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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 3 juillet 2020 19 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesTravail & emploiSécurité

L'invitée de Bourdin Direct : Rachida Dati - 03/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:01OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça vous surprend ? Les constats qu'il fait, les Français connaissent ce constat parce qu'ils le subissent tous les jours.

  • 1:42OuverteRéponse directe

    Toutes ces classes populaires, vous revendiquez cette parole populaire, Rachida Dati ?

  • 3:17RelanceRéponse partielle

    Mais vous, vous ne leur parlez plus. Enfin, vous, les politiques ne leur parlent plus.

  • 4:26OuverteRéponse directe

    Vous revendiquez cette parole populaire, Rachida Dati ?

  • 5:21OuverteÉludée

    Est-ce que, par exemple, à la présidentielle, vous pourriez porter cette voix ?

  • 6:19FerméeÉludée

    Donc, vous pourriez être candidate à la présidentielle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46PrésentateurChiffre
    « 800 à 900 000 jeunes qui vont arriver sur le marché de l'emploi à l'automne. »
  • 2:48PrésentateurChiffre
    « Chalons-en-Champagne, qui est une ville moyenne, française, au cœur de la France. Chalons-en-Champagne, 74% d'abstention au municipal. »
  • 5:31PrésentateurFait
    « C'est la première fois, M. Bourdin, depuis 2001, que la gauche à Paris est minoritaire en voix. »
  • 15:26Invité politiqueChiffre
    « Ils sont sortis en 6 ans, 10 milliards d'euros restitués dans les caisses de l'État. »
  • 17:16PrésentateurFait
    « Pour éviter un trouble à l'ordre public, pour qu'on ne découvre pas la nature de l'affaire comme ça du jour au lendemain. »

Temps de parole

  • Présentateur72 %
  • Rachida Dati28 %

6,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.

0:09
Rachida Dati

Rachida Dati est notre invité ce matin, maire du 7e arrondissement de Paris. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Nous allons parler des municipales Paris et Marseille. Parce qu'alors là, c'est une bouillabaisse effroyable qui est en train d'être proposée aux Marseillais. Mais je voudrais que nous commencions avec le président de la République dans la presse régionale. Que dit-il ? Rentrée très difficile, nouveau chemin, reconstruction économique, sociale, environnementale et culturelle. Et il donne les premières pistes. Ségur de la santé, évidemment, plan grand âge, accompagnement des jeunes. C'est vrai, 800 à 900 000 jeunes qui vont arriver sur le marché de l'emploi à l'automne.

Égalité des chances. Vous avez lu cette interview, Rachida Dati ?

0:56
Présentateur

Je n'ai pas lu l'interview dans son intégralité. J'ai vu les grands thèmes. Mais est-ce que ça vous surprend ? Les constats qu'il fait, les Français connaissent ce constat parce qu'ils le subissent tous les jours. Vous savez, les Français sont en forte attente des politiques. Contrairement à ce qu'on dit, ils sont en forte attente vis-à-vis des restants de la politique. Et ce n'est pas de l'infantilisation. Ils attendent beaucoup de la politique parce qu'ils croient en la politique et ils croient que la politique peut changer leur vie. Vous croyez qu'ils pensent encore que la politique peut changer leur vie ? Bien sûr.

Mais le résultat de tout ça, c'est que comme les politiques, comme nous ne sommes pas à la hauteur, ils nous tournent le dos. Et ils tournent le dos aux urnes. Parce que qu'elles sont-ils les Français ? Ils attendent de l'autorité. Vous avez vu l'état du pays ? Ils attendent une réduction des inégalités. Vous avez vu l'état du pays ? La réduction des fractures. La réduction aussi, la plus de reconnaissance, de revalorisation du travail. Ils veulent de la responsabilité, mais dans le respect. Toutes ces calasses populaires. D'ailleurs, cette campagne m'a encore donné l'occasion de pouvoir être dans leur proximité, dans leur écoute.

