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interviewLCP (sur YouTube)· 5 mai 2025 60 min

Annie Genevard, ministre de l'agriculture | LCP, Lundi C'est Politique - 05/05/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Dans le Gouvernement Bayrou, la droite est en force. Annie Genevard s'occupe de l'agriculture et c'est un atout concurrencé par des pays européens. Dans le parti des Républicains, en compagnie pour choisir son nouveau président, c'est l'invitée de LCP "Lundi, c'est politique".

Bonsoir et merci de votre fidélité à LCP. Avec moi dans cette émission pour vous interroger, Rémi Clément de Challenges, Sonia de France Info, Hugo au Perchoir. Il vous retrouvera sur la chaîne Twitch.

Il nous fera remonter les questions et commentaires. Avec vous, nous allons parler de la pénurie d'oeufs. C'est un vrai sujet de taille pour les consommateurs.

L'idée émise de François Bayrou pour un référendum. Un philosophe qui a choisi de vivre à la campagne, en Normandie viendra pour débattre avec vous pour respecter la nature. La France est une terre d'accueil pour les universités américaines.

Il y a un appel pour les universités américaines pour qu'ils viennent s'installer en Europe. La France s'adresse à plusieurs chercheurs pour le climat, l'intelligence artificielle, et l'agriculture. La France va débloquer 100 millions d'euros pour l'occasion. - Ca été poussé par beaucoup de chercheurs.

Je les remercie. Ca a pour vocation d'accompagner cette initiative. Et de permettre aux chercheurs et chercheuses du monde entier qui croient en cette science libre, ouverte pour toute et tous, de rejoindre l'Europe et de pouvoir y travailler et chercher et y enseigner en toute liberté. - Quand on parle de chercheurs américains qui pourraient venir s'installer en France, pour l'agriculture, pour faire avancer l'agriculture.

De quoi on parle ? Qui sont-ils ? - Il faut savoir que l'agriculture est un monde très ouvert sur l'innovation, la science, en matière de recherche, il y a beaucoup d'initiatives qui sont prises par des chercheurs français et des chercheurs internationaux.

On collabore avec les instituts européens sur la recherche d'alternatives aux pesticides, sur la recherche de vaccins pour lutter contre les maladies qui affectent les troupeaux. On met en commun un certain nombre de choses, notamment lorsqu'il y a des enjeux importants en termes de santé publique, animal, végétal, Il y a des échanges qui se font. C'est une force vive qui va devenir une force importante.

L'enjeu n'est pas seulement de recherche fondamentale, ce n'est pas seulement un ange académique, c'est aussi un instrument de puissance, de puissance économique, stratégique...

Le pays qui investit pour la recherche, fondamentalement, c'est un pays qui est tourné vers l'avenir. - Quant au pas des Etats-Unis, ils voient plus des concurrents redoutables. - Oui, depuis début avril, les vins français, les cognacs, sont à hauteur de 10 % par Donald Trump, quelles conséquences concretes cela a sur les filières ? - Il est clair que l'augmentation des droits de douane aura un impact sur nos filières.

Surtout sur les vins et spiritueux. On parle de hausse de 200 % sur le cognac. Ca touche les produits laitiers, les produits d'épicerie, ce sont des sommes très importantes. -Est-ce qu'il y a déjà des retombées négatives ? - Des maintenant, sur les vins et spiritueux, là oø le préjudice est plus important, c'est près de 4 milliards de préjudices.

On exporte 20 milliards de vins et de spiritueux... - Déjà 4 milliards ? - Le risque, c'est une perdition de 4 milliards, et sur les produits laitiers, encore d'un milliard.

Ca se ressent déjà car aux Etats-Unis, le renchérissement des pays européens a un effet sur le consommateur. Ce que nous espérons, il faut établir un rapport de force, l'Europe ne veut pas se laisser déposséder. Elle a pris des contre-mesures pour répondre aux Américains. - Est-ce que vous attendez à un échec des négociations ?

Avez-vous peur que les droits de douane augmentent encore ? - Le fait que ce soit préjudiciable aux Américains eux-mêmes, y compris pour leur propre business. Sur les spiritueux, le fait qu'on raréfie les importations porte préjudice au commerce de vins et spiritueux qui se nourrit de la diversité des produits américains et européens.

