Jean-Luc Mélenchon - On n’est pas couché 8 septembre 2007 #ONPC
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 39 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:44OuverteRéponse partielle
Pourquoi choisir un journaliste pour écrire votre livre plutôt que de le faire seul ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Votre livre vise-t-il spécifiquement Ségolène Royal ou ses choix politiques ?
- 3:15OuverteRéponse directe
Clinton a-t-il donné le cadre intellectuel de la social-démocratie moderne ?
- 3:51RelanceRéponse directe
Pourquoi la social-démocratie de l'Europe du Nord est-elle un désastre social et électoral ?
- 5:08ComplaisanteRéponse directe
L'âge de la retraite est-il un sujet d'actualité cette semaine ?
- 6:15RelanceRéponse directe
Votre livre a-t-il été influencé par votre opposition à Ségolène Royal ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:08Invité politiqueFait
« Ah, mais c'est parce qu'on n'a pas remis en route la social-démocratie, blablabla, de l'Europe du Nord. »
- 4:39Invité politiqueChiffre
« Et je découvre que les fameux Suédois, qui sont l'exemple devant lequel nous devrions nous évanouir de joie, eh bien, voilà, ils viennent de perdre leurs élections en prenant la pire bâche électorale depuis 1920. »
- 4:55Invité politiqueFait
« Parce qu'ils ont augmenté l'âge de la retraite, diminué les salaires, augmenté le temps de travail. »
- 5:37Invité politiqueFait
« Et pourtant, on l'a fait. »
- 6:40Invité politiqueFait
« C'est moi qui l'ai fait. Avec une trentaine de sénateurs et d'assistants, de socialistes volontaires qui viennent, et on fait 50 fiches, où on compare le programme de Bayrou au programme de Sarkozy. »
- 6:57Invité politiqueFait
« Bayrou l'écrit des choses incroyables, il faut que les riches soient riches, pour que les pauvres soient moins pauvres, il y a des idiocies de cet acabit. »
- 8:15Invité politiqueFait
« C'était le seul pays du monde où après la chute du mur de Berlin, il y avait des communistes dans un gouvernement et des verts. »
- 8:50Invité politiqueFait
« Dans sa tête compliquée, ça voulait dire je ne vais pas faire le socialisme. »
- 9:28Invité politiqueFait
« Les Français ne sont pas un troupeau à la disposition des uns ou des autres. »
- 16:39Invité politiqueFait
« Les gens ont trouvé leur intérêt à organiser autrement leurs échanges. »
- 21:02Invité politiqueFait
« Pour la première fois il y aura des retraites au Venezuela. »
- 25:10Invité politiqueFait
« c'est les vainqueurs qui écrivent l'histoire »
- 25:44Invité politiqueFait
« la meilleure forteresse des tyrans est l'inertie des peuples »
- 27:21InvitéChiffre
« 1,93% »
Temps de parole
- Jean-Luc Mélenchon48 %
- Invité23 %
- Présentateur13 %
- ?9 %
- Locuteur 54 %
≈ 34,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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C'est un
entretien avec Michel Soudet,
qui
est rédacteur en chef au magazine Politis. Politis, ce n'était pas Bernard Langlois qui l
'avait
fondé, ce journal ? J'en parle parce que Bernard Langlois, c'est celui qui s'était fait
virer.
Il y a un lien avec votre bouquin. Bernard Langlois s'était fait virer du journal d'Antenne 2 parce qu'il avait annoncé la mort de Grasse Kelly. C'est lui qui était au journal à 13h et il avait comparé l'état
de Monaco. Il y avait la mort du
président Gemayel en même temps au Liban. Et il a dit, évidemment, si on compare, la mort de la princesse Grasse n
'a
aucune importance dans
le temps.
Dans cet état d'opérette.
Exactement. Et le lendemain, évidemment...
Et Bernard
Langlois avait été viré. Et c'est lui qui a fondé ce journal Politis que vous avez trouvé, ce rédacteur en chef, Michel Soudet. Pourquoi d'ailleurs choisir un journaliste ? Est-ce que vous ne pouvez pas écrire un livre seul ?
J'ai cru, c'est assez faible, j'ai cru que ça serait plus facile. Franchement, on arrivait au mois de juin, je raconte ma vie là, et il fallait, pour être dans la rentrée, ce que je voulais, c'était que le livre soit prêt pour la fête de l'humanité. Oui, je vous raconte tout. Parce que je parle aussi aux communistes, je ne parle pas seulement qu'aux socialistes, je parle aussi aux communistes, c'est un peu l'événement phare, c
'est
une fête importante, donc il fallait faire vie. C'est ce week
-end, la fête de l'humanité ?
Oui. Alors je me suis dit, ça va aller plus vite si on pose des questions, et je réponds. Ce n
'est
pas vrai, c'est pire. Ça prend deux fois plus de temps. Au lieu d'écrire tout seul, on est obligé de négocier avec le journaliste, qui reste un journaliste tout le temps, donc pose des questions qui vous énervent. n'accepte pas qu'on réécrive les réponses si ça ne lui convient pas. Bref, ça a été encore pire que si je m'étais mis tout seul. L'avantage, c'est que Soudé est un type intelligent, qui connaît bien tout le petit monde dont je parle. Donc déjà, ça a facilité la communication.
