Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 17 février 2026 10 min

Le choix d'Apolline : Paul Vannier - 17/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 2

Vous écoutez RMC. RMC. Jusqu'à 9h. Apolline Matin. Apolline de Malherbe. Il est 7h43 et vous êtes bien sûr RMC et RMC Story LFI pointé du doigt après le lynchage de Quentin de Ranque à Lyon. Le jeune étudiant nationaliste a été frappé par au moins 6 individus masqués, jetés au sol et frappés dans un but de tuer. Voilà l'expression du procureur de la République. Bonjour Paul Vannier. Vous êtes député LFI du Val d'Oise. Hier à mon micro, la porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon, a accusé LFI de propager un climat de violence et de partager une responsabilité morale qui a conduit à la mort de Quentin. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

0:49
Locuteur 1

Je lui dis d'abord que je pense à la famille de Quentin de Ranque. Je lui adresse toute ma compassion, que je condamne toutes les violences, toute forme de violences contre qui que ce soit et je veux lui rappeler que la France insoumise l'a toujours fait.

Maintenant de façon extrêmement claire, la France insoumise n'a aucune responsabilité dans la mort de Quentin de Ranque, ni comme formation politique, ni Rima Hassan qui est arrivé à l'IEP de Lyon après les événements tragiques qui ont conduit à la mort de ce jeune homme, ni Raphaël Arnaud qui était ce soir-là à l'Assemblée nationale dans l'hémicycle en train de voter, ni le service d'ordre de la France insoumise qui n'a eu aucun contact avec ces groupuscules d'extrême droite qui ont gravité autour de cette conférence et dans les rues adjacentes à l'IEP de Lyon.

1:30
Locuteur 2

La France insoumise a-t-elle un lien en effet avec la jeune garde ?

1:34
Locuteur 1

Un lien, disons, des relations que nous avions avec cette formation dont il faut rappeler qu'elle a été dissoute il y a maintenant plusieurs mois.

1:41
Locuteur 2

Vous vous êtes opposé. Elle s'oppose à cette situation.

1:43
Locuteur 1

Oui, on pourra y revenir mais elle a été dissoute. De fait, elle n'existe plus comme organisation, la jeune garde. Nous avions des liens et nous avons des liens, nous ne les cachons pas, avec le mouvement antifasciste. Dès lors que le mouvement antifasciste se réclame de la non-violence, qu'il est dans une action d'autodéfense, nous avons des relations avec lui. Cela n'a rien à voir avec les images effroyables que chacun a vues, celle du tabassage d'un homme à terre. Tout ça n'a rien à voir avec la pratique de l'autodéfense. Et bien sûr, nous condamnons ces gestes, ces actes et la justice maintenant devra identifier leurs responsables.

2:18
Locuteur 2

Raphaël Arnaud, que vous évoquez à l'instant, Raphaël Arnaud, député de la France insoumise du Vaucluse, est donc lui-même le cofondateur de la jeune garde. Il a fondé la jeune garde en janvier 2018. Il en a ensuite été le porte-parole. Il a théorisé ce qu'il appelle l'autodéfense populaire. Il a même dit, on a dû des fois s'engager aussi physiquement. Ça a été mon cas et je ne m'en suis jamais cachée.

2:43
Locuteur 1

On va d'abord dire que depuis qu'il est élu député, depuis 2024, Raphaël Arnaud n'a plus aucune responsabilité.

2:49
Locuteur 2

En effet, il a quitté la jeune garde au moment où il est devenu député parce qu'il ne pouvait pas faire les deux.

2:53
Locuteur 1

Exactement, depuis deux ans maintenant et ensuite cette organisation a été dissoute. Pour le reste, cette citation de Raphaël Arnaud peut-être nous renvoie aux raisons de la création de la jeune garde et de beaucoup de groupes antifascistes à Lyon. Vous savez qu'à Lyon, depuis maintenant trop longtemps, depuis des années, nous avons beaucoup alerté, des groupes d'extrême droite extrêmement violents, s'en prennent parfois à des passants, s'en prennent à des organisations démocratiques, des syndicats, des associations, des groupes politiques qui veulent tout simplement, dans l'espace public, faire connaître leurs idées, leurs opinions et aller au contact des citoyens.

