Alain Bauer, professeur émérite de criminologie, estime qu'il y a "une défiance vis-à-vis de l'État"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse partielle
Comment qualifiez-vous le dispositif sécuritaire actuel ? Est-il inédit, massif ou calibré ?
- 0:44OuverteRéponse directe
Pourquoi le 5 novembre pourrait-il être un moment paroxistique ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous fait dire que le 5 novembre pourrait être paroxistique ?
- 3:40RelanceÉludée
Pourquoi autant de blessés et de haine ? Pourquoi l'État cède-t-il si facilement ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Pourquoi Parcoursup est-il un sujet de révélation ?
- 6:18OuverteRéponse directe
L'État est-il le pire RH de la planète ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Fait
« Le 17 a été un moment paroxistique. »
- 3:40Fait
« 10 milliards, 13 milliards, 9 milliards, tout ça n'a plus aucune importance que de toute façon ce sont des engagements pris gratuitement pour le gouvernement suivant dans le cadre d'un budget. »
- 4:58Fait
« L'État est le pire RH de la planète. »
- 5:40Fait
« On ferme les filières courtes et on les rend sélectives à l'université et on ouvre les filières longues. »
- 6:18Fait
« L'État a fait ça de la même manière qu'il avait réduit le nombre d'informaticiens. »
- 9:37Fait
« Il y a une défiance complète vis-à-vis de l'État. »
- 15:18Fait
« On a réduit le nombre de policiers de gendarmes par section, le nombre de sections par compagnie et le nombre de compagnies. Nous avons un maintien de l'ordre à l'os. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir Alain Bower. Merci de votre présence ce soir. Professeur émériie de criminologie auteur de Il faut sauver nos enfants aux éditions First. Pour ce samedi 31 octobre, Allain Bower qui va se prolonger avec la soirée d'Halloween. Laur Nunise, on vient de l'entendre à détailler le dispositif sécuritaire. Comment vous le qualifiez ? Est-ce qu'il faut dire inédit, massif, impressionnant ou alors calibré en des temps si troublés ? tout ça en même temps probablement parce que chacun va trouver l'argument qui lui convient. Alors inédit, [grognement] je pense qu'on a dû atteindre des chiffres plus importants des moments comme par exemple les jeux qui se sont étendus beaucoup plus longtemps. Là on a plutôt une répétition du 24 octobre
étendu à la nuit on va dire. Voilà, ce n'est pas le 17, je pense hein. Je Alors, comme toujours hein, les prévisionnistes ont ceci de merveilleux qu'en général, ils essayent de faire oublier ce qu'ils ont dit le lendemain. Donc, je vais essayer de tenir ma position. Le 17 a été un moment paroxistique. Là, on est dans l'entre du 5 novembre. Mais il y a effectivement Halloween qui fait durer dans la nuit, ce qui traditionnellement se termine par quelques escarmouches. Là, on va voir une longue nuit où vont se mélanger à la fois des gens déguisés, des gens masqués, des gens qui pratiquent des violences urbaines traditionnelles comme il y en a le 31 décembre hélas aussi. Et donc c'est la durée plus qui va être je pense plus importante que l'intensité.
Deuxièmement, la dispersion. En général, une manifestation, c'est un lieu central qui par la masse de manœuvre des gens qui viennent manifester permet à des casseurs de se de surfer sur la manifestation et en cas de débordement, c'est au moment où la police est débordée à des pilleurs de venir pillés. Mais il faut qu'il y ait une conjonction de ça. Là, la diversité des lieux, la mobilité des casseurs et donc des pillurs qu'on a revu un peu moins le 24 mais encore un petit peu là va amener à un retour. Alors, j'allais dire un retour de flamme mais en tout cas un retour d'éparpillement qui vont marquer par le nombre de lieux où ça peut se produire la difficulté à la police de retrouver sa mobilité. Ce qui a été le changement
non pas de doctrine mais de tactique du 24 qui a réduit considérablement les dégâts mais qui commence à épuiser les forces de manière considérable. Il y a un excellent papier de Jean-Marc Lecler dans le Figaro qui un des très très grands connaisseurs de de la difficulté de la vie policière et comme l'a rappelé le ministre, ils le sont blessés, on les remet pas sur pied dans la seconde. Ce que vous disiez d'ailleurs depuis un certain temps là pour le 31, ils vont pas être mais d'autant que pour moi l'élément paroxistique la vraiment le sommet du risque c'est le 5 novembre. Donc je suis voilà, je je pense que ça sera moins pire que le 17, égal au 24 mais plus long en terme de temporalité avec beaucoup plus de lieux à risque qu'avant. Maintenant,
qu'est-ce qui vous fait dire que le 5 novembre ça pourrait être justement paroxistique ? Oui. Pourquoi ? Par rapport à parce que je pense que c'est la la le moment où quelqu'un va dire il faut savoir arrêter une grève version revisité de de 68 ou de Maurice Torz. Il y a il y a un enjeu là de de d'en sortir. Je crois qu'il est commun à tout le monde et je lis avec beaucoup d'attention les longs interview très précis et très méticuleux écrit euh des entretiens euh de Jean-Luc Mélenchon par exemple qui explique ce qu'est la nature du mouvement social, comment on débouche d'une crise c'est déboucher, c'est à la fois une solution et un effet des stops pardon pour la publicité gratuite. Et donc les deux
éléments sont réunis aujourd'hui pour en sortir, je pense par une fin de lâchage par le gouvernement de d'une version gilet jaune. Alors 10 milliards, 13 milliards, 9 milliards, tout ça n'a plus aucune importance que de toute façon ce sont des engagements pris gratuitement pour le gouvernement suivant dans le cadre d'un budget. Donc vous avez pu constater qu'un seul parlementaire avait voté pour le budget de la sécurité sociale et l'année dernière un seul parlementaire avait voté pour le budget recette. La charge total ou alors ah non ou la chage total ou l'hage total. Ah d'accord. Donc à la fin ça se terminera. Mais alors pardonnez-moi, pourquoi autant de blessés ? Pourquoi autant de de conjonction de haine ? Pourquoi laisser tout ça sans sans que l'idée que l'État puisse céder entre
guillemets aussi facilement ? Mais voilà parcours sup. Alors vous avez pu noter qu'il y a eu un débat sur comment on remplace parcours sup. C'est le moment de révélation. Là, il y a plus personne parce que bah personne ne sait puisque la question centrale de parcours sucre, c'est pas le process, c'est la dévalorisation du baccalauréat qui est un choix politique assumé par le gouvernement. les numérus claus qui font que une fois qu'on a lâché sur le bac, on a commencé à fermer des filières, notamment les filières médicales. Alors si quelqu'un vient m'expliquer qu'on a trop de médecins et trop d'infirmière en France, je l'attends mais deux pieds fermes. Euh mais l'État a fait ça de la même manière qu'il avait réduit le nombre d'informaticiens. C'estd que l'État est
