent mettre fin aux libertés individuelles, contrôler l'habillement et le corps des femmes. Si c'est le même Jean-Philippe Tanguy qui vient de nous expliquer qu'il n'y
aurait
pas de discrimination au pouvoir, c'est que dans ce cas-là, il se moque du monde. J'espère bien que tout le monde voit de ce point de vue-là l'ambiguïté, si ce
n'est
l'ambiguïté,
en
tout
cas
le cynisme avec lequel le Rassemblement national entame cette campagne. Non, monsieur
Benjamin,
Luc Alain dit c'est que nous, nous n'avons pas oublié ce qui est la liberté française, c'est-à-dire qu'on ne soumet pas ni à la bigoterie, ni à une idéologie politique qui revêt peut-être un symbole qui peut être pour certains religieux mais qui n'est pas un symbole religieux, c
'est
un symbole politique,
c
'est un symbole idéologique de soumission de la femme. Revendiquer le voile islamiste constitue à dire que le corps de la femme est impudique par nature. Eh bien,
en
France, on considère que le corps de la femme n'est pas impudique par
nature. Vous allez distinguer comment les voiles
islamiques, les voiles
autres ?
Comment ? Mais les islamistes définissent le voile islamiste, monsieur Lube. Donc vous, vous allez avoir des policiers formés en islamologie qui vont aller définir un
voile islamiste,
si j'en crois vos propos, ou un voile qui serait tout autre. Et alors,
les kippahs, les
croix... La croix ne porte aucune
signification d'indication. Ça dépend chez qui ?
Non, non.
La main de Fatma,
si vous voulez qu
'on
prenne des symboles de
la religion
musulmane, la main de Fatma ne prend... Dernièrement, monsieur Tanguy, sur... On
ne peut pas finir une phrase.
Elle n'a aucune
valeur discriminatoire.
Voilà. Toutes les Françaises ou les étrangers de confession musulmane peuvent avoir une main de Fatma, un croissant de lune, tous les symboles artistiques qui traduisent une foi et qui ne portent aucun symbole de soumission de
la femme ou d
'un corps de la femme qui serait impur, impudique, parce que les hommes seraient, comment dire, des vicieux et ce serait aux femmes d'assumer le vice des hommes. Tout ça est absolument
lamentable.
Et le fait que la gauche est totalement rompue avec cette ligne, c'est un renversement historique que je ne
pensais
pas avoir de mon vivant. C'est quand même formidable que monsieur Tanguy
vienne faire la police du vêtement et des
signes alors
que tous les deux mois, tous les trois mois, on découvre qu'un militant RN, élu RN, candidat RN posait avec des t-shirts skinheads, néo-nazis, collaborationnistes, etc. Ça dit quand même quelque chose là aussi de la tartufferie de ce monsieur.
Il
dégage. C'est quoi la prochaine étape, monsieur Tanguy
? Il dégage, mais vous savez, tout le monde peut laïfier. Non, je vous demande, c
'est quoi la prochaine étape ? Une fois qu'on a verbalisé des femmes qui portent le voile, et puis encore, il faudra nous montrer que vous arrivez à le faire, mais j'espère qu'on n
'en
arrivera pas là. C'est quoi la prochaine étape ?
C
'est de peindre des croissants sur les vitrines des magasins tenus par des musulmans ? C'est ça la prochaine étape ? Parce que je vais vous dire ce qui va se passer, monsieur Tanguy, si par malheur vous arriviez au pouvoir et que cette mesure a été appliquée. Il y
a des gens, des
fanatiques de vos amis, ceux qui étaient au GUD avec Mme Le Pen, peut-être,
ou ceux qui plus récemment
fréquentent les mêmes soirées que celles de militants du RN, qui vont aller frapper des femmes dans la rue
parce qu'elles portent
le voile. Eh bien, je vous le redis, monsieur Tanguy.
N'importe
quoi.
Et je vous
le
redis,
parce qu'on ne s'est pas vus depuis que vous avez tenu ces propos puisque la
sondage ne s'est pas vus. Non, on ne s'est pas vus, on
ne
passe pas dans ce
domaine
ensemble. Arrêtez votre cinéma. Parce qu'il y en aura, il y en aura tous les jours. Mais arrêtez, arrêtez. Les femmes
musulmanes, laissez-moi terminer. Mais oui,
les femmes musulmanes qui seront frappées dans la
rue dont les enfants seront insultés à l'école, d'accord, porteront sur leur visage
la
marque des mots que vous avez prononcés. Vous devriez présenter des excuses,
monsieur Tanguy, ou
alors ça montre bien qu'en fait, le Rassemblement National, le Front National, Marine, Jean-Marie, tout ça, c'est la même chose et ce sera toujours la même chose.
