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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 10 février 2022 25 min

Le ralliement d'Eric Woerth à Emmanuel Macron, le directeur de campagne de Valérie Pécresse... Le 8h30 franceinfo de Rachida Dati

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Rachida Dati. Bonjour. Vous étiez ministre de Nicolas Sarkozy à ses côtés. Éric Woerth annonce donc son ralliement à Emmanuel Macron. Il va vous manquer ?

0:12
Rachida Dati

Moi, c'est un ami personnel. Il a pris une décision personnelle. Donc voilà, c'est tout ce que je peux dire. C'est une décision personnelle. Mais si on veut parler plus politique ou d'un impact plus politique, moi, je pense que les Français, ce n'est pas ça qui les motive ou qui peut les décider sur un vote ou sur un candidat. Je ne crois pas.

0:37
Présentateur

Quand il dit qu'Emmanuel Macron n'est pas plus de gauche que moi, est-ce que vous êtes d'accord avec lui ?

0:42
Rachida Dati

Moi, je ne vais pas commenter ses propos. Il a pris une décision. Que vous comprenez ? Quand vous avez des amis et quand vous les appréciez, vous avez toujours une tendance à dire je comprends.

0:55
Présentateur

Ça veut dire par exemple qu'il vous en avait parlé avant, que vous avez tenté de lui dire non, Eric, reste avec nous.

0:59
Rachida Dati

Je vais être franche avec vous. C'est vrai que bien avant la primaire, d'ailleurs, on avait des comités stratégiques auxquels il participait. Il pouvait y avoir parfois des positionnements ou une ligne qui pouvait le gêner. Je le reconnais. Et c'était bien avant la primaire. Donc il faut aussi être honnête avec ça. Moi, je l'ai entendu pendant des comités stratégiques où il a pu être en désaccord sur un positionnement, sur une ligne, même sur une position même du parti. Donc voilà, ça, c'est aussi la richesse du débat politique au sein de la partie d'avoir... Moi, il y a des positions aussi contre lesquelles j'ai été contre au sein de mon parti. Mais j'y trouve mon compte.

Je suis en accord avec le socle idéologique de mon parti. Je crois que pour lui, ça a été une réflexion qui mène depuis un moment.

1:46
Invité

Le positionnement, justement, c'est ce qui le gêne. Eric Wirt, il dénonce la tonalité prise par la campagne de Valérie Pécresse, une France nostalgique, recroquevillée sur elle-même et obnubilée par l'islamisme radical. Ça veut dire qu'en fait, la ligne Chioti, elle a pris trop de place dans la campagne de Valérie Pécresse ?

2:01
Rachida Dati

Non, non, moi, je n'irais pas... C'est pas... Vous savez, une campagne électorale, c'est quoi ? Une campagne présidentielle. Je ne parle même pas d'une campagne électorale. Ce n'est pas une régionale. Ce n'est pas une municipale. C'est une campagne présidentielle. C'est-à-dire qu'on prend toujours cette expression, d'ailleurs, qu'on a totalement galilée. La rencontre entre un homme, une femme et un peuple. C'est la rencontre entre un homme ou une femme et le peuple français. Donc, ça veut dire quoi, en fait, ça ? Ça veut dire qu'il faut entraîner les Français, une majorité de Français, sur un projet, sur une vision, sur une incarnation.

Et donc, aujourd'hui, l'enjeu de la campagne présidentielle, c'est d'embarquer avec vous une majorité de Français sur une idée, une vision, une incarnation, sur une capacité, sur une crédibilité.

2:39
Invité

Oui, mais là, est-ce que Valérie Pécresse embarque tout le monde, comme vous le dites, en se focalisant uniquement sur...

2:44
Rachida Dati

Non, mais elle ne se focalise pas uniquement. Mais ce n'est pas Eric Ciotti qui est candidat, que je sache. Ce n'est pas uniquement. C'est une partie de son programme. Aujourd'hui, moi, je vais vous dire, et d'ailleurs, c'est les échanges que nous avons ensemble. Vous savez, moi, c'est pour ça que je n'ai pas voulu être dans l'organigramme, pour ne pas être enserré, ne pas être à l'étroit. J'ai voulu parler de tous les sujets, d'avoir une vraie liberté de ton, de pouvoir aussi liduire les choses. On se parle tous les jours avec Valérie Pécresse. Alors, parfois, on est raccord sur tout. Parfois, on est un peu moins raccord.

