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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 12 février 2024 20 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéOutre-merTravail & emploi

Face à Face : Sabrina Agresti-Roubache - 12/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:17OuverteRéponse directe

    Vous êtes secrétaire d'État à la Citoyenneté à la Ville et certains vous présentent comme la ministre anti-émeute.

  • 0:26OuverteRéponse directe

    On y revient d'abord, la fin du droit du sol à Mayotte.

  • 0:30OuverteRéponse directe

    La fin du droit du sol à Mayotte, annonce faite hier par le ministre de l'Intérieur.

  • 2:03OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'expression « droit du sol » vous dérange ?

  • 3:01RelanceRéponse partielle

    Sabrina Grissier-Bache, finalement, elle avait raison Marine Le Pen, alors ?

  • 3:17RelanceRéponse partielle

    Pourquoi avoir attendu 6 ans pour reprendre cette mesure ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36PrésentateurFait
    « Il ne suffira plus d'être né à Mayotte, il faudra être enfant de parents français. »
  • 1:11Invité politiqueFait
    « Notre département, le département de Mayotte, subit une vague d'immigration illégale, irrégulière, féroce. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « Vous naissez à Mayotte, vous devenez français. »
  • 1:59PrésentateurFait
    « Je précise le droit du sol qui avait été largement modifié en 2018 et durci. »
  • 3:51Invité politiqueFait
    « Le climat insurrectionnel dans lequel vivent les maorais. »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « Les difficultés qui les exposent. La délinquance. »
  • 4:12Invité politiqueFait
    « Il y a maintenant sur place des forces de l'ordre qui réunissent beaucoup plus de forces de l'ordre que même sur notre territoire limite nationale, que ce soit à Marseille, à Paris ou à Lyon. »
  • 5:13Invité politiqueFait
    « La fin des visas territorialisés, c'est important. Maintenant, Mayotte sera soumise au même droit commun que le territoire national. »
  • 6:33Invité politiqueFait
    « Nous ne sommes pas soumis à la même pression migratoire à Mayotte que sur le territoire national. »
  • 12:06PrésentateurChiffre
    « 1180 mineurs identifiés comme auteurs d'infraction, 40% ayant entre 13 et 15 ans. »
  • 15:07Invité politiqueChiffre
    « C'est 79 millions d'euros sur les crédits politiques de la ville engagés chaque année. »
  • 15:14Invité politiqueChiffre
    « Sur le post-émeute, 29 millions. »

Temps de parole

  • Sabrina Agresti Roubache83 %
  • Présentateur17 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face, Néhila Latrousse. Il est 8h33 sur BFM TV et RMC, mon invité Sabrina Gristier-Roubache, bonjour. Bonjour Néhila Latrousse. Vous êtes secrétaire d'État à la Citoyenneté à la Ville et certains vous présentent en quelque sorte comme la ministre anti-émeute. Vous êtes notamment sous la tutelle de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur. On y revient dans un instant d'abord, la fin du droit du sol à Mayotte. Sabrina Gristier-Roubache, annonce faite hier par le ministre de l'Intérieur sur l'île pour devenir français. Il ne suffira plus d'être né à Mayotte, il faudra être enfant de parents français. C'est ce qu'on appelle le droit du sol en fait.

0:43
Sabrina Agresti Roubache

Non, c'est plutôt le droit du sol. Le droit du sol, il faudra une réforme constitutionnelle déjà. Parents français, c'est le droit du sol. Non, c'est le droit du sol qui va être modifié. Pourquoi ? Parce qu'à Mayotte, des drames humains arrivent, et vous en avez parlé hier, je vous ai écouté, ces fameuses petites embarcations qui s'appellent des kwasas, sur lesquelles les femmes viennent accoucher, qui viennent notamment en grande majorité des comores, pour accoucher dans des conditions catastrophiques. Tout ça pour que leur enfant puisse être maorais, donc français.

