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InterviewOn n'est pas couché· 18 juin 2015 28 minContradictoireFond programmatiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsRetraites

Jean-Luc Mélenchon - On n’est pas couché 8 septembre 2007 #ONPC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 39 %Défensif 21 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:44OuverteRéponse partielle

    Pourquoi choisir un journaliste pour écrire votre livre plutôt que de le faire seul ?

  • 1:51OuverteRéponse directe

    Votre livre vise-t-il spécifiquement Ségolène Royal ou ses choix politiques ?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    Clinton a-t-il donné le cadre intellectuel de la social-démocratie moderne ?

  • 3:51RelanceRéponse directe

    Pourquoi la social-démocratie de l'Europe du Nord est-elle un désastre social et électoral ?

  • 5:08ComplaisanteRéponse directe

    L'âge de la retraite est-il un sujet d'actualité cette semaine ?

  • 6:15RelanceRéponse directe

    Votre livre a-t-il été influencé par votre opposition à Ségolène Royal ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:08Invité politiqueFait
    « Ah, mais c'est parce qu'on n'a pas remis en route la social-démocratie, blablabla, de l'Europe du Nord. »
  • 4:39Invité politiqueChiffre
    « Et je découvre que les fameux Suédois, qui sont l'exemple devant lequel nous devrions nous évanouir de joie, eh bien, voilà, ils viennent de perdre leurs élections en prenant la pire bâche électorale depuis 1920. »
  • 4:55Invité politiqueFait
    « Parce qu'ils ont augmenté l'âge de la retraite, diminué les salaires, augmenté le temps de travail. »
  • 5:37Invité politiqueFait
    « Et pourtant, on l'a fait. »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « C'est moi qui l'ai fait. Avec une trentaine de sénateurs et d'assistants, de socialistes volontaires qui viennent, et on fait 50 fiches, où on compare le programme de Bayrou au programme de Sarkozy. »
  • 6:57Invité politiqueFait
    « Bayrou l'écrit des choses incroyables, il faut que les riches soient riches, pour que les pauvres soient moins pauvres, il y a des idiocies de cet acabit. »
  • 8:15Invité politiqueFait
    « C'était le seul pays du monde où après la chute du mur de Berlin, il y avait des communistes dans un gouvernement et des verts. »
  • 8:50Invité politiqueFait
    « Dans sa tête compliquée, ça voulait dire je ne vais pas faire le socialisme. »
  • 9:28Invité politiqueFait
    « Les Français ne sont pas un troupeau à la disposition des uns ou des autres. »
  • 16:39Invité politiqueFait
    « Les gens ont trouvé leur intérêt à organiser autrement leurs échanges. »
  • 21:02Invité politiqueFait
    « Pour la première fois il y aura des retraites au Venezuela. »
  • 25:10Invité politiqueFait
    « c'est les vainqueurs qui écrivent l'histoire »
  • 25:44Invité politiqueFait
    « la meilleure forteresse des tyrans est l'inertie des peuples »
  • 27:21InvitéChiffre
    « 1,93% »

Temps de parole

  • Jean-Luc Mélenchon48 %
  • Invité23 %
  • Présentateur13 %
  • ?9 %
  • Locuteur 54 %

≈ 34,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Locuteur

C'est un

0:02
Présentateur

entretien avec Michel Soudet,

0:04
Locuteur

qui

0:04
Présentateur

est rédacteur en chef au magazine Politis. Politis, ce n'était pas Bernard Langlois qui l

0:10
Locuteur

'avait

0:10
Présentateur

fondé, ce journal ? J'en parle parce que Bernard Langlois, c'est celui qui s'était fait

0:15
Locuteur

virer.

0:16
Présentateur

Il y a un lien avec votre bouquin. Bernard Langlois s'était fait virer du journal d'Antenne 2 parce qu'il avait annoncé la mort de Grasse Kelly. C'est lui qui était au journal à 13h et il avait comparé l'état

0:26
Locuteur

de Monaco. Il y avait la mort du

0:27
Locuteur 2

président Gemayel en même temps au Liban. Et il a dit, évidemment, si on compare, la mort de la princesse Grasse n

0:32
Locuteur

'a

0:32
Locuteur 2

aucune importance dans

0:33
Locuteur

le temps.

0:34
Présentateur

Dans cet état d'opérette.

0:36
Locuteur 2

Exactement. Et le lendemain, évidemment...

0:38
Locuteur

Et Bernard

0:38
Présentateur

Langlois avait été viré. Et c'est lui qui a fondé ce journal Politis que vous avez trouvé, ce rédacteur en chef, Michel Soudet. Pourquoi d'ailleurs choisir un journaliste ? Est-ce que vous ne pouvez pas écrire un livre seul ?

0:47
Jean-Luc Mélenchon

J'ai cru, c'est assez faible, j'ai cru que ça serait plus facile. Franchement, on arrivait au mois de juin, je raconte ma vie là, et il fallait, pour être dans la rentrée, ce que je voulais, c'était que le livre soit prêt pour la fête de l'humanité. Oui, je vous raconte tout. Parce que je parle aussi aux communistes, je ne parle pas seulement qu'aux socialistes, je parle aussi aux communistes, c'est un peu l'événement phare, c

1:08
Locuteur

'est

1:08
Jean-Luc Mélenchon

une fête importante, donc il fallait faire vie. C'est ce week

1:10
Présentateur

-end, la fête de l'humanité ?

1:11
Jean-Luc Mélenchon

Oui. Alors je me suis dit, ça va aller plus vite si on pose des questions, et je réponds. Ce n

1:14
Locuteur

'est

1:14
Jean-Luc Mélenchon

pas vrai, c'est pire. Ça prend deux fois plus de temps. Au lieu d'écrire tout seul, on est obligé de négocier avec le journaliste, qui reste un journaliste tout le temps, donc pose des questions qui vous énervent. n'accepte pas qu'on réécrive les réponses si ça ne lui convient pas. Bref, ça a été encore pire que si je m'étais mis tout seul. L'avantage, c'est que Soudé est un type intelligent, qui connaît bien tout le petit monde dont je parle. Donc déjà, ça a facilité la communication.

1:40
Locuteur

Je

1:40
Jean-Luc Mélenchon

n'avais pas affaire à ces journalistes qui n'y connaissent rien, mais parlent quand même.

1:46
Locuteur

Je

1:46
Invité

ne me sens pas visé.

1:47
Jean-Luc Mélenchon

Non, pas vous, vous.

1:49
Locuteur

Le drame

1:49
Jean-Luc Mélenchon

avec vous, c'est que vous connaissez ça trop bien. Ça veut dire que vous allez signer à la fête de l'Huma ce week-end, votre bouquin ? Oui. Je vais aller sur plusieurs stands, et puis je vais le vendre, parce que moi-même, j'ai une présence dans

2:01
Locuteur

la fête de l'Huma.

2:01
Jean-Luc Mélenchon

Vous

2:01
Locuteur

avez un stand de merguez, frites ? Non, on n'est pas

2:04
Jean-Luc Mélenchon

bon pour

2:04
Locuteur

les merguez.