Très rapidement, je pense que le monde économique, c'est ce qui s'est produit. Donald Trump à rebrousser chemin car il a la pression des domaines économiques. - Les producteurs français sont capables de faire face a une augmentation ? - Il y aura de la casse.

Si ces droits de douane sont confirmés,...

Je ne veux pas être la voix du catastrophisme, je veux croire à l'intelligence des uns et des autres pour desescalader. L'enjeu est les producteurs nous le dise, c'est d'aller vers une désescalade, et l'autre enjeu c'est de retrouver de la compétitivité. Se comparant part de marché, il faut retrouver de la compétitivité. -Vous parlez de désescalade et Jean-Luc Mélenchon dit qu'il n'y a aucun intérêt à la France de rentrer dans cette bataille.

Vous comprenez ? - Le consommateur paye et le producteur aussi. Jean-Luc Mélenchon oublie le producteur.

Il oublie l'économie française. L'agriculture française et une agriculture exportatrice C'est ce qui fait sa puissance. On est la première puissance agricole européenne, la sixième mondiale.

On a un devoir vis-à-vis de cette richesse, de se défendre. On ne peut pas se désarmer. - Pourquoi la réponse de la France et de l'Europe est si timide. - Elle n'est pas timide.

On a écouté l'annonce des premières mesures d'augmentation des droits de douane, nous avons réagi et répondu. Si nous n'en entrons pas dans un rapport de force avec Donald Trump, on n'a pas en retour cette désescalade que nous attendons avec beaucoup d'impatience. - La semaine dernière, on recevait Valérie Hayer qui aime bien les enjeux agricoles et disait qu'il était temps de ratifier le rapport d'échange avec le Canada. -Ca été beaucoup débattu à l'Assemblée nationale.

Les accords du libre-échange comportent un volet agricole. C'est le cas du Mercosur et des échanges avec le Canada. Il y a un domaine dans lequel nous sommes fermement opposés, c'est l'importation de viande de boeuf qui sont produits au Canada dans des conditions qui n'ont rien à voir avec celle qu'on impose à à nos propres producteurs.

Les modes de croissance, donc on a imposé des clauses pour leur dire : "vous voulez venir sur le marché européen, le marché français ?". Il faut vous plier aux mêmes exigences. -Vous n'êtes pas d'accord pour que ce soit ratifié ? - Il s'applique.

Il faut mesurer exactement les conséquences pour voir si nos craintes étaient justifiées ou non. Il est clair que le Parlement voudra stimuler du sujet. - Mais ce que disait Sonia c'est que Valeri ayez, c'est une loi qui compte, disait qu'il faut ratifier ce rapport.

Vous êtes là-dessus ? - Il faut regarder les produits sur le marché français. Il faut regarder les choses.

S'il s'avère qu'il n'y a pas de concurrence déloyale sur le boeuf et que ça été bon pour notre agriculture, il n'y a aucune raison de ne pas ratifier. Ca peut s'évaluer rapidement. Si la question se pose maintenant, il faut produire des éléments à destination de la connaissances des Français et des agriculteurs.

Les agriculteurs en ont assez d'être toujours la variable d'ajustement - Qui va pouvoir apporter ces éléments ? - Ils peuvent être donnés par le commerce extérieur, évidemment. Le plus vite possible pour qu'on fasse un point sur cette question. -Dans le cas contraire, on arrête ces échanges ? - Il s'applique parce que l'accord a été scindé.

Il y a un accord commercial qui s'applique de façon transitoire. Il s'applique mais, s'il faut corriger des choses avant la signature définitive, c'est le moment. - Il y a aussi le Mercosur.

La France s'y oppose, au nom de la défense de ses régulateurs. Mais le contexte a changé, l'Europe cherche de nouveaux débouchés internationaux. Est-ce que vous vous engagez fermement devant les agriculteurs français à ce que la France ne ratifie pas le Mercosur ? - Je fais ma part du travail.

