Colère des lycéens, crise de la dette, budget 2027... Le "8h30 franceinfo" de Roland Lescure
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Questions et réponses
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- 0:26OuverteRéponse directe
Pourquoi le gouvernement n'arrive pas à répondre à cette contestation et à ces revendications ?
- 1:54RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous avez parlé trop vite et comment vous faites pour sortir de l'impasse à court terme ?
- 2:49RelanceÉludée
Vous dites que les revendications ne sont pas très claires.
- 3:06FerméeRéponse directe
Vous, justement, qui gérez les finances de la France, est-ce que vous leur dites que ce ne sera pas 10 milliards ?
- 3:46FerméeÉludée
Vous pouvez aller jusqu'à combien, Roland Esquieu ?
- 4:36OuverteRéponse partielle
Mais Roland Esquieu, pour l'instant, personne ne veut toucher aux retraités et pas même horizon les troupes d'Edouard Philippe.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« je pense qu'on va y répondre. On a commencé à y répondre par des mesures dites d'urgence pour notamment remplacer les profs absents. »
- 1:00Invité politiqueFait
« Non, on n'est pas fermé. Le Premier ministre a écrit aux partis socialistes, à la fois représentants des groupes et du parti, pour leur dire que ça faisait partie des sujets qui sont importants aujourd'hui. »
- 1:23Invité politiqueFait
« On ne peut pas changer le cadre d'ensemble parce qu'évidemment, 5% de déficit, c'est déjà beaucoup et qu'il faut respecter ce cadre. »
- 2:15Invité politiqueFait
« On est le seul pays du monde où on travaille de 8 à 18 heures. Et moi, je suis d'accord avec les lycéens, c'est trop. »
- 3:12Invité politiqueChiffre
« 10 milliards, c'est beaucoup, beaucoup d'argent. »
- 4:19Invité politiqueChiffre
« On nous l'a reproché, 25% de la population aujourd'hui, 10% de l'effort. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Nous avons la confiance des marchés, au sens où on n'a pas de problème pour émettre de la dette. »
- 6:01Invité politiqueChiffre
« Il y a 80% des dépenses récentes qui relèvent de deux piliers, la santé et les retraites. »
- 6:29Invité politiquePromesse
« 5%, ça ne peut pas aller au-delà. C'est un maximum de déficit public pour l'année prochaine. »
- 7:19Invité politiqueFait
« On a préservé la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés, des grandes sociétés, même si on la baisse un peu. »
- 7:40Invité politiqueFait
« Ça veut dire qu'on gèle. Je l'ai au niveau actuel, mais les prix augmentent. »
- 10:14PrésentateurChiffre
« On l'évoquait à hauteur de 5,5 milliards d'euros. »
- 13:00Invité politiqueChiffre
« 5,5 milliards sur les retraités. On a 54 milliards d'efforts. Ça veut dire que 25% de la population va faire 10% de l'effort. »
Temps de parole
- Roland Lescure61 %
- Présentateur17 %
- Présentateur 216 %
- ?6 %
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Bonjour Agathe. Bonjour. Et bonjour Roland Lescure. Bonjour, bonjour à tous les deux.
Merci
d'être avec nous quelques heures après l'ouverture des débats sur le budget à l'Assemblée Nationale. Tarih,
hier
soir, on va en parler largement évidemment, mais d'abord entre 160 000 et 480 000, les chiffres selon la police ou les organisateurs de la mobilisation lycéenne et étudiante hier, mobilisation toujours forte après trois semaines. Pourquoi le gouvernement n'arrive pas à répondre à cette contestation et à ces revendications ?
