Amélie de Montchalin défend la stratégie du "dépassement politique pour réunir les bonnes volontés"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction Publique. L'actualité ce matin, c'est votre collègue du gouvernement, Éric Dupond-Moretti, qui va aller épauler un autre collègue du gouvernement, Laurent Pitraszewski. Dans les Hauts-de-Seine, d'autres ministres sont des Hauts-de-France, bien sûr, des Hauts-de-France.
Dans les Hauts-de-Seine, c'est Laurent Saint-Martin et une équipe de choc autour de lui en ministre de France.
On a bien entendu la réaction de Xavier Bertrand d'ailleurs. D'autres ministres sont candidats au régional, vous-même dans l'Essonne. Est-ce que l'exécutif a demandé à ses ministres d'aller représenter les couleurs de la République en marche sur le terrain ? Est-ce qu'on vous a incité à y aller ?
D'abord, il faut qu'on regarde le moment politique dans lequel on est. On est au sortir d'une crise sanitaire qu'il nous faut encore vraiment regarder de face, économiquement, socialement. On est à un moment où on a des oppositions qui, parfois, sur le terrain, considèrent que le meilleur programme, c'est de s'opposer à l'État en bloc. Nous avons, nous, à faire tomber les masques. Nous avons à remettre des vérités, des faits. Rappeler aux Français que nous avons besoin que les collectivités, les régions, l'État travaillent ensemble pour eux.
Et donc, la raison pour laquelle nous sommes un certain nombre de députés, Laurent Saint-Martin de France, de ministres, c'est vrai, à s'engager dans ces élections départementales et régionales, c'est pour que, dans le débat qui vient, nous parlions de projets, nous parlions de faits, nous parlions de ce que nous avons à faire pour les Français. Nous ne pouvons pas laisser l'extrême droite, par habitude, et beaucoup d'autres, parce que, manifestement, Marine Le Pen a contaminé les esprits, conduire un débat qui soit un débat d'invectives, qui soit un débat de vérités alternatives. On se croirait sous l'air Trump. D'autres lui ont battu le poids.
Je vois que Xavier Bertrand, manifestement, est bien parti pour tenir cette ligne-là. Du Trump à la française, avec des invectives, avec que du négatif, avec une ligne politique qui consiste à dire « Mon projet, c'est de me battre contre l'État ». Les Français, où qu'ils vivent, ne peuvent pas vivre dans un pays où on ne leur propose que des négations, des oppositions stériles. Nous avons besoin de reparler des faits, des actions, des projets. Et donc, nous le faisons en vérité. Nous nous engageons et nous tenons ce que nous appelons le dépassement politique.
Le dépassement politique, c'est-à-dire ?
Réunir les bonnes volontés. Ceux et celles qui veulent parler d'emploi, d'apprentissage, de transport, de formation, d'orientation de la jeunesse, nous travaillons avec eux.
Ma question était, est-ce que l'exécutif vous a incité à aller sur le terrain ?
On est toujours incité à défendre ce qu'on fait. On est toujours incité à aller porter les vérités. C'est le sens même de ce qu'Emmanuel Macron a proposé depuis 2017. Il a dit « Je ne serai pas dans l'idéologie. Nous serons là pour transformer la vie quotidienne, transformer la France avec des objectifs concrets. » Les promesses ont été faites, les objectifs ont été affichés. Et maintenant, nous accélérons et jusqu'à la dernière minute, jusqu'au dernier quart d'heure, nous serons en train de nous occuper, de faire, d'être dans l'action. Et donc oui, nous sommes toujours incités. J'ai été élu député de l'Essonne en 2017. Depuis, je n'ai jamais arrêté d'être à la manœuvre de l'action.
Pas du pour, du contre, de l'opposition bête et méchante parfois. Parce qu'elle est parfois méchante.
Si vous êtes élu au Conseil Régional, qu'est-ce que vous choisirez ? Rester au gouvernement ou alors aller siéger au Conseil Régional ?
On peut toujours être Conseil Régional et évidemment membre du gouvernement. Conseil Régional, c'est un poste, si on n'en prend pas des responsabilités exécutives, c'est une assemblée qui démocratiquement vote.
Donc vous ferez les deux, vraiment ? Vous n'aurez pas de suppléant ?