C'est un accord qui sera ratifié au niveau européen. Ce n'est pas moi qui puisse décider du sort de ce projet d'accord. Je m'engage, en revanche, a porter la voix des agriculteurs Français qui vont être pénalisés par ce projet.

Ils vont être pénalisés pour la filière du beurre, du sucre... la France est probablement le plus grand pays d'élevage de l'union européenne.

Elle est par la richesse et la variété de ses races. Chaque fois que les choses sont préjudiciables, mon rôle est de les défendre. - Vous avez besoin d'alliés.

Oø en est-on par rapport à ça ? - C'est difficile. On n'est pas seule.

Mais parviendrons-nous à avoir une minorité de blocage ? Je n'en sais rien. - Vous étiez plus optimistes il y a quelques mois. - Je continue mon tour des capitales européennes.

Je vais prochainement aller en Hongrie Je vais aller en Autriche. Je continue à porter la voix car, dans cet accord, il y a des dispositions qui sont préjudiciables pour l'agriculture et, surtout, le seul point fort de cet accord était d'imposer aux pays d'Amérique du Sud des clauses miroirs. Pour qu'ils obéissent aux mêmes règles de production.

Ca, ça va tomber. - Vous allez aller en Hongrie mais le Gouvernement hongrois est prêt à négocier directement avec les Etats-Unis. La France comptait sur l'Italie mais pareil.

Vous êtes pessimiste. - C'est difficile mais ça n'exclut pas le combat. Dans cette affaire, je vois bien la stratégie qui consiste à essayer de diviser pour mieux imposer ce projet d'accord.

Ursula von der Leyen négocie ces éléments avec chacun des pays. Mais ce qui me rend moins pessimiste c'est le fait que des armements ont été quasiment adoptés qui proposaient de s'opposer au Mercosur. Là, ça devrait inciter Ursula von der Leyen à bien mesurer la portée de son projet d'accord car, lorsque vous avez la moitié des parlementaires européens qui disent non ou qui disent tout juste oui, ça veut dire qu'on ne peut pas passer en force.

Il y a un problème de fonctionnement démocratique de l'union européenne. - Je l'entends. C'est un avertissement. - Ce projet d'accord, ça fait 20 ans qu'il est sur la table.

Un projet qui est sur la table depuis 20 ans mais qui n'est pas adopté c'est qu'il y a un sujet. - Il y a beaucoup de réactions sur les chercheurs. On demande comment on peut faire venir des chercheurs étrangers alors que le Gouvernement a diminué l'enveloppe des recherches en France.

J'ai regardé le budget, il y a une baisse de 630 millions d'économies sur la recherche. Comment investir quand on ne paye pas nos chercheurs et qu'on baisse leurs budgets ? - Vous connaissez la situation budgétaire et financière de notre pays.

Nous sommes tous appelés à faire un effort. Cela étant, ce qu'a annoncé Emmanuel Macron est quand même un budget. On ne va pas accueillir des cohortes entières de chercheurs.

Je pense pas que les chercheurs américains bénéficieront de conditions d'accueils qui les mettront en concurrence avec nos propres chercheurs. Il faut qu'il y ait une équité de traitement. On ne sait pas combien de chercheurs américains seront tentés de venir en Europe.

Il y a des dispositions pour les accueillir. Quels seront les pays qui le feront. Je rappelle que ces 500 millions à l'échelle de l'union européenne et 100 millions pour la France. - On a parlé de l'Europe et l'Ukraine ? - Oui, les Etats-Unis vont réduire leurs importations venant de l'Ukraine.

Est-ce qu'ils y voient une menace ? C'est votre sentiment ? tes-vous opposée à l'entrée de l'Ukraine dans l'union européenne ? - Soutenir l'Ukraine est un devoir.

On ne peut pas transiger sur l'engagement qui est celui de l'union européenne en faveur d'un pays agressé qui, du reste, est aux frontières de l'union européenne. Mais, là encore, l'agriculture européenne a payé un lourd tribut en soutien à l'Ukraine. Il a même fallu y mettre des freins d'urgence.