Je
n'avais pas affaire à ces journalistes qui n'y connaissent rien, mais parlent quand même.
Je
ne me sens pas visé.
Non, pas vous, vous.
Le drame
avec vous, c'est que vous connaissez ça trop bien. Ça veut dire que vous allez signer à la fête de l'Huma ce week-end, votre bouquin ? Oui. Je vais aller sur plusieurs stands, et puis je vais le vendre, parce que moi-même, j'ai une présence dans
la fête de l'Huma.
Vous
avez un stand de merguez, frites ? Non, on n'est pas
bon pour
les merguez.
Attends, il faut savoir les faire. Vous rigolez, vous, mais c'est du bolo. Bon,
alors, mais, je suis avant de donner la
parole à Jemour et Nono, moi, je voudrais savoir. Parce que, je l'ai dit au tout début d'émission, c'est vrai que ce n
'est
pas un pamphlet anti-royal, comme celui de Marie-Noëlle Lindemann, une ancienne copine, à vous, Marie-Noëlle Lindemann, d'abord du même département pendant longtemps.
Pendant un temps, oui. Voilà, l'Essonne.
Sauf qu'elle a axé son bouquin essentiellement contre Ségolène Royal. Elle lui en veut manifestement beaucoup. Vous, c'est vrai que, d'abord, elle l'a appelée « Au revoir Royal ». Tout de suite, on a tout compris dans le titre. Vous, c'est en quête de gauche, et vous ne visez pas spécialement la dernière candidate socialiste à l'élection présidentielle, même si vous avez quelques reproches à
lui,
mais c'est plutôt ses choix politiques que vous lui reprochez. Et derrière tout ça, finalement, votre premier combat, on comprend, c'est un combat contre la social-démocratie, la gauche qui se tourne vers le centre, donc la gauche de M. Zapatero en Espagne, la gauche de M. Blair, j'imagine, en Angleterre, la gauche de M. Prodi en Italie aujourd'hui, et même, alors donc, la politique de M. Clinton, puisque, on l'a dit au début, c'est lui qui aurait été l'initiateur de tout ça.
Oui, c'est lui qui a donné le cadre intellectuel. Si vous lisez le livre, vous verrez ça, ce que ça intéresse. Parce que, honnêtement, moi, je voulais mettre à distance quelque chose qui... Je n'étais pas à l'aise avec ça. Une dispute personnelle. Avec quelqu'un dont vous n'aimez pas le vocabulaire ou les manières d'être, mais il me semble que quand on est un responsable politique, on a la chance d'avoir un peu de culture et d'avoir vécu ces choses. On doit essayer de se mettre à distance et d'essayer de réfléchir. Donc, elle,
elle
n'est pas responsable personnellement. C'est une femme courageuse qui a endossé une orientation politique. Et je dis, je ne suis pas d'accord avec elle. J'essaye de démontrer d'où vient cette orientation politique et à quoi elle a débouché. Alors, comme, après l'actualité, quand on est sorti de l'élection, j'ai vu ressortir le coucou de l'horloge socialiste chaque fois qu'on perd, on perd quand même souvent,
mais pas tout le temps. C'est une habitude, même. Vous avez quelqu'un qui arrive et qui dit «
Ah, mais c'est parce qu'on n'a pas remis en route la social-démocratie, blablabla, de l'Europe du
Nord. » Alors,
l'Europe du Nord, tout le monde sort les violons et vive l'Europe du Nord.
Mais personne ne
dit jamais rien sur ce qui s
'y
passe vraiment. Et moi, j'ai fait le tour. D'abord, j'ai eu du mal à trouver des livres, j'ai eu du mal à trouver des fiches qui établissent qu'est-ce qu'on fait réellement dans l'Europe du Nord. Donc,
on
a fait tout ce travail qui a pris du temps. On s'y est mis à plusieurs. Je ne
veux
pas dire que c
'est
moi qui ai fait tout le travail. Et alors, je découvre que c'est un désastre social et un désastre électoral. C'est-à
-dire,
ce qu'on a connu, la bonne, brave social-démocratie de l'État-providence qui partageait, elle n'existe plus. Et je fais le tour d'Europe comme ça. Et je découvre que les fameux Suédois, qui sont l'exemple devant lequel nous devrions nous évanouir de joie, eh bien, voilà, ils viennent de perdre leurs élections en prenant la pire bâche électorale depuis 1920. Et pourquoi ? Eh bien, parce qu'ils ont augmenté l'âge de la retraite, diminué les salaires, augmenté le temps de travail. Bref, ça, c'est pas pour ça que moi, je me suis engagé à gauche. Je comprends que des gens disent, ah bon, on ne peut pas faire autrement. Alors, on peut avoir un débat. Ce qui n'est pas supportable, c'est qu'on se
dit,
ah
non,
on ne peut pas discuter. C'est comme ça et pas autrement.
Là, c'est d
'actualité, par exemple. L'âge
de la
retraite, on en a parlé encore. Cette semaine, Mme Lagarde, elle-même, l'a dit.
Eh oui, il faut travailler
plus longtemps. Eh bien,
voilà.