Aujourd'hui, dans certains quartiers, vous le savez très bien, les femmes ne peuvent pas s'habiller comme elles le souhaitent. Les homosexuels ne peuvent pas se tenir la main et un certain nombre de nos compatriotes de certaines confessions ne peuvent pas se balader.
Pourquoi ? Et nous avons des lois qu'il faut appliquer
pour permettre
à chacun de vivre librement dans notre pays. Ça n'existe
pas. Ça n'existe pas parce qu'effectivement, vous y laissez une idéologie prendre une empreinte territoriale ou politique trop importante. Jean-Philippe Tanguy.
Il y
a plein de... La loi, par définition...
Ça
va faire quoi pour
ceux qui ne peuvent pas se tenir
la main à votre proposition
de verbaliser les femmes qui ne peuvent pas le voir
?
La
loi, M. Benjamin Lucas-Landie, dans notre République, ne s'applique pas parce qu'il y
a
un policier derrière chaque personne. Ça,
c
'est un régime totalitaire. Peut-être que ça
fait rêver certains de vos amis
très à gauche.
Commencez par la respecter, vous, la loi et vos
amis.
Ah, mais
c'est reparti.
Jean-Philippe Tanguy. Vous n'arrivez pas à tenir... Quand on appelle la loi, on ne se fait pas condamner pour avoir de tourner de l'argent. M. Lucas, M. Lucas, M. Lucas. Et intéressant, M.
Benjamin Lucas-Landie, c'est qu'en fait, vous voyez, moi, j'essaie de répondre à vos objections. Vous ne voulez pas avoir un débat de fond plus de 30 secondes. Parce que c'est une
proposition
délirante. Ce n
'est
pas une proposition délirante.
Elle est absurde. Elle est raciste. Elle est débile, votre proposition. Elle n'a rien de raciste. Le voile n'est pas une race. Il y a des
débats, d'ailleurs,
sur la faisabilité technique, etc.
Le
voile n'est pas une race, M.
Lucas
-Landie.
Tout ça est
une... Il ne peut pas y avoir de haine, d'une idéologie, y compris d'une idéologie religieuse.
M.
Tanguy, vous proposez
aujourd'hui de verbaliser les femmes
qui portent
le voile. Ceux qui étaient à votre place il y a 30 ou 40 ans auraient sans doute proposé de verbaliser ceux qui portaient la
kippa. Dans les deux cas,
c'est ignoble, M. Tanguy.
On est Charlie. C'était quoi le terme à l'époque ? C'était l'islamophobie n'existe pas dans toutes les rues de France. Et maintenant,
vous le revendiquez. Absolument pas ça,
M. Lucas. Vous n'étiez pas la même chose de 2015 pour Charlie Hebdo. M. Lucas lundi. Moi, j'étais, mais le rassemblement à celui-là n'était pas admis. M. Lucas lundi. Mme Le Pen en était chassé, d'ailleurs. C'est
totalement
faux. C'est totalement faux. Ils
habitent dans un quartier que certains connaissent très bien.
En tant que parti politique à lundi.
Je
vais passer la parole aux étoiles. Une question sur les conséquences politiques de tout ça. Qu'on soit pour ou contre votre mesure, est-ce que c'était une erreur, disons, tactique de ramener cette idée ? Tous les Français savent, et les sondages sont plutôt favorables à vous, donc même très favorables. Donc en réalité, vous auriez pu continuer sur cette lancée. Est-ce que c'est une erreur de mettre sur le tapis une mesure quand même qui suscite beaucoup de controverses alors qu'on sait que vous êtes contre l'immigration, on sait que vous êtes contre l'islamisme ? Est-ce que là, vous avez fait une faute d'excès de confiance
?
Absolument pas. Déjà, je
ne fais pas le lien entre l'islamisme et l'immigration. D'autre part, c'est absolument pas une faute parce que le peuple français, majoritairement aujourd'hui, soutient cette mesure à plus de 60%. Et je n'y
ai
aucune raison. Et d'ailleurs, plus les femmes que les hommes. D'ailleurs, dans le dernier sondage qui est paru, pour une raison évidente, et ce n
'est
pas du tout une faute. Et surtout, c
'est
la vérité. La France est aujourd'hui le dernier pays où on peut, dans la presse, faire des caricatures blasphématoires. Toutes les démocraties ont lâché l'affaire. Le monde anglo-saxon a lâché la liberté de la presse et le droit de caricaturer les religions. Le Danemark, pays où étaient partis les caricatures de Mohamed, a arrêté
à abandonner.