2:05
Jean-Luc Mélenchon

Attends, il faut savoir les faire. Vous rigolez, vous, mais c'est du bolo. Bon,

2:09
Locuteur

alors, mais, je suis avant de donner la

2:10
Présentateur

parole à Jemour et Nono, moi, je voudrais savoir. Parce que, je l'ai dit au tout début d'émission, c'est vrai que ce n

2:14
Locuteur

'est

2:14
Présentateur

pas un pamphlet anti-royal, comme celui de Marie-Noëlle Lindemann, une ancienne copine, à vous, Marie-Noëlle Lindemann, d'abord du même département pendant longtemps.

2:22
Locuteur

Pendant un temps, oui. Voilà, l'Essonne.

2:23
Présentateur

Sauf qu'elle a axé son bouquin essentiellement contre Ségolène Royal. Elle lui en veut manifestement beaucoup. Vous, c'est vrai que, d'abord, elle l'a appelée « Au revoir Royal ». Tout de suite, on a tout compris dans le titre. Vous, c'est en quête de gauche, et vous ne visez pas spécialement la dernière candidate socialiste à l'élection présidentielle, même si vous avez quelques reproches à

2:43
Locuteur

lui,

2:43
Présentateur

mais c'est plutôt ses choix politiques que vous lui reprochez. Et derrière tout ça, finalement, votre premier combat, on comprend, c'est un combat contre la social-démocratie, la gauche qui se tourne vers le centre, donc la gauche de M. Zapatero en Espagne, la gauche de M. Blair, j'imagine, en Angleterre, la gauche de M. Prodi en Italie aujourd'hui, et même, alors donc, la politique de M. Clinton, puisque, on l'a dit au début, c'est lui qui aurait été l'initiateur de tout ça.

3:15
Jean-Luc Mélenchon

Oui, c'est lui qui a donné le cadre intellectuel. Si vous lisez le livre, vous verrez ça, ce que ça intéresse. Parce que, honnêtement, moi, je voulais mettre à distance quelque chose qui... Je n'étais pas à l'aise avec ça. Une dispute personnelle. Avec quelqu'un dont vous n'aimez pas le vocabulaire ou les manières d'être, mais il me semble que quand on est un responsable politique, on a la chance d'avoir un peu de culture et d'avoir vécu ces choses. On doit essayer de se mettre à distance et d'essayer de réfléchir. Donc, elle,

3:40
Locuteur

elle

3:40
Jean-Luc Mélenchon

n'est pas responsable personnellement. C'est une femme courageuse qui a endossé une orientation politique. Et je dis, je ne suis pas d'accord avec elle. J'essaye de démontrer d'où vient cette orientation politique et à quoi elle a débouché. Alors, comme, après l'actualité, quand on est sorti de l'élection, j'ai vu ressortir le coucou de l'horloge socialiste chaque fois qu'on perd, on perd quand même souvent,

3:59
Locuteur

mais pas tout le temps. C'est une habitude, même. Vous avez quelqu'un qui arrive et qui dit «

4:02
Jean-Luc Mélenchon

Ah, mais c'est parce qu'on n'a pas remis en route la social-démocratie, blablabla, de l'Europe du

4:08
Locuteur

Nord. » Alors,

4:08
Jean-Luc Mélenchon

l'Europe du Nord, tout le monde sort les violons et vive l'Europe du Nord.

4:11
Locuteur

Mais personne ne

4:13
Jean-Luc Mélenchon

dit jamais rien sur ce qui s

4:14
Locuteur

'y

4:14
Jean-Luc Mélenchon

passe vraiment. Et moi, j'ai fait le tour. D'abord, j'ai eu du mal à trouver des livres, j'ai eu du mal à trouver des fiches qui établissent qu'est-ce qu'on fait réellement dans l'Europe du Nord. Donc,

4:23
Locuteur

on

4:23
Jean-Luc Mélenchon

a fait tout ce travail qui a pris du temps. On s'y est mis à plusieurs. Je ne

4:25
Locuteur

veux

4:25
Jean-Luc Mélenchon

pas dire que c

4:26
Locuteur

'est

4:26
Jean-Luc Mélenchon

moi qui ai fait tout le travail. Et alors, je découvre que c'est un désastre social et un désastre électoral. C'est-à

4:31
Locuteur

-dire,

4:31
Jean-Luc Mélenchon

ce qu'on a connu, la bonne, brave social-démocratie de l'État-providence qui partageait, elle n'existe plus. Et je fais le tour d'Europe comme ça. Et je découvre que les fameux Suédois, qui sont l'exemple devant lequel nous devrions nous évanouir de joie, eh bien, voilà, ils viennent de perdre leurs élections en prenant la pire bâche électorale depuis 1920. Et pourquoi ? Eh bien, parce qu'ils ont augmenté l'âge de la retraite, diminué les salaires, augmenté le temps de travail. Bref, ça, c'est pas pour ça que moi, je me suis engagé à gauche. Je comprends que des gens disent, ah bon, on ne peut pas faire autrement. Alors, on peut avoir un débat. Ce qui n'est pas supportable, c'est qu'on se

5:05
Locuteur

dit,

5:05
Jean-Luc Mélenchon

ah

5:05
Locuteur

non,

5:05
Jean-Luc Mélenchon

on ne peut pas discuter. C'est comme ça et pas autrement.

5:07
Locuteur

Là, c'est d

5:07
Présentateur

'actualité, par exemple. L'âge

5:08
Locuteur

de la

5:08
Présentateur

retraite, on en a parlé encore. Cette semaine, Mme Lagarde, elle-même, l'a dit.

5:12
Locuteur

Eh oui, il faut travailler

5:13
Jean-Luc Mélenchon

plus longtemps. Eh bien,

5:14
Locuteur

voilà.

5:14
Jean-Luc Mélenchon

Eh bien, non, moi, je ne

5:15
Locuteur

suis

5:15
Jean-Luc Mélenchon

pas d'accord. Je pense que le pays est plus riche qu'il n

5:17
Locuteur

'a

5:17
Jean-Luc Mélenchon

jamais été et que la retraite a représenté une avancée sociale considérable pour des tas de gens dans les générations précédentes et notre devoir de gauche, c'est de protéger ça. Vous savez ? Alors, on peut être minoritaire, ça peut ne pas être évident. Nous avons contre nous l'évidence du monde tel qu'il est. On vous dit, mais vous rêvez, M. Mélenchon. C'est pareil, on disait pareil, c

5:35
Locuteur

'est

5:35
Jean-Luc Mélenchon

en 80. Vous rêvez, ça ne

5:36
Locuteur

se

5:36
Jean-Luc Mélenchon

fera pas, ce n

5:37
Locuteur

'est

5:37
Jean-Luc Mélenchon

pas possible. Et pourtant, on l'a fait. Et ce que je voulais dire dans ce livre aussi, c'est pas parce que ceux-là font ça qu'il n'est pas possible de faire autre chose. Il y a des exemples. Bon, alors, j'ai pris les exemples d'Amérique latine, pas parce que je veux en faire un modèle. Mais vous savez,

5:50
Locuteur

c

5:50
Jean-Luc Mélenchon

'est incroyable. C'est à moi qu'on me dit, mais alors, vous voulez chercher votre modèle chez Chavez, en Argentine ? Non.