Donc notre département, le département de Mayotte, subit une vague d'immigration illégale, irrégulière, féroce, et où les maorais n'en peuvent plus. C'est pour ça que le ministre de l'Intérieur s'est déplacé ce week-end en urgence, dans ce climat tout à fait insurrectionnel. Et il était temps, à mon avis, de prendre une mesure forte pour répondre à une demande. Vous savez, il ne faut jamais avoir mis ses pieds là-bas, à Mayotte, et savoir ce que nos concitoyens maorais vivent à cause de cette immigration, justement, qui est poussée par ce fameux droit du sol. Vous naissez à Mayotte, vous devenez français.

Et du coup, c'est un point d'arrêt, je pense, nécessaire à cette vague d'immigration illégale, et aussi avec des situations humaines. Vous savez, je pense à ces femmes, je vous en parlais, qui accouchent dans des conditions catastrophiques. Je pense qu'il était temps de revenir quand même sur cette mesure.

1:59
Présentateur

Je précise le droit du sol qui avait été largement modifié en 2018 et durci. Est-ce que l'expression « droit du sol » vous dérange ?

2:05
Sabrina Agresti Roubache

Vous me dites « ça reste du droit du sol ». Non, écoutez, moi, il n'y a rien qui me dérange. Ce qui me dérange, c'est de voir nos compatriotes souffrir. Ça, ça me dérange. Les mots ne me dérangent pas. Les mots M-O-T-S ne me dérangent pas. Mais les mots M-A-U-X me dérangent. Oui, les mots de ce que vivent nos concitoyens là-bas, ça me dérange. Ça m'empêche de dormir. Donc oui, je pense qu'il était temps. Et de toute façon, la révision constitutionnelle, on va pouvoir convoquer. Alors, il y a deux méthodes. Ou le référendum, ou réunir en congrès le Parlement. Mais je pense que c'est une mesure forte. Ça peut être un référendum ? Très courageuse. Très courageuse.

Vous n'excluz pas le référendum ? Non, mais ça fait partie de ce qui est sur la table quand vous révisez la Constitution. Donc, par définition, vous ne l'excluz pas ? Par définition, je ne l'exclu pas. Mais c'est au ministre de l'Intérieur de mener cette révision constitutionnelle. Et je pense que... En tout cas, pas je pense. Je sais, puisque j'ai eu beaucoup d'appels depuis. C'est une mesure qui a été extrêmement bien accueillie par la communauté maorée en France, bien sûr. Et aussi celle qui vit sur place. Sabrina Grissio-Bache, finalement, elle avait raison Marine Le Pen, alors ? Écoutez-moi, mon sujet, ce n'est pas de savoir si Marine Le Pen avait raison. Ce qui m'intéresse de savoir...

3:09
Présentateur

Il y a une proposition de loi qui a été déposée par Marine Le Pen en mars 2018, il y a 6 ans. Je sais. Emmanuel Macron était déjà président. A l'époque, vous ne l'avez pas reprise. Donc, soit elle avait raison il y a 6 ans. Non. Et le sujet, c'est pourquoi avoir attendu...

3:20
Sabrina Agresti Roubache

Le contexte international, non. Ce que vous oubliez, c'est quand même... Soit c'est une mauvaise mesure et pourquoi la reprendre aujourd'hui ? Non, parce que vous savez, la mauvaise mesure d'hier devient une bonne mesure maintenant parce que le monde change. Ça ne vous a pas échappé. Le monde change. C'était une mauvaise mesure en 2018 ? Non, c'était une mesure qui ne s'imposait pas de fait. Là, maintenant, je pense, et au regard de ce que vivent... Regardez quand même ce que vivent nos compatriotes maorais là-bas. Donc, à un moment donné, moi, je ne veux pas savoir si c'est Marine Le Pen qui a raison ou si... En 2018, c'était trop tôt, vous dites. Non, le climat n'était pas le même.

