Commission Tiktok : les élus veulent sévir contre les influenceurs
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Les influenceurs sur le grill. Ils sont cinq parmi les plus suivis à être auditionnés par la commission que vous présidez. Arthur de la Porte.
Bonjour. Bonjour. Vous êtes député député socialiste du Calvados et vous êtes à la tête de cette commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs.
On va citer le nom, même si je dois vous avouer que je les connaissais pas tous avant avant aujourd'hui. Alex Ich le couple Julien et Manon Tanti AD Laurent Nasdas. Pourquoi ces cinq là et pourquoi est-ce qu'ils posent problème ?
Alors ces cinql c'est parce qu'ils sont remontés notamment des signalements qui nous ont été faits par les citoyens. On avait lancé une grande consultation citoyenne il y a de cela un mois et demi. On me l'a clôturé à la fin du mois de mai.
On a eu plus de 30000 réponses et parmi ceux qui revenaient de façon récurrente quand on demandait quels sont les influenceurs qui vous choquent, il y avait ces noms-là. Et puis aussi quand on a fait des tables rondes sur des thématiques spécifiques, par exemple sur le sexisme, on nous parlait par exemple beaucoup d'Adé Laurent ou d'Alexis Chens. Et donc c'est pour ça qu'on a choisi de les convoquer pour que on puisse à la fois discuter avec eux pour savoir s'ils comprennent bien qu'il y a énormément de mineurs qui regardent leur contenu et puis de voir leur modèle économique parce que tout ça tous ces contenus problématiques rapportent beaucoup d'argent et c'est épouvantable.
Tout à l'heure, Mathieu Bélier nous dressait notamment le portrait de NASDA, des propos de NASDAQ qui est suivi par combien de personnes ils sont suivies d' Alors, Nasdas c'est 700000. C'est presque un petit joueur comparé euh pardon Nasda c'est 4 millions mais on a des petits joueurs. Alexit Chain c'est 700000 abonnés mais finalement c'est pas tant le nombre d'abonnés euh qui compte, c'est le nombre de vues de likes qu'on va faire.
Et par exemple, bah ça peut être des vidéos à 2 3 4 millions de vues quand euh elles sont un peu virales. Et puis c'est aussi des lives. Les lives c'est de la diffusion de vidéos en direct qui est quasiment incontrôlable où on peut dire tout et n'importe quoi.
Euh et finalement ça aussi ça pose problème parce que je le redis ce sont des très jeunes qui suivent ça. Moi je vais dans des classes de CM2, je leur demande les influenceurs qui connaissent. Ils me parlent de Nasdaq, d'Alé d'orant parfois en rigolant un peu parce qu'ils sentent bien qu'il y a une forme d'interdit.
Mais on va dire que à l'âge de 11 ans, il y a un jeune sur deux qui a un compte TikTok et qui est potentiellement exposé à ce alors que officiellement, on le sait, c'est soit-disant interdit au moins de 13 ans. On y reviendra. Mais quand on regarde, effectivement, on a les propos que nous rapportait Mathieu tout à l'heure.
Nasda s dit par exemple à à une jeune fille qui suit sa communauté, il lui dit au nom de sa communauté, donc ma communauté me fait remonter des problèmes de tenue. Elle me dit "lles sont habillées comme des je vais devenir autoritaire." tu te changes cette agressivité, cette violence, ce sexisme, cette ce virilisme euh c'est épouvantable.
Euh c'est aussi de la violence. C'est aussi des scènes qui ne sont pas coupées avec des couteaux, avec des bagarres. C'est des téléphones qu'on envoie à la figure d'une femme si elle a été un peu trop agicheuse.
Voilà, ça c'est non, ça c'est la réalité de ce qui se passe chez Nasdas, mais c'est vrai que c'est presque pire encore. C'est bizarre de dire ça comme ça. Euh chez Alexis Chels, B je sais pas, je vous prends une ou deux citations comme ça.
Euh qu'est-ce qu'il nous dit ? Il nous dit euh vous prenez son téléphone si elle refuse de le donner, c'est une fin de relation. Lorsqu'elle fait une erreur, il faudra la punir.
La major la la punir la majorité des femmes, énormément de peu de filles bien. Voilà un peu le genre de propos qui sont véhiculés par ces influenceurs et qui sont diffus, ils sont toujours sur les réseaux là. À l'heure où je vous parle, leurs comptes sont encore c'est ces propos là, il ils sont sur les téléphones portables de nos ados.
Bien sûr. Et Ad Laurent par exemple, il vend des formations de séduction. Il explique évidemment que pour donner du plaisir, il faut avoir un sexe énorme.
Et donc il parle son temps, passe son temps à parler de son sexe, à parler de ses performances, à parler de son nombre de conquêtes. Alors évidemment, c'est bien quand un garçon a beaucoup de conquête par contre une fille non. C'est par exemple itens qui diffuse quelque chose qu'on appelle le body count.
Et donc le body count, c'est le nombre de relations sexuelles qu'on a eu. Et si on en a eu trop quand on est une femme, on est une Par contre pour un garçon, c'est normal. C'est normal de tromper sa femme.
