Francis Szpiner - Le Barbier du matin du 21/09/23
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Francis Piner, bonjour.
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Avocat, on l'a compris, maire du 16e et candidat au sénatorial.
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Un mot de l'actualité royale, est-ce qu'on en fait trop pour recevoir le roi ?
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Les Parisiens râlent un peu des gênes de circulation et certains trouvent que ça coûte trop cher.
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En termes politiques plus général, est-ce que le franco-britannique, ça a encore un avenir ?
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Ils ne sont plus dans l'Union Européenne, ils regardent vers les États-Unis. C'est un régime monarchique un peu obsolète peut-être, non ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« les problèmes de circulation ne datent pas de la visite du roi. »
- 0:27Invité politiqueFait
« les Parisiens, depuis longtemps, ne comprennent pas les plans de circulation de Mme Hidalgo, qui pense qu'être écologique, c'est traquer l'automobilisme. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Non, parce que la Grande-Bretagne reste une grande puissance militaire. »
- 0:59Invité politiqueFait
« C'est une puissance nucléaire, c'est quelqu'un qui a le droit de veto aux Nations Unies, »
- 1:45Invité politiqueFait
« Non, c'est une faillite morale. »
- 1:51Invité politiqueFait
« Je rappelle que le premier génocide, c'est le génocide arménien. »
- 2:01Invité politiqueFait
« Et donc aujourd'hui, nous avions une obligation morale d'aider l'Arménie. »
- 3:22Invité politiqueFait
« Il y a deux manières de parler de l'immigration. Il y a celle qui consiste à brandir des slogans. »
- 3:29Invité politiqueFait
« Vous avez des gens qui, parce qu'ils ont besoin de survivre, parce qu'ils ont besoin de manger, dans le désespoir, ont envie de quitter leur pays pour une vie meilleure. »
- 3:48Invité politiqueFait
« on est toujours à dire qu'il faut refaire une autre politique de coopération avec l'Afrique, »
- 4:04Invité politiqueFait
« de manière à ce que ça ne soit pas dilapidé. »
- 4:08Invité politiqueFait
« Non, ce n'est pas de la colonisation, c'est du projet. »
- 4:22Invité politiqueFait
« nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, même si nous devons y prendre notre part. »
- 4:31Invité politiqueFait
« Le droit d'asile est dévoyé. »
- 6:46Invité politiqueFait
« Je suis un élu de Paris. »
Temps de parole
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Francis Piner, bonjour. Bonjour. Avocat, on l'a compris, maire du 16e et candidat au sénatorial. C'est dimanche que les grands électeurs, à travers toute la France, enfin la moitié de la France, désigneront les sénateurs. Un mot de l'actualité royale, est-ce qu'on en fait trop pour recevoir le roi ? Les Parisiens râlent un peu des gènes de circulation et certains trouvent que ça coûte trop cher.
Alors, les problèmes de circulation ne datent pas de la visite du roi. Et les Parisiens, depuis longtemps, ne comprennent pas les plans de circulation de Mme Hidalgo, qui pense qu'être écologique, c'est traquer l'automobilisme. Et donc, on aura pire. Vous savez, il y a des Jeux Olympiques qui arrivent. Ne désespérez pas, le pire n'est jamais pu.
En termes politiques plus général, est-ce que le franco-britannique, ça a encore un avenir ? Ils ne sont plus dans l'Union Européenne, ils regardent vers les États-Unis. C'est un régime monarchique un peu obsolète peut-être, non ?
Non, parce que la Grande-Bretagne reste une grande puissance militaire. C'est une puissance nucléaire, c'est quelqu'un qui a le droit de veto aux Nations Unies, qui a quand même une histoire commune avec nous, et nous devons garder de bonnes relations dans l'équilibre du monde et dans l'équilibre européen, qui va être de plus en plus menacé. Parce que la guerre en Ukraine, suivant ce qu'elle donnera, est le prémice de la stabilité, ou pas en Europe. Où Poutine est arrêté, et donc sur les pays laitons, Géorgie, etc., nous arrivons à stabiliser le continent européen, où c'est une fuite en avant, et donc nous avons besoin d'avoir au sein de l'Europe une puissance militaire à nos côtés.
