YOANN GILLET est face à DANIÈLE OBONO sur LCI !
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteÉludée
Est-ce que ça vous fait hurler, Yohann Gillet ?
- 2:26OuverteRéponse partielle
Sur le fait que les entreprises soient mises à contribution et que les prélèvements seront en hausse de 17,5 milliards.
- 2:28OuverteRéponse partielle
Cette nécessité de demander des efforts aux entreprises : comment embaucher, comment augmenter les salaires dans ce cas-là ?
- 5:18OuverteRéponse partielle
La satisfaction des marchés : ce budget qui va arriver, est-ce qu'on doit sauver les meubles ?
- 11:30OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous attendez de ce mardi 6 octobre ? Les cortèges seront mixtes ?
- 15:09OuverteRéponse partielle
Sur les violences : les revendications sont-elles légitimes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11InvitéFait
« Ils ont totalement ruiné le pays ces dernières années. »
- 0:33InvitéPromesse
« Marine Le Pen et Jordan Bardella proposeront, mardi, leur trajectoire budgétaire. »
- 0:54InvitéFait
« Je ne crois pas que M. Lecornu prévoit de réformer l'impôt sur les sociétés pour le rendre plus égalitaire. »
- 1:34InvitéFait
« Marine Le Pen a fait son coming out ordo-libéral et a décidé que désormais, elle appliquerait l'austérité voulue par Bruxelles. »
- 1:43InvitéFait
« La vérité, c'est que nous sommes dans une situation, effectivement, d'extrême inégalité, de difficulté sociale pour la majorité des Français et des Françaises. »
- 3:30InvitéFait
« Quelles ont été les économies de l'État ? Ce qui coûte une fortune, c'est l'État. Rien n'a été fait. »
- 4:14InvitéFait
« La taxe exceptionnelle, qui devait être exceptionnelle depuis deux ans, est maintenue maintenant. »
- 5:30InvitéFait
« Évidemment que les marchés vont sanctionner la France. »
- 7:04InvitéPromesse
« Nous présentons des contre-budgets depuis que nous sommes à l'Assemblée nationale. »
Temps de parole
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Est-ce que ça vous fait hurler, Yohan Gillet
?
Ils ont ruiné la France et ils continuent à agréver la situation. Les macronistes, évidemment. Ils ont totalement ruiné le pays ces dernières années. Et là, ils nous présentent un budget dans lequel ils continuent à augmenter la dépense publique. Ça, ils oublient de le dire. Et ils demandent des efforts sans réforme structurelle pour réformer l'État, qui en a bien besoin. Il faut que l'État se réforme. Il faut baisser la dépense publique, la mauvaise dépense publique, évidemment, parce qu'il faut aussi pouvoir consolider la bonne dépense publique. Mais il faut avoir le courage de le dire et le courage de le faire.
C'est pour ça que Marine Le Pen et Jordan Bardella proposeront, mardi, leur trajectoire budgétaire. À mardi aussi ? Et là, ce sera un plan très clair. Le mardi 6.
Un
plan très clair d'économie et également la présentation du contre-budget.
Daniel Obono, là-dessus, sur le fait que les entreprises soient mises à contribution et que les prélèvements seront en hausse de 17,5 milliards.
En fait, quand on donne ces chiffres, il faut regarder dans le détail. Je ne crois pas que M. Lecornu prévoit de réformer l'impôt sur les sociétés pour le rendre plus égalitaire. Puisque vous le savez, aujourd'hui, les très petites et moyennes entreprises prennent la majeure partie de la charge au niveau des entreprises, tandis que les très très grandes ne contribuent pas à la hauteur de leur richesse. Je ne crois pas que ce soit prévu. Donc c'est de cette manière-là que M. Lecornu essaie de donner le change en prétendant que tout le monde contribue alors que ce n
'est
pas
clair.