Le climat insurrectionnel dans lequel vivent les maorais. Les difficultés qui les exposent. La délinquance. Et regardez, il y a maintenant sur la table Wombuchou 2. C'est quoi ? Lutte contre l'habitant insalubre. Lutte contre la délinquance. Lutte contre l'immigration irrégulière. La première opération n'avait pas très bien réussi. Eh bien, écoutez, en tout cas, ça avait été dénoncé. Mais le ministre de l'Intérieur a décidé, et il a bien fait, de continuer à amplifier les mesures. Il y a maintenant sur place des forces de l'ordre qui réunissent beaucoup plus de forces de l'ordre que même sur notre territoire limite nationale, que ce soit à Marseille, à Paris ou à Lyon.

Donc, non, non, je pense qu'au contraire, le ministre de l'Intérieur a pris à bras le corps ce sujet. Et il ne faut jamais oublier. Moi, je ne suis pas là pour commenter si un tel a eu raison. Mais je parle de mon camp aussi. Je veux juste savoir comment est-ce qu'on change la vie des Français au quotidien. C'est ça le plus important.

4:34
Présentateur

On parlait des moyens. Gérald Darmanin a aussi annoncé un rideau de fer maritime, en quelque sorte, pour empêcher les bateaux que vous évoquiez, les Quassa, Quassa, notamment venus des Comores, d'accoster sur Mayotte. À quoi ça ressemble un rideau de fer maritime ? C'est quoi ? C'est des moyens en plus ?

4:47
Sabrina Agresti Roubache

Ce sont des moyens en plus. Non, le rideau de fer, c'est une image, c'est une métaphore. Ça empêche, évidemment, c'est pour empêcher ces embarcations. C'est des bateaux supplémentaires qui vont... Des bateaux supplémentaires, de la surveillance, de la police maritime supplémentaire, qui va empêcher, justement, vous savez, de venir. Encore une fois, est-ce qu'on peut accepter, en 2024, d'accepter que des femmes viennent accoucher dans des conditions catastrophiques, déplorables, inhumaines, dans ce type d'embarcation, pour que leurs enfants puissent avoir, justement, la nationalité française ? Et autre chose, la fin des visas territorialisés, c'est important.

Maintenant, Mayotte sera soumise au même droit commun que le territoire national.

5:21
Présentateur

Sabrina Grissier-Roubage, vous entendez ce que disent ce matin Éric Zemmour, Éric Ciotti, le Rassemblement National. Pourquoi Mayotte et pas le reste de la France ? Qu'est-ce qui empêche demain, par exemple, les Alpes-Maritimes ? Allez, nouvelle arrivée de bateaux sur les côtes italiennes.

5:34
Sabrina Agresti Roubache

Je ne vais pas apprendre à M. Ciotti ou à M. Zemmour que nous ne sommes pas dans la même zone géographique. Ce que vivent nos compatriotes, encore une fois, à Maorée, c'est sans commune mesure ou sans commune comparaison avec les Alpes-Maritimes ou Marseille. Regardez, je suis marseillaise. Vous ne pensez quand même pas que vous n'avez pas ouvert une brèche ? Non, on n'a pas ouvert une brèche. Qu'est-ce qui empêche de voir ? Allez, la Guyane, les Bouches-du-Rhône, vous évoquez Marseille.

Les départements et les territoires d'outre-mer ne peuvent pas, ne peuvent pas, ne peuvent pas être considérés comme le territoire national pour une raison simple, c'est que leur géographie ne permet pas la même chose. Donc, à un moment donné, moi, je veux bien que tout, on puisse tout mélanger, dira, mais pourquoi pas ceci, pourquoi pas... Non, non, moi, je parle de mesures concrètes. Pourquoi est-ce qu'un maillot ?

6:16
Présentateur

Les brèches juridiques, à défaut, vous dites que les situations ne sont pas comparables. Certes, juridiquement, vous créez la possibilité pour un département de dire qu'on veut déroger au droit du sol.