Au Conseil Régional, vous avez d'ailleurs d'un certain nombre déjà de ministres, de députés, qui sont aussi Conseil Régional. Le non-cumul, c'est les fonctions exécutives, évidemment.
Bien sûr, ce n'est pas une question de cumul, c'est une question de calendrier et de disponibilité.
Je pense qu'on a tout intérêt à recréer ce lien entre l'État, les collectivités, parce que nous travaillons main dans la main, nous sommes solidaires des résultats. Le baromètre des résultats que nous avons publiés. On va en parler dans un instant.
Amélie Monchalin, la demande d'efficacité de l'État est particulièrement accrue avec la Covid. Vous êtes presque astreint à un besoin d'excellence. Et quand vous parlez des résultats, d'ailleurs, on peut aller trouver des preuves concrètes sur gouvernement.fr. C'est ça, pour voir quelles sont les actions du gouvernement.
Depuis le mois de janvier, on a fait quelque chose d'assez inédit en Europe, probablement dans le monde, en tout cas en France. C'est de permettre aux Français, en transparence, dans chaque département, département par département, sur le site du gouvernement, de voir les résultats de l'action publique. Sur des sujets extrêmement concrets, sur lesquels ils savent que depuis 2017, nous sommes très engagés. Le sujet de l'apprentissage, le sujet des maisons de santé. On a aujourd'hui près de 1800 maisons de santé dans notre pays. Le sujet du remboursement à 100% des lunettes et des prothèses auditives. Le sujet du renouvellement du parc automobile, de la rénovation énergétique des bâtiments.
Bref, nos combats prioritaires. Et c'est inédit parce que ça permet de remettre dans le débat la réalité. Et ce que vous verrez sur ce baromètre, puisqu'il est département par département, c'est que si en moyenne, toutes les réformes prioritaires, il y en a 36 que vous pouvez suivre, progressent, il y a une très forte disparité territoriale. Nous avons, et il faut l'assumer, il faut le regarder en face. Et c'est pour ça d'ailleurs que le président de la République va entamer un tour de France. Moi-même, depuis le mois de janvier, j'étais dans 15 départements différents. Eh bien, la situation sur chacune de ces réformes n'est pas la même.
Si vous êtes dans les Ardennes, si vous êtes en Charentes, j'étais hier dans le Var. Il y a des réformes dans chaque département qui progressent très bien. Et il faut qu'on puisse le valoriser. Les Français d'ailleurs le voient sur le terrain. Et dans chaque département, on a des sujets où on est plus, il faut le dire, en difficulté, où les choses avancent moins vite que nous le voudrions.
Notre enjeu politique, c'est d'être les yeux grands ouverts et de se dire, voilà, comment on accélère, comment on, dans chaque département, jusqu'à la dernière minute de notre responsabilité de 2022, et ensuite, les choses ne s'arrêtent pas un beau jour, parce que c'est une action qui se conduit dans le temps. Mais le faire en transparence avec les Français, c'est un nouvel acte aussi démocratique. Ça permet de lutter contre cette forme de défiance. Beaucoup de Français se demandent à quoi ça sert de voter. Moi, la mise à transformation, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on transforme les mots, les lois, les promesses en résultats concrets, tangibles, en contrats, en maisons où on peut faire ses démarches de services publics, en transition écologique, en choses concrètes. 500 000 Français ont déjà été sur le site du gouvernement pour voir ses résultats. Moi, j'invite tous ceux qui nous écoutent ce matin d'être dans cette capacité de pouvoir juger par eux-mêmes.
Ça s'appelle le baromètre des résultats des politiques publiques. Sur gouvernement.fr.
Et c'est notre philosophie politique, j'y reviens. C'est vraiment pour que d'un côté, les masques tombent, qu'on puisse avoir un débat dans les élections qui soit un débat de réalité, qu'on puisse s'opposer sur des projets, qu'on puisse s'opposer sur comment on ferait différemment. Mais je crois que c'est très important parce que c'est ça, la politique.