C'est dans ce contexte très particulier lyonnais, dans un contexte où il faut pointer la carence des autorités publiques, des forces de l'ordre en particulier, qui se doivent de garantir l'ordre public. Dans ce contexte très particulier, des groupes ont considéré qu'il fallait pouvoir défendre des événements publics pour permettre leur tenue. Non pas pour être dans la violence, non pas pour faire déferler la violence, mais pour pouvoir faire face à la violence de l'extrême droite qui visait à interdire l'espace public à des syndicats, à des associations, à des partis politiques démocratiques.

3:54
Locuteur 2

S'il est confirmé, ce que plusieurs de nos confrères, je pense notamment ce matin à France Info, que parmi les six individus masqués qui ont tabassé à mort Quentin, il y aurait cinq membres ou anciens membres de la Jeune Garde, ce mouvement fondé par l'un de vos députés. Est-ce qu'à ce moment-là, vous considérez qu'il y a un lien ?

4:18
Locuteur 1

Absolument aucun. Je ne suis pas enquêteur, je vais attendre les conclusions de l'enquête. Y compris dans cette hypothèse, je le dis de façon extrêmement claire, la France insouïse condamne fermement des actes comme ceux auxquels nous avons assisté qui n'ont strictement rien à voir avec les pratiques du mouvement antifasciste qui, je le répète, et d'ailleurs, vous l'avez dit, c'est théorisé par le mouvement antifasciste, qu'il est dans l'autodéfense populaire. Le tabassage dans nos matières, ça n'a rien à voir avec l'autodéfense, donc nous n'avons rien à voir avec ces gestes, et nous n'avons rien à voir organiquement avec les personnes qui ont agi ce jour-là dans cette rue.

4:56
Locuteur 2

Dans les éléments, effectivement, que vous exprimez ce matin et que certains aussi de vos confrères ont exprimé hier, il y a dire, non mais ça n'existe plus, ça a été dissous. Sauf que vous vous êtes battu jusqu'à la semaine dernière. Bien sûr. Pour que ça ne soit pas dissous. C'est-à-dire que Raphaël Arnaud a, dans l'hémicycle, posé des questions en disant qu'il s'opposait et qu'il faisait un recours contre la dissolution de la jeune garde. Il a même fait applaudir la jeune garde dans l'hémicycle en disant, vive la jeune garde,

5:25
Locuteur 1

et vous l'avez tous applaudi. On ne peut pas juger ces déclarations à l'aune des événements tragiques de Lyon, sans d'ailleurs aujourd'hui avoir la certitude que des membres ou d'anciens membres de la jeune garde, organisation dissoute, ont participé à cet événement. Quoi qu'il en soit, nous avons en effet défendu que cette organisation ne soit pas dissoute. Au nom de principes démocratiques, au nom du fait que nous considérons qu'il doit être possible pour des groupes qui n'ont pas de vocation violente, j'insiste, pour des groupes qui sont là pour protéger des événements, d'exister, de pouvoir apparaître, dès lors, encore une fois,

5:59
Locuteur 2

qu'ils ne portent pas atteindre à l'ordre public et qu'ils ne font pas dessaler la violence.

6:02
Locuteur 1

Elle est très claire la distance. Nous n'avons strictement aucune responsabilité dans ces actes et aucun rapport avec les individus, qui qu'ils soient, qui ont participé à ce tabassage.

6:12
Locuteur 2

Aucun rapport. Jacques-Élie Favreau, qui est donc l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud, qui est donc techniquement non seulement proche, mais salarié, payé par Raphaël Arnaud, est, au moment où on se parle, suspendu de l'Assemblée nationale. D'abord parce que lui-même a dit qu'il voulait se mettre en retrait, mais depuis, il a été officiellement suspendu par les instances de l'Assemblée nationale. Il est accusé par des témoins d'avoir participé à ce lynchage, ce qu'il dément, mais il n'a pas dit « je n'y étais pas ». Vous l'a-t-il dit ? Avez-vous posé la question ?

6:43
Locuteur 1

Non, moi je n'ai pas de contact.

6:43
Locuteur 2

J'imagine que vous lui en avez parlé les uns des autres.