6:25
Sabrina Agresti Roubache

Non, on ne veut pas.

6:26
Présentateur

Qu'est-ce qui empêcherait, encore une fois, quand Éric Ciotti ou Éric Zemmour vous disent qu'il doit y avoir la même possibilité en France métropolitaine ?

6:33
Sabrina Agresti Roubache

Parce que nous ne sommes pas soumis à la même pression migratoire à Mayotte, nous ne sommes pas soumis, je vous réponds très simplement, nous ne sommes pas soumis à la même pression migratoire à Mayotte que sur le territoire national. Ma réponse est tout à fait claire, tout à fait claire. Mais leur argument, c'est de dire, et qu'est-ce qui se passe si c'est le cas demain ?

6:45
Présentateur

En disant, Mayotte, c'est l'avant-garde de ce qu'il y a dans la France métropolitaine.

6:48
Sabrina Agresti Roubache

C'est une histoire de courage politique. La mesure qui s'imposait, prise par le ministre de l'Intérieur, avec, évidemment, la validation du Premier ministre Gabriel Attal et, évidemment, le président de la République. C'est qu'à situation catastrophique, réponse exceptionnelle. Voilà ce qui se passe. Et puis, honnêtement, je pense qu'il est temps maintenant d'arrêter de mettre de l'huile sur le feu. Parce que, vous savez, je viens d'un territoire... Regardez, je vous reparle de Marseille. Pourquoi ? Parce que Marseille aussi, c'est un territoire compliqué. Mais est-ce qu'on va continuer à se dire « Ah oui, alors là, il faudra déroger ». Non, il ne faut pas déroger. Il faut déroger...

Ce que vous nous dites, c'est le président qui décide. Où est-ce que c'est possible, où est-ce que ce n'est pas possible ? C'est le président de la République. Déjà, je rappelle quand même à tout le monde que nous sommes là par le président de la République et, bien sûr, sur proposition du Premier ministre. Ça, c'est la première chose. Nous avons... Moi, en tout cas, j'ai été élu le ministre Gérald Darman. Non, le Premier ministre avec le président de la République. Et nous sommes là quand même parce que nous adhérons à une ligne politique. Mais bien sûr, c'est quand même le président de la République française. Heureusement. Mais heureusement.

Moi, je suis même surprise qu'on puisse me poser ce genre de questions. À partir de quel volume d'immigration est-ce qu'on doit déroger au droit du sol ? Vous savez, je ne sais pas mettre le curseur. Ce que je sais sur Mayotte, vraiment, pour conclure sur Mayotte, c'est que le climat insurrectionnel a obligé le ministre de l'Intérieur à se déplacer sur place. Et parce qu'à un moment donné, le message des Maorais, de ceux qui vivent à Mayotte, cette situation, encore une fois, extrêmement compliquée, extrêmement grave, on ne pouvait plus faire semblant de ne pas les entendre.

Et vous savez, c'est une mesure forte, courageuse, mais encore une fois, pour répondre à des mots M-A-U-X que la population nous a envoyés et ça a été entendu. Et je m'en réjouis de cette réforme constitutionnelle sur le droit du sol pour Mayotte. Donc, à l'avenir, chacun met le curseur où il voudra.

8:36
Présentateur

Si demain, vous n'êtes plus en responsabilité.

8:37
Sabrina Agresti Roubache

Non, pas chacun met le curseur où il voudra. Pas du tout. C'est on met le curseur là où les Français en ont besoin. C'est ça qui est important. Ce n'est pas de savoir si on se fait plaisir ou pas. C'est où est-ce que nos compatriotes ont besoin de nous et où est-ce qu'on peut. Donc, d'après les sondages ? Non, pas du tout. Le terrain. Pas les sondages. Moi, je ne lis pas les sondages. Je ne sais pas lire un sondage puisque les sondages disent toujours tout et son contraire. J'écoute. Moi, je suis une fille de terrain. Moi, je suis née, comme je le disais, dans la rue et je passe ma vie dans la rue. Donc, ce qui m'intéresse, c'est ce qu'on me dit parce que les journaux disent.