Eh bien, non, moi, je ne
suis
pas d'accord. Je pense que le pays est plus riche qu'il n
'a
jamais été et que la retraite a représenté une avancée sociale considérable pour des tas de gens dans les générations précédentes et notre devoir de gauche, c'est de protéger ça. Vous savez ? Alors, on peut être minoritaire, ça peut ne pas être évident. Nous avons contre nous l'évidence du monde tel qu'il est. On vous dit, mais vous rêvez, M. Mélenchon. C'est pareil, on disait pareil, c
'est
en 80. Vous rêvez, ça ne
se
fera pas, ce n
'est
pas possible. Et pourtant, on l'a fait. Et ce que je voulais dire dans ce livre aussi, c'est pas parce que ceux-là font ça qu'il n'est pas possible de faire autre chose. Il y a des exemples. Bon, alors, j'ai pris les exemples d'Amérique latine, pas parce que je veux en faire un modèle. Mais vous savez,
c
'est incroyable. C'est à moi qu'on me dit, mais alors, vous voulez chercher votre modèle chez Chavez, en Argentine ? Non.
C'est celui-là,
peut-être ? Mais eux, ou là aussi. Et eux, ils vous parlent de l'Europe du Nord tous les 5 minutes et personne ne leur dit, mais vous
comptez transposer ça. Donc,
j
'imagine que pendant la présidentielle, enfin, je n'imagine pas, je le sais, je l'ai lu, quand, évidemment, Ségolène Royal a tenté de flirter avec François Bayrou entre les deux tours.
Ça
vous a, évidemment, copieusement énervé.
Ah oui, clairement, parce que... Alors, en plus, c
'est
pas de peau, si j'ose dire. Pendant la campagne, moi, je voulais faire quelque chose. Bon, je vais faire quelque chose. Je me suis toujours battu toute ma vie, donc je me dis, je vais faire quelque chose. Je vais donc voir le directeur de la campagne, Jean-Louis Bianco, et je lui dis, bon, je fais quoi, moi ? J'ai fait 2-3 réunions, et comment je peux aider ? Je sais faire des tas de choses. Oui, oui, me dit-il, qu'est-ce que tu as envie de faire ? Bon, ben, je commence à 2-3 idées, et puis, pour finir, je
dis,
ben, moi, je vais faire les argumentaires sur Bayrou. Très bonne idée, fais les argumentaires sur Bayrou. C'est moi qui l'ai fait. Avec une trentaine de sénateurs et d'assistants, de socialistes volontaires qui viennent, et on fait 50 fiches, où on compare le programme de Bayrou au programme de Sarkozy. On dit, vous avez vu, c'est la même chose, sur le contrat de travail, sur ceci, sur cela. Bayrou l'écrit des choses incroyables, il
faut
que les riches soient riches, pour que les pauvres soient moins pauvres, il
y a
des idiocies de cet acabit, auquel personne n
'a
fait attention. Le parti distribue ça dans tout le parti, toutes les fédérations, et qu'un jour après, on apprend qu'on va s'allier avec le bonhomme dont on vient de dire, qu'il est le même que l'autre. Vous auriez mieux fait d'aller coller des affiches,
franchement
! Bon, mais simplement, je veux dire que, là, c'est souvent à moi qu'on dit, mais vous êtes excessif, mais enfin,
quand
même, qu'est-ce que c'est que cette situation ? Quand est-ce qu'on a dit au Parti Socialiste qu'on allait s'allier avec
la centriste ? Éric Zemmoury
vous fait rire Mélenchon ? Ah, mais j'aime beaucoup Mélenchon, j'aime ça, mais il le sait. Il le sait, et si je peux me permettre, je crois que c'est réciproque. Parce que vous, vous aimez la gauche qui fait perdre la gauche. Pas du tout.
Non,
mais pourquoi vous dites ça ? Non,
non, non,
attends, attends. Non, Rukier, écoutez. Pardon, M. Mélenchon.
Mais non, vous
n'avez pas le droit de dire ça.
La gauche, attendez.
Non, non, non, non, non, non, non, non, non,
non, non.
Qui est-ce qui a fait gagner la gauche ? Le président de Mitterrand, Lionel Jospin.
Pas
sur cette orientation-là. Enfin, Lionel Jospin, pas dans la course...
Aux
élections législatives, les fonds on perd. Ce n
'est
pas parce qu'on gagne ou qu
'on
perd qu'on a raison ou qu'on a tort. Mais ne dites pas ceux qui font perdre la gauche. Le président de Mitterrand, il a fait gagner la gauche dans des conditions incroyables de difficultés sur une ligne de gauche. Lionel Jospin l'a fait. C'était le seul cas au monde où on annonçait qu'on allait diminuer le temps de travail par la loi. Les Américains avaient l'impression que les communistes venaient de prendre le pouvoir. Et d'ailleurs, c'était le seul pays du monde où après la chute du mur de Berlin, il y avait des communistes dans un gouvernement et des verts. Ne dites pas la gauche qui perd.
En 2002... La gauche
qui perd,
c
'est celle qui fait des bondieuses
et la morale à tout le monde et qui perd les élections. Ce n'est pas moi qui les ai perdues, les élections. En 2002,
Jospin, il n'a quand même pas fait gagner la gauche.