Il y
a
une grande théorie islamiste. Il n'y a plus aucun autre pays que la France qui tient sur la liberté de blasphémer parce que l'islamophobie n'existe pas. L'islamophobie n'est pas la discrimination des personnes de confession musulmane. L'islamophobie n'est pas le racisme envers les personnes arabo-musulmanes ou turques ou d'autres origines qui peuvent être liées à une religion pour des raisons culturelles ou historiques. L'islamophobie, c'est un terme inventé par les frères musulmans pour empêcher la critique libre et éclairée ou libre et excessive parce qu'on a le droit d'être excessif quand on parle d'une idéologie, y compris une idéologie qui est religieuse.
La République ne reconnaît pas de différence entre l'idéologie et la religion. La foi des individus ne protège pas une idée ou une opinion d'une autre. Et
le fait qu'il n'y ait plus que nous qui le disent,
c'est grave.
Une bonne loi est une loi qui est respectée. Jean-Philippe Tanguy. Il faudra abroger beaucoup de lois, Mme Martichaud. Oui, bien sûr. Et donc, il faudra des policiers. Vous dites, ce ne sera pas le travail de la police et Bruno Retailleau d'ailleurs l'a dit, ils ont autre chose à faire, les policiers, que d'arrêter les femmes voilées. Mais je voudrais vous poser une autre question parce qu'on va en reparler du voile. Vous l'avez mis sur la table. Il ne
risque pas de renvoler maintenant.
Vous allez le voir. Mais
une
jeune femme qui porte le voile, sans être soumise,
ne
lui faites pas le procès d'intérioriser des dogmes islamistes. Elle a choisi de porter le voile. Elle se sent discriminée par ce que vous lui avez dit. C'est inévitable. Et elle a peut-être peur effectivement de cette loi que vous promettez qui est encore un peu dans les limbes. Mais qu'est-ce que vous lui dites ce soir ?
Mais
je lui dis que ce n'est pas une discrimination que toutes les Françaises doivent se soumettre
à la loi. Mais ça ne suffira
pas de lui dire.
Mais non, je suis désolé. Si elle ne comprend pas que le voile est aujourd'hui utilisé comme le fer de lance de l'islamisme, eh bien il faudra avoir des débats avec
nos
compatriotes. Mais je suis désolé, tous les pays qui n'ont pas réagi face à la propagation du voile islamiste ont été débordés par l'islamisme, y compris des pays très courageux, la Tunisie, la Turquie, l'Égypte, tous ont sous-estimé dans le temps le fait que le voile était l'instrument parce qu'il a l'air pacifique, évidemment. Effectivement, à titre individuel, beaucoup de ces femmes sont très sympathiques et ne veulent de mal à personne. Mais vous pouvez être manipulé à l'insu de votre plein gré. C'est vieux comme le monde et les islamistes l'utilisent parce qu'ils
savent. Donc vous
leur dites que vous êtes manipulé, vous ne le savez pas. Moi, je vous le dis, je suis Jean-Philippe Tanguy, numéro 2 ou 3 d'un parti, vous avez
intériorisé
cette soumission,
enlever
votre voile. C'est
compliqué
de faire... Non, ce n
'est
pas compliqué, c'est arrivé dans le passé.
Vous
savez, mes arrières-grands-mères en Bretagne, elles étaient revêtues d'un voile noir. Oui,
et elles l'ont enlevé. Oui.
Dieu Broquette.
Elles l'ont enlevé
parce qu'elles sont devenues libres. Je connais des Français de droite qui sont plutôt d'accord avec vous
et
qui néanmoins sont opposés à cette mesure parce que ça les inquiète. Parce qu'ils se disent si le Rassemblement National arrive au pouvoir, il va y avoir des troubles dans les banlieues face à ce genre de mesures parce que quand on entend les leaders dans la France insoumise dire qu'il va y avoir de la désobéissance civile, ça crée une inquiétude. Est-ce que vous comprenez ça ? C'est-à-dire qu'il y a des gens qui ne sont pas forcément opposés à votre programme mais qui ont peur que votre arrivée au pouvoir suscite de grandes tensions dans le pays.
Je leur dis que s'ils pensent cela, c'est que les islamistes sont déjà gagnés.
C
'est-à-dire ?