5:56
Locuteur

C'est celui-là,

5:57
Jean-Luc Mélenchon

peut-être ? Mais eux, ou là aussi. Et eux, ils vous parlent de l'Europe du Nord tous les 5 minutes et personne ne leur dit, mais vous

6:03
Présentateur

comptez transposer ça. Donc,

6:05
Locuteur

j

6:05
Présentateur

'imagine que pendant la présidentielle, enfin, je n'imagine pas, je le sais, je l'ai lu, quand, évidemment, Ségolène Royal a tenté de flirter avec François Bayrou entre les deux tours.

6:13
Locuteur

Ça

6:13
Présentateur

vous a, évidemment, copieusement énervé.

6:15
Jean-Luc Mélenchon

Ah oui, clairement, parce que... Alors, en plus, c

6:17
Locuteur

'est

6:17
Jean-Luc Mélenchon

pas de peau, si j'ose dire. Pendant la campagne, moi, je voulais faire quelque chose. Bon, je vais faire quelque chose. Je me suis toujours battu toute ma vie, donc je me dis, je vais faire quelque chose. Je vais donc voir le directeur de la campagne, Jean-Louis Bianco, et je lui dis, bon, je fais quoi, moi ? J'ai fait 2-3 réunions, et comment je peux aider ? Je sais faire des tas de choses. Oui, oui, me dit-il, qu'est-ce que tu as envie de faire ? Bon, ben, je commence à 2-3 idées, et puis, pour finir, je

6:38
Locuteur

dis,

6:39
Jean-Luc Mélenchon

ben, moi, je vais faire les argumentaires sur Bayrou. Très bonne idée, fais les argumentaires sur Bayrou. C'est moi qui l'ai fait. Avec une trentaine de sénateurs et d'assistants, de socialistes volontaires qui viennent, et on fait 50 fiches, où on compare le programme de Bayrou au programme de Sarkozy. On dit, vous avez vu, c'est la même chose, sur le contrat de travail, sur ceci, sur cela. Bayrou l'écrit des choses incroyables, il

6:59
Locuteur

faut

6:59
Jean-Luc Mélenchon

que les riches soient riches, pour que les pauvres soient moins pauvres, il

7:01
Locuteur

y a

7:01
Jean-Luc Mélenchon

des idiocies de cet acabit, auquel personne n

7:04
Locuteur

'a

7:04
Jean-Luc Mélenchon

fait attention. Le parti distribue ça dans tout le parti, toutes les fédérations, et qu'un jour après, on apprend qu'on va s'allier avec le bonhomme dont on vient de dire, qu'il est le même que l'autre. Vous auriez mieux fait d'aller coller des affiches,

7:14
Locuteur

franchement

7:14
Jean-Luc Mélenchon

! Bon, mais simplement, je veux dire que, là, c'est souvent à moi qu'on dit, mais vous êtes excessif, mais enfin,

7:20
Locuteur

quand

7:20
Jean-Luc Mélenchon

même, qu'est-ce que c'est que cette situation ? Quand est-ce qu'on a dit au Parti Socialiste qu'on allait s'allier avec

7:24
Locuteur

la centriste ? Éric Zemmoury

7:25
Invité

vous fait rire Mélenchon ? Ah, mais j'aime beaucoup Mélenchon, j'aime ça, mais il le sait. Il le sait, et si je peux me permettre, je crois que c'est réciproque. Parce que vous, vous aimez la gauche qui fait perdre la gauche. Pas du tout.

7:37
Locuteur

Non,

7:37
Jean-Luc Mélenchon

mais pourquoi vous dites ça ? Non,

7:39
Locuteur

non, non,

7:41
Jean-Luc Mélenchon

attends, attends. Non, Rukier, écoutez. Pardon, M. Mélenchon.

7:45
Locuteur

Mais non, vous

7:45
Jean-Luc Mélenchon

n'avez pas le droit de dire ça.

7:46
Locuteur

La gauche, attendez.

7:48
Jean-Luc Mélenchon

Non, non, non, non, non, non, non, non, non,

7:49
Locuteur

non, non.

7:50
Jean-Luc Mélenchon

Qui est-ce qui a fait gagner la gauche ? Le président de Mitterrand, Lionel Jospin.

7:56
Locuteur

Pas

7:56
Jean-Luc Mélenchon

sur cette orientation-là. Enfin, Lionel Jospin, pas dans la course...

7:59
Locuteur

Aux

7:59
Jean-Luc Mélenchon

élections législatives, les fonds on perd. Ce n

8:02
Locuteur

'est

8:02
Jean-Luc Mélenchon

pas parce qu'on gagne ou qu

8:03
Locuteur

'on

8:03
Jean-Luc Mélenchon

perd qu'on a raison ou qu'on a tort. Mais ne dites pas ceux qui font perdre la gauche. Le président de Mitterrand, il a fait gagner la gauche dans des conditions incroyables de difficultés sur une ligne de gauche. Lionel Jospin l'a fait. C'était le seul cas au monde où on annonçait qu'on allait diminuer le temps de travail par la loi. Les Américains avaient l'impression que les communistes venaient de prendre le pouvoir. Et d'ailleurs, c'était le seul pays du monde où après la chute du mur de Berlin, il y avait des communistes dans un gouvernement et des verts. Ne dites pas la gauche qui perd.

8:27
Locuteur

En 2002... La gauche

8:28
Jean-Luc Mélenchon

qui perd,

8:28
Locuteur

c

8:28
Jean-Luc Mélenchon

'est celle qui fait des bondieuses

8:29
Locuteur

et la morale à tout le monde et qui perd les élections. Ce n'est pas moi qui les ai perdues, les élections. En 2002,

8:33
Présentateur

Jospin, il n'a quand même pas fait gagner la gauche.

8:37
Jean-Luc Mélenchon

Sur une ligne de droite. Misère, non.

8:40
Locuteur

Mais

8:40
Jean-Luc Mélenchon

pourquoi ?

8:41
Présentateur

Il

8:41
Locuteur

avait un

8:42
Jean-Luc Mélenchon

si beau bilan. Parce que dans la campagne,

8:44
Locuteur

on n'a jamais parlé de ce beau bilan. Vous n'êtes pas

8:45
Jean-Luc Mélenchon

socialiste ? Bien sûr, quand vous commencez, que vous dites une parole comme ça, mon programme n'est pas socialiste. Alors, dans sa tête compliquée, ça voulait dire je ne

8:52
Locuteur

vais

8:52
Jean-Luc Mélenchon

pas faire le socialisme. Mais les gens, ils ont compris, mon programme n'est pas de gauche. Ils se

8:56
Locuteur

sont

8:56
Jean-Luc Mélenchon

dit, pourquoi on votait pour un gars de gauche qui dit que son programme n

8:58
Locuteur

'est

8:58
Jean-Luc Mélenchon

pas de gauche

8:59
Locuteur

?