le pire RH de la planète, le nôtre. Donc on est en train de payer des années. Oui. Des dizaines d'années des diines de la parce que quand on vous dit amener une classe d'âge au niveau du bac, on dit pas donner le bac à tout le monde. Effectivement, ça n'a jamais été écrit comme ça. Quand on dit collège unique, on réduit la possibilité d'accès à des formations courtes accessibles et qui amènent à l'emploi de gens qui ont envie de faire ça manuellement ou pas. Et nous, on ferme les filières courtes et on les rend sélectives à l'université et on ouvre les filières longues. Du coup, on dit "On fait pas de sélection mais c'est pas vrai. On l'a fait par l'échec et l'abandon." À Tolbiac, quand j'étais vice-président de Parisien, il y avait 60 % d'élimination au 2e semestre de la
première année. Là, même pas 30 % des étudiants arrivent à finir leur licence. Où vont les autres ? En fait, on les écœur, on les lâche dans la nature. D'abord, on le interdit de faire ce qu'ils ont envie de faire et c'est pas à nous de le décider. Nous n'avons aucune idée de ce que sont les emplois de demain. Aucune. Tous ceux qui vous racontent qu'il faut sélectionner ne comprennent même pas ce dont il parlent. L'IA vient de tout révolutionner. La Chine vient de changer un/ers de ses formations en disant "On les met à la poubelle, ça n'a plus aucun sens. Tout doit passer par l'IA." Mais alors leur angoisse, nous on est encore en train de se poser la question de savoir à quel moment il va falloir sélectionner pour faire des formations dont nous savons par ailleurs
par ailleurs par les Américains ou les Chinois qu'elle n'existe plus tel qu'elles étaient. Là vous là ça ça supposerait un changement total de paradigme et de système. Non, ça nécessiterait que tous ceux qui sont les acteurs du terrain tous qui savent tout ça très bien au lieu de nous balancer des machins, des trucs des sous-négociations, j'invite S mais j'invite pas ça, je parle aux youtubeurs avant de parler au syndicat. Toutes les erreurs les même de grossièreté de grossièreté qui sont faites vis-à-vis du mouvement social. Un mouvement social, c'est un mouvement social ça. On lui parle social. Pardon. Donc il a été méprisé selon vous. Ah oui oui. L'arrogance, la suffisance et le mépris euh de l'État en général et
du chef de l'État en particulier est un sujet récurrent des donc il faut s'attendre à ce que le mouvement lycien étudiant soit encore très présent. Bah d'abord je pense qu'il le sera le 31. De toute façon, ça on le savait mais je rappelle que le 17 comme le 24 les manifestations étudiantes sont été massives et plutôt joyeuse et que la problématique était plutôt une sorte de amateuriste dans la gestion du maintien de l'ordre parce qu'ils en avaient jamais fait et que les étudiants sont arrivés un peu plus tard, la CGT fort heureusement est arrivée un peu plus tard et donc la reprise par des professionnels du maintien de l'ordre d'un côté et des professionnels du maintien de l'ordre du côté policier CRS et gendarme mobile. les braves à Paris parce que c'est ça qui a commencé à
reprendre le terrain quand il avait été totalement perdu. J'avais d'ailleurs salué l'action je suis un des rares mais je continue du préfetallemand et du patron des lundi d'ailleurs sur ce plateau. Voilà l'un a repensé l'autre a revisité et a permis une chute considérable du nombre de blessés dans les manifestants. Je veux dire c'est moi c'est un indicateur qui vaut ce qui vaut. C'est pas la qualité euh du préfet de l'allemand, c'est l'efficacité qui a compté en terme de réduction du nombre de blessés et de maintien de l'ordre public. Alors même qu'il y a des manifestations tous les samedis et tous les dimanches parce que les gilets jaunes, c'était des gens qui travaillaient la journée, des travailleurs pauvres comme on dit, qui travaillaient la journée et qui venaient
exprimer leur revendication le weekend et qui n'avaient jamais eu aucun engagement politique, aucun engagement syndical et une très faible approche de ce que c'était que le droit de manifester qui est quand même relativement réglementé. Mais justement, vous nous rappelez souvent la longue histoire de Jacque en France, mais là Milan, mais là je trouve que le tableau est quand même très particuler. C'est un mélange qui est très hétéroclite. Totalement. Euh je sais pas, on a des gilets jaunes, des ex gilets jaunes mais qui voilà, ils sont là parce que des gilets jaunes qui n'ont pas digéré la fin de leur mouvement qui se sent méprisé, abandonné à raison. Non, c'est surtout qui ont compris que les cahiers de doléance n'avaient servi à rien parce que l'idée que les cahiers de
doléance allaient pouvoir servir a été une porte de sortie intelligente du gouvernement. L'idée de les oublier le lendemain a été la pire baffe, la pire insulte, le crachat et à la figure de ce peuple. Ah donc que de comète de certains gilets jaunes, des jeunes qui vont repartir de plus belles après les vacances, ceux qui crient et hurl contre qui vont essayer de repartir de plus belles. C'est pour ça que je dis que le moment paristique c'est le 5. C'est c'est le moment entre deux. On rentre mais on rentre pas. On a obtenu mais on n pas tout obtenu. Il y a des discussions mais pas tout ce qu'on veut. C'est le moment où vous êtes pas dans on n rien obtenu hein. C'est le moment compliqué de on va s'y remettre parce que bah les parents, les études, les débouchés. Mais s'il n'y a pas une mise
à plat de mais pourquoi on fait tout ça ? À quoi servent les diplômes ? Quelle est la l'option des emplois de demain ? Prends pas ce chemin là hein là là de ce qui c'est pas fini. Donc les anciens gilets jaunes, ces jeunes-là, ceux qui crient leur colère sur la vie chère, la génération, ça les pêcheurs, les transporteurs, les pompiers, les infirmières, les instituteurs, mes collègues, professeurs, les chercheurs. Si vous trouvez une catégorie sociale satisfaite de sa situation, il faut l'inviter et faire jour. Tout le monde a quelque chose à revendiquer et certainement légitimement face à un état qui est en risque parfois, il a dit lui-même d'effondrement. Comment on fait ? Ben, on se parle. Le problème, c'est que l'État dans ce pays nous dit "Je sais
tout, je fais tout et surtout ne vous occupez de rien." C'était sa promesse fondatrice. Il le fait plutôt bien d'ailleurs. Il a eu Tu nous a dit hier Jean-Louis Borlot à votre place. Oui. Bah oui, nous parlons beaucoup avec Jean-Louis Borlot. Pour moi, c'est un une immense erreur de ne pas lui avoir confié au moment du plan banlieu le fait de faire le plan banlieu mais notre président de la République sait tout, fait tout, croit tout et pense que tous les autres sont des cons, ce qu'on a le droit de penser, mais surtout il leur dit ce qui est beaucoup plus difficile à à digérer. Ça se voit, ça s'entend et ça se comprend. Il y a un moment où faut considérer que les autres servent à quelque chose, qu'il y a des gens sur le terrain qui pensent quelque chose.