La levée de droits de douane sur les productions ukrainiennes ont déstabilisé des filières entières. Céréales, volailles... - Qu'est-ce qu'il faut faire ? - Il faut des freins d'urgence car l'agriculture ukrainienne la surface agricole utile de l'Ukraine et l'équivalent de celle de toute l'union européenne.

On ne peut pas, à mon sens, la question de l'intégration de l'Ukraine... il faut des freins d'urgence. - Il ne faut pas remettre en cause cet accord ? - Sur ce point, le soutien à l'Ukraine ne peut pas se payer du prix de la déstabilisation des filières européennes. - Vous réclamez une baisse des quotas de combien ? - Les freins d'urgences qui ont été mis en place doivent demeurer.

J'ai demandé que l'on prolonge ces freins car ils ont produit leur effet sur la filière volaille et il faudrait pouvoir y intégrer des céréales, qui n'y sont pas. - Les Français mangent de plus en plus d'oeufs. Est-ce que ça va durer ?

C'est une pénurie ? - C'est une des filières oø nous sommes quasiment en autosuffisance. La France est un champion d'Europe de la production d'oeufs.

Les Français en consomment à 95 % qui provient de France. Les pénuries ont provoqué des réactions de stockage. C'est pour ça que certains rayons ont été vidés rapidement. - C'est temporaire ? - Je pense que ça l'est car on a de quoi fournir la consommation française.

Il faut veiller à rester souverain ici. - Cette question, vous évoquez souvent en parlant de la volaille Là, pour le coup, on n'est pas du tout suffisant. Aujourd'hui, on produit la moitié de ce qu'on consomme en France.

Il faudrait construire beaucoup de poulaillers tous les ans pour répondre à cette demande française. Est-ce que vous allez faciliter l'installation de nouveaux poulaillers en France ? - C'est tout l'enjeu du grand plan de reconquête de la souveraineté alimentaire que je veux mettre en place.

C'est issu d'une disposition que j'avais introduit dans la loi. Il faut travailler avec les filières. Il faut qu'elles établissent des plans de reconquête de souveraineté.

La question des poulaillers, c'est très important. Pour produire de la volaille, des oeufs, il en faut. Il y a un projet pour construire 300 poulaillers.

Il y a un enjeu important pour les Français. - Il y a des questions de normes environnementales pour ses installations. Vous voulez revoir tout ça ? - En matière de normes, on est servi.

Il y a des bonnes normes et des mauvaises normes. Les normes qui demandent des années avant de délivrer une autorisation après de multiples contraintes administratives, ça peut être allégé. Mais il est normes qui vise à concilier la production avec le bien-être animal, le respect de l'environnement, ce sont de bonnes normes.

Le projet de construction de 300 poulaillers, ce sont des projets qui visent des projets alternatifs, bio, en plein air. - Ce ne sont pas des grands poulaillers industriels comme il y a 20 ans. Qui produirait de la viande peu chère.

C'est là oø la France a du mal. - On doit reconquérir l'intégralité de la gamme. On est beaucoup allé sur le poulet label rouge, le poulet de Bresse.

Mais tout le monde ne peut pas...

Ca veut dire que la France, les Français, le talent de nos éleveurs font qu'ils sont capables de produire un poulet de qualité d'entrée de gamme et de haut de gamme. -L'image qu'on a, c'est des images poulaillers avec des centaines de poules, un poulailler industriel. - Il faut s'en prendre sur le terme de... si on veut revenir à une inculture oø chacun à trois poules dans son jardin, je vous prédis une pénurie d'oeufs immédiate.

J'invite les Français à se renseigner sur ce dont on parle. Il y a des poulaillers avec des bâtiments mais aussi une ouverture sur l'extérieur. Du poulet bio, respectueux du bien-être animal.

Ce n'est plus le poulet en cage. - Ce projet de 300 poulaillers, ou le signer. - Je dis qu'il faut veiller à ce que les Français acceptent ces lieux d'élevage qui sont indispensables.

Sinon, à quoi sont-ils condamnés ? A manger débouler qui nous viennent de l'étranger. D'Ukraine ou du Brésil.