3:16
Présentateur

Vous avez dit, il y a quelques jours, une campagne, on ne doit pas être dans une posture technocratique. Ça, c'est quelque chose que vous lui avez dit en face ?

3:22
Rachida Dati

Oui, vous croyez que je viens ici, j'attends d'être ici et de dire les choses ?

3:26
Présentateur

Ça veut dire quoi, posture technocratique ?

3:28
Rachida Dati

Moi, je lui dis, attention Valérie, moi, je ne connais pas de candidat, quelle que soit l'élection, qui a gagné sur un livre blanc. C'est comme les gens qui disaient, oui, j'ai 100 propositions pour changer la France. Ils sont restés avec leurs propositions. Ils n'ont pas été élus. Donc, moi, je pense que les Français, qu'est-ce qu'ils attendent de vous ? Qu'est-ce qu'ils veulent ? Ils disent, moi, je veux que ma vie, elle change. Je veux que la vie de mes enfants, elle soit meilleure que la mienne. Je veux pouvoir vivre de mon travail. Je veux pouvoir être libre. La liberté, je veux pouvoir vivre en sécurité. Voilà ce qu'ils vous demandent.

Donc, ils vous le demandent, ils vous disent, qu'est-ce que vous allez faire pour ça ? Donc, on fait des propositions. Mais ils vous disent aussi, est-ce que toi, tu es capable de vraiment changer de ma vie ? Est-ce que quelqu'un comme toi, tu es capable de bouger les lignes ? Est-ce que, si une fois que tu es à la tête d'une administration, et à la tête d'un pays, et à la tête d'institution, c'est de dire, une fois que je décide ça, tout le reste va être activé en ce sens. Voilà. Elle est là, la crédibilité. Elle n'est pas... Ce n'est pas un concours. Ce n'est pas...

4:25
Invité

Elle a dit qu'elle est la dame de fer, F-A-I-R-E. C'est son slogan, maintenant. Oui, d'accord.

4:28
Rachida Dati

Non mais, le slogan, c'est bien. Et c'est... Voilà, il faut que... Nous, on ait un retour des Français de dire, est-ce que vous êtes sûr ? Est-ce que quand je vous dis que je vais faire, vous me croyez ? Voilà. Est-ce qu'avec moi, vous y allez ? Avec moi, quand je vous dis que je vais rétablir la sécurité, que je vais rétablir l'autorité, que je vais changer l'école, que je vais changer les règles de la justice et de la sécurité, est-ce que vous pensez que je suis capable de le faire ? Question numéro un. Ensuite, de dire, voilà comment je vais le faire. Et maintenant, vous me suivez ? Elle est là, la dynamique d'une campagne présidentielle.

La campagne présidentielle, c'est un corps-à-corps. C'est vraiment un corps-à-corps. C'est un corps-à-corps de dire... Je vais vous dire, moi j'ai une expérience. Moi j'ai une crédibilité. Moi j'ai une énergie. Moi j'ai un courage et j'ai le sens des responsabilités. Donc avec moi, venez, ça va le faire.

5:15
Présentateur

Finalement, vous dites un peu la même chose que Nicolas Sarkozy. Je ne sais pas si vous l'avez lu ce matin dans les colonnes du Figaro. Je vais vous le lire. C'est sympa, on vient sur France Info, on lit même le Figaro. Valérie part dans tous les sens, dit l'ancien président.

5:25
Rachida Dati

Pourquoi vous en doutiez ?

5:26
Présentateur

Qu'on lisait le Figaro ? Oui. Non, bien sûr qu'on lit tous les jours.

5:28
Rachida Dati

Voilà, j'espère. Pour vous, d'ailleurs.

5:30
Présentateur

Je vous cite Nicolas Sarkozy dans le Figaro. Valérie part dans tous les sens. Si dans une campagne, tu arrives à imprimer une ou deux idées, c'est déjà un miracle. En 2007, on parlait de Sarko matin, midi et soir. Et là, qui parle de Valérie Pécresse ? Elle est inexistante.

5:43
Rachida Dati

Qui dit ça ?