Jean-Louis Brelot en fait partie. Vous aviez Michel Édouard Lecler. J'ai regardé avec beaucoup d'attention les émissions des des derniers jours. Vous avez beaucoup d'opérateurs de terrain qui peuvent vous raconter comment on peut en sortir et on ne les je je vous je crois savoir là où vous voulez en venir, dites-moi si c'est le cas. En fait, les opérateurs de terrain en opposition a une promesse de l'État qui n'est plus tenue parce que la promesse de l'État, la première promesse c'est la protection. Bien sûr, c'est là c'est le contrat. C'est l'hôpital, c'est l'éducation, c'est tous les services publics, il y en a plus aucun qui fonctionne, sauf la perception de l'impôt. Ce point de vue là, fonctionne bien. L'efficacité est réelle. Mais c'est c'est un peu le problème. Donc,
mais rassurez-nous, l'État peut reprendre la main Alain Bower. Non, mais les citoyens qui sont la composante essentielle de l'État, donc la nation, alors c'est vrai qu'en France un peu particulier parce que l'État a créé la nation, il l'a inventé. Voilà, il lui a donné un joli voilà, il lui a fait un roman national magnifique. Le récit national est un peu plus complexe et les historiens sont là pour dire "Oui, non, c'est nos ancêtres les Golois, pas vraiment les francs, ben on a le nom de nos envahisseurs mais notre histoire est magnifique et vous avez un magnifique ouvrage La France, pays merveilleux je crois qui nous redonne confiance dans notre propre histoire et qui est remarquable." Voilà, il y a il y a plein de moments euh qui sont remarquables
dans le pays et il y a plein de gens qui sont remarquables. Euh si la France voulait aller jusqu'au bout, après euh après les cahers doléances, on a droit aux États généraux. Bah c'est ça qui nous manque en fait. Mais des vrais états généraux pas une fonction citoyenne qu'on oublie le lendemain, pas un référendum dont on met le résultat. que l'meut est devenu une manière de s'exprimer dans le pays. L'émeut a toujours été une manière de s'exprimer dans le pays parce que l'État n'a jamais su négocier si ça n'était pas sérieux et donc s'il y avait pas une émeut. Ça c'est ça n'a rien à voir avec ce moment précis. Là ce qui change qu'on nous expliquait que cette jeunesse elle était dépolitisée, qu'elle étaitisée, qu'elle s'occupait de rien. Quand les voit sur le plateau, je peux
vous dire qu'ils sont extrêmement voilà politisés dans le français. Oui. Mais ils parlent un excellent français, ils savent ce qu'ils veulent, ils sont extrêmement intelligents, déterminés. Je veux dire, c'est une jeunesse qui s'est réinvestie sur tous les secteurs qui la concernent. Mais c'est une super bonne nouvelle. Il faut donc en profiter au lieu de réprimer, il faut dialoguer. Oui, mais il y a à l'in ce qui veut pas dire qu'il faut pas taper sur les casseurs cette jeunesse politisé. Il y a une une avant-garde qui est extrêmement radicale. Un mouvement social, c'est une génération politique, une avant-garde radicale, une réponse autoritaire et et après un déboucher politique. Bah soit un effondrement étatique, soit un déboucher politique. Donc le gouvernement est au courant de
tout cela rassurément. Ah bah j'espère je pense qu'ils ont une de saines lecture. Vous savez contrairement à ce que beaucoup de gens disent, monsieur le cornu est un très bon premier ministre dans une situation ingérable. Donc il est très intelligent, très souple. C'est lui qui avait trouvé les cahiers d'oléance et cetera. Encore faut-il arriver à gérer euh le président qui fait tout, premier ministre, ministre d'intérieur, directeur de services de renseignement, préfet de police. C'est un vrai sujet hein. Chacun si chacun doit être dans son rôle, pourquoi le ministre de l'intérieur reçoit les lycéens sur le maintien de l'ordre ? Est-ce que c'est parce que le président de la République comme les lycéens ont expliqué a dit au lycéen quand il les a reçus que pour le
maintien d'ordre, c'est pas le ministre de l'éducation mise enseignement supérieur, mais le mise intérieur. C'est plutôt une bonne nouvelle. D'ailleurs, en général, quand il y a des manifestations étudiantes, vous aviez depuis 1986, au moment où moi j'organisais des manifestations étudiantes, [grognement] euh un correspondant de la préfecture de police qui géra avec vous les parcours, les débordements euh et la gestion la plus apaisée possible euh d'un mouvement. Au lieu d'avoir Paris à feu et à sang après la mort de Malik Hussekin, qui est un drame qui a totalement marqué et les policiers et les générations précédentes et encore aujourd'hui, on avait trouvé des solutions pour permettre des manifestations, les casques blancs et cetera. toute chose que nous avions
inventé à l'époque pour permettre la liberté de manifester et éloigner euh les casseurs le plus possible. Et d'ailleurs, nous avons eu un déboucher politique qui était facile, retrait de la loi. Ça c'est simple, je reconnais hein, mais c'est un mouvement immense. Et donc avec beaucoup de jeunes lycéens et collégiens qui avaient des idées un peu bizarres de la manière dont ils voulaient exprimer leur mouvement avec des organisations étudiantes et syndicales ouvrières qui les voyaient arriver. Et notre seule préoccupation, c'était de les protéger d'eux-mêmes parce que euh ils étaient quand même euh euh voilà très très très joyeux et et et très difficile à maîtriser dans leurs emportements de l'époque. Donc on essayait de faire en sorte qu'ils puissent manifester.