Mais sûrement, mais on ne va pas le dire deux fois non plus. On a très bien compris votre message. Juste sur le chef de l'État aussi, qui va entamer dans cet esprit aussi de bilan et de perspective, un tour de France, notamment auprès des maires à partir du mois prochain. Il veut reprendre son bâton de pèlerin, dit-il, pour inventer le deuxième temps de la relance. Dans les faits, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on part de ce diagnostic département par département, on part du baromètre. On regarde dans chaque département avec les maires, avec, vous voyez, hier dans le Varge, il y avait aussi évidemment des élus régionaux, départementaux, des parlementaires. L'ensemble des acteurs du département, hier on a fait un point, notamment sur les sujets agricoles. Vous aviez les représentants du monde agricole, on fait le point. Et on se dit, voilà, quelles sont encore les difficultés qu'on a devant nous ? Quels sont les freins, les blocages ? Comment on simplifie par la décision ? Et comment on associe les maires à nouveau ?
Parce que l'État ne peut rien faire seul, et les collectivités locales, les maires, les élus départementaux régionaux, on a besoin de travailler ensemble. On est solidaires des résultats.
Quand Emmanuel Macron dit qu'il veut simplifier les liens entre l'État et le territoire, ça veut dire trop de lenteur à tous les étages ? Cette lenteur, on la supprime comment ?
On la supprime en redonnant des marges de manœuvre à ceux qui décident. Ceux qui décident sur le terrain, qui doivent sentir que là où ils sont, s'ils ont la solution en face d'eux, ils n'ont pas...
Des marges de manœuvre. Expliquez-nous précisément. Ça veut dire quoi ? Qu'est-ce qu'un maire aura de façon plus rapide qu'auparavant ?
Aujourd'hui, on avait une culture qui faisait qu'on faisait remonter soit la capitale de région, soit à Paris. On demandait l'autorisation de faire. Et alors du coup, ça prend beaucoup de temps. Et puis parfois, l'autorisation, elle est prise dans un bureau très très loin du terrain. Notre enjeu avec le Premier ministre, depuis le mois de juillet, avec le Président, c'est de remettre la décision sur le terrain. C'est de réarmer nos territoires. C'est de renvoyer aussi des hauts fonctionnaires sur le terrain.
Parce que si tout doit attendre que d'autres très très loin prennent des décisions, d'abord les décisions ne sont pas toujours des bonnes décisions, deuxièmement elles sont prises avec lenteur, et elles sont déconnectées des réalités.
Ça c'est une petite tape en direction des préfets. Pas du tout. Qui doivent retourner sur le terrain.
C'est tout l'inverse. Les préfets, ils sont sur le terrain. C'est leur métier. C'est tout l'inverse. C'est comment on leur donne à eux, le fameux couple maire-préfet. On l'a appliqué sur la crise sanitaire. On a vocation à l'appliquer sur l'ensemble des politiques publiques. Justement, tout notre enjeu, c'est que ce soit cet état de proximité, cet état efficace, qui soit en capacité de décider, d'avancer. C'est cette simplification de la responsabilité, c'est la simplification de la décision. Un système plus souple. Et donc forcément, c'est d'acter aussi la différenciation.
La vie, vous voyez, hier dans le Var où j'étais, n'est pas la même que dans le Morbihan où j'étais il y a une semaine, n'est pas la même qu'en Seine-et-Marne, où dans les Ardennes, si on se contraint, vous savez, avec ces jardins à la française, très bien organisés, où on dit que chacun doit faire exactement la même chose, le résultat, on le voit dans le baromètre. C'est que ça fait des différences à la fin, parce que le point de départ n'est pas le même, parce que l'histoire n'est pas la même, parce que les acteurs n'ont pas les mêmes moyens.
Et donc on redonne, au contraire, à ces préfets, ces hommes et ces femmes extrêmement engagés, de terrain pragmatique, la possibilité de décider là où ils sont, avec les maires, dans un esprit collégial, collectif, ce qu'il doit être fait pour que ça avance.
Vous entendez déjà les critiques du Tour de France du chef de l'État à partir du mois prochain. Comment ne pas voir dans ce Tour de France d'Emmanuel Macron les prémices d'une campagne électorale ?
Vous savez, pendant des années, plusieurs quinquennats, un an avant l'élection présidentielle, tout le monde levait le crayon et attendait au fond que les élections arrivent. C'est tout l'inverse. Pour nous, c'est tout l'inverse. Ne pas justement être dans cette posture un peu irresponsable, politicienne, et au fond qui n'aide pas les Français. C'est-à-dire, on prend exactement les objectifs qu'on s'est fixés et pendant les douze prochains mois, tous les jours, toutes les heures,
Vous ne levez pas le crayon.