Tous ces Français, cette majorité silencieuse que vous avez sur votre antenne, M. Bourdin, vous avez avant 8h30. Vous savez qu'à 8h30, il y a tellement de Français qui ont déjà plus qu'entamé de leur journée, qui vous parlent tous les matins. C'est pour ça que moi je regrette d'ailleurs que ces Français-là n'aient plus ce canal-là pour la rentrée. Parce que ces gens-là, vous avez vu de quoi ils vous parlent. Et puis, toutes origines confondues, toutes conditions sociales, toutes catégories, que vous disent-ils ? Ils veulent qu'on les respecte. Ils veulent que leur travail et leur effort soient reconnus. Que le mérite soit mieux reconnu, qu'il y ait plus d'équité.

Tout ça, est-ce que ça va être entendu ?

2:33
Rachida Dati

Votre ton est grave là, Rachida Dati, parce que la situation est grave.

2:37
Présentateur

Mais bien sûr que la situation est grave.

2:38
Rachida Dati

Je prenais un exemple, un seul exemple. La ville de Chalons-en-Champagne, qui est une ville moyenne, française, au cœur de la France. Chalons-en-Champagne, 74% d'abstention au municipal.

2:52
Présentateur

Vous avez beaucoup des maires qui ont été élus avec 80% d'abstention ? Je vous prends le cas de Paris. Moi, vous savez, j'ai fait une campagne. Personne ne... C'est comme... Pardon, je vais juste... Oui, allez-y. C'est que beaucoup de commentateurs, et puis les responsables politiques, s'engouffrent dans ce piège-là. Installent des matchs, installent des enjeux, installent des candidats. Déjà, pour 2022, c'est Macron-Le Pen. Circuler, il n'y a plus rien à voir. Je vais en parler. Quand vous avez des commentateurs, quand vous vous installez en disant français, finalement, vous n'avez pas le choix, et bien ils vous tournent le dos. Ils tournent le dos aux urnes. C'est ça que je déplore.

Vous savez, à chaque élection, on n'a jamais eu ce qui a été installé au départ. Mais, ce que je déplore, c'est la forte abstention. Quand vous avez une forte abstention comme ça, c'est le pacte républicain qui est fragilisé. Est-ce que vous pensez...

3:42
Rachida Dati

Les Gilets jaunes, donc, ce qui s'est passé avec les Gilets jaunes au sens large, n'ont pas été écoutés. Peut-être n'ont-ils pas voté, d'ailleurs. Beaucoup n'ont pas voté. Parce que déçus... Je vais vous dire... Les politiques ne savent plus s'adresser au peuple, entre guillemets.

3:58
Présentateur

Monsieur Bourdin, pendant toute la crise des Gilets jaunes, vous avez fait des émissions spéciales. Oui. Ces gens-là, ils vous parlent encore. Ils vous parlent encore, j'ai encore entendu ce matin.

4:04
Rachida Dati

Oui, oui.

4:06
Présentateur

Une jeune femme, d'ailleurs. Mais vous, vous ne leur parlez plus. Enfin, vous, les politiques ne leur parlent plus. Mais vous savez, quand vous avez des politiques qui disent, finalement... Oui, on déplore tous l'abstention. Mais on ne traite pas les causes. Certains, ça les arrange, finalement. Parce que certains veulent faire monter le Front National. Faire monter les extrêmes en disant... Ce qui nous sauvera, ça va être le Front Républicain. Mais à un moment donné, il n'y a plus de Front, il n'y a plus de Républicain.

4:26
Rachida Dati

Vous revendiquez cette parole populaire, Rachida Dati ?

4:30
Présentateur

Vous savez, moi, je me suis engagée en politique. Je l'ai fait dans la clarté, je l'ai fait dans l'engagement. Je suis la preuve que la vie politique peut changer la vie des gens. Moi, je ne crois pas à la fatalité. Je lutte contre les déterminismes. Ce à quoi on assiste en ce moment. Je ne suis pas pour la victimisation. Je suis pour la responsabilisation. Mais il faut parler de tout. Il faut parler de tout avec tout le monde. Moi, je parle de tout avec tout le monde. Même des choses que, parfois, il est difficile ou de dire ou d'entendre. Mais moi, je parle avec tout le monde de tout. Pourquoi ?