C'était la première fois qu'on va y arriver euh autant de lycéens et de collégiens déjà à l'époque et de s'intégrer dans le process alors qu'il voulait être devant le service d'ordre central. il y avait ce qu'on appelait la nébuleuse. Déjà, il nous dépassait euh pour aller directement pousser le premier rang de policier, ce qui pouvait pas se passer. Donc, on avait les plus grandes difficultés à maîtriser, je dirais, une sorte de détermination juvénile qui nous faisait peur pour eux et nous, on était plutôt habitué au mouvement social. Et quand vous voyez comment les tracés Alan Bower se négocient parfois bien sûr toujours à la dernière minute. Alors à la dernière minute et les policiers qui regardent sur leur téléphone à la dernière minute. Non c'est assez rare
parce que il y a un problème c'est d'abord vous venez de discuter le tracé avec la préfecture au moment où vous déclarez en fait la préfecture ne décide pas le tracé elle vous dit non non là c'est pas possible donc là vous entrez dans la négociation et vous avez toujours deux ou trois tracés de dérivation. Maintenant, il y a deux problèmes. D'abord, il y a trop de monde. Ça, vous pouvez pas l'anticiper d'une et on l'a vu le 17, on voit la manifestation de samedi 31 octobre de faire sur le parcours hein. Deux à trois fois plus de deux à trois fois plus de personnes qu'attendu de Il y a eu le moment gilet jaune, l'Arc de Triomphe, l'Élysée, les Champs-Élysées, une sorte de d'éléments genre coupe du monde. Bon là c'était compliqué parce que c'est normalement toujours interdit et c'est
toujours très compliqué à gérer à cause d'abord du risque de la casse et de la proximité des institutions. Après vous avez la protection de l'Assemblée nationale, du Sénat, des chaînes des chaînes de télévision parce que c'est quand même un sujet très important de laisser la liberté de l'information et de pas laisser des agresseurs prendre le contrôle des chaînes ou de les couper, même si c'est arrivé en 68 où des chaînes périphériques ont été coupées sur instruction du gouvernement. Voilà, c'est comme TikTok en Nouvelle-Calédonie malgré une décision du Conseil d'État disant que c'était pas bien. Voyez, il y a toujours des moments où on prend des des voilà le tracé, il permet de maîtriser le cœur de l'améliance, donc la masse de manœuvre. Mais vous l'avez
vu par exemple à Marseille, quand on vient très tôt le matin avant même le début de la manifestation et qu'on s'attaque non pas aux policiers mais aux véhicules des policiers qui sont gardés par un seul chauffeur qui n'ont de choix que la fuite dans ce cas-là en protégeant leur matériel, ce qui du point de vue du denier public n'est pas si bête. Euh mais vous avez des images terribles pour la police en même temps ou et vous avez des forces de l'ordre ailleurs qui qui courent pour arriver à sauver leur leursè parce que ils ont pas anticipé un tout petit noyau très mobile. Et ça c'est la l'hypermobilité, c'est la problématique du nouveau maintien de l'ordre. C'est-à-dire qu'on a des forces mobiles statiques qui protègent les institutions au lieu d'être mobile mobile. On a réduit le
nombre on a réduit le nombre de policiers de gendarmes par section, le nombre de sections par compagnie et le nombre de compagnies. Nous avons un maintien de l'ordre à l'os. Ça c'est une décision bureaucratique et comptable. C'est pas une décision politique. On a un maintien de l'ordre à l'osseignement territoriaux à l' 1200 blessés. Rappelez le ministre. Ceuxl on les remet pas sur pied tout de suite que voilà. Donc il y a un sujet quand même général. Donc on prend tout ce qu'on a et ensuite on les répartit comme on peut. Le RAID par exemple était pas ravi ravi de revenir sur le terrain parce que la dernière fois à Marseille ça s'était assez mal passé. Euh le GGN pour protéger des institutions extrêmement sensibles. Oui, mais enfin s'il a une foule devant lui, le GIGN, il fait pas
du maintien de l'ordre. Je veux dire, c'est bien d'avoir le maximum d'opérateurs de maintien de l'ordre mobile et donc c'est une bonne solution mais en même temps ça montre la difficulté qu'on a à regarnir euh le maintien d'ordre. Quand on vous parle de la CRS8 ou des CRS8, elles ont pas été créé en plus des autres, elles ont été créées en piquant des effectifs aux autres. Tout ça n'a gu mais alors quand le président de la République dit plus jamais le 17 octobre, bah heureusement mieux plus jamais le 17 octobre sûr mais il le lance comme une promesse à laquelle certains il dit l'état l'État a tenu le 24 ce qui veut dire que le 17 ça devait pas être le cas. Mais est-ce que l'ordre Alain Bower est-ce que l'ordre public est rétabli ou il est simplement maintenu ? Il a été
simplement maintenu. Alors là on est dans la gestion du désordre plutôt que dans le maintien de l'ordre. On est dans un processus qui n'est pas stabilisé, même si vous le constatez, entre deux manifestations, une sorte de faux calme euh revient, mais c'est le faux calme qui prépare la tempête suivante qui est annoncée. L'autre jour, vous aviez des collègues à vous qui m'avaient fait un calendrier de toutes les annonces de manifestation semaine après semaine. Alors, il y en a 6000 à Paris des manifestations de par an. Donc euh voilà, les forces de l'ordre, elles sont mobilisées de manière récurrente. Mais là, vous avez des rendez-vous euh ceux des gilets jaunes revisités euh et des du mouvement collégien et lycéen euh qui sont les euh samedis. Là, vous avez un problème
samedi dimanche à cause d'Halloween et vous avez le grand rendez-vous du 5 novembre qui est un vendredi. Ça voudrait dire que paroxistiquement, c'est pour ça que je dis que pour moi c'est l'enjeu, c'est vendredi, samedi, dimanche et là, on a à la fois l'intensité, la durée et la dispersion. Force de l'ordre exténuée, commerçant à bout de nerf, exaspéré. Et il faut bien reconnaître parce que sous les cendres fumantes encore du 17 octobre et les vitres brisées des commerçants, il n'y avait pas que des revendications. Il y avait aussi un concentré de haine. Oui, bien sûr. De rage. J'appelle ça la rageosphère, vous savez bien. C'est c'est la c'est ça la vraie conjonction qu'on tout les rag toutes les colères parce qu'il y a une défiance complète vis-à-vis de l'État. Quand l'État ment
un peu, ça va. quand il m effrontément et tout le temps et qu'il n'explique jamais le passage d'un mensonge à un autre contradictoire avec le précédent, bah pourquoi croire l'État ? Mais alors, pardonnez-moi, la défiance généralisée, elle empêche l'État de d'apporter une quelconque solution. Non, il pourrait il pourrait il pourrait recréer de la confiance, c'est pas impossible. donc via les acteurs de terrain, les corps intermédiaires. Oui, enfin déjà faudrait les corps intermédiaires. Je précise que l'actuel pouvoir a décidé dans un ouvra magnifique qui s'appelait Révolution de dissoudre tout ce qui était intermédiaire parce que c'était vieux. Mais l'ancien monde c'est les gens. Il y a pas d'ancien monde. Il y a que des gens qui sont là. Et alors quand vous
perdez à la fois les anciens et la nouvelle génération, c'est donc que vous avez un problème qui s'appelle pas le en même temps mais l'entre deux. C'est important. prévision politique de ça, le fait de parler, je vous dis souvent tous les samedis samedi il y a 15 jours j'étais à Fijacc, samedi dernier, j'étais à Valence, Fijacc le 17 octobre, Valence c'était le 24 donc des manifestants j'en [grognement] ai vu, ils sont venus me parler. Alors, il y a l'effet télévisé, ils sont pas du tout agressif et ils posent des questions. Quand vous avez 650 personnes à Fijac et 650 personnes à Valence dans une salle, vous avez un concentré de la population qui ne vient pas uniquement parce que je suis une star du rock and roll ou un youtubeur qui fait toc toc sur un pied.
Je ne m'appelle pas Noah. La réalité c'est qu'ils ont besoin de dialoguer, d'être respecté et moi je les respecte quelses que soient leurs opinions. Et j'ai des fachot, des gauchots, des rien du tout. desperdus des gens qui veulent comprendre ce qui leur arrive et ils sont prêts à comprendre pour vu qu'on leur accorde le fait qu'il y a une intelligence individuelle et collective dans ce pays et pas un seul chef qui pense tout, qui sait tout et qui hélas de temps en temps se trompe. La sous-anticipation lors du 17 octobre, rassurez-moi, Alain Bower, on a tiré déjà. Oui, ça y est. Donc c'était assez rapide déjà. Enfin, bah c'estàd que quand vous vous êtes planté une fois, en général, on se plante pas deux fois. La question c'est qu'est-ce qui va nous arriver le 31 ?