Non,
je pense qu'on va y répondre. On a commencé à y répondre par des mesures dites d'urgence pour notamment remplacer les profs absents. Mais vous le savez, on a souhaité consulter. Il y
a
une plateforme de consultation qui a été ouverte par le ministre de l'Éducation Nationale. Et ça prend un peu de temps tout ça, notamment s'il y a des enjeux budgétaires. Dans le cadre de la discussion budgétaire, on y reviendra. Moi,
j
'aime à dire que devant chaque plus faut un moins. Il faudra qu'on équilibre si jamais on dépense plus pour la jeunesse. Et moi, ça me semble une très bonne idée. C'est
une
possibilité ? Vous n'êtes pas
fermé ? Non, on n'est pas fermé. Le Premier ministre a écrit aux partis socialistes, à la fois représentants des groupes et du parti, pour leur dire que ça faisait partie des sujets qui sont importants aujourd'hui. Il y
a
les violences sexistes et sexuelles. Grande loi a été votée hier. Il y
a
l'agriculture qu'il faut soutenir. Il y
a
la jeunesse. Moi, ce que je dis avec une certaine forme de gravité, c'est qu'on peut faire évoluer les priorités du budget. On ne peut pas changer le cadre d'ensemble parce qu'évidemment, 5% de déficit, c'est déjà beaucoup et qu'il faut respecter ce cadre. Je l'ai dit hier aux parlementaires dans l'Assemblée. Le monde nous regarde aujourd'hui.
Exactement. On en parle dans un instant. Mais juste, vous dites, il y
a
une plateforme de consultation. Les revendications des lycéens, on les connaît. On a cette mobilisation hier entre 161 000 et 480 000. On a la manifestation de samedi, les colères qui pourraient s'agréger et un ministre de l'éducation qui nous disait il y a quelques jours que c'était la décrue du mouvement. Est-ce que vous avez parlé trop vite et comment vous faites pour sortir de l'impasse à court terme ?
Il
va falloir faire un gros chèque, Roland
Lester
?
Non.
Quand on écoute les revendications des lycéens, vous dites qu'elles sont claires. Il y
a
quand même, je dirais, une nébuleuse de revendications.
Oui, mais il y a des choses sur les rythmes
scolaires, sur parcours
sup. Par exemple, ça
c'est essentiel. Les rythmes scolaires, ça fait des années qu'on en parle. On est le seul pays du monde où on travaille de 8 à 18 heures. Et moi,
je
suis d'accord avec les lycéens, c'est trop. Mais il y
a
eu des consultations là-dessus. Et vous savez que ceux qui sont le plus opposés à ça, c'est quand même les représentants des syndicats d'enseignants. Ça crée aussi un défi pour les collectivités locales, le transport scolaire. Donc,
ce
qui est clair, c'est que je ne pense pas qu'on va régler d'ici là, en très prochaine, le sujet des rythmes scolaires. Pourtant, il est essentiel. Donc, ça va faire partie, je pense, des débats de l'élection présidentielle. Mais en attendant, on
peut faire des choses. Vous qui tenez justement les cordons de la bourse, on l
'a
entendu, vous n'êtes pas fermé à de nouvelles dépenses, à la condition de trouver de nouvelles économies. Vous dites que les revendications ne sont pas très claires. Non,
c'est pas ce que j'ai dit.
Il y
en
a beaucoup. Je n
'ai
pas dit qu'elles n'étaient pas
claires.
Il y en a 10 d'urgence qui sont listées par plusieurs syndicats, notamment l'Union étudiante, rénovation des établissements, embauche massive de personnel, effectivement, rythme scolaire, suppression de parcours sup, un plan à 10 milliards d'euros. Vous, justement, qui gérez les finances de la France, est-ce que vous leur dites
que
ce
ne
sera pas 10 milliards ? Moi,
je
dis que 10
milliards,
c'est beaucoup, beaucoup d'argent. Et on le voit dans les revendications que vous mentionnez. Et il y en a d'autres. Il y a quand même beaucoup de choses disparaître. La rénovation des lycées, ça dépend des régions. Bon. Et évidemment, les régions font ce qu'elles peuvent. Et
il
y a déjà beaucoup de rénovations de lycées qui ont été engagées. On sait que les écoles, c'est les communautés, les communes, pardon, que les collèges, c'est les départements. D'ailleurs, ça, c'est aussi un enjeu un peu compliqué. Imaginez qu'il
y
a quatre niveaux de gouvernement qui s'occupent de l'école aujourd'hui. Selon que vous êtes à l'école, au collège, au lycée, à la fac, c'est l'État, la région, le département ou la municipalité.