Autre dossier international, le Haut-Karabakh est tombé. L'Azerbaïdjan a englouti ce territoire peuplé d'Arméniens. Enfin, faillite de la diplomatie européenne, ou bien dommage collatéral, parce que les Russes faisaient la police et ils ne sont plus là ?
Non, c'est une faillite morale. Nous avons quand même, vis-à-vis de l'Arménie, un devoir. Je rappelle que le premier génocide, c'est le génocide arménien. Et je pense que si le génocide, la Shoah, était possible, c'est parce que personne n'a rien dit au moment du génocide arménien. Et donc aujourd'hui, nous avions une obligation morale d'aider l'Arménie. Oui, nous avons failli. Si on avait fait autant pour les Arméniens qu'on a fait pour d'autres pays, ce serait pas mal. Et donc, oui, c'est une faillite morale. C'est un échec pour l'Europe. Et ça pose le problème, en réalité, d'une défense européenne qui ne soit pas toujours à la remorque des États-Unis.
Et de l'OTAN, dont la Turquie, qui, elle, soutient l'Azerbaïdjan. C'est aussi le problème.
Non, mais c'est pour ça que je dis, sur la question européenne, où il y a une défense européenne et les Européens arrivent à assumer le destin de l'Europe, où les Européens sont toujours à la remorque de l'OTAN et des États-Unis, imaginons, je ne le souhaite pas, que M. Trump revienne au pouvoir. Alors, qu'est-ce qui se passera ? Vous aurez un désengagement américain. Et à ce moment-là, l'Europe sera toute seule. Et elle ne pourra rien faire. Donc il y a la nécessité de créer une défense européenne. Il y a la nécessité d'avoir une prise en main, ce qui suppose, effectivement, une révolution mentale de nos dirigeants européens.
Faut-il une révolution mentale aussi européenne pour gérer le problème des migrants ? Aucun migrant de l'Empedouza ne va venir en France, a garanti Gérald Darmanin.
Écoutez, il y a deux manières de parler de l'immigration. Il y a celle qui consiste à brandir des slogans. Et puis il y a une réalité qui est beaucoup plus complexe. Et nous ne réglerons le problème de l'immigration que dans la durée et dans le temps. Vous avez des gens qui, parce qu'ils ont besoin de survivre, parce qu'ils ont besoin de manger, dans le désespoir, ont envie de quitter leur pays pour une vie meilleure. C'est irrépressible et vous n'en réterez pas ce mouvement. Après, c'est comment fait-on pour l'empêcher, le réguler, l'amoindrir ?
Alors on est toujours à dire qu'il faut refaire une autre politique de coopération avec l'Afrique, sauf que ce sont des régimes corrompus qui détournent les aides, qui ne font pas le nécessaire. Et ça veut dire qu'il faut imaginer une autre coopération où on ait le contrôle des fonds que nous versons, de manière à ce que ça ne soit pas dilapidé. Colonisation, on vous dira, si vous faites ça. Non, ce n'est pas de la colonisation, c'est du projet. Nous voulons des spots, nous voulons éventuellement des centres de rétention. Vous nous dites, on les construit, on les finance, on contrôle le financement. Bon, et on voit avec la Tunisie ce qui est en train de se passer.
Après, il y a, évidemment, je reprends cette phrase de Michel Rocard, nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, même si nous devons y prendre notre part. Nous avons la tradition du droit d'asile, le droit d'asile est dévoyé. Il est dévoyé, donc il faut revoir les procédures. Il faut aussi admettre que l'immigration irrégulière ne peut pas être encouragée. C'est le problème de la régularisation. Là, il y aurait beaucoup à dire sur ce débat. Et quand je vois qu'effectivement, des gens de Renaissance et de la NUPES disent régularisons les métiers en tension, avec l'appui d'ailleurs d'une partie du BDF...
Bien sûr, ils ont besoin de ces employés, les restaurateurs, voilà pourquoi ils demandent. Non, monsieur, ça c'est la vraie différence entre eux. Vous ne pouvez pas dire ça. Ça veut dire que vous admettez, monsieur Barbier, avec ce patronat, qu'en réalité, des gens qui sont chômeurs en France refusent d'exercer certains métiers. C'est vrai, parce qu'ils préfèrent vivre d'allocations par rapport à des métiers très difficiles et mal payés. Alors, un, est-ce qu'on trouve acceptable que certains métiers, désormais, ne soient plus occupés par des gens qui sont chômeurs en France et qui bénéficient de l'aide sociale ? C'est la première chose.