Sur une ligne de droite. Misère, non.
Mais
pourquoi ?
Il
avait un
si beau bilan. Parce que dans la campagne,
on n'a jamais parlé de ce beau bilan. Vous n'êtes pas
socialiste ? Bien sûr, quand vous commencez, que vous dites une parole comme ça, mon programme n'est pas socialiste. Alors, dans sa tête compliquée, ça voulait dire je ne
vais
pas faire le socialisme. Mais les gens, ils ont compris, mon programme n'est pas de gauche. Ils se
sont
dit, pourquoi on votait pour un gars de gauche qui dit que son programme n
'est
pas de gauche
?
Une élection. Vous
pensez que ce qu'il y a chez Gabriel
Sarko, finalement, c'est d'assumer le fait qu'il était vraiment à droite et qu'il allait faire une politique
de droite
? Eh bien, la France,
c
'est comme ça. Il faut convaincre les gens. Il faut d'abord entraîner la société. On n'accumule pas des patrimoines électoraux. On doit gagner le cœur, l'esprit. Les gens, ils ont des problèmes à régler. Alors, ils nous regardent et ils disent, bon, ceux-là, ils ne tiennent pas la route. Ils ne
savent
pas ce qu'ils veulent. Et celui-là, tiens, il a l'air de savoir ce qu'il veut. Alors, après, c'est un autre sujet de savoir si le président Sarkozy a raison ou pas. Mais il faut respecter
cette
idée que les Français ne sont pas un troupeau à la disposition des uns ou des autres. Voilà. Donc, on doit entraîner, conquérir, convaincre en parlant de quoi ? Du social. Nous, la gauche, on doit parler de ça, de la vie de tous les jours, d'améliorer la vie des braves gens. Ce pays est si riche. Et pourquoi il
y
a tant de pauvres ? Pourquoi il y a tant de monde qui dort dans la rue ? On ne peut pas partager un peu plus ? Bon, ça, c'est un discours de gauche. Je
peux dire, Mélenchon, allez au-delà. Zemmour,
pardon. Je vous rappelle ça. Zemmour.
Éric Zemmour.
Pas mal, hein ? Il
n
'est
pas le président, c'est pas mal. Il y a pire comparaison,
hein ? Il y a pire comparaison, non ? Je suis bien d
'accord, hein,
franchement.
C'est le meilleur à droite, Sarko.
Apparemment, oui. Alors d'abord, je tiens à dire que Mélenchon a raison, que la gauche a gagné sur une ligne de gauche en 81, en 97, mais il a tort en 88. Parce que Mitterrand a gagné sur une ligne centriste d'ouverture, d'alliance...
Concardienne.
Exactement, avec le centre. Mais bon, passons.
Ce
n
'est
pas ce que je voulais dire, mais c'est une précision. Non, mais c'est votre avis,
ce
n
'est pas
le mien.
Vous
ne savez pas de mauvaise foi, Mélenchon, sinon on
s'en sert à jamais. On vous a bien dit, c'est tout.
Il se m'entend, je te l'ai fait des imitations, maintenant.
Je tiens à dire, donc, que j'aime bien Mélenchon, qu'on a l'occasion de parler longtemps, et qu'en plus, sur le diagnostic...
Ça veut bien
vous croire. Sérieusement, ce livre est passionnant, je tiens à le dire, parce qu'il fait une historique de la gauche depuis 20 ans, qu'on voit bien exactement qu'est-ce qui s'est passé intellectuellement, idéologiquement, alors que pour parler d'idéologie, on voit bien exactement d'où ça vient. Effectivement, en gros, sa thèse, c'est de dire, la social-démocratie est morte au moment même où on presse les socialistes français de devenir socio-démocrates.
En fait, ils ont déjà sauté une étape, la moitié du parti est devenue carrément démocrate, démocrate à l'américaine, avec une organisation politique qui tendrait vers un parti républicain, pour parler vite, un sarkoziste, et un parti démocrate, Hollando, royaliste, peu importe, Strauss-Cagnin, tout ça, en fait, c'est la même salade, avec un accord sur 90% des propositions entre le parti républicain et le parti démocrate, comme aux Etats-Unis. Je peux vous dire que tout ce que je viens de dire, je suis d'autant plus d'accord avec Mélenchon, et il le sait, que moi-même, j'ai écrit tout ça, j'ai écrit des articles dans le Figaro, faisant exactement le même diagnostic depuis...
Vous avez copié Zemmour ? Non, non,
non,
pas du tout
! Il n
'a
pas du tout copié. Simplement, c'est une réflexion qu'on fait depuis des années, on en a discuté pendant des heures, et donc tout ça, moi aussi, je partage ce diagnostic. Donc là, on est tout à fait d'accord, il a raison. Maintenant, notre désaccord, il est sur autre chose. Il est que, il faut voir pourquoi Clinton fait ça, pourquoi Blair fait ça, pourquoi tous font-ils ça. Ce n
'est
pas seulement parce qu'ils sont méchants.
Non, c
'est
pas une affaire de sentiments.
On est
d'accord.