Avec d'énormes qu'on impose pas. î Sur un autre sujet, pour faire des économies, Amélie de Montchalin souhaite fusionner ou Plusieurs sont dans le collimateur de la droite. Pour vous, est-ce qu'il faut fondre l'office français de la biodiversité avec d'autres agences ou est-ce qu'il faut qu'elle reste une identité à part entière ? - D'abord, le projet d'Amélie de Montchalin et de mettre de la rationalité.

Il y a énormément d'agence et ce sont des coûts de fonctionnement considérable. A chaque fois, vous avez des directions, des supports différents, il y a une perdition de l'argent public. La question est de savoir comment on permet de la rationalité budgétaire dans tout ça.

Tout cela sans enlever de l'efficacité. Justement, pour en gagner. Je n'ai pas d'hésitation à dire que l'office français de la biodiversité, on a des sujets de discussion avec cet office, ça ne veut pas dire que je demande sa suppression.

Je demande qu'il travaille à une meilleure collaboration avec le monde agricole. - Ca doit rester une identité à part ? - C'est déjà une agence très conséquente qui agit sur des actions spécifiques sur la faune sauvage et la production des animaux domestiques.

Elle est là aussi pour inviter les producteurs à avoir des pratiques respectueuses de l'environnement. Aujourd'hui, on sait oø sont les difficultés. C'est rationnel, avec des contrôles...

J'ai voulu par souci de simplification et d'acceptabilité par le monde agricole, réduire le nombre de contrôles à un contrôle par exportation. - Quand vous évoquez ces contrôles, et ces relations difficiles, il y a des tensions. - Ce n'est pas comme ça partout.

C'est la façon de faire. Il y a des endroits oø la relation entre le monde agricole et l'OFB sont bonnes. Il faut bien comprendre que le monde agricole, les agriculteurs travaillent dur.

C'est un métier dur. On est soumis à des règles de concurrence, aux caprices de la météo, aux ravageurs, aux attaques sanitaires...

Il faut voir ce que vivent nos agriculteurs. Ils ont besoin de soutien et de compréhension. Il ne demande pas de s'affranchir de toutes les règles, il demande une compréhension mutuelle de leur travail et de leur métier.

C'est possible, c'est à portée de main si ces fait avec bonne volonté. - Ils veulent être affranchis d'une règle, ça va être débattu demain. Ils sont deux députés.

Ils prévoient de ré-autoriser un insecticide que nos voisins européens continuent d'utiliser. Les agriculteurs le réclament pour produire des asperges ou des noisettes. Vous vous êtes pas opposés à cette mesure, est-ce que ça veut dire que vous soutenez la réintroduction de ces insecticides ? - J'ai défendu la position du Gouvernement.

La position initiale des sénateurs voulait le rétablissement du pesticide partout pour tout type de culture. Le Gouvernement a dit non. J'ai déposé un amendement de suppression qui a été adoptée.

Les rapporteurs ont déposé un autre amendement restreignant l'usage de ce néo-nicotinamide utilisé partout en Europe. Je dis ça pour qu'on relativise la portée de ces dispositions. Qu'elle soit réservée aux productions en impasse de traitement.

Aujourd'hui, on est en train de perdre la filière de la noisette. On a la France, grande productrice de pommes qui est attaquée par des ravageurs qu'elle ne sait pas réduire. Le Gouvernement a donné un avis de sagesse.

Ca veut dire qu'on n'est pas hostile au rétablissement mais qu'il appartient au Parlement d'en débattre. Il faut mettre nos producteurs à égalité de concurrence avec les producteurs européens. 26 pays ont conservé cet insecticide, le jugeant non-nocif pour la santé. - Quand vous dites ça, on comprend qu'il n'y a pas raison que la France fasse une exception. - Il faut veiller à ce que nos producteurs ne soient pas désavantagés.

Il appartiendra aux parlementaires d'en débattre. -Demain, il y a quand même des scientifiques et des médecins qui se mobilisent pour dire exactement le contraire. - Il y en a aussi qui dise le contraire.

C'est une question très débattue. Est-ce que vous croyez que les chercheurs des autres pays européens empoisonnent leur population ? - Mais votre avis c'est de dire quoi ? - Je dis juste qu'il faut adopter une position qui est sage...