6:45
Locuteur 1

Pas du tout, moi je ne lui ai pas parlé, je ne le connais pas personnellement. J'ai lu les déclarations qu'il a fait connaître à travers son avocat, où il nie avoir été en responsabilité. Il dit « je ne suis pas responsable de cette mort ».

6:58
Locuteur 2

Mais il ne dit pas qu'il n'y était pas.

6:59
Locuteur 1

Encore une fois, moi je ne suis pas enquêteur, je n'en sais strictement rien. Je vais attendre les conclusions de la justice et nous en tirerons toutes les conséquences. Mais à propos d'un collaborateur parlementaire, d'abord il s'est mis en retrait et ensuite il est le salarié d'un député qui sera probablement amené à prendre des décisions, mais ça le regarde comme député employeur. Alors ce collaborateur n'a aucune relation avec la France Insoumise. J'insiste sur ce point de façon extrêmement claire. Et puis si vous questionnez la responsabilité des organisations politiques relativement à des collaborateurs parlementaires.

Ce week-end, il y a un collaborateur du Rassemblement National, d'un député du Rassemblement National, qui sur les réseaux sociaux a menacé de mort plusieurs personnalités de la France Insoumise, dont une députée en exercice, Sofia Chikirou. Alors je vous pose la question Madame de Malherbe, est-ce que Madame Le Pen est responsable des menaces de mort de ce collaborateur ?

7:46
Locuteur 2

Si j'avais Marine Le Pen face à moi, je lui poserais évidemment la question et c'est une évidence. Paul Vannier, je suis quand même surprise que vous disiez que nous n'avons aucun rapport avec cette question, dans la mesure où effectivement ce groupuscule a été ensuite le vivier dans lequel Jean-Luc Mélenchon non seulement a été aux universités d'été, il s'est rendu à l'université au camp d'été de la Jeune Garde. C'est lui qui a ensuite donné l'investiture au créateur de la Jeune Garde. Il est difficile de dire qu'on n'a pas de lien.

8:17
Locuteur 1

Mais nous avons des liens avec le mouvement antifasciste, je vous le redis. Et je l'assume entièrement. Et nous avons eu des liens avec la Jeune Garde, quand c'était une organisation autorisée, qui pratiquait l'autodéfense, qui se revendiquait non-violente. Nous n'avons, de ce point de vue-là, rien à regretter. Maintenant, ce à quoi nous avons assisté à Lyon n'a, j'insiste, strictement rien à voir avec cela. Strictement rien à voir avec l'antifascisme. Il s'agit du tabassage d'un homme à terre. Et jamais la France insoumise ne s'associera à ce type de pratiques. Nous les condamnons de toutes nos forces.

Jean-Luc Mélenchon, depuis 20 ans, a eu à de multiples reprises des déclarations publiques sur la question de la violence et de la violence en politique. C'est peut-être le dirigeant politique français qui a fait un travail d'éducation populaire de masse pour dire à tous ceux qui l'écoutent, en particulier aux plus jeunes, jamais ne recourez à la violence. Elle est un piège, elle est d'ailleurs le piège vers lequel l'extrême droite veut nous...

9:08
Locuteur 2

Ça mériterait ça de faire de plus en plus de recherches ?

9:11
Locuteur 1

Elles sont extrêmement simples. Et puisqu'on s'intéresse à cette question, sans rien nier des responsabilités de ceux qui ont tapé Quentin Deranque et qui l'ont manifestement tué, je veux dire que la violence politique aujourd'hui dans notre pays, elle vient de l'extrême droite. 12 personnes sont mortes sous les coups de groupuscules fascistes, racistes, depuis 2022 dans notre pays. Et là encore, je pose la question de la responsabilité des autorités publiques, de M. Nunez en particulier, car à Lyon, il était informé de la présence de cet organe identitaire némésis. Il n'a pas fait intervenir les forces de police.

9:42
Locuteur 2

Pour vous, effectivement, c'était à eux.

9:44
Locuteur 1

Et je le dis, ce drame aurait pu être évité si M. Nunez avait pris ses responsabilités.

9:48
Locuteur 2

Vous voulez effectivement pointer la responsabilité des autorités. On verra aussi ce que dit l'enquête. Merci Paul Vannier d'avoir répondu à mes questions. députée LFI du Val d'Oise.

Le choix d'Apolline : Paul Vannier - 17/02 — Paul Vannier · Pourquijevote