Par contre, pour une femme, c'est pas normal de tromper son compagnon. Donc vous voyez, en fait tout est asymétrique et on diffuse des normes qui sont extrêmement genrées, extrêmement sexistes. Alors heureusement vous êtes là, j'ai envie de dire franchement je trouve ça euh effrayant.
Je me dis que pendant des années et pardon hein, mais je me dis même nous les les journalistes, les politiques, je me souviens de polémiques pendant des semaines sur le fait qu'il y avait des pages bleues pour les garçons et des pages roses pour les filles dans les catalogues de jouets de Noël et on en faisait un scandale. Là, on est sur quelque chose d'absolument abominable, immonde euh et qui se trouve effectivement dans le téléphone de de tous nos ados. Qu'est-ce qui va suivre ?
C'est-à-dire qu'est-ce que vous allez leur dire ? Quels sont vos outils pour mettre fin à cette propagande sexiste, outrageuse, genrée, abominable pour nos enfants ? Alors déjà dire que notre commission d'enquête c'est pas un tribunal, ça vise à comprendre des mécanismes.
Donc nous on n'est pas là pour les punir eux mais on est là surtout parce qu'on auditionne TikTok jeudi prochain et queon demandera à TikTok aussi de nous expliquer pourquoi il laisse ses contenus sur des plateformes qui sont accessibles au mineurs. Et donc il y a un enjeu premier, c'est la régulation de l'âge. Comment on fait en sorte que des moins de 13 ans mais plus largement des mineurs n'aient pas accès à des choses qui soient interdites au mineurs ?
Donc ça c'est le la première chose qu'on doit faire. Ça doit se faire au niveau français mais surtout au niveau européen. Et d'ailleurs l'essentiel de cette régulation aujourd'hui, elle est possible.
Il y a à Bruxelles, on a été les voir avec Lor Miller qui est la rapporteur la semaine dernière, un service d'enquête de la Commission européenne qui travaille sur les plateformes du numérique. Et si TikTok ne respecte pas, mais comme l'ensemble des plateformes parce qu'on parle de TikTok, mais ses influenceurs, ils sont aussi sur Instagram, sur Snapchat, sur X et donc si les plateformes ne font pas leur travail, à un moment il faut couper les plateformes. Donc voilà, il faut à un moment taper du point sur la table.
Mais ça c'est pas forcément vous à l'issue de cette commission qui pourrait faire sûr. Mais l'objectif de la commission d'enquête, c'est de voir ce qui est sur la table, de voir ce qui est en œuvre et de voir aussi si dans notre droit français là on parle beaucoup de sexisme, il y a moyen de réguler, de faire évoluer les choses. Par exemple le sexisme c'est on avait Beranger Couillard qui est la présidente du haut conseil à l'égalité la semaine dernière en audition.
Elle nous disait on on manque de base légal pour pouvoir punir tous ces faits-là alors que on voit bien qu'ils sont extrêmement violents et extrêmement problématiques. Extrêmement violent, très problématique, difficile à à réguler. Un mot encore sur le métier d'influenceur.
Au fond, on s'étonne presque qu'ils sont influ qu'ils influencent nos enfants, mais c'est leur c'est leur métier, c'est ce qu'il monilleent aujourd'hui. Et alors, certains gagnent beaucoup d'argent de différentes manières, soit par des placements de produits problématiques. Par exemple, Adel Laurent faisait de la pub pour de la cryptoonnaie ou Julien Tanti aussi.
C'est c'est des de façon totalement euh dérégulée, hein. Enfin voilà, vous allez faire du ce qu'on appelle du copy trading, donc vous copiez des placements financiers, vous pouvez perder toute votre argent. Ou alors deuxième manière de gagner de l'argent, c'est dans les lives.
Vous allez demander en live à ce que les gens vous donnent de l'argent. Et donc il y a comme ça des jeunes qui vont donner euh 500 1000, certains ont donné même jusqu'à 150000 € à leurs influenceurs préférés. Certains se sont ruinés pour cela.
Et puis il y a aussi TikTok qui va donner beaucoup d'argent parce que on est payé à la vue. Et donc voilà, tout ce modèle économique évidemment c'est de l'influence problématique. À côté de ça, il y a aussi de l'influence responsable.
Moi je suis l'auteur de la loi influenceur. D'ailleurs, on est le 10 juin aujourd'hui, ça fait 2 ans jour pour jour qu'on a fait rentrer en vigueur la loi influenceur. Ça a contribué quand même à assaignir le secteur, à faire qu'il y ait plus de transparence.
Donc il faut continuer là-dessus parce que aujourd'hui le Far West existe toujours même si c'est Far West, c'est sur les réseaux sociaux. Arthur de la porte, merci. Euh et honnêtement euh on en reçoit beaucoup des politiques ici, mais quand vous avez chacun comme ça un sujet dont vous emparez comme vous le faites depuis plusieurs années, c'est euh effectivement satisfaisant de se dire que vous connaissez votre dossier, que vous tirez ce fil et j'espère bien que vous serez suivi.
Arthur Deuté socialiste du du Calv, président de la commission d'enquête sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs. Nous tous parents soyons particulièrement attentifs. Il est 7h52. [Musique]
Arthur Delaporte