5:44
Présentateur

Nicolas Sarkozy.

5:44
Rachida Dati

C'est une interview ?

5:45
Présentateur

C'est du off à l'article papier de Marion Moore, qui est l'une des meilleures spécialistes de la droite.

5:48
Rachida Dati

Vous savez, moi, les propos off et tout, je peux vous en faire. Et si ce n'est pas signé, c'est facile, je peux même vous dire. C'est signé de Marion Moore. C'est entre guillemets. Oui, mais anonyme.

5:58
Invité

Non, Nicolas Sarkozy, signé Nicolas Sarkozy. C'est Marion Moore, la journaliste du Figaro. Qui a mis Nicolas Sarkozy ? Elle rapporte qu'il dit qu'il en privé.

6:06
Rachida Dati

Non, mais qui lui aurait dit ? Oui, visiblement. Non, vous dites que c'est quelqu'un qui lui a rapporté que Nicolas Sarkozy avait dit. Non, c'est ce qu'il dit. C'est celui qui a vu, qui a vu, qui a vu. Moi, je ne m'attarde pas à ça. Moi, je parle avec Nicolas Sarkozy. Je le vois. Ça a été un grand chef d'État. Il est très en retrait sur les aspects politiciens. Mais pourquoi il est en retrait aujourd'hui ? Il n'a pas envie de faire gagner son camp ? Mais bien sûr que si. Mais bien sûr que si. Mais son camp, c'est qui ? Qui a gagné la dernière élection présidentielle ? Vous pouvez me rappeler son nom ?

6:34
Présentateur

Emmanuel Macron.

6:36
Rachida Dati

Non, non, non. À droite, c'est Nicolas Sarkozy.

6:38
Présentateur

Nicolas Sarkozy, pardon. Il faut lire le Figaro. Il veut faire gagner son camp. Donc, il va faire campagne avec Valérie Pécresse ?

6:45
Rachida Dati

Non, mais il a un rang de chef d'État. Il est sur des enjeux quand même importants. Dès qu'on fait une annonce technique, il va dire « Bonjour, Nicolas Sarkozy, je soutiens l'annonce technique. » « Oui, bonjour, je soutiens l'annonce technique. » Donc, dès que Valérie Pécresse arrêtera de faire du technique, il viendra. À un moment donné, la campagne, il y aura un moment crucial. Voilà. Il y aura un moment de vérité. Et ce moment de vérité, Nicolas Sarkozy prendra position. Enfin, je suppose, il faut lui demander. Mais il ne va pas prendre position. Mettez-le à son niveau. Vous n'allez pas le mettre. Moi, honnêtement, je serai candidate à l'élection présidentielle. Je vous le dirai moi-même.

Je vous le dirai. Écoutez, je suis en campagne. On est en train d'effectivement... Je rassemble mon camp. Je rassemble ma famille politique. J'ai eu, évidemment, le soutien des centristes. Maintenant, j'essaie de convaincre les Français sur le projet. Et je vous dirai. Moi, j'ai besoin effectivement du soutien de celui qui a remporté. Et quelle victoire en 2007 ? Ça a été la plus grande victoire depuis la Ve République en termes de taux de participation. Et ça a été une campagne d'adhésion, je le dis à chaque fois. Ceux qui ont voté Sarkozy voulaient Sarkozy. Ceux qui ont voté Ségolène Royal voulaient Ségolène Royal. Donc, ça a été une excellente campagne.

Donc, aujourd'hui, Valérie Pécresse fait sa campagne. Le sujet, ce n'est pas de dire Nicolas Sarkozy, il vient, il ne vient pas. Voilà. Donc, si on pouvait le laisser tranquille à sa place, moi, je trouve ça bien.

8:10
Présentateur

Vous restez avec nous, vous en tout cas, si vous voulez bien. Rachida Dati, le temps du fil Info, 8h41 avec Diane Ferschit.

8:17
Invité

La ministre des Armées salue une nouvelle preuve de l'excellence industrielle française. L'Indonésie signifie une commande de six avions Rafale. Elle prévoit d'en acquérir 42 au total. Un grand plan d'investissement et de relance du nucléaire. C'est ce que va annoncer Emmanuel Macron depuis Belfort. Ce jeudi, il se rend à l'usine Général Électrique. Le chef de l'État qui doit aussi annoncer le rachat par EDF des turbines de Général Électrique. Cinq mois après le début du procès des attentats du 13 novembre. C'est la première fois que Salah Abdeslam, le principal accusé, prend la parole. Il dit avoir renoncé à déclencher sa ceinture d'explosif.

