Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationyoutube.com· 17 septembre 2026 91 minComplaisantMixteSolidarités & familleInstitutions & électionsTravail & emploiEnvironnement & énergie

FRANÇOIS RUFFIN : LFI, MÉLENCHON, MACRON ET LA BATAILLE POUR 2027

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 63 %Attaque 23 %Défensif 14 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça veut dire d'être de gauche aujourd'hui ?

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Vous avez eu un épisode de rupture avec Jean-Luc Mélenchon. Comment vous l'avez vécu ?

  • 2:20OuverteRéponse directe

    Vous êtes candidat à la présidentielle. Pourquoi vous voulez devenir président de la République ?

  • 3:43OuverteRéponse directe

    À quoi était due votre dépression adolescente ?

  • 7:14OuverteRéponse directe

    Vous avez grandi dans quel rapport à l'ambition ?

  • 9:58OuverteRéponse directe

    Pourquoi vous voulez devenir président de la République ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:59François RuffinFait
    « Je suis né en 1975, député de la première circonscription de la Somme et j'ai fondé un journal qui s'appelle Fakir en 1999. »
  • 17:15François RuffinFait
    « Je me prétends communiste dans un collège privé. »
  • 24:06François RuffinFait
    « La cause majeure, c'est la mondialisation qui opère depuis 40 ans. »
  • 25:31François RuffinFait
    « Le capital mange en même temps les hommes, les animaux et la planète. »
  • 48:24François RuffinFait
    « Il faut tout un village pour violer un enfant. »
  • 53:30Fait
    « J'ai pas besoin que de tellement de violence pour traverser des épisodes de déprime en vérité. »
  • 54:15Fait
    « Ce qui est interdit dans la vie réelle est interdit sur internet. »
  • 55:42Fait
    « La démocratie c'est du conflit, hein. C'est pas du consensus. »
  • 58:33Fait
    « C'est moi qui ai choisi de partir parce que j'avais un désaccord à la fois moral et électoral. »
  • 59:17Fait
    « La France insoumise en matière de pluralisme ne fonctionne pas de cette manière-là. »
  • 1:00:46Fait
    « Il y a une manière de s'exprimer qui fait qu'on doit toujours se retenir. »
  • 1:08:01Fait
    « Les larmes d'une mère palestinienne valent les larmes d'une mère israélienne ou valent les larmes d'une mère ukrainienne. »
  • 1:13:06Fait
    « Quand les démocrates abandonnent les travailleurs, les travailleurs abandonnent les démocrates. »
  • 1:13:50Fait
    « J'ai essayé de peser réunion de groupe après réunion de groupe au sein de la France insoumise. »
  • 1:14:34Fait
    « C'est sans doute mon ouvrage le plus consensuel. »
  • 1:15:19Fait
    « La France qu'on veut. Elle me dit non, c'est pas la France qu'on veut, c'est la France qu'on a. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Je pense qu'on arrive à la fin d'un monde tout court. Je sais même pas si seulement politique. Vous êtes mon premier candidat à la présidentielle 202. Je suis heureux de d' inaugurer ça. Vous dites que quand vous étiez adolescent, vous n'étiez pas à votre place. J'étais dans une forme de dépression de longue durée. À l'époque, je sais pas ce que ça veut dire, mais je me prétends communiste dans un collège privé. Qu'est-ce que ça veut dire d'être de gauche aujourd'hui ? Moi, je suis engagé sur le plan social hein. Je veux que les gens puissent vivre de leur travail, bien en vivre et pas en survivre. On avait les de tiers des Français qui disaient "On veut ralentir. Il nous faut un ministère du ralentissement. Enfin, ministère du temps alors et vous, vous en faites parfois de la

0:32

langue de bois ? Je pense pas non. Vous avez eu un épisode de rupture avec Jean-Luc Mélenchon dans votre vie. Comment vous l'avez vécu ça ? Le fait d'être victime de cette purge ? Non, parce que c'est moi qui ai choisi de partir. Il en a purgé d'autres. Pourquoi toute cette violence à gauche ? La démocratie, c'est du conflit, c'est pas du consensus. LFI RN au 2è tour de l'élection présidentielle 202. Vous y croyez ? Juste avant de démarrer, j'aimerais qu'on remercie le sponsor de l'émission Sumup. On va pas se mentir, on est tous les mêmes. On passe des heures à comparer deux billets d'avion ou deux chambres d'hôtel pour économiser 20 € mais on pense jamais à comment on dépense notre argent au quotidien. Imaginez un monde où on est récompensé juste en faisant ces achats habituels.

1:10

Je connaissais déjà ce mup parce qu'il y a plus de 4 millions de commerçants qui utilisent les terminaux pour recevoir les paiements par carte. Mais ce que je savais pas, c'est que maintenant il propose un compte particulier gratuit qu'on peut ouvrir en quelques minutes. Le concept est hyper simple. Quand vous faites vos achats du quotidien, vous pouvez récupérer jusqu'à 5 % de cashback sur ce que vous dépensez chez certains de vos commerçants. C'est vraiment ouf parce qu'on change rien à ses habitudes, on fait ses achats habituels et on a des petits avantages en plus. Si ça vous intéresse, rendez-vous sur sumup.fr/personnal où vous recherchez Sumup Finances personnelles sur l'App Store ou sur le Google Play Store. L'utilisation des services Sumup sont réservés aux

1:42

personnes majeures résidents en France. Il y a d'autres conditions générales qui s'appliquent aussi à retrouver sur sumup.fr. Et maintenant, c'est reparti. Place au podcast. Voici ma conversation avant la fin du monde avec François Ruffin. Bonjour. Bonjour. Je suis ravi de vous recevoir dans ce fauteuil. Et moi de même. Conversation avant la fin du monde. C'est un podcast que j'ai créé pour justement parler des sujets de société avec des invités. Vous êtes candidat à la présidentielle. Vous êtes mon premier candidat à la présidentielle 202. Je suis heureux de d'inaugurer ça. Je suis très très dans fauteuil blanc. Exactement. Alors, j'aimerais dire à l'audience que c'est une séance un peu sona, un peu amam pour ceux qui connaissent. effectivement ces activités

2:20

là, il fait je ne sais pas peut-être 40°gr dans ce studio. Nous nous tournons sous canicule. Voilà, donc ça va créer peut-être une ambiance particulière, mais en tout cas on va réussir à faire cette interview et j'en suis ravie. Je demande toujours à mes invités de se présenter eux-mêmes. Euh je pourrais faire une longue intro sur qui vous êtes, sur ce que vous représentez en France, sur ce que vous représentez à gauche, mais je vais vous laisser vous présenter par vous-même. Donc je suis François Ruffin. Je suis né en 1975, député de la première circonscription de la Somme et j'ai fondé un journal qui s'appelle Fakir en 1999. C'est par ce biais-là que je me suis engagé, que je me suis encore davantage intéressé à la politique. J'ai mené un certain nombre de de combats sur

2:59

les accidents du travail, sur les délocalisations. J'ai fait ensuite de la radio, j'ai fait des films, j'ai fait trop de livres et voilà et puis j'ai fini par rentrer à l'Assemblée nationale en 2017 à plus de 40 ans. Et là en ce moment, j'ai envie de vous demander aussi comment vous allez après cette annonce de candidature à la présidentielle 202. J'adore les campagnes. J'adore être en campagne parce que être en campagne c'est aller voir les gens et c'est l'un de mes moteurs. Je je dis même que je me suis sauvé par les gens. Voilà, je sais que c'est c'est un podcast un peu intime he c'est ça. Donc on peut y aller direct. Non, je pense que quand j'étais ados, j'étais dans une forme de dépression longue longue de longue durée et je m'en suis sorti par deux biaiss, par les livres,

3:43

l'écriture et par les gens. Et le journalisme, ça a été le moyen d'aller rencontrer les gens. et je pense qu'ils m'ont aidé à me sauver. Bah, vous dites quelque chose d'assez inédit. Vous dites que quand vous étiez adolescent, vous avez traversé des peut-être des périodes voilà de dépression ou quoi. Euh, à quoi c'était dû ? une part de était dû au fait que j' savais ce dont j'avais envie, c'est-à-dire appartenir quelque part à l'univers culturel, cinéma, théâtre, littérature au sens au sens large, mais que de par là où je me trouvais, je voyais pas le moyen d'y accepter et que j'avais beaucoup en moi à exprimer. C'est un verbe que j'aime beaucoup. Ça veut dire pousser dehors et je voyais pas quel par quel chemin j'allais

4:27

parvenir à pousser ça dehors et je me voyais euh devenir prof malgré moi. Alors c'est pas grave d'être prof hein, mais quand c'est malgré soi et quelque part c'est que ça aurait été comme ne pas sortir du ventre de ma mère. C'est-à-dire j'ai fait l'école maternelle, l'école primaire, le collège, le lycée, l'université et puis paf, je vais retourner au collège et je vais y passer toute ma vie. et je voyais pas d'issu euh à ça. Et donc euh et donc heureusement, j'ai par des biais différents mais j'ai rencontré le journalisme et le journalistme ça a été le moyen euh de d'aller voir des gens et d'en faire quelque chose, d'éprouver une fierté à ça. Vous savez, parfois mon équipe me dit de pas raconter ce moment-là et je sais pourquoi je le fais. Je le fais parce que d'une part

5:11

maintenant je pourrais mettre l'armure, dire "Regarez comment je suis fort et je l'ai toujours été." et faire croire ça. Et quelque part, se souvenir de sa fragilité, c'est un moyen de te continuer à comprendre tous les gens qui sont fragiles dans la société et pas leur dire sois fort. C'est pas on peut pas devenir fort si jamais on n'est pas aidé à devenir fort, ça c'est une chose. Et euh euh d'autre part euh c'est un message que je passe à tous les gens qui aujourd'hui peuvent se sentir mal dans leur peau, mal dans leur tête que il y a pas d'issu. Ben non, c'est pas vrai. Voilà, on peut s'en sortir quoi. Ouais. La dépression c'était un quelque chose de diagnostiqué chez vous quand vous étiez à do vous le représentez comme ça aujourd'hui ? Je pense que çaurait dû être

5:53

diagnostiqué. J'ai pas envie d'y passer l'heure non plus hein. Non non, bien sûr. Ouais. Non mais ça permet de parce que je pense je m'en suis sorti. Si je puis me permettre, il y a un film que j'avais beaucoup, il y en a beaucoup que j'aime bien mais il y a un film de Capra qui s'appelle La vie est belle. C'est un film en noir et blanc hein des années 30. Donc pour montrer à mes gosses, c'est compliquéin. Mais à l'intérieur, c'est un banquier qui est en dépression parce que sa femme l'a quitté, parce qu'il est ruiné. Euh c'est le soir de Noël. Euh il est passé dans un pub, il est bourré, il prend sa bagnole, il rentre dans un pylone et là il a envie d'en finir quoi. Et donc il va sur un pont et il est au bord de se jeter dans le fleuve euh qui est en

6:29

dessous de lui. Et là derrière lui, il y a son ange, mais c'est un ange de 3e classe. Il a pas encore d'elle parce qu'il a encore sauvé personne. Et là l'ange il saute et là le banquier il saute derrière, il ramène l'ange sur la berge et l'ange lui dit "Tu as vu comment je t'ai sauvé ? Mais le banquier me dit "Mais tu es fou ! C'est moi qui t'ai sauvé là, c'est moi qui vient de te ramener." Non non non, c'est moi qui t'ai sauvé en te laissant me sauver. Oh ! Et je pense que on se sauve par les autres. Bien sûr. Et ça a été ma démarche finalement. Fakir a été en même temps qu'une forme d'engagement dans la société aussi une manière de se sauver. Vous dites que quand vous étiez adolescent, vous n'étiez pas à votre place, vous vouliez une autre place. Vous avez grandi dans quel rapport à

7:14

l'ambition ? Je pense que j'avais une ambition contrariée euh en basculant entre le zéro et l'infini. C'estàdire tu es une merde, tu es bon à rien, tu arriveras à rien. Et de l'autre côté sentant en moi un potentiel que je ne peut-être que je ne parviendrai jamais à exploiter cette capacité peut-être à raconter des histoires, à être en empathie avec les gens et à savoir dire leur joie, leurs espoirs, leurs douleurs quoi. Mais pourquoi vous disiez ça quand vous étiez ados ? Parce que je trouvais pas de moyens. J'écrivais des milliers de pages, j'ai écris tout moi. J'ai écrit euh de la poésie, j'ai écrit des romans, j'ai écrit des polars, j'ai écrit des essais, euh j'ai écrit du théâtre. Je pense que j'ai à peu près tout écrit, donc ça fait des milliers de pages à l'arrivée. Et

7:57

euh avec les manuscrits qui me revenaient des éditeurs et qui étaient jamais publiés. Maintenant, je les remercie honnêtement parce que je pense que c'était vraiment pas bon. Mais voilà donc en se disant voilà ça ça sera toujours comme ça, on va pas y arriver quoi. Pour un adolescent qui a contrarié par l'ambition et par le pouvoir de ses ambitions justement, vous êtes devenu un adulte qui se présente à la présidentielle. Quand on demande aux petits garçons et aux petites filles, qu'est-ce que tu faire ? Qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? Et ceux qui répondent, "Je veux devenir président de la République", c'est quand même des enfants ambitieux. Vous avez fait un grand parcours. Mais moi, j'ai jamais dit que je voulais devenir président de la République quand j'étais petit, hein.

