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interviewRMC — Face à Face· 25 mars 2022 21 min

L'interview : Jordan Bardella - 25/03

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour Jordan Bardella. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. A deux semaines donc du premier tour des élections présidentielles. Vous êtes député européen, vous êtes président du Rassemblement National et votre candidate est aujourd'hui la mieux placée pour être au second tour face à Emmanuel Macron. Hier soir, Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur et évidemment qui soutient Emmanuel Macron, a dit « Marine Le Pen est dangereuse pour Emmanuel Macron, elle peut gagner cette élection ». J'imagine que pour une fois, vous êtes d'accord avec Gérald Darmanin ?

0:41
Jordan Bardella

Écoutez, Gérald, elle a été au moins une fois sur le quinquennat d'accord avec M. Darmanin. Marine Le Pen est donnée aujourd'hui au second tour et je pense qu'elle a la solidité nécessaire pour rassembler une majorité de Français. C'est vrai qu'elle est donnée dans la marge d'erreur. Le dernier rolling ifop qui est sorti hier la met dans la marge d'erreur. Vous avez une précision ? Assez serrée avec elle, ce qui veut dire que le second tour est incertain. Et ça veut dire une chose très claire.

1:04
Présentateur

Assez serrée avec Jean-Luc Mélenchon ?

1:06
Jordan Bardella

Ça veut dire une chose... Non, c'est serré entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour. Ça veut dire une chose très claire, c'est que si les Français se déplacent...

1:13
Présentateur

Ça, vous êtes déjà sur le second tour. Pardon, moi j'en étais encore au premier. Mais ça, vous l'avez enjambé là.

1:17
Jordan Bardella

Ça veut dire que si les Français se déplacent, Marine Le Pen se qualifiera pour le second tour de l'élection présidentielle et elle peut gagner cette élection présidentielle. Et en réalité, elle est la seule à pouvoir gagner. Parce que c'est vrai qu'on voit sur les intentions de vote de second tour entre Emmanuel Macron et tous les autres candidats à la présidentielle qu'Emmanuel Macron, en réalité, serait très largement réélu face à Valérie Pécresse, face à Jean-Luc Mélenchon ou face à Éric Zemmour.

Et je pense qu'il est important que tous les Français aient en tête la nécessité d'avoir la poussée la plus forte en faveur de Marine Le Pen dès le premier tour et de ne surtout pas disperser ses voix sur des candidats qui sont aujourd'hui donnés, par exemple, aux alentours de 10%. Je pense à Valérie Pécresse ou Éric Zemmour. Parce que d'abord, on peut défendre des idées qui sont assez proches, partager des diagnostics, notamment sur la sécurité et l'immigration, qui sont assez proches avec l'un comme avec l'autre.

Or, le seul débouché politique, la seule voie politique qui soit utile dans cette élection, c'est évidemment le vote en faveur de Marine Le Pen, qui peut gagner et qui peut donc rassembler une majorité de Français au second tour.

2:13
Présentateur

Quand vous dites, et on va rentrer évidemment dans les détails de vos propositions, mais aussi de celles notamment d'Éric Zemmour, dont vous venez de parler à l'instant, parce qu'on a vu une porosité dans les personnalités qui allaient le rejoindre, est-ce qu'il y a une porosité dans l'électorat ? C'est évidemment une des questions que vous allez avoir à vous poser, que je vous poserai aussi. Mais quand on regarde dans les détails de la relation entre Marine Le Pen et Éric Zemmour, pendant toute la campagne, il y a eu des personnalités qui ont quitté la campagne de Marine Le Pen en faveur de celle d'Éric Zemmour. L'inverse n'est d'ailleurs pas vrai.

Est-ce que cet aller sans retour dont parlait Marine Le Pen, c'est son expression, pourrait finalement être un aller avec retour à partir de dans deux semaines ?

2:51
Jordan Bardella

Il y a deux choses.

2:53
Présentateur

Est-ce qu'on vous verra tous ensemble sur l'Éric Zemmour ?

2:55
Jordan Bardella

En vérité, il y a trois choses. Il y a le candidat Éric Zemmour, il y a son entourage et il y a les électeurs. Éric Zemmour, comme reconquête, ne sont pas propriétaires des gens qui s'apprêtent à voter pour Éric Zemmour. Les quelques personnes qui sont parties, on parle de dix élus sur mille, pour des raisons diverses.