Et deuxièmement, pourquoi une partie des gens se détournent de ces métiers ? Parce qu'ils sont mal payés. Et on admet, finalement, je suis étonné de voir des gens de gauche, accepter que finalement, on emploie des gens parce qu'ils sont précaires, parce qu'ils sont fragiles et parce qu'ils sont sous-payés. Parce que c'est sûr que quand vous êtes réfugié d'Afrique de l'Ouest et que vous touchez 1000 euros, c'est vital pour votre famille et votre pays, et vous vous laissez faire, et c'est le dumping social, que si effectivement, c'était un citoyen français bénéficiant des droits pouvant faire appel à justice, aux prud'hommes et aux syndicats.
Donc, c'est la prime, excusez-moi, à l'exploitation, c'est la prime au bas salaire, et c'est surtout le refus du travail en disant finalement, les aides sociales, c'est très bien, et ces métiers, vous ne les faites plus. Donc moi, je pense que la régularisation des métiers en tension, c'est un appel d'air, c'est immoral, aussi bien sur le plan social, sur le plan économique, et sur le plan de l'idée qu'on se fait du mérite du travail et de l'assistanat.
Alors, pour porter toutes vos idées, vous avez décidé d'aller au Sénat. Pourquoi ? Qu'il vous apportera le Sénat pour porter ses idées ?
Alors d'abord, je suis un élu de Paris. Et comme beaucoup de Parisiens, nous souhaitons l'alternance à Paris.
Il faut passer par le Sénat pour faire effet de levier ?
Alors, M. Barbie ne vous a pas échappé qu'il n'y a plus de parlementaires républicains dans les villes de 100 000 habitants, à l'exception de Nice. Et donc, si nous avons besoin de parlementaires parisiens, parce qu'il faudra bien changer le statut de Paris, combien de temps va-t-on accepter que le maire de Paris ne soit pas élu au suffrage universel ? Et sur le statut, je suis maire d'arrondissement. Je m'aperçois qu'en tant que maire d'arrondissement, très vite d'ailleurs, un mois après que j'ai pris mes fonctions, que les maires d'arrondissement sont impuissants sur beaucoup de sujets. Donc il faut changer le statut de Paris.
Si la majorité, aujourd'hui minorité présidentielle, n'a rien fait, s'il y a un débat sur le statut de Paris, nous devons y prendre part, d'où la nécessité d'être parlementaires. Deuxièmement, le spectacle de l'Assemblée nationale n'incite pas tellement à y aller. Je ne parle pas seulement des problèmes de tenue vestimentaire et de tenue tout court, mais la médiocrité des débats, les vociférations, les invectives, au Sénat, on travaille. Et c'est pour ça que c'est très bien d'être à côté de Gérard Larcher. C'est beaucoup plus intéressant que vous ne pensez, madame.
La droite est divisée à Paris. Il y a eu des dissidences. Est-ce que tout le monde se retrouvera dans le même groupe après, comme chaque fois ?
Alors, la droite n'est pas divisée à Paris. Nous avons un groupe, qui est le premier groupe, qui est le groupe Changer Paris. Et ce groupe a investi des candidats. Et les Républicains ont donné à cette équipe leur investi. La légitimité. La légitimité. Après, vous avez un ancien conseiller de Paris qui veut rester au Sénat, ce que je peux comprendre au niveau de son confort personnel, mais qui, politiquement, n'a aucun sens, qui fait sa liste de son côté. Et puis, vous avez quelqu'un qui était parlementaire européen, qui s'est dit que, compte tenu de la situation politique, elle n'était pas sûre d'être réélue, et qui donc a décidé d'aller au Sénat. C'est des aventures personnelles.
Mais notre groupe, qui est le groupe le plus puissant, est uni.
C'est le mode de scrutin qui permet ces aventures personnelles.
Le mode de scrutin permet les aventures personnelles. Nous, nous pensons que la politique est une aventure collective. Et nous avons dérangé les habitudes. Parce qu'avant, c'était les arrondissements dits bourgeois fournissaient les gros bataillons d'électeurs, et les places de sénateurs leur étaient réservées. Nous, nous pensons que pour gagner Paris, il faut tendre la main aux arrondissements où nous devons à nouveau reprendre pied.