Quand on parlait de sécurité à Paris, quand on parlait de propreté, quand on parlait de difficulté de vie, on me disait... Oh là là, il ne faut pas parler de ça. Ou alors, oh là là, Mme Dati, elle stigmatise. Certains mômes ont dit, nous n'avons pas les mêmes valeurs. Mais moi, j'ai des valeurs républicaines. C'est ça que je défends. Avec les Français, ils sont demandeurs de cela.

5:19
Rachida Dati

Alors, qui porte cette voix ? Vous pourriez porter cette voix ? Est-ce que, par exemple, à la présidentielle, vous pourriez porter cette voix ?

5:24
Présentateur

Moi, j'ai mené cette campagne à Paris. Et je remercie les Parisiens qui nous offrent confiance. C'est la première fois, M. Bourdin, depuis 2001, que la gauche à Paris est minoritaire en voix. C'est la première fois depuis 2001. Le camp du changement à Paris est majoritaire. Je remercie les Parisiens d'avoir exprimé cela. Malheureusement, c'est comme pour Marseille. Le mode de scrutin, c'est-à-dire que vous pouvez être majoritaire en voix et ne pas être élu. Et donc, moi, je vous le dis, je crois à la politique. J'ai toujours cru, sinon je ne serais pas là.

5:54
Rachida Dati

Vous aimez la politique et vous avez envie de continuer une vraie carrière politique. C'est pour ça que je vous pose la question. Parce que cette voix populaire, qui la porte en France ?

6:03
Présentateur

Quand vous n'êtes plus dans la proximité, quand vous n'êtes plus à l'écoute, finalement, vous vous adressez à une clientèle, un petit segment. Vous faites voter un tout petit segment français. Vous avez envie de porter cette voix ? Moi, j'ai envie de parler à tous les Français, de tous les sujets, et d'aller partout. Comme je l'ai fait pendant la campagne municipale. Donc, vous pourriez être candidate à la présidentielle ? Est-ce qu'il est normal, quand j'ai vu ce qui s'est passé à Dijon ? Dijon, je connais, c'est une ville où j'ai commencé mes études. Les Grésil, je connais très bien. Et c'est un endroit où il n'y a pas si longtemps que ça.

Le secrétaire d'État à l'intérieur n'a pas pu y aller. Le ministre de l'Intérieur n'a pas pu y aller. On me dit qu'il y a des endroits où on ne peut pas aller. C'est normal ? Non. Et vous croyez que les gens qui habitent au Grésil, ils sont en rupture avec les valeurs républicaines ? Je ne le crois pas. Au contraire, ils sont demandeurs qu'on vienne.

6:47
Rachida Dati

Vous ne me répondez pas, mais je vous repose la question. Vous pourriez porter cette voix à la présidentielle ? Vous aimeriez ?

6:52
Présentateur

Mais toutes les échéances politiques sont liées aujourd'hui. Vous faites du local et du national. Oui, je sais. C'est pour ça que je vous propose. Oui, parce que, je veux dire, ma voix, vous allez l'entendre. D'abord, je ne vais pas abandonner Paris. Non, ça, j'imagine. Pourquoi je ne vais pas abandonner Paris ?

7:07
Rachida Dati

Mais je voudrais que vous me répondiez. Est-ce que vous pourriez porter cette voix à la présidentielle ? Être une candidate comme ça qui ne se passe les...

7:15
Présentateur

Avant la campagne présidentielle et les régionales qui arrivent. Les régions, c'est important. Et on l'a vu dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire. Je serais engagée dans toutes les échéances. Et je serais aux côtés des Parisiens. Vous avez vu l'État de Paris ?

7:28
Rachida Dati

Vous serez engagée à la présidentielle ?

7:30
Présentateur

Je serais engagée politiquement. Je suis une raison à politique. Tous les raisons à politique.