Il faut soumettre ça à un collège. C'est la disposition qui a été validée par le conseil constitutionnel. Qu'a dit le conseil constitutionnel il y a quelques années sur la réintroduction pour les betteraves de l'insecticide.

C'était après l'avis d'un conseil, conseil de producteurs, de scientifiques. Il y a toutes les garanties qui sont données par le conseil constitutionnel. C'est la loi fondamentale. - TF1 annonce que le chef de l'Etat sera en interview mardi prochaine, oø il répondra aux questions de Gilles Bouleaux.

Ca parlera de référendum. - Sur la question de l'agriculture, elle a été traitée dans la convention sur l'environnement. L'agriculture n'avait été envisagée que sous l'angle de l'environnement.

Il ne faut pas imposer défense de l'environnement et défense de l'agriculture. L'agriculture travaille avec le milieu naturel, le vivant. Les conventions citoyenne, oui, pourquoi pas, mais il faut voir comment on traite les conclusions. - On garde tout, ça pas toujours été le cas. - Je rebondis sur l'annonce que vient de faire Hugo sur l'intervention du chef de l'Etat.

François Bayrou a dit qu'il souhaite consulter les Français sur la réduction des déficits de la dette. Ces décisions de référendum relèvent du président de la république. tes-vous surprises ?

Est-ce une bonne idée ? Vous, ex-vice président de l'assemblée, vous défendez les droits de l'assemblée. - La famille politique à laquelle j'appartiens, les Républicains, souhaiten donner le mot final au peuple.

Le premier ministre a évoqué de sujet. La question budgétaire et la question de la production. Je suis très attaché à la question de la production mais on n'en reparlera avec l'invité de tout à l'heure.

La France ne produit pas assez. La question budgétaire est majeure car aujourd'hui on sait que pour rentrer dans les clous d'une soudabilité budgétaire, il faut faire 40 milliards d'économies. Pour être dans les standards.

Le fait de ne pas faire de référendum, signifie que c'est une question qui concerne chaque français. -Les déserts médicaux, la régulation des médecins, François Bayrou propose deux jours de consultations par mois. Vous préférez quelle option ? - Je suis contre la coercition.

J'étais beaucoup investie sur la question de l'accès aux soins, j'ai créé une maison médicale pluri professionnelle, j'ai fait venir des médecins, spécialiste en consultation avancée, il y a une ingéniosité chez les maires pour les soins. Beaucoup n'y arrivent pas car c'est difficile et qu'on manque de médecins. La levée du numéro Clausus est une chose.

Je trouve intéressante l'idée qu'on puisse sensibiliser les médecins du fait qu'ils donnent leur exercice professionnel. Si je devais choisir entre les deux options, je préfère celle du premier ministre. - En tant qu'élu local et député, vous entendez les syndicats de médecins qui s'opposent.

Comment vivez-vous l'hostilité des médecins qui s'opposent à s'installer à la campagne ? - Que les médecins veulent s'assurer que là oø ils vont vivre avec leur famille puissent disposer d'une école, un collège, lycée... - Il y en a partout. - La difficulté est de les faire venir.

Quand on les fait venir, ils découvrent le bonheur de vivre en milieu rural. - Vous avez réaffirmé votre position sur le projet, les Français sont favorables, pourquoi vous refusez ce nouveau droit ? - Ce n'est plus dans mon champ de compétences.

Je vais m'exprimer à titre personnel et pas de ministre de l'Agriculture. Lorsque j'étais députée, j'ai participé activement à ce débat. J'attends du débat qu'il éclaire les Français sur les implications que ce débat emporte avec lui.

La France est très en retard sur les soins palliatifs. Les Français craignent deux choses : la solitude dans la fin de vie et la souffrance. Toutes les pratiques professionnelles montrent que quand vous soulagez la souffrance, et on est très en retard en France pour la prise en charge de la douleur, et quand vous soulagez la solitude, parce que la solitude est aussi le sujet du grand âge, vous éteignez l'envie de mourir.

L'euthanasie ou le suicide assisté c'est franchir une barrière éthique qui mérite un débat approfondi. - Un référendum, pourquoi pas ? - Peut-être mais un référendum qui serait très éclairé.