Vous pouvez aller jusqu'à combien, Roland Esquieu
? Je
vous ai demandé
est-ce que ce serait un gros chèque ? C'est une négociation avec
Gad Lambret ou avec qui que ce soit. Non. Moi, ce que je veux, c'est qu'on soit sérieux parce que la situation est sérieuse et qu'on puisse répondre à les priorités. Mais
en
fait, on me reproche beaucoup des efforts qu'on demande à certains, aux retraités ou fonctionnaires. Mais évidemment, si on veut financer des priorités, et je pense que la jeunesse doit être une de nos priorités absolues.
Il faut faire
des sacrifices. Non,
mais ce n
'est
pas des sacrifices, c'est demander aux retraités de contribuer à l'effort national. On nous l'a reproché, 25% de la population aujourd'hui, 10% de l'effort.
De
contribuer à l'effort pour pouvoir continuer à financer des priorités et éviter de se retrouver à subir. Moi, ce qui m'inquiète, c'est que si on ne fait rien, on se retrouvera dans une situation
bien difficile. Mais Roland Esquieu, pour
l'instant, personne ne veut toucher aux retraités et pas même horizon les troupes d'Edouard Philippe. Mais juste, vous
disiez,
on
va
rentrer dans le détail, mais vous disiez, le monde nous regarde. Le taux d'emprunt de la France à 10 ans frôle désormais les 5%. L'écart, le spread entre le taux d'emprunt français et allemand n'a jamais été aussi haut depuis 20 ans. Il faudra du temps à la France afin de retrouver l'entière confiance des marchés. a dit hier soir la chef du FMI, vous pensez la même chose
?
C
'est un long chemin de croix. Alors, je n'ai pas le droit de voir, justement,
Cristalina Georgieva, qui est une excellente directrice générale du Fonds monétaire international, pour savoir que ça va prendre du temps. En revanche,
je
veux quand même rassurer nos auditeurs. Nous avons la confiance des marchés, au sens où on n'a pas de problème pour émettre de la dette. Ça nous coûte plus cher. Et ça, c'est un signal d'alarme
qu
'on doit tous intégrer. Mais nos émissions de dette obligataires se passent bien. Les investisseurs nationaux et internationaux continuent à acheter de la dette. Ça coûte cher.
Mais ce que dit le FMI, ce n
'est
pas quand même un symbole. Vous voyez, vous avez aussi l'américain Paul Krugman, prix Nobel d'économie, qui qualifie la France d'homme économique malade du monde occidental. Le FMI qui met le projecteur sur la France.
Et Paul Krugman, je le rappelle, qui considère que le modèle social français est un exemple et qui devrait notamment servir d'exemple aux Etats-Unis. Le défi majeur,
c
'est de préserver ce modèle social. Il y a 80% des dépenses
récentes qui
relèvent de deux piliers, la santé et les retraites. Si on n'arrive pas à limiter les dépenses de santé et à limiter les dépenses de retraite, on ne pourra pas financer le reste. La défense, la jeunesse,
le climat. Mais donc tout
va très bien, Mme Lamarck
? Non, absolument pas. Le FMI, le prix Nobel, mais tout va bien.
Non, non, non,
non,
ce n
'est
pas ce que je dis. Sinon, je ne serais pas ici et je n'aurais pas fait ce que je fais depuis maintenant trois semaines pour défendre un budget qui est un budget qui est quand même très largement critiqué comme étant
trop
strict
et
dont je considère que c'est le minimum. 5%, ça ne peut pas aller au-delà. C'est un maximum de déficit public pour l'année prochaine. Parce que, vous venez de le dire, le monde nous regarde. Paul Krugman, Kristalina Georgievin, les investisseurs que je rencontre régulièrement.