Et c'est pour ça que le troisième, la quatrième de la liste, sont des élus du quatorzième arrondissement, du treizième arrondissement, qui d'habitude n'ont jamais de sénateurs, parce que nous voulons montrer qu'il n'y a pas de coin de Paris que nous abandonnons, et que derrière Rachid Haddati, nous nous lançons à la reconquête de Paris.
Elle est possible, cette reconquête de Paris ? Vous le disiez vous-même, le scrutin par arrondissement donne un effet de majorité à la gauche quasi-naturelle ?
Alors, quasi-naturelle, n'exagérons rien, mais ça complique les choses. Mais moi, je constate que les Parisiens sont un peu agacés. Après, vous savez, il y a quelque chose qui est toujours très intéressant, ça s'appelle l'élection. La maire de Paris, lorsqu'elle a été candidate à l'élection présidentielle, n'a manifestement pas bénéficié de son aura de maire de Paris, puisque dans sa ville, elle a eu un score très faible. Les socialistes, comme nous d'ailleurs, aux dernières élections législatives, n'ont pas eu de grand succès. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a un rejet de Mme Hidalgo. Elle espère que les Jeux Olympiques... Vous redorez le blason, vous recréez de l'enthousiasme.
Vous recréez le blason et de l'enthousiasme. Ça va être plus compliqué. Nous en parlerons d'ailleurs à la fin, sur le plan budgétaire, parce que les finances de la ville sont quand même dans un état lamentable. la hausse aujourd'hui de la taxe foncière, qui est vertigineuse...
60% d'augmentation, sur une base quand même qui était faible, une assiette qui était faible à Paris.
M. Barbier, vous payez la taxe foncière à Paris ?
Ah oui, j'ai payé la taxe foncière, j'ai vu l'augmentation.
Vous êtes content des 60% ? Ah non, pas du tout. Et vous vous dites, ah mais elle a raison, parce qu'elle était très faible avant et c'est du rattrapage.
Mais on voit dans d'autres communes que l'assiette fiscale étant plus large, prendre 10%, ça coûte beaucoup plus cher que prendre 60% à Paris.
Il y a encore de la marge pour les finances, non ? Alors écoutez, c'est pas du tout... D'abord, un, les transactions immobilières sont en train de baisser, donc les recettes de la ville... Les droits de mutation. Les droits de mutation, plusieurs centaines de millions d'euros. Il n'y a aucune mesure d'économie dans le budget que présente Mme Hidalgo. Nous avons des subventions qui sont parfois très éloignées des besoins des Parisiens. Est-ce que, par exemple, c'est le rôle de la ville de Paris de verser une subvention de 100 000 euros à l'Océan de Viking ?
L'Océan de Viking, donc de l'Ouest Méditerranée ? Voilà, voilà. Par exemple ? Est-ce que cette reconquête de Paris, pour vous, et des autres grandes villes de France, c'est l'obligation pour les LR s'ils veulent compter dans la présidentielle de 2027, puisqu'ils n'ont pas de champions très populaires ?
Est-ce que c'est l'obligation pour les Parisiens de retrouver la fierté d'être dans une ville qui retrouve son éclat ? Voilà. Donc, c'est pas... Et d'ailleurs, nous gagnerons, non pas parce que ce sont les LR qui vont gagner Paris, c'est les Parisiens qui doivent gagner Paris, et pour ça, il faudra rassembler, au-delà des partis politiques, les gens de la société civile, les gens du milieu associatif, pour avoir un projet sur Paris, à la fois pour y rétablir la propreté dans la ville, la sécurité dans la ville. S'il y a une police municipale à Paris, c'est parce que nous l'avons votée. Mais Mme Hidalgo refuse de l'armée. Et puis, les projets culturels.
Eh bien, Francis Piner, sénatorial dimanche et municipal 2026. Merci, bonne journée.
Merci Christophe Barbier. On retiendra contrer la faillite morale, opérer une révolution mentale, et peut-être reconquérer Paris grâce au sénatorial. Demain, Marc Ferracci, député Renaissance.
Francis Szpiner