Oui,
et
en effet, il faut trouver les moyens pour répondre à des besoins. Moi, je ne suis pas d'accord avec M. Lecornu, les macronistes et le Rassemblement national qui sont d'accord là-dessus. Vous avez entendu, Marine Le Pen a fait son coming out ordo-libéral et a décidé que désormais, elle appliquerait l'austérité voulue par Bruxelles. La vérité, c'est que nous sommes dans une situation, effectivement, d'extrême inégalité, de difficulté sociale pour la majorité des Français et des Françaises. Et il faut répondre à leurs besoins sociaux, écologiques, et non pas leur demander à nouveau de faire, soi-disant, des efforts. Mais en fait, ceux qui subissent depuis des années la politique menée par M.
Macron vont encore subir. Et ça, c'est complètement injuste. Nous nous y opposons. Et nous présenterons les propositions qui permettent de trouver des ressources parce qu'on en a besoin. Il y a beaucoup de besoins. Vous allez parler, on va
parler de l'école.
Il
y
a la question de l'hôpital, les services publics en général. On a les moyens. Si on met en place de la justice sociale et fiscale, c'est ce que nous proposerons. Sophie de Menton,
restons un instant sur cette idée, cette nécessité de demander des efforts aux entreprises. Donc comment embaucher, comment augmenter les salaires dans ce cas-là ?
D'abord, on marche sur, je ne sais pas quoi, mais marche sur la tête. En l'occurrence, c'est un budget bidon qu'on va avoir. C
'est
un plan de finance bidon parce que l'Assemblée nationale ne veut pas voter. Personne ne veut voter la même chose. C'est donc invotable. Il n
'y a
pas une mesure qui
est
le consensus. Il faut bien voter,
il faut bien un budget. Il est bien d'accord.
Donc il va mettre un budget, mais personne ne sera d'accord. Donc il va mettre les trucs les plus aberrants pour que tout le monde ait un petit cadeau.
Un petit
cadeau, pour le moment, tout le monde doit faire un effort.
Oui, tout le monde doit faire un effort. Je ne sais pas ce que ça veut dire, tout le monde. Parce qu'on est en train de prélérer la... Regardez le secteur des pharmacies qui vient d'être touché violemment. Ça va être présenté mardi avec 15% de plus sur les pharmacies qui vont être obligés de déclarer, etc. Donc les entreprises sont les seules ressources du pays. Personne d'autre ne crée de la richesse, sinon d'entreprises. Quelles ont été les économies de l'État ? Ce qui coûte une fortune, c'est l'État. Rien n'a été fait. Et donc ce sont les entreprises qui paient tout.
Alors vous pouvez choisir les entreprises, celles qui paient un peu plus, un peu moins, les méchants riches, ceux qui réussissent, les dividendes qu'on n'aime pas. Très bien. De toute façon, ce sont les entreprises qui paient. Et c'est dramatique parce qu'à chaque centime que vous prélevez dans une entreprise, c'est la croissance du pays qui en souffre. –
Sylvie Pierre-Brossolette, le président du MEDEF, Patrick Martin, a dit ceci, je le cite, « Les remèdes budgétaires proposés vont aggraver la situation car ils vont affaiblir la production française, donc l'emploi, l'investissement et la croissance. » Donc lui également est plutôt mécontent. – Non
mais il est dans son rôle. C'est vrai que la taxe exceptionnelle, qui devait être exceptionnelle depuis deux ans, est maintenue maintenant. –
Elle n'est plus exceptionnelle. – Elle n'est
plus du tout exceptionnelle et elle est assez lourde sur les grosses entreprises. C'est évident, il n
'y a
pas que les petites qui payent, les grosses payent aussi. Non mais ce que je voudrais dire, c'est que ce budget est déjà totalement insuffisant. Quand on regarde les taux sur le marché monétaire auquel la France est obligée de recourir, il est déjà en retard de trois trains, notre budget. –
Il
va falloir évidemment faire des efforts supplémentaires.
–
Donc pour vous, ça n'est pas suffisant ? Les efforts
demandés ne sont pas suffisants
? – Je ne parle pas de jugement sur leur répartition, je dis que globalement, ils
ne
sont pas suffisants aux yeux des marchés et qu'il a fait un gros effort de présentation, M. Lecornu en disant qu'il y
a
54 milliards d'efforts, mais il n
'y a
pas 54 milliards d'économies. Et en réalité, les marchés vont regarder si c'est bidon ou pas, notre budget. Et effectivement, il risque d'abord de ne pas être voté. Et même s'il était voté en l'État, il est déjà insuffisant. Et il repose sur des projections tout à fait optimistes en matière d'inflation, du prix du pétrole, des taux d'intérêt. Et il est déjà obsolète avant d'avoir... – Yohann
Gillet et Daniel Obono, rapidement là-dessus, donc la satisfaction des marchés. Est-ce que ce budget qui va arriver, et quand même, on doit sauver les meubles ?