C'est dans ce contexte pour le moins compliqué qu'a commencé justement l'examen du projet de loi de finances 2027 hier soir à l'Assemblée nationale. Vous avez échappé pour le début des débats à une motion de rejet déposée par les socialistes, grâce notamment aux voix du Rassemblement national. Pas seulement. Le bloc central était très mobilisé. Budget très critiqué par la gauche, entre autres, qui le juge trop favorable aux plus aisés. Pour résumer, dit la gauche, c'est un budget fort avec les faibles et faible avec les forts. Est-ce
que c'est la réalité
?
C
'est une formule. J'espère que les débats seront un peu plus intéressants que ces formules qui sont parfois à n'importe pièce et qui masquent la réalité. On a préservé des outils qu'on a mis en place depuis maintenant deux ans pour taxer davantage les hauts revenus. Ce qu'on appelle la contribution différentielle sur les hauts revenus. On a préservé la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés, des grandes sociétés, même si on la baisse un peu. Non, mais on la baisse un peu.
C'est quand même un symbole d'un côté de rogner sur les
APL,
l'allocation de rentrée scolaire, et de l'autre de diminuer la surtaxe
sur les grandes entreprises.
On ne rogne sur rien. On envisage de ne pas indexer sur l'inflation.
Il
n
'y
a rien
qui va baisser. Ça veut dire
une baisse
par rapport au prix
? Ça veut dire qu'on gèle. Je l'ai au niveau actuel, mais les prix augmentent. Les riches, comme on dit, dans ce budget, ils vont contribuer à plus de 10 milliards au Rassemblement national. On a, et j'allais dire, c'est très bien, c'est notre modèle, un des modèles les plus redistributifs au monde. Les écarts de revenus entre les riches et les pauvres après redistribution, c'est l'INSEE qui ne le dise pas moi, ils sont extrêmement réduits par notre monnaie de sociale. On peut aller plus loin.
10 milliards pour les plus riches, et combien pour les autres
?
10 milliards pour les plus riches, plus tout le reste. Si vous voulez, les dépenses de santé, ça concerne les riches comme les pauvres. Les dépenses de l'État, ça concerne tout le monde. Mais il y a des efforts particuliers des plus aisés, grandes entreprises, contributions sur les gros revenus, impôts sur
le
capital. Est-ce qu'ils sont suffisants ces
efforts, Roland Lescure ? L'ONG Oxfam, de lutte contre les inégalités, dirigée par Cécile Duflo, met en avant le fait qu'en France, un milliardaire paie proportionnellement. Moins d'impôts qu'une infirmière ou qu'un pompier. Elle a annoncé hier attaquer l'État en justice pour manquement à prélever l'impôt de façon juste et égalitaire. Vous répondez, il n
'y a
pas de problème de justice
fiscale en France ? Non,
je ne réponds pas ça. Je réponds qu'on est un des pays les plus redistributifs. Donc
si vous ne répondez pas ça, ça veut dire qu'il y a un problème d
'injustice fiscale en France ? Non,
mais
les faits soient clairs. On est un des pays les plus redistrifs du monde.
On
a un sujet sur le capital, les grandes richesses, comme on dit. Et ça, c'est un problème mondial. Il est évident que si demain, la France décide de taxer toute seule les grandes fortunes, les quelques grandes fortunes dont on sait que proportionnellement à leurs revenus, elles paient moins d'impôts, elles en paient quand même
beaucoup. On parle
de ceux qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine. Oui, bien sûr,
et
dont
on
sait que le capital est mobile. Que cette question se pose, nous on l'a posée au niveau de l'OCDE, par exemple, pour les grandes entreprises. On a imposé, grâce à la France, 15% d'impôts minimals pour les grandes sociétés. On ne
l
'a pas encore fait pour les sociétés du digital. Ça,
c
'est un sujet. Et on n
'est
pas prêts de le faire, mais je pense que ce débat doit avoir lieu pour les grandes fortunes. Mais
la
France ne taxera pas tout seul, tout le monde,
pour
mieux se porter, ça n'arrivera pas. J'allais dire, malheureusement, il n'y
a
pas de solution si simple à notre problème. Il faut qu'on fasse tous des efforts, il faut qu'on revoie les modèles de financement. Et ça, ça passera peut-être du coup par une fiscalité du capital un peu plus élevée, une fiscalité sur le travail un peu moins élevée, peut-être une fiscalité sur les retraités un peu plus élevée, peut-être moins élevée pour ceux qui travaillent. Aujourd'hui, ce qui est clair, c'est que c'est ceux qui bossent qui financent tout le reste. L'école gratuite,
les
crèches, l'université, les retraites,
la
santé, tout ça. C'est financé par ceux qui travaillent. Ça fait beaucoup quand vous vous levez le matin et que vous allez bosser.