Je n'ai blessé personne, tué personne, assure-t-il. La préfecture de police de Paris interdit toute manifestation des convois dit de la liberté dans la capitale ce week-end. Mouvement contre les mesures sanitaires, les prix des carburants et des péages, il n'est pas structuré. Mais il pourrait donner un nouvel élan aux Gilets jaunes selon une note des renseignements que France Info a pu consulter. La pandémie de coronavirus est à New York, fini le masque en intérieur. Le nombre de contaminations aux Etats-Unis est en chute libre. France Info

9:20
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

9:25
Invité

On est toujours avec Rachid Adati, maire Les Républicains du 7e arrondissement de Paris. Alors on l'a entendu... On ne l'a entendu pas. Je ne sais pas.

9:33
Rachida Dati

Vous voulez repartir sur quoi là, je vous sens...

9:35
Invité

Mais non, mais on l'a entendu pendant toute la première partie critiquer en fond la campagne de Valérie Pécresse. Mais je rêve ! Vous l'avez... Oui, il lui manque des choses. C'est une critique ?

9:43
Rachida Dati

Non, j'ai dit on l'échange sur des choses. J'ai dit des fois, effectivement, on est totalement d'accord sur sa manière de faire campagne, sur les thèmes qu'elle parle. Et des fois moins. Mais des fois, je lui dis... Comme d'autres conseillers auprès d'elle, lui disent, tu devrais plutôt faire ci, plutôt... Enfin, c'est une campagne présidentielle.

10:00
Invité

Alors, vous avez fait... Vous donnez des conseils à Valérie Pécresse, sauf que, en fait, vos conseils, ils ne plaisent pas à tout le monde, notamment à Patrick Stéphanini, son directeur de campagne. C'est bien amené. Eh oui, j'ai essayé... Ça vient de loin, mais j'y arrive. Qui a expliqué dans la presse, Rachida Dati a été candidate au municipal il y a deux ans. Tout le monde en France se souvient de la façon dont ça s'est terminé. Bon, vous avez perdu. Donc, en gros, venez pas me donner des conseils alors qu'en fait, vous n'êtes pas inexpert.

10:27
Rachida Dati

Alors, il a rectifié ses propos de manière assez pathétique, je voulais le dire. Ah ouais ? Oui. Mais je veux vous dire, moi, j'ai pas de leçons à recevoir de M. Stéphanini, pour plusieurs raisons. D'abord, il faut arrêter avec la légende qu'il a fait gagner des candidats. Il a jamais fait gagner Jacques Chirac. C'est Antoine Ruffnac. Donc, on va rétablir la vérité. C'est Antoine Ruffnac qui était à la manœuvre. Et puis, la victoire de Jacques Chirac, c'est Jacques Chirac, d'abord. Et Antoine Ruffnac. Stéphanini n'existait pas.

Il lui a offert, à l'époque, le gîte et le couvert, puisque le RPR de l'époque, jusqu'aux républicains de ce jour, il lui a offert des circo en or partout en France, partout en France. Du nord au sud, de l'est à l'ouest, à Paris compris. Il n'en a gagné aucune. Donc, les leçons de campagne, il ferait mieux de s'y garder. Donc, voilà. Donc, moi, les losers, ça ne m'intéresse pas. Ah oui. Ça, c'est un loser. Il est directeur de campagne de Valérie Pécresse, là. Oui, d'accord. Moi, je lui ai d'ailleurs dit qu'il ne faudrait pas trop qu'elle le montre. Voilà. Et donc, il n'a pas fait gagner. Donc, c'est une légende de dire qu'il faisait gagner des candidats.