9:00
Jean-Luc Mélenchon

Une élection. Vous

9:01
Locuteur

pensez que ce qu'il y a chez Gabriel

9:02
Présentateur

Sarko, finalement, c'est d'assumer le fait qu'il était vraiment à droite et qu'il allait faire une politique

9:06
Locuteur

de droite

9:06
Jean-Luc Mélenchon

? Eh bien, la France,

9:07
Locuteur

c

9:07
Jean-Luc Mélenchon

'est comme ça. Il faut convaincre les gens. Il faut d'abord entraîner la société. On n'accumule pas des patrimoines électoraux. On doit gagner le cœur, l'esprit. Les gens, ils ont des problèmes à régler. Alors, ils nous regardent et ils disent, bon, ceux-là, ils ne tiennent pas la route. Ils ne

9:19
Locuteur

savent

9:19
Jean-Luc Mélenchon

pas ce qu'ils veulent. Et celui-là, tiens, il a l'air de savoir ce qu'il veut. Alors, après, c'est un autre sujet de savoir si le président Sarkozy a raison ou pas. Mais il faut respecter

9:27
Locuteur

cette

9:28
Jean-Luc Mélenchon

idée que les Français ne sont pas un troupeau à la disposition des uns ou des autres. Voilà. Donc, on doit entraîner, conquérir, convaincre en parlant de quoi ? Du social. Nous, la gauche, on doit parler de ça, de la vie de tous les jours, d'améliorer la vie des braves gens. Ce pays est si riche. Et pourquoi il

9:44
Locuteur

y

9:44
Jean-Luc Mélenchon

a tant de pauvres ? Pourquoi il y a tant de monde qui dort dans la rue ? On ne peut pas partager un peu plus ? Bon, ça, c'est un discours de gauche. Je

9:49
Locuteur

peux dire, Mélenchon, allez au-delà. Zemmour,

9:50
Jean-Luc Mélenchon

pardon. Je vous rappelle ça. Zemmour.

9:57
Présentateur

Éric Zemmour.

9:58
Locuteur

Pas mal, hein ? Il

10:01
Présentateur

n

10:01
Locuteur

'est

10:01
Présentateur

pas le président, c'est pas mal. Il y a pire comparaison,

10:03
Locuteur

hein ? Il y a pire comparaison, non ? Je suis bien d

10:05
Présentateur

'accord, hein,

10:05
Locuteur

franchement.

10:06
Présentateur

C'est le meilleur à droite, Sarko.

10:08
Invité

Apparemment, oui. Alors d'abord, je tiens à dire que Mélenchon a raison, que la gauche a gagné sur une ligne de gauche en 81, en 97, mais il a tort en 88. Parce que Mitterrand a gagné sur une ligne centriste d'ouverture, d'alliance...

10:24
Présentateur

Concardienne.

10:24
Invité

Exactement, avec le centre. Mais bon, passons.

10:27
Locuteur

Ce

10:27
Invité

n

10:27
Locuteur

'est

10:27
Invité

pas ce que je voulais dire, mais c'est une précision. Non, mais c'est votre avis,

10:30
Locuteur

ce

10:30
Invité

n

10:30
Locuteur

'est pas

10:30
Invité

le mien.

10:32
Locuteur

Vous

10:32
Invité

ne savez pas de mauvaise foi, Mélenchon, sinon on

10:33
Locuteur

s'en sert à jamais. On vous a bien dit, c'est tout.

10:36
Présentateur

Il se m'entend, je te l'ai fait des imitations, maintenant.

10:41
Invité

Je tiens à dire, donc, que j'aime bien Mélenchon, qu'on a l'occasion de parler longtemps, et qu'en plus, sur le diagnostic...

10:48
Locuteur

Ça veut bien

10:48
Invité

vous croire. Sérieusement, ce livre est passionnant, je tiens à le dire, parce qu'il fait une historique de la gauche depuis 20 ans, qu'on voit bien exactement qu'est-ce qui s'est passé intellectuellement, idéologiquement, alors que pour parler d'idéologie, on voit bien exactement d'où ça vient. Effectivement, en gros, sa thèse, c'est de dire, la social-démocratie est morte au moment même où on presse les socialistes français de devenir socio-démocrates.

En fait, ils ont déjà sauté une étape, la moitié du parti est devenue carrément démocrate, démocrate à l'américaine, avec une organisation politique qui tendrait vers un parti républicain, pour parler vite, un sarkoziste, et un parti démocrate, Hollando, royaliste, peu importe, Strauss-Cagnin, tout ça, en fait, c'est la même salade, avec un accord sur 90% des propositions entre le parti républicain et le parti démocrate, comme aux Etats-Unis. Je peux vous dire que tout ce que je viens de dire, je suis d'autant plus d'accord avec Mélenchon, et il le sait, que moi-même, j'ai écrit tout ça, j'ai écrit des articles dans le Figaro, faisant exactement le même diagnostic depuis...

11:55
Locuteur

Vous avez copié Zemmour ? Non, non,

11:56
Invité

non,

11:57
Locuteur

pas du tout

11:57
Invité

! Il n

11:58
Locuteur

'a

11:58
Invité

pas du tout copié. Simplement, c'est une réflexion qu'on fait depuis des années, on en a discuté pendant des heures, et donc tout ça, moi aussi, je partage ce diagnostic. Donc là, on est tout à fait d'accord, il a raison. Maintenant, notre désaccord, il est sur autre chose. Il est que, il faut voir pourquoi Clinton fait ça, pourquoi Blair fait ça, pourquoi tous font-ils ça. Ce n

12:17
Locuteur

'est

12:17
Invité

pas seulement parce qu'ils sont méchants.

12:19
Jean-Luc Mélenchon

Non, c

12:19
Locuteur

'est

12:20
Jean-Luc Mélenchon

pas une affaire de sentiments.

12:21
Locuteur

On est

12:21
Jean-Luc Mélenchon

d'accord.

12:22
Invité

Donc, c'est pourquoi ? C'est parce qu'il y a la mondialisation.

12:25
Locuteur

Et

12:25
Invité

que la mondialisation, qu'est-ce que c'est ? C'est

12:27
Locuteur

qu

12:28
Invité

'on met des milliards d'êtres humains, un milliard de travailleurs chinois et indiens, pour parler vite, qui sont payés trois bols de riz, et qu'on leur fait faire le même boulot qu'aux ouvriers européens, qu'on les met dans des conditions, on a aboli les frontières, donc leurs produits rentrent sans droits de douane, et du coup, évidemment, les patrons disent « tu ne

12:49
Locuteur

veux

12:49
Invité

pas faire le boulot pour tant, et bien moi, je le fais pour trois bols de riz là-bas ». Qu'est-ce que c'était la social démarche

12:54
Locuteur

?