Parce que l'idée que ça soit la même chose au même moment et que cette fois-ci il nous laisse gagner est une idée qui n'a jamais marché même changé le système on l'a rendu proactif rassurez-moi. Ah oui, beaucoup plus en matière de réseaux sociaux. Mais le réseaux sociaux c'est aussi un enfumage. Si vous regardez la carte des mouvements annoncés pour le 31 octobre, il y en a 2000 je crois. Euh donc vous avez pas les moyens de couvrir 2000 euh lieux avec les effectifs suffisants. Soit vous dégarnissez les effectifs et vous vous faites fa avoir, soit vous voyez pas quelque chose qui est en train de se passer. Pour ça, il faut faire euh beaucoup d'infiltration, de capacité euh euh de ténèbres. Vous savez, bismillah, c'est les ténèbres, le gag chez les lycéens. Euh il y a beaucoup d'éléments,
mais il faut le reconnaître, le renseignement intérieur a mis beaucoup de temps à comprendre la nouvelle nature du terrorisme avant 2016 l'attentat de Nice qui fut terrible. Il avait réussi six opérations préventives ou proactives. Depuis, il en a réussi 60. Pourquoi ? Parce qu'il a intégré la nouvelle forme d'analyse du renseignement, d'analyse dynamique du renseignement, d'infiltration des réseaux, de prise en compte des nouveaux modes de communication. Le renseignement territoriel qui est beaucoup plus jeune et qui n'avait pas été confronté à une crise sociale de cette ampleur va le faire à la française. On ferme l'écurie après que le cheval se soit échappé. On crée les sapeurs pompiers après l'incendie de l'ambassade de Vienne. On refait les tunnels après le Mont-Blanc.
C'est notre histoire. Je crains que nous n'arrivions pas beaucoup à la modifier. Mais on saura ce qui s'est passé avec une commission d'enquête parlementaire ou c'est visibement, ils ont quelques soucis de mise en place de la commission d'enquête. En plus, ils font une commission d'enquête dont le but essentiel est d'éliminer des gens de la commission d'enquête pour grosso modo faire en sorte qu'elles ne puissent pas réussir. Ce qui est dommage. Une commission d'enquête et ben elle enquête. Donc moi, s'il faut 18 rapporteurs euh pour couvrir l'intégration, vous avez vous hein euh répondu à des alors je sais pas si c'est des commiss oui. Bien sûr, mais régulièrement, je réponds à des commissions d'enquête. 10 ans après un truc qui a en 86, j'ai répondu une
commission d'enquête, je suis devenu le colonel Boer. Donc j'ai été promu euh parce que la commission d'enquête du Sénat a fait une analyse extrêmement précise et fine de tout ce qui s'était passé, de tout ce qui avait mal passé et de comment on avait résolu le problème et trouvé un déboucher à la crise et qu'on en était sorti par beaucoup de dialogues, de négociation, de discussion mais une difficulté c'est que on le fait après. Nous savons en général avant qu'un truc qui va pas marcher va pas marcher mais personne nous demande rien. Les réseaux sociaux, l'incrimination des réseaux sociaux, là encore c'est un manque d'anticipation. La technologie mais qui est quand même un peu maîtrisée dans d'autres pays, elle nous dépasse encore. C'est toujours un bataille dire
on a eu des émeut des insurrections et des révolutions sans réseaux sociaux. Ça ça n'est qu'un élément d'accélération et de mobilité sur lequel on lit beaucoup de choses vraies et fausses. Ah ben si on écoute le gouvernement, c'est quasiment un pilleur et un casseur qui est dans la rue le les réseaux sociaux. Oui. Oui. Bon faut toujours trouver une victime. Toujours trouver une victime et cetera. On peut couper des réseaux sociaux par exemple des pays dictatoriaux comme l'Iran, la Russie et cetera ont une manipulation des réseaux pour des raisons d'information et de stabil. Non, heureusement. Euh mais ça vous choque s'il y avait une suspension de certains de certaines plateformes ? Bah si c'est une plateforme par exemple où vous tombez parce que vous avez euh
quelqu'un infiltré du renseignement sur euh alors les pillages auront lieu dans tel endroit le camion pour le pillage. Parce que le pillage il y a plusieurs. Il y a je ramasse la chaussure par terre ou la paire de chaussures et il y a je vais dans le magasin et je mets tout dans un camion qui me permet d'en faire une sorte de semigrossiste. Ah oui mais là c'est pas un vol d'opportunité. Là tout est prévu. Exactement. Et donc ceuxa si vous tombez sur leur capacité de réseau et si vous avez la possibilité de le couper, je rappelle qu'aucun de ces réseaux n'est France ou français, euh vous pouvez évidemment prendre cette opportunité soit pour les interpeller plus tard, soit pour couper le réseau et empêcher la possibilité de il arrive par exemple qu'on coupe des réseaux GSM pour des
raisons politiques ou antiterroristes. On a des moyens mais ça doit être très ciblé, très pointu, ça ne peut pas être généralisé et si c'était généralisé, on trouvera toujours d'autres moyens puisque le pire tout pire fonctionne toujours. Il y a des applications qui permettent de contourner la problématique des réseaux TikTok et et autres, Insta et cetera. Euh il ne faudrait couper tout le réseau téléphonique parce que le SMS remplacera euh les boucles euh des autres, le WhatsApp remplacera autre chose. Il y en a tellement que euh la capacité de d'portamment de la population euh directement concernée, c'estàd les casseurs politisés et les pilleurs semi-grossistes fait que tout ça ne changera pas grand-chose. Mais le gouvernant péchier, je rappelle qu'il a
été censuré par le Conseil d'État sur Nouvelle-Calédonie et que il peut pas dire qu'il ne le sait pas. Mais justement sur la censure à chaque fois comment ils adaptent les lois par exle la loi casseur payeur Allain Bower il y a un progrès. Oui oui ils sont passés du pénal au civil et c'est probablement enfin enfin quelqu'un quelqu'un a lu la décision du conseil consci quand le conseil consciel vous censure il vous explique pourquoi il vous censure. En général dans les notes du conseil consuel le truc de 36 pages qui suit que personne ne lit mode d'emploi pour ne pas faire censurer la prochaine fois. Donc visiblement quelqu'un a eu un moment de lecture attentive et en passant du civil au pénal, il ouvre une voie dont je ne sais pas si le Conseil constitutionnel la
censurera ou pas mais qui est inédite là en terme de capacité. Après il y a eu plein d'amendements liberti le principe c'est que les casseurs payent là qu'on touche aux allocations et pas seulement familiales. Le Sénat va aller jusqu'au RSA et cetera. Non il y a eu beaucoup d'amendements qui ont alourdi. Je parle à l'assemblée euh le texte. On va voir ce que le Sénat en fera. infé mais il y a une sorte d'intelligence dans le dans le dans la démarche. Pour une fois, on n'est pas dans on va réessayer une nouvelle fois, c'est purement symbolique, on sait qu'on va se prendre la porte dans la figure mais on l'a fait juste pour le principe. Là, c'est autre chose. Et donc, faut voir où ira le conséquence dans son appréciation de la version civile du casseur payeur.