Les Français, quand ils veulent le recours au suicide assisté ou à l'euthanasie, pense à deux maladies : Charcot et Alzheimer. -Est le cancer. - Oui mais ces deux maladies qui leur font perdre de l'autonomie.

Il y a des réponses. La science et la médecine. Ce qui me frappe dans ce débat, c'est que le corps médical est hostile au suicide assisté. -Vous n'êtes pas d'accord ? - - On nous pose cette question en permanence.

Est-ce que ça engage la Gouvernement. Je voudrais poser des questions sur comment la droite est entrée Gouvernement. Elle est entrée car elle ne voulait pas de belles tentatives à gauche.

La France, nous avions le devoir de participer à ce débat. - On va parler de la droite. Wauquiez ou Retailleau ?

Le ministre de l'intérieur a décidé de se lancer dans la compétition. L'un des bénéfices, c'est qu'il y a 120000 adhérents aux Républicains. - Vous venez de désavouer Laurent Wauquiez en excluant toute démission du Gouvernement.

Vous êtes secrétaires général des Républicains. Avez-vous fait votre choix entre les deux ? - Je suis en charge de l'organisation de ce scrutin interne.

Je suis tenue, par les statuts, à la neutralité. Ne cherchez pas le soutien à l'un ou l'autre. - Avez-vous fait votre choix ? - Mon choix sera fait au moment venu. - Je vous demande si vous avez fait votre choix, je vous demande pas lequel. - Je donne à la réponse la plus neutre possible. - Vous pensez qu'ils vont réussir à travailler ensemble après cette élection oø il risque d'y avoir un mauvais perdant ? - L'expérience politique m'a instruite sur le fait que les ennemis d'hier peuvent devenir les alliés de demain lorsque l'enjeu le commande.

Devant nous, nous avons un gros enjeu : 2027. J'ose espérer que pour 2027, la droite sera parfaitement et responsable unie. - Seuls les adhérents à votre parti peut participer à ce vote.

En deux mois, votre parti a presque triplé son nombre d'adhérents. En 2021, il y a un chien qui avait voté la première à la primaire. Un adhérent avait réussi à faire voter son chien.

Pouvez-vous garantir qu'aucun chien ne votera ? - Nous avons une instance qui s'appelle la Haute Autorité. Elle comprend des parlementaires et des juristes.

Ils sont à la manoeuvre pour l'organisation et le contrôle. Ce sont eux qui seront chargés du contrôle du corps électoral. Des procédures. - Vous n'avez pas eu de remontées de choses louches. - Non.

Vous savez, la malveillance a parfois des stratégies records. Chacun d'entre nous peut être l'objet de tromperie Peut-être que demain, vous serez trompés par un mafieux particulièrement habile qui vous convaincra... - Ne parlons pas de mafia pour les Républicains. - Que ce soit votre conseiller bancaire ou autre.

Il pourrait accéder à vos données personnelles. Ils sont d'une ingéniosité extraordinaire. La malveillance n'a pas de limite. - Même si c'est un vote électronique, il pourrait y avoir... - Non.

Je dis juste que nous avons des procédures très exigeantes. Il faut fournir son numéro de téléphone par lequel vous allez recevoir un numéro d'adhérent, un code pour voter. Tout ça est hyper encadré. - Le vainqueur au soir du 18 mai sera le vainqueur indiscutable. - Toutes les circonstances sont réunies pour que ces élections soient propres. - Un sondage publié ce matin voit le candidat de LR éliminé quelque soit la configuration ou le candidat.

Y a-t-il une nécessité d'avoir un candidat LR en 2027 et ne faudrait-il pas déjà négocier avec Edouard Philippe ? - Les favoris d'aujourd'hui ne sont pas forcément ceux de demain. L'histoire de la politique française est truffée de favoris qui n'ont plus été.

J'aurais l'indulgence de ne pas donner de nom mais chacun connaît longue histoire. - Edouard Balladur, Alain Juppé. - Il est urgent de donner à LR un président - Un président qui sera candidat ?

Ce n'est pas automatique