3:11
Présentateur

Des personnalités très emblématiques comme Marion Maréchal.

3:14
Jordan Bardella

Oui, d'accord, mais qui ont fait un choix qui est même contradictoire avec ce qu'eux-mêmes avaient dit. Marion Maréchal avait par exemple dit il y a quelques semaines, je soutiendrai le candidat le mieux placé. Bon, c'est quand même irrationnel de s'engager dans la campagne d'Éric Zemmour, dans la mesure où Éric Zemmour fait deux fois moins.

3:28
Présentateur

Elle a l'air de regretter depuis, elle assume parfaitement Éric Card, elle va sur le plateau.

3:32
Jordan Bardella

Mais la réalité des faits est là, il y a quand même un certain nombre d'études qui montrent qu'Éric Zemmour aujourd'hui ferait deux fois moins que Marine Le Pen s'y était candidat. Donc, à partir de ce constat-là, la candidature d'Éric Zemmour n'apporte pas de plus-value supplémentaire. Certains ont pu partir sur une vision qui était différente de la nôtre, parce qu'il y a des gens qui considéraient qu'on n'était pas assez brutales, qu'on n'était pas assez radicales.

3:51
Présentateur

Est-ce que vous êtes réconciliables ? Est-ce que Marion Maréchal et Marine Le Pen sont réconciliables ?

3:56
Jordan Bardella

Non, mais je ne veux pas faire de psychologie. Non, mais ce n'est pas de la psychologie, c'est de la politique. Marion Maréchal a fait son choix. Je veux dire, elle a fait son choix. Moi, ce que je regarde aujourd'hui, c'est la dynamique en faveur de Marine Le Pen. Et je dis, pour répondre à votre question, que les électeurs d'Éric Zemmour sont évidemment des patriotes sincères. Mais ce sont des patriotes sincères qui ont rejoint Éric Zemmour sur la conviction qu'allait se jouer dans cette élection présidentielle la survie de la France.

Or, il y a une contradiction à dire que cette élection présidentielle va engager la France pour les 50, 60, 100 prochaines années, dans ce qu'elle a dans son âme, dans la défense de son identité, de ses modes de vie, et soutenir un candidat qui est aujourd'hui crédité de 9% d'intention de vote, et dont on peut au moins dire, se résoudre au fait qu'il ne se qualifiera pas pour le second droit.

4:38
Présentateur

Vous choisissez évidemment les chiffres qui vous arrangent.

4:40
Jordan Bardella

10% dans le IFOP, 9% dans l'opinion web, on est entre 9 et 11. Allez, je vous accorde, on est entre 9 et 11. Mais en tout cas, pas suffisamment pour se qualifier au second tour, et en tout cas, vous pouvez au moins m'accorder ça, deux fois moins que les intentions de vote en faveur de Marine Le Pen qui est aujourd'hui donnée autour des 20.

Donc, je veux dire, si l'enjeu, c'est de sauver notre pays, c'est d'arrêter l'immigration, c'est de mener la guerre au totalitarisme islamiste, c'est de rétablir la sécurité partout sur le territoire national, alors il faut voter non pas seulement pour celle qui a les solutions, mais pour celle qui est en capacité de les mettre en œuvre dans trois semaines. Et c'est ce que je suis venu dire ce matin. Si le peuple vote, le peuple gagne. Il faut se rassembler pour battre Emmanuel Macron. Parce que je dis aux Français, la politique d'Emmanuel Macron, elle est dans tout. Ce sont les 60% de taxes que vous payez sur les carburants.

Ce sont les retraités qui vécu 8 euros par jour et dont le gouvernement a désindexé les pensions de retraite sur l'inflation. Elle est dans le niveau abyssal aujourd'hui, dans l'explosion de l'insécurité, des cambriolages, y compris dans la ruralité dont personne ne parle. Il y a aujourd'hui en France une agression gratuite toutes les 44 secondes. Et ça, c'est le bilan de Gérald Darmanin et d'Emmanuel Macron. On ne peut pas continuer cinq années supplémentaires comme cela. Il est donc temps que les idées que nous représentons, qui je pense sont majoritaires dans le pays, puissent maintenant arriver au pouvoir et qu'on puisse sauver notre pays.

5:52
Présentateur

Jordan Bardella, sur ce rassemblement dont vous parlez, qui est plutôt, on l'a bien compris, au niveau des électeurs qu'au niveau des leaders...