Si on ne peut pas, si on ne
peut
pas, à la fois dans la même phrase, dire que le voile ne serait pas l'instrument de l'islamisme et que c'est anecdotique et que si on demande de le retirer, ça provoque des émeutes. Tout ça n'a aucun sens. Soit c
'est
quelque chose de sérieux et de grave et qui donc peut conduire à des réactions sérieuses et graves, soit ça ne l'est pas. Bon,
moi
je pense... Mais
une bonne loi est aussi une loi qui est acceptée. Non, non, mais une
bonne loi c
'est une loi qui fait respecter nos valeurs,
Mme Martichoux,
parce qu
'il est interdit de voler, on vole dans le pays. On est interdit de franchir des feux rouges, on franchit des feux rouges dans le pays. Une loi est faite pour indiquer des valeurs morales, un cadre, et si elle est respectée, évidemment, on s'en félicite tous. Mais c'est surtout, je trouve que c'est très grave ce qui est dit en fait, je ne
sais
pas si c'est volontaire, ça voudrait dire que les Françaises de confession musulmane ou les étrangers, les étrangères de confession musulmane ne vont donc par principe pas respecter la loi. Moi j'ai une bonne mémoire, c'est déjà ce qui avait été dit au moment de l'interdiction du voile à l'école, il devait y avoir plein de filles qui allaient déscolarisées, presque personne n'était déscolarisé. Au moment de
l
'interdiction de la burqa, il
devait
y avoir des émeutes dans les banlieues, il n
'y a
eu aucune émeute dans les banlieues. Au moment de
l
'interdiction de la baya, il devait y avoir encore des femmes déscolarisées, il n'y en a pas eu. Donc en fait, on a peur de notre ombre. Or, je suis certain que les Françaises de confession musulmane, si la loi dit qu'elles ne
doivent
pas mettre le voile, elles ne mettront pas leur voile.
Jean-Philippe Tanguy, Patrick Bignal nous a rejoint. Merci beaucoup Patrick Bignal, merci beaucoup d'être là. Figure de renaissance, diversité des avis, vous allez aussi pouvoir dialoguer avec Jean-Philippe Tanguy. Écoutez l'intervention tout à
l
'heure sur notre antenne de Nicolas Sarkozy. Il rend hommage évidemment dans cette interview qu'on peut revoir à Édouard Balladur, mais il parle aussi de l'état de la droite de gouvernement. Écoutez bien la durée du soupir qu'il pose quand on lui fait, quand on lui demande l'état de la droite de gouvernement, on sent qu'il n
'est
pas très optimiste sur ce qui était son propre camp. Qu'est-ce que ça veut dire sur la suite ? Est-ce qu'une recomposition peut avoir lieu, y compris avec vous ? Écoutez Nicolas Sarkozy. La droite de gouvernement, il l'a incarnée, est-ce qu'elle a encore sa chance aujourd'hui ou est-ce que c'est terminé
? La
droite de gouvernement souffre aujourd'hui
de
quantité de choses et de quantité de problèmes.
Mais
je ne veux pas commenter l'actualité d'aujourd
'hui.
Est-ce qu'elle a ses chances ? J'aurai l'occasion
de
parler
un
moment ou un autre.
Mais
j'ai toujours détesté
ceux
qui font des commentaires
sans
salir les mains.
C
'est-à-dire aller au charbon.
Vous
savez, moi,
je
suis un amoureux du Tour de France.
J
'ai toujours préféré le cycliste qui souffre plutôt que le spectateur qui crie plus vite.
Est
-ce que c'est une douleur pour vous quand vous voyez l'État, ce qu'a été l'UMP, le RP, l'UDF, etc. C'est parti, que vous avez incarné,
que
Baladur a incarné, qui sont dans l'État où ils sont aujourd'hui
? Il
ne faut pas réduire les choses
à
des problèmes de personnes.
Même
si les personnes,
ça
compte.
La
politique, ça doit être en grand
une
vision,
une
forme d'épisme. Au fond,
peut
-être que je suis resté bonapartiste.
Ah oui
?
Bonaparte
?
Bonaparte, c'est pas Napoléon.
Parce
que le pont d'Arcole,
c
'est quand même mieux que Waterloo. Il revient à Bonaparte
?
Malheureusement,
ça
ne marche pas.
Parce
qu'il a toute l'Europe contre lui.
Jean
-Philippe Tanguy, est-ce que vous êtes aussi bonapartiste
? Oui.