–
Non
mais, évidemment que les marchés vont sanctionner la France.
–
Oui, donc on sera quoi ? Moins
crédibles, moins solvables
? –
Les 54 milliards d'euros,
effectivement, ne sont pas, en réalité, 54 milliards d'euros d'économies. Tout cela repose sur des chiffres qui sont totalement mensongers, et tout le monde le sait, et tout le monde le commente depuis plusieurs
années. – Des
chiffres mensongers ?
–
Ben si, sur les prévisions qui sont celles affichées par le gouvernement, tout le monde sait qu'elles sont fausses.
– Donc vous pensez
que ça sera pire ? – Et ça a été le cas
ces dernières
années, bien sûr que ce sera pire. Et donc il faut, évidemment, un budget qui puisse répondre à la situation. Et un budget qui répond à la situation, c'est un budget qui protège à la fois les Français qui souffrent énormément, qui protège les entreprises, parce que les entreprises, effectivement, ont besoin d'oxygène pour pouvoir davantage se développer, faire de la recherche, et pouvoir également recruter et préserver, tout du moins, l'emploi. Et ce budget doit également prendre à bras le corps le sujet de la dépense sociale. Et la dépense publique de l'État. Je le redis, l'État a prévu, le gouvernement a prévu dans ce budget d'augmenter, encore une fois, de 40 milliards d'euros.
La dépense publique, c'est inacceptable.
–
Oui, Daniel Obono. – Moi,
je
crois qu'il faut quand même un
budget. – Mais
bien sûr qu'il
faut.
– Évidemment. – Il faut un
budget, non pas qui réponde au marché, mais qui réponde aux besoins des Français. C'est là toute la différence, moi, par rapport
à ce que j'ai entendu. – Mais il n'y a pas de baguette magique,
Daniel Obono ? – Non, il n
'y a
pas de magie, il
y
a des mesures très simples que nous proposons depuis, j'allais dire, 10 ans,
que
nous présentons des contre-budgets depuis que nous sommes
à l'Assemblée nationale et
que nous proposons des contre-budgets qui montrent qu'on a les moyens d'aller chercher l'argent où il est. Moi, je ne suis pas d'accord avec l'idée que ce seraient les entreprises qui créent la richesse, ce sont les travailleurs et les travailleuses, les salariés, les actifs qui créent cette richesse et qui n'en bénéficient pas à la hauteur de ce que
les millions de Français
qui
travaillent devraient
en bénéficier. Mais la question, encore une fois, c'est que la politique qui a été menée depuis 10 ans, c'est celle qui obéit au marché, qui va totalement dans le sens de faire plein de cadeaux aux très grandes entreprises qui n'ont pas tort de les accepter. Après tout, si les gouvernements décident de
se
mettre à leur service, pourquoi ne pas le prendre ? Mais on voit aussi qu'il y a une inégalité, encore il
y
a quelques semaines, vous avez entendu la nouvelle, grande nouvelle, des dividendes à foison, des milliards sont donnés aujourd'hui, au lieu d'être investis dans le productif, au lieu d'être investis dans les salaires, c'est donné aux actionnaires. On est les champions d'Europe là-dessus, ça ne va pas. Et donc, il faut remettre en cause ce choix qui nous mène évidemment dans le mur, que subissent les Français et les Françaises, qui nous mène dans
un risque
récessif et notre
politique économique.
Rester avec nous, bien
sûr, sur LCI, parce que dans quelques instants, nous allons poursuivre cette discussion qui est déjà animée. Et nous évoquerons bien évidemment cette journée à venir de mardi prochain, le fait que les lycéens ne sont toujours pas satisfaits, même après avoir vu le ministre de l'Éducation nationale. Et on se pose la question de ce qui va se passer éventuellement quand d'autres organisations syndicales seront dans la rue mardi. A tout de suite, restez avec nous. Bonsoir ou re-bonsoir, merci de nous suivre sur LCI. On le sait, les organisations lycéennes et étudiantes appellent à une grande journée de mobilisation nationale ce mardi 6 octobre.