Pour ne pas se prendre, comme vous le dites, la porte dans la figure, il reste toujours un élément, un outil, l'état d'urgence. Il a été balayé d'un revers de main. Est-ce bien prudent ? Est-ce qu'il ne vaut mieux pas quand une situation peut devenir hors de contrôle et d'ailleurs l'État a failli hein, c'est le ministre de l'intérieur qui qui l'a dit, garder quand même sous la main une telle disposition que tout à fait dans notre état de droit. Elle n'a pas disparu, vous pouvez la vous pouvez la mettre en application quand vous voulez. De même que toute une série de dispositions de la loi de 1955 qui permet toute une série de de de procédures dégradées par rapport à l'état d'urgence. Non, ce qui est très surprenant, c'est qu'en fait bon, le choix de ne pas l'appliquer a été fait.
Alors de toute façon, c'était après donc c'était trop tard puis ça n'aurait pas servi à grand-chose le 18 octobre. Le 24 bah la démonstration a été faite qu'on pouvait faire à peu près 100. La question c'est on aurait pu le décider là par exemple à force de nous dire que ça va être terrible le 31 et le 1er. D'ailleurs, comment vous l'expliquer ? Stratégie de communication cesser de chercher à comprendre ce qui se passe dans la tête du président. On voudrait comprendre comment un ministre de l'intérieur arrive avec le préfet et tout le monde et nous dit regarde attention ça va être quelque chose le 31 octobre. Oui, c'est c'est la c'est le président qui a commencé. Oui, tout à fait. Donc je ne sais pas, c'est pour moi c'est un mystère parce que vous avez en
même temps le président qui dit "Je ne prends pas l'article 16" et de jours après qui convoque un conseil de renseignement, même pas de défense et qui dit "J'interdirai les manifestations qui avec zéro pouvoir puisqu'il ne s'est pas donné mais l'air d'avoir de lui décidé qui déclare ou pas une manifestation, qui a le droit de manifester ou pas." Et on a vu d'ailleurs assez rapidement que les tribunaux d'un côté et les préfets qui sont en général professionnels expérimentés ont trouvé d'autres moyens. Regardez, le préfet Moutou a géré une situation [raclement de gorge] à Orléan, une situation extraordinairement tendue et sensible de manière que saviez-vous d'ailleurs de la situation à Orlande, je rappelle un congrès du RN et le lendemain cit un samedi, il y avait le les discours sur
dimanche, il y avait véritablement un risque réel dans cette vie. le renseignement l'avait indiqué, les opérateurs l'avaient indiqué, mais devant l'organisation et la vous avez vu la la conférence de presse, j'ai préfis beaucoup c'était c'était clinique j'avais l'impression d'être vous savez dans un dans un cours de médecine légale. Donc on va couper ici, on va couper là, là on peut là on peut pas, ici là et n'essayez pas parce que je trouvais ça très propre, très carré. Il a commencé par la liberté de manifestation et la garantie absolue de cette liberté, ce qui est le minimum mais qui était très bien fait. Moi, je trouvais que c'était un un modèle. Donc l'État quand il veut et il peut. Mais c'est pour ça qu'on vous interroge Bor sur l'agitation politique ou en tout
cas l'affichage. Quand le président convoque un conseil de défense et de sécurité, moi quand j'ai vu ça, je dis conseil de défense mais où est l'ennemi ? Ah bah là, l'ennemi il est là, c'est tout le problème de l'État. Il est intérieur. Il a un problème. Non, c'est même pas intérieur. L'ennemi intérieur, c'est la 5è colonne. Non, c'est le peuple. Oh l'État a peur du peuple, c'est son drame, une peur panique, ce qui explique le problème du référendum. Alors pas c, pas ça, pas comme c pas comme ça. Ce qui explique un pays qui considère son peuple comme ennemi. Euh bah il en a un état. Un état. Ouais. Oui. Un état. Non pas le pays. Le pays c'est le nôtre. Évidemment. Non. On a un un problème entre la confiance entre la nation et l'État. Quand la nation sous-traite à l'État sa
protection et tout le reste et que ça marche, tout le monde est content. temp vous avez des des fractions de la nation qui sont pas contentes parce que le filox serra le prix de l'essence c'est mais sujet qui d'ailleurs souvent le covid c'est pas l'état qu'il a inventé il fait il fait comme il peut plus ou moins bien avec des erreurs la com dans le bêtisier historique sur les masques mais au moins on peut dire il fait comme il peut et d'ailleurs le premier ministre Philippe avait dit bah moi écoutez je fais ce que je peux comme je peux avec les moyens que j'ai gagné 18 points de d'opinion favorable parce que honnête mais l'État il peut être honnête quand on sait pas on sait pas quand on sait on sait quand on se trompe on se trompe. Il faut juste le reconnaître. Ouais c'est de dire les
dire la vérité. La vérité un principe procard. Et vous estimez que les acteurs de terrain, les préfets comme Hugmout et d'autres manière clinique disent des choses. Bah en tout cas j'ai je reconnais vous avez vu le procureur antiterrooriste sur l'affaire de trappe il vous dit ce qui est et ce qui n'est pas. Puis le lendemain, il vous dit "Ben voilà ce qu'on a découvert et voilà ce qui est." Et qu'est-ce que vous voulez dire à ça ? C'est un homme, le procurant antiterroriste comme le procureur Molin savant lui euh que à qui vous faites confiance parce que vous avez le sentiment qu'il vous dit les choses de manière carrée, claire et qu'il fait appel à votre intelligence. Il vous donne pas des injonctions contradictoires. Il vous dit pas que vous savez rien et que vous êtes débile
et qu' suffit de traverser la rue. Il vous dit voilà ce qui est, voilà ce que je fais et voilà comment ça marche. Et ensuite, il prend des questions. Parlons-en. Ça c'est l'attentat raciste de de Trap. Est-ce que tout ce dont nous parlons là se déroule à l'in climat politique délétaire ? Délétaire vraiment je paroxistique mais vraiment délétaire. Euh un hommage national est est prévu. C'est généralement un hommage national pour les victimes. Un moment de de recueillement, un moment de je dire de d'unité. Vous croyez encore à une unité possible dans un tel pays ? Bon, j'ai pas vu ça à l'Assemblée nationale dans le moment de silence que madame la présidente de l'Assemblée avait voulu faire à l'hommage de la victime décédée. Euh
et donc j'ai beaucoup regretté mais je veux dire l'Assemblée est devenue un spectacle plus qu'un parlement donc ça me désole parce que moi je suis pour la représentation la démocratie parlementaire. [raclement de gorge] Oui, mais elle s'est beaucoup dégradée. D'ailleurs, la plupart des parlementaires ayant un peu d'ancienneté vous disent qu'ils ne reconnaissent eux-mêmes pas l'Assemblée nationale. Je salue le rôle euh relativement paisible du Sénat mais y compris son apport en terme de commission d'enquête. Madame Ére sur le pays scolaire, la commission d'enquête sur le narcotrafic l'année dernière ont été des grands moments d'activité parlementaires consensuelles, intelligente, opérationnelle. Donc ça peut marcher. Ce qui est dommage, c'est qu'à l'Assemblée, on en soit loin. Mais bon,