6:00
Jordan Bardella

Je pense qu'Éric Zemmour, tout simplement, pardon de vous couper, Éric Zemmour ne souhaite pas être ministre de Marine Le Pen, c'est tout.

6:07
Présentateur

Mais est-ce que vous, vous souhaiteriez qu'il le soit ?

6:08
Jordan Bardella

Non, parce qu'on n'est pas sur une élection municipale partielle.

6:14
Présentateur

Vous ne pourriez pas, vous nous dites ce matin, Éric Zemmour, quoi qu'il arrive et quel que soit le scénario, ne sera jamais dans un gouvernement de Marine Le Pen.

6:20
Jordan Bardella

Il n'est pas candidat à l'élection présidentielle, Marine Le Pen fera son choix. En tout cas, elle a défendu l'idée d'un gouvernement d'union nationale. Moi, je vous rassure les Français... Si vous commencez l'union, si vous ne commencez pas l'union par Éric Zemmour,

6:30
Présentateur

où est-ce que vous allez la trouver l'union ?

6:31
Jordan Bardella

On fera l'union avec des gens qui veulent faire l'union. Et des patriotes, il y en a à droite comme à gauche. Et je pense qu'Éric Zemmour a commis une erreur, qui est de s'enfermer dans la volonté de rassembler le peuple de droite. Pour moi, il n'y a pas un peuple de droite. Vous dites la même chose qu'Éric Zemmour, vous voulez l'union des droites ? Non, je veux l'union de tous les Français. Il y a des patriotes, il y a des gens qui aiment la France à droite comme à gauche. Ça, c'est le propre des gens de droite.

6:49
Présentateur

Vous pourriez aller chercher des gens de gauche ?

6:50
Jordan Bardella

Ils pensent qu'ils sont de droite parce qu'ils aiment la France et que les gens de gauche seraient de gauche parce qu'ils n'aimeraient pas la France. Moi, je pense qu'il faut rassembler aujourd'hui le meilleur de la droite, le meilleur de la gauche. Et vous savez, on a au Rassemblement National des gens qui viennent de tous horizons. Il y a des gens qui viennent du Rassemblement National. Il y a des gens qui viennent des Républicains. Thierry Mariani, Jean-Paul Garraud, qui sera le ministre de la Justice, par exemple, si Marine Le Pen est élue présidente de la République.

Jean-Paul Garraud est un magistrat, c'est le père du parquet national antiterroriste et c'est celui qui a été le rapporteur de la loi sur la burqa qui a travaillé, co-écrit notre loi sur l'islamisme, notre loi contre l'idéologie islamiste. Et c'est pas la différence d'ailleurs. Ça veut dire qu'on a un projet de loi clé en main sur l'islamisme. Et qu'on n'est pas dans l'idée de faire une guerre de religion. Et c'est peut-être là d'ailleurs l'ambiguïté du discours d'Éric Zemmour. Vous pouvez être français de confession musulmane, aimer la France à partir du moment où vous aimez la France.

Vous respectez les lois de la République, vous respectez nos modes de vie, vous êtes les bienvenus dans le combat national. Parce que le moment, il est trop grave aujourd'hui pour ajouter de la division à la division et on ne gagnera face à Emmanuel Macron que si les Français sont rassemblés et que si les patriotes, les amoureux de la France sont rassemblés, qu'ils viennent de la droite comme de la gauche.

7:55
Présentateur

Est-ce que vous, vous utiliseriez la fameuse expression de grand remplacement ?

8:00
Jordan Bardella

Je ne l'utilise pas parce qu'elle n'est pas claire. Vous l'avez utilisé, vous l'avez parfois dit. J'ai dit que ça plantait une réalité qui était juste. C'est-à-dire que moi j'ai grandi dans un territoire, la Seine-Saint-Denis, dont le moins qu'on puisse dire est que le basculement démographique est aujourd'hui en cours. Il y a des millions de Français, madame, qui partout dans notre pays ne reconnaissent plus le pays dans lequel ils ont grandi. Il y a des millions de Français, y compris des Français même issus de l'immigration, qui ont grandi en France et qui se sentent devenir étrangers dans leur propre pays. Et ce sentiment, il n'est pas une fatalité.