Le risque d'embrasement des cortèges, c'est une question que l'on peut, que l'on va se poser parce que les lycéens, on le sait, ne sont pas satisfaits. Les syndicats professionnels ne sont exaspérés par la politique budgétaire du gouvernement. Donc tout ça forme bien sûr un cocktail explosif. Et disons que la France n'est pas du tout, c'est peu de le dire, Julien, dans un
moment serein. Ça c'est sûr, vu tout ce qu'on voit ou tout ce qu'on entend. Là le gouvernement il se dit ce week-end, bon voyons un petit peu si les tensions, si tout ça redescend.
Je
crois qu'il faut que tout le monde profite du calme là,
c
'est calme, pour le moment les
lycées sont fermés, on est le week-end. Et vous avez effectivement de cocher la date de mardi du 7 octobre.
Du
côté, dans l'entourage du
6
octobre, dans l'entourage du Premier ministre, on explique qu'on aimerait bien qu'il y
ait
des revendications étudiantes, enfin lycéennes, avec un mot d'ordre national, des choses qui puissent, qu'il
y ait
un encadrement, que ce soit avec des mouvements d'ordre, etc. Que tout soit bien cadré en quelque sorte, et éviter tous les dérapages. On le sait, l'exécutif il redoute deux choses quand il est au pouvoir, la rue, la jeunesse dans la rue, et les émeutes urbaines. On voit bien que tout cela peut se rejoindre, donc avec le sentiment, enfin pas un sentiment, c'est l'aspect d'imprévisibilité, et que tout cela peut partir à la moindre occasion, en des choses qui sont incontrôlables. Donc c'est ça aujourd'hui qui est amené le gouvernement, et de ce point de vue là je pense que tous les responsables politiques, à se dire attention, prudence, et essayons que ça ne dérape pas, et
qu'on ne
retrouve pas ces images-là mardi.
Essayons
que ça
ne dérape pas, justement, Jean-Luc Mélenchon, qui était aujourd'hui à la marche des fiertés, a évoqué cette possibilité, et également le service d'ordre qui sera celui du mardi 6.
Mais
c'est une honte, si tout ce qu'on a à dire à la jeunesse de ce pays, c'est de lui envoyer des types qui les tabassent, qui les chargent à cheval, et de montrer des poubelles qui brûlent, c'est vraiment qu'il y a quelque chose qui tourne plus rond. Normalement, le devoir de ceux qui sont en situation de responsabilité, c'est d'accueillir avec bienveillance la jeunesse, ou alors je ne comprends plus rien à ce que chacun doit aux autres. La semaine prochaine, on a la manif du 6 octobre. Moi, j'invite les adultes, les parents,
à
se mettre un casque blanc ou un brassard blanc, et à entourer les manifestations, pour que... On l'avait déjà fait dans les années après la mort de Malik Ousekine, ou dans les années 90, pour protéger. On a un devoir d'abord de protection, à leur égard.
Jean-Luc Mélenchon évoque les violences,
on
va y venir, mais aussi la possibilité d'organisation, avec des brassards blancs, lors de cette manifestation du 6 octobre. Qu'est-ce que vous attendez de ce mardi 6 octobre, Daniel Obono ? Les cortèges seront mixtes ? Les cortèges seront sans doute intergénérationnels ? Seront-ils massifs ? Seront-ils plus massifs ? Qu'est-ce que vous souhaitez ? Et avez-vous peur de ce débordement de violences ? Parce que Jean-Luc Mélenchon, il le redoute.
Tout le monde le redoute. D'abord, nous, nous souhaitons qu'il y ait le plus grand nombre de manifestants et de manifestantes aux côtés des lycéens et lycéennes, des étudiants et des étudiantes qui se sont joints à cet appel. Et désormais, vous l'avez dit, ce sont quasiment toutes les organisations syndicales de salariés qui participeront à cette mobilisation. Parce que d'abord, il faut le rappeler, les lycéens se mettent... Est
-ce
qu'on s'appelle de
dire ça ? Attendez, on va laisser
terminer, Mme Bonneau, je vous donne la parole tout de
suite. Le
mouvement est parti de revendications légitimes, de demandes de moyens pour l'école publique, pour les lycées...