9:05
Présentateur

Sabrina Grissier-Aubach,

9:06
Sabrina Agresti Roubache

je rappelle,

9:07
Présentateur

vous êtes secrétaire d'État à la citoyenneté et à la ville. Concrètement, en quoi ça consiste, citoyenneté et ville ?

9:13
Sabrina Agresti Roubache

Alors, la ville, c'est les quartiers prioritaires. 1500 quartiers prioritaires qui couvrent le territoire national et bien sûr, les Outre-mer. Ça, c'est pour la partie ville, donc la partie quartier prioritaire. Et sur la citoyenneté, j'ai de très vastes sujets. L'apprentissage du français. J'ai la lutte contre la délinquance. J'ai la lutte contre la radicalisation. J'ai la laïcité. J'ai aussi les naturalisations. Donc, la citoyenneté est un champ extrêmement vaste. Certains vous présentent comme la ministre entier meute. Vous reconnaissez dans la définition ? Oui, pourquoi pas ?

Non, oui, moi, vous savez, si on me définit comme ça, moi, ce qui compte, c'est que je me considère aussi comme la ministre proche des gens. La vie du quotidien, je l'avais dit, les politiques composent mon portefeuille, c'est la politique du quotidien. Comment est-ce que je change la vie des gens et donc de nos compatriotes au quotidien ? C'est plutôt comme ça que je définis mon ministère. Vous dépendez notamment,

10:06
Présentateur

je le disais, du ministère de l'Intérieur, notamment. Et de la transition écologique pour la partie ville. Sur la partie ministère de l'Intérieur, les chiffres de la délinquance publiés au mois de janvier sur l'année dernière ne sont pas franchement bons, notamment sur les homicides, symboliques des 1 000 homicides dépassés, plus 13% de tentatives d'homicides, plus 7% pour les agressions physiques, 8% pour les violences sexuelles. Et pourtant, budget après budget, on entend la majorité dire mais regardez, on a plus de moyens.

10:31
Sabrina Agresti Roubache

Où vient le paradoxe ? Par plusieurs choses. Je vais prendre un exemple. Je l'annonce maintenant. Je lance une grande concertation de rénovation de la politique de la prévention de la délinquance. Pourquoi ? Parce que ça fait bien longtemps maintenant qu'elle n'a pas été... Reposé, ça veut dire que je lance une grande concertation. J'ai demandé à 25 préfectures de consulter leurs élus locaux, de consulter les associations, de consulter les habitants parce qu'il y a un mot aussi que je n'entends plus, les habitants, ceux qui sont concernés, sur faites-moi remonter des idées. De quoi avez-vous besoin ? Comment est composé votre territoire ? Marseille, ce n'est pas Brest.

Brest, ce n'est pas Metz. Metz, ce n'est pas la Corse. Donc, on ne peut pas faire quelque chose de global sans avoir concerté le local. Ça, c'est la première chose. Et à la fin de cette concertation... c'est d'empêcher le basculement

11:16
Présentateur

dans la délinquance ?

11:17
Sabrina Agresti Roubache

Vous voyez, Néla Latrousse, il y a un mot qui a disparu. Moi, j'ai 47 ans, j'appartiens à une génération qui a connu le mot prévention. Je veux que le mot prévention, puisque c'est le bas du spectre, avant le passage à l'acte, soit intensifié. Il faut qu'on puisse empêcher les choses et non plus faire que les pensées. vous demandez des idées pour empêcher le passage à l'acte. Absolument. Et je m'appuie sur les élus locaux, je m'appuie encore une fois sur les associations, sur les habitants et sur les préfets pour me proposer des idées qui viennent du terrain.