euh on peut on appelle ça le chaudron, il parle. Alors le chaudron, le chaudron c'est également quand les responsables politiques et bien donnent leur avis sur tout et y compris sur des affaires qu'on leur demande. Oui, mais sur des affaires judiciaires, moi j'ai toujours compris Alain Ber c'est le système judiciaire et c'est le seul système d'ailleurs judiciaire qui qui décide de l'incrimination et du caractère à retenir. D'ailleurs, c'est le cas, c'est clairement raciste, clairement antiusulman dans l'attentat. C'est désormais prémédité et prémédité donc présorganisé. C'est un assassinat planifié. Effectivement, il y a une mise en examen que les politiques aillent parfois quel que soit le bord politique, mais plus vite que la musique sur des sur des
attentats et des affaires et des moments aussi sensibles. Bon, c'est le drame du moment. D'abord, on s'exprime beaucoup sur les réseaux avant de s'exprimer sur les plateaux et beaucoup trop vite sur les plateaux avant d'écouter le procureur. D'un côté où le magistratur, le procureur vous donne un état des lieux. C'est le magistrat qui a décidé de l'incrimination, de la mise en examen, de la détention. Vous avez un débat psychiatrique euh qui a été posé au moment des interrogatoires qui maintenant va se reposer au moment de la possibilité de savoir s'il y avait abolition ou altération. Attends, il sera jugé. [raclement de gorge] Peut-être non pas on sait rien de tout ça. On sait qu'il a été mis en examen et que pour assassinat avec donc ce qui la préméditation avec un et d'ailleurs
c'est votre chaîne qui l'a révélé je crois une première agression. Mais explique-moi quand il y a une préméditation est-ce que ça ne ça ne annile pas le fait pas du tout. On peut être on peut être un un un fou au sens même si ce mot veut absolument rien dire. Je pardon à mes collègues psychiatres. un un fou n'est pas obligatoirement agité, en train de hurler et il n'a pas le syndrome de Tourette. Euh, on peut être un fou très rationnel, un sociopathe totalement froid. Euh, on peut avoir une maladie mentale en sens large qui peut amener une préméditation euh très carrée, très méthodique et par exemple décider qu'on va tuer tous les enfants d'une maternelle. On est donc en capacité de et avoir une maladie psychiatrique qui vous empêcherait éventuellement d'être
condamné après un débat entre des experts de la maladie mentale. C'est insupportable, je le conçois, mais c'est comme ça que ça marche partout. Donc la question, elle est il est il a été reconnu apte à répondre aux questions avis psychiatrique. Il a été mis en examen et maintenant sa défense et le magistrat ou les magistrats instructeurs, je sais pas comment ça va se passer, vont décider de savoir qui, pourquoi, comment avec une enquête beaucoup plus approfondie qui va montrer un acte préparatoire lors d'une agression dans une station service mais là à main à main nu, je crois, euh suivi de la découverte de ce qu'il avait chez lui mais pas dans sa voiture. Et puis
dans un troisème moment, une décision de savoir s'il est apte à aller devant un procès sur ce qui a été découvert chez lui en terme d'armes et des outils en nombre. Je voudrais qu'on écoute le procureur à ce sujet, que vous nous expliquiez comment se ce ce se ce se ce ce se mit en examen cet individu peut avoir ce type d'arme chez lui qui manifestement ne vient pas des narcotrafic ou autres. Dans notre pays, ce sont pas des kalashnikov. Écoutons le procureur Sten. Oui. Les investigations ont été également en évidence la très grande préparation de l'action criminelle menée le 23 octobre 2026 dont l'acquisition dès le 3 septembre 2026 puis au cours de ce même mois de plusieurs éléments d'armes de
nature à renforcé l'efficacité tactique du pistolet mitrailleur Sten, d'un brassard police et de menot. La mise en état de ses affaires personnelles par Kevin T, notamment le remboursement de ses dettes familiales, la suppression le 21 octobre, soit de jours avant les faits, de l'ensemble de ses comptes de réseaux sociaux et la revente de son ordinateur portable, la dissimulation de son téléphone portable et puis un chargeur, deux points américains, une bayonnette en acier et un silencieux. Oui. Bah, il s'était il s'était préparé à une randonnée meurtrière, un périple meurtrier qu'il a exécuté. Heureusement avec plus de difficultés puisquil aurait faire pu faire beaucoup plus de victimes au cours de ces je sais plus si ces six
ou h euh [raclement de gorge] arrêts euh beaucoup des une arme qui est d'une mauvaise qualité donc qui s'est enrayé. Alors je sais pas si c'est à cause de l'arm sont des armes anciennes qu'ils arrivent à se procurer parce que les propriétaires ne sont pas très regardants. Les vols en général vous savez qu'il y a eu un hacking à Fédération française de il y a eu beaucoup de vols d'armes anciennes et modernes ou les données personnelles qui ont fuité aussi qui ont fuité donc al les données personnelles permettant d'aller voler puisqu'on sait où sont les où sont les armes ou en tout cas les possesseurs ou les propriétaires. Donc non, c'est il y a beaucoup d'armes anciennes dont on sait qu'elle qu'elle tirent plus ou moins bien en fonction alors j'ai été rappelé par un
spécialiste des armes dire non ces armes peuvent peuvent tirer très bien mais il faut qu'elles soit très bien entretenues et que l'opérateur en soit très expérimenté. Donc je précise ce que j'ai dit préalablement c'est pas que ça tire mal et cetera, c'est qu'en général c'est mal entretenu et que l'opérateur ne sait pas très bien s'en servir donc que ça tire mal. Mais là, il aurait pu faire beaucoup plus de dégâts. Déjà, je pense à la petite fille qui a pris 8 balles, je crois, tout. Mais il aurait pu tuer beaucoup plus de monde. Il a été retrouvé non pas des tractes du RN, mais des autocollants qu'il a lui-même fabriqué, marqué effectivement chez lui. Vive la France, vive le RN. Vous avez vu la teneur du débat politique. Est-ce que vous pensez Alain Bower qu'il sera encore possible d'avoir
un débat serein bah sur la sécurité d'ailleurs, sur les religions ? par ailleurs sur l'immigration et d'autres thèmes ou alors que nous vivons un moment paroxistique et que ça va se passer d'une manière assez inédite pendant les les 5 mois et demi qui nous séparent de la présidence jusqu'à la présence. Alors déjà c'est pas inédit. Moi je me rappelle des municipales de 83 à Marseille où la question immigration et insécurité avait mis en ballotage Gaston de Fer. J'y suis allé donc j'ai un souvenir et où la campagne était d'une brutalité dans les mots ou euh qui en général amène une certaine forme de brutalité dans les actes. pens que les mots la violence des mots précède la violence des actes toujours il les justifie il il crée les alors en plus avec les algorithmes des
