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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 29 avril 2018 54 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsImmigration & asileSécuritéÉconomie & entreprises

Eric Ciotti : "Seuls Les Républicains peuvent avoir la crédibilité de l'alternance demain"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 37 %Attaque 43 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 5:39OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité cette semaine ?

  • 6:36OuverteRéponse directe

    Cette séquence est-elle un mauvais souvenir ou un passé qui ne passe pas ?

  • 7:51RelanceRéponse partielle

    Une élection volée ?

  • 8:41RelanceÉludée

    Et puis, ce que vous recherchez au fond, c'est qui a eu la peau de François Fillon ?

  • 13:45OuverteRéponse directe

    Karine Becker vous présente comme définitivement libéré de Christian Estrosi. Réaction ?

  • 18:06OuverteRéponse directe

    Un mot pour qualifier la droite française aujourd'hui.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:22Invité politiqueFait
    « Quelques personnes ont fait l'élection présidentielle. Est-ce que c'était totalement démocratique ? Est-ce que c'était totalement transparent ? »
  • 7:36Invité politiqueFait
    « Les autres candidats n'ont pas subi la même chose que François Fillon. »
  • 8:20Invité politiqueFait
    « Ce qui s'est passé est totalement inédit. La mise en examen de François Fillon, le fait qu'il n'y a pas de traite judiciaire. »
  • 9:27Invité politiqueFait
    « Je constate simplement que jamais ça s'était produit de la sorte, et qu'un an après, là où on était dans une rapidité totale, avec un déferlement de procédures, eh bien, un an après, est-ce que ce qui s'est passé justifiait la célérité de l'époque ? »
  • 22:11Invité politiquePromesse
    « Moi, je pense, par exemple, que la droite doit être demain la famille politique qui va baisser les impôts. »
  • 22:23Invité politiqueChiffre
    « On a 20 années de hausse de la fiscalité derrière nous, des prélèvements obligatoires, le record des pays de l'OCDE. »
  • 38:24Invité politiqueChiffre
    « Record l'année dernière, depuis 43 ans, 262 000 titres de séjour. »
  • 38:31Invité politiqueChiffre
    « Il y a selon les chiffres même de Gérard Collomb, au moins 400 000 étrangers en situation irrégulière. »
  • 38:35Invité politiqueChiffre
    « 121 000 demandes d'asile l'année dernière. »
  • 38:44Invité politiqueFait
    « C'est la France moins l'islam, pour le dire très vite. »
  • 38:43PrésentateurFait
    « C'est la France moins l'islam, pour le dire très vite. »
  • 38:50PrésentateurFait
    « on n'est pas capable d'assimiler ces étrangers, et c'est le cas aujourd'hui »
  • 41:11PrésentateurChiffre
    « une enquête de l'Institut Montaigne qui le démontrait que pour une partie minoritaire mais malheureusement importante, les lois religieuses étaient supérieures aux lois de la République. »
  • 48:22PrésentateurChiffre
    « Il y a 800 000 étrangers en situation irrégulière en Italie »
  • 50:14PrésentateurChiffre
    « 2,5 milliards d'habitants en Afrique en 2050, 1,2 milliard aujourd'hui. »

Temps de parole

  • Présentateur77 %
  • Éric Ciotti10 %
  • Invité7 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

France Inter.

0:05
Présentateur

Question politique, bonjour et bienvenue pour le rendez-vous politique de France Inter du journal Le Monde et de France Info. Merci de nous être fidèles et de faire de cette émission le premier rendez-vous politique du week-end. Notre invité jusqu'à 13h, c'est l'un des hommes forts de la nouvelle droite française. Incontournable depuis que Laurent Wauquiez a pris la tête des Républicains, très présent à l'Assemblée et dans les médias, le député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, viendra nous rejoindre dans un instant. Nous attendons vos questions, vos commentaires sur le Facebook Live de l'émission ou sur Twitter. Le mot-clé, question Paul.

0:37
Éric Ciotti

France Inter.

0:39
Présentateur

Question politique.

0:41
Éric Ciotti

Ali Badoui.

0:42
Présentateur

Et avec moi en studio, l'équipe du dimanche pendant que j'essaye de chasser le chat qui est dans ma gorge, Jeff Vittenberg de France Télévisions. Bonjour Jeff. Bonjour Ali. Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise. Bonjour Ali. Et Karine Bécard de France Inter. Salut Karine.

0:55
Éric Ciotti

Salut, c'est le pollen, non ?

0:57
Présentateur

Je crois.

0:57
Éric Ciotti

Ah voilà, c'est ça.

0:58
Présentateur

J'espère. J'espère que c'est pas un vrai chat. Avant d'accueillir Eric Ciotti, rapide tour de table pour commencer, qu'est-ce qui vous a marqué cette semaine, Jeff ? Eh bien, ce qui a retenu mon attention cette semaine, Ali, c'est l'expression employée par François Hollande. Pour qualifier Emmanuel Macron, vous l'avez entendu, le président des très riches. Fini les réserves, terminé la prudence, l'ancien chef de l'État tire à vue sur son successeur et il vise, comme il le sait très bien, là où ça fait mal, c'est-à-dire au portefeuille des contribuables.

Car François Hollande, en bon connaisseur de la vie politique qu'il est, se souvient que Nicolas Sarkozy ne s'était jamais remis de son bouclier fiscal, décidé dans les premiers mois de son mandat, qui le faisait apparaître lui aussi comme le président des riches. François Hollande en est convaincu. La réforme de l'impôt sur la fortune, de la même façon, collera à la peau d'Emmanuel Macron pendant tout le quinquennat. Alors me direz-vous, pourquoi tant de rancunes de la part de François Hollande ?

Eh bien, parce qu'une fois encore, on l'a sous-estimé, ce n'est pas son bilan ni sa cote d'amour auprès des Français, encore que là aussi, déjouant bien des pronostics, son livre fait un carton en librairie, preuve qu'il y a encore des supporters de l'ancien président. Ce que l'on a sous-estimé, eh bien, c'est la fierté de l'ancien président. C'est son amour propre, à force d'être ou de se sentir ignoré, méprisé, voire publiquement critiqué par celui dont il considère qu'il ne serait pas là sans lui, l'ancien chef de l'État a décidé de rendre les coups, et voilà sans doute, Ali, l'un des paradoxes les plus étonnants de cet anniversaire d'élection d'Emmanuel Macron.

Il y a un an, souvenez-vous, François Hollande applaudissait, au sens propre, dans son bureau, l'élection de son ancien conseiller. Eh bien, un an plus tard, il n'est pas loin d'être devenu l'un de ses premiers opposants. Merci Jeff. Françoise ?

2:26
Invité

Alors, moi, c'est le déplacement d'Emmanuel Macron aux Etats-Unis cette semaine, un déplacement qui a été surcouvert par les chaînes d'information en continu, et qui a contribué à faire entrer la politique extérieure de la France de plein pied dans la politique intérieure. Je m'explique. C'était la première visite d'État accordée à un président étranger, et Emmanuel Macron en a profité pour faire entendre ce qu'on appelle la voix de la France. Alors, le mardi, ça a bien failli un peu déraper, parce que c'était embrassade sur embrassade, avec l'imprévisible Donald Trump. Mais mercredi, le discours devant le Congrès était parfaitement réussi.

Une ode à la liberté, à la tolérance, à l'égalité des droits, un plaidoyer pour le multilatéralisme, un rebours de l'illusion nationaliste et autoritaire, le refus du protectionnisme, la défense de l'accord climat. Alors, bien sûr, ce ne sont que des mots. Et le risque, comme pour l'Europe d'ailleurs, c'est que derrière les grandes ambitions affichées, il ne se passe rien ou très peu, parce que la France face aux États-Unis est un nain. Mais Emmanuel Macron assume le risque, d'abord parce qu'il est intimement convaincu que pour redonner de l'optimisme au pays, il faut lutter contre le déclinisme, et donc soigner l'image que le pays se fait de lui-même.

Et puis, parce que la gravité des temps, cette montée du populisme, de l'autoritarisme, partout, y compris en Europe, mérite que l'on pose clairement les termes du combat. En France, en Europe et dans le monde, Emmanuel Macron se veut l'incarnation du camp progressiste.

3:44
Présentateur

Merci Françoise. Karine ?

3:45
Éric Ciotti

Alors moi, ce qui m'a marqué cette semaine, c'est l'extrême fraîcheur avec laquelle a été récupéré le rapport Borloo sur les banlieues. Premier épisode, ça se passe à Matignon, ça se passe jeudi matin, où vraiment c'est récupéré du bout des doigts de la part d'Edouard Philippe, qui toute la journée est dans les Ardennes, fait tout pour éviter le sujet. À chaque fois qu'on lui demande alors, le plan Borloo que vous avez pu récupérer, si vraiment c'était formidable, il aurait dit que voilà, il était grand temps de s'occuper de ce dossier. Là, il nous dit, je ne l'ai pas lu.

Et puis, à l'Élysée, alors effectivement, il y a, Françoise en parlait à l'instant, ce grand voyage d'Emmanuel Macron aux États-Unis, mais enfin, il est rentré quand même depuis jeudi midi, il n'a pas passé un seul coup de fil à Jean-Louis Borloo. Enfin, on n'a pas réussi à sentir qu'il y avait un petit peu d'enthousiasme sur ce projet, sur ce rapport. Là encore, si ça avait été un grand rapport, ou en tout cas celui qui attendait l'Élysée, il est fort probable qu'il y aurait eu une marque d'attention. Alors dans le camp d'en face, côté Borloo, il a tous les élus de la banlieue, en tout cas beaucoup à ses côtés.

Petite offensive de communication, on a dit que le plan était vraiment génial sur tous les tons. En fait, il y a un hiatus qui s'est vraiment installé cette semaine, c'est-à-dire qu'on sent bien qu'à l'Élysée, ce n'était pas du tout ce qu'ils attendaient, ce n'était pas du tout ce qu'espérait Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, il faut, voilà, pareil que François se mette dans la peau du personnage, c'est ce président qui est intimement persuadé qu'à lui tout seul, il va réussir à transformer, à métamorphoser, à révolutionner la France. Il n'a pas envie de mesures, de saupoudrages de mesures dont on l'entend parler depuis des années.

Alors, certes, se présenter un peu différemment, mais dans cette affaire, il est bien possible quand même que Jean-Louis Borloo ait perdu une bonne partie de sa crédibilité.

5:25
Présentateur

Merci, Karine. 12h10, l'invité de questions politiques et le député Les Républicains des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, est en train de s'installer dans le studio 221 de la Maison de la Radio. Bonjour, Éric Ciotti. Bonjour. Et bienvenue. Qu'est-ce qui vous a marqué dans l'actualité cette semaine ? Ce qui m'a marqué, c'est assez éloigné de la France, mais c'est cette photo, cette rencontre entre les deux leaders coréens, cette rencontre inédite, improbable jusqu'à il y a quelques jours, Kim et Moon. Voilà, c'est une désescalade, comme quoi peut-être l'histoire n'est pas totalement tragique.

Et en tout cas, cette volonté d'apaisement à la veille du sommet avec Trump, c'était totalement inimaginable, il y a quelques semaines encore. Puisqu'on regarde dans le rétroviseur, il y a pile un an, jour pour jour, c'était le 29 avril 2017, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan officialisaient leur accord. La droite a été éliminée pour la première fois de l'histoire de la Vème République. Cette séquence, est-ce que c'est un mauvais souvenir pour vous ou est-ce que c'est un passé qui ne passe pas ? C'est naturellement plus qu'un mauvais souvenir. C'est une défaite violente, brutale.

La première fois depuis le début de la Vème République, la droite républicaine n'est pas au second tour d'une élection présidentielle. On va y revenir longuement, mais vous avez tourné la page ? On ne peut pas tourner la page. Il faut avoir en mémoire ce qui s'est passé pour que ça ne se reproduise plus, pour ne pas commettre les mêmes erreurs et pour reconstruire. Donc on ne peut pas tourner cette page parce que, en tout cas personnellement pour moi, c'est un traumatisme. Un traumatisme ? Oui, bien sûr. J'ai vécu ces mois, ces semaines, cette soirée, cette élimination, cette violence.

Il faudra d'ailleurs un jour qu'on revienne sur ce qui s'est passé à cette élection présidentielle parce que, bon, on pourrait en parler et disserter des heures. Mais quelques personnes ont fait l'élection présidentielle. Est-ce que c'était totalement démocratique ? Est-ce que c'était totalement transparent ? L'immixion de la justice inédite aussi. Jamais ça s'était produit de la sorte sous la Vème République. Les autres candidats n'ont pas subi la même chose que François Fillon. Je persiste à dire, et peut-être les historiens en débattront un jour, ou peut-être avant les journalistes, j'espère. Mais ce qui s'est passé, par son caractère inédit, était assez grave. Une élection volée ?

Ce soir, une chaîne parle de casse du siècle en titrant un reportage sur l'élection présidentielle. BFM. Et je crois qu'on prête au président Macron une comparaison avec le film Ocean Eleven, où il dit, donc c'était le casse, une bande qui font le casse du siècle. Et il dit, mais nous on connaissait le proprio, on avait les plans de l'Elysée. Bon, je ne sais pas si c'est vrai, j'ai vu ça ce matin. Mais donc il a volé l'élection ? Je ne dis pas qu'il a volé l'élection, mais ce qui s'est passé... C'est exactement ce que vous dites, 15 du siècle, Ocean Eleven. Ce qui s'est passé, c'est que c'est les journalistes qui le disent, ce qui s'est passé est totalement inédit.

La mise en examen de François Fillon, le fait qu'il n'y a pas de traite judiciaire. On va y revenir, justement, votre diagnostic, votre intuition. On la forme, tout était, et ça aboutit à cette situation qui, pour la droite, bien sûr, est un choc, est un choc violent. D'une élection, donc, volée ?

8:41
Invité

Et puis, ce que vous recherchez au fond, c'est qui a eu la peau de François Fillon ? Ça, vous n'avez pas encore la réponse ?

8:46
Présentateur

Non, on n'a pas la réponse. Mais ce qui est sûr, c'est que deux magistrats, c'est leur décision, c'est leur souveraineté, ont modifié l'élection présidentielle. Le procureur du PNF, qui ouvre une enquête préliminaire dans les minutes qui suivent la publication du canard enchaîné. Le magistrat qui est saisi le vendredi soir et qui met un examen, François Fillon, tout de suite, sans la moindre enquête. Alors que, précédemment, et je ne demande, et je ne réclame, loin de moi, cette idée, aucune sollicitation pour qu'il y ait une impunité pour quel qu'élu que ce soit, bien au contraire.

Mais je constate simplement que jamais ça s'était produit de la sorte, et qu'un an après, là où on était dans une rapidité totale, avec un déferlement de procédures, eh bien, un an après, est-ce que ce qui s'est passé justifiait la célérité de l'époque ? Je ne le crois pas. Et si ces procédures n'avaient pas été suivies, je constate, sans doute, le cours de l'élection présidentielle, et peut-être le destin de la France, a été changé. On va y revenir, et c'est intéressant ce que vous dites, et on demandera à Françoise de nous faire les sous-titres de ce que vous venez de sous-entendre, Éric Ciotti. Mais d'abord, le rap zapping de la semaine, zapping, signé bien sûr, Laurence Perron.

10:05
Invité

Embrassons-nous, Folleville. Là, sur la loi Asile, ça a plutôt commencé rugueux, mais en termes de spectacle, le duo Collard-Mélenchon est très au point. Accordez-nous quand même la même possibilité de nous exprimer que lorsque M. Mélenchon se permet constamment de pleurnicher, sur les menaces qui l'encourent. Je vais vous dire une chose, M. Mélenchon. J'ai reçu un cocktail Molotov, moi. Je n'ai pas pleuré. Vous vous en foutez, je le sais. Il n'y a que votre tête qui compte. M. Mélenchon, s'il vous plaît. J'ai un individu a été condamné à deux ans de prison pour avoir menacé de venir m'égorger chez moi. Et vous vous êtes tu, trouillard, trouillard, péteux.

La loi Asile et Immigration, loi la plus mal votée de ce début de quinquennat. 99 marcheurs sont restés à la maison, 14 se sont abstenus. Jean-Michel Clément, député la REM, a voté contre et il assume son départ. Voter contre, c'est ce que j'ai fait en conscience et j'assume mon choix vraiment pleinement. Si c'était à refaire, je recommencerais. Moi, je pensais que sur des sujets comme celui-ci, on avait une conscience qui pouvait nous permettre d'avoir des avis divergents. Et quand je vois la manière dont ont été conduites les débats, la grandeur, c'est aussi de savoir se retirer sur la pointe des pieds. Embrassons-nous, Folville. Next, Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur.

Beaucoup disaient que la majorité sera à l'épreuve de ce texte. Et puis nous avons discuté, nous avons convaincu de la nécessité de la distinction entre celles et ceux qui peuvent être accueillis. Et ceux que le plus tôt possible, nous devons prendre en compte pour leur permettre de ne pas avoir coupé avec leur lieu d'origine. Avec leurs racines. J'ai traversé les mers à la force de mes bras, seul contre les dieux, perdu dans les marées. Et pendant ce temps, dans les Hautes-Alpes, des militants identitaires en doudoune bleu canard font les holkers de Twitter. Mon petit village, fumé la cheminée et en cœur.

Embrassons-nous follement, ça c'est au premier jour de la visite d'Emmanuel Macron à Washington. Thank you. I like him a lot. Devant le Congrès, l'IDIL prend quelques coups de canif. Ça a l'air en fait un peu plus sérieux qu'une querelle d'amoureux. Il se peut que nous ayons des désaccords entre les Etats-Unis et la France, mais à long terme, nous aurons à faire face aux mêmes réalités parce que nous sommes citoyens de la même planète. Donc il faut faire face à cela. Et j'en suis convaincu. Un jour, des Etats-Unis reviendront pour se joindre à l'accord de Paris.

De l'autre côté de l'Atlantique, la rupture avec l'ancien président et consommé, François Hollande, fait à sa manière l'anniversaire de l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron. Le président des riches, c'est ce qu'on entend beaucoup. C'est ce que vous pensez ? Non, ce n'est pas vrai. Il est le président des très riches.

13:27
Présentateur

Merci Laurence Perron. Notre invité jusqu'à 13h est le député Les Républicains, Éric Ciotti.

13:32
Éric Ciotti

France Inter, questions politiques.

13:36
Présentateur

Vous avez déjà eu droit à votre portrait par Karine Becker, Éric Ciotti, mais à l'époque, c'était dans une autre vie. Vous étiez porte-parole de Nicolas Sarkozy et il fallait donc une mise à jour, Karine.

13:45
Éric Ciotti

Bonjour Éric Ciotti. Éric Ciotti, pour la première fois depuis le début de votre parcours politique, vous ne devez plus rien à personne. Si vous avez été réélu député, c'est grâce à vous et à vous seul. Vous vous êtes en somme définitivement libéré de ce tuteur, Christian Estrosi, qui certes vous a fait monter pendant près de 20 ans. C'est lui qui vous a bombardé, premier adjoint de sa ville de Nice. C'est lui aussi qui vous a installé à la tête des Alpes-Maritimes et ce tuteur a, c'est vrai, tout fait pour tenter de vous asphyxier ces dix dernières années. Donc à 52 ans, Éric Ciotti, vous avez enfin repris votre destin en main.

Aujourd'hui, après avoir été un vrai sarkoziste, un filloniste par choix tactique, vous vous êtes légitimement rangé derrière Laurent Wauquiez, le nouveau patron du parti, qui vous a confié la présidence de la CNI, une vraie marque de confiance, puisque c'est vous qui devrez choisir les meilleurs candidats, les Républicains, pour tous les prochains scrutins. Bref, un poste stratégique. Et puis, dans l'hémicycle, vous êtes devenu Éric Ciotti, non 100 balles, après six mois de bataille, l'un des trois questeurs, une fonction peu connue, mais là encore centrale, parce que c'est vous qui fixez les nouvelles dépenses que l'Assemblée peut ou doit engager.

Autrement dit, depuis six mois, méthodiquement, vous vous reconstruisez, tout en restant fidèle, bien sûr, à la ligne dure que vous avez toujours incarnée. Les sujets sécurité restent votre priorité et vous ne manquez jamais d'imagination pour corseter sans cesse un peu plus notre législation. En fait, Éric Ciotti, vous n'avez qu'une obsession, travailler beaucoup et ne pas être oublié pour devenir, enfin ministre, quand la droite, qui sait, sera de nouveau capable de s'imposer.

15:35
Présentateur

Réaction, Éric Ciotti ? Oui, je crois que sur le début de l'analyse, c'est assez vrai sur les élections législatives, sur la liberté. Moi, je me suis toujours astreint une ligne de conduite, être fidèle à des idées, à des valeurs, à des hommes aussi qui les ont incarnés. D'abord, Nicolas Sarkozy, que j'ai toujours soutenu, quel que soit son engagement, quel que soit ses combats. Et puis, j'ai eu beaucoup de plaisir aussi à travailler avec François Fillon, je le dis. Et avec Christian Estrosi ? Je lui redis mon respect. J'ai un long parcours avec Christian Estrosi, je pense qu'on en reparlera. Très ancien, vous avez évoqué les soutiens, le soutien qu'il m'a apporté.

C'est vrai, je l'ai toujours dit. Le soutien que, personnellement, je lui ai apporté dans les coulisses est moins connu, mais je crois qu'il est tout aussi réel dans l'évolution du parcours de Christian Estrosi. On a été très liés. Puis, il y a eu une forme de rupture idéologique,

16:39
Éric Ciotti

essentiellement avant l'élection présidentielle,

16:43
Présentateur

puisque dès avant le premier tour, Christian Estrosi, vous vous en souvenez, avait reçu Emmanuel Macron. Quelque part, il a changé de rive. Ce changement, il le reconnaît lui-même, puisqu'il dit qu'il détestait le Christian Estrosi qu'il a été avant. C'est dans une interview du Parisien. Et il n'a cessé de cheminer vers En Marche. Donc, aujourd'hui, il est En Marche vers En Marche. Et, naturellement, il a tout fait pour me faire battre aux élections législatives. D'ailleurs, il vient de recruter à son cabinet mon adversaire de l'époque, En Marche. Il avait fait venir Gérald Darmanin présider une réunion contre moi avec Gérard Collomb.

J'étais flatté, deux poids lourds du gouvernement pour moi tout seul, qui avait été reçu auparavant avec le tapis rouge à la mairie. Les huissiers me disaient que même au sommet franco-russe à la mairie de Nice, il y avait moins de plantes et de tapis rouges que ce jour-là. Bref, c'est la petite histoire. Mais aujourd'hui, on a une différence idéologique. Il soutient le gouvernement. Je ne le soutiens pas. Je suis resté fidèle à ma famille politique. Et puis, on a une approche différente sur la gestion de l'argent public dans les collectivités que l'on dirige ou que l'on a dirigées en ce qui me concerne. Puis, j'ai été président du département.

Et ça s'est traduit récemment à Nice par une très forte augmentation de la fiscalité. Avant de donner la parole à Françoise Fresseuse, d'un mot pour qualifier la droite française aujourd'hui. Un mot. Reconstruction nécessaire. Enfin, il y a deux mots. Il y a deux mots. Françoise.

18:06
Invité

Ce que vous décrivez dans votre fief, en fait, c'est la droite tout entière qu'il a vécu. Aujourd'hui, 57% des sympathisants, les Républicains, disent qu'ils soutiennent ce que fait Emmanuel Macron. Alors, comment, quand on reste de droite, on peut imaginer une reconstruction sous le quinquennat Macron ? Éric Sautier.

18:22
Présentateur

Je crois que l'anesthésiant qui a été administré à haute dose au printemps dernier n'est pas complètement dilué aujourd'hui ou dissipé. C'est vrai qu'il y a un discours. De quoi parlez-vous, l'anesthésiant ? Non, sur cette idée qu'on peut rassembler la droite, la gauche. Emmanuel Macron a été élu essentiellement par la gauche, en tout cas au premier tour. Et au second, et surtout aux élections législatives, il a voulu élargir à la droite. C'est pour ça qu'il nomme un premier ministre de droite. C'est pour ça qu'il nomme des ministres de droite venus de notre famille politique avec un objectif clair, détruire la droite républicaine.

Parce que nous sommes les seuls à pouvoir contrarier son scénario futur. Il est dans la tactique politique, il est très bon pour cela. Il veut un entre-soi entre lui-même et de l'autre côté les deux extrêmes. Mélenchon et Le Pen, ça lui va très bien. Les républicains peuvent contrarier ce scénario. Donc il a voulu déstabiliser la droite. C'est là où je dis... Mais c'est un président de droite ? Non, je ne crois pas. C'est là où je dis qu'il y a de l'anesthésiant. Parce qu'il a un discours qui souvent braconne un peu sur les terres de la droite. Mais la réalité, je voudrais qu'on le démontre aujourd'hui, la réalité est très différente. Que ça soit sur l'économie et sur les résultats.

Quand on est de droite, on n'augmente pas la fiscalité comme il a fait. Quand on est de droite, on ne vote pas un texte sur l'immigration comme il a voté. Quand on est de droite, on ne supprime pas l'état d'urgence. Donc il y a des différences. Mais c'est vrai qu'on a encore du mal aujourd'hui à démontrer cette réalité. Mais je suis convaincu que le temps faisant, et puis notre famille autour de Laurent Wauquiez se reconstruisant, on aura autour d'un vrai projet, on aura la capacité de démontrer ça. Vous n'avez pas répondu à Françoise.

20:10
Invité

Comment vous vous reconstruisez quand une grande majorité des sympathisants et des électeurs LR disent qu'ils approuvent ce que fait Macron ? Regardez la réforme de la SNCF, elle est votée par la droite au Parlement, et elle est soutenue dans l'opinion. Je l'ai votée. Et elle est soutenue dans l'opinion par les électeurs de droite.

20:26
Présentateur

D'abord, attendons les résultats. Aujourd'hui, on est dans l'image, dans la communication, et je reconnais un vrai talent en la matière, Emmanuel Macron. C'est quelqu'un qui sait communiquer, qui a des intuitions. Il est comparé aussi à François Hollande, et c'est assez facile. Il a présidentialisé la fonction éliséenne, c'est clair, et ça je lui reconnais. Mais où sont les résultats ? Donc avec le temps, ce déficit de résultats, sur le chômage, sur les déficits publics, sur la fiscalité, sur la dette, ce qui est son point fort, l'économie, mais aussi sur le régalien, va apparaître. La faiblesse des résultats, plus on va cheminer dans ce quinquennat, va apparaître.

Et après, nous, on a un énorme travail, je le dis, ce mot de reconstruction, de refondation est important. Il faut qu'on ait des idées nouvelles. Laurent Wauquiez incarne une nouvelle génération, qu'on le veuille ou non, une page a été tournée. Une page a été tournée, Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé, ont occupé la vie politique au cours des 40 dernières années. Pour des raisons différentes, ils ont quitté de leur choix cette scène politique, il y a un vide. De leur choix, pas toujours. Ou de celui des électeurs. Mais ils en ont tiré les conséquences après. Ils auraient pu continuer leur parcours. D'autres l'ont fait après une défaite.

François Mitterrand l'a fait trois fois, Jacques Chirac l'a fait plusieurs fois. Donc on est dans une nouvelle génération. On est dans ce temps, aujourd'hui, où on doit proposer une nouvelle offre politique, c'est ce qu'incarne, je crois, l'équipe aujourd'hui des Républicains. Et puis surtout, on a un grand travail. On a un travail sur les idées, sur les valeurs. Moi, je pense, par exemple, que la droite doit être demain la famille politique qui va baisser les impôts. On a 20 années de hausse de la fiscalité derrière nous, des prélèvements obligatoires, le record des pays de l'OCDE. On ne peut plus continuer comme ça. Eh bien, c'est à notre famille politique. Et Macron fait l'inverse.

C'est l'INSEE qui l'a dit, 4,5 milliards d'euros d'impôts de plus pour les ménages en séduit. Mais ça, par exemple, c'est un sujet de différence majeur quand on dit Macron est droite. Non, la droite, elle doit baisser les impôts. Lui, il les augmente. Puisque vous êtes dans un département qui vote massivement à droite, est-ce que vous pouvez nous dire juste si vos électeurs sont foncièrement mécontents d'Emmanuel Macron ? Et puis, je voudrais vous demander aussi ce que vous auriez fait de différent sur deux sujets bien particuliers, qui sont la réforme du travail et la suppression de l'impôt sur la fortune. Est-ce que la droite, si François Fillon l'avait emporté, aurait pu aller plus loin ?

Et puis, j'ai une question subsidiaire. Ça en fait 4. J'en fais un filet. Sachant qu'Éric Soutier a déjà répondu sur l'ISF. Une question sur l'ISF. Non, mais alors peut-être celle-là en priorité. Puisque vous avez parlé de Christian Estrosi, est-ce que vous irez, puisqu'il est en divergence idéologique, jusqu'à présenter un candidat contre lui la prochaine fois, en 2020 ? Éric Soutier. Il y a en effet beaucoup de questions. Qu'est-ce qu'approuve les électeurs ? Les électeurs, ils entendent le discours. Bien sûr, la réforme de la SNCF, c'est quelque chose qui est séduisant aux oreilles d'un électeur qui vote à Nice ou dans les Alpes-Maritimes, depuis toujours à droite.

La réalité, elle est assez différente. On ne touche pas au statut des cheminots actuels. On ne touche pas au régime spécial des retraites, ce qui sont les principales sources de difficultés. L'ISF, je prends cet exemple. Qu'est-ce qu'on aurait fait ? On s'est engagé, et je suis cohérent, on aurait supprimé l'ISF, mais totalement. Et là, ça me fait revenir sur la phrase de François Hollande tout à l'heure, président des très riches, quelque part, il a un peu raison. C'est rare que je sois d'accord avec François Hollande, mais il a un peu raison, parce que la suppression de l'ISF, elle ne s'est faite que sur les actifs financiers, et pas sur l'immobilier.

C'est-à-dire que quelqu'un qui a une maison ou un appartement à Nice, et le prix du foncier, comme à Paris, est assez élevé, on est assez vite sur ce seuil, et il y en a plusieurs milliers dans les Alpes-Maritimes, eh bien, eux, ils continuent à payer l'impôt de solidarité. Et c'est une forme d'injustice, et puis c'est une erreur économique. Cette idée que l'immobilier s'associe à la rente, ce mépris pour les propriétaires, là, on va voir qu'il y a sans doute une augmentation de la taxe foncière qui se dessine, je crois que ce n'est pas très sain. Éric Ciotti, d'accord avec François Hollande.

24:47
Éric Ciotti

Alors, vous avez parlé deux fois de Laurent Wauquiez, en disant, voilà, il incarne cette nouvelle génération. Malgré tout, on a le sentiment, quand on regarde, notamment, un certain nombre d'enquêtes d'opinion, que ça ne prend pas. Il y a quelque chose qui ne marche pas. Alors, on va nous dire, c'est un déficit de notoriété. Très bien, effectivement, ça va se regonfler. Mais il y a un trait de caractère qu'on repère beaucoup dans ces études d'opinion, c'est l'insincérité. Comment corriger, en fait, cette personnalité pour qu'elle passe auprès des Français ?

25:17
Présentateur

Éric Ciotti. On est au début d'un parcours. Ce sera un parcours qui va nous conduire à 2022, qui est long, qui est semé d'embûches. Il y aura des difficultés. Déjà, Laurent Wauquiez a subi des coups. Il faut quelquefois un peu des cicatrices. Il en a cherché aussi des coups. Il faut un peu des cicatrices pour réussir. Mais je crois qu'il a le talent. Il a des convictions. Il a l'amour de la France en lui. Il est porteur aussi d'une histoire de nos territoires. Il est maire du Puy-en-Velay. Ce n'est pas rien. Et il a été maire du Puy-en-Velay. Il est aujourd'hui président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. On sent que sa personnalité allait régulièrement.

C'est un homme qui a du talent, qui a un parcours... Un anti-Emmanuel Macron, en somme, si on écoute votre portrait jusqu'au bout. Il a à peu près le même parcours symbolique de cette élite républicaine que, personnellement, je ne fustige pas. Lui a réussi normal sup, là où Emmanuel Macron l'avait échoué. C'est la seule différence. Autrement, ils sont le produit de cette excellence républicaine. Mais Emmanuel Macron est président de la République et Laurent Wauquiez ne le sera peut-être jamais. Il aspire à l'être.

26:21
Invité

Mais est-ce que vous êtes 100% derrière Laurent Wauquiez ou est-ce que vous dites qu'il y a des petites failles dans la personnalité ?

26:29
Présentateur

On est au début d'un processus. Donc, bien sûr qu'il y a aujourd'hui... On ne peut que progresser, on ne peut que s'améliorer. Mais ce n'est pas le problème de Laurent Wauquiez. C'est un problème collectif. C'est un problème d'équipe. Vous savez, tous nos grands leaders, que ce soit Jacques Chirac, que ce soit Nicolas Sarkozy, en tout cas ceux qui ont été présidents de la République depuis 1981 à droite, ils ont tous eu aussi ces périodes où on disait qu'ils n'y arriveront jamais, qu'ils sont impopulaires. Moi, je me rappelle des meetings où Nicolas Sarkozy était hué. Je me rappelle que la presse... Mais ils ont toujours su composer.

Ils ont toujours su élargir les familles de la droite et réunir les familles de la droite. On est au début d'un processus. On a failli disparaître au mois de juin dernier. C'était l'objectif d'Emmanuel Macron, nous faire disparaître. Vous savez, quand je suis arrivé le 18 juin à l'Assemblée nationale, on n'était pas sûr que notre groupe allait rester avec 100 députés. M. Édouard Philippe appelait tous les députés en disant « Mais venez chez nous, l'herbe est plus verte. » M. Darmanin passait la deuxième couche en disant « Mais on va t'aider. » Bon, on est resté 100 députés. On est 102 aujourd'hui. Ça a été, finalement, le socle parce qu'on a des idées, on a des convictions.

On représente des territoires qui sont représentatifs de toute la France, pas uniquement des grandes villes, des villes, mais aussi des zones rurales. C'est important. Et je crois qu'on a cette force. Alors, après, vous dire que tout va bien, qu'on va gagner la prochaine fois, que tout est formidable, loin de moi, cette idée. Il y a beaucoup de travail. J'aborde ça avec humilité. Mais voilà, on a des atouts. On représente des territoires. On a des militants. Je crois qu'on est le premier parti de militants aujourd'hui. On est le premier groupe d'opposition à l'Assemblée nationale. Très cohérent. Très cohérent.

Avec, en plus, une bonne ambiance derrière le président Christian Jacob au sein du groupe, ce qui ne gâche rien. On est soudés. On l'a démontré sur l'immigration. Pas une voix n'a fait défaut sur ce texte. Donc, voilà. Il y a un bonheur à être républicain aujourd'hui. En tout cas, ce n'est pas un malheur. Sur le style de Laurent Wauquiez, est-ce que vous pensez que, justement, ce style un peu direct, un peu cash, dirait certains, plaît aux électeurs de votre camp ? Ils avaient préféré François Fillon à la primaire. Et François Fillon, c'est quand même un style beaucoup plus sobre. Est-ce que ses propos violents, notamment devant les étudiants à Lyon, n'ont pas laissé des traces ?

Est-ce qu'il a une bonne image même à droite ? Moi, je ne crois pas. Je crois que le temps du politiquement correct est derrière nous. Et d'ailleurs, l'élection d'Emmanuel Macron, quelque part, a né aussi révélatrice, puisqu'il a été très transgressif, Emmanuel Macron. Il a bouleversé beaucoup de codes. Donc, je crois aujourd'hui qu'il faut casser ces anciens codes. La droite doit se renouveler dans ses idées, dans ses comportements, dans ses personnalités aussi. Bien sûr, c'est ce qu'a voulu faire Laurent Wauquiez avec des hommes et des femmes nouveaux, nouvelles. C'est pour ça qu'il a comme conseiller Édouard Balladur ce qu'on découvre aujourd'hui en lisant le journal du dimanche.

C'est pour rassurer ce renouvellement de logiciels et de personnel autour de lui. Édouard Balladur n'est pas dans l'équipe dirigeante des Républicains. Non, mais il a l'air d'avoir une influence importante sur le président des Républicains. Vous l'avez bien compris, mais c'est une personnalité et une intelligence forte qui est un sage. Et il faut aussi consulter les sages. C'est important. Vous voyez, vous disiez que Laurent Wauquiez doit rassembler. Il s'y emploie. Françoise.

29:48
Invité

Alors vous dites qu'il faut construire avec une nouvelle génération une nouvelle offre politique. Mais ce qu'on voit aujourd'hui, les interrogations que suscite la stratégie de Laurent Wauquiez, c'est y a-t-il ou non un rapprochement avec l'extrême droite ou en tout cas avec les thèmes qui sont chers à l'extrême droite ? Comment vous vous situez par rapport à ce débat-là ?

30:05
Présentateur

Éric Ciotti. Ce débat, pour moi, relève de la fable. Si vous preniez les propositions... C'est trop facile, Éric Ciotti. Soyez sincère. Oui, mais je le suis. Je le suis toujours. C'est quelquefois ce qu'on me reproche. Prenez les propos de Jacques Chirac ou d'Alain Juppé. Non, non, mais revenons en 2018. Laissez-moi courir mon raisonnement. Prenez les propos d'Alain Juppé, de Jacques Chirac dans les années 80 sur l'immigration. Est-ce qu'ils étaient plus durs ou plus modérés que ce qu'on tient aujourd'hui ? Ils étaient beaucoup plus durs. Beaucoup plus durs. Donc, nous avons abandonné des sujets qui sont des sujets de préoccupation des Français. Je pense aux questions de sécurité.

Je pense aux questions d'immigration parce que le Front National en a parlé. Je lisais... C'est pas de la fable Éric Ciotti. Je lisais un de vos commentateurs qui... Vous ramenez à la réalité. On a vu, pendant les discussions sur la loi Asile et Immigration, des convergences des idées extrêmement fortes. On a vu, par exemple, Marine Le Pen vous applaudir, Éric Ciotti, des députés FN applaudir des Républicains. C'est ce qu'on pouvait lire dans un très bon papier du journal Le Monde. On a même vu des députés FN voter des articles du gouvernement. Et on voit... Ça, vous le soulignez pas. Ils ont voté aussi des amendements en marche. Et vous pourriez donc dénoncer la convergence.

Moi, je n'ai voté aucun amendement de Mme Le Pen. Ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas parce que le Front National dit qu'il pleut qu'on doit dire qu'il fait soleil. Non, non, là, parlons de stratégie politique. Ce n'est pas parce que le Front National chante la Marseillaise qu'on doit s'interdire de chanter... Mais non, mais c'est mon discours et permettez-moi de continuer à le tenir. Non, mais permettez-moi de nous interroger juste l'appel d'Angers, par exemple. On ne va pas s'arrêter de chanter la Marseillaise. Je trouve ces débats stupides. Nous, nous avons nos convictions, nos idées. Moi, ce que pense le Front National, ça m'importe peu, ça ne me regarde pas.

Moi, j'ai mes valeurs, j'ai mes convictions, je les ai toujours défendues, y compris quand elles étaient minoritaires dans ma famille politique. Et quelque part, si on les avait un peu plus entendues, notamment au début de 2007 sur le régalien, on n'aurait peut-être pas perdu l'élection de 2012. Donc, défendons nos idées. Le Front National, c'est une impasse, c'est une imposture. Nous l'avons dit, jamais d'alliance avec eux. Mais après, il y a des sujets qui ont fait que 11 millions de Français ont voté Mme Le Pen. Est-ce qu'on les met à part ? On les ostracise complètement ? Ou on écoute et on comprend pourquoi ils ont voté Marine Le Pen ? Pourquoi il y a ces sujets ?

Le déclassement social, la peur identitaire, la montée du communautarisme, l'immigration de masse, le terrorisme, l'islamisme. Est-ce que tout ça, on n'en parle pas ? Non, on en parle, mais surtout, au-delà d'en parler ce que fait le Front National, on apporte des solutions et on essaie

32:58
Éric Ciotti

de les mettre en place. Vous, vous êtes un élu national, vous êtes député. Maintenant, il y a aussi ce qui se passe au niveau des élus locaux. Prenons l'exemple de la Gironde, on a un certain nombre d'élus locaux qui ont, attendez, je vais jusqu'au bout aussi de mon raisonnement, qui ont serré la main à des élus Front National, à des élus debout la France. Ils sont en train d'organiser une plateforme dans la perspective des élections municipales. Est-ce que votre stratégie, qui effectivement, quand on vous écoute, après tout, ça peut tenir la route, est-ce que cette stratégie, à un moment donné, ne va pas vous dépasser, et notamment dans la perspective des élections municipales ?

33:29
Présentateur

Éric Sautier. Ça, c'est ce que vous annoncez depuis des années. Vous avez vu qu'aux élections législatives... Non, mais là, c'est très concret. On a des gens qui ont organisé quelque chose. Non, c'est totalement marginal. Il y a un ou deux militants anciens des Républicains et il y a un maire qui n'est plus aux Républicains. Un maire d'un petit village. Un. Voilà. Est-ce qu'à partir de ça, on dessine une tendance nationale ? Où est-ce qu'il y a une alliance dans une collectivité ? Où est-ce qu'il y a un parlementaire qui a prôné cette alliance ?

33:56
Éric Ciotti

On comprend qu'il y a la volonté de discuter. Il y a la volonté, en fait, de travailler en ce moment.

33:59
Présentateur

Nous, on est très clair. En tout cas, au niveau de l'équipe dirigeante des Républicains, au niveau du groupe à l'Assemblée nationale, au niveau de tous les dirigeants de collectivité, on l'a dit très clairement, jamais d'alliance avec le Front National. Jamais d'alliance avec Mme Le Pen. Notre enjeu, c'est de reconstruire une droite crédible. Est-ce que quelqu'un peut imaginer Mme Le Pen président de la République ? Ça serait une tragédie pour notre pays. Voir elle et ceux qui l'entourent demain diriger la France. Les Français ont dit non, mais pour autant, ils ont exprimé aussi ce sentiment de colère. Et ça, ce sentiment, il faut l'écouter aujourd'hui. Il faut l'entendre.

Il faut y apporter des réponses. C'est notre rôle aujourd'hui parce que seuls les Républicains peuvent avoir la crédibilité de l'alternance demain. Est-ce qu'on imagine M. Mélenchon gouverner le pays ? Pas plus que Mme Le Pen. Donc, qui peut gouverner à la place de M. Macron demain ? Soit M. Macron sera réélu, soit ce sera un représentant des Républicains. Mais pour ça, il faut bâtir une crédibilité. François.

35:04
Invité

M. Chotty, vous oubliez une personnalité qui s'appelle Marion Maréchal Le Pen qui a théorisé que face à Emmanuel Macron qui avait fait une sorte d'OPA sur la droite modérée, il ne pouvait pas y avoir de retour au pouvoir sans une alliance droite-extrême-droite. Vous avez par ailleurs un appel signé dans Valeurs Actuelles, un appel signé Thierry Mariani, député des Républicains, Jean-Frédéric Poisson qui a été candidat à la primaire, Bruno Nord, membre du CNIP, le couple Ménard qui dit qu'il faut une alliance à terme droite-extrême-droite.

35:35
Présentateur

Appel pour l'unité de la droite.

35:37
Invité

Pour l'unité. Alors, vous dites Marine Le Pen qu'elle n'est pas qualifiée pour être valide. On n'est absolument pas là-dessus. Mais vous avez une autre personnalité qui travaille à ce rapprochement. Comment vous avez essayé

35:47
Présentateur

d'empêcher ça ? Je crois que c'est Marine Le Pen qui d'abord va empêcher cela parce qu'elle fait tout, elle fera tout pour que Marion Maréchal Le Pen ne revienne pas. Donc moi, c'est leur problème interne. Je dirais que c'est presque leur problème familial. Thierry Mariani, c'est un problème

36:02
Éric Ciotti

qui vous est interne à vous et à vous.

36:04
Présentateur

Vous avez raison. Laurent Wauquiez a d'ailleurs demandé à Thierry Mariani un échange et ils vont le faire. Il faut l'exclure ? S'il y a un acte d'alliance, naturellement, aujourd'hui, chacun exprime ce qu'il veut. Il a transgressé la ligne rouge que vous avez fixée. Dès que la ligne rouge sera franchie, Thierry Mariani, s'il va jusque-là, il n'aura plus sa place dans notre amie politique. Et surtout, il crée l'ambiguïté en ce moment. Et ça ne souffre pas d'ambiguïté. En tout cas, notre réponse ne souffrera pas d'ambiguïté. M. Ciotti, comment du simple point de vue de l'arithmétique électorale, la droite peut espérer revenir au pouvoir sans nouer de nouvelles alliances ?

Puisqu'aujourd'hui, les centristes ne sont plus avec vous, les Républicains, à eux seuls, vont occuper l'espace. Ils vont, comme l'avait fait Nicolas Sarkozy en 2016, siphonner le Front National. Pour l'instant, ce n'est pas ce que montrent les enquêtes d'opinion, par exemple. Les enquêtes d'opinion, peut-être pas, mais les élections législatives partielles, plutôt oui. Avec des participations très faibles. Donc, quelle sera vos stratégies ? Il y a quand même eu plusieurs élections législatives partielles. On a regagné une circonscription sur En Marche. Sur ces élections législatives partielles, il y a trois leçons. Les Républicains ont fortement progressé. En Marche a diminué.

Pour un nouveau parti, c'est compliqué de faire des comparaisons avec le passé. Je suis d'accord, mais d'une dizaine de points, quand même, par rapport à Juin. Et le Front National s'est effondré. Donc, voilà. Une hirondelle ne fait pas le printemps. Je suis prudent, mais en tout cas, sur le terrain, on est déjà sur ce chemin de la reconquête. Le député Les Républicains, Éric Ciottier, est l'invité de Questions politiques.

37:46
Invité

Questions politiques.

37:47
Présentateur

Puisqu'on parle de votre logiciel et que votre président Laurent Wauquiez organise une convention sur l'immigration, comment réduire l'immigration, Éric Ciottier, vous avez dit « Je veux que la France reste la France ». En lisant cette phrase, je me suis demandé, mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Qu'est-ce que ça peut dire et vouloir dire ? Moi, je dresse un constat. Il y a aujourd'hui, et ce n'est pas le seul fait de ce gouvernement, j'en conviens, c'est une tendance ancienne, il y a trop d'immigration dans notre pays.

Il y a eu trop d'immigration, on accueille trop d'étrangers dans notre pays, record l'année dernière, depuis 43 ans, 262 000 titres de séjour, ça c'est l'immigration légale, il y a selon les chiffres même de Gérard Collomb, au moins 400 000 étrangers en situation irrégulière, 121 000 demandes d'asile l'année dernière. Donc ça veut dire que... Mais ce n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une question quasiment philosophique, je veux que la France reste à la France. Mais je vais y venir, c'est un problème... C'est la France moins l'islam, pour le dire très vite.

C'est un problème démographique, parce qu'accueillir dans des conditions, on n'est pas capable d'assimiler ces étrangers, et c'est le cas aujourd'hui, on voit bien ce qui se passe. Mais ça correspond à l'idée de la France que vous faites. Regardez ce qui se passe à Paris, 3 000 personnes dans des camps, dans les quartiers de Paris, aujourd'hui, sur le quai de Gemap, à la Villette, 3 000 personnes qui vivent sous détente. Ça veut dire que quand on n'a pas la capacité d'intégrer, d'assimiler, je préfère ce terme voulu par le général de Gaulle, les étrangers, ça conduit à quoi ?

Ça conduit à des ghettos, ça conduit au communautarisme, et le communautarisme, c'est le terreau, notamment utilisé par l'islamisme, pour le terrorisme. Donc je le dis, oui, je souhaite que le modèle culturel dont nous sommes les héritiers... Et à quel moment de l'histoire de France ce modèle a été le plus pur ? Il n'y a pas de... Ce mot, je le bannis, ce mot, cette histoire, c'est l'agrégation, c'est l'addition des phases avant la Révolution, de la Révolution française, de l'Empire, des républiques, bien entendu. C'est ça la France, c'est cette culture, c'est cette histoire, c'est cette richesse, c'est ce modèle.

Oui, il y a un modèle culturel français, contrairement à Emmanuel Macron, je pense qu'il y a cette culture française et je veux qu'on continue à vivre selon cette culture et selon ce modèle. Sans l'islam. Mais ce n'est pas une question d'islam, ce n'est pas une question de religion. Ce que je souhaite, c'est qu'on garde un modèle laïque, en tout cas, tel qu'il est l'héritier de la loi de 1905. Ce n'est pas une histoire d'islam ou d'autres religions au demeurant. Je souhaite qu'il y ait une laïcité exigeante et j'avais d'ailleurs déposé une proposition de loi qui répond à ces deux constitutionnels et je le défendrai à nouveau lors de la réforme qui disait deux choses.

Un, je voudrais qu'on fige la tradition chrétienne de notre pays. Ses origines, ce n'est pas un fait culturel, c'est un fait culturel et vous avez raison de le placer sur ce débat. Et deux, je voulais qu'on rajoute aux devises de la République, liberté, égalité, fraternité, laïcité, pour qu'aujourd'hui, aucune religion, quelle qu'elle soit, n'impose ses règles à la République mais pour autant qu'on n'oublie pas notre modèle, nos racines, notre histoire et une forme de culture. Mais vous pensez

40:59
Invité

qu'une religion impose ses règles aujourd'hui ?

41:00
Présentateur

En tout cas, pour parler d'une d'entre elles et vous avez posé la question, l'islam et son expression politique aujourd'hui considère et c'est d'ailleurs une enquête de l'Institut Montaigne qui le démontrait que pour une partie minoritaire mais malheureusement importante, les lois religieuses étaient supérieures aux lois de la République. Donc c'est ce modèle, je crois, qu'aujourd'hui, nous devons reprendre en main avec une volonté d'affirmer la domination républicaine.

41:33
Invité

Et comment vous répondez à la critique mais en faisant, en agissant de la sorte et en raisonnant de la sorte, on attise au contraire les différences entre communautés et donc on met en cause la laïcité d'une certaine façon ?

41:46
Présentateur

C'est un débat qui mérite d'être posé. C'est soit on va vers les petits accommodements, c'est ce qu'avait prôné Alain Juppé, soit on dit finalement il y a de nouvelles cultures, on reconnaît une société multiculturelle, une société communautaire. C'est un peu l'idée d'Emmanuel Macron, c'est même beaucoup l'idée d'Emmanuel Macron. Il est très léger sur la laïcité, d'ailleurs Manuel Valls dans sa tribune aujourd'hui qui est très laudative par ailleurs, lui rappelle dans sa tribune du Parisien, soit on prône cette société libérale, anglo-saxonne, de communautés religieuses qui s'additionnent, soit on reste au modèle républicain.

Et ça veut dire que si on veut rester au modèle républicain, ce que personnellement je crois, il va falloir livrer un combat qui est difficile, qui est exigeant, qui nécessitera peut-être d'imposer de façon ferme, de façon ferme ces principes républicains, d'interdire les signes religieux au guichet des administrations publiques, d'interdire les signes religieux pour les accompagnateurs scolaires, ce que refuse ce qu'a dit M. Blanquer et j'ai senti que le président de la République était beaucoup plus hésitant. Voilà, il faut une laïcité qui se réaffirme, qui se reconstruise mais dans l'épure de 1905. Question de Karine puis question d'un auditeur.

43:03
Éric Ciotti

Du coup, j'en profite pour vous poser une question sur les banlieues puisqu'il en a été question cette semaine. Quel est votre diagnostic, pardonnez-moi, sur les quartiers ? Où est le problème ? C'est un problème social ? C'est un problème culturel ? C'est un problème identitaire ?

43:17
Présentateur

Éric Sautier. Je crois que quelque part, le problème, c'est de parler de quartier. Je préférerais qu'on parle d'une ville dans son entité. Distinguer la banlieue du cœur de ville, distinguer la périphérie du centre-ville. Pourtant, ils ne vivent pas comme ceux qui vivent là. Oui, mais c'est ça le problème. Sous la Troisième République, on parlait de l'histoire. Dans les romans de Balzac, les riches et les pauvres vivaient dans le même immeuble. Oui, mais le fait qu'il y a vraiment une condition. Je ne sais pas si c'est vraiment un modèle. Dans les mêmes... Relisez le père Goriot. Je ne suis pas sûr que vous ayez envie d'habiter dans la pension.

Il y avait la déchéance sociale puisqu'il montait jusqu'au dernier étage. Mais en tout cas, il y avait l'unité d'une ville. Ce n'est peut-être pas le modèle social. C'est une autre époque. Mais tout le monde vivait dans les mêmes lieux. Les riches et les pauvres. Aujourd'hui, il y a des ghettos sociaux. Il y a des ghettos ethniques. Il y a des ghettos religieux. Et c'est ça où c'est vrai qu'aujourd'hui, le diagnostic de Jean-Louis Borloo, où il dit c'est alarmant, bien sûr c'est alarmant. Je suis plus réservé sur les solutions. Aujourd'hui, qu'est-ce qui gangrène ces quartiers ? C'est notamment le trafic de drogue. C'est l'économie parallèle.

Parce que l'économie parallèle, elle fournit notamment aux jeunes qui sont en inactivité des revenus dix fois supérieurs aux revenus du travail. Tant qu'on n'aura pas le courage de s'attaquer au trafic de drogue avec une volonté extrêmement ferme. Et pour s'y attaquer, il faut s'attaquer d'abord à la consommation. Il faut s'attaquer aux trafiquants, bien sûr, aux petits et aux gros. Mais il faut aussi avoir le courage. Et là, on touche à des tabous de s'attaquer à la consommation. Parce que la demande crée l'offre aussi. Et ça, je ne l'ai pas trouvé avec la place nécessaire dans le rapport Borloo.

Il faut d'abord dans ces quartiers restaurer les lois de la République, restaurer l'autorité, éviter que des caïds qui sont radicalisés prennent la possession de ces territoires. Qu'ils considèrent que ces territoires ce sont les leurs. Regardez ce qui s'est passé avec certains de vos confrères après l'attentat de Trèbes, d'où un quartier d'où le terroriste était originaire. Eh bien, les journalistes ont été pris à partie en disant vous ne rentrez pas ici, on est chez nous. Eh bien, ça, je ne veux plus voir ces images. Et ça, ce n'est pas 47 milliards, ce n'est pas même 90 milliards qui va le régler.

Il faut du courage, il faut restaurer les lois de la République, l'autorité de la République partout, en tout lieu du territoire. On peut rappeler que c'est ce qu'avait promis Nicolas Sarkozy quand même lorsqu'il était ministre de l'Intérieur puis président de la République et ses problèmes ont demeuré, comme vous venez de le dire. C'est sans doute une des causes de notre échec en 2012. Moi, je fais partie de ceux qui considèrent qu'on a perdu parce qu'on n'est pas allé assez loin. Certains considèrent que Nicolas Sarkozy était allé trop loin, trop à droite. Moi, je fais partie, je fais l'analyse inverse.

Je dis que sur certains sujets, notamment sur cette question, on aurait dû aller plus loin. Question de Cédric Heroux qui nous écoute, agriculteur et qui est très présent pour venir en aide aux réfugiés à la frontière franco-italienne et dans la région de la Roya. Mais c'est surtout aussi quelqu'un qui vient en aide à des personnes démunies et en l'occurrence... Condamné par la justice, par deux fois. Mais est-ce qu'il doit être condamné pour le coup pour être venu en aide à un jeune soudanais, un gamin qui a 15 ans et qui demande de pouvoir être scolarisé à Nice, notamment, et il n'a pas de réponse du Conseil général face à une situation très simple, très claire comme celle-là, Éric Cetier.

Est-ce que vous seriez prêt à lui venir en aide ? M. Heroux est un militant qui exploite la détresse humaine. Il a été condamné, Cédric Heroux, mais il va en cassation. Il a été condamné, il a tenu des propos contre les policiers et le préfet des Alpes-Maritimes qui sont indignes. D'ailleurs, le préfet des Alpes-Maritimes l'a attaqué en justice. Aujourd'hui, il est le dernier maillon dans les Alpes-Maritimes d'une chaîne de passeurs qui, certains vendent le passage en Méditerranée, aujourd'hui deux fois plus cher pour les mineurs d'ailleurs. Il faut le noter. Vous appelez ça des passeurs ? Il est dans une chaîne. Pour d'autres, ce sont des gens qui répondent à un devoir d'humanité.

Je l'ai dit à l'Assemblée nationale puisque M. Collomb a affaibli la loi aujourd'hui. Donc, quelqu'un qui va chercher des migrants en Italie et qui les amène dans les Alpes-Maritimes, pour moi, c'est un passeur. S'il le fait pour des raisons humanitaires. Pour moi, c'est un passeur. Et donc, il n'y aura plus la possibilité de le condamner pour ça. Donc, sur le cas précis, il y a des lois. Moi, je respecte les lois de la République. Le département que j'ai présidé, même si elle est en train de changer cette loi. Le département que j'ai présidé, que je préside, accueille, comme la loi nous y oblige, avec beaucoup d'humanité, des mineurs. Nous en avons aujourd'hui plus de 300.

Mais la loi que l'Assemblée vient de voter, la loi Asile et Immigration, reconnaît justement la force de gestes comme ceux de Cédric Ayrault pour éviter qu'ils soient condamnés et assimilés à des passeurs comme vous venez de le faire. Fin avril, on a accueilli quasiment autant de mineurs que sur toute l'année 2017. Donc, c'est un problème que l'État devrait prendre en compte beaucoup mieux. Les autorités italiennes désormais ont changé d'attitude. Il y a 800 000 étrangers en situation irrégulière en Italie et les Italiens refusent ce qu'on appelle les procédures, notamment pour les mineurs, de non-admission. Donc, on va avoir ce débat. Vous êtes extrêmement sévère. Je l'ai dit à M. Collomb.

Vous n'avez pas entendu aussi sévère contre les militants de génération identitaire qui font toujours des rondes dans les Alpes pour intervient l'accès au territoire français aux migrants ? Je suis pour qu'on respecte les lois de la République partout et pour tous. Donc, quand ces militants identitaires violent les lois de la République de façon provocatrice, ils doivent être condamnés. Et quand des personnes font entrer illégalement, parce que c'est un délit encore, l'entrée sur le territoire national des migrants, quand M.

Hérou accueille, comme il le revendique sur une chaîne concurrente, une radio concurrente ce matin, d'accueillir 30 migrants chaque jour, chaque jour, à la place des autorités qui sont prévues par la loi, je dis que là, on n'est pas dans le geste humilitaire. On parle de gamins de 15 ans qui traversent des montagnes et des cols. On est quelque part dans la filière. On est quelque part dans la filière et dans cette volonté qui est celle des no-borders d'abattre les frontières. Moi, je crois aux frontières. Je crois à l'utilité des frontières. J'ai posé une question à M. Collomb pendant le débat, vous l'avez montré.

Il y a une note d'Europol qui a publié Le Guardian, qui dit que 50 djihadistes de nationalité tunisienne auraient franchi depuis l'Italie la frontière. On parlait d'un cas d'un gamin de 15 ans. On ne parle pas de djihadistes. Je parle de ce cas parce que si on supprime, si je vous écoute... Vous assimilez les deux. M. Heroux veut supprimer les frontières. Il dit que les frontières n'ont pas lieu d'être. Moi, je dis qu'il faut des frontières et notamment face à la menace terroriste et face à l'incapacité de notre pays d'accueillir tout le monde. Ce discours est irresponsable parce que si on n'a pas de frontières, on fait venir des millions de personnes.

Vous savez, le débat, il va être démographique. On n'en parle pas beaucoup. 2,5 milliards d'habitants en Afrique en 2050, 1,2 milliard aujourd'hui. Qu'est-ce qu'on fait ? Comment on y répond ? Est-ce qu'on y répond en Afrique ou est-ce qu'on y répond chez nous ? Il reste 3 minutes. Françoise Fressos, puis Karine.

50:25
Invité

Oui, sur les identités, je voulais juste revenir parce qu'ils font des coups assez spectaculaires. Vous les condamnez fermement ? Vous pensez qu'il faut les interdire ? Comment vous analysez parce que ça se passe très près de chez vous ?

50:37
Présentateur

C'est à la justice de prendre les décisions nécessaires, aux ministres de l'Intérieur, d'engager les poursuites. Voilà, c'est clair. Moi, je condamne tous les actes qui sont contraints aux lois de la République. Karine, puis Jeff.

50:51
Éric Ciotti

Alors, moi, je voulais finir avec les élections municipales. Je rappelais dans votre portrait que vous étiez le président de la CNI, la Commission Nationale d'Investiture. Comment ça va se passer, ces municipales, en particulier dans ces très belles villes qui sont détenues aujourd'hui par la droite ? Je pense à Marseille, je pense à Bordeaux, je pense à Nice, je pense aussi à Reims, à Angers, à Mulhouse. C'est potentiellement des villes qui peuvent aller chercher un accord avec La République En Marche. Comment ? Quelle sera votre stratégie pour résister à ça ?

51:16
Présentateur

Éric Settier ? Notre stratégie sera une stratégie de clarté. Nous avons toujours refusé la confusion, depuis le printemps dernier, de ceux qui ne savent pas trop où ils sont. Vous allez les exclure. On ne peut pas être républicain pour les élections et en marche après les élections pour avoir des postes. Donc moi, ce que je souhaite, on discutera avec tout le monde dans un esprit de rassemblement, mais un des principes de cette discussion, bien sûr, il y a des maires sortants et ils ont un rôle important dans notre famille politique et nous souhaitons qu'ils le conservent.

On a des villes à conquérir, il y a des villes où il y aura une succession, puis il y a des villes où peut-être les maires actuels seront candidats avec l'investiture en marche. Est-ce que vous serez candidat à la mairie de Nice ? Je vous répondrai à cette question l'année prochaine en sachant qu'est-ce que je peux apporter de plus à ma ville aujourd'hui ? Est-ce que ma ville... Mais vous en avez envie. Est-ce que ma ville... Je suis député de Nice, ma circonscription est intégralement dans Nice. Il y a des choses qui fonctionnent mal aujourd'hui à Nice. On a des quartiers qui sont abandonnés. On a eu des incidents violents au bord à bon voyage au Liseron.

On a un cœur de ville qui se paupérise autour de la gare notamment. On a une dette qui a explosé. François, vous qui connaissez bien la politique, ça c'est un discours de candidat ? 2 milliards... Ça ressemble à un discours de candidat. Je termine, non. Donc vous rentrez au ciel votre candidature dans un an 2 milliards d'euros de dettes entre Nice et la métropole. La taxe foncière qui a augmenté 13% pour cette année. La taxe d'habitation pour les résidents secondaires de 60%. Il y a un problème de gestion aussi. Et ça, les Niçois commencent à être très inquiets par cette dérive financière qui traverse. Écoutez, donc, monsieur le futur maire, comment vous appelez Éric Ciotti ?

Merci d'avoir été notre... On en reparlera. La question la plus difficile de l'émission d'abord. Merci de ce qu'on se veut. La question la plus difficile de l'émission, est-ce que vous ferez la fête si l'OM gagne la Ligue Europe 1 ? Je m'en réjouirai, oui. Je suis pas sûr que vous soyez élu avec un discours pareil. Merci de nous avoir rendu visite. Merci à tous les trois. Merci à Alexandre Gilardi qui a préparé cette émission. Je vous donne rendez-vous juste après le journal pour le grand face-à-face de France Inter, le temps de monter au cinquième étage de la radio, de la maison de la radio. A tout de suite.