Nous ne lèverons pas le crayon, nous serons sur le terrain et nous irons chercher les résultats en simplifiant tout ce qui doit être, en prenant toutes les décisions pour qu'à la fin, que vous soyez en Ariège, en Ile-de-France, en Bretagne ou dans les Hauts-de-France, les résultats soient là. Et qu'on soit à nouveau honnêtes.
Pour avoir des résultats, il faut aussi des moyens. Et là, c'est à l'État de donner finalement à la fonction publique
les moyens de remplir sa mission. Le plan de relance accélère un certain nombre de politiques publiques et c'est très bien. On y met des moyens aussi différenciés. Vous savez, on travaille ce qu'on appelle la déconcentration. Comment les moyens, ils ne sont pas tous concentrés au même endroit et comment on les répartit mieux. Les moyens budgétaires, les moyens humains, moi en tant que ministre de la fonction publique, on va réenvoyer 2500 fonctionnaires dans les départements. Parce que si vous n'avez plus personne qui peut mettre en oeuvre ses politiques au plus près du terrain, forcément, c'est plus lent, c'est plus déconnecté et puis parfois, ça n'arrive pas.
Notre enjeu, c'est aussi de soutenir les agents publics très concrètement. Moi, je suis une ministre depuis le mois de juillet dernier qui très concrètement a regardé par exemple le sujet des bas salaires dans la fonction publique. On a avancé depuis le mois de juillet sur un engagement très fort que j'ai pris qui était d'assurer enfin que les agents publics voient leur mutuelle santé payée par leur employeur public. ça peut paraître étrange mais l'ensemble du pays, les employeurs contribuaient à hauteur de 50% sur les mutuelles santé. Dans la fonction publique, ce n'était pas le cas.
Dès 2022, pour les fonctionnaires de l'État, c'est 15 euros par mois sur la feuille de paye pour payer sa complémentaire santé. Ça, c'est aussi de la reconnaissance. On a avancé sur le Ségur pour les soignants, sur le Grenelle. Donc, on regarde les choses en face et on fait. On a mis...
Enfin, le Ségur de la santé, beaucoup d'infirmières restent toujours un petit peu sur leur faim en estimant qu'elles n'ont pas eu...
Si vous prenez pour une aide soignante, c'est 300 euros de plus par mois. Ça ajoute la prime d'activité qui avait été de 100 euros par mois en plus au moment de la crise des Gilets jaunes. C'est aussi la taxe d'habitation qu'on a supprimée pour 23 millions de foyers. Donc, le pouvoir d'achat, là aussi, on fait du concret. Pour les agents publics, c'était pour moi la mutuelle santé. C'était un enjeu très fort. C'était aussi de s'assurer, par exemple, il y a encore quelques semaines, qu'on n'ait pas d'agents des collectivités locales payés sous le SMIC.
Amélie de Montchalin, baromètre contre baromètre, les Français jugent sévèrement le bilan des 4 premières années de gouvernance d'Emmanuel Macron. 62% des Français le qualifient de ce bilan de mauvais contre 38% qui le trouvent bon, baromètre mensuel Odoxa. Comment est-ce que vous expliquez ce... Si on vous entend, il y a eu beaucoup de mesures et cependant, c'est toujours mal perçu, visiblement, ça ne passe pas, il y a des trous dans la raquette, visiblement.
C'est pour ça qu'on prend notre bâton de pèlerin, c'est pour ça qu'on veut remettre des faits, après, chacun peut juger. On ne demande pas aux gens... On n'est pas dans une campagne publicitaire. Non, mais à un moment donné, les Français votent.
Non, mais Emmanuel Macron a été élu sur l'idée de rassembler les Français. On voit bien que ce n'est pas encore le cas.
D'abord, la première chose, c'est que nous avons aussi dans notre débat public encore beaucoup d'idées fausses. Je prends le sujet des impôts, j'y reviens. Beaucoup de Français, peut-être, si vous leur demandez, vont vous dire les impôts augmentés. Ils n'ont jamais autant baissé. Mais c'est à nous de montrer qu'est-ce qui se passait en 2017, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Et c'est à nous de remettre à nouveau des faits et de la vérité. Quand vous avez un débat politique qui ne devient qu'un débat au fond assez stérile, vous avez par exemple Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon qui nous disent « Votre bilan, c'est le creusement des inégalités ».