12:54
Invité

C'est pour ça qu'on a du plomb dans nos jouets à la maison. Exactement. Et c'est pour ça que tous les salaires des pays européens sont tirés vers le bas par les salaires misérables des Chinois et des Indiens. Bon. Cette mondialisation, ça s'appelle le libre-échange, mais d'où ça vient ? Qui nous a bassinés pendant des années avec l'internationalisme magnifique, avec la fin des frontières, avec l'égoïsme des nations, avec le patriotisme, le nationalisme,

13:21
Locuteur

c

13:21
Invité

'est la guerre, comme disait François Mitterrand. Qui

13:23
Locuteur

nous

13:24
Invité

a bassinés ? Il disait ça.

13:25
Locuteur 6

Ça,

13:26
Locuteur

c

13:26
Locuteur 6

'est un renversement de situation assez

13:28
Locuteur

étonnant. Qui

13:30
Invité

disait ça pendant des années ? C'est la gauche. Vous devriez être

13:33
Locuteur

content. Le

13:34
Locuteur 6

libéralisme et

13:35
Locuteur

l'international ne sont pas tout à fait pas.

13:37
Invité

Vous devriez être content. Grâce au libre-échange, grâce au capitalisme, il y a les pauvres des pays riches qui subventionnent les riches des pays pauvres. Vous devriez être ravis. C'est ça. Vous avez demandé. Il n

13:48
Locuteur

'a

13:48
Invité

pas parlé.

13:49
Locuteur

Mais pas du tout. Ce que je veux dire. Votre long

13:52
Présentateur

discours, vous

13:53
Locuteur

le

13:53
Présentateur

connaissez par cœur. C'est formidable.

13:56
Locuteur

Un peu trop

13:56
Locuteur 6

chrétiste comme rhétorique.

13:58
Locuteur

C'est le

13:58
Locuteur 6

truc.

13:59
Locuteur

Ce que

13:59
Présentateur

je veux dire.

14:00
Locuteur

Il a

14:00
Présentateur

progressé depuis qu'il était chez vous à Berne. C'est

14:03
Locuteur

pas de l

14:04
Locuteur 6

'idéologie.

14:04
Locuteur

C'est de l'idéologie. On

14:06
Locuteur 6

est dans le déterminisme.

14:07
Locuteur

Pas du tout.

14:08
Invité

Je pense qu'il y a... Justement, moi je crois à l'idéologie.

14:11
Locuteur 6

On ne dirait pas.

14:12
Invité

Moi j'y crois.

14:12
Locuteur

Vous ne

14:12
Locuteur 6

croyez pas au jazz politique puisque vous parlez

14:14
Locuteur

de la moralisation comme fatalité.

14:16
Invité

Moi je crois que quand on prépare le terrain idéologique...

14:20
Locuteur

Mieux quand on le

14:21
Présentateur

prépare que quand on le prépare.

14:22
Invité

Quand on le prépare...

14:27
Locuteur

Ah

14:27
Invité

vous êtes mûrs là. Quand on prépare le terrain idéologique, il y a des conséquences politiques et réelles sur la vie des gens. Mais

14:35
Locuteur 6

vous ne

14:35
Locuteur

pouvez

14:35
Locuteur 6

pas dire que la moralisation c'est une conséquence de

14:37
Locuteur

la... Mais oui, la moralisation c'est une conséquence mais

14:39
Invité

bien sûr...

14:40
Locuteur

Mais bien sûr, c'est une

14:42
Invité

dérégulation. Mais bien sûr, à partir du moment où on dit les frontières c'est mal, à partir du moment où on dit les nations c'est dépassé.

14:49
Locuteur

Mais si c'est la gauche qui dit ça...

14:50
Invité

Mais si c'est la gauche

14:51
Locuteur

qui a dit ça pendant 30 ans... Mais le libéralisme, d'abord c'est

14:53
Invité

une idéologie de gauche au départ. Premièrement.

14:56
Locuteur

Ah

14:56
Invité

oui,

14:56
Locuteur

Tocqueville

14:57
Locuteur 6

et

14:57
Locuteur

tout, c'est bien connu.

14:57
Locuteur 6

Non

14:58
Locuteur

mais pas du tout. Non mais pas du tout. Je ne sais pas dire. Je ne vous ai connu plus. Je ne suis pas fini. Je ne suis pas fini. C'est parce qu'il vous a dit au restaurant.

15:06
Invité

Et sur l'Europe, c'est la même chose. Monsieur Mitterrand.

15:10
Jean-Luc Mélenchon

Non mais attends,

15:10
Locuteur

on ne prend pas ça comme sujet. Je vais finir avec ça. Je vais finir avec ça. Bon, alors ils ont filé les perles. Non, non,

15:15
Invité

non. François Mitterrand avait dit, François Mitterrand avait dit,

15:18
Locuteur

l'Europe sera...

15:19
Invité

C'est la même chose.

15:20
Locuteur

Ah

15:20
Locuteur 6

mais c'est l'inverse.

15:20
Locuteur

C'est la même chose.

15:22
Invité

Je vais dire pourquoi. Mitterrand avait dit, l'Europe sera socialiste ou ne sera pas. Magnifique prophétie puisque l'Europe a été exactement le contraire, c'est-à-dire le cheval de Troie de la mondialisation et c'est par l'Europe que la France a dû se voir imposer la privatisation des services publics, la concurrence entre les États

15:42
Locuteur

et

15:43
Invité

les reculs du droit du travail. C'est justement l'Europe, la commission de Bruxelles, l'Europe, l'acte unique européen négocié par un socialiste de l'or. La monnaie unique européenne négociée par un socialiste Mitterrand.

15:55
Locuteur

Il y a

15:55
Invité

un meeting ici. C

15:57
Locuteur

'est un meeting de

15:59
Invité

droite.

15:59
Locuteur

Absolument, pas

16:00
Présentateur

du

16:00
Locuteur

tout. Simplement.

16:02
Présentateur

Je pense qu

16:03
Locuteur

'il sent

16:03
Présentateur

que le poste de Fillon est bientôt libre. Je m'arrête si vous voulez.

16:14
Locuteur

On

16:14
Présentateur

cherchait le numéro 2 du gouvernement, M. Borloo, en fait, il est là, c'est Zemmour. Non, parce que j'ai une autre, j'ai deux dix.

16:20
Locuteur

Vas-y, j'arrête.

16:21
Invité

Brièvement,

16:22
Locuteur

M. Alenchon. Très brièvement.

16:24
Invité

Est-ce que j'ai le droit de l'eau ?

16:25
Locuteur

Non, non, non.

16:27
Jean-Luc Mélenchon

Non, non. Non, pas d'eau. Non, non, pas d'eau. Non. Bon, ce qu'il disait Mour, c'est que la responsabilité du phénomène qu'on appelle la mondialisation, qu'il faut bien comprendre, c'est un phénomène, une transformation du capitalisme. Les gens ont trouvé leur intérêt à organiser autrement leurs échanges. Nous, lance un défi.