Donc il faut agir contre l'immigration anarchique, massive. Emmanuel Macron a battu tous les records en la matière. Je vous rappelle qu'Emmanuel Macron, c'est 1 275 000 titres de séjour accordés depuis 2017, plus les 900 000 clandestins. L'immigration est aujourd'hui hors de contrôle en France. Et vous savez que l'une des premières mesures que nous ferons voter dans les premières semaines, si nous arrivons à la tête de l'État, c'est l'organisation d'un référendum sur l'immigration. Parce que les Français n'ont jamais été consultés sur cette question. Et les Français ont le droit, je le crois, de décider qui peuple la France.

Donc nous ferons passer un projet de loi par référendum qui vise à arrêter l'immigration dans notre pays.

9:10
Présentateur

Vous dites-vous que l'expression « le grand remplacement », vous ne l'auriez pas forcément utilisée tel quel. Mais enfin vous parlez de, je cite, puisque je l'ai noté quand vous l'avez dit, « basculement démographique ». C'est la même chose. Mais quand Marine Le Pen, hier soir, a la question justement de la notion de grand remplacement, vous êtes-elle étrangère ? Elle répond, cette expression, cette notion, mais complètement étrangère.

9:30
Jordan Bardella

Parce qu'il y a dans la thèse grand remplacement, telle qu'elle a été écrite par Renaud Camus, qui est un écrivain, l'idée d'une conspiration. C'est-à-dire que l'idée que le remplacement, en réalité, de la population française, européenne, par une population venue d'Afrique, serait un complot, avec en gros dix types qui seraient mis autour de la table pour dire « on va remplacer la population européenne ». Je crois qu'il n'y a pas du tout de vision complotiste. C'est simplement la conséquence de 30 ans de politique d'immigration massive dans notre pays, à laquelle ni la droite ni la gauche n'ont été en capacité de répondre.

Et en réalité, je pense qu'aucun Français, aucun Français qui nous écoute ce matin, ne peut douter de la volonté, de la détermination de Marine Le Pen d'arrêter l'immigration, mais de le faire dans la paix civile. Je veux dire, vous savez que l'une des mesures que nous souhaitons mettre en œuvre, c'est la priorité nationale. C'est-à-dire qu'on souhaite, par exemple, réserver les aides sociales aux Français, réserver les allocations familiales, notamment aux familles françaises, c'est-à-dire aux critères de la nationalité française.

Et on souhaite également que, dans le logement à situation égale, et dans l'emploi à compétence égale, l'emploi ou le logement puissent être donnés en priorité à un citoyen français. Parce qu'on sait que dans le logement, notamment, c'est instauré une préférence étrangère. Aujourd'hui, vous avez un tiers des immigrés, immigrés au sens de l'INSEE, qui occupent un HL.

10:43
Présentateur

Mais je voudrais que tout le monde puisse comprendre qui il a face à lui et qui il a aussi dans les bulletins qu'ils vont avoir à choisir dans deux semaines. Vous, vous dites donc basculement démographique. Éric Zemmour dit grand remplacement. Marion Maréchal dit qu'elle redoute que la France devienne africaine d'ici 2060. Ça, est-ce que vous diriez la même chose ?

11:04
Jordan Bardella

Je dis que dans un certain nombre de territoires, on a le sentiment que la France a disparu.

11:10
Présentateur

Donc vous êtes d'accord avec Marion Maréchal ?

11:11
Jordan Bardella

Moi, j'ai grandi en Seine-Saint-Denis. J'ai grandi dans une cité HLM de Seine-Saint-Denis. Et il y a beaucoup de Français qui quittent ce département, mais y compris des Français issus de l'immigration, qui ont fait cet effort exigeant qui s'appelait l'assimilation. L'assimilation républicaine, dont nous sommes les avocats, dit aux personnes qui arrivent dans notre pays, ne venez pas comme vous êtes, mais devenez ce que nous sommes.

Or, on a un peu le sentiment que l'effort exigeant qui a été demandé à des générations d'immigrés qui sont arrivés en France dans les années 50, dans les années 60, dont ma famille qui est arrivée d'Italie dans les années 60, a fait cet effort d'apprendre la langue, de respect des institutions, de respect de l'histoire nationale, de respect de la police, de respect du maître à l'école, et bien que cet effort exigeant n'est plus demandé aux générations qui arrivent.