Vous savez, le bon sens du terrain, je veux qu'il soit au-dessus de la pile et qu'on arrête justement de faire des normes, expliquer qu'il faut faire ça depuis Paris. Moi, je suis une fille de la province, je suis une fille de Marseille, donc vous imaginez bien que dans mon esprit, les idées ne vont pas venir de Paris pour redescendre sur les territoires. Mais de Paris, on a des statistiques

12:03
Présentateur

et notamment sur l'âge de la majorité des auteurs de crimes ou délits entre 15 et 24 ans. Lors des émeutes de l'an dernier, 1180 mineurs identifiés comme auteurs d'infraction, 40% ayant entre 13 et 15 ans. Quel portrait ça dessine

12:16
Sabrina Agresti Roubache

de la France ? Plusieurs choses. Marseille n'a jamais été touchée par des émeutes urbaines, regardées en 2005, et pourtant là, on l'a été. Alors, plusieurs explications, plusieurs choses. Les réseaux sociaux, non mais ce que je pense, que tout le monde oublie, les réseaux sociaux ont beaucoup, beaucoup formaté notre jeunesse. Et notre jeunesse sur vraiment le 10-11 ans, parce que regardez, on a eu des émeutes qui avaient 11 ans. Donc les réseaux sociaux. Après, je pense, c'est pas tellement la démission des parents, mais plutôt, comment est-ce que la société a licencié les parents ?

Je crois que c'était Alain Bourreur qui avait utilisé cette excellente expression sur l'autorité parentale et l'autorité de la société. Donc le Premier ministre l'a rappelé. C'est pour ça qu'on proposait

12:58
Présentateur

des places d'internat ? Absolument. Pour éloigner les jeunes qui sont sur la mauvaise pente ?

13:03
Sabrina Agresti Roubache

Non, exactement. Aider les parents, parce qu'il y a plusieurs choses. Gabriel Attal a rappelé, tu casses, tu répares. Moi, j'avais dit, dès que j'ai été nommé aux parents, on est responsable de ce qu'on fabrique. Sauf, par exemple, pour les familles monoparentales qui ont besoin d'une aide particulière, parce que souvent, ce sont des mamans seules avec des enfants qui sont dans des quartiers compliqués et qui n'arrivent plus à assumer. Et comment il est reçu ce discours, justement ? Écoutez, venez avec moi. Venez avec moi. La demande d'autorité des parents sur les jeunes est phénoménale.

Quand je me déplace lors de mon premier déplacement dans la Sarthe, au Mans, chez Stéphane Le Foll, je suis interpellée par une maman. Et qu'est-ce qu'elle me dit, la maman ? Elle me dit, voilà, à cause de vous et à cause de vos lois, on n'a plus le droit de punir vos enfants. Et je lui ai répondu une chose. Mais non, madame, l'autorité, ce n'est pas les lois qui font l'autorité des parents. C'est l'autorité naturelle des parents. Et je lui disais, j'ai grandi avec... Moi, j'ai été élevée par ma grand-mère qui disait, je préfère que ce soit toi qui pleures, donc l'enfant, plutôt que le parent. Donc, un retour aussi, quand même, de qui commande dans une famille.

Donc, le parent, c'est l'autorité. Et la première autorité face à un enfant, ça ne doit pas être la police. Et si le parent ne commande pas, vous dites,

14:06
Présentateur

30 000 d'internat, Gabriel Attal en a un arrêt de 50 000.

14:10
Sabrina Agresti Roubache

Absolument,

14:10
Présentateur

gratuit, pour les familles.