16:43
Locuteur

Il

16:43
Jean-Luc Mélenchon

ne

16:43
Locuteur

faut

16:43
Jean-Luc Mélenchon

pas avoir l'explication policière de l'histoire.

16:45
Locuteur

Il

16:45
Jean-Luc Mélenchon

faut arrêter 5

16:46
Locuteur

minutes.

16:46
Jean-Luc Mélenchon

Voilà. Donc, des gens gagnaient des élections dans des pays différents.

16:50
Locuteur

Ce n

16:50
Jean-Luc Mélenchon

'est pas tombé du ciel, tout ça. On commençait à battre les protections douanières, à tout ouvrir, et à rendre possible le libéralisme. Ça, ce

16:56
Locuteur

n

16:56
Jean-Luc Mélenchon

'est pas la gauche qui a fait ça. C'est la droite dans le monde. Et il faut comprendre pourquoi ils le faisaient. Parce qu'ils partent de l'idée que plus ça circule et plus ça s'échange, mieux c'est de leur point

17:04
Locuteur

de

17:05
Jean-Luc Mélenchon

vue. Donc, nous, le défi pour nous, les gens de gauche, c'est de partir de cette réalité, la mondialisation libérale, d'abord d'arrêter de la confondre avec l'idée d'une mondialisation qui viendrait simplement de la communication. Je ne

17:15
Locuteur

sais

17:15
Jean-Luc Mélenchon

pas quoi, c'est un phénomène politique. Comment on affronte ce phénomène politique ? Mais c'est le grand non-dit de la gauche. On fait comme si tout ça était naturel et qu'on n'y pouvait rien. Donc, d'abord, on commence par dire qu'on va s'adapter, on va être l'espèce d'hôpital de campagne qui accompagne le désastre en réparant les blessés. Et puis après, on dit, c'est pas possible, donc tout ça est merveilleux en réalité. C'est ça qu'on avait oublié de vous dire. Et donc, on va y aller et on va y aller, on va courir devant. C'est ça que je reproche à mes amis de gauche, mais pas dans une explication policière ou personnelle. Je leur dis, vous avez baissé les bras.

Il faut donc reprendre avec courage en partant de l'idée que ce qui doit l'emporter, c'est de partager pour que chacun ait ce qui lui permet de vivre dignement de son travail. Mais

17:54
Locuteur

on partage avec les Chinois et

17:55
Invité

les Indiens, on partage ? Mais bon,

17:56
Locuteur

arrête avec les Chinois, c'est pas le sujet là. Si, c

17:58
Invité

'est le sujet.

17:59
Jean-Luc Mélenchon

Le sujet pourrait être... Après, c'est les problèmes de stratégie politique. Comment pouvons-nous réaliser ça en mettant du protectionnisme autour de l

18:05
Locuteur

'Europe ? Ça, c'est un autre sujet.

18:07
Jean-Luc Mélenchon

Mais restons-en sur le

18:09
Locuteur

cœur de l'affaire. mais c'est

18:10
Invité

ça qui est important, Mélenchon.

18:11
Jean-Luc Mélenchon

Oui ?

18:11
Invité

C'est ça qui est important. Mais c'est

18:13
Locuteur

qui qui a mis cette

18:13
Invité

émission

18:14
Locuteur

? C'est vous ou c'est lui ? C'est l'impression de

18:16
Présentateur

galabrui et de foudesse. Mélenchon

18:18
Locuteur

!

18:25
Locuteur 5

Vous, vous voyez un peu sérieux. Éric Nodot, c

18:28
Locuteur

'est

18:28
Locuteur 5

sérieux. Moi, hélas, j

18:29
Locuteur

'ai

18:29
Locuteur 5

des questions plus concises.

18:31
Locuteur

Mais

18:31
Locuteur 5

j'ai pas

18:32
Locuteur

de questions. Désolé, j'aurais voulu en rajouter. Mais j'ai pas de questions.

18:34
Locuteur 5

Mais c'est ce qu'on vous reproche.

18:36
Locuteur

Mais

18:36
Locuteur 5

je fais quand même un petit retour en arrière sur ce qu

18:38
Locuteur

'a

18:38
Locuteur 5

dit Zemmour. Je me suis complètement perdu parce que le livre

18:41
Locuteur

de

18:41
Locuteur 5

Mélenchon

18:41
Locuteur

est

18:41
Locuteur 5

certes passionnant, mais au contraire, il explique que le combat était presque perdu d'avance puisque le capitalisme est un ordre mondial et que le socialisme à la française se limitait à un seul pays. Donc le combat

18:52
Locuteur

a

18:52
Locuteur 5

été inégal. Et c

18:54
Locuteur

'est

18:54
Locuteur 5

pas ça que je voulais vous poser comme question.

18:55
Locuteur

Quand

18:55
Locuteur 5

même,

18:56
Locuteur

hein

18:56
Locuteur 5

? Oui.

18:57
Jean-Luc Mélenchon

Il y

18:57
Locuteur

a une question. Alors, attendez,

18:58
Présentateur

juste avant,

18:59
Jean-Luc Mélenchon

vous répondez à ça. Oui, parce qu'il touche juste. On n'a pas vu ça arriver. Nous, les Français, le socialisme français est particulier dans le monde, dans l'univers des socialistes. Vous savez, c'est un peu Bac plus 15, mais on disait les partis socialistes et les sociodémocrates. Il y

19:11
Locuteur

en

19:11
Jean-Luc Mélenchon

avait qu'un de partis socialistes. Nous, les autres, étaient des sociodémocrates. Parce qu'on a une histoire singulière à cause de la grande révolution de 89, de la Commune de Paris, de toutes ces choses. Et François Mitterrand incarne cette singularité. Quand il fait le programme commun, il n

19:23
Locuteur

'y

19:23
Jean-Luc Mélenchon

a pas un seul autre pays au monde où des socialistes prétendent s'allier avec des communistes. À l'époque, il y avait le pouvoir sur le tiers de l'humanité. C'est une chose incroyable. On se souvient

19:31
Locuteur

qu'Éric

19:31
Présentateur

Zemmour avait peur que des chats russes arrivent

19:33
Locuteur

sur les chassements. Moi, je n'avais pas peur. Je vous ai dit. Et qu'on les

19:35
Jean-Luc Mélenchon

nationalisent sa baignoire. Donc, on a connu tout ça. Et alors, à un moment donné, nous, on fait le constat Donc, il invente une autre stratégie qui est de dire puisque c'est comme ça, on va construire un ensemble politique plus large qui s'appelle l'Europe dans lequel on va pouvoir avoir un cadre de rapports de force, de compromis et hop, la machine va redémarrer. Et on s'y met tous. Et on accepte toutes sortes de compromis en disant de toute façon ça s'arrangera plus tard quand on aura du pouvoir politique. Ce qu'on ne voit pas à ce moment-là, c'est que le capitalisme s'est transformé. Il est devenu transnational et on se fait avoir. On en

20:11
Locuteur

est là. Mais qu'est-ce

20:11
Jean-Luc Mélenchon

que j'ai dit ?