Mais la seule solution, plutôt que des slogans, plutôt que des constats, parce qu'Éric Zemmour, il a porté ce témoignage, mais il est en incapacité aujourd'hui, parce qu'il ne peut ni se qualifier, ni l'emporter, d'y apporter une réponse politique, c'est de voter pour Marine Le Pen, qui fera voter ce référendum, qui a pour but d'arrêter l'immigration, d'expulser les clandestins, d'expulser les délinquants et criminels étrangers, de rétablir la double peine qui a été supprimée par Nicolas Sarkozy.

Il faut quand même savoir aujourd'hui que, et ça c'est aussi le bilan de Mme Pécresse, le bilan de la droite au gouvernement, qu'aujourd'hui on est dans l'incapacité d'expulser un délinquant ou un criminel étranger, et qu'on a la double peine, c'est-à-dire qu'on subit les méfaits de la délinquance, et en plus on doit le garder sur le territoire français. Donc nous mettrons fin à l'ensemble de ces anomalies.

12:39
Présentateur

Vous dites au fond qu'il n'y a pas de frontière entre la gauche et la droite sur un certain nombre de points, en tout cas du point de vue même de l'électorat. Vous avez dit pour vous que ce n'était pas pour l'Union de la droite, mais vous avez quand même dit qu'au fond, même ceux de gauche pouvaient venir vous rejoindre.

12:51
Jordan Bardella

Je n'ai pas dit cela. Je dis que ce qui va se jouer dans trois semaines n'est pas un choix entre la droite et la gauche.

12:56
Présentateur

Vous draguer un peu les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, vous vous partagez le même gâteau.

12:59
Jordan Bardella

Mais je pense qu'il y a des patriotes, des gens qui aiment la France, à droite comme à gauche. Je pense qu'il y a à droite des gens qui sont attachés à l'identité française, et il y a à gauche des gens qui sont fermement attachés à la laïcité, et qui refusent les compromissions islamo-gauchistes dans lesquelles est tombé M. Mélenchon, son parti, son discours, son allusion à la cancel culture, au discours wokiste, à la déconstruction de notre histoire nationale, qu'il partage d'ailleurs avec Emmanuel Macron, qui avait dit qu'il faut déconstruire l'histoire de France.

13:26
Présentateur

Je n'adhère pas du tout à ce truc-là.

13:28
Jordan Bardella

Emmanuel Macron est un funambule qui marche sur du vide. Emmanuel Macron arrive à dire tout et le contraire de tout avec la conviction d'avoir raison. Il nous explique qu'il n'y a pas de culture française pour ensuite nous parler de l'art de vivre à la française. Il nous explique qu'il se revendique dans un entretien qu'il fait au journal L'Express, au chevet de mentisme, pour ensuite venir nous expliquer qu'il faut déconstruire l'histoire de France. Donc Emmanuel Macron sait tout et le contraire de tout. Et je pense que c'est contre cela que les Français doivent voter. Contre le sentiment d'un grand désordre, d'une grande confusion.

13:55
Présentateur

Sur la question des aides sociales, quand vous entendez Emmanuel Macron qui dit que désormais il voudra un RSA qui soit conditionné à un certain nombre d'heures de travail, entre 15 et 20 heures de travail, est-ce que ça vous partagez ?

14:05
Jordan Bardella

Bien sûr, mais ça ce sont les vieilles chimères de la droite et ça c'est de l'électoralisme pour essayer de séduire ce qu'il reste aujourd'hui d'électorat à Valérie Pécresse, d'électorat mondialiste, à quelques jours du premier tour. Nous commençons d'abord par réserver le RSA aux Français, aux familles françaises. Commençons par réserver les allocations aux familles françaises. On va faire beaucoup d'économies. Et vous savez que nous souhaitons notamment financer une grande partie des baisses d'impôts, notamment de la fiscalité. Vous savez qu'on souhaite faire de la TVA à 5.5 ? Exactement, TVA à 5.5.

14:32
Présentateur

Notamment sur l'essence ?

14:33
Jordan Bardella

Exactement, sur le carburant, l'essence, l'électricité, le gaz, le fuel pour rendre du pouvoir d'achat aux Français. Et ça on le fera dès le lendemain de l'élection de Marine Le Pen et le financer notamment par ces 16 milliards d'euros qu'on va chercher dans, je dirais, la suppression des aides sociales aux étrangers en France. Parce que c'est un message qu'on envoie. Et d'ailleurs, je tiens à dire une chose très claire. Tout cela va se faire sereinement. On va laisser un temps de transition. On ne va pas arriver comme des bourrins en disant « Vous êtes étrangers, vous n'avez plus aucune prestation sociale en France. » Parce qu'on ne confond pas la brutalité avec la fermeté.