7:34
Rachida Dati

En dehors du parti ou en élargissant, en dehors de votre parti, en portant justement cette voix populaire ?

7:41
Présentateur

J'incarne quelque chose à droite. Et vous le savez. Oui. Ça a été d'ailleurs... C'est pour ça que j'ai beaucoup aidé la gauche. Répondez-moi.

7:48
Rachida Dati

Est-ce que vous avez envie d'être candidate ?

7:49
Présentateur

Sincèrement. Candidate à quoi ? À la présidentielle, sincèrement. Moi, mon objectif aujourd'hui, et mon ambition, c'est de changer Paris.

7:56
Rachida Dati

Oui, non, mais d'accord. Ah non, non, mais je suis... Répondez-moi, je suis d'adaptiste. Je vous ai répondu. Je suis sur Paris. Donc vous n'êtes pas candidate à la présidentielle ?

8:02
Présentateur

Mais ma voix va être entendue pour la présidentielle, comme pour les régionales. Oui, mais vous pourriez... Vous savez, le drame de Paris, pour la droite parisienne, pendant des années, c'est d'avoir mis des candidats, et que tout le monde, à chaque fois, a abandonné les Parisiens. Vous savez, nous avons été élus. J'ai renouvelé tous les candidats à Paris, justement, contre ce qu'on appelait les barons. Contre ceux qui voulaient uniquement sauver des sièges ou des postes. Moi, j'ai voulu des gens qui sauvent Paris. J'ai un grand groupe, aujourd'hui, au Conseil de Paris, puisque j'en ai doublé le nombre. Aujourd'hui, tous ces candidats seront sur le terrain tous les jours.

Ils seront aux côtés des Parisiens qu'on n'abandonnera pas. On a fait porter un espoir. On a incarné un espoir. Cet espoir, on ne va pas le décevoir.

8:43
Rachida Dati

Je vous le dis. Alors, vous serez sur le terrain à Paris. Je ne vais pas vous poser éternellement la question. Mais vous pourriez être candidate ou pas à la présidentielle ?

8:51
Présentateur

Vous pourriez ? Mais, je vais vous dire, j'ai été candidate à Paris. On vient de passer un cap difficile. Laissez-moi dans cette échéance, M. Bourdin.

8:59
Rachida Dati

D'accord, pour l'instant.

9:01
Présentateur

Non, mais laissez-moi dans cette échéance parisienne.

9:02
Rachida Dati

Vous avez vu ce qui se passe à Marseille. Alors là, mettez-vous... Je me mets à la place d'un électeur marseillais. Mais que se dit-il ? A-t-il envie de continuer à aller voter ? Que se passe-t-il dans votre parti ?

9:13
Présentateur

Mais justement, je vais vous y répondre. Mais c'est comme l'électeur parisien qui a voté pour une majorité et qui se retrouvait avec une maire qui est minoritaire. Mais à Marseille, Martine Bassal, elle a pris ses responsabilités. Ça devenait compliqué. Donc, elle s'est mise en retrait. Voilà. Et à droite, on a pris...

9:29
Rachida Dati

Un accord entre le candidat LR et le Rassemblement National ? Jamais.

9:35
Présentateur

Jamais.

9:35
Rachida Dati

Jamais ?

9:36
Présentateur

Jamais. Pour vous ?

9:38
Rachida Dati

Jamais. Mais est-ce que vous n'êtes sûr qu'à Marseille ?

9:41
Présentateur

Non, pour notre famille politique, jamais. Jamais. Je vais vous dire. Si je suis devant vous, si effectivement mon combat à droite... Vous savez, ceux qui ont perdu, ou ceux effectivement pour lesquels les Français ne font plus confiance, c'est quand effectivement vous trahissez vos convictions. Moi, vous savez, on ne m'a jamais reproché d'être à droite. On vous reproche de trahir vos convictions, quelle qu'elle soit, ou de trahir votre parti. Moi, je n'ai pas trahi ma famille politique. Mais je ne suis pas la femme d'un clan ou d'un clan.