20:12
Locuteur

Oui. Alors, qu'est-ce que j'ai dit ? Attends, on en est là. Sauf que

20:15
Jean-Luc Mélenchon

Mitterrand, il essaye de trouver je dis Mitterrand et

20:18
Locuteur

je

20:18
Jean-Luc Mélenchon

ne

20:18
Locuteur

vais

20:18
Jean-Luc Mélenchon

pas répéter sans arrêt son nom mais je dirais la gauche et Lionel Jospin derrière lui essaye de trouver une sortie et les nouveaux qu'est-ce qu'ils font ?

20:24
Locuteur

Ils

20:24
Jean-Luc Mélenchon

disent il n'y a pas de sortie. Le problème, ce n

20:27
Locuteur

'est

20:27
Jean-Luc Mélenchon

pas d'inventer une autre stratégie on ne peut rien faire. Et donc, ils en viennent non seulement à ne rien faire non seulement à persécuter les gens mais à se moquer de ceux qui essayent de faire quelque chose. Qu'est-ce qu'on n'entend pas sur le Venezuela de Chavez ? Qu'est-ce qu'on n'entend pas sur Lula ? Aujourd'hui, Lula est en odeur de sainteté parce que les bourgeois ont moins peur. Mais il fut un temps où on le traitait c'était un ouvrier vous vous rendez compte à la tête du Brésil il lui manque un doigt quelle horreur ! On ne pouvait pas mettre un type pareil président et ainsi de suite dans combien de pays ?

Et je vois en Europe la gauche bon chic bon genre qui regarde tout ça de haut en disant bon tout ça, ça ne marchera pas. Ces gens se battent comme des fous. Ils ont réussi à remettre leur pays debout. Pour la première fois il y aura des retraites au Venezuela. Pour la première fois il y aura des médecins dans les quartiers des pauvres. On peut changer le monde. Alors peut-être que j'ai tort mais si plus personne ne le dit il n

21:12
Locuteur

'y

21:12
Jean-Luc Mélenchon

a plus aucune chance qu'on le change.

21:14
Locuteur 5

Eric Nono. Mais après avoir lu votre livre la première question que je me suis posée c'est une question autour de laquelle vous, vous ne cessez de tourner vous n'y donnez jamais la réponse. Là je vois que vous l'évitez soigneusement. Je vais vous la formuler très directement très brutalement. Quand on voit le gouffre qui sépare votre ligne politique à gauche toute d'inspiration révolutionnaire parfois et la social-démocratie qui est à l'oeuvre au PS et la social-démocratie dans le sens que vous entendez c

21:40
Locuteur

'est-à-dire

21:40
Locuteur 5

une sorte de masque du libéralisme.

21:42
Locuteur

C

21:42
Locuteur 5

'est presque un doublon. Je vous pose la question directement qu'est-ce que vous faites encore au PS

21:46
Locuteur

?

21:47
Locuteur 5

Voilà la première question que je me suis posée. Et oui pourquoi vous n'allez pas voir Besancenot,

21:50
Locuteur

Warlet ? C'est vraiment la

21:51
Locuteur 5

première question

21:52
Locuteur

qui vient. Marie-Jean le Buffet.

21:53
Présentateur

Ah bah Marie-Jean le Buffet. Ah ah ah ah.

21:56
Locuteur

Ah ah.

21:57
Jean-Luc Mélenchon

Je vais vous

21:58
Locuteur

dire d'abord c'est le système. Vous pourrez à la

21:59
Présentateur

fête de l'humain ce week

22:00
Jean-Luc Mélenchon

-end

22:00
Locuteur

? Oui oui oui. J

22:01
Jean-Luc Mélenchon

'espère que vous allez venir. Bah c'est 30 ans de ma vie. C'est mon parti. Moi j'ai adhéré le cœur gros comme ça. Que de belles batailles on a mené. Que de beaux résultats. Enfin les gens qui partent à la retraite à 60 ans ils le doivent à ça et ainsi de suite. Je ne

22:15
Locuteur

veux

22:15
Jean-Luc Mélenchon

pas recommencer la liste de nos conquêtes. Moi je ne me résigne pas à voir le mouvement socialiste devenir autre chose. Un parti qui défend l'ordre qui dit il faut travailler plus longtemps il faut un peu la fermer. le moindre acquis social est en corporatisme. Donc pour moi la partie n'est pas perdue mais il est possible

22:33
Locuteur

qu'elle soit perdue. Vous ne pouvez pas

22:33
Locuteur 5

croire sérieusement que le parti socialiste va aller sur votre ligne de votre vivant. Ça ce n

22:38
Locuteur

'est

22:38
Locuteur 5

pas possible. De votre

22:39
Locuteur

vivant.

22:40
Locuteur 5

Peut-être un jour. Mais de

22:42
Locuteur

votre vivant ça n'arrivera pas. Il faut en tirer les conclusions.

22:45
Jean-Luc Mélenchon

C'est pour ça que je pose la question je me dis moi comme homme parce que c'est ma vie qui est engagée.

22:50
Locuteur

Je

22:50
Jean-Luc Mélenchon

dois aux autres. Je ne me suis pas fait tout seul.

22:53
Locuteur

Je

22:53
Jean-Luc Mélenchon

me suis fait

22:53
Locuteur

dans des luttes. Vous n'arrêtez pas de dire

22:54
Présentateur

la politique m'habite. Ça c'est quelque chose qui revient régulièrement dans les interviews que j'ai.

22:58
Locuteur

Non

22:58
Présentateur

non. Stéphane.

23:01
Locuteur

Franchement. Ah si. Non non. Mais

23:03
Présentateur

c

23:03
Locuteur

'est vrai que vous

23:03
Présentateur

vous

23:03
Locuteur

employez cet arrêt.

23:04
Présentateur

Un procès d'intention. Voilà. C'est vrai que vous le dites. Vous vivez pour ça.

23:08
Locuteur

Moi

23:08
Jean-Luc Mélenchon

je n'aime pas parler des gens habités. Ça fait un peu gourou. Là je n'aime pas ça. Bon je connais quelqu'un d'autre qui s'est dit habité. Je trouvais ça bizarre. Non. Bien sûr. Parce que ça remplit le corps d'un homme comme disait Albert Camus. C'est la lutte pour les sommets. Il ne parlait pas du crapahutage de carrière. Qui remplit le corps d'un homme ou d'une femme. Donc c'est une grande cause. Je connais beaucoup d'hommes et de femmes qui ont mis leur vie entière. Et moi j'ai eu beaucoup de chance parce que j'ai eu des responsabilités. J'ai eu la possibilité de m'exprimer. Je l'ai ce

23:36
Locuteur

soir. Vous êtes sénateur aujourd'hui.