Et on laissera évidemment un délai d'un an pour que des personnes, y compris en situation étrangère en France, aient le temps d'organiser les choses, de s'organiser et ne soient pas pris en dépourvu. Parce que comprenez bien que la volonté que nous avons, c'est de réparer le pays et de réparer les fractures après 5 ans de division. Emmanuel Macron a beaucoup divisé les Français. Et les crises que ce soit...

15:24
Présentateur

Et vous seriez ceux qui est réunis.

15:25
Jordan Bardella

Oui, je pense que Marine Le Pen est la candidate non pas seulement de l'autorité, de la fermeté, mais aussi de la concorde nationale. Parce qu'Emmanuel Macron a beaucoup fait de mal à la France. Il a beaucoup divisé les Français. Et les Français n'ont pas oublié la crise des Gilets jaunes. Ils n'ont pas oublié les manifestations contre la réforme des retraites. Ils n'ont pas oublié des crises qu'Emmanuel Macron a en réalité lui-même suscitées par son arrogance, son cynisme, son mépris. Or, je crois qu'il est temps aujourd'hui d'élire une présidente qui aime les Français et qui les respecte.

15:53
Présentateur

Vous seriez ceux de la sérénité, de la concorde, de la réunion presque nationale. Je le crois. Je voudrais qu'on parle de l'Ukraine, de la Corse et puis également du meurtre du rugbyman Federico Martin Arambourou puisqu'il y a deux hommes qui sont en garde à vue au moment où on se parle, dont un qui s'appelle Loïc Lepriol qui gravite dans les milieux d'extrême droite depuis longtemps. Est-ce que vous l'aviez rencontré, vous ? Non. Non, jamais ? Non. Non, jamais. Parce qu'il y a des photos, effectivement, où il apparaît non loin de Marion Maréchal ou de Julien Rochdy qui, tous les deux, étaient au Rassemblement National mais qui, il faut le dire, sont aujourd'hui dans l'équipe d'Éric Zemmour.

De violence et de cruauté vis-à-vis d'un ancien camarade du Gudsac caution pour pouvoir ne pas rester en prison. Elle a été payée par un conseiller régional RN d'Ile-de-France et trésorier du micro-parti de Marine Le Pen à l'époque puisqu'il y a quelques années. Aujourd'hui, il n'a plus d'étiquette mais il a été élu par le Rassemblement National. Est-ce que cette violence, est-ce que ces personnes qui, parfois, sont capables de basculer dans la violence, ça existe chez vous ?

16:58
Jordan Bardella

Non, mais, écoutez, je veux bien qu'on essaie de faire le lien entre le cousin de la boulangère,

17:05
Présentateur

du garagiste,

17:06
Jordan Bardella

de la secrétaire d'un tel qui, il y a dix ans, a été élue sur une liste proche de la nôtre. Non, ce n'est pas sur une liste proche de la vôtre, c'est sur une liste du Rassemblement National. Vous imaginez bien que nous ne cautionnons aucune forme de violence et, pour une raison très simple, c'est que la violence, en réalité, les militants du Front National et du Rassemblement National la subissent depuis 30 ans.

Permettez-moi de vous rappeler que, depuis le début de cette campagne, il y a beaucoup de militants du Rassemblement National, y compris, d'ailleurs, des militants de reconquête, comme des permanences, d'ailleurs, de députés de la majorité, avec qui, pour le coup, je ne partage rien sur le fond, mais qui ont été attaqués dans la campagne électorale, soit par des militants d'ultra-gauche, qui, généralement, viennent aussi commettre un certain nombre de violences et de méfaits dans des mobilisations. Je n'ai pas entendu le ministre de l'Intérieur sur ces sujets. Et, déjà, que nous n'avons pas de campagne électorale...

17:55
Présentateur

Donc, vous n'avez rien à voir avec ces gens-là ?

17:56
Jordan Bardella

Évidemment que nous n'avons rien à voir avec ce type d'actes. Enfin, je veux dire, ça va de soi et je pense que personne n'en doute.

18:02
Présentateur

Je ne disais pas les actes, je disais les personnes...

18:04
Jordan Bardella

Non plus.