Donc, c'est pourquoi ? C'est parce qu'il y a la mondialisation.
Et
que la mondialisation, qu'est-ce que c'est ? C'est
qu
'on met des milliards d'êtres humains, un milliard de travailleurs chinois et indiens, pour parler vite, qui sont payés trois bols de riz, et qu'on leur fait faire le même boulot qu'aux ouvriers européens, qu'on les met dans des conditions, on a aboli les frontières, donc leurs produits rentrent sans droits de douane, et du coup, évidemment, les patrons disent « tu ne
veux
pas faire le boulot pour tant, et bien moi, je le fais pour trois bols de riz là-bas ». Qu'est-ce que c'était la social démarche
?
C'est pour ça qu'on a du plomb dans nos jouets à la maison. Exactement. Et c'est pour ça que tous les salaires des pays européens sont tirés vers le bas par les salaires misérables des Chinois et des Indiens. Bon. Cette mondialisation, ça s'appelle le libre-échange, mais d'où ça vient ? Qui nous a bassinés pendant des années avec l'internationalisme magnifique, avec la fin des frontières, avec l'égoïsme des nations, avec le patriotisme, le nationalisme,
c
'est la guerre, comme disait François Mitterrand. Qui
nous
a bassinés ? Il disait ça.
Ça,
c
'est un renversement de situation assez
étonnant. Qui
disait ça pendant des années ? C'est la gauche. Vous devriez être
content. Le
libéralisme et
l'international ne sont pas tout à fait pas.
Vous devriez être content. Grâce au libre-échange, grâce au capitalisme, il y a les pauvres des pays riches qui subventionnent les riches des pays pauvres. Vous devriez être ravis. C'est ça. Vous avez demandé. Il n
'a
pas parlé.
Mais pas du tout. Ce que je veux dire. Votre long
discours, vous
le
connaissez par cœur. C'est formidable.
Un peu trop
chrétiste comme rhétorique.
C'est le
truc.
Ce que
je veux dire.
Il a
progressé depuis qu'il était chez vous à Berne. C'est
pas de l
'idéologie.
C'est de l'idéologie. On
est dans le déterminisme.
Pas du tout.
Je pense qu'il y a... Justement, moi je crois à l'idéologie.
On ne dirait pas.
Moi j'y crois.
Vous ne
croyez pas au jazz politique puisque vous parlez
de la moralisation comme fatalité.
Moi je crois que quand on prépare le terrain idéologique...
Mieux quand on le
prépare que quand on le prépare.
Quand on le prépare...
Ah
vous êtes mûrs là. Quand on prépare le terrain idéologique, il y a des conséquences politiques et réelles sur la vie des gens. Mais
vous ne
pouvez
pas dire que la moralisation c'est une conséquence de
la... Mais oui, la moralisation c'est une conséquence mais
bien sûr...
Mais bien sûr, c'est une
dérégulation. Mais bien sûr, à partir du moment où on dit les frontières c'est mal, à partir du moment où on dit les nations c'est dépassé.
Mais si c'est la gauche qui dit ça...
Mais si c'est la gauche
qui a dit ça pendant 30 ans... Mais le libéralisme, d'abord c'est
une idéologie de gauche au départ. Premièrement.
Ah
oui,
Tocqueville
et
tout, c'est bien connu.
Non
mais pas du tout. Non mais pas du tout. Je ne sais pas dire. Je ne vous ai connu plus. Je ne suis pas fini. Je ne suis pas fini. C'est parce qu'il vous a dit au restaurant.
Et sur l'Europe, c'est la même chose. Monsieur Mitterrand.
Non mais attends,
on ne prend pas ça comme sujet. Je vais finir avec ça. Je vais finir avec ça. Bon, alors ils ont filé les perles. Non, non,
non. François Mitterrand avait dit, François Mitterrand avait dit,
l'Europe sera...
C'est la même chose.
Ah
mais c'est l'inverse.
C'est la même chose.
Je vais dire pourquoi. Mitterrand avait dit, l'Europe sera socialiste ou ne sera pas. Magnifique prophétie puisque l'Europe a été exactement le contraire, c'est-à-dire le cheval de Troie de la mondialisation et c'est par l'Europe que la France a dû se voir imposer la privatisation des services publics, la concurrence entre les États
et
les reculs du droit du travail. C'est justement l'Europe, la commission de Bruxelles, l'Europe, l'acte unique européen négocié par un socialiste de l'or. La monnaie unique européenne négociée par un socialiste Mitterrand.
Il y a
un meeting ici. C
'est un meeting de
droite.
Absolument, pas
du
tout. Simplement.
Je pense qu
'il sent
que le poste de Fillon est bientôt libre. Je m'arrête si vous voulez.
On
cherchait le numéro 2 du gouvernement, M. Borloo, en fait, il est là, c'est Zemmour. Non, parce que j'ai une autre, j'ai deux dix.
Vas-y, j'arrête.
Brièvement,
M. Alenchon. Très brièvement.
Est-ce que j'ai le droit de l'eau ?
Non, non, non.