Moi, je leur réponds « Écoutez, depuis quatre ans, qu'est-ce qu'on a fait ? On a pris les inégalités à la racine. On a dédoublé les classes en CP et C1 parce qu'on sait que c'est déjà là que les inégalités se construisent. On a regardé les inégalités territoriales pour recréer des emplois. On a regardé les inégalités de destin. On a un plan, par exemple, sur l'égalité des chances dans la fonction publique qui est inédit.
Non, mais vous faites forcément un bon bilan de la présidence Macron mais cependant, ce que dit ce sondage, c'est qu'Emmanuel Macron apparaît toujours comme handicapé par son costume de président des riches. À l'heure des bilans, est-ce que la suppression de l'ISF, par exemple, n'est pas le sparadrap qui colle aux chaussures d'un président toujours en marche ?
Moi, je vois un président qui a été un président dans la crise qui a assumé pleinement le quoi qu'il en coûte. Nous sommes le pays d'Europe qui a le plus soutenu ses entreprises, ses artisans, qui a le plus investi dans l'activité partielle. Je vois un président qui a investi dans le pouvoir d'achat. Je dis, reviens, la prime d'activité, les grandes mesures qu'on a pu prendre sur cette taxe d'habitation qui était un impôt très bizarre puisqu'il dépendait de votre lieu de résidence et pas de votre revenu. Donc, ça veut dire que les critiques
sont caricatérales vis-à-vis de lui, de la droite
à l'extrême gauche ? Ce que je dis, c'est qu'il y a évidemment un moment donné de débat public, j'y reviens. L'extrême droite a contaminé les esprits. Avant, on avait Marine Le Pen qui nous avait habitués à critiquer tout, tout le temps, en agitant des peurs et en n'ayant jamais aucune proposition. Manifestement, qu'on soit maintenant de droite ou de gauche, tout le monde fait la même chose. C'est Trumpien, c'est les invectives, c'est creux, c'est assez, en fait, ça détruit la démocratie. Que nous ayons des projets différents, que nous ayons des priorités différentes, que le débat puisse être alimenté en ce sens. Évidemment, c'est normal, mais remettons des faits.
Et donc, notre combat, là, dans les mois qui viennent, c'est de montrer aux Français ce qui se passait, ce qui se passe. D'ailleurs, quand vous échangez avec eux sur la base de ces données, ils ne vous disent pas qu'on est dans le faux. D'ailleurs, ces données, ce ne sont pas des données en milliards, en millions. Ils vont parler de réformes fiscales. Mais la bonne nouvelle, c'est que nous avons enfin de la relocalisation industrielle. le plan de relance vient accompagner, vous voyez encore, et j'étais hier dans le Var, une entreprise qui investit 50 millions d'euros, qui fait revenir des Etats-Unis une production qui en était partie depuis des décennies.
Donc,
nous avons travaillé sur la création d'emplois, nous avons travaillé pour les Français. Cette transformation...
Un bilan positif, forcément, vous présentez un bilan positif et vous êtes dans votre rôle de la gouvernance Macron. Moi, je voudrais revenir sur les promesses ou les sparadraps qui restent parce que c'est là que ça va se jouer aussi pour vous. Il y a 4 ans, le 7 mai 2017, jour pour jour pratiquement, c'était son premier discours de président Emmanuel Macron. Il avait dit qu'il ferait tout pour que les Français n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes.
Vous venez de parler de Marine Le Pen, 4 ans après, jour pour jour, Marine Le Pen, elle apparaît toujours dans les sondages comme étant qualifiée pour le second tour de la présidentielle, pourquoi pas même au premier, enfin pardon, en tête du dernier tour. qu'est-ce qui n'a pas fonctionné dans la stratégie du chef de l'État qui voulait éviter aux Français d'aller voter Marine Le Pen ?
Je vous le redis, nous devons redonner confiance aux Français que voter a des conséquences. Les extrêmes, Marine Le Pen et d'autres, ceux qui, comme je vous dis, vous adniment des idées qui sont des idées creuses, prospèrent parce que depuis des décennies, derrière les promesses, ils ne voyaient pas les résultats. pourquoi les Français se lèveraient-ils un beau dimanche du printemps 2021 ou 2022 s'ils ont l'impression qu'avec leur bulletin de vote, il ne se passera rien pour eux là où ils sont.