Oui,
mais ça a tourné en
violence.
Non,
non, non.
Ah si ? Non,
non,
Madame Nima, excusez-moi, Rappelons tout de même qu'on parle le 1er octobre de près d'un tiers des lycées mobilisés dans toute la France et la très très grande majorité de ces plus de 1000 mobilisations n'ont pas
donné lieu... Ce sont déroulées sans violence. Voilà, d
'accord. Et effectivement, nous regrettons qu'il y ait eu une escalade et dont nous considérons que la responsabilité est celle du gouvernement parce que, avant tout, la question de garantir l'expression des manifestants et des manifestantes, quels qu'ils soient, et y compris, d'autant plus quand ce sont des lycéens très très majoritairement mineurs, elle repose sur le gouvernement qui a failli. On parle quand même de lycéens qui se sont retrouvés éborgnés, qui se sont retrouvés avec recevoir des balles en plein visage. Et d'un policier également qui a été hospitalisé.
C
'est ça qui devrait, aujourd'hui, tous et tous nous
choper et nous imprimer. Vous avez raison de dire que la
majorité de ces manifestations ne s'est pas déroulée dans la violence, mais il y a eu suffisamment de violence pour qu'on en parle, justement. Mais
parlons aussi des revendications. Avec des vidéos sur les réseaux sociaux.
Sophie de Menton
et puis M.
Zillet.
Pardonnez-moi, j'ai
complètement irresponsable de dire qu'on veut une manifestation très importante, mardi. On ne veut pas de manifestation très importante.
D
'autre part, je voudrais... Pourquoi ? Ça vous fait peur ? Évidemment, ça fait peur. D'abord, c'est peur pour des enfants. C'est des enfants qui sont dans la rue, en plus.
C
'est-à-dire, vous pensez qu'on ne
peut
pas manifester en France sans violence
? Ah,
mais parce que ce n'est pas les lycéens qui mettent la violence. C'est tout ce qui a été rajouté à cette manifestation. Enfin, écoutez, je suis désolée. Il y a un élu LFI qu'on a vu en train de lancer des poubelles et qui soutenait et
qui disait « Allez-y ! » Vous ne pouvez pas dire ça. Je finis, c'est de la diffamation. Mais je vous interromps
parce que vous dites un mensonge.
Aucun élu.
Aucun élu de
la France
insoumise. Non, non, on n
'a
pas vu ça, Madame de Menton. Ne dites pas des
mensonges. Le maire
de...
J
'ai oublié son nom.
Bon,
si vous avez oublié...
Mais oui, mais on ne dit pas des choses que... Tout le monde ne le sait pas. Vous dites des mensonges, Madame. Alors, en tout cas de cause... Ça,
c'est
irresponsable. Non. Quand on est sur un média, on ne dit pas des mensonges. Il y a des éléments extérieurs qui sont
venus lancer des poubelles et mettre le feu. Ce sont des violences habituelles qui sont rajoutées à tout cela. Donc, ce sont des enfants qui sont en cause, qui, en plus, ont des revendications dont certaines sont certainement légitimes et qui sont mélangées. Ça va de... On a trop de travail le soir et la cantine n
'est
pas bonne. Je me demande aussi...
Oui, mais enfin, ils ont le droit d'avoir des revendications. Je
me demande aussi où sont les parents. Comment est-ce que les parents laissent des mômes dans la rue ? Restons un
instant
sur les violences. Monsieur, je voulais
dire quelque
chose.
Les revendications sont-elles légitimes ? Elles le sont toujours. Néanmoins, ce que nous voyons là, ce n
'est
pas la jeunesse de France qui est dans la rue. La jeunesse de France, elle est la première choquée par ces images, par ces violences, par ces agressions des forces de l'ordre, des personnels enseignants. Ce que nous voyons là, ce sont des émeutes, des émeutes orchestrées politiquement, où certains antifas viennent entraîner d'ailleurs des jeunes lycéens sans repère et viennent les embrigader dans ces violences.