Non, non. Non, pas d'eau. Non, non, pas d'eau. Non. Bon, ce qu'il disait Mour, c'est que la responsabilité du phénomène qu'on appelle la mondialisation, qu'il faut bien comprendre, c'est un phénomène, une transformation du capitalisme. Les gens ont trouvé leur intérêt à organiser autrement leurs échanges. Nous, lance un défi.
Il
ne
faut
pas avoir l'explication policière de l'histoire.
Il
faut arrêter 5
minutes.
Voilà. Donc, des gens gagnaient des élections dans des pays différents.
Ce n
'est pas tombé du ciel, tout ça. On commençait à battre les protections douanières, à tout ouvrir, et à rendre possible le libéralisme. Ça, ce
n
'est pas la gauche qui a fait ça. C'est la droite dans le monde. Et il faut comprendre pourquoi ils le faisaient. Parce qu'ils partent de l'idée que plus ça circule et plus ça s'échange, mieux c'est de leur point
de
vue. Donc, nous, le défi pour nous, les gens de gauche, c'est de partir de cette réalité, la mondialisation libérale, d'abord d'arrêter de la confondre avec l'idée d'une mondialisation qui viendrait simplement de la communication. Je ne
sais
pas quoi, c'est un phénomène politique. Comment on affronte ce phénomène politique ? Mais c'est le grand non-dit de la gauche. On fait comme si tout ça était naturel et qu'on n'y pouvait rien. Donc, d'abord, on commence par dire qu'on va s'adapter, on va être l'espèce d'hôpital de campagne qui accompagne le désastre en réparant les blessés. Et puis après, on dit, c'est pas possible, donc tout ça est merveilleux en réalité. C'est ça qu'on avait oublié de vous dire. Et donc, on va y aller et on va y aller, on va courir devant. C'est ça que je reproche à mes amis de gauche, mais pas dans une explication policière ou personnelle. Je leur dis, vous avez baissé les bras.
Il faut donc reprendre avec courage en partant de l'idée que ce qui doit l'emporter, c'est de partager pour que chacun ait ce qui lui permet de vivre dignement de son travail. Mais
on partage avec les Chinois et
les Indiens, on partage ? Mais bon,
arrête avec les Chinois, c'est pas le sujet là. Si, c
'est le sujet.
Le sujet pourrait être... Après, c'est les problèmes de stratégie politique. Comment pouvons-nous réaliser ça en mettant du protectionnisme autour de l
'Europe ? Ça, c'est un autre sujet.
Mais restons-en sur le
cœur de l'affaire. mais c'est
ça qui est important, Mélenchon.
Oui ?
C'est ça qui est important. Mais c'est
qui qui a mis cette
émission
? C'est vous ou c'est lui ? C'est l'impression de
galabrui et de foudesse. Mélenchon
!
Vous, vous voyez un peu sérieux. Éric Nodot, c
'est
sérieux. Moi, hélas, j
'ai
des questions plus concises.
Mais
j'ai pas
de questions. Désolé, j'aurais voulu en rajouter. Mais j'ai pas de questions.
Mais c'est ce qu'on vous reproche.
Mais
je fais quand même un petit retour en arrière sur ce qu
'a
dit Zemmour. Je me suis complètement perdu parce que le livre
de
Mélenchon
est
certes passionnant, mais au contraire, il explique que le combat était presque perdu d'avance puisque le capitalisme est un ordre mondial et que le socialisme à la française se limitait à un seul pays. Donc le combat
a
été inégal. Et c
'est
pas ça que je voulais vous poser comme question.
Quand
même,
hein
? Oui.
Il y
a une question. Alors, attendez,
juste avant,
vous répondez à ça. Oui, parce qu'il touche juste. On n'a pas vu ça arriver. Nous, les Français, le socialisme français est particulier dans le monde, dans l'univers des socialistes. Vous savez, c'est un peu Bac plus 15, mais on disait les partis socialistes et les sociodémocrates. Il y
en
avait qu'un de partis socialistes. Nous, les autres, étaient des sociodémocrates. Parce qu'on a une histoire singulière à cause de la grande révolution de 89, de la Commune de Paris, de toutes ces choses. Et François Mitterrand incarne cette singularité. Quand il fait le programme commun, il n
'y
a pas un seul autre pays au monde où des socialistes prétendent s'allier avec des communistes. À l'époque, il y avait le pouvoir sur le tiers de l'humanité. C'est une chose incroyable. On se souvient
qu'Éric
Zemmour avait peur que des chats russes arrivent
sur les chassements. Moi, je n'avais pas peur. Je vous ai dit. Et qu'on les
nationalisent sa baignoire. Donc, on a connu tout ça. Et alors, à un moment donné, nous, on fait le constat Donc, il invente une autre stratégie qui est de dire puisque c'est comme ça, on va construire un ensemble politique plus large qui s'appelle l'Europe dans lequel on va pouvoir avoir un cadre de rapports de force, de compromis et hop, la machine va redémarrer. Et on s'y met tous. Et on accepte toutes sortes de compromis en disant de toute façon ça s'arrangera plus tard quand on aura du pouvoir politique. Ce qu'on ne voit pas à ce moment-là, c'est que le capitalisme s'est transformé. Il est devenu transnational et on se fait avoir. On en
est là. Mais qu'est-ce
que j'ai dit ?