Et on comprend que vous voulez mettre à contribution les retraités. On l'évoquait à hauteur de 5,5 milliards d'euros. Dans ce contexte, Bercy a publié pour la première fois le poids réel des pensions de retraite dans le budget de chaque ministère. 32% du budget de
l
'éducation nationale. Ces retraites qui représentent 30% aussi du budget de l'intérieur. Pourtant, vous avez suspendu la réforme BORN qui décalait l'âge de la retraite à 64 ans. Pourquoi publier ces chiffres aujourd'hui ?
On fait preuve de transparence. On publie aussi les aides aux entreprises. On publie les prélèvements sur les entreprises. On souhaite qu'au fond, le débat budgétaire et au-delà le débat de la présidentielle, parce que ces chiffres vont, j'espère, servir de base aussi au débat de la présidentielle, que les faits soient sur la table. Et c'est vrai qu'aujourd'hui... les annexes au projet de loi de finances. Et donc, ce n'étaient pas des documents estampillés budget qui sont aujourd'hui publics sur lesquels on peut fonder nos débats. La réforme BORN, je l'ai votée. Si j'avais pu éviter de la suspendre, je l'aurais fait avec plaisir. C'était le prix du compromis.
C'était le prix, je dirais, de la stabilité politique il y
a
un an. Bon, voilà. Maintenant, cette réforme, elle reprend l'année prochaine. Sauf si le futur président de la République
trouve mieux. On verra. Publier ces chiffres aujourd'hui, c'est une façon de dire aussi les retraités ne pourront pas y couper.
Ils
devront... Vous aviez dit... Le gouvernement propose notamment que les pensions supérieures à 1260 euros ne soient pas indexées, en tout cas pas intégralement, sur l'inflation. Et pour certaines, à partir de 2000 euros, gelées. Est-ce qu'on vit bien
? Parce
que ça vous a été
approché de nous poser la question. Est-ce qu'on vit bien avec
1200 ou 2000 euros ? Cette polémique me suit
depuis
des semaines.
Justifier à chaque fois.
Ce que j'ai dit.
2000 euros, on n'est ni riche, ni pauvre. 2000 euros, c'est plus que 60% des retraités en France. C'est plus que près de 50% des salariés en France. Et les retraités, pour 70% d'entre eux, ils sont propriétaires. Donc c'est vrai que quand vous êtes propriétaire avec 2000 euros, vous vivez mieux que 60%
de les retraités. Donc ils n'y couperont
pas ? Non mais c'est pas une histoire.
Vous
visez les pensions supérieures à 1260 euros.
C'est
moins de 2000 euros et
LFI rappelle que le seuil de pauvreté c'est 1300 euros.
Non,
c'est moins que ça. C'est plutôt le SMIC. Enfin, celui où on parle en brut ou en net. Je ne sais pas comment parler LFI.
Non
mais,
l
'idée ce n
'est
pas de couper aux efforts.
C
'est de se dire on fait face à une montagne de dettes, elle existe.
Et
on fait face à un défi sur lequel il y a deux manières de régler le problème. Soit on se pointe le doigt les uns les autres en disant c'est de
ta
faute, je vais te taxer. soit on se dit ensemble on va devoir faire face de manière à
ce
que tout le monde contribue. 5,5 milliards sur les retraités. On a 54 milliards d'efforts. Ça veut dire que 25% de la population va faire 10% de l'effort. J'allais dire c'est juste. C'est juste. On pourrait peut-être même leur demander un peu plus. Notamment pour financer la jeunesse. Je ne
suis
pas sûr que c'est là qu'il y aura le débat parlementaire au vu de ce que j'ai vu en commission mais on verra.