14:12
Sabrina Agresti Roubache

Ça va suffire ? C'est arrivé à Matignon. Ce qu'il a dit, c'est le discours que les parents attendent. À un moment donné, tu défines... C'est un peu Pascal le Grand Frère. Non, c'est pas Pascal... Non, c'est pas Pascal le Grand Frère, parce que... C'est une référence à une émission de télévision pour nos auditeurs et les spectateurs. Sabrina Gressier-Roubach. Moi qui viens de la télé, je connais bien ce programme. Mais plus sérieusement, non, le Premier ministre a eu raison de rappeler quelques fondamentaux sur l'autorité. Vous savez, un enfant a besoin d'un cadre. Moi-même, je suis maman, et là, c'est même plus la ministre qui vous parle.

C'est à nous de protéger, c'est aux adultes de protéger les enfants. Et souvent, les protéger d'eux-mêmes. Et autre chose concernant justement l'éducation, j'ai dans mon portefeuille sur les politiques de la ville les cités éducatives. C'est quoi les cités éducatives ? Le président, j'ai une commande ferme du président et du Premier ministre de généraliser les cités éducatives à 2027. Donc, c'est 79 millions d'euros sur les crédits politiques de la ville engagés chaque année. Et je rajoute cette année, justement, sur le post-émeute, 29 millions. Et c'est quoi une cité éducative ?

C'est la communauté éducative qui travaille avec les élus locaux, avec des associations et qui permet aux parents de s'intégrer dans le projet pédagogique. Le périscolaire, l'extrascolaire. Comment est-ce qu'on aide les familles justement à faire faire les devoirs, à avoir accès à des activités culturelles, des activités sportives après l'école ? C'est ce qui se passe en dehors de l'école sur les cités éducatives. Et donc, c'est un dispositif qui est vraiment aimé et très demandé par les élus locaux. Et donc, j'ai demandé, j'ai accédé à une demande des élus locaux de cette généralisation. Et c'est une instruction claire du président de la République et du Premier ministre qui m'a été faite.

Les travaux d'intérêt éducatif pour les moins de 16 ans, ça peut ressembler à quoi ? Ça peut ressembler, là je pense qu'il faut laisser le garde des sceaux. C'est pas encore finalisé ? Absolument. Moi, je vais laisser tranquillement le garde des sceaux de faire des propositions. En revanche, encore une fois, les parents ont des idées. Il faut de la consultation. Il faut des élus locaux aussi qui se mêlent à cette discussion parce que c'est eux qui vont, encore une fois, le bon sens du terrain au-dessus de la pipe.

16:16
Présentateur

Vous avez rencontré, peut-être samedi, ou peut-être vous allez me dire que je la connaissais déjà, Nicole Belloubet, nouvelle ministre de l'éducation. Vous la connaissiez ? Non, je suis la professeure

16:24
Sabrina Agresti Roubache

de droit comme mon mari, donc oui. Avec tous les autorités, elle qui critiquait les fariboles du retour de l'autorité. Écoutez, moi, ce que je vois, c'est que c'est une professeure de droit, de droit constitutionnel qui arrive, quelqu'un qui a occupé des fonctions importantes, elle n'était pas forcément en phase avec les sujets d'autorité. Elle est directrice de Limoges et de Toulouse, je suis moi-même femme de recteur. Mon mari est recteur en Corse. Donc, je pense que de confier l'éducation nationale à ceux qui connaissent la communauté éducative, c'est une excellente idée et un excellent choix.

16:57
Présentateur

Le Premier ministre, Sabrina Grestia-Roubach, a annoncé hier un plan anti-stupe pour lutter contre les trafics de drogue qui gangrènent les villes moyennes. C'est le nouveau terrain de jeu des trafiquants, ces villes moyennes.

17:08
Sabrina Agresti Roubache

Gérard Darmanin ? La consommation, on est là à la trousse, la consommation, le truc, c'est qu'on a toujours mis, pardon, je fais juste une petite... Excusez-moi, pardon de vous avoir coupé, mais vraiment, c'est très impoli, mais juste pour vous dire qu'on a souvent stigmatisé les grandes villes sur le trafic de drogue et maintenant... Et les opérations dans les grandes villes ont conduit à la reconstitution des trafics dans les villes moyennes. Non, la consommation, encore une fois, je l'ai dit, je l'assume. Pas de consommateur, pas de dealer.