Oui. Alors, qu'est-ce que j'ai dit ? Attends, on en est là. Sauf que
Mitterrand, il essaye de trouver je dis Mitterrand et
je
ne
vais
pas répéter sans arrêt son nom mais je dirais la gauche et Lionel Jospin derrière lui essaye de trouver une sortie et les nouveaux qu'est-ce qu'ils font ?
Ils
disent il n'y a pas de sortie. Le problème, ce n
'est
pas d'inventer une autre stratégie on ne peut rien faire. Et donc, ils en viennent non seulement à ne rien faire non seulement à persécuter les gens mais à se moquer de ceux qui essayent de faire quelque chose. Qu'est-ce qu'on n'entend pas sur le Venezuela de Chavez ? Qu'est-ce qu'on n'entend pas sur Lula ? Aujourd'hui, Lula est en odeur de sainteté parce que les bourgeois ont moins peur. Mais il fut un temps où on le traitait c'était un ouvrier vous vous rendez compte à la tête du Brésil il lui manque un doigt quelle horreur ! On ne pouvait pas mettre un type pareil président et ainsi de suite dans combien de pays ?
Et je vois en Europe la gauche bon chic bon genre qui regarde tout ça de haut en disant bon tout ça, ça ne marchera pas. Ces gens se battent comme des fous. Ils ont réussi à remettre leur pays debout. Pour la première fois il y aura des retraites au Venezuela. Pour la première fois il y aura des médecins dans les quartiers des pauvres. On peut changer le monde. Alors peut-être que j'ai tort mais si plus personne ne le dit il n
'y
a plus aucune chance qu'on le change.
Eric Nono. Mais après avoir lu votre livre la première question que je me suis posée c'est une question autour de laquelle vous, vous ne cessez de tourner vous n'y donnez jamais la réponse. Là je vois que vous l'évitez soigneusement. Je vais vous la formuler très directement très brutalement. Quand on voit le gouffre qui sépare votre ligne politique à gauche toute d'inspiration révolutionnaire parfois et la social-démocratie qui est à l'oeuvre au PS et la social-démocratie dans le sens que vous entendez c
'est-à-dire
une sorte de masque du libéralisme.
C
'est presque un doublon. Je vous pose la question directement qu'est-ce que vous faites encore au PS
?
Voilà la première question que je me suis posée. Et oui pourquoi vous n'allez pas voir Besancenot,
Warlet ? C'est vraiment la
première question
qui vient. Marie-Jean le Buffet.
Ah bah Marie-Jean le Buffet. Ah ah ah ah.
Ah ah.
Je vais vous
dire d'abord c'est le système. Vous pourrez à la
fête de l'humain ce week
-end
? Oui oui oui. J
'espère que vous allez venir. Bah c'est 30 ans de ma vie. C'est mon parti. Moi j'ai adhéré le cœur gros comme ça. Que de belles batailles on a mené. Que de beaux résultats. Enfin les gens qui partent à la retraite à 60 ans ils le doivent à ça et ainsi de suite. Je ne
veux
pas recommencer la liste de nos conquêtes. Moi je ne me résigne pas à voir le mouvement socialiste devenir autre chose. Un parti qui défend l'ordre qui dit il faut travailler plus longtemps il faut un peu la fermer. le moindre acquis social est en corporatisme. Donc pour moi la partie n'est pas perdue mais il est possible
qu'elle soit perdue. Vous ne pouvez pas
croire sérieusement que le parti socialiste va aller sur votre ligne de votre vivant. Ça ce n
'est
pas possible. De votre
vivant.
Peut-être un jour. Mais de
votre vivant ça n'arrivera pas. Il faut en tirer les conclusions.
C'est pour ça que je pose la question je me dis moi comme homme parce que c'est ma vie qui est engagée.
Je
dois aux autres. Je ne me suis pas fait tout seul.
Je
me suis fait
dans des luttes. Vous n'arrêtez pas de dire
la politique m'habite. Ça c'est quelque chose qui revient régulièrement dans les interviews que j'ai.
Non
non. Stéphane.
Franchement. Ah si. Non non. Mais
c
'est vrai que vous
vous
employez cet arrêt.
Un procès d'intention. Voilà. C'est vrai que vous le dites. Vous vivez pour ça.
Moi
je n'aime pas parler des gens habités. Ça fait un peu gourou. Là je n'aime pas ça. Bon je connais quelqu'un d'autre qui s'est dit habité. Je trouvais ça bizarre. Non. Bien sûr. Parce que ça remplit le corps d'un homme comme disait Albert Camus. C'est la lutte pour les sommets. Il ne parlait pas du crapahutage de carrière. Qui remplit le corps d'un homme ou d'une femme. Donc c'est une grande cause. Je connais beaucoup d'hommes et de femmes qui ont mis leur vie entière. Et moi j'ai eu beaucoup de chance parce que j'ai eu des responsabilités. J'ai eu la possibilité de m'exprimer. Je l'ai ce
soir. Vous êtes sénateur aujourd'hui.