Juste le seuil de pauvreté 60% du revenu médian soit 1337 euros par mois dit LFI.
Bon écoutez très bien je vérifierai les chiffres brut ou net c'était la question que je posais.
Et aujourd'hui on a je crois près de 15 millions de personnes sous le seuil
de pauvreté. Mais bien sûr je ne
vais
pas vous dire que je m'en satisfais mais la meilleure manière de sortir de la pauvreté c'est quand même de faire en sorte que les gens trouvent un job et aujourd'hui on travaille plus qu'il
y a
10 ans en France et j'espère qu
'on
va continuer à augmenter les heures travaillées.
Avec
Roland Lescure ministre de l'économie et des finances Roland Lescure on parlait du budget pour 2027 jusqu'à présent le PS se détachait par son intransigeance et encore ses dernières heures mais c'est Raphaël Glucksmann qui a été désigné à la primaire et Raphaël Glucksmann lui il dit si le budget ne bouge pas il y aura censure mais il faut une négociation. Est-ce que sa désignation change la donne pour vous aujourd'hui
? En
tout cas et clarifier les choses il y a maintenant un candidat de la gauche républicaine démocrate pro-européenne et moi je m'en félicite il faut ensuite que nous on règle nos problèmes pour qu'on en ait un aussi et j'espère que ça arrivera.
Ça c'est sur
le plan politique c'est pas forcément une bonne nouvelle pour vous la désignation de Raphaël Glucksmann Pourquoi
vous dites ça ?
Parce qu'il risque de prendre des voix peut-être
à Gabriel
Attal peut-être un autre candidat du Bloc central
Écoutez on verra où il prend des voix en tout cas il a un espace c'est clair et il va essayer de l'occuper mais sur la censure et la négociation en tout cas moi j'ai regretté cette motion de rejet parce que rejeter un texte avant qu'il soit débattu
c
'est à peu près l'inverse de ce qu'on a fait l'année dernière notamment avec les socialistes où on a réussi à débattre et à trouver une solution de compromis elle
a
échoué elle a échoué
l
'arrivée
non
mais je le rappelle pour
les gens qui s'est passé c'est vrai c'est vrai donc heureusement le débat
aura lieu mais
nous
on a été très clair 5% c'est 5% il ne faut pas aller au-delà pour le reste on peut discuter à peu près de tout j'ai bien compris que l'élection présidentielle a été une espèce d'ombre portée sur ce budget
mais
moi je le dis à tous les candidats j'ai vu tous leurs responsables des finances dans mon bureau
ils
étaient presque en train de prendre des mesures pour savoir s'ils
pourraient s'installer s
'y installer dans quelques mois
à quel bureau
bon
est-ce qu'ils vont hériter d'un budget qui ne sera peut-être pas parfait qu'ils pourront modifier ou est-ce qu'ils vont hériter d'une situation catastrophique parce qu'on n'aura pas de budget c'est un peu à eux de faire le choix nous on est évidemment prêts à faire preuve d'ouverture
mais ils disent que
vous êtes intransigeants c'est aussi à vous de lâcher des choses qu'est-ce que vous lâchez aujourd'hui au PS pour avoir
au
moins la bienveillance
du PS qu'est-ce que vous pouvez lâcher ce débat n
'a
pas commencé ce que le Premier ministre leur a écrit noir sur blanc cette lettre elle est publique
c
'est que par exemple sur les budgets des violences les luttes contre les violences sexistes et sexuelles il y a déjà plus d'un milliard et demi dans le budget pourquoi pas aller plus
loin on peut pas augmenter
la somme déjà pour les violences sexuelles
voilà l'agriculture Boris Vallaud a interpellé le Premier ministre sur les enjeux de
l
'agriculture dans sa circonscription en regardant si on peut soutenir l'agriculture il y a des sujets
les supplétions
de prof Roland Laisseur est-ce que vous pouvez renoncer aux 1600 suppressions de professeurs
?