Le 2 décembre, nous avons réinstitué comme petite cérémonie. Nous allons à la colonne Vendôme et nous rendons mal
à
Bonaparte, à Napoléon, et Napoléon III. Est-ce que vous avez été sarkoziste ? Jamais, puisque j'étais bonapartiste.
Est-ce qu'il peut se passer quelque chose ? J'appelle les hétérésistes et je vous appelle aussi Patrick Vignal. L'État de la droite, je ne
sais
pas si on peut rappeler un peu plus dans l'émission le sondage, Édouard Philippe en situation honorable,
mais
enfin, il est loin de ce qu'était à l'époque. Regardez, Édouard Philippe, 14,5 dans l'état du sondage IFOP fiducial que nous avions publié, Gabriel à 8. Est-ce que peut renaître à droite quelque chose, une recomposition ? Est-ce que vous y croyez Patrick Vignal ?
Je pense qu'on a un état de la classe politique en délabrement. Et je pèse mes mots, M. Rochbain. Je pense que là, franchement, j'essaie d'avoir une vision. J'ai passé 14 ans à l'Assemblée nationale avec, en 2012, une majorité. Donc, à l'époque, on était là, on avait la majorité. On pouvait dire, M. Tanguy, vous êtes trois, on décide, on fait, et tant pis pour aux actes. Ça a changé la vie.
Est-ce qu'ils
ont gagné déjà d'après vous ? Est-ce que l'ORN a gagné ?
Non, moi, je pense qu'ils ne gagneront pas. Qui peut les vaincre ? Je pense que... Alors, qui peut les vaincre ? Si M. Tanguy est sur le départ, si il y
a
M. Mélenchon, M. Rotaillot, un PS et un Bloc central, ils ont des chances de gagner. Mais ça ne va pas arriver parce qu'il va falloir abandonner quand même que cette classe, cette droite républicaine, cette gauche sociale-démocrate s'entendent. Mais vous avez vu, j'écoutais patiemment M. Nicolas Sarkozy. Rappelez-vous qu'un est président des centres de charge, il tape toujours sur la famille et ça reste que les hommes providentiels ou les femmes providentielles. Mais quand même, moi, je suis assez surpris de M. Tanguy. J'ai pas honte de le dire et j'ai de l'amitié pour lui. Il est arrivé en 2017. On a fait des centres de musculation ensemble.
On va tout dévoiler. Mais là, je ne
comprends pas votre positionnement. Je ne comprends pas sur le voile.
Pourquoi vous sortez ça ?
Ce n
'est
pas constitutionnel. C'est qu'en gros, moi, j'ai une soeur qui a un cancer. Elle a mis un turban. Vous faites quoi ? Vous
l
'arrêtez ? Elle a un turban, elle a un poil. Non, mais ce n
'est
pas un
voile islamique. Expliquez-moi,
un voile sur la tête, quand c'est qu'il est islamiste ? Il faut qu'il ait une
couleur, il faut qu'il ait un logo. Non, mais répondez
-moi
sur ça. Comment vous faites ? M.
Vignal, il est exactement de la même façon qu'il est islamiste quand M. Attal voulait interdire pour les fillettes. Donc,
en
fait, René... Non,
mais
dites-moi, si ma soeur, elle a un
voile.
Il est défini par les islamistes. Comment vous faites ? Il est défini par la doctrine des islamistes. Les islamistes, ce sont des intégristes. Les intégristes, par définition, M. Vignal, c'est parce qu'en fait,
beaucoup
de parlementaires ou d'anciens parlementaires français, collègues Vignal, en fait, vous ne vous intéressez pas aux islamistes. Les islamistes publient des textes très précis sur ce qu'est le voile islamiste. Il
n'y
a aucune difficulté. Ce sont des gens qui pensent que la loi est religieuse et que la loi doit être religieuse.
Par
définition,
ce
sont des gens qui écrivent tout sur le moindre détail
de leur
fanatisme. Pourquoi votre président, Jordan Bardella, a fait un communiqué de presse où il a dit qu
'on
ne fera pas la police du vêtement ? Pourquoi
vous êtes en
désaccord avec votre président, Jordan Bardella ? Pourquoi ? Ce
n'est pas du
tout en désaccord.
C
'est qu'on
n'interdit un vêtement. Vous ne voulez pas écouter
? On interdit un signe politique, M. Vignal. Ça prend la forme d'un voile. Mais
pour une femme adulte qui
décide, en homme et conscience, de mettre un voile, de mettre un chiffon, comment vous faites pour voir ? Parce que je peux vous rejoindre. Pour moi, pour une partie des gens, pour l'islamisation, mettre un voile peut être un objet politique. Je n
'ai
pas de souci avec ça. Mais la femme qui décide dans le monde adulte, ça s'appelle la liberté de
mettre un voile. Répondez à ça et on va
avancer. On ne va
pas
parler que du voile. Mais répondez encore à ça, Jean-Philippe Tanguy.