Donc c'est inacceptable. Les prenez vraiment pour des imbéciles, des lycéens. Moi je vous le dis, je l'ai vu
de mes yeux, vous voyez des militants d'extrême-gauche dans ces manifestations qui viennent jeter de l'huile sur le feu. Et pire que cela, vous avez Jean-Luc Mélenchon et d'autres élus insoumis qui jettent de l'huile sur le feu. On l'a entendu il y a quelques
secondes. Qu'est-ce que vous appelez, je sais, de l'huile sur le feu ? Sur ce
plateau, quand Jean-Luc Mélenchon dit que l'on envoie la police pour tabasser les jeunes,
c'est de la provocation. Vous avez vu les vidéos là pour le coup ? Des accusations
très graves.
Monsieur Gillet, excusez-moi, quand vous voyez un lycéen qui reçoit un coup de LBD en plein visage, ça
ne vous
fait rien à tout.
Il
y a un jeune homme qui est
éborgné en fait. Il y a une jeune
femme qui s'est
fait prendre le
coup
par clé d'étranglement. Madame Obono, est-ce que vous avez vu
la vidéo du policier ? Parce qu'il n'y a pas que le jeune éborgné à tous, comme vous dites. Il y a aussi d'autres vidéos où ce sont des forces de l'ordre qui
ont été effectivement violentées. Mais n'ayons pas l'indignation à géométrie variable. Et ne mettons pas
sur le même plan des jeunes, des mineurs d'un côté, et des adultes qui ont en plus le monopole de la
violence légitime. Des racailles s'entraînent
aux forces
de l'ordre. Excusez-moi, vous considérez qu'une jeune fille sans défense, qui se fait prendre une clé d'étranglement, et des forces de l'ordre qui
font un travail
remarquable dans des
conditions extrêmement
difficiles.
Je vais un instant, pour vous départager entre guillemets, ça n'est pas possible, mais écoutez, Cili-Pierre Brossolet. Tout le
monde
est d'accord pour dire qu
'il
y
a
eu des violences assez importantes, tellement importantes qu'elles nous ont beaucoup impressionnés, que ce soit les jeunes...
Comme il y en a eu en France à d'autres occasions. Non, mais là, spécialement,
et comme il y a beaucoup
de...
Notamment la finale de la Ligue des Champions. Beaucoup de mineurs qui ont
été mis
en
cause dans cette affaire.
Plus récent, disons. On se demande qui est le plus responsable. On cherche toujours des responsabilités quand les choses tournent mal. Mais là, il y a quand même, il faut dire de la part de LFI, un peu d'imprudence, je ne dis pas d'inconscience, d'imprudence à vouloir encourager les manifestants, tout en sachant que le risque, c'est cette violence qui peut se retourner contre elles. Le maire de Saint-Denis a dit que cette
violence
était légitime parfois. Il l'a redit après que M. Mélenchon ait dit « Oh là là, attention, surtout pas de lutte violente ». Il a dit que ça reste légitime. C'est un peu imprudent de pousser à ce genre de manifestation quand on sait les risques qui sont encourus de part et d'autre. Nous sommes tout à fait d'accord, et c'est d'ailleurs pour cela que,
tout
le temps, nous disons qu'il ne faut pas faire usage de la violence parce que ça divise tout le monde, ça empêche le plus grand nombre à participer. Et d'ailleurs, nous ne le disons pas que quand il s'agit de mineurs, de jeunes, il faut le dire notamment à ce moment-là, mais nous le disons tout le temps, à chaque mobilisation, et nous sommes toujours en soutien de toutes les luttes. Il y a encore quelques jours, c'était les pompiers qui se mobilisaient, qui se rassemblaient. Quelques temps avant, c'était les agriculteurs et agricultrices. Et certains ont fait des actions coup de poing, de destruction de matériel, de destruction d'infrastructures.