alors évidemment on peut tout regarder le débat sera mais il faut là aussi le faire sur la base des faits
il
va y avoir un million et demi de moins d'élèves dans notre système scolaire dans les années qui viennent un million et demi donc de dire on va garder exactement le même nombre de profs partout
on
va pas fermer les classes même dans les endroits où il n
'y a
plus d'élèves mais là le mouvement met en lumière
le problème de présenter des
professeurs devant les élèves le défi majeur d'organisation de l'éducation nationale française il est clé c'est uniquement de l'organisation ? c'est une partie de l'organisation puisque je rappelle quand même que j'allais dire en cherchant bien on a trouvé 3000 professeurs
donc
ça prouve bien qu'il y
a
des défis d'organisation majeure et c'est pas simple il y a des millions de professeurs des centaines de milliers de professeurs des millions de lycéens c'est pas facile mais on doit pouvoir faire mieux et la question qui se pose c'est est-ce qu'on peut peut-être décentraliser un peu plus l'éducation nationale par exemple on va pas le faire cette année mais ça fait partie des sujets auxquels on
doit s'intéresser
oui mais le long terme est important parce que
on
va pas tout régler
avec
un budget et des milliards mais vous dites ça serait trop simple
Roland L'Escure comme gage possible envoyé à la gauche rehausser le budget pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles la loi intégrale a été adoptée à l'unanimité
pour
le souligner c'est rare à l'Assemblée nationale hier dans un premier temps toutes les associations avaient dit minimum 3 milliards d'euros par an la ministre à l'égalité hommes-femmes au revoir Berger avait dit ce sera pas un problème le budget puis finalement Sébastien Lecornu a dit non ce sera un milliard et demi puis maintenant il dit oui on pourra rehausser voyez est-ce que c'est un gage suffisant ça non mais bienvenue dans
ma vie c'est pas facile aujourd'hui de constituer un budget parce qu'on a
une
vraie pression de l'extérieur mais au fond qui doit nous aider à j'allais dire faire ce cadeau aux jeunes générations réduire le déficit public c'est réduire le poids sur les jeunes générations donc on a un cadre contraignant et il faut faire des choix la bonne nouvelle c'est qu'on peut encore faire des choix
et
c'est pour ça que moi j'ennuie tout le monde à dire le cadre le cadre 5% pas plus si on fait moins c'est tant mieux c'est parce que ça nous permet de faire des choix et des choix effectivement entre générations entre dépenses la souveraineté la protection des mineurs l'école l'avenir mais aussi des économies à faire sinon on n'y arrive
pas mais
pour l'instant vous êtes tout seul et vous avez besoin soit du soutien du parti socialiste soit du soutien du rassemblement national LFI vous reproche aussi de cibler particulièrement le RN avec vos gestes pour le RN par exemple les délais de carence pour les prestations sociales pour les étrangers avant qu'ils puissent les toucher les coupes dans le renouvelable ou les coupes dans le budget de l'Union Européenne c'est sur eux que vous misez aujourd'hui Roland Lescure
écoutez quand je vois les questions au gouvernement qui me sont posées par le rassemblement national toutes les semaines j'ai pas l'impression que je sois leur meilleur ami non
le fait est qu'il y a des gestes pour le
RN il n'y a aucun geste pour la gauche dans ce budget
écoutez le délai de carence dont vous parlez il a été fait après des discussions avec la droite républicaine donc et
vous n'êtes pas favorable à
cette mesure d'ailleurs
j
'ai dit que ce n'était pas celle avec laquelle j'étais plus à l'aide
droite
dont les positions se rapprochent souvent de celles du
rassemblement
national écoutez ça c'est une question effectivement qui se posera à l'occasion de la prochaine échéance ce que je peux vous dire et ça c'est c'est un fait
c