10:07
Rachida Dati

Et s'il y a accord à Marseille entre le candidat LR et le candidat du Rassemblement National ? Mais ça n'est pas possible.

10:13
Présentateur

Ils n'ont plus d'étiquette. C'est-à-dire que ces candidats, s'ils font un accord avec le Front National, ils n'appartiennent plus à ma famille politique. Je vous le dis. Ils ne peuvent pas appartenir à ma famille politique républicaine. Ça n'est pas possible. Voilà. Mais on a toujours été clairs là-dessus.

10:29
Rachida Dati

Bien. Bien. La présidentielle, j'en ai parlé. Et Emmanuel Macron n'en parle pas pour l'instant. Mais il sera candidat, évidemment, en 2022. Il va remanier. Oui. Vous attendez à quoi ? Vous avez été sollicité ou pas ? Non. Non ? Non. Parce qu'on dit que vous avez des relations régulières avec le président de la République.

10:50
Présentateur

Oui, mais je n'ai pas été sollicité.

10:52
Rachida Dati

Non. Pour être, je ne sais pas, moi, pour être ministre, non. Absolument pas. Non. C'est le point qui disait que vous aviez sollicité, je crois que c'est le point qui rapportait cela, entre les deux tours de la municipale, que vous aviez appelé l'Elysée ou appelé Alexis Collère.

11:06
Présentateur

Non, parce que je vous avais répondu sur ce plateau. Vous m'aviez interrogé, M. Bourdin. Je vous avais répondu. Je ne les ai jamais appelés pour les solliciter. Que j'ai des échanges avec le président de la République ou avec Alexis Collère, c'est vrai. Mais il ne date pas d'aujourd'hui. Il date même de bien avant 2017.

11:21
Rachida Dati

Le Premier ministre doit-il être conservé par le président de la République, selon vous ?

11:26
Présentateur

Moi, je veux vous dire, le sujet, ce n'est ni le Premier ministre, ni l'équipe. C'est quelle direction, quelle vision, pour quels résultats et quels objectifs.

11:37
Rachida Dati

Un modèle qui consomme moins, a dit Emmanuel Macron. Que dit-il encore ? Par exemple, pas de taxes carbone dans les deux ans qui viennent en France, mais possibles aux frontières de l'Europe. Que dit-il encore ? Accepter les plans sociaux massifs, ensuite mettre en place un système très généreux qui les indemnise. Il faut rompre avec cette habitude. J'imagine que vous êtes d'accord avec ça ?

11:59
Présentateur

Non, mais ces grands principes, c'est bien. Je ne renonce pas à la réforme des retraites, dit-il aussi ? Oui, mais la réforme des retraites, tout le monde était d'accord qu'il fallait réformer le système des retraites. Il n'est pas viable. Tel qu'il est aujourd'hui, il n'est pas viable. Après, c'est les modalités de cette réforme.

12:13
Rachida Dati

Que faut-il pour relancer ce pays ? D'abord, il faut réduire les inégalités.

12:21
Présentateur

Et d'ailleurs, la crise des Gilets jaunes l'a démontré. Et ce qu'a démontré aussi la crise des Gilets jaunes, c'est que les Français n'étaient pas entendus. Ils n'étaient pas écoutés. Et pourtant, les élus locaux avaient remonté les difficultés que vivaient les Français. Ils n'ont pas été entendus, ni à Matignon, ni à l'époque à l'Élysée. Et est-ce que le grand débat a changé les choses ? Non. Vous savez, il y a encore une colère sourde qui est latente. Et on l'a vu. Regardez, les violences urbaines, M. Bourdin, c'est tous les jours. Tous les jours. Les fractures territoriales, c'est tous les jours. Le monde rural est en rupture avec les milieux urbains. C'est tous les jours.

Quand vous êtes chef de l'État, on ne peut pas se contenter et uniquement déplorer l'abstention. L'abstention, c'est grave. Au contraire, il faut qu'on ait un projet qui suscite l'adhésion des Français. Si vous ne suscitez pas l'adhésion des Français...