23:37
Jean-Luc Mélenchon

Bon combien d'amis qui ont risqué et qui ont détruit leur vie leur carrière parce qu'ils étaient syndicalistes parce que autrefois moi j'ai connu ça. Vous étiez le socialiste du coin. Vous étiez sur la liste noire. Plus de boulot. Et il y a encore des gens qui perdent leur boulot parce qu'ils sont syndicalistes parce qu'ils sont de gauche. Donc ça crée des devoirs. Moi j'appartiens. Oui,

23:54
Locuteur

oui,

23:55
Jean-Luc Mélenchon

oui Zemmour fais pas comme ça. Tu vas la recouvre quand tu veux je te les

23:57
Locuteur

présente. Oui, oui, oui. Je crois en 36 là.

23:59
Jean-Luc Mélenchon

Ça existe toujours et c'est toujours aussi cruel. Bon alors donc c'est une... Oui, ça me remplit ma vie. Et d'ailleurs si ça la remplissait pas c'est comme un curé qui dirait quand c'est le dimanche quand c

24:11
Locuteur

'est

24:11
Jean-Luc Mélenchon

les vacances je crois plus en Dieu je m'occupe d'autre chose. On dirait il y

24:13
Locuteur

a

24:13
Jean-Luc Mélenchon

un problème là, non ? Donc un homme de gauche qui a des responsabilités importantes

24:18
Locuteur

qui

24:18
Jean-Luc Mélenchon

est là reçu qui a eu cette chance d'avoir la parole comme je l'ai là et qui porte pas la cause. Si je viens devant vous pour vous parler d'autre chose que du partage de la richesse de la priorité à ceux qui galèrent le plus mais alors mais qui va le faire ?

24:30
Présentateur

Alors Tito d'un seul coup ça me revient là parce que j'ai un peu parfois une mémoire d'escalier monsieur Jean-Luc Anglade je me rappelle dans la doble puisqu'on a tellement dit de bien de François Mitterrand en tout cas vous aussi Nolo que vous en revanche c'est au moment du film de Diane Curie je vous

24:46
Locuteur

ai

24:46
Présentateur

dit je n'aimais pas François Mitterrand parce qu'il était machiavélique

24:49
Locuteur

vous

24:49
Locuteur 1

avez dit. Ben ça me met un peu mal à l

24:55
Locuteur

'aise je le

24:59
Locuteur 1

ressentais comme ça oui peut-être maintenant c'est... Moi je vous ferais changer d'avis sûr ? Oui

25:05
Locuteur

?

25:08
Jean-Luc Mélenchon

Non c'est pas un peu tard parce que je vais vous dire c'est les vainqueurs qui écrivent l'histoire pourquoi on salit la mémoire de François Mitterrand comme ça ? Parce que moi pourquoi je ne fais pas de critique ?

25:17
Locuteur

Mais le machiavélisme politique c'est une

25:18
Jean-Luc Mélenchon

qualité ? Oui mais le machiavélisme c'est vite fait bon il était rusé Oui

25:21
Locuteur

mais c'est pas une critique

25:23
Locuteur 1

Non mais maintenant je me souviens pourquoi en fait c'est parce que j'avais entendu un jour je pense avoir entendu à la télévision ou ailleurs d'ailleurs je ne sais plus trop ou l'avoir lu qu'un de ses livres préférés c'était le prince de Machiavél voilà mais

25:37
Locuteur

bon alors après C

25:39
Invité

'est un livre magnifique le prince de Machiavél Ça en sort

25:40
Locuteur 1

pas

25:40
Locuteur

mal

25:41
Locuteur 6

Alors le

25:42
Locuteur

prince de Machiavél il y a une phrase

25:43
Jean-Luc Mélenchon

magnifique qui dit la meilleure forteresse des tyrans

25:46
Locuteur

est

25:47
Jean-Luc Mélenchon

l'inertie des peuples

25:49
Locuteur

voilà

25:49
Jean-Luc Mélenchon

que les peuples inertes n'aillent pas se plaindre d'avoir des tyrans il faut se battre

25:52
Locuteur

Alors

25:53
Invité

Zemmour rien conclu

25:54
Locuteur

Il

25:54
Invité

faut dire quelque chose quand même c'est que là où Ce

25:57
Locuteur

sera

25:57
Invité

votre dernier mot Bon Le

25:58
Locuteur

dernier mot

25:59
Invité

Nolo a raison Ah

26:00
Locuteur

Mais

26:01
Invité

oui parce que le parti socialiste qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? C'est un parti d'élus de fonctionnaires municipaux

26:07
Locuteur

qui

26:08
Invité

ont voté oui attendez qui ont voté mais c'est pas une critique c'est pas une insulte qui ont voté

26:12
Locuteur

oui C'est pas une image

26:13
Jean-Luc Mélenchon

très flatteuse quand même

26:14
Locuteur

Zemmour il n'y agirait pas 60

26:16
Invité

% d'élus et de fonctionnaires locaux excuse-moi Ils Ah oui

26:21
Locuteur

qui

26:21
Invité

ont voté oui au référendum sur la constitution Ah non

26:25
Locuteur

Le chef

26:25
Invité

la base non Mais je parle du parti Ah ben le parti c'est la base aussi Et bien ils ont voté à 60% Non en interne Oui

26:32
Locuteur

en interne je parle Je parle pas des électeurs Alors

26:34
Invité

que les électeurs ont voté non

26:37
Locuteur

Et

26:37
Invité

ils ont raté Moi j'estime qu'ils auraient dû casser le parti Le nom de gauche C'est-à-dire Mélenchon Fabius Aurait dû à ce moment-là casser le parti socialiste

26:48
Locuteur

Et

26:48
Invité

emmener les électeurs Parce qu'ils avaient tous les électeurs derrière eux Et ils ont raté le coche D'après ce qu

26:53
Locuteur

'on

26:53
Invité

m'a expliqué C'est Fabius lui-même qui avait pris cette décision Alors qu

26:57
Locuteur

'il

26:57
Invité

y avait des gens comme Mélenchon qu'il poussait à casser le parti À faire comme en Allemagne Vous savez deux

27:01
Locuteur

Ça

27:02
Invité

fait des années que Mélenchon y pense Et c'est pas bête Puisqu'en Allemagne ils ont fait un parti vraiment

27:07
Locuteur

socialiste

27:07
Invité

de gauche Mais ils n'ont pas l'outil Et maintenant à leur gauche il n'y a rien Le parti communiste il est gentil il les bichonne Mais là il est là il tient la main d'un moribond Parce que 1,93% je veux dire ça n'existe plus On n'est plus au temps de François Mitterrand où il faisait 20% L'extrême gauche Besancenot joue à mort sur sa com' personnelle et il veut absolument rentabiliser ces 5% Donc le reste il n'y a rien C'est pour ça aussi que les leaders socialistes viennent chercher des voix chez les bobos du centre

27:44
Locuteur

On

27:44
Présentateur

va laisser aux téléspectateurs le soin d'en savoir un peu plus en lisant Enquête de gauche signée Jean-Luc Mélenchon après la défaite Ça c'est pas très bien après la défaite qu'on voit votre tête juste Ah ouais

27:55
Locuteur

ouais C'est bien que ça Ils n

27:56
Présentateur

'ont pas tellement eu raison C'est chez Ballon Merci Jean-Luc Mélenchon