Venez parler comme moi avec les mamans, par exemple, le collectif des familles que je vais voir jeudi à Marseille, le collectif des familles victimes des assassinats. Qu'est-ce qu'elles vous disent ? C'est quand qu'on agit sur les consommateurs, c'est quand qu'on parle bien sûr de prévention

17:45
Présentateur

liée au narcotrafic l'an dernier dans les boules du Rhône.

17:48
Sabrina Agresti Roubache

Je sais, il faut n'être pas payé. Non, vous savez, il y a une stratégie qui a été mise en place par le ministre de l'Intérieur et la préfète Frédérique Amieri qui maintenant nous quitte et qui part à la préfecture. Absolument, préfet de police à Marseille. Bientôt ex-préfet du Boulogne. Exactement, et nous nous accueillons en préfet de police Pierre-Édouard Colliac qui était le conseiller police du ministre à mort. C'est assez contre-impuitif de dire, regardez, on lutte contre le trafic de drogue mais il y a plus de mort. Il fallait accepter, il faut accepter que si on réduit les points de deal, il faut accepter, c'est une donne. La stratégie du pilonnage, c'est quoi ?

C'est moins de points de deal sur Marseille, par exemple, moins 70 points de deal en deux ans. Donc forcément, vous réduisez les parts de marché. En revanche, ce qui n'a pas été réduit, ce sont le nombre forcément les parts de marché se disputent plus violemment, de manière beaucoup plus criminelle et évidemment, je ne sais pas si c'est le prix à payer mais en tout cas, il fallait une stratégie pour arrêter justement la non-midiée. On parle même d'une militarisation

18:45
Présentateur

du trafic de drogue avec des armes de guerre en parfait état de fonctionnement. Un lance-roquette saisi à Besançon. Mais bien sûr, je vous connais ça. J'ai presque envie de vous dire, est-ce que la police, ça suffit ? Est-ce que ce n'est pas l'armée ?

18:54
Sabrina Agresti Roubache

Non, ce n'est pas l'armée. L'armée, l'armée, l'armée nous protège sur nos frontières face à l'extérieur. On ne tourne jamais ses canons contre sa population. Ça, c'est mon sentiment à moi. L'autre chose, c'est qu'à un moment donné, on oublie aussi de dire quelque chose de très simple sur la consommation et le trafic de stupes, c'est qu'il va falloir travailler plus fortement, je le pense. C'est pour ça que je lance la grande rénovation de la stratégie de la prévention, prévention de la délinquance, parce que je pense que nous n'avons pas assez travaillé. Nous avons peut-être failli sur la prévention, la consommation, des conduites addictives, donc les consommateurs de drogue.

Ça, c'est la première chose. L'autre chose, c'est que quand vous réduisez ces points de deal, justement, vous permettez aux familles de vivre plus tranquillement. Et je lance aussi un grand plan de vidéoprotection. Je l'ai lancé il y a quelques mois et ça devrait être effectif dès la fin du mois de février. C'est une grande carte interactive avec combien d'argent financé par l'État, donc investi par l'État sur la vidéoprotection. C'est ce que demandent les Français. Les Français demandent plus de vidéoprotection et plus de sécurité.

Et aussi de dire regardez vos élus locaux, combien ils mettent, combien ils consomment de ces crédits et combien il y a de caméras en ratio par rapport à la population. Merci Sabrina Agresti-Roubache,

20:09
Présentateur

secrétaire de la ville et la citoyenneté invitée ce matin de RMC et BFM TV qui lance donc un nouveau plan de prévention de la délinquance.

20:17
Sabrina Agresti Roubache

Une grande stratégie nationale

20:17
Présentateur

de la prévention de la délinquance. Merci d'être venu à ce micro ce matin. Bonne journée à vous. Merci aussi. Bonne journée à vous.