18:04
Présentateur

...qui, à un moment, ont gravité quand même et ont eu l'étiquette Rassemblement National.

18:07
Jordan Bardella

Je vous dis, n'essayez pas de chercher des liens entre des gens qui étaient là, qui connaissent un tel, etc. Ça va peut-être un peu loin.

18:15
Présentateur

L'Ukraine, finalement, peu de sanctions supplémentaires après le grand marathon diplomatique d'hier. Est-ce qu'on va s'habituer à l'Ukraine ? Est-ce qu'on va finir par s'installer dans cette guerre ?

18:26
Jordan Bardella

Je ne sais pas. En tout cas, personne ne sait jusqu'où Vladimir Poutine souhaite aller et dans combien de temps. Et pour combien de temps, pardonnez-moi. Je crois, en revanche, qu'il est extrêmement important et urgent qu'on soit prudent sur les conséquences que pourrait avoir la guerre en Ukraine, notamment sur l'activité économique de nos entreprises et notamment sur le pouvoir d'achat des Français. Donc, on doit d'abord

18:46
Présentateur

veiller à nos intérêts avant de veiller à nos valeurs.

18:48
Jordan Bardella

Moi, je dis attention à ne pas se tirer une balle dans le pied parce que le retrait total de nos entreprises en Russie...

18:58
Présentateur

Auchan, Leroy Merlin peuvent rester pour vous.

19:00
Jordan Bardella

D'abord, pourrait provoquer des situations de faillite pour ces groupes et notamment, je pense à Leroy Merlin. Il y a 160 000 emplois derrière. Les groupes français en Russie, c'est 160 000 emplois qui pourraient être menacés sur des gens qui, pour le coup, n'ont probablement aucune responsabilité

19:15
Présentateur

dans la prise de décision

19:19
Jordan Bardella

et dans cette offensie, dans cette attaque qu'a commise Vladimir Poutine en Russie. Et puis, surtout, attention à ne pas pousser la Russie dans les bras de la Chine parce que c'est ça qu'il y a derrière. Parce qu'en partant de Russie, on va laisser des infrastructures, on va permettre à la Russie de s'enrichir. Et moi, j'ai d'ores et déjà entendu la diplomatie chinoise inviter ces TPE, PME, ces entreprises, y compris ces grands groupes, à venir combler le vide.

Et attention à ce que le XXIe siècle, dans lequel nous changeons d'époque, je crois que ça a été rappelé maintes et maintes fois suite à cette crise, on ne vienne pas créer un monstre et créer une hyperpuissance entre le pays le plus peuplé du monde, la Chine, et le pays le plus grand du monde, la Russie, entre le premier exportateur de matières premières au monde, la Russie, et l'usine du monde, la Chine. Attention à l'hyperpuissance et au monstre que nous pourrions créer et que nous pourrions peut-être regretter dans les dix prochaines années.

20:12
Présentateur

Les obsèques d'Yvan Colonna, cet après-midi, avec un appel de nombreux élus corse à mettre tous les drapeaux et pas seulement ceux de la collectivité corse en berne cet après-midi et à respecter une minute de silence. Est-ce que ça, pour vous, ça signe la fin de la discussion possible avec l'accord sur l'autonomie ?

20:28
Jordan Bardella

D'abord, je pense que l'autonomie, en tout cas proposée par le ministre de l'Intérieur, en dit long sur ce à quoi est prêt Emmanuel Macron. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron est prêt à tout pour être réélu, pour peut-être avoir les voix des nationalistes, c'est-à-dire dépecer la souveraineté de la France et dépecer l'intégrité territoriale de la France.

Je n'ai pas de sympathie pour Yvan Colonna, mais je veux juste rappeler en dix secondes que le fait générateur, c'est l'assassinat d'un détenu français, donc Yvan Colonna, par un co-détenu djihadiste, multi-récidiviste, multi-condamné, qui était auxiliaire d'administration, c'est-à-dire qui bénéficiait dans la prison d'une délégation de services publics et qui était rémunérée comme telle. Ce simple fait générateur est un scandale et aurait dû entraîner la démission du ministre de la Justice.

21:07
Présentateur

Merci Jordan Bardet d'avoir répondu à mes questions ce matin. Il est 8h53, vous êtes le président du Rassemblement National.

L'interview : Jordan Bardella - 25/03 — Jordan Bardella · Pourquijevote