Et puis, la deuxième chose, on dit, et puis la campagne de François Fillon. Enfin, il l'a laissé. Il est parti en race campagne. Il a laissé François Fillon en race campagne. Il est parti. Il a quitté avant la fin. Moi, les déserteurs, ce n'est pas trop mon truc non plus. Donc, voilà. Donc, moi, il ne me donne pas de leçons. Je ne lui donne pas de leçons. Et puis, au final, il faut quand même rappeler qu'il a été condamné pour emploi fictif. Donc, voilà. Donc, je n'ai pas de leçons à recevoir de M. Stéphanini. Donc, il reste à sa place. Quand il gagnera une campagne, il viendra me donner des leçons. Et quand il fera gagner un candidat, il viendra me donner des leçons.

11:56
Invité

Vous espérez quand même que ce soit la campagne de Valérie Pécresse. C'est vrai qu'on lui a dit qu'on ne doit pas trop le sortir. Ah, voilà.

12:00
Présentateur

Bon, le programme de Valérie Pécresse, M. Dadati, le programme Sécurité. Elle souhaite créer des centres de correctionnels fermés pour les délinquants qui ont été condamnés à des petites peines et qui ont été placés sous bracelet électronique. Il sert à quoi le bracelet électronique si on envoie les gens en prison ?

12:15
Rachida Dati

Non, mais moi, je vais vous dire quelque chose de plus global.

12:19
Présentateur

Oui.

12:19
Rachida Dati

Sur la sécurité, sécurité et justice, elle a fait beaucoup de propositions, c'est vrai. Il y en a certaines sur lesquelles, moi, je ne suis plus réservée. Sur celle-ci, précisément, qui est la première qu'elle met en avant dans son programme. En fait, moi, je lui ai dit, effectivement, quand elle a parlé de mettre des gens placés sous bracelet électronique dans un établissement, j'ai dit, c'est vrai qu'on manque de places de prison en France, mais on manque aussi beaucoup de centres de semi-liberté où les contraintes pour construire un centre de semi-liberté sont moins lourdes.

Et donc, moi, je disais, les centres de semi-liberté permettent d'ailleurs de favoriser la réinsertion et de lutter également, par la même occasion, contre la récidive. Donc, le panel, ce n'est pas que la prison. Et le bracelet électronique, c'est aussi une alternative à l'incarcération.

13:01
Présentateur

Elle dit, c'est le trophée des caïds, le bracelet électronique, quand ils reviennent fanfaronner avec le bracelet pour dire, regardez, je ne suis pas en prison. J'essaie de comprendre, on le garde, le bracelet électronique ou pas ?

13:10
Rachida Dati

Bien sûr, c'est une alternative à l'incarcération qui peut être très utile et très efficace.

13:14
Présentateur

Mais là, si vous me passez l'expression, fromage et dessert, elle dit bracelet en prison.

13:17
Rachida Dati

Vous me parlez de quelque chose... De la mesure phare de Valérie Pécresse. Non, ce n'est pas la mesure phare. Sur la sécurité ? Sur la sécurité, sur la justice, elle a beaucoup plus de mesures que cela. Beaucoup plus sur les mineurs, sur les récidivistes. Il y a des peines territorialisées, mais on va en parler après. Moi, je vais vous dire, on a un vrai sujet en France sur la sécurité et sur la justice. Aujourd'hui, vous pourrez faire toutes les propositions que vous voulez. On rajoute et on allonge les cantons de peine, on construit des places de prison. C'est vrai qu'on a pris du retard. C'est une réalité. Mais on a un problème de fond depuis des années.

Aujourd'hui, on a évidemment un vrai sujet police, un vrai sujet justice. Moi, je ne me résous pas à entendre les policiers dire que le problème de la police, c'est la justice. Et je ne me résous pas non plus à entendre que de dire que la justice est laxiste. Et donc, on a deux corps qui, évidemment, qui, j'allais dire, maintenant s'affrontent presque. Et donc, nous avons ces deux ministères où même les ministres en reviennent à la limite perte de vue la sécurité des Français et la préservation des libertés au profit d'un défense de corps. Donc on fait quoi ?

Attendez, le ministre de l'Intérieur défend le corps de la police et le ministre de la Justice défend le corps à la limite de la magistrature, mais au sens large, avec tous les auxiliaires de justice. Et sans se rencontrer, sans se concerter. Il y a un vrai problème de coopération aujourd'hui en France entre la police et la justice. D'ailleurs, regardez, deux exemples précis qu'ils le demandent. On a le Beauvau de la sécurité, on a les états généraux de la justice.