C'est notre obsession depuis 4 ans, c'est ce qu'on appelle le dernier kilomètre, que chaque politique rentre dans chaque village, dans chaque appartement, dans chaque quartier, dans chaque commune de France. Ce combat-là, on ne le lâchera pas. Mais Emmanuel Macron, depuis 4 ans,
est-ce qu'il a changé, est-ce qu'il a évolué, est-ce qu'il s'est rendu compte qu'il avait déçu les Français d'abord, mais qu'il essaye de changer la...
D'abord, il y a 40% des Français qui considèrent que ce que nous faisons va dans le bon sens. Pour ces 40% de la France, je peux vous dire qu'on va continuer. Pour les autres, on va aussi, et c'est là aussi le changement politique, considérer que nous travaillons avec tout le monde, nous travaillons avec toutes les collectivités, nous n'avons pas fait le choix de dire, ah ben tel maire, il n'est pas de notre couleur politique, on ne va pas s'occuper, ce n'est pas de lui qu'on s'occupe à la fin. Ceux qui font ce genre de choses ce n'est pas notre ligne. Alors il reste un an à Emmanuel Macron, un an, un an pour convaincre Amélie de Monchard.
Nous avons à utiliser pleinement le plan de relance, nous avons à investir notre ambition.
Mais elle est d'ailleurs le plan de relance des 100 milliards, d'investir. Le plan de relance, les 100 milliards, ils iront où en priorité ?
Ils vont 30 milliards d'euros pour la transition écologique, 30 milliards d'euros pour former les Français, pour la compétence, pour l'éducation, pour préparer les emplois demain et 30 milliards d'euros pour produire, avoir une industrie, avoir des emplois qui soient, compétitifs, innovants, que nous restions un pays qui ne dépend pas du reste du monde, qui a de la croissance et qui peut permettre à chacun d'avoir un avenir.
Donc un an pour convaincre, quelle est la réforme chez vous, Amélie de Monchard que vous aimeriez mettre en avant ? En un an. Quelle est la réforme qui va revenir ou qui va être mise sur pied ? Je vous dis,
la réforme à venir ?
Oui, à venir.
Moi vous savez, je travaille en ce moment sur cette réforme de la haute fonction publique. C'est une réforme d'efficacité. Comment on redonne d'abord des gages à ceux qui travaillent au service de l'intérêt général pour que leur carrière soit des carrières intéressantes.
En supprimant l'ENA,
en faisant la formation continue, en allant chercher, vous savez, des jeunes méritants, talentueux, boursiers dans tout le pays. On a ouvert 74 classes préparatoires dans les universités d'Agin à Valenciennes parce que je ne veux plus entendre dans mon pays des jeunes qui disent servir son pays, j'en rêve, mais ce n'est pas pour moi parce que je ne suis pas né dans la bonne famille, parce que je ne suis pas dans un bon village.
Vous avez entendu les critiques. Cette promesse républicaine, il a fallu 50 ans pour valider l'ENA au niveau international pour la France et là, il va falloir autant de temps pour valoriser cet institut du service public.
L'institut du service public, il va recruter des jeunes de tous les horizons parce qu'ils auront envie de servir leur pays qui seront méritants et talentueux. Cet institut du service public, il va former en continu de nouveaux fonctionnaires parce que dans un monde où on a la révolution écologique, la révolution numérique, défendre nos valeurs républicaines, qu'on puisse se former tout au long de sa vie.
Et cette réforme, je reviens, les bonnes compétences au bon endroit, c'est pour que tout ce que je viens de vous dire que nous portons puisse être appuyé sur chaque territoire, dans chaque département par les hommes et les femmes qui déjà aujourd'hui très engagés n'attendent que de nous qu'on leur donne les moyens d'agir et que les Français voient les résultats.
Parole de Amélie de Montchalin ce matin sur France Inter. Merci beaucoup, ministre chargée de la Transformation et de la Fonction, toutes les deux publiques. Merci beaucoup et bonne journée. Il est 9h moins 20.
Amélie de Montchalin