J
'ai
déjà
répondu tout à
l
'heure. La liberté, ce n'est pas faire ce qu'on veut. C'est quand même du niveau de terminale de philosophie. La liberté demande la raison, demande la raison critique, demande pourquoi on met un voile. Pourquoi on met un voile ? Parce que la religion vous dit que votre corps est impudique. En France, on n'accepte pas que la femme revendique publiquement, même volontairement, qu'elle est impudique. On n'a pas le droit aussi de dire qu'on ne peut pas non plus se balader seins nu si on veut se balader
seins nu. Avec qui allez-vous ? Vous êtes dangereux.
Avec ce doctrine.
Donc
c'est dangereux d'interdire seins nu ? Non, vous êtes dangereux. Mais
pourquoi ? Donc pourquoi on a le droit d'être seins nu ? Monsieur Vignan, ne vous fermez pas.
Vous allez aller, je vais vous dire. Pourquoi on ne peut pas se balader seins nu
?
Vous nourrissez avec notre
ami Jean-Louis
Mélenchon. C
'est-à-dire que vous,
c'est la faute des Arabes. Tous les gens qui sont de nationalité différente, immigrés, sont des gens qui seront contre les valeurs de la République. Et de notre côté, Jean-Louis Mélenchon, c'est la nouvelle franche. Il va draguer les quartiers populaires en disant que
c
'est les méchants du RN. Pour l'instant, vous vous nourrissez tous les deux et ne faites pas de communs. Vous ne fabriquez pas la société en fait. Vous la divisez. Et vous êtes des amis, vous êtes des
jumeaux.
C'est vous qui avez appelé à voter pour M. Mélenchon réciproquement. Tout ça est ridicule. Pourquoi on ne peut pas se balader seins nus
?
Puisque
c'est la liberté.
Mais c'est quoi le problème ?
Vous allez sur une plage
?
Vous allez sur une plage, vous pouvez très bien avoir
les seins nus. Mais il
n
'y
a pas déjà un
torse nul été à la plage ? Ou dans les stations balnéaires ?
Vous les
arrêtez ceux-là ? Absolument.
Mais
ce n
'est
pas la rue.
Allez,
avançons. Avançons s'il vous plaît. On ne va pas faire les seins nus, les torses nus. On va avancer un petit peu parce
que là, on
fait la
revue. Jean-Philippe Tanguy,
j
'aimerais
vous entendre sur...
Est-ce que je peux finir ma phrase ? Allez-y. Excusez-moi. M. Attal a défini ce qu'était le voile islamiste pour les fillettes.
C
'est le
même pour les
adultes. Donc M. Vignal, qui représente M. Attal, ne
peut
pas dire que pour les adultes, il ne sait plus ce que c'est un voile islamiste. Et pour
les fillettes,
enfin les fillettes, parce que 15 ans, je ne
sais
pas pourquoi d'ailleurs, M. Attal, il prend le critère, aussi le critère d'ailleurs des salafistes, puisque c'est les salafistes qui ont dit qu'avant 14 ans, on pouvait regarder, mais pas entre 14 ans et 18 ans. Même pas le courage de s'opposer aux salafistes, même sur les enfants.
Vous êtes dangereux. On avance là-dessus,
s'il vous plaît. On ne
va
pas faire tout le voile, mais j'aimerais vous entendre sur votre isolement quand même, y compris sur l'idée de l'immigration. Regardez, la semaine a été dominée par la campagne commune de Gérald Darmanin et d'Edouard Philippe sur le thème de l'immigration. En revanche, ils sont en désaccord. Ça commence comme ça. C'est assez curieux d'ailleurs, Guillaume Roquet. Théoriquement, ils se soutiennent l
'un
l'autre. Mais sur la question du moratoire sur l'immigration, c
'est déjà la division. Oui, effectivement, puisque Gérald Darmanin s'est prononcé pour un moratoire sur l'immigration légale. Pas seulement lutter contre l'immigration illégale. Ça, ça ne mange pas de pain. Tout le monde est d'accord. Même si on sait bien que c'est impossible, en tout cas avec les instruments juridiques d'aujourd'hui. Mais Gérald Darmanin, lui, il n'est pas un moratoire, c'est-à-dire un arrêt de l'immigration légale, dans un temps limité. Édouard Philippe, lui, est contre cette mesure. C'est un point de désaccord important entre les deux hommes. Il y en a un autre qui est la retraite.