réseaux sociaux qui sont pas des réseaux sociaux c'estàd l'enfermement dans une voie de circulation où il n'y a plus de doute plus de discussions et où le système ne vous met que des avis qui sont le même que le vôtre et qui le renforce et qui l'enracinent et qui vous interdisent la discussion et le dialogue avec les autres. Oui. Euh je ne suis pas très optimiste sur la question des débats sur des sujets aussi euh difficiles euh que immigration et insécurité alors que en 83, en 89 euh euh les mêmes questions s'étaient posées en 95, en 2002, en 2007, hein, c'est ce sont des des longs moments. Mais chaque fois euh le le la population avait réussi à trancher parce que la réponse de l'État était soit claire, soit
cohérente. Euh là, elle ne l'est plus. Mais que disent les renseignements ? C'est important sur ce qui pourrait advenir là des de ces mois avant une élection présidentielle et peut-être même du 3e tour euh électoral. Est-ce qu'il y a vraiment des craintes qu'il y a une forme de délégitimation du scrutin ? Oui, parce que le scrutin est délégitimé partout désormais avant même que le scrutin ait lieu. Il est légitimé aux États-Unis avant que les élections de mid terme a lieu. Il était délégitimé quand le président Trump a perdu contre le président Biden. Vous avez eu ce débat stop the steel. Euh il est actuellement on pourrait revivre la même chose en de délégitimation en Israël où on explique que les 20 % des populations arabes qui ont voté pour des partis
arabe et ben en fait ils ont truqué le scrutin. Alors c'est très proportionnel. Ils auraient 40 % des voix. On pourrait dire qu' effectivement on a une surprise mais que pour la première fois la plupart des citoyens arabes d'Israël qui boycottaient l'élection au Parlement israélien ont décidé d'aller voter pour se débarrasser de Benjamin Netaniaahou. Bah c'est juste un problème pour Benjamin Netaniaou. Euh c'est pas un problème pour empêcher les citoyens arabes d'Israël qui sont donc des citoyens arabes d'Israël de voter pour qui ils veulent. Donc la question centrale, elle est que euh voilà, mais on était avec Antoine Aberdorf il y a quelques semaines, on a échangé et on disait "Oui, mais attention, il se passe un truc, c'est que le 3ème tour est en train d'avoir lieu avant le premier."
Tout le monde s'attendait à un trisème tour social, nous sommes en train de le vivre. Attendez, le 3è tour, c'est un 3è tour électoral en réalité, c'est-à-dire que ce qui se joue, un mouvement social, il a toujours un débouché politique. Donc qui peut aller dans une manifestation aujourd'hui ? Vous voulez dire de la classe politique ? Oui. Les élus de la France insoumise. Ouais. Pas les autres. Bah visement, ils ont du mal. Alors voici à Orléan, il une sorte de Oui. réunification de de la gauche. Beaucoup beaucoup des candidats se regardent, ils vous expliquent tous un truc assez fascinant. Toutes les revendications sont légitimes. Ouais. Vous noterez que pas un de vos invités, quelle que soit sa difficile de la remettre en cause. Oui. Oui. De l'ultra ultra droite à l'ultra
ultra gauche, vous dire "Ah non, mais tout est légitime." Bon et pourtant, ils ne sont pas en situation de discuter avec un mouvement dont ils sont les premiers à dire que c'est légitime. Moi quand je dis qu'un mouvement est légitime et que je vais manifester, ça m'arrive pas. Imaginons que ça m'arrive ce qui pourrait avec les étudiants et les lycéens. Je pense que je vais pas me faire expulser du truc dans 3 minutes, ni me faire cracher à la figure. Pourtant, pour des raisons extrêmement curieuses, il y a une sorte de rejet d'une partie de la classe politique alors même qu'elle ne dit pas non, rien zéro. Il y a il y a un truc qui est en train de se passer quand le monde a fait son enquête 13000. très intéressante enquête qui montre la vision que chaque groupe politique a des
autres groupes politiques. Alors, ils se détestent tous mais ce qui était fascinant c'est qu'il déteste tous les abstentionnistes dont le principe fondateur c'est qu'ils sont pas partisans puisqu'ils sont abstentionnistes. Et ben même les abstentionnistes qui n'ont donc pas d'avis qui ne s'expriment pas et même si c'est une part importante de la population française sont détestés par tous les groupes politiques alors que d'habitude on va plutôt les chercher que les rejeter. niveau conflictualité de radicalisation du débat politique chez les français pas seulement chez les responsab et pour conclure à votre livre évidemment Alain Bower pour sauver nos enfants et là d'un péril au combien important dévastateur la pédocriminalité le Sénat a voté le
fait de rendre imprescriptibles les crimes sexuels contre les enfants. Je sais moi je symboliquement ça marque que c'est c'est insupportable que ça ne s'effacera pas. Ça ne s'effacera c'est c'est important. Bah d'abord ça ne s'efface pas chez les victimes. Donc c'est un problème de reconnaissance. Ensuite l'imprescriptibilité c'est un sujet intéressant mais un peu tard puisque c'est après quand on comprend que vous savez 5,5 millions de victimes d'une agression sexuelle pour les adultes vivants en France 160000 nouveaux par an. une étude euh du ministère de l'éducation nationale qui vient de paraître qui montre que en le CE2 en CE2 cours élémentaire 2e année, 40 % des élèves sur un questionnaire indiquent avoir été victime d'une agression
sexuelle de diverses natures, c'est-à-dire trois fois plus que ce que nous estimions qui était d'être de 10 %. L'ampleur du sujet n'est traité par à peu près aucun candidat à la présidentielle, sauf une. Une curiosité et je ne comprends pas pourquoi on une qui est-ce une candidate et qui est-ce madame Le Pen, elle a fait une heure sur le sujet. C'est c'est pas que je non c'est un constat, c'est un fait que vous les autres. Où sont les autres sur un tel sujet ? Parce que quand vous parlez à 5,5 millions de victimes, aux parents qui ont peur du périscolaire, de l'aide sociale à l'enfance, des sports, enfin qui ont peur d'à peu près tout désormais et que des parlementaires eux courageux
essayent de reprendre les choses en main et que premier amendement à l'assemblée, c'est on va pas faire l'entretien scolaire parce qu'on a pas les moyens. Non, c'est terrible. C'est dévastateur. Oui. On va peut-être en 2032. Alors, facile. 2032 30 31 32 Ça fait 6 fois 160000. Ça fait 1 million de victimes de plus. En attendant que quelqu'un se décide à adopter des textes. Ce l'imprescriptivité est un élément symbolique. Moi, j'attends les éléments pratiques et c'est ce que j'ai voulu faire dans ce livre qui est mon livre. liv oui c'est-à-dire créer une mobilisation pour que ce sujet devienne un sujet de la présidentielle et pas un truc dont on parle quand quelque chose Oui. Je vous en remercie et puis je sais votre attachement à ce sujet depuis bien plus longtemps que
l'apparition de ce livre. Je vous remercie. Merci pour votre mot. Un hommage national prévu.