Bon combien d'amis qui ont risqué et qui ont détruit leur vie leur carrière parce qu'ils étaient syndicalistes parce que autrefois moi j'ai connu ça. Vous étiez le socialiste du coin. Vous étiez sur la liste noire. Plus de boulot. Et il y a encore des gens qui perdent leur boulot parce qu'ils sont syndicalistes parce qu'ils sont de gauche. Donc ça crée des devoirs. Moi j'appartiens. Oui,
oui,
oui Zemmour fais pas comme ça. Tu vas la recouvre quand tu veux je te les
présente. Oui, oui, oui. Je crois en 36 là.
Ça existe toujours et c'est toujours aussi cruel. Bon alors donc c'est une... Oui, ça me remplit ma vie. Et d'ailleurs si ça la remplissait pas c'est comme un curé qui dirait quand c'est le dimanche quand c
'est
les vacances je crois plus en Dieu je m'occupe d'autre chose. On dirait il y
a
un problème là, non ? Donc un homme de gauche qui a des responsabilités importantes
qui
est là reçu qui a eu cette chance d'avoir la parole comme je l'ai là et qui porte pas la cause. Si je viens devant vous pour vous parler d'autre chose que du partage de la richesse de la priorité à ceux qui galèrent le plus mais alors mais qui va le faire ?
Alors Tito d'un seul coup ça me revient là parce que j'ai un peu parfois une mémoire d'escalier monsieur Jean-Luc Anglade je me rappelle dans la doble puisqu'on a tellement dit de bien de François Mitterrand en tout cas vous aussi Nolo que vous en revanche c'est au moment du film de Diane Curie je vous
ai
dit je n'aimais pas François Mitterrand parce qu'il était machiavélique
vous
avez dit. Ben ça me met un peu mal à l
'aise je le
ressentais comme ça oui peut-être maintenant c'est... Moi je vous ferais changer d'avis sûr ? Oui
?
Non c'est pas un peu tard parce que je vais vous dire c'est les vainqueurs qui écrivent l'histoire pourquoi on salit la mémoire de François Mitterrand comme ça ? Parce que moi pourquoi je ne fais pas de critique ?
Mais le machiavélisme politique c'est une
qualité ? Oui mais le machiavélisme c'est vite fait bon il était rusé Oui
mais c'est pas une critique
Non mais maintenant je me souviens pourquoi en fait c'est parce que j'avais entendu un jour je pense avoir entendu à la télévision ou ailleurs d'ailleurs je ne sais plus trop ou l'avoir lu qu'un de ses livres préférés c'était le prince de Machiavél voilà mais
bon alors après C
'est un livre magnifique le prince de Machiavél Ça en sort
pas
mal
Alors le
prince de Machiavél il y a une phrase
magnifique qui dit la meilleure forteresse des tyrans
est
l'inertie des peuples
voilà
que les peuples inertes n'aillent pas se plaindre d'avoir des tyrans il faut se battre
Alors
Zemmour rien conclu
Il
faut dire quelque chose quand même c'est que là où Ce
sera
votre dernier mot Bon Le
dernier mot
Nolo a raison Ah
Mais
oui parce que le parti socialiste qu'est-ce que c'est aujourd'hui ? C'est un parti d'élus de fonctionnaires municipaux
qui
ont voté oui attendez qui ont voté mais c'est pas une critique c'est pas une insulte qui ont voté
oui C'est pas une image
très flatteuse quand même
Zemmour il n'y agirait pas 60
% d'élus et de fonctionnaires locaux excuse-moi Ils Ah oui
qui
ont voté oui au référendum sur la constitution Ah non
Le chef
la base non Mais je parle du parti Ah ben le parti c'est la base aussi Et bien ils ont voté à 60% Non en interne Oui
en interne je parle Je parle pas des électeurs Alors
que les électeurs ont voté non
Et
ils ont raté Moi j'estime qu'ils auraient dû casser le parti Le nom de gauche C'est-à-dire Mélenchon Fabius Aurait dû à ce moment-là casser le parti socialiste
Et
emmener les électeurs Parce qu'ils avaient tous les électeurs derrière eux Et ils ont raté le coche D'après ce qu
'on
m'a expliqué C'est Fabius lui-même qui avait pris cette décision Alors qu
'il
y avait des gens comme Mélenchon qu'il poussait à casser le parti À faire comme en Allemagne Vous savez deux
Ça
fait des années que Mélenchon y pense Et c'est pas bête Puisqu'en Allemagne ils ont fait un parti vraiment
socialiste
de gauche Mais ils n'ont pas l'outil Et maintenant à leur gauche il n'y a rien Le parti communiste il est gentil il les bichonne Mais là il est là il tient la main d'un moribond Parce que 1,93% je veux dire ça n'existe plus On n'est plus au temps de François Mitterrand où il faisait 20% L'extrême gauche Besancenot joue à mort sur sa com' personnelle et il veut absolument rentabiliser ces 5% Donc le reste il n'y a rien C'est pour ça aussi que les leaders socialistes viennent chercher des voix chez les bobos du centre
On
va laisser aux téléspectateurs le soin d'en savoir un peu plus en lisant Enquête de gauche signée Jean-Luc Mélenchon après la défaite Ça c'est pas très bien après la défaite qu'on voit votre tête juste Ah ouais
ouais C'est bien que ça Ils n
'ont pas tellement eu raison C'est chez Ballon Merci Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon