Nicolas Dupont-Aignan invité d'Europe 1 (22 janvier 2020)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse directe
Comment appelle-t-on quelqu'un qui change radicalement d'avis sur un sujet ? Pragmatique ou une girouette ?
- 0:23RelanceRéponse directe
Expliquez-nous comment, après avoir dénoncé le système de la primaire, vous en proposez désormais une.
- 2:52OuverteRéponse directe
Que répondez-vous à Marine Le Pen qui vous a répondu que ce n'était pas une émission de télé-réalité ?
- 4:18RelanceRéponse directe
Vous espérez donc convaincre la base pour que la base arrive à la convaincre ?
- 4:28FerméeRéponse directe
En combien de parties sont éclatés les républicains selon vous ?
- 5:08OuverteRéponse directe
La France vient de traverser 49 jours de grève. Qu'en pensez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50PrésentateurChiffre
« 72% des Français ne veulent pas du duel Macron-Le Pen. »
- 4:35PrésentateurChiffre
« Entre 3,5 et 7%, selon les scrutins, les sondages. »
- 5:27PrésentateurFait
« C'est de la propagande pure. »
- 7:24Invité politiqueChiffre
« Plus d'un tiers des Français de confession juive se sentent menacés au quotidien en raison de leur appartenance religieuse. »
- 8:32PrésentateurChiffre
« Il y a 200 mosquées salafistes qui prêchent la haine dans notre pays. »
Temps de parole
- Présentateur67 %
- Nicolas Dupont-Aignan21 %
- ?12 %
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Votre
invité Sonia Mabrouk, c'est Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France.
Et député de l'Essonne, merci d'être avec nous ce matin sur Europe 1. Nicolas Dupont-Aignan, comment appelle-t-on quelqu'un qui change radicalement d'avis sur un sujet
? Un
pragmatique ou une girouette ?
Ça dépend du contexte.
Mais je suppose que vous préférez vous classer dans la première catégorie.
Je sais de quoi vous allez parler.
Expliquez-nous, comment, après avoir pendant des années dénoncé, fustigé le système de la primaire, vous en proposez désormais une ?
Tout
simplement parce que j'ai expérimenté le premier tour de la présidentielle de 2017 et le second. J'ai vu que le premier était décidé d'avance. Il y avait deux catégories de candidats, les grands et les petits, que les sondages, certains médias, organisaient préventivement la sélection et que ce premier tour n'avait plus le rôle de filtre impartial. Et puis, j'ai aussi vécu le second tour, puisque je suis l'un des seuls à avoir eu le courage, je pense, de faire barrage à Emmanuel Macron en soutenant Marine Le Pen. Et j'ai vu qu'en quelques jours,
on
ne pouvait pas fusionner deux projets, deux programmes. Et j'ai regardé ce qui se passe dans le monde, ce qu'il y avait, et les préventions que j'avais auparavant, que j'avais dénoncées pour les primaires au sein d'un parti, n'oubliez pas. Je pense que c'est particulièrement, maintenant, ne plus adapté à ce qui se passe. Si on veut battre Emmanuel Macron et surtout accoucher d'un projet crédible pour redresser
le pays... Et malgré ce que
vous
dites,
Nicolas Dubroignan... Il faut, attendez, je finis ma phrase, il faut absolument que les patriotes s'organisent, consultent leur base, et plutôt que quelques militants de partis politiques, c'est aux électeurs, à des millions d'électeurs, de sélectionner celle ou celui qui affrontera Emmanuel
Macron pour gagner. Alors les patriotes, comme vous les appelez,
peut-être parmi eux, justement, il y a, vous classez Marine Le Pen, présente du Rassemblement National, elle vous a répondu, vous appelons au sérieux, « Ce n'est pas une émission de télé-réalité, vous a-t-elle dit ? C'est une sacrée fin de non-recevoir.
» Oh, écoutez, vous savez, moi je suis opiniâtre. Je pense qu'on ne peut pas attendre 2027. J'entends une petite musique, « Ah, Emmanuel Macron sera réélu. » Il est tellement impopulaire, il met en danger le pays. On va laisser
les Français choisir.
Justement. Et pour qu'ils choisissent, il ne faut pas que ce soit Emmanuel Macron lui-même qui choisisse son adversaire. 72% des Français ne veulent pas du duel. Vous ne
me répondez pas
? Attendez, 72% des
Français ne veulent pas
du duel, Macron-Le Pen, ne veulent pas revivre ça. Et j'estime
que
si Marine Le Pen est la meilleure, elle peut tout à fait gagner une primaire de tous
les électeurs patriotes et républicains.
Attendez la suite. Mais si elle n'affronte pas ses propres électeurs pour confronter ses idées, son programme, alors comment elle pourra gagner au second tour ? Moi, je n'ai qu'un objectif, c'est faire passer l'intérêt général de mon pays. Je
veux une
alternance et je veux qu
'on
soit les meilleurs sur le projet.
On va en parler du projet. Que répondez-vous à Marine Le Pen ? Quand même, c'est la principale adversaire
aujourd'hui. Je termine aussi ma question. Qui a rappelé
aussi vos propos il y a peu sur ce système des primaires. Vous disiez, il n
'y
a pas si longtemps, Nicolas Dupont-Aignan, que c'était un dîner de cons, disiez-vous. Les candidats vont s'entretuer comme des crocodiles dans un marigot puant.
Eh
bien oui,
mais moi je crois
que justement aujourd'hui, la problématique a changé, que le problème de fond, c'est qu'on ne retrouve pas le même duel, et qu'en tout cas, la sélection du candidat républicain et patriote soit la plus impartiale possible et soit rendue au peuple. Il y
a
un phénomène qui a changé, qui est gigantesque, et les républicains sont éclatés en deux. Une grande partie des républicains soutiendront Macron, une autre partie n
'ont
pas de leader. Ils volent un leader patriote. Simplement, ils ne veulent pas obligatoirement qu'on leur impose Marine Le Pen, sans et revivre la même chose. Je demande, c'est pas compliqué, parole au peuple. Et je suis certain que l'idée va
faire son chemin. Dans une démocratie, c'est normal. Je suis certain
que l'idée va faire son chemin.
Quand je vois les réactions que j'ai eues
des militants, même du Rassemblement National, eh bien je pense que Marine Le Pen évoluera. Et je ne désespère pas
de la convaincre. Vous allez donc la
convaincre pour le moment.
C'est une fin de non recevoir
qu'elle vous a
opposée. C'est pas moi qui
vais la convaincre, personnellement. C'est la base. La base veut se réapproprier le choix de son candidat, de son programme, pour en finir avec Emmanuel
Macron, qui est en train de détruire le pays. Vous espérez donc la convaincre pour que la
base arrive
à la convaincre ? La pression
des électeurs ?
Vous venez de dire que les républicains étaient divisés ou éclatés en deux. Et vous, en combien
?
Moi, je ne pense pas que nous soyons éclatés. Nous avons les idées claires. Nous n'avons jamais changé d
'avis sur l'Europe.
Mais le score petit, pardonnez-moi de vous le rappeler, c'est important. Parce que votre voix aujourd'hui incarne-t
-elle
combien
de
divisions debout la France ? Entre 3,5 et 7%, selon les scrutins, les sondages, voilà, c'est déjà pas mal. Il n'y
en
a pas tant que ça qui ont pu créer un parti politique et qui sont fidèles à leurs idées. Cohérent. Alors, on peut m'en vouloir sur beaucoup
de choses. Cohérent,
c'est pas sur le système de la primaire. Pas sur les primaires, mais je l
'ai
reconnu. Vous reconnaissez.
Mais je ne cherche
pas à le nier. Cohérent sur les idées pour mon pays. Je veux qu'on rétablisse l'indépendance de la France. Je veux qu'on ait une politique de baisse de charges pour les PME. et je veux qu
'il
y
ait
de la justice sociale. Et je ne crois pas qu'on puisse, comment dire, redresser un pays contre un peuple. Ça ne marche pas.
C'est important ce que vous dites,
Nicolas Dupont-Aignan. Vous parlez de la situation de la France. La France qui vient de traverser 49 jours de grève. Et pourtant, pourtant, il y a de bonnes nouvelles sur le front économique, affirme le gouvernement. Vous souriez déjà, mais j'imagine quand même que vous vous réjouissez pour le bien de notre pays, en bon patriote, comme vous vous présentez.
Mais je me réjouirais si c'était vrai. Si c'était des réalités. Les
chiffres sont têtus. C'est de la
propagande. C'est de la propagande pure. On voit que c'est hommes et ces femmes qui nous gouvernent, et c'est le problème. S'il y a autant de protestations de violences dans le pays, inacceptables d'ailleurs, c'est parce qu'il y a tellement de mensonges au sommet permanent, d'arrogance, de mépris, que les gens ne supportent plus. Donc, si le gouvernement sortait de son château, et s'il allait voir ce qui se passe dans nos provinces, dans nos zones rurales, dans nos banlieues, eh bien, il verrait que c'est de la propagande pure, qui n'a plus aucune réalité avec ce que
vivent nos concitoyens. C'est très
compliqué pour un grand nombre de citoyens, mais le taux de
chômage est
le plus faible depuis 10
ans. Même s'il reste trop élevé, les
investisseurs étrangers
n'ont
pas boudé la France,
ils l'ont rappelé au sommet de Choude-France, il y a moins de faillites de sociétés que
l'an passé.
Mais, écoutez,
jamais les délocalisations continuent, les fermetures. Oui, pour les très très riches,
très très riches, ça s'améliore. Ah, toujours le même, les boucs
émissaires,
comme c'est facile. Mais ce n'est pas des boucs
émissaires, c'est tellement facile de prendre sur les classes moyennes, sur les retraités, c'est tellement facile de prélever des masses financières considérables et de les redistribuer à des copains. C'est tellement facile, mais ce n
'est
pas ça qui fait le bonheur d'un peuple. Vous savez,
ce
n
'est
pas une question simplement de politique, c'est une question de vérité. On ne peut pas éternellement mentir à un peuple. La réforme des retraites ne passe pas, pourquoi ? Parce que tout le monde a compris que c'était une baisse massive des pensions de retraite. Massive. Il suffit de
comprendre... On ne va pas refaire le match sur cette scène, ça dépend pour qui
il
y a des gagnants malgré tout, les agriculteurs, d'ailleurs, que vous défendez
souvent.
Pour
2022, ça sera un des grands enjeux, c'est d'annuler cette réforme. Ce sera un des grands enjeux. Et pas seulement, de la remplacer par une réforme juste, qui, par exemple, ne pique pas les réserves de tous les régimes généraux, des spéciaux, des avocats, des infirmières, des médecins, puisque des milliards vont être volés.
Pour le moment, cette réforme devrait
passer, malgré une
contestation, Nicolas Depongnan. Mais ce qui ne va pas dans notre pays, puisqu'on parle de la situation, c'est ce qui ressort. Et c'est important d'un sondage inquiétant. Plus d'un tiers des Français de confession juive se sentent menacés au quotidien en raison de leur appartenance religieuse. Inquiétant, mais pas surprenant, malheureusement.
Pas surprenant, puisque cela fait des années, et ce n
'est
pas de ce gouvernement-là, mais ça s'accentue, que le laxisme judiciaire, que la naïveté, font que les délinquants ne sont pas condamnés à des peines qu'ils méritent. Et que le laxisme général qui règne, on a vu encore le jugement sur l'auteur de ce monstrueux assassinat, de Mme Alimi, qui finira en liberté, puisqu'il ne sera pas jugé. Il est jugé irresponsable. C'est ahurissant, parce qu
'il a pris du cannabis. C'est important, là, c'est
la justice, M. Dupont
-Aignan. Vous venez de dire juste avant
que le gouvernement et les gouvernements
précédents, selon vous, ne protestent pas suffisamment les juifs.
Les magistrats, ils appliquent des lois. Moi,
je
n'accuse pas les magistrats. Les magistrats appliquent des lois. À partir du moment où les lois sont laxistes, et où les différents gouvernements ont laissé filer la situation...
Les lois qui punissent aujourd'hui les actes antisémites ne sont pas à la hauteur de ce défi.
Alors,
il y a deux choses. Les lois, sur ce point-là, sont à la hauteur du défi. Là, c'est une application. Application par la police, dans nos quartiers. On a laissé des ghettos. Et application par la justice. Mais vous savez, il y a 200 mosquées salafistes qui prêchent la haine dans notre pays, qui ne sont toujours pas fermées. On accepte des financements étrangers. On laisse des fichiers S étrangers sur notre sol. On rapatrie des
djihadistes. C'est compliqué de vous laisser dire ça. Mais
je dis la vérité. On rapatrie des djihadistes qui sont condamnés à des peines dérisoires.
Mais
on est fou. Et après, on s'étonne que l'antisémitisme progresse. Donc, moi, c'est bien les manifestations.
Mais c'est mieux les
actes. Pour lutter contre ce fléau, il faut faire bloc, faire république, réaffirmer nos valeurs. Ce que mettra très
fermement en avant Emmanuel Macron qui se rend en Israël.
Sonia Mabrouk. J'entends ces paroles creuses. Creuses
? Réaffirmer
nos valeurs ?
Mais parce qu'elles ne sont pas appliquées. Si on passe notre vie à dire qu'on réaffirme nos valeurs, mais qu'on cède dans les quartiers, dans les écoles, on ne peut même plus parler de la Seconde Guerre mondiale.
Dans
des écoles, dans des collèges, dans les lycées.
Nicolas Dupont-Nian, il y
a des antisémites en France. Vous avez les valeurs, elles se défendent.
Il y a des antisémites en France.
Mais la France n
'est pas
antisémite. Mais bien sûr, et heureusement. Mais il y a des antisémites qu'on laisse prospérer. Mais il n
'y a
pas que des antisémites. Il y a des gens qui dénouent les valeurs et qu'on laisse prospérer. Donc moi je demande qu'il y
ait
un État régalien, digne, ferme et juste.
Et c'est évidemment un combat et un défi permanent dans notre République. Merci Nicolas
Dupont-Nian
d'avoir été notre invité ce matin sur Europe.
Merci d'avoir regardé cette vidéo ! Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Nicolas Dupont-Aignan