14:47
Présentateur

Et donc, on fait quoi pour rapprocher ces deux ministères, souvent antagonistes ?

14:50
Rachida Dati

Et ça, j'en ai déjà parlé aussi avec Valérie Pécresse, c'est très transgressif comme proposition. Mais moi, je pense qu'aujourd'hui, notre organisation, ministère de l'Intérieur, ministère de la justice, c'est une organisation datée. Je pense qu'il faudra qu'on aille plus loin, qu'on passe à une nouvelle étape, à une refondation de la sécurité et de la justice en France, et faire comme aux Pays-Bas, d'avoir un ministère unique, un seul ministre de la sécurité et de la justice. Et comme ça, tous les jours, vous aurez à la même table la police et la justice. Aujourd'hui, vous avez la police qui a des instructions du ministre de l'Intérieur sur la sécurité.

Et vous avez, alors je le déplore, vous n'avez pas de politique pénale. Normalement, on devrait avoir une politique pénale en France. Et souvent, vous avez la politique pénale qui ne correspond pas à la politique de sécurité. Souvent, elles sont en parallèle. Souvent, elles ne se correspondent pas. D'ailleurs, quand les policiers disent, on attrape les délinquants, ils sont remis en liberté. Et la justice dit, oui, mais ce ne sont pas les instructions que nous avons. Aujourd'hui, je pense qu'il faudra qu'on passe. D'ailleurs, moi, je rencontre des magistrats de plus en plus nombreux et des policiers qui ne sont pas contre d'avoir cette tutelle unique, d'avoir un ministère aux Pays-Bas.

15:59
Invité

Un ministère pour les forces de l'ordre, un ministère... Non, un ministère pour les magistrats des forces de l'ordre.

16:03
Rachida Dati

Et quand vous le proposez à Valérie Pécresse, elle vous dit quoi ? Elle vous a dit oui ? Je pense qu'ils ont peur de dire, ça va heurter, ça va créer un trouble. Je pense qu'il faut qu'on y arrive. Non, c'est une proposition sur laquelle elle réfléchit. Mais je pense qu'il faudra qu'on arrive à un ministère unique avec les pôles régaliens dans ce ministère.

16:25
Invité

Elle réfléchit pour le moment, ce n'est pas dans le programme. Ce qui est dans le programme ?

16:27
Rachida Dati

Je pense qu'il faudra qu'on y arrive. C'est le seul moyen d'avoir une coopération efficace entre la police et la justice pour préserver nos libertés et assurer notre sécurité.

16:37
Invité

En parlant de sanctions, de justice, je voulais avoir votre avis, Rachida Dati, sur ce que propose Valérie Pécresse. Elle souhaite instaurer des peines territorialisées. C'est-à-dire que pour un même délit, la peine sera plus lourde si le délit est commis dans un quartier difficile. Quel est votre avis ? Quel est l'avis de l'exercice ?

16:53
Rachida Dati

Non, mais on a été plusieurs à le lui dire. D'ailleurs, Guillaume Larivé et d'autres. Moi, je n'y crois pas parce que je pense que ça n'est pas constitutionnel. Parce que ça voudrait dire quoi ? Ça veut dire que si je tue quelqu'un dans un territoire, la peine encourue serait plus importante que sur un autre territoire. Donc ça voudrait dire que la vie humaine n'a pas le même prix. Ça ne serait pas la même responsabilité. Moi, je ne suis pas favorable à cette proposition. Que je pense inconstitutionnelle. Ça veut dire que les Français sont plus égaux devant la loi ? Oui, moi, je pense qu'il y a une rupture d'égalité devant la justice. Ça aussi, vous lui avez dit ?

Oui, mais nous sommes plusieurs à lui avoir dit. Et elle vous dit quoi ? À ce stade, c'est encore dans le projet. Mais le projet, vous savez, il est amené à être aussi finalisé. C'est comme la majorité pénale des mineurs à 16 ans. Moi, je pense que sur les mineurs, il y a un vrai sujet en France. Et moi, j'avais laissé ça sur mon bureau avant de partir. Le sujet des mineurs, moi, j'avais laissé un code de la justice des mineurs. Quand on parle de code de la justice des mineurs, les gens entendent pénal. Non, le code de la justice des mineurs, c'est l'ensemble de la justice relative aux mineurs. Ça englobe quoi ? La protection de l'enfance et la délinquance des mineurs.