Édouard Philippe veut repousser uniformément l'âge de la retraite jusqu'à 67 ans éventuellement, même s'il est de moins en moins d'affirmatif là-dessus. Gérald Darmanin est beaucoup plus réticent. Je dirais qu'il
y a
une stratégie derrière ça. La stratégie, c'est de ratisser l'âge.
C
'est-à-dire que Gérald Darmanin parle aux classes populaires. C'est l'élu d'une ville Tourcoing qui est effectivement assez défavorisé socialement. C'est une image qu'à juste titre, parce que ça lui correspond, il l'entretient. Édouard Philippe, lui, parle plus aux classes favorisées. L'idée, c'est qu'on va ratisser plus large comme ça.
Est-ce que vous pouvez changer quelque chose à ça, Jean-Philippe Tanguy ? Le moratoire sur l'immigration. Regardez, même à droite, ils ne sont pas d'accord. Une grande partie de la droite n
'est
pas d'accord avec vous. Ils
n
'ont
jamais été d'accord puisqu'ils ont toujours fait plus d'immigration. M. Philippe a augmenté les titres d'immigration légaux. M. Darmanin, parallèlement à lui aussi au ministre de l'Intérieur ensuite. Et
M. Attal, il s'y est
représenté
? D'ailleurs,
M.
Philippe, M. Attal,
c
'est pareil. Il le dit d'ailleurs clairement. Il revendique d'ailleurs une immigration de travail alors qu'on a déjà 6 millions de chômeurs, qu'on a un taux de chômage chez les étrangers qui est le double des nationaux. Donc tout ça n'a strictement aucun sens. C'est qu'en fait, ce sont des gens qui savent qu'ils ne veulent rien faire. Que ce soit sur le voile, sur la contrôle de l'immigration, pour la industrialisation, pour le pouvoir d
'achat.
En fait, ils ne peuvent rien faire. La maîtrise du déficit. Ils ne peuvent jamais rien faire. Et puis d'ailleurs, quand ils sont au pouvoir, après avoir voulu exercer, vous connaissez cette formule, vous l'avez beaucoup utilisée, en responsabilité, vous n
'êtes
jamais responsable de rien. Donc le déficit, ce n
'est
pas vous. Le chômage, ce n
'est
pas vous. L'immigration, ce n
'est
pas vous. Les voyous, ce n
'est
pas vous. Mais il faut quand même vous laisser au pouvoir pour que ce ne
soit jamais
vous. Moi, je trouve que c'est... Vous avez raison. Vous êtes dans l'opposition. Quand on est dans l'opposition, on rase gratuit. Qui c'est qui a demandé par des amendements de pouvoir faire en sorte de faire plus de social ? C'est vous. Vous n'étiez pas au pouvoir, M. Tanguy.
Moi, pour moi, il y a deux choses. Vous êtes
très
dangereux. Vous
êtes
très
dangereux pour cette
société.
Vous avez dit que vous êtes à musculer
ensemble et que vous êtes
très dangereux. Attention, parce
que la prochaine fois, vous allez vous prendre un poids sur la tête. Je ne vous ai pas coupé. Vous qui êtes le grand stratège de l'économie, moi, je voudrais que vous m'expliquiez. Toutes les secondes, c'est 5 000 euros de dettes supplémentaires. Vous nous expliquez déjà que vous allez censurer le budget. Dans un, vous n'aimez pas
le droit.
Non, on n
'a
pas
dit
ça. Et de deux, vous reverrez ce que dit Jordan Bardella, et de deux, vous
parlez d'économie
et vous voulez une retraite à 62 ans. La retraite, c'est 380 milliards. C'est 14 % du PIB. Et en plus, vous y rajoutez que vous ne voulez pas d'immigration. Mais venez à l'hôpital de Montpellier. 30 % des médecins sont de l'immigration. En
ce moment, je rénove
un bâtiment. Ceux qui bossent aujourd'hui, ce
sont des gens de l'immigration. Ce ne sont pas vous qui faites les travaux. Dans le bâtiment, dans l
'hôtellerie, dans la cuisine.
Et
vous, vous m'expliquez, vous allez couper le robinet. Oui. Mais vous allez faire effondrer l'économie. Nous, par contre, avec Gabriel Attal, on veut plus d'autorité. Je n
'ai
pas de problème avec ça.