13:12
Rachida Dati

Mais les partis politiques sont dépassés. Parce que les partis politiques aujourd'hui...

13:17
Présentateur

Ils ne portent plus d'espérance. Moi, je considère qu'ils ne portent... Regardez les résultats du municipal. Oui, mais ils ne portent plus d'espérance. C'est mon avis personnel. Je trouve que ça ne porte plus d'espérance. C'est vrai que les idées, on ne sait plus quelle est la ligne. Et puis, l'incarnation. Moi, je fais une campagne avec enthousiasme. Moi, j'ai toujours abordé la politique comme j'aborde la vie. Ceux qui considèrent, c'est un métier. Moi, je considère que c'est un engageant. C'est une mission. C'est la vie. Moi, je me réveille le matin. Je fais de la politique comme je respire. On peut être en colère. On peut être ravi. Quand on arrive sur... On mène une action.

On est content. Un truc très simple. Vous voyez, là, les enfants ont vécu le confinement. Certains ont été plus en difficulté que d'autres. J'ai fait des commandes de livrets de révision pour l'été. Et puis, des livrets d'animation pour la culture, les loisirs. Non, mais les enfants que j'ai vus hier sont très contents. Je suis satisfaite. Je me dis, tiens, ça, c'est une action qui me satisfait. Mais ça peut être une petite action comme une grande action. La grande action, ça va être de réconcilier les Français. Vous avez vu toutes ces fractures, toutes ces manifestations, toutes ces contestations qui se terminent en bataille rangée.

Il n'y a plus une manifestation qui ne se termine pas dans la violence. Est-ce que tout ça va être encore viable ? Moi, je pense qu'avec tous les mécontentements, toutes les crises, toutes les crises pas résolues, c'est un cocktail quand même un peu détonnant qui nous attend.

14:44
Rachida Dati

La justice, vous avez été garde des Sceaux. Vous dites que le parquet national financier, c'est le bras armé d'une justice politique.

14:54
Présentateur

Vous savez, ce PNF, quand il a été créé, d'ailleurs François Molins, qui était procureur de la République, n'était pas favorable. Pourquoi ? Parce que le parquet, en France, et c'est le code de procédure pénale, c'est un et indivisible. Il y a un parquet, un procureur, et vous avez des divisions. Est-ce qu'il faut le supprimer ? Moi, j'étais plutôt favorable qu'on ait une section financière, et qu'on donne plus de moyens à cette section financière, sous l'autorité d'un procureur. Vous ne pouvez pas avoir un parquet avec 4, 5 procureurs.

15:21
Rachida Dati

Mais il travaille, ce parquet, 11 sans affaires. Ils sont sortis en 6 ans, 10 milliards d'euros restitués dans les caisses de l'État.

15:28
Présentateur

Il travaille, il travaille bien. Est-ce qu'on dit que ça ne travaille pas ? Mais est-ce que vous ne pensez pas que ce parquet, il peut être sous l'autorité d'un seul procureur ? D'abord, il y aurait moins de suspicions.

15:37
Rachida Dati

Oui, mais le procureur sera sous l'autorité de qui ?

15:40
Présentateur

Du procureur général.

15:41
Rachida Dati

Mais voilà. Et qui lui-même est sous l'autorité de qui ?

15:43
Présentateur

Le garde des Sceaux. Mais M. Bourdin, je veux vous dire, vous seriez d'accord pour avoir une politique pénale ou une politique générale différente en fonction du procureur, de la personnalité du procureur. Si l'île ne mène pas la même politique qu'à Marseille, vous votez pour un gouvernement pour appliquer une politique pour laquelle vous avez voté. Moi, je souhaite que la politique pénale qui est menée à Marseille soit la même qu'à l'île. Et que ce ne soit pas le procureur qui ouvre...

16:06
Rachida Dati

Donc la hiérarchie est indispensable.