Vous savez que les mineurs délinquants, c'est une toute petite minorité. Le plus grand drame, et c'est un scandale d'État. Je pèse mes mots. La protection de l'enfance, en France, est un scandale d'État. Il faut revoir toute l'assistance éducative, les placements, les familles d'accueil, les agréments. C'est un scandale d'État. Et là, la protection de l'enfance, il faudra en faire un vrai sujet. Une vraie refonte, y compris sur les structures qui accueillent ces mineurs.

Parce que quand ces mineurs sont mal accueillis ou sont mal traités, alors qu'on les confie, c'est la justice qui les confie, soit un foyer, soit un organisme, soit une famille d'accueil, et qu'on les confie à des bourreaux, nous avons une responsabilité. Et donc aujourd'hui, sur les mineurs, je pense que sur les mineurs, il faut refonder la protection de l'enfance. Et sur les mineurs délinquants, je pense qu'il faudra rétablir les peines planchées pour les mineurs récidivistes.

Parce que la majorité pénale à 16 ans, soit on précise, c'est uniquement pour les récidivistes, mais moi je suis plutôt favorable à avoir les peines planchées pour les mineurs récidivistes, et puis refonder toute l'assistance éducative, toute la protection de l'enfance, ça c'est un vrai travail. C'est d'ailleurs au même niveau que la lutte contre les violences conjugales. Parce que la lutte contre les violences conjugales... Non, mais c'est important, mais vous ne pouvez pas repartir toutes seules. Non, mais on oublie la maltraitance des enfants dedans.

19:21
Présentateur

Vous avez raison.

19:22
Rachida Dati

Non, mais c'est important.

19:23
Présentateur

Alors moi j'ai un métier parmi d'autres, c'est de lancer le fil info avec 2 minutes de retard tous les matins, 8h50 de Diane Ferschit, et on vous retrouve juste après Rachida Dati.

19:32
Invité

Ils se surnomment Convoi de la Liberté et veulent converger à Paris contre les mesures sanitaires. Le prix du carburant et celui des péages, la préfecture de police de la capitale interdit toute manifestation de ce mouvement à partir de demain et jusqu'à lundi. Et selon une note des renseignements consultée par France Info, ce mouvement est loin d'être structuré. Mais il pourrait donner un nouvel élan aux gilets jaunes. 14 milliards d'euros, c'est le bénéfice net engrangé par Total en 2021. Bénéfice gigantesque grâce à la forte hausse des cours des hydrocarbures. Quelle orientation pour la France sur le nucléaire ? Depuis Belfort, Emmanuel Macron doit présenter son plan pour le secteur.

Il doit notamment préciser le nombre de centrales nucléaires nouvelles générations qu'il souhaite voir construire. Il pourrait y en avoir jusqu'à 14. Le FC Versailles qualifié pour les demi-finales de la Coupe de France de football. Victoire au tir au but face à Bergerac. Le club des Yvelines affrontera Nice en demi-finale. Nice vainqueur pour sa part de l'OM 4-1. France Info

20:28
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel Rachida Dati, malgré vos désaccords politiques, vous avez longtemps été proche d'Anne Hidalgo. Vous avez eu même parfois une forme de complicité. Ça vous est arrivé, vous l'avez raconté dans la presse. Non, une forme d'amitié. Un secret d'amitié. Quand vous voyez aujourd'hui ces difficultés dans les sondages, ces difficultés au sein du Parti Socialiste, les éléphants qui l'attendent au tourment, vous trouvez que c'est trop dur ce qui lui arrive aujourd'hui ?

20:59
Rachida Dati

Quand on fait de la politique, c'est un choix. Ce n'est pas une contrainte. On n'est pas obligé de faire de la politique. Et on a tous eu un moment de difficultés ou de violences. Non, la seule chose... Moi, je comprends que ça puisse être compliqué. Parce que quand vous êtes à 1% dans les sondages... Moi, je déplore que la gauche n'existe plus en France. Moi, je le déplore. Moi, qui suis une enfant... Franchement, je suis issue de la classe ouvrière. Mais j'ai vécu dans des communes qui étaient dirigées par la gauche ouvrière. Moi, j'ai eu accès... Je me rappelle le bibliobus, le centre de l'Evazir... Et vous vivez dans une commune qui est dirigée par Anne Hidalgo. L'école ouverte...