On veut plus d
'immigration qui permette aux gens qui veulent s'insérer, qui respectent la République et qui bossent cela. Par contre, ceux qui ne respectent pas les valeurs, les justes et les coutures de
la
République, on fera
ce qu'il faut.
Par exemple ? Mais comment vous osez me poser cette question ?
Parce que vous les avez défendues.
Vous voyez, en fait, votre problème, vous êtes bloqués sur l'isamnisation. Ce que je disais, vous, c'est ça et vous avez Jean-Louis Mélenchon qui lui dit la Nouvelle-France et c'est vrai que nous, le Bloc Central, on n'a pas trouvé encore la martingale pour faire rêver les Français. Eh bien, on va le faire. C
'est-à-dire que le réveil est difficile. C'est
dangereux. C
'est
difficile de rêver quand on est en plein cauchemar macroniste.
Je
vais poser une question à Jean-Philippe Tanguy parce que vous nous avez dit là, on ne peut rien faire. Si on vous écoute, on vous voit gouverner depuis 40 ans et avec vous, c'est toujours on ne peut rien faire. On voit bien que derrière, d'ailleurs, la question du voile, il y
a
un peu cette stratégie de vouloir incarner un parti, un pouvoir qui, justement, ne s'arrêtera pas à cette phrase on ne peut rien faire parce qu'il
y a
des lois, parce qu'il y
a
le Conseil constitutionnel, parce qu'il y a des normes, parce qu'il
y
a... etc. Mais est-ce que ce n
'est
pas un peu la limite de votre stratégie ? Parce que vous pouvez peut-être perdre en crédibilité, ne serait-ce que sur cette histoire de voile depuis 48 heures,
on
met en avant vos contradictions entre Jordan Bardella, Marine Le Pen, ce que vous avez dit, ce qu'a dit un porte-parole derrière. C'est un peu... Pardon. C'est un peu le brouillard là-dessus. Et on se demande comment vont-ils l'appliquer ? Est-ce que ce n'est pas la limite de cette stratégie qui consiste à marteler « Nous, on va faire ce qui n'a pas été fait parce que rien ne nous arrêtera ? » Si. Si, parce que de la même façon vous dites qu
'il
y
a
des règles. Ben oui,
il y
a des règles.
Bien sûr, que rien nous
arrêtera. Mais là, ce n
'est
pas les
règles. Un référendum
sur la lutte
contre l'islamisme et le
voile, il va falloir faire beaucoup de procédures parlementaires pour l'organiser.
Donc, ce qui peut nous arrêter, effectivement, c'est les Françaises et les Français, ceux qui décident. Mais c'est sûr que c'est la différence avec les autres. Nous, ce ne sont pas les puissances d'argent qui décident, ce n'est pas la Commission européenne, ce ne sont pas des technocrates, ce n
'est
pas l'administration qui décide. C'est le politique qui obéit au peuple et qui applique les mesures que les Françaises et
les Français veulent en majorité. de perdre l
'élection présidentielle.
Ah, mais occupe-toi de l'élection. Je vous le dis. Ne passez pas au du courant. Nous la ferons perdre
parce que vous n'êtes pas au niveau. Et pour le projet
de la société et sur
l'économie.
Mais
je
vous le dis. Vous
m'avez motivé ce soir.
Au-delà des polémiques, quand Gérald Darmanin dit qu'il faut un moratoire de trois ans, ce qui n'est pas rien, sur l'immigration légale, y compris les étudiants. Est-ce qu'au moins, vous dites, il y a un début de prise de conscience ?
Bien sûr que M. Darmanin a conscience des choses puisqu'il sait qu'une partie des Françaises et des Français veulent nous confier le pouvoir parce qu'ils en ont assez de cette impuissance. M. Darmanin, vous le savez très bien, quand il a déclaré ça,
c
'est qu'il voulait être candidat. Donc il avait une stratégie pour être candidat. Maintenant, il n
'est
plus candidat israélien à M. Philippe et il se rend compte que toutes ces déclarations, il va devoir les justifier. C'est comme cette fameuse ligne sociale. J'ai eu un débat avec un éditorialiste du Figaro, Gilles Gérassé, sur ça, qui me disait que M. Darmanin avait une ligne sociale. Je lui
ai
demandé qu'est-ce qui incarne la ligne sociale de M. Darmanin. J'attends toujours la réponse alors que c'est un excellent journaliste sans ironie.
Jean-Philippe Tanguy, merci beaucoup. Merci à vous aussi, M. le député. Merci à Elisabeth. Les événements vont très vite
Jean-Philippe Tanguy