Encore ce 1er octobre, il y a eu des actes qu'on pourrait qualifier de vandalistes. Je ne vous ai pas entendu, M. Gillet, condamner les actions coup de poing qui dégradent des bâtiments publics, des agriculteurs, parce que, comme l'a dit à un moment donné M. Darmanin, il comprenait la colère des
agriculteurs. Mais
pourquoi, ma question c'est, pourquoi on peut comprendre, et moi je comprends tout à fait, par exemple, les actes violents, coup de poing des agriculteurs et des agricultrices. Je comprends leur colère. Et pourquoi est-ce qu'on ne comprend pas celles de lycéens ? Pourquoi on ne comprend pas celles, par exemple, des gilets jaunes ? Pourquoi est
-ce
qu'on ne comprend pas ? M.
Gillet, les personnes qui s'entraînent à des passants, à des gètes de l'essence, qui frappent des inconnus dans la ronde, qui s'entraînent
à des instituteurs,
à des proviseurs. Ce ne sont pas des lycéens qui manifestent aujourd'hui en réunification. Ce
sont des racailles qui
sont instrumentalisées peut-être, mais ce sont des racailles. Et leur place,
elle
est
en
prison, et c
'est
pour ça que nous réclamons la fin de l
'excuse de minorité. M. Gillet, à la différence de vous et de votre parti, nous avons toujours dénoncé les actes de violence qui sont commis, y compris dans les manifestations, y compris dans les rangs de celles et ceux qui manifestent pour des réactions politiques autant que morales. Mais à la différence de vous, nous, nous n'avons pas l'indignation à géométrie variable, et
nous demandons des
comptes quand des personnes qui ont une autorité publique, qui ont une responsabilité publique, commettent des violences. Est-ce que vous condamnez les
violences policières ? Non, Mme Obonneau, permettez-moi sur ce sujet de prolonger... Est-ce que vous condamnez les violences policières ? Mme Obonneau, permettez-moi de prolonger les violences qu
'on a vues ?
Non,
là,
vous
faites une discussion entre vous.
Si
vous
permettez, M. Gillet, et Mme Obonneau, vous permettez que je puisse
continuer l'émission ? C'est possible ? Merci, je suis obligée de vous reprendre, pardon. Mais ce que je vais vous dire apporte du grain à moudre, justement, à cette discussion, qui ne devienne pas purement politico-politicienne, mais qu'on comprenne des faits. C'est-à-dire que, justement, le gouvernement a décidé, dans ce contexte hautement inflammable, et on le voit bien sur ce plateau, mais le débat est toujours très intéressant, d'avancer l'examen du projet de loi dit « casseur-payeur ». Ce projet de loi qui est relatif à la réparation de dommages, qui résulte, justement, de violences ou de dégradations qui sont commises dans l'espace public.
Il est inscrit, parlez-nous en deux mots, Julien, à l'ordre du jour du Sénat, dès le mois d'octobre.
Oui, il était passé en Conseil des ministres il y a quelques temps de cela. C'était avant
qu
'on voit ces images-là, effectivement. Alors,
c
'est une vieille proposition de loi, ça revient très régulièrement.
Oui, mais là, elle revient de
façon opportune. Là,
elle revient, il y
a
une accélération, c'est aussi pour le gouvernement de montrer, regardez, on ne reste pas les bras croisés et on veut faire quelque chose. Encore faudra-t-il qu
'on
voit concrètement ce qu'il y a dedans et si elle est mise en application. Parce que ça revient au sujet aujourd'hui, qui va payer, etc. Il y a déjà des dispositions, si on fait appliquer la loi, qui sont possibles. Non, elle
va
beaucoup plus loin. C'est une loi qui reprend le texte proposé par le Rassemblement national. Donc, nous nous
en félicitons, évidemment. Alors, proposé par le Rassemblement national.
C'est un copier-coller d'un texte du Rassemblement
national, effectivement. Ah bon, c'est pas tout à fait la même chose. Le soutenir, c'est
un texte qui prévoit...
Donc, vous le soutenez
complètement ? Qui prévoit, tout à fait... Le gouvernement. Sur ce
point que je vais vous détailler.
C'est un texte qui prévoit de faire en sorte que les personnes présentes sur le lieu d'une manifestation interdite soient tous co-solidaires.
Oui, co-solidaires. Finalement,
du coup, des dégradations qui sont plus
loin.
Alors,
justement, j'aimerais entendre Daniel Obono
sur ce plateau qui représente les filles là-dessus. C'est-à-dire la responsabilité civile solidaire qui serait plafonnée à 10 000 euros. Qu'est-ce que vous en pensez ? Non ? Vous ne trouvez pas
que c'est une réponse intéressante ? En fait, on est en train d'aller,
effectivement, dans le sens de l'extrême droite, comme l'a fait d'ailleurs le gouvernement depuis 10 ans, depuis qu'il prend des pans. Vous pouvez être satisfaits. Moi, je le déplore, dépend de ce programme qui va à l'encontre de principes fondamentaux du droit. Parce qu'en fait, on ne condamne pas collectivement des gens qui n'ont pas commis de délit sur simplement des
bases de... Ils sont présentes, illégalement. Et je vais terminer là
-dessus. Il existe déjà des dispositifs qui permettent de compenser quand il
y
a des destructions
de bienes matériels. Et qui sont suffisants, selon vous. Mais pour moi,
la vérité dans toute cette histoire, c'est que le premier casseur de l'éducation nationale, des services publics, de notre espace public, c
'est
le gouvernement. Et c'est eux qui doivent payer.
Et
c'est eux qui doivent payer parce qu'ils prévoient encore, et je rappelle quand même, près de 500
millions de
coûts dans
l'éducation nationale. Voilà ce que prévoit encore comme casse de services sociaux essentiels le gouvernement, politiquement, moralement, et d'ailleurs pénalement, l'État est responsable quand il y
a
des destructions.
Que
pensez
-vous ? Sophie de Monton. Je
pense qu'il faut arrêter de jouer l'irresponsabilité partout, la possibilité d'avoir des responsables, etc. Et il y avait une suggestion. D'abord, 80% des Français seraient d'accord pour qu'effectivement, il y ait cette loi et qu'on paie lorsque ça a été cassé.
C'est une
responsabilité civile solidaire. Absolument. Et que pensez-vous également de la responsabilité des parents ? Moi, je trouve qu'un mineur qui casse, les parents vont payer. C'est une autre question. Peut-on vraiment
faire
payer les parents pour les enfants ? Allocation familiale. Écoutez, on est responsable de
ces enfants. Comment peut-on aujourd'hui dire
qu'on n'est pas
responsable
de ces enfants ? Et personne ne le dit, madame. Mais
vous le savez encore
que ça existe déjà dans la loi, en fait
? Oui, mais ce n'est pas appliqué. Ce n'est pas appliqué.
Ce n'est pas appliqué.
Et d
'ailleurs, un texte de monsieur Attal.
Personne n'a jamais payé. Et bien
sûr que si, madame Menton,
excusez-moi, arrêtez de dire n'importe quoi. M. Attal a encore agravé les dispositifs.
Ce
n'est pas appliqué, parce que ce n'est pas appliqué. Ce n'est pas
appliqué,
parce
que ce n
'est
pas appliqué. La plupart
des
parents sont insolvables. On
n'arrive pas à déterminer la réelle responsabilité. La plupart des parents restent insolvables. Effectivement, ça reste à prouver. Et
la réponse, en tout cas, la réponse à ce mouvement du 6 octobre ne
veut pas être juste
de la répression.
Il va falloir que le gouvernement revente quelque chose. Les enfants
de petits bourgeois.
Et alors, ceux
qui conduisent les tracteurs qui détruisent les bâtiments publics,
c
'est des enfants de quoi ?
Parce qu'en fait, vous avez... Oui, oui, non, non,
parce qu'on ne vous entend pas
là-dessus,
en fait. Nous,
on n'a pas justement
la dénonciation à géométrie variable.
Il existe
des lois qui permettent de faire payer ceux et celles qui commettent des délits,
quelle que soit
la
situation de leurs parents,
quelle que soit leur situation sociale. Mais ce n'est pas ça, la réponse qu'on attend d'un gouvernement qui est lui-même responsable, en fait, de l'état déplorable
dans lesquels se trouve aujourd'hui l'éducation nationale.
On a mis... Les lycéens vont être consultés. Ils auront le droit de poser deux questions et de faire des suggestions. Super
!
Le problème est résolu.
Super
!
Merci infiniment pour
ce débat animé.