Oui, mais c'est toujours... On n'est plus du tout dans... Vous savez, la gauche, elle a oublié les classes ouvrières. Elle a oublié les classes populaires au profit du droit des minorités. On voit le résultat. D'ailleurs, c'est tout le sujet des gauches irréconcilables. Et chacun défend sa minorité. Voilà, c'est ça la gauche aujourd'hui.

21:51
Présentateur

Vous lui parlez encore à Anne Hidalgo aujourd'hui ? Elle vous parle ? On n'est change plus.

21:55
Rachida Dati

On a un combat politique. Mais moi, mon combat politique, il est de sauver Paris. De sauver Paris du déclin dans lequel est aujourd'hui Paris. Paris, financièrement, est quasiment en faillite. Pourquoi Paris n'est pas mis sous tutelle ? Parce qu'on pourrait placer Paris sous tutelle. Mais les villes qui sont placées sous tutelle en France, c'est les villes extrêmement pauvres. Aujourd'hui, on pourrait placer Paris sous tutelle du préfet. Pourquoi ? Et quand je dis Paris est en faillite. Mais on considère qu'il y a encore un potentiel fiscal. Ça veut dire que les gens peuvent encore payer des impôts. C'est-à-dire les classes moyennes et les classes favorisées.

C'est pour ça que Paris n'est pas sous tutelle. Mais quand vous avez pas loin de 10 milliards de budget et presque autant de dettes, et pas de la dette d'investissement, de la dépense courante, c'est grave. Quand vous voyez l'état de Paris, le déclin, l'attractivité qui diminue, les classes populaires, les familles qui quittent Paris, tous les ans. Là, à la rentrée scolaire dernière, il y avait 6 000 enfants qui manquaient à l'appel. Moi, je ne me résous pas à ce que Paris, qui est quand même la plus grande capitale du monde, à mon sens, se dégrade et se paupérise à ce rythme.

23:03
Invité

Le convoi de la liberté, ce sont ces milliers de Français opposés au pass vaccinal qui ont appelé sur les réseaux sociaux à prendre la route et converger vers Paris en fin de semaine. Ils s'inspirent de ce qui se passe au Canada en ce moment. La préfecture de police de Paris a interdit cette manifestation ce week-end. Est-ce qu'elle a raison ?

23:24
Rachida Dati

Je vais vous dire, Paris a été quand même... Les manifestations, Paris a... Il y a eu les gilets jaunes. Non, mais tous les ans, toutes les semaines, toutes les semaines des manifestations. Je suis placée pour le savoir dans le 7e arrondissement. Là, c'est une manifestation très hétéroclite et très hétérogène. Moi, je ne nie pas qu'il y ait des difficultés et des souffrances que vivent les Français, notamment sur le pouvoir d'achat. Ça, c'est une réalité qu'il faudra résoudre, auxquelles on doit répondre. Mais vous les soutenez du coup ? Mais sur ce mouvement, j'ai cru comprendre que c'était très hétéroclite et très hétérogène. Donc, moi, je ne sais pas ce que ça va devenir.

24:05
Présentateur

Donc, la préfecture a bien fait d'interdire ou pas ?

24:06
Rachida Dati

Je pense parce qu'il ne maîtrise pas ce qui est vraiment le fond et la réalité de ce mouvement.

24:10
Présentateur

C'est un mouvement qui vous inquiète ?

24:13
Rachida Dati

Toutes les souffrances des Français, quelles qu'elles soient, forcément, elles inquiètent les responsabilités politiques que nous sommes. Donc, nous, notre responsabilité, c'est de pouvoir les entendre et d'y répondre. Elle est là, notre responsabilité. Ce n'est pas de les attiser.

24:26
Présentateur

Oui ? Salia, j'ai cru que vous aviez une question à ajouter. Pardon, merci beaucoup. Rachida Dati, pas de texto de Patrick Stéphanini sur votre portable ? Je ne crois pas. Non. La communication est rare. Merci beaucoup, Rachida Dati. Bonne journée à vous. Si vous aimez le 8.30 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info, pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. À découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. Bonne journée à vous.