'est qu'on a deux glissières de sécurité sur l'autoroute budgétaire les ordonnances et le 49.3 alors
les ordonnances ça permettrait d'adopter le budget originel donc même si le gouvernement tombe il y aurait un budget alors qu'avec le 49.3 il n
'y
aurait ni budget ni gouvernement alors
en cas de censure donc
les deux outils sont disponibles les oppositions quelles qu'elles soient
peuvent
choisir en disant on va les laisser passer les ordonnances ce sera ce budget horrible qu'ils nous ont déposé puis on changera quand on sera élu c'est un choix stratégique mais critiquer un budget et le laisser passer c'est aussi faire une décision stratégique importante ou
de
dire on peut l'améliorer dans le cadre de discussions de compromis il peut y avoir un 49.3 parce que je doute que ce budget sera voté et dans ce cas là on ne censure pas le gouvernement parce que le budget j'allais dire est moins pire que celui qu'ils ont déposé mais
je
ne suis pas seul responsable de tout ça chacun va devoir prendre ses responsabilités ce que je peux vous dire en revanche
c
'est que si on n
'a
pas de budget là on sera dans une situation extrêmement difficile
un
mot Roland Lescure sur un sujet qui ne sera pas enfin je crois pas discuté directement dans le cadre de ce projet de loi de finances 2027 c'est le prix de l'électricité il ne doit pas augmenter cet hiver c'est la promesse de Sébastien Lecornu enfin est-ce une promesse puisqu'il ne dit pas il ne va pas il dit il ne doit pas donc est-ce que vous savez comment ça va se passer ? On va tout faire pour faire
en sorte qu'il n'augmente pas on a des leviers à notre disposition
je
rappelle quand même qu'on est en train de faire baisser le prix de l'essence sans ni augmenter les taxes ni les baisser donc sans cramer la caisse on a mis en place
Vous
ne
baisserez pas les taxes sur l'électricité parce que c'est ça la question qu
'on
se pose sinon ça ne dépend pas de vous le
prix
de
l
'électricité ça dépend de la commission de régulation de l'énergie ça dépend de l'EDF ça dépend de l'hiver est-ce qu
'il
sera froid est-ce qu
'il
sera chaud
exactement ça dépend de plein de facteurs donc nous on fixe un cap on a un certain nombre d'outils qui sont à notre disposition d'autres acteurs peuvent être aussi responsables dans tout ça et on va s'assurer que faire en sorte que le prix d'électricité dans le monde bas on fait baisser le prix de l'essence je le rappelle et sans cramer la caisse et sans faire rêver tout le monde en disant on va aller chercher l'argent là où il est en Angola au Niger ou en Norvège donc on y arrive
Vous
allez
y
arriver sans
baisser les taxes
Un tout dernier mot Roland Lescure en quelques secondes puisque cette interview touche à sa fin Natacha Polony essayiste, journaliste annonce ce matin sa candidature à l'élection présidentielle votre réaction ? Bienvenue au club
non mais franchement aujourd'hui l'originalité ça commence à être de ne pas être candidat donc je vous l'annonce aujourd'hui je ne suis pas candidat à l'élection présidentielle Natacha Polony considère qu'elle a été appelée par je ne sais qui pour faire je ne sais quoi j'allais dire bonne chance bienvenue au club il doit être une trentaine de candidats potentiels j'espère que tout ça
va
se nettoyer en début d'année qu'on aura quelques candidats sur une ligne de départ qui ont des positions politiques bien tranchées je choisirai le mien et j'espère qu'il gagnera
le vote ça pourrait être Raphaël Guissman ou François Hollande aujourd
'hui ce que je peux vous dire c'est que je suis membre de Renaissance et que je soutiens Gabriel Attan et que j'espère que assez vite maintenant que c'est clair à gauche Edouard Philippe et Gadet Natal vont se mettre d'accord pour avancer ensemble
scoop
en tout cas Roland Lescure n'est pas candidat à l'élection présidentielle merci d'avoir été avec nous merci à vous ministre de l'économie et des finances merci à vous Agathe à demain à demain
Roland Lescure