8:33

Ouais. OK. Ouais. Ouais. Bien sûr. Voilà. Donc on pourrait raconter pourquoi je me suis engagé en politique. Bon, j'avais une révolte en moi, ça il y a pas de de doute là-dessus. Mais pourquoi ça a emprunter ce cheminlà ? Mais j'avais pas été enfant. Je voulais devenir Michel Platini. J'ai vu qu'il y avait un numéro de 11 qui traînait sur votre table. Je peux parler football pendant très longtemps. Moi, j'avais un un but dans la vie, c'était de devenir Michel Platinier. Puis après rapidement quand même vers 10 11 ans, j'ai compris que ça allait être compliqué, que ça le ferait pas quoi. Donc j'avais peur de m'emmerder dans la vie. Et même quand il m'arrive des trucs, il y a des moments qui sont vraiment pénibles en politique en général, je me dis bon, j'aurais toujours vécu

9:17

ça. Et donc c'est comme si les emmerdements étaient transformés en positif parce que on aura vécu une aventure. Une aventure, ça veut dire qu'on sait pas ce qui va advenir. Et donc voilà, je sais que j'ai fait de ma vie jusqu'ici une aventure et ça j'en suis content. Alors des fois l'aventure c'est c'est des élans, c'est super beau, il y a de l'enthousiasme et puis des fois c'est la chute. Voilà, c'est c'est ça une aventure. On se relève. Là, vous êtes dans l'aventure de la de la campagne. C'est toujours des moments un peu particuliers mais si on prend un peu de recul un peu psychologique, on va dire, c'est fort de dire "Je suis candidat à la présidentielle, vous qu'est-ce que ça représente pour vous ? Pourquoi vous voulez devenir président de la République ?"

9:58

D'abord, c'est vrai que s'affirmer de cette manière-là, c'est un long chemin. Ça va pas de soi. Je me souviens en en 2016 quand il a fallu faire des des affiches avec ma tête dessus pour être candidat à l'élection législative, j'en voulais pas, je voulais pas de ma tête sur tous les murs. Je j'ai mis des t-shirts par-dessus, ma chemise, enfin, j'étais dans des des trucs de fuite des codes politiques. Enfin, voilà. Et donc euh euh s'affirmer, s'afficher, c'est un chemin. Ça c'est une chose. Et ensuite, je sais pourquoi je fais ce que ce chemin. Euh moi, ça fait donc depuis 99 euh que euh je suis engagé d'abord dans ma région en Picardie, euh notamment sur

10:43

l'industrie. J'ai vu euh des milliers d'emplois ouvriers détruits. J'ai suivi des délocalisations en série et ensuite comme reporter pour la radio, pour France Inter et bien je suis allé euh rencontrer des gens partout à la fois des intellos, des caissières, des infirmières, des gens qui conduisent des bateaux. Enfin voilà, j'ai j'ai rencontré la France dans sa diversité et avec une d'abord de l'écoute puisque j'étais reporter, il s'agit, c'est d'abord de les écouter et ensuite avec des lectures qui permettaient de faire rencontrer, je dirais le terrain du réel et le ciel d'Élisidé. Je voilà, c'est quelque chose comme s'il fallait la Terre et le Soleil, comme s'il fallait

11:25

les deux pour que ça germe. Et je pense que rares sont les les dirigeants politiques aujourd'hui qui ont effectué ce chemin là d'écoute des Français pendant des décennies pour comprendre comment va le pays et parfois comment il va mal aussi. Ah, on a des sacrés je pense de de d'hommes politiques et de femmes politiques qui bah n'ont pratiquement jamais été à la rencontre de français. Je pense qu'on on en reparlera dans la suite de cette émission. Vous dites que vous avez eu du mal à vous regarder sur les affiches des législatives 2016 c'est en 2017 mais mes premières affiches de 2016 pour ça comment comment vous quel est votre rapport à votre image médiatique ? Il il faut considérer que c'est un étranger

12:08

euh qui a le François Ruffin qui vit sa vie, qui ce soir va retourner à Mien, qui va retrouver ses gamins, qui va, je l'espère, faire un match de Switch euh avec son fils. Bon voilà et euh euh c'est le vrai et puis qui a il y a un personnage euh qui s'appelle François Ruffin dont on dit qu'il a dit ceci, dont on dit qu'il pense ceci, dont on dit qu'il a rencontré un tel dans tel but. et çaut que le mettre en tout cas à très grande parce que si et moi je suis pas sur les réseaux sociaux, j'ai cette chance là les copains ils vont pour moi quoi. Mais parce que je pense ça me rendrait dingue. Vous avez 4600 abonnés sur Instagram quand même. Bon et ben et je remercie les 4600 mais

12:53

voilà, j'y vais pas parce que je sais ce que ça peut produire comme forme de folie. Euh c'est quand même maintenir sa santé mentale que de pas être confronté à son image euh en permanence et euh enfin voilà, je je suis François Ruffin ordinaire euh tous les matins dans ma salle de bain quoi. Euh c'est-à-dire un homme et rien qu'un homme et quand même un homme. Vous avez euh 4600 abonnés sur Instagram. Je crois que c'est aussi des centaines de milliers sur YouTube. D'ailleurs, votre YouTube est très bien organisé. Euh vous postez régulièrement ou votre équipe de communication sûrement voilà passages télé et cetera, vous avez une bonne maîtrise de la communication. Donc ça ça c'est assez euh inédit chez les hommes politiques. C'est pas le cas de vraiment tout le monde.

13:35

Je je faisais un peu ce que vous faites là dans ma cuisine. J'avais un bulletin de rufin que je faisais toutes les semaines euh dans ma cuisine. Euh bon de toute façon ma bacare moi a été en fait si je commence par le journalisme en 99 c'est que j'ai déjà l'envie de changer le monde. Bon en commençant par ma ville ou ma région et en me disant que pour changer le monde il faut changer le regard sur le monde. Et donc pour changer les regards sur le monde, il faut changer ce qu'on met dans l'esprit des gens. Et voilà pourquoi je mène une bataille locale puisque à l'époque je suis engagé sur il y a le journal municipal s'appelle le journal des Amiennois. Et mon point de départ c'est queen 99 il y a une délocalisation de Yoplay et ça

14:19

fait pas une ligne dans ce journal. Et en revanche, il y a en une ami un carnaval fou et gratuit. Et je doute pas que le carnaval il était fou et gratuit mais c'est pas une raison. pour oublier la peine vécue par 90 amiennoises. Je me souviens d'un d'un autre truc. Il y avait eu un reportage sur le zoau d'Amien qui rouvrait. Moi, je suis un grand partisan de la cause animale. Euh plus, on y reviendra peut-être sur les questions de ferme d'élevage intensif dont je pense qu'il faut sortir, dont je pense que c'est une honte pour l'humanité. Mais là, il y avait le zoau qui rouvrait et il y avait la légende d'une éléphante. C'était marqué Sandrine l'éléphante. tant trompe aux enfants comme un signe de bienvenue. Et moi, je mène l'enquête, mais je mène vraiment

15:02

l'enquête quoi. Et je vais dans le zoau, je rencontre le soigneur, je rencontre la directrice du ZO, je rencontre tout le monde qui m'a dit "Mais Sandrine, elle est folle, euh elle veut dévroncer les barrières, elle a attrapé des tics à force d'être enfermé." Et je raconte le ce choc entre ce qui est prétendu dans le journal et euh ce que donne euh mon enquête de terrain. Dans le dans le papier du JDA, il y avait euh liberté, authenticité, nature, tout ce qui n'existe pas euh dans ce zoau-là, quoi. Donc voilà, moi j'avais un un combat, c'était de montrer le réel, montrer le réel. Alors, davantage de l'emploi intérimaire, de la zone industrielle, de l'hôpital psychiatrique, de la prison, enfin voilà. et je cherchais toujours des témoignages sur le réel.

15:47

Mais vos parents, ils viennent pas d'un monde ouvrier. Comment vous avez rencontré cette appétence là de défense des ouvriers, de la cause industrielle et cetera au point de vue des gens quoi ? Alors euh euh moi je suis d'origine agricole rurale euh grosso modo c'est des paysans. Les les parents de ma mère tenaient un bistro à Zutker dans le Pas de Caléis et cétait ça faisait à la fois les repas de communion enfin tous les repas tous les dimanches en vérité ça faisait aussi l'épicerie ça faisait le le charbon et ça faisait le le camion à Cherbon était vidé le dimanche pour aller transporter les joueurs de foot dans dans la camionnette sur les terrains. Donc voilà, c'était l'ambiance quoi. Et de l'autre côté, c'était la toute petite

16:30

paysanerie du center. Donc c'était pas c'était pas prospère euh du côté notamment de mon père et j'ai pu voir ce qui était une forme de pauvreté, hein. Et après mon père, lui, il a super bien réussi. il est devenu cadre chez Bonduel, donc il y a pas de souci d'argent chez moi dans ma famille proche. Il n'empêche que je grandis dans ce temps, dans cet environnement où ce qui pleut dans ma région, c'est la perte de l'emploi textile d'abord et ce sont des fabriques qui partent en série. Ça été Boussac Saint-Fire, ça été Le Cooper, Magnéti Marelli et ainsi de suite. Donc de toute façon, je baigne là-dedans. Mais je peux dire bizarrement dès que j'entre au collège, j'ai 10 ans quoi, je sais que je suis un révolté. à

17:15

l'époque, je sais pas ce que ça veut dire, mais je me prétends communiste euh voilà dans un collège privé et forcément ça fait un peu un choc avec euh les autres élèves mais bizarrement à la fois de par mes lectures, c'est quand même important les lectures, hein, il y a l'environnement réel et puis après il y a ce qu'on lit, euh ce qu'on y capte. Je me souviens d'un roman populaire de Michelet, pas le pas le grand historien mais dans lequel il y avait le récit de la mort de Jean Jorès et comment c'était raconté dans bon ben ça marque ça marque l'esprit donc je sais que je suis fait de ça et bizarrement j'ai une conscience politique dès mon entrée au collège. Mais vous dites que vous êtes communiste au collège, je pense que ça choque les autres peut-être parce que vous êtes

17:55

différents. Vous étiez quoi ? Vous étiez un rebelle ou quelqu'un de d'un peu différent ? Est-ce que vous aviez des amis au collège par exemple ? Je pense que je grandis à part. Je grandis à part sans parce que déjà je suis le premier de ma famille et de toute la classe à pas faire ma première communion par conviction parce que je n'y crois plus. Ah ouais, c'est énorme. Sur un point de détail. Euh et c'était important pour vos parents, pour ma mère notamment et pour mes grands-parents, c'était très important. Euh le catéchisme a été enseigné euh par ma mère et par ma grand-mère. Donc voilà, c'était et je le fais pas aussi parce que je vois les camarades de classe qui sont très fiers parce que lors de leur communion, ils vont avoir

18:39

le droit à une montre en or et voilà, je suis contre les marchands du temple et la foi ne se négocie pas. Et j'avais très bonnes relations en revanche avec les jésuites parce que des gens qui dévouent leur vie de cette manière-là, il y avait chez moi une forme d'admiration. Ouais, je peux comprendre le fait que vous ne venez pas d'une famille de qui vivait dans la précarité mais que l'environnement était précaire et que vos peut-être vos camarades les voilà le milieu dans lequel vous baignez était tout à fait précaire. Je partage ça aussi. Moi, j'ai grandi dans le 93. Alors, je viens d'une famille voilà pas du tout dans la précarité, au contraire même, mais l'environnement m'a toujours beaucoup révolté dans dans le milieu dans lequel j'ai vécu. Les autres en

19:21

fait, pas forcément moi, ma famille, mais les autres. Je dis nous euh alors peut-être que je place dans le même lieu social et qu'il y a pas de raison, mais je dirais la classe intermédiaire, ceux qui vont faire des études, c'est comme si on filait des armes. Montagne disait des munitions. Euh et quelque part, on peut choisir euh quand on est dans l'entreu, on peut choisir au service de qui on met ses munitions. Euh et je sortant de l'école de journalisme, j'aurais très bien pu me mettre au Figaro euh au service de Bernard Arnaud et sans doute que j'aurais récolté des honneurs et de l'argent beaucoup plus rapidement. Et je fais un choix qui n'est pas celui-là. Je me souviens d'un d'un reportage que je fais à Bour en Bresse au moment de la

20:05

fermeture d'un foyer et donc là il y a une occupation d'un parc municipal avec des gens qui sont en grande précarité. Il y a un conducteur routier qui est devenu fou et qui voit des feux folés sur la route parce queil a trop roulé. Euh il y a euh un gamin qui parce qu'il est homo, s'entend plus avec sa famille et donc euh a quitté le domicile et là ils sont tous virés du foyer. Donc ils occupent le parc municipal qui est en face de la préfecture. C'est un jour euh de petit four euh où on fait les vœux, la bonne année dans la préfecture et donc il y a tous les gens au costard qui rentrent à l'intérieur et il y a un éducateur au milieu qui joue du Renault sur sa guitare et je vais le voir et dit bah voilà moi j'avais le choix. Euh si j'avais voulu, j'aurais pu rentrer à

20:47

l'intérieur mais j'ai je fais le choix moi de rester dehors avec eux et je pense c'est notre position. Euh elle est celle-là. Donc à 22 ans, vous créez Fakir qui est une un peu plus tard. Moi j'avais pas c'est vous qui aviez 22 ans. Ouais. Oui. Ouais. Quand j'ai créé mon premier média bien sûr. Ouais. Bon 23 ans, c'est quand même extrêmement jeune pour entreprendre une activité. Vous avez dit récemment dans une interview, "Je ne supporte pas avoir de patron. J'ai peut-être un problème avec ça. Moi aussi. Vous êtes journaliste, vous êtes militant, créateur de de groupe. Euh, est-ce que vous êtes pas quelque part un entrepreneur ? En fait, je le suis, je m'en revendique. Euh, je veux dire, je lance mon journal. Alors, voilà, franchement, je vous envie, hein,

21:25

moi de de pouvoir avoir une audience nationale comme ça, comme vous l'avez fait à 22 ans parce qu'il y a eu la révolution internet. à l'époque euh ça veut dire passer par de l'imprimerie euh faut la payer euh faut aller distribuer du papier. Moi j'ai fait des des des années de vente à la criée euh au marché de Noël devant les cinémas. J'allais emmerder les gens dans les restaurants et un peu comme le font les vendeurs de Ross pakistanais et on me donnait 10 francs juste pour être tranquille avec moi quoi, pour que je lâche les gens. Donc oui, je considère que et j'ai appris comme ça à faire commercial, à faire de la logistique alors que j'avais très peu de sens pratique en plus d'écrire un journal et d'en faire la mise en page. Donc évidemment, je me revendique comme

22:07

entrepreneur en ayant laissé lancé ça avec mon livréa et en ayant eu aucune année de déficit et en ayant eu comme objectif ensuite d'employer des gens. Là, je je n'y suis plus hein, je fais plus rien du tout dans le journal. Mais oui, quand je suis parti, il y avait sep salariés, il y avait une trésorerie qui était en ordre et je le dis, je le revendique. Je dis voilà franchement euh pour l'Élysée embaucher un gars qui a jamais fait une année des suicite quoi. Et donc vous êtes à gauche depuis toujours, vous disiez adolescent communiste et cetera. Euh je me revendiqué communiste, j'étais pas inscrit au Parti communiste, je l'ai jamais été. Je pense que j'avais un côté d'abord trop révolté, trop solitaire pour aller franchement dans un parti quoi. Ouais, ouais, ouais. Ce podcast

22:46

s'appelle conversation avant la fin du monde. C'est optimiste. Bah justement Ramchi dit qu'il faut allier l'optimisme de la volonté au pessimisme de la lucidité. Donc tout à fait. Bah justement, parlons-en. On va parler plus de de politique en tout cas ou du paysage politique et de la gauche. Je sais pas si ça m'intéresse. C'est vrai ? Ouais. C'est pas votre sujet de prédilection. Non, je déteste ça. On peut faire un podcast sur le foot. Mais vous savez, c'est vrai, je mens pas. Quand j'étais jeune et jeune journaliste, je m'intéressais pas à la politique, je veux dire, en tant que que partisan. Euh les décisions prises à l'époque par le gouvernement de la gauche pluriel, non Joseppin, les grandes orientations pour le pays, qu'est-ce qu'on fait dans la

23:24

mondialisation, tout ça me passionnait. Mais alors les noms et les prénoms, la page 2 du Caran enchaîné, je n'ai jamais supporté et donc je supporte encore moins d'être dans ce jeul. Bah je comprends. Après, il y a une analyse à faire aussi du paysage politique. Moi, je suis pas dans le scoop ou dans donner des noms et cetera, même si peut-être que je vais vous donner quelques noms après ça, mais en tout cas, ce podcast s'appelle conversation avant la fin du monde. Est-ce qu'on arrive pas à la fin d'un monde politique français aujourd'hui ? Je pense qu'on arrive à la fin d'un monde tout court. Je sais même pas si seulement politique mais quand on voit l'accélération des crises, hein, la crise des gilets jaunes, la crise Covid, la guerre en Ukraine, la ensuite il y a eu les retraites, la

24:06

dissolution de Macron, le D3 d'Ormous, on est dans une accélération des crises et avec par-dessus ça et quand vous dites qu'il fait 35°gr la grande crise qui est la crise climatique, je dis moi je suis engagé sur le plan social hein. Euh euh je veux que les gens puissent vivre de leur travail, bien en vivre et pas en survivre. Maintenant, j'ai toujours eu conscience que euh en matière sociale euh il y avait des hauts et des bas, que là on était dans un bas. Pour moi, la cause majeure c'est la mondialisation qui opère depuis 40 ans et qui met en concurrence le salarié français avec le salarié roumain, avec le salarié chinois qui donc pèse sur les salaires, pèse sur les conditions de travail mais que à un moment ça

24:49

remontera en revanche sur la question de l'écologie, de l'environnement, c'est pas la même chose. On est euh ce qui est détruit ne sera plus reconstruit. Donc c'est c'est une courbe descendante. Et je pense que ça introduit notamment un rapport au temps qui est complètement différent. On peut pas dire bon bah on va attendre que ça revienne. Non, il y a comme un espèce de compte àarbour. Il y a une il y a une tragédie en cours. Et donc là, il y a une obligation d'intervention euh qui permet pas de se dire "Bon, laissons faire le temps long." Moi, j'étais dans le temps long, hein. Moi, je me disais "Bon, j'ai 50 ans pour inverser les choses. Là, le libéralisme l'a emporté. J'ai 50 ans pour que ça soit le progressisme qui revienne. Mais le mettre au cœur la le l'environnement, l'écologie, le

25:31

réchauffement climatique fait qu'on se dit que on peut plus attendre, on a on peut plus se permettre ce temps long, ces cycles, quoi. Pourquoi l'écologie c'est un sujet de gauche ? Parce que foncièrement, je pense que le capital mange en même temps les hommes, les animaux et la planète et que pour faire du profit, ils sont prêts à tout. Ils sont prêts à aller jusqu'au bout, jusqu'au bout sur le plan des énergies fossiles par exemple. Je veux dire s'il fait 35°gr aujourd'hui, c'est quand même l'homme qui l'a fait et qui l'a fait largement à travers les énergies fossiles et on devrait avoir comme objectif primordial, prioritaire, permanent de sortir le plus vite possible les énergies fossiles. Donc je pense

26:16

qu'aujourd'hui on a un certain nombre de de facteurs qui sont alignés pour le faire en France. Euh le premier, c'est que euh voilà, ça fait des factures de gaz d'électricité qui sont énormes pour les Français euh à la à la pompe ou pour se chauffer euh l'hiver. Euh le deuxème, c'est les gaz à effet de serre pour la planète. Le 3è, c'est le déficit commercial. Ça va sans doute être 80 milliards d'euros juste sur les énergies fossiles. Et enfin, le 4e, c'est la souveraineté, ne pas dépendre du pétrole, du gaz saoudien, algérien et cetera. Donc, mais on voit très bien qu'il va y avoir une logique de profit pour Total et compagnie qui va dire "Non, non, on a le temps, prenons le temps, ne nous pressons pas, on va y arriver, allons-y par étape" et ainsi de suite. Donc euh là, on est dans une

26:58

logique leur profit nos vies quoi. Euh il y a un match qui est en cours. Je me souviens moi d'un moment de euh où ça m'a sauté à la figure. J'ai toujours je n'ai jamais été dans le qui aurait pu prédire, hein. Macron qui nous dit qui aurait pu prédire que la planète se réchauffe ? Bah ouais mais attends, ça fait 40 ans maintenant que tous les scientifiques le disent et le prédisent quoi. Euh et et dès ma jeunesse, dès les années 90, je suis très conscient qu'on on peut pas avoir une croissance infinie dans un monde fini. Euh donc j'en ai euh la conscience, la connaissance théorique, mais c'est pas encore passé dans mon corps, c'est pas encore passé dans voilà, ça devient pas existentiel.

27:42

Et je me souviens ce que j'appelle une épiphanie. Vous savez, une épiphanie c'est un moment de révélation. J'ai une Épiphanie à l'été 2019, je me souviens, je suis en voiture avec mes deux gamins à l'arrière de mon Berlingo et on est en train de descendre vers l'Ardèche. Je prends toujours mes vacances en Ardèche comme un chien qui pisse toujours au même endroit, quoi. Et donc et il fait ce temps-là, canicule infernal et on apprend que en une génération, il y a un/ers grosso modo de tout ce qui vit sous-re, sur terre, dans les airs qui a disparu. C'estàdire juste dans depuis 30 ans quoi. Bon et et j'ai mes gosses à l'arrière et j'ai emprunté à la bibliothèque municipale un CD qui avec

28:26

une histoire dessus, un roman qui est soudain dans la forêt profonde de Amos Oz. Je sais pas si ça vous dit quelque chose, je vous recommande, c'est un compte, ça fait peut-être 80 pages, mais dans ce compte, les animaux ont disparu et euh du coup, la maîtresse, elle a des dessins au mur pour que les enfants se souviennent de à quoi ressemble une poule, à quoi ressemble un renard et puis il y en a encore quelques personnes dans le visage qui sont capables d'imiter un cri de d'oiseaux, enfin voyez. Et donc et voilà, je me dis punaise, est-ce que je veux ça pour mes enfants qui sont à l'intérieur du berlingo ? Et là, on passe de la conscience théorique que ça va pas à quelque chose qui devient beaucoup plus viscéral et existentiel. Il faut que ça change, il faut qu'on en

29:08

change maintenant, quoi. Et pour vous, je je crois deviner que la solution est à gauche. Qu'est-ce que ça veut dire d'être de gauche aujourd'hui ? D'abord, il y a la notion d'égalité quand même. Voilà. Égau devant l'impôt, être égau pour accéder aux hôpitaux, être égaux devant l'éducation. Donc la question de légalité euh elle est vraiment clé chez moi. C'est l'un de mes moteurs qui est pas des gens qui dans notre société, enfin c'est le cas aujourd'hui, on a d'un côté euh des Français et des salariés qui sont rationnés. Moi, c'est des gens qui cet été partiront pas en vacances. Mais vous me connaissez donc il faut que je je donne mes noms et mes prénoms. Mais José qui travaille au rayon course

29:51

à pied à Décathlon que je voyait il y a 15 jours, comme il y a l'inflation et que comme son salaire suit pas l'inflation pour la première fois cette année, il partira pas en vacances et pourtant il part pas en Indonésie, il part en Bretagne. Pas cette année. C'est Claire qui travaille dans une clinique privée qui doit priver sa gamine de poney. Donc voilà, c'est c'est des choses qui sont alors et puis il y a pire, il y a des gens qui sautent des repas et des gens qui bossent dans les épades ou dans la logistique qui me racontent comment parfois ils sautent des repas dans le mois. Donc on a d'un côté des Français qui sont rationnés et on en a d'autres au sommet qui se gavent. Euh c'est les 500 fortunes qui sont passés de 6 % du PIB il y a 30 ans dans le classement challenge à 20 % à

30:35

l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir et aujourd'hui ils sont à plus de 40 %. Donc euh voilà, ça c'est rétablir, ça veut pas dire qu'on va tout leur prendre, mais rétablir un peu euh les plateaux de la balance. Je pense que ça reste quand même au cœur d'être de gauche. Et euh concernant la question de l'écologie et je je crois que ça doit être central aujourd'hui dans notre démarche, c'est euh est-ce qu'on croit que c'est le marché qui va résoudre ça ? Est-ce que on croit que c'est laisser faire la compétition entre les entreprises ou est-ce qu'on pense qu'il faut une bonne dose d'intervention, qu'il doit y avoir des secteurs qui doivent être sortis du marché ? Pour moi, les crèches, les épades, ça doit être sorti du marché. Et il y a en a d'autres où le marché doit être encadré,

31:14

doit être régulé sur le logement, sur l'énergie. Voilà. Et donc la la question de est-ce qu'on laisse faire le marché ou est-ce qu'on régule le marché, à mon avis, c'est ça qui doit être indéterminant euh du vote de l'année prochaine. Et évidemment dans ce dont on parle là, c'est-à-dire le réchauffement climatique, là on voit le quand le thermomètre dépasse les 30°, on a le gouvernement qui fait chauffer les amendements, quoi. Donc ça y est, on a un plan endurance en claquant des doigts qui disparaîtra si jamais le thermomètre il baisse de 10°grine. Ben non, il faut inscrire une trajectoire dans la durée, notamment sur les bâtiments, en finir avec les passoirs thermiques, mais ça ça demande de l'investissement public. et même un économiste macroniste, je sais pas si

31:55

vous voyez, qui est Jean Pisaniferi. Euh donc un économiste qui a soutenu Emmanuel Macron en 2017 et qui dit "Voilà, il faut 34 milliards d'euros d'investissement public chaque année, notamment sur les le logement, les passoirs thermiques, il faut 14 millions d'euros sur les les logements privés, il faut 14 milliards d'euros, pardon, et il faut 10 milliards d'euros sur les bâtiments publics, les hôpitaux. en ce moment, c'est on met des serviettes aux fenêtres des hôpitaux pour que les gens à l'intérieur crèvent pas de chaud et en fait il fait quand même 35°gr à l'intérieur. On a des malades qui aujourd'hui sont avec 35°gr et ça je dirais c'était prévisible hein. On pouvait le dire que ça allait nous arriver. Donc ça veut dire qu'on peut le préparer comme une autre crise qui est

32:37

en cours et qu'on peut très bien préparer c'est la crise démographique. On sait qu'elle est là, elle est installée dans la durée, donc on peut s'y préparer. Mais si on laisse faire le marché, il y a rien qui se fera. On est dans un temps où le marché ne marche plus. Et je dis pas qu'il faut sortir tout ça du marché, mais je veux dire qu'en revanche, il faut le réguler, il faut l'encadrer. Donc la solution, elle est à gauche. Euh moi, j'ai envie de vulgariser un maximum pour l'audience qui nous écoute euh ce qui se passe à gauche et et pourquoi voter à gauche. Et selon vous, bien sûr, vous allez nous l'expliquer. Euh il y a il y a pas longtemps sur France Inter, vous avez dit que personne ne comprenait rien à ce qui se passait à gauche et que cela suscitait du dégoût. Est-ce que

33:12

vous pouvez nous expliquer et expliquer aux gens qui ne comprennent rien ? Parce qu'en réalité, si on s'intéresse à la popole, on comprend et cetera, mais la majorité des gens ne s'intéressent pas à ça. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui se passe à gauche et la crise que traverse la gauche aujourd'hui ? J'ai dit personne n'y comprend rien et tout le monde s'en fout, hein. Donc je pense, je suis dit, que ça va pas être passionnant pour pour vos auditeurs de comprendre. Je je vous fais mon analyse politique de ce qui se passe dans la durée, d'accord ? même indépendamment de la gauche. Pour moi, on avait un bloc central libéral qui comprenait à la fois les républicains et le parti socialiste et qui pouvait se permettre de se diviser

33:57

tellement il était important et de procéder à une alternance dans laquelle il y avait pas vraiment d'alternative. Donc on passé euh Hollande, Sarkozi, enfin vous voyez euh et ce bloc là se rétrécit parce qu'en fait cette politique là, elle fait qu'il y a des gens dont le niveau de vie baisse qui ont de l'angoisse pour leurs enfants et donc ils sortent de de ce bloc central libéral et dans la durée depuis de 20 ans 30 ans, le grand mouvement de fond c'est qu'on a un effritement de ce bloc central libéral et en ce moment c'est un effondrement. Et donc pour moi toute la question c'est ceux qui décrochent ce bloc-là pour des raisons matérielles, pour des raisons d'espérance, où est-ce qu'ils vont aller ? Est-ce qu'ils vont être aimantés à gauche ou est-ce qu'ils

34:40

vont être aimés à l'extrême droite ? Et là pour l'instant massivement, ce qui se passe, c'est qu'ils sont aimentés euh à l'extrême droite. Donc la bataille, pour l'instant, elle est mal engagée et elle est d'autant plus mal engagée que les divisions qu'il y a à gauche font que les gens se disent "Bon, la victoire, elle est pas là. C'est pas comme ça qu'on va y arriver." Donc là, on a un souci de se rassembler. C'est pour cette raison que j'ai proposé qu'il y a une primaire en disant bah voilà, c'est au aux gens de gauche, aux électeurs de pouvoir choisir qui sera leur candidat, qui sera leur porte-voie et que ça soit à la fois un moment de départage mais aussi un moment de débordement. On aura 2 3 millions de personnes qui iront aux urnes, qui seront stimulé par ça et puis

35:21

ça sera un moment de démocratie aussi. Vous vous représentiez la gauche de rupture pendant le hollandisme, on va dire. Ah mais moi j'ai jamais voulu ça. Non, je veux dire, moi je me suis toujours dit de gauche. J'ai jamais accepté même quand même quand j'étais à Fakir, vous savez, il y a un truc bizarre, c'est que quand même quand j'ai 1000 2000 lecteurs à Fakir à Amien dans ma dans ma ville, pas mal. Ouais, mais j'ai pour objectif d'être majoritaire. Ça peut paraître dingue mais même quand je suis ultra minoritaire, mon objectif est d'être minoritaire majoritaire et pas de rester cantonné au ghetto, vous voyez. Mais au contraire d'en déborder et d'aller chercher les masses, le peuple, le gens, les gens. Euh euh donc euh jamais je me suis dit "Ah ben je suis la gauche du rupture. Ah ben je

36:06

suis la gauche radicale. Ah je suis l'ultra gauche, ah je suis l'extrême gauche." J'ai toujours refusé qu'on me mette des petits bouts d'adjectif en plus de gauche. Moi je suis la je veux être de gauche. Euh le de gauche avec toute la famille euh avec un fil de l'histoire qui parle par de la grande révolution de 1789 et qui va jusque François Mitteran en 1981 en passant bien sûr par la commune, le Front populaire, le Conseil national de la Résistance. mais 68 et cetera et cetera. Mais en tout cas, jamais j'ai voulu euh qu'on me dise ultra gauche, gauche radicale, gauche de rupture, toujours refuser ses adjectifs. Non, mais c'est plutôt sain dans une démocratie à gauche euh d'avoir une gauche de rupture qui remet un peu en cause la gauche qui peut gouverner, on va dire.

36:49

Bah oui, mais moi je veux qu'on gouverne, donc j'ai pas envie de dire bah il y a la gauche qui peut gouverner puis il y a celle qui peut pas gouverner. Moi, je considère que je suis fait pour gouverner aussi pour changer les choses pour de vrai. Bourdieu disait quand on lui disait la gauche de la gauche. Donc on disait à Pierre Bourdieu dans les années 90 quand le Parti socialiste dominait vous êtes la gauche de la gauche il dit non je suis la gauche de gauche c'est tout et en fait c'est les autres qui le sont plus c'est les autres qui mènent des politiques qui ne sont plus évidemment chez moi, c'est un élément structurant la mondialisation quand est-ce que les Français ont voté pour la mondialisation ? Euh jamais. OK. Quand est-ce qu'ils ont voté pour

37:27

l'élargissement de l'Europe au pays de l'Est ? Jamais. Euh quand est-ce qu'ils ont voté pour l'entrée de la Chine dans l'Organisation mondiale du commerce ? Jamais. Euh est-ce qu'ils ont voté dernièrement pour qu'on signe un traité avec l'Inde 1,5 milliards d'habitants ? Jamais. et et on leur a posé la question une seule fois, c'était le 29 mai 2005 et à 55 % mais à 80 % chez les ouvriers, ils ont dit non à la concurrence libre et non faussée. Ils ont dit non à la libre circulation des capitaux et des marchandises. Donc euh voilà, le être de gauche, c'est simplement entendre que ce jour-là les Français, ils ont dit non parce qu'ils voulaient pas ça. Et c'est quelque chose dont je demeure profondément convaincu aujourd'hui, c'est qu'il y a dans le pays un désir

38:06

d'autre chose. Il y a la volonté de suivre un autre chemin que celui qui nous ont proposé depuis euh depuis plus de 20 ans. Et en fait, si jamais on a le Rassemblement national qui prospère, c'est parce qu'on a des dirigeants qui vont dans le sens contraire, dans le sens inverse de là où profondément veulent aller les gens. Et donc dans cette tension làà bah c'est là-dedans que n les crises, la crise nebou, la crise des gilets jaunes, les crises des banlieux. C'est un un voilà, il y a une tension entre là où vont les dirigeants et où là où veulent aller les gens. Et donc être de gauche, c'est s'aligner ne serait-ce que en écoutant cette démocratie quand elle parle, quoi. Mais ça c'est c'est votre avis mais c'est pas l'is toutes les personnes qui sont à gauche et qui représentent la

38:44

gauche aujourd'hui. Là aujourd'hui la gauche de rupture, elle est majoritaire par rapport à une gauche plus républicaine si je peux utiliser ce mot. Bon, moi en tout cas, je pense que on ne gagnera que si jamais il y a pas une gauche de rupture contre une gauche républicaine. Et puis euh voilà et il faut que les deux veuillent une rupture avec concurrence, croissance, mondialisation, compétitivité, rentabilité, c'est-à-dire avec euh tout ce qui est au fond aujourd'hui euh dégoûte les gens. Ça ce les mots que je viens de prononcer il y a 30 ans les gens, c'est sûr. Il y a 30 ans, il donnait envie hein, la mondialisation heureuse et cetera. Maintenant, on sait que la mondialisation, elle est malheureuse. Euh donc là, il y a ce que Gramchi appelle un détachement de l'idéologie

39:23

dominante. Voilà, les gens se sont détachés de ça. Ils sont en train de se détacher de ça. Bah, c'est à la gauche d'incarner un autre chemin et euh de dire moins de concurrence, plus d'entraide. Euh alors moi, c'est moins de bien, plus de lien, euh moins de de mondialisation, plus de protection. Enfin, il faut que euh et je le redis, ma conviction profonde est qu'il y a ce désir d'autre chose dans le pays. Il y a un sondage qui m'avait marqué toujours en matière d'écologie. On demandait aux gens est-ce que vous voulez ralentir ou accélérer ? On avait les de tiers des Français qui disaient "On veut ralentir. Il nous faut un ministère du ralentissement. Il faut un ministère du temps." Ah bah oui, ministère du temps. Ah oui, il faut un ministère du temps. Je pense que les gens sont malheureux

40:02

aujourd'hui par le temps, entre autres. Ils sont malheureux par l'argent pour certains, par une forme de rationnement. Mais euh le temps euh le sentiment d'être tout le temps pressé, d'avoir plusieurs choses à faire en même temps, euh vous voyez, d'avoir d'être dans un temps contraint avec du temps de déplacement, ben euh euh je pense que les gens retrouveront du bonheur si il y a un peu d'air dans leur porte-monnaie, mais s'il y a un peu d'air aussi dans leur emploi du temps. Donc je pense oui, je pense qu'il faut un ministère du temps, y compris du temps au travail. Euh les cadences au travail, elles se sont renforcées euh depuis 40 ans. Il y a toutes les études du ministère du travail montrent que on demande aux salariés, aux ouvriers bien sûr, mais

40:39

aux employés aussi des plus d'effectuer de plus en plus de tâches en 1 heure. Donc voilà, je pense qu'il faut euh donc euh donc on demandait aux Français, bah ils disent il faut ralentir plutôt qu'accélérer. Pourtant, quel est le mot d'ordre d'Emmanuel Macron depuis 10 ans accélérer, accélérer accélérer ? On demandait aux Français qu'est-ce que c'est la maison que vous voulez ? Est-ce que vous az une maison avec la 5G, avec tous les objets connectés ou est-ce que vous voulez un jardin ? Les gens, ils disent un jardin. Pourtant, qu'est-ce qu'on leur fournit ? J'ai continu de la maison et des objets connectés. Quand on demanda aux français, est-ce que vous pensez que la crise écologique, on va s'en sortir par plus de technologie ou par des changements dans la société ?

41:15

Les Français répondaient par des changements dans la société. Donc, je pense qu'il y a un profond désir d'autre chose aujourd'hui dans le pays, mais qui n'est pas porté par une force politique à vocation majoritaire. Justement, vous parlez de Macron, vous vous avez grandi dans la même la même ville, le même quartier même que Macron. Je crois même que votre sœur était dans le même lycée que Macron. Dans dans la même classe ? Dans la même classe que Macron. C'est énorme. Moi, j'ai jamais connu quand il était jeune. J'ai je l'ai vu comme quand il était au côté de François Hollande comme conseiller à l'Élysée. Comment ça se fait que des personnes qui viennent du même lycée, du même environnement, ont une telle différence de parcours et d'idé surtout ? Bah, je

41:52

vous ai décrit euh quelle avait été ma sociabilisation à l'entrée au collège. Euh donc euh euh voilà euh choisissant mon chemin euh même si j'avais je pouvais avoir de des camarades hein bien sûr, mais euh plutôt en marge euh de de de la logique dominante, quoi. Je me souviens mare m'être battu même parce qu'il y avait eu au lycée une forte montée du Rassembl national et ça se sentait déjà à cette époque-là et je me souviens à l'époque m'être battu avec des gens qui prononçaient des mots sur les étrangers qui ne me convenaient pas. Moi j'avais apporté le le disque SOS racisme avec la chanson de Renault dessus que j'avais diffusé en classe. Donc voilà, il y

42:37

avait des ça je produisais du débat déjà. Quel qualificatif vous donneriez à l'évolution des deux quinquenadas de Macron ? Est-ce que le président de la République Emmanuel Macron de 2017 est le même que celui de 2026 ? Moi, je j'ai vu clair d'entrée, mais je me je me permets hein, mais en fait déjà pour moi parce que j'ai une lecture économique et sociale et donc déjà ce qui fait quand il a bercit comme ministre de l'économie, c'est très libéral, c'est très pour le marché et c'est pas pour les gens, c'est tout pour l'argent. Donc je n'ai pas été surpris. Je pense que les gens ont pu être surpris par une évolution qui est une rigidité qui est venue et euh on on

43:21

l'attendait euh plus ouvert sur les questions euh euh sociétales euh sur euh l'immigration sur voilà, on l'attendait plus euh euh ouvert de ce côté-là. Or euh il est il était lui qui était paraissait comme étant de gauche euh sur les questions sociétales et euh de droite sur les question économique, s'est révélé de droite sur les deux quoi. Et avec euh une certaine forme de rigidité euh monarchique quoi. Moi, je pense enfin le Emmanuel Macron aura fait beaucoup de mal à notre pays. Je pense le pire sans doute c'est la réforme des retraites. pas en tant que tel, mais on est dans un temps où les gens sont usés, fatigués,

44:04

un pays en déprime et dans ce moment-là, lui qui a été réélu quand même sans flamboyance, il doit se demander comment on rassemble le pays, comment on fait France ensemble, quel est le défi qu'on va être fier de relever réuni. Et il fait l'inverse. qui fait une réforme qui mène contre 8 Français sur 10 et contre tous les syndicats unis, contre vraisemblement une majorité de députés à l'Assemblée et donc à la place de rassembler lui qui a comme président de la République une responsabilité qui est l'unité de la nation, il produit la division et ce qui va aboutir encore pire quand il va décider de manière improvisée de la dissolution.

44:47

Euh est-ce que la politique de Macron, vous en pensez effectivement pas du bien ? Ça je peux le deviner, mais est-ce que d'un point de vue psychologique Macron euh donne un peu une atmosphère aussi au pays de la manière dont il dirige, de la manière un peu autoritariste dont il fait les choses, notamment, je parle en particulier du fossé peut-être du mépris voir de la population. Est-ce que peut-être même il en a conscience de ça du de l'écart qu'il creuse avec la population ? Il était là dès le départ, moi je me souviens chez moi des ouvriers picard, ça ne passe pas avec le baquet ça ne passe pas avec le banquier d'affaires dès 2017 hein, il y a il y a

45:29

et donc et j'écris un texte à l'époque dur et où je lui dis vous êtes haï dans l'entre de tour en le prévenant vous êtes haï mais c'est une manière de lui dire faut changer de chemin parce que là sinon entre vous et les Français Ça va être le grand choc. Le grand choc, ça a été le choc des gilets jaunes et où il ne s'est maintenu au pouvoir que par les policiers et par la force de coarcition. Euh et euh euh après ça, je dirais euh est venu presque un temps d'indifférence. C'est comme si les Français tournaient le dos à Macron, comme si ce qu'il racontait n'avait plus d'importance. hier, il est passé à la télé, je sais même pas ce qu'il a dit et je sais pas si ça a une grande importance pour les gens aujourd'hui, quoi.

46:13

Euh la dernière affaire en date qui a bouleversé la France, c'est l'affaire Liana. Euh on y pense tous les jours, on en parle évidemment tous les jours, c'est une cause très importante. Les violences sexistes, sexuelles, pédocriminelles, les violences sur les enfants. Vous quel regard vous avez sur la gestion du gouvernement sur cette affaire ? Avant de parler du gouvernement, je voudrais parler de la société. Euh c'est quelque chose sur euh moi quand il y a eu la révélation euh du chiffre de trois enfants par classe de qui subissent des violences sexuelles et de l'inceste, euh je me suis dit que ça allait être un choc, ça être un choc pour toute la société et que on allait

46:57

tout transformer. en particulier, je m'attendais à un grand plan de détection prévention à l'éducation nationale qui a un recrutement de psychologues que les enfants on soit entendu entendu qui ait une attention portée à des signes. Bon voilà parce que derrière ce sont des dégâts, ce sont des des dégâts humains. C'est des vies qui sont brisées dans la durée. On ne s'en remet pas. On peut même chiffrer ça puisque tout doit être chiffré dans notre pays et que ça fasse de l'économie. C'est chiffré aux alentours de 6 milliards d'euros par an. Donc ça vaut le coup d'avoir là-dessus, je dirais, de l'investissement et il y a rien eu. Et voilà, ça m'a stupéfait. Euh sans la civise arrive derrière et dit

47:40

160000 enfants par an, euh plus de 5 millions de personnes dans notre pays et pareil euh ça ne fait pas un électrochoc et tout continue comme avant. Donc euh j'ai entendu euh euh une personne qui avait euh subi un l'inceste euh Romain Lemire qui disait euh il faut tout un village pour violer un enfant. Euh détournant le le proverbe africain qui dit il faut tout un village pour éduquer un enfant. Ouais. Euh bien sûr. Et et pourquoi ? Parce que il faut le silence. Il y a le père qui viole mais derrière il faut le silence de l'entourage, il faut le silence de la société et il faut la passivité des

48:24

institutions. Et évidemment ce qu'on voit là, ce qui est révélé par Liana, mais ce qu'on savait déjà, c'est la passivité de l'institution police et de l'institution justice. Mais alors, c'est un autre choc que j'ai eu parce que faut dire que on évolue en rencontrant des gens qu'on sait pas tout d'emblé. Et moi quand je rencontre des avocates euh spécialisées, je dis avocat parce que ce sont bien souvent des femmes hein, euh dans les viols et qu'elles disent "Bah voilà pour ma cliente euh il y a il y a même pas eu d'enquête. Euh le suspect n'a pas été entendu, il a pas été mis en garde à vue. On n' pas fouillé son téléphone portable ni son ordinateur, il y a pas eu d'audition euh de des proches et que en vérité c'est comme ça que ça

49:06

se passe. En général, je passe à Nant et euh l'avocate me dit "Bah voilà, il y a eu six plaintes euh à cause des festivités de ce weekend pour viol au commissariat. On sait qu'il y aura pas d'enquête sur tout ça. Donc je dis euh la question se pose pour la société, la question qui se pose pour les ministres euh évidemment elle se pose pour la police, elle se pose pour la justice, mais elle se pose pour toute la société. Est-ce que on considère que tout ça ce sont des crimes majeurs ? Et on le dit dans nos discours, hein, ça paraît comme étant important, mais en vérité on le traite au quotidien comme si c'était des délis mineurs, comme si c'était des rétroviseurs qui étaient cassés encore peut-être qu'on en ferait davantage pour retrouver le coupable. Donc il y a un

49:49

choix qui a à faire. Je je dis que c'est de la responsabilité évidemment des ministres. Moi, j'ai demandé à ce que ça soit Édouard Duran, le président, l'ancien président de la civise qui donc est habité, on peut dire comme juge des enfants par la question des viols et de l'inceste sur les mineurs qui deviennent ministre de la justice parce qu'on on sait qu'on aurait quelqu'un qui prendrait ça à à bras le corps mais au-delà de ça, vous étiez favorable à une démission de d'Armanin démission pour démission surtout je souhaite qu'on mette quelqu'un qui soit engagé et qui en fasse une priorité. H vi pas faire de la avec ça. D'accord. Euh mais derrière il faut que la société elle veille bouger aussi. Et je dis c'est

50:33

quelque part euh le il y a quelque chose de euh bizarre là, c'est que venir lutter contre les viols et contre l'incesse, c'est faire du trouble à l'ordre public parce que l'ordre public, il va très bien finalement avec les viols et avec les incestes en série. Et donc euh vouloir que ça change, c'est faire du trouble à l'ordre public. C'est remettre en cause un ordre qui est séculaire. qui est là depuis des siècles où c'est normal, ça va et où le le tabou de l'inceste, c'est en vérité le tabou de dénoncer l'inceste. Vous voyez ? Et donc voilà, maintenant il faut que la société tout entière, elle se dise "On veut que ça change." Donc on voit à

51:18

travers les manifestations que des femmes, des hommes sont mobilisés pour que ça change dans notre pays. Maintenant, il faut le tenir dans la durée. Donc ma question de base c'était comment quel regard vous avez sur la gestion de cette affaire par le gouvernement ? Je trouve que il y a de la communication et je suis pas sûr qu'il y a un engagement dans la durée à une action et à une action de transformation. Il y a deux questions. Il y a la question des moyens hein. Ça il y a pas de doute qu'il faut davantage moyen pour la police et davantage moyen pour la justice. Mais il y a la question de qu'est-ce qu'on fait être une priorité d'Armana qui dit je veux du bleu dans la rue. Est-ce que l'objectif c'est de mettre de la police dans la rue et qu'on

52:03

la voit ou bien est-ce que c'est l'objectif c'est d'avoir une police d'enquête, une police d'investigation sur le narcotrafic, sur les viols, sur les incestes et de la même manière pour la justice. Il faut plus de juges, il faut plus de procureurs, mais qu'il faut qu'il soit établi comme une priorité que en fait j'avais demandé mais moi bien avant Liana, bien avant ce drame là, j'ai dit voilà, il doit pas y avoir un viol dans notre pays sans queil y ait une investigation minimale, c'està-dire le suspect est entendu, on fouille son téléphone portable, on fouille son ordinateur, on interroge les proches et voilà, ça devrait être automatique, ça devrait être systématique. va tellement

52:46

de soi. Enfin, j'énonce quelque chose là qui doit être de l'ordre de l'évidence mais malheureusement cette évidence serait une révolution en matière d'investigation. Vous la la violence politique, comment vous la vivez humainement ? Est-ce que parfois vous êtes miné ? Ça vous met très en déprime ou vous êtes plutôt solide à ce niveau-là ? Comment vous vivez ? D'abord, j'ai pas besoin que de tellement de violence pour traverser des épisodes de déprime en vérité. Bien sûr. Je pense que voilà, j'ai pas envie qu'on se présente comme des personnes super fortes, toujours avec la patate, prête à être sur le ring. Enfin non, je pense c'est pas ça. On est humain. Enfin, moi je suis humain et donc de toute façon, j'ai mes épisodes bas puis je remonte.

53:30

Enfin, je sais pas si vous avez ça aussi. Bien sûr, bien sûr. Absolument. Donc c'est humain, ça c'est une chose. Et évidemment que le regard porté par les autres, cet univers de d'injure, d'insulte, je pense aux réseaux sociaux en particulier où tout est fait sous forme de procès, à un moment forcément ça peut miner la miner. Donc et ça c'est un esprit du temps que j'aime pas trop. Je je dis tout ce que Internet a apporté, le fait que vous puissiez faire votre émission. J'aurais aimé entrer dans le journalisme avec ces outils là, créer une niche à moi. Enfin voilà. Donc, mais

54:15

euh je vois aussi tout ce que ça apporte au débat public où immédiatement on a l'impression d'avoir 100000 procureurs dans un dans un procès géant et ça c'est ça n'est pas un bon esprit du temps. Euh Bill Clinton, sans que j'en sois un un un grand fan. Ouais. Mais euh il l'avait posé à un moment, tenté au monde de la naissance d'Internet à la fin des années 90 euh poser une loi avec un principe simple, c'est ce qu'on peut faire euh dans la vie réelle, on peut le faire sur internet. Ce qui est interdit dans la vie réelle est interdit sur internet, ce qui paraît euh devoir aller de soi. Et en fait, il a eu contre lui tous les libertariens américains qui ont dit

54:59

"Non, non, Internet ça n'appartient pas aux États, vous allez pas commencer à contrôler ça, c'est un territoire libéré et donc laissez-nous faire ce qu'on veut." Bah oui, mais ce qu'on veut c'est aussi les réseaux pédophiles, c'est aussi enfin voilà, c'est aussi le pire, c'est de la pornographie en série, c'est les injures qui mènent le débat public. Donc voilà, je pense que je sais pas comment c'est toujours le problème quand on a fait sortir le dentifrice YouTube pour le remettre à l'intérieur, c'est compliqué mais il faudrait réussir à reposer ce principe que final je suis pas insulté moi dans la rue, jamais. Ouais, c'est même très rare qu'on vient de me faire part de critique. Et pourtant, si vous allez sur les réseaux sociaux, il y

55:42

a que ça. Comment ça se fait que vous vous permettez des choses sur internet que vous vous permettez pas dans la vie réelle ? Voilà, donc rétablir ce qui est de l'ordre de la descence commune. Bon, on a des désaccords. Pour moi, la démocratie c'est du conflit, hein. C'est pas du consensus. Il y a du conflit. Il y a des conflits d'intérêts. Tout le monde n'a pas les mêmes intérêts dans la société. Par contre, c'est du conflit qui est organisé, qui est verbalisé, qui est institutionnalisé. Donc, il s'agit pas de réclamer un consensus mou, mais qu' il s'agit de demander qu'il y a une organisation du dissensus. Ouais. Enfin, là la violence en politique, elle est quand même énorme. Nous, en tant que citoyen, on assiste à des joutes verbales permanentes de la

56:23

gauche vers la droite, de la droite vers la gauche, du bloc de droite vers l'extrême droite, à gauche aussi. Pourquoi toute cette violence à gauche notamment puisque vous êtes de gauche ? Bon, je sais pas si en fait euh dans l'espace public entre responsable politiques, je sais pas si la violence est si forte que ça et je suis pas sûr qu'elle se soit élevée. Vous savez, les gens se battaient en duel hein quand même sous la 3e République au fleur ou au pistolet. Il y a eu des coups de point qui ont été donnés à l'intérieur de l'Assemblée sous la 5e République et pas lors du des précédents mandat. Donc je suis pas sûr que ça soit à ce niveau-là. Moi, ce que je vois surtout, c'est ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Là, il y a il y a un

57:07

fossé entre la manière dont les gens débattent même à la télé et la manière dont ils s'empoignent. Enfin, c'est plus l'empoignade sur les réseaux sociaux, quoi. Donc euh je vous je trouve que vous êtes vraiment un optimiste. Je sais que vous n'aimez pas euh parler des querelles he tout le monde n'a pas cette impressionlà. Mais Ah bon ? Non, mais un optimiste en tout cas dans le ça a toujours existé, ça a toujours été comme ça. Alors que quand même je vous dis, je pose un élément nouveau hein, je pose un élément nouveau qui sont les réseaux sociaux et avec je le dis tout ce qu'ils ont apporté de bien. Moi si j'existe en politique, c'est parce que je me suis fait connaître par euh Facebook, par Twitter, enf donc ça ça a été un outil, c'est un outil de désintermédiation qui fait qu'on a pas à

57:49

passer par les médias traditionnels pour passer notre message. Donc on passe le message qu'on veut dans notre cuisine, ce que j'ai fait pendant des années. Donc ça c'est c'est tout un aspect positif mais l'aspect négatif c'est quand même oui cette violence hordurière et coutumière ordinaire c'est les égûts âgé continu et dont j'espère que on va pas avoir une contagion de la vie réelle du débat public mais même de la manière de se comporter dans la rue entre les personnes par la la manière dont on s'insulte en virtuel quoi. Euh vous, votre expérience politique et vos aventures politiques ont été très

58:33

commentées. Vous le dites sur les réseaux sociaux notamment, vous avez eu un épisode de rupture avec Jean-Luc Mélenchon dans votre vie. Ça a été extrêmement commenté. Comment vous l'avez vécu ça ? Le fait d'être un peu victime de cette purge de Jean-Luc Mélenchon ? Non, parce que c'est moi qui ai choisi de partir. Euh il en a purgé d'autres. D'accord. Mais euh c'est moi qui ai choisi de partir parce que j'avais un désaccord à la fois moral et électoral. euh dont on avait discuté euh établi dans la durée. Je j'ai essayé de peser réunion de groupe après réunion de groupe au sein de la France insoumise pour que on ait une autre orientation, pour qu'on parle à toute la France, pour que on cherche pas à tout prix la radicalité dans le

59:17

discours, mais que on apparaisse comme une force une force qui peut apporter de la stabilité, de la sécurité, de l'espérance aux gens. Donc j'ai pesé euh euh et j'ai échoué euh en interne. Donc euh il fallait que je parte et donc il y a pas eu besoin de me purger. Je l'ai fait de moi-même. Pourquoi vous dites que vous avez échoué ? Vous avez échoué à imposer votre Oui, mais c'est très difficile d'imposer les choses à à Jean-Luc Mélenchon. Non. Oui, je je j'aurais aimé que il y ait la possibilité d'un débat interne avec possiblement des courants que me quitte à être minoritaire, ça soit une ligne qui soit portée à l'intérieur. Mais voilà, c'est c'est

1:00:01

la France insoumise en matière de pluralisme ne fonctionne pas de cette manière-là. Donc je j'en ai tiré la conclusion et je suis parti parce queil y avait un désaccord. Mais ça sur le moment, je pense que c'est comme quand on quitte bah une entreprise dans laquelle on travaille. Humainement, c'est dur. Non, parce que d'abord c'était un détachement dans la durée. Puis moi, j'étais dans le groupe La France insoumise, mais j'ai jamais été membre du parti la France insoumise. Moi, j'avais monté Picardi debout pour chez moi et qui regroupait à la fois les insoumis, les communistes, les écologistes et puis ensuite les socialistes. Donc je cherchais à faire le plus de commun possible. Comment on apprend à se protéger en

1:00:46

politique ? Euh je en tout cas les les premiers jours que j'ai vécu à l'Assemblée nationale ont été pour moi formateur. C'est peut-être que j'aurais un après politique moi. Il y a une manière de s'exprimer qui fait qu'on doit toujours se retenir. Alors, je pense que je me retiens toujours insuffisamment, mais il y a une quelque chose qui est lors du contrôle de la parole qu'on n pas de la même manière quand on est citoyen, quand on est journaliste, parce qu'il va y avoir une surinterprétation. On va isoler quelques mots à l'intérieur de votre propos et il faut être prêt à ce que il y ait du détournement de permanent de ce que vous venez raconter. C'est sans doute dans la politique ce

1:01:30

qui m'est le plus pénible parce que j'ai pas envie d'être comme ça, vous voyez. J'ai envie de d'être avec sincérité et spontanéité de continuer à exprimer ce que j'ai besoin de dire. Et euh euh quand je suis entré à l'assemblée euh je me souviens de du premier moment de visite avec le groupe insoumis et euh à un moment j'ai ma chef de cabinet qui va aux toilettes et je l'attends et là donc on je suis seul et c'est le il y a un titre, je sais plus, je crois que c'est le Fenton Post qui dit "François Ruffin fait déjà bande à part de la France insoumise." Bon voilà et euh euh quelques temps plus tard, on est à l'université d'été euh à Marseille et on on France Inter d'ailleurs

1:02:15

m'interroge et me demande "Bah alors, est-ce que vous pensez que l'ISF ça va faire chuter Macron ?" Je dis "Je sais pas si ça se trouve, on sait pas les révolutions, comment elles prennent. Si ça se trouve, il va tomber sur un truc à la con. euh le maquillage de Brigitte, c'est frais de coiffeur, j'en sais rien. Et là le le ça a été détourné en François Ruffin souhaite faire tomber Macron sur les frais de maquillage de Brigitte. Non, c'était pas ça que je venais de dire. Je venais faire une analyse qui disait que parfois ce qui met l'étincelle euh c'est pas le gros baril de poudre mais c'est au contraire une petite chose à côté, vous voyez ? Et donc faut être prêt en permanence à ce que vous dites. Soit détourné soit et ça c'est pénible. Et ça ça a pu vous miner parfois.

1:02:59

Bah régulièrement, ouais, régulièrement. D'abord parce que ensuite on considère que on a fait une faute. Voilà, on on n pas tenu sa langue comme on devait la tenir. Et en même temps, on n pas envie de devenir quelqu'un qui fait la langue de bois, qui répond pas aux questions, qui place ses éléments de langage qui ont été travaillés avec des communiquants. Enfin, j'ai pas envie de devenir ça, quoi. Et donc il y a il y a un truc où on n pas envie de se prendre des coups tous à 10 minutes. Et en même temps euh on veut pas faire euh de la de la langue de bois. Mais la langue de bois en fait c'est un mot qui est déjà je pense que c'est pas la bonne expression parce que le bois on peut s'y frotter, c'est dur quoi. Il y a quelque chose en face en

1:03:42

fait. La langue de bois c'est plutôt une langue de wat. C'est un truc c'est chloroforme qu'on vous met sous le pif quoi. Vous endormez avec ça. Et vous vous en faites parfois de la langue de bois ? Je pense pas non. Ah j'essaie pas. J'essaie de qu'est-ce qui pourrait vous différencier des autres politiques de voix justement ? Recommande, on me le recommande et euh à mon équipe, je dis que je ne sais pas faire, je veux pas apprendre à faire. Donc c'est un problème mais je le dis, c'est un problème politique pour moi maintenant. LFI RN au 2e tour de l'élection présidentielle 2027, vous y croyez ? Je pense qu'il y a un moyen d'échapper à ça et je dis échapper à ça parce que aujourd'hui le résultat est couru

1:04:25

d'avance. Entre les deux, on voit que c'est pas dans un mouchoir de poche. Aujourd'hui, entre Bardella et Mélenchon, c'est 2 tiers des voix pour l'un et un/ers pour l'autre. Et donc je doute vraiment qu'on parvienne à corriger un écart de cet empleur là. Donc il faut qu'il y ait d'autres solutions. Et donc on est encore à un an de l'élection hein. Si à un an de l'élection c'était François Fillon ou c'était Alain Jupé à un an de l'élection. Enfin voilà, on sait que à un an de l'élection jamais celui qui apparaît en tête et qui est le favori des sondages qui l'emporte. Donc il nous reste du temps pour construire une autre solution. Euh vous avez réalisé un film qui

1:05:08

s'appelle Au boulot avec Sarah Salman, donc avocate plutôt à droite que vous avez emmené au boulot justement aller rencontrer des des personnes qui font des travaux que elle critiquaient même sur certains plateaux télé. Et vous avez réussi un exploit quand même assez admirable, c'est que aujourd'hui elle devient très appréciée des socio-démocrates, des gens même de gauche. Il y a beaucoup de traî sur TikTok qui reprennent Sarah Salman en disant voilà maintenant Sarah Salman est de gauche je trouve ça assez bah réussi. Vous avez euh réussi à la faire vraiment migrer dans ses opinions. Comment on fait ça à l'échelle de la France ? En tout cas, dire que j'avais proposé des stages quand j'étais à mon entrée comme député des

1:05:52

amendements qui disaient voilà le ministre de l'intérieur, il doit commencer par aller une semaine en stage dans un commissariat. Le ministre de la santé il doit aller passer une semaine à l'hôpital. Le ministre de la justice, il doit aller une semaine en prison. Je précise toujours comme stagiaire. Mais que voilà. Et peut-être que si jamais on avait eu un ministre de la justice qui là avait passé une semaine dans un tribunal et avait demandé comment ça se passe pour les plaintes pour viol, pour les plaintes pour inceste et qui l'avait compris ce que ça signifiait en terme de nombre de dossiers et que les magistrats n'en faisaient pas une priorité, on n serait pas là et on nen serait pas là depuis des années ou des décennies. Donc je crois moi euh que euh il faut allier

1:06:36

une connaissance de terrain de discussion avec les premiers concernés, ceux qui travaillent avec une vision d'ensemble euh par des statistiques euh par des rapports, mais faut faut vraiment la liaison entre euh entre le bas et le haut. Et donc euh euh bah oui, Sarah Salman quand je je lui ai proposé parce qu'elle disait du mal de ceux qui travaillaient, ils avaient déjà bien la chance d'avoir le SMIC. Je parlais à ce moment-là de d'une pompiste chez Total. Euh bah je lui ai dit bah venez faire pompiste chez Total et puis on verra bien ce que vous penserez à sortir. Elle a raison sur un point, ce n'est pas moi qui l'ai transformé, c'est les gens qui l'ont transformé. C'est la réalité qui l'a transformé et je pense que c'est une nécessité pas seulement pour les

1:07:17

politiques mais voilà de même faire que des Frances se rencontrent. Aujourd'hui, c'est quelque chose euh c'est comme si chacun était dans son couloir. Et euh finalement, c'est construire une forme d'empathie. Euh l'empathie est une arme. Euh voilà, l'empathie est un outil de faire qu'on comprenne l'autre, qu'on comprenne quelles sont ses raisons, pourquoi il va pas bien, quels sont ses espoirs, qui est ce partage là. Vous savez, il y a le mot fraternité. On peut y ajouter sororité euh sans difficulté, mais euh pour que la fraternité, elle soit réelle, il faut qu'il y ait ce partage. Je dis pas qu'à la fin, on va avoir tous le même salaire, mais euh il faut qu'on on ait le sentiment de de faire ensemble euh d'avoir ça à partager. Et donc euh très concrètement

1:08:01

par exemple sur les vacances, moi je souhaite que les gamins des quartiers de chez moi d'Amianor euh et ben ils aillent passer 15 jours 3 semaines dans un bled euh de la Veyon et que euh les gamins de l'Avron qui est des formes de jumelages, on fait des jumelages à l'autre bout de l'Europe mais on pourrait faire des jumelages à l'intérieur du pays et faire que nos gosses, ceux qui sont au pied du clocher, ils aillent dans les quartiers réciproquement et voilà et c'est ça participerait à construire une empathie Euh Sarah Salman, moi j'ai vu le le film Au boulot que j'ai beaucoup apprécié. J'ai beaucoup aimé ce film d'ailleurs. Bravo. Je tiens à dire aussi que vous avez eu un César pour un autre film. Merci patron. Vous êtes aussi un artiste. Mais en tout cas sur au boulot la moitié la

1:08:43

la première moitié du film voilà, on voit Sarman et cetera. La deuxième moitié du film vous vous expliquez que vous êtes dans un conflit autour d'un sujet qui est donc la guerre à Gaza. Est-ce qu'il y a pas un problème en France de sujets qui rendent irréconciliables certains Français ? Ben je pense que là euh dire que pour moi les larmes d'une mère palestinienne valent les larmes d'une mère israélienne ou valent les larmes d'une mère ukrainienne valent les larmes d'une mer soudanaise ? Là, on est sur un niveau d'humanité et que je vois très bien comment il peut y avoir un chemin, mais il faut que ce chemin, je dirais, il soit porté par des

1:09:26

gens au sommet qui viennent réussir à avoir une parole qui épouse toute la France. et le président de la République ne l'a pas fait sur ce conflit-là euh en particulier de venir dire que ce qui se passe à Gaza euh ce sont des crimes de guerre mais que c'est pas une raison pour s'en prendre à nos compatriotes euh juifs sur notre territoire que tout antissémitisme doit être interdit. Et donc il doit y avoir une parole de surplomb qui permettent en l'occurrence de euh de rassembler la communauté nationale. Euh et euh quand ça avait été on se souvient du temps de Chirak du nom à la guerre en Irak, je pense que c'est quelque chose qui avait permis à la société française par exemple de faire corps et de faire corps avec fierté à

1:10:11

l'époque. Je pense que l'Espagne a montré un chemin là dans le conflit en Palestine qui a été un chemin de fierté pour les Espagnols et pour tous les Espagnols. Et donc je pense pas que par nécessité ça soit irréconciliable en bas, mais en revanche, il doit avoir il doit y avoir une une parole en haut où les Français dans leur diverses sensibilités se retrouvent. C'est ouf parce que vous avez réussi à la réconcilier avec bah pourtant un sujet qui pouvait être irréconciliable de de d'être dans l'empathie avec les autres, avec les plus précaires ce qu'elle n'était pas avant. Mais par contre sur ce sujet-là, vous n'avez pas réussi à à vous réconcilier. Peut-être qu'il aurait fallu que je l'emmène, mais on m'a moi-même interdit d'y aller en Palestine. Ouais.

1:10:56

Voilà. Euh que euh elle y voit. J'ai eu des échanges. Euh faire un deuxième documentaire. Oui. Bah ce serait énorme franchement. Euh, j'ai eu des échanges moi avec, vous avez par viso sur WhatsApp avec des familles palestiniennes qui expliquent comment donc non pas à Gaza là mais en 6 jours d'anné comment les forces de police arrivent à 4h du matin, mettent les gens à terre, comment les gamins ont peur d'aller faire du sport et pourtant comment ils sont portés par un espoir, par le rêve de réussir leur vie, enfin d'un jour voir la France et tout ça. Et je pense que avoir cet échange là, ça met de l'humain en face de l'humain et que bon, on se dit d'accord, ils sont arabes, moi je suis juive mais on peut

1:11:40

discuter ensemble et en fait on a beaucoup de commun et peut-être que c'est un chemin vers la paix quoi. Euh si l'extrême droite passe en 2027, qu'est-ce que vous faites ? D'abord, c'est un scénario que je ferai tout pour qu'il n'advienne pas. Euh vous savez euh je je parle là du rassemblement et euh il porte le nom de Rassemblement national, mais dire à quel point c'est le camp du déchirement national parce que le lendemain de leur élection euh il y aura les vrais français et euh il y aura les Français de papier, ceux qui sont pas vraiment français, ceux qui sont français de 2è génération, ceux qui sont français de nationalité, ceux qui sont pas français et voilà, on aura un grand tri dans le pays et je crains moi, non seulement les décisions qu'ils vont prendre d'en haut,

1:12:25

Mais ce qu'il pourrait y avoir de pire de de haine qui viennent et qui soient libéré d'en bas. Donc faisons tout à mon sens pour que ça n'advienne pas. Et moi je je continuerai mon combat qui est le combat où on gagne en étant majoritaire. Euh je je il s'agit pas d'aller prendre les armes, il s'agit pas de partir à Londres, mais il s'agit de retrouver retrouver le chemin de la majorité, de dire "Voyez, vous voyez tout ce qu'ils vous ont promis. Est-ce que franchement vous avez l'impression qu'ils améliorent vos vies ?" Euh voilà, c'est Joe Biden quand pardon Bernie Sanders quand

1:13:06

Camal Hararis perd face à Donald Trump, il il dit aux démocrates, "Bon bah quand les démocrates abandonnent les travailleurs, les travailleurs abandonnent les démocrates et il conseille à ses amis, à ses camarades de continuer à parler du travail, de continuer à parler du prix des médicaments, de continuer à parler de la santé des gens. Et donc euh c'est ce travail-là qu'il nous faudra poursuivre pour être euh majoritaire. Euh ensuite, récemment euh vous avez vécu un moment un peu dans les médias où vous avez dû vous justifier de choses. Je Ça arrive assez régulièrement. Ouais, je pense c'est sûr pour un homme politique en tout cas. Vous avez sorti une BD euh une BD euh qui s'appelle Picardi Splendor, les aventures de François Ruffin, député

1:13:50

reporter où euh vous allez à la rencontre des Français, un peu ce que vous avez expliqué en début de podcast où vous allez à la rencontre d'un certain nombre de Français avec un certain nombre de scénettes euh qui sont montrées pour décrire la France et cetera. Et à la sortie de cette BD, il y a eu une polémique parce que sur quelques tableaux effectivement, il y a eu une scénette où vous êtes dans le train et euh euh vous avez été critiqué pour euh avoir décrite une posture euh de de de domination sur une personne minorisée. Euh je remettrai dans le montage effectivement les planches et cetera pour pour montrer parce que je les ai lu. Est-ce que c'est pas une polémique un peu tirée par les cheveux ? Et aussi, il y a un côté aussi à à s'excuser

1:14:34

un peu facilement aussi pour peut-être avoir la paix. Comment vous l'avez senti vous ? Comment vous l'avez vécu humainement cet épisode là ? Bon, d'abord dire que l'essentiel de la BD euh a pour but de montrer une France fracturée mais qu'on peut encore réparer. Euh euh je raconte par exemple comment je vais euh au hip hop euh de ma fille au quartier nord euh où elle est avec d'autres gamins qui sont de toutes origines avec des personnes en situation de handicap, avec des personnes obèses et comment ils font leur spectacle. Et on est dans ce temps où c'est les élections européennes où Bardella est en tête et où euh à la fin du spectacle, je dis à une famille qui est à côté de moi, voilà la France qu'on veut. Elle me dit non, c'est pas la France qu'on veut,

1:15:19

c'est la France qu'on a et c'est la France qui ne nous enlèveront pas. Voilà l'esprit de la bande dessinée qui est de se dire que oui, il y a des fractures qui traversent notre pays mais que on peut encore les réparer. Mais il se trouve que la bande dessinée a été elle-même prise dans des fractures. Voilà. Et que Oui, c'est l'arroseur arrosé quelque part. Enfin, dans le dans un sens un peu tiré par les cheveux, je trouve. C'est c'est une finalement c'est sans doute mon ouvrage le plus consensuel. Ah ouais ? Bah oui, je pense euh je vi venais pour tout chercher la polémique et il y a eu une image euh malheureuse, mal contrôlé où je dis avec franchise que si je pouvais juste claquer des doigts euh je la remplacerai où on me

1:16:02

voit dans le train en train de bomber le torse, ce qui correspond pas, je pense à mon attitude normale. Et et face à une personne qui est racisée, on a l'impression que je lui fais la leçon. Bon bah c'est ce que je vous disais tout à l'heure sur d'habitude c'est une phrase qui est isolée. C'est là c'est une image qui est isolée presque du reste de la BD où on vient dire bon voyez Ruffin le raciste, le colon comment il pose. Bon, donc il y a il y a une erreur et qui montre la puissance de l'image en même temps, hein, parce que tout est symbolisé dans ce dans cette image là et

1:16:45

qui me semble pas refléter ni l'attitude qui est la mienne depuis en 30 ans d'engagement, ni celle qui est l'esprit de cette bande dessinée. Bien évidemment, moi j'étais un peu surprise par cette polémique parce que d'abord sur les planches ou en tout cas je n'ai pas vu moi personnellement que ce personnage était racisé particulièrement sur la sur la dans la dans sur ses planches et je me suis rendu compte qu'ussi les critiques de ces planchesl n'étaient pas ne venaient pas de personnes racisées, ne venaient de personnes blanches qui critiquaient ça pour vous critiquer vous. Bon mais je suis euh un candidat à l'élection présidentielle hein. Donc disons que euh euh on peut faire feu tout bois. euh et que il faut pas donner euh même une brindille pour se faire

1:17:29

battre, quoi. D'accord. Donc voilà. Est-ce que c'est facile de s'excuser quand on est un homme politique ? J'ai jamais eu de difficulté à ça. Euh alors peut-être que c'est un tortin, mais je préfère quand il y a une erreur, d'ailleurs là, c'est pas des excuses que j'ai présenté, mais en revanche se dire voilà euh il y a une maladresse, si je pouvais euh changer cette image là, je le ferai immédiatement et je regrette parce que ça correspond pas à qui je suis cette posture là. Donc moi, je préfère balayer devant ma porte, avancer quand je commet une erreur, aller rencontrer des les des gens qui sont les premiers concernés qui ont peu pu mal prendre une déclaration et qui m'aide à

1:18:12

évoluer. Euh c'est pas comme si je savais tout surtout, que j'étais au bout du chemin, que je connaissais tous les humains. Euh et même il y a des choses qui euh des sujets nouveaux qui sont apparus depuis que j'ai lancé mon journal, que j'ai avancé en politique et dont il faut bien même si on vieilli, même si moi j'ai passé les 50 ans, qu'on se saisisse pour être pas pour pas être un vieux con trop vite quoi. Euh et donc bah voilà, c'est plutôt des occasions d'avancer et de progresser. Euh est-ce que vous euh comment vous J'ai pas envie de me mettre derrière une armure en disant voilà j'ai raison, j'ai raison, j'ai raison, j'ai raison et demander à tout mon entourage de répéter il a raison, il a raison, il a raison,

1:18:55

il a raison. Enfin, voyez. Ouais. Ouais. Carrément. Euh d'accord. Euh par rapport au à l'homme politique que vous êtes, moi il y a un sujet qui m'intéresse, c'est comment un homme politique s'informe. Aujourd'hui, on sait qu'une grande partie de la population ne s'informe que sur les réseaux sociaux. Vous, comment vous vous informez ? Euh d'abord, moi je lis des livres donc au moins par semaine euh un essai ou un roman mais euh euh c'est-à-dire une réflexion qui ne se limite pas à 200 signes ou même à quelques pages mais qui propose une idée euh comme on trace un sillon quoi. Et voilà. Donc ça ça reste

1:19:40

quelque chose d'important pour moi, le contact avec les livres qui s'achissent de la littérature ou qui s'agissent des idées. Et après dans mon quotidien davantage, bon j'ai la presse papier mais j'ai aussi des fils télégram j'ai un fil actu avec mes collabes qui voi ce qui a été décidé à l'ONU, ce qui vient de passer au Sénat, le fait d'hiver qui est arrivé euh en en Vendé, enfin voyez ce que donc c'est les fils télégrament quand même une manière avec des gens qui m'entourent et qui sont d'horizon différents. J'ai une experte en intelligence artificielle. Donc quand il y a un article important qui paraît en la matière, elle me l'envoie. J'ai des gens qui s'intéresse à l'international

1:20:23

et qui sont plus pour les uns sur les Poches Orient, pour d'autres sur l'Ukraine et donc j'en ai trop. C'est comment je fais pour trier au milieu de ça quoi ? Vous connaissez votre temps d'écran par jour ? Ben à un moment je l'avais dessus. Dire que je suis encore en capacité de me détacher de de l'écran. Euh le weekend, je regarde quasiment pas mon téléphone portable. Euh je je sais alors c'est plutôt une bagarre avec les gosses hein, mais je sais à quel point l'écran mais depuis longtemps euh est quelque chose qui diminue votre capacité de concentration. Mais dès qu'il y a eu l'arrivée d'Internet, ça du du wifi même, j'ai senti, j'ai eu un bouquin qui s'appelait la guerre des classes et euh j'étais

1:21:06

chez moi, j'avais le wifi et je sentais euh à quel point ça m'amenait à aller sur ma boîte mail, mon machin, mon truc et que euh le temps d'écriture euh il était en permanence coupé et que j'arrivais pas à me concentrer parce que finalement l'écriture ça marche quand on sait plus ce qu'on doit écrire, quand on est dans une incert quand ça devient un espèce de flou avec diverses idées qui traînent dans la tête. Et bah oui, et c'est à ce moment-là qu'on écrit le mieux qu'on va ouvrir une porte qui n'était pas prévu et si jamais là à la place de d'être dans voilà, c'est embêtant, ouais, c'est la galère. Euh mais si là vous allez faire une partie d'échec, vous euh

1:21:50

envoyez un mail, vous recevez une info et puis vous passez 1 heure à aller d'un site à l'autre, bah finalement ce temps d'écriture il passe et vous l'avez pas utilisé. Vous avez pas de permis d'entrer dans l'inconnu quelque part. Et là, à ce moment-là, donc ça devait être la fin des des années 2000, hein, ça fait 20 ans. Il a fallu que j'aille chez mes parents parce qu'ils avaient pas le wifi pour m'isoler et pas être avoir cette tentation de sortir de l'écriture mais d'avoir mes questions. Alors avec quand même l'usage d'Internet, d'avoir mes questions et je j'écrivais pendant 2 3 heures et je descendais au rez-de-chaussée là où il y avait internet pour aller regarder les réponses à mes questions et avoir une nouvelle séance d'écriture l'après-midi qui me permettait d'intégrer les données

1:22:32

euh que je venais d'avoir quoi. Donc je sais que et le weekend je suis pas injoignable mais je mets ça à distance pour retrouver le temps de la lecture, parfois le temps de l'écriture. Et c'est une forme d'hygiène quoi. Vous vous avez deux enfants. Oui. Un garçon et une fille. Tout à fait. Est-ce qu'on élève les garçons et les filles de la même manière ? J'ai essayé par exemple le rapport au ballon qui vous savez je pense que le football est important dans notre pays aussi parce que le rapport perfis passe par le ballon. euh et que une manière euh les rapports de paternité, de filiation sont jamais évidents. Euh que c'est du c'est du conflit aussi et que bien souvent le terrain commun ça va être le terrain de

1:23:16

foot, euh la pelouse euh pour de vrai ou l'écran de télé et que ça c'est un temps de partage entre père et fils. Donc je sais que je je l'ai eu en partage avec mon père et je sais que je l' en partage davantage avec mon fils. Maintenant, je me suis toujours appliqué à jeter des ballons, des balles à ma fille en me disant il faut pas que j'ai donné à l'un ce que je n'ai pas donné à l'autre. Euh mais euh et je par exemple, je pense que c'est pas vrai hein, j'ai pas j'ai pas réussi, j'ai pas fait la même chose. J'ai lu beaucoup plus de livres féministes à ma fille que je n'en ai lu à mon fils. Euh des BD, toute la série des culottés,

1:23:58

euh les biographies euh de femmes et ainsi de suite. Euh je je dois dire que je l'ai fait beaucoup plus avec ma fille. Peut-être parce que les BD était sorti aussi que je ne l'ai fait avec mon fils quoi. Et quel âge ils ont là ? 17 et 15 ans. Ah ouais donc c'est Bah non mais c'est pas trop tard avec le fils. On peut lui mettre entre les mains mais se mettre dans le lit à côté de lui pour le lire le soir je pense ça a plus marché. Ouais mais c'est ça le truc c'est que comment on élève en fait un homme féministe aujourd'hui ? Euh d'abord dire que la société à mon sens elle a changé quand même euh et que moi j'ai eu à me transformer dans le cours de mon existence

1:24:40

compte tenu de l'éducation reçue par mes parents et et de par de mes relations avec les femmes que j'ai l'impression qu'en tout cas pour mon fils c'est déjà davantage acquis par l'ambiance qu' a dans la société par les relations qu'il peut établir avec ses copines au lycée. Je suis pas très à l'aise en même temps de parler de tout ça parce que j'ai pas envie de les de les mettreou bien sûr. Non mais même en général quoi. Oui oui mais je pense que alors peut-être tout dépend aussi des milieux sociaux mais je pense qu'il y a j'étais marqué par un truc d'ailleurs c'est dans Ha boulot il y a une scène au milieu du film qui est vraiment marquante je trouve comme petit détail. Vous savez,

1:25:24

un reporter, c'est quelqu'un qui voit dans dans un petit détail un reflet de la société. On est au bord d'un terrain de foot euh à Flic Secours dans le cœur de circonscription euh milieu très ouvrière très ouvrier et là euh il y a un match de foot féminin qui se déroule où Sarah Sanman participe et euh sur le bord du terrain, j'interroge une des joueuses qui me dit "Bah moi, j'ai jamais aimé faire la poupée, j'ai toujours aimé les jeux aussi de garçon et puis là maintenant je suis peintre donc j'ai Ouais. J'ai un métier qui est plutôt classif classé masculin. Et puis là, il y a un petit gamin de 6 7 ans qui est là sur le bord du terrain avec son son maillot de foot qui dit "Bah oui,

1:26:08

moi c'est pareil, moi je j'aime bien jouer à la poupée mais c'est comme ça maintenant il y a plus les garçons et les filles. Voilà 7 ans et euh on est euh voilà dans la France profonde. Euh je moi à 6 7 ans, j'étais pas ça du tout. Euh moi j'avais des petits soldats pour jouer à la guerre. Euh je je vous voyez et j'étais j'étais éduqué à la masculinité. Euh donc je pense qu'il y a quand même quelque chose, il y a plein de transformations positives dans la société. Euh je pense qu'il y a un terrain qui va pas bien aujourd'hui, c'est l'économie, le social, l'écologie. Tout ça va pas bien. Euh il faut que ça change. Mais il y a des tas de choses qui ont progressé. pour moi sur ça veut pas dire que c'est parfait hein, attention hein, mais sur euh les

1:26:51

relations hommes-femme, je considère que ça a progressé vers plus d'égalité euh sur euh les accidents de la route. Ça a l'air bête hein. Mais euh moi, j'ai j'ai grandi en un temps où je peux nommer des copains qui ont perdu leur papa euh dans des accidents de la route. On est passé de 12000 morts par an à 3000 morts par an, une division par 4. 9000 familles en deillé en moins. Mais bon champ, c'est une formidable réussite et faut pas s'arrêter là, faut continuer à faire baisser ça. Mais le handicap, quand j'étais jeune, une un gamin handicapé, on le gardait à la maison parce que c'était une honte. Ensuite, on a dit bon bah c'est le tout institution. Maintenant, on dit que c'est l'inclusion. Je pense

1:27:36

qu'il faut pas avoir de dogm la matière. Il y a des gens qui qui sont mieux en établissement, il y en a d'autres qui sont mieux en milieu ordinaire à condition qu'on y mette les moyens accompagnement d'enfants en situation de handicap et compagnie. Mais c'est pour dire que il y a des changements dans la société où ça va profondément faire le mieux et faut le voir aussi parce que sinon on désespère les gens. Il y a un truc qui s'est passé récemment euh notamment bah qui s'est passé récemment à gauche, il y a eu le meeting de Raphaël Gluxman auquel Yannick Jado a participé et il y a une sorte de rébellion chez EV qui veulent purger un peu Yanou. Bah en fait moi je trouve que justement Non mais c'est c'est intéressant que vous ne vouliez peut-être pas vous

1:28:21

exprimer là-dessus. C'est pas j'ai vraiment pas de souci de polémique de qu'est-ce que va penser Marine Tondelier de ce qu'a déclarer François mais profondément ça ne m'intéresse pas mais peut-être ça intéresse les gens vous croyez ? Moi je pense que les gens ils ont envie de savoir pour Oui, par exemple, on n' pas prononcé le mot logement. Ouais, je pense que le logement ça devrait être l'une des questions clé de l'année prochaine que quand on parle de pouvoir d'achat, en vérité, bon, il y a un moyen, c'est d'augmenter les salaires mais c'est plus compliqué, il le faut. Mais il y a un autre moyen, c'est de baisser la part du budget que les ménages consacrent au logement. Quand on parle de natalité, moi j'ai fait un petit rapport là-dessus. Pourquoi les jeunes couples euh renoncent ou

1:29:05

retardent l'arrivée d'un enfant ? La première cause qu'il déclare, c'est le logement, les inégalités. Euh le creuser, c'est entre des parents qui aident leurs enfants à avoir leur logement et qui fait qu'ils auront plus de loyer à payer et ceux qui vont payer du loyer dans le privé pendant quasiment toute leur vie sans l'espoir, et ça c'est le sentiment de déclassement, qu'un jour ils auront un pavillon, qu'ils auront une maison à eux. Donc je pense que le logement par exemple, ça devrait être une question clé de l'élection. à venir. C'est un un point de crispation. Euh c'est un nœud, c'est un kiste de la société française aujourd'hui. Donc là, vous allez me demander "Mais quel est votre plan pour le logement ?" Et non, je vais vous demander est-ce que

1:29:43

ça s'apprend quand on est politique de répondre à une question qui n'a rien à voir avec la question posée ? enfin de faire des réponses qui n'ont rien à voir avec la question posée. Je pense que je j'essayais déjà au maximum de le faire avant parce que je sais que les sujets que je viens poser ne sont pas des sujets qui intéressent naturellement les journalistes et y compris les journalistes qui ont une carte de presse et tout ça. Je vous l'ai dit pour moi il y a l'actualité, il y a la réalité, il y a le bruit des vagues en surface et il y a le mouvement des plaques tectoniques en profondeur. Et j'ai toujours essayé de d'alerter sur le mouvement des plaques tectoniques en profondeur et je sais que ça va pas de soi d'être interrogé là-dessus. Donc je pense que c'est un art que j'essaie de

1:30:23

pratiquer dans la pratiquer très bien si je peux me permettre. Merci François Ruffin. On a passé 1 heure je pense 30 ensemble sous 40°gr on s'en souviendra. Merci à vous. Merci pour votre accueil et puis bonne chance pour la suite. Merci beaucoup vous aussi. Merci d'avoir passé ce moment avec nous. Si cette conversation vous a parlé, n'hésitez pas à vous abonner, à liker ou à partager. C'est la meilleure façon de soutenir le podcast et de faire vivre ces discussions.