16:08
Présentateur

La hiérarchie est indispensable. Parce que la politique... Mais comment établir une hiérarchie et garantir l'indépendance ? Justement, ça permet... Moi, je suis très soucieuse de l'état de droit et de l'indépendance de la justice. Mais le parquet, c'est aussi une garantie de protection de cet état de droit. C'est-à-dire qu'on aura la même politique pénale ou politique civile sur tout le territoire. C'est une égalité des Français devant la justice. Ensuite, les instructions. C'est des instructions de politique générale. Moi, j'en ai donné.

Des instructions de politique pénale pour les démantèlements, par exemple, de trafic, sur la lutte contre les violences conjugales, de protection de l'enfance. J'ai donné des instructions de politique générale. C'est indispensable. De politique générale, oui. Bien sûr. Et de politique ou civile, ou pénale, c'est indispensable.

16:51
Rachida Dati

Et concernant des affaires politiques ?

16:53
Présentateur

Alors, non, jamais. Les instructions individuelles, d'abord, c'est interdit. Et je n'en ai jamais eu, ni même l'idée. Jamais. Je ne m'en suis jamais. Je n'ai même jamais regardé. Je vais vous dire. Oui, vous avez des remontées. D'ailleurs, hier, Philippe Bilger, qui a été quand même un grand avocat général, grand magistrat, l'a bien expliqué hier, dans une interview. C'est-à-dire qu'il y a des remontées quand les affaires sont sensibles ou quand on a affaire à une personnalité sensible. Pourquoi ? Pour éviter un trouble à l'ordre public, pour qu'on ne découvre pas la nature de l'affaire comme ça du jour au lendemain. Vous avez des remontées d'informations.

Mais là, par exemple, la suspicion qui a été jetée sur ce PNF, c'est la nature de l'information qu'on demande. Et quand vous avez un haut magistrat, Madame Oulette, ce n'est pas n'importe qui, ce n'est pas un magistrat qui vient de commencer. Elle dit, je subis des pressions. C'est quoi la définition d'une pression ? Une pression, c'est une contrainte. C'est une définition juridique. Donc, normalement, un magistrat remonte des informations sans pression et sans contrainte. Sinon, il y a un petit voile de suspicion qui s'immisce là-dedans. C'est pour ça qu'il faut, effectivement, donc la garde des Sceaux, et c'est assez rare pour le souligner, à demander une inspection. Oui.

C'est assez rare pour le souligner. Bien sûr. Bien sûr. Et c'est pour ça que moi, je serais assez favorable que ce PNF, que ce parquet, soit une section sous l'autorité du procureur de Paris.

18:10
Rachida Dati

Sous l'autorité du procureur de Paris. Bien sûr. Bien. Qu'on nous laisse tranquille. Qu'on nous laisse travailler, disent les magistrats de ce parquet national. Bien sûr.

18:17
Présentateur

Qu'on nous laisse travailler. Oui, mais quand il y a des choses qui sortent, où vous avez même des magistrats qui surveillent entre eux, là, on n'est plus dans une justice qui va bien. Donc, l'inspection va dire ce qui s'est passé dans ce PNF, parce que, comme vous le savez, il y a de fortes tensions entre les magistrats au PNF, et il y avait des tensions entre Mme Aoulette et sa hiérarchie. Donc, il faut remettre ça à plat. Mais moi, j'étais sur la position, je vous le dis, de François Mollins, qui est un seul parquet, avec des divisions. Il faudrait donner les moyens du PNF à la section financière qui existe déjà.

18:49
Rachida Dati

Merci, Rachida Dati, d'être venu nous voir ce matin. Il est 8h52, vous êtes sur RMC et BFM TV. Restez bien, parce qu'il peut y avoir du changement politique dans la journée. On ne sait pas, remaniement, peut-être...

19:00
Présentateur

Mais l'important, ce n'est pas l'équipe. C'est avec la méthode et les objectifs. Et les objectifs. Ce n'est ni le Premier ministre, ni l'équipe. Ni l'équipe. C'est le président.

19:07
Rachida Dati

Merci, Rachida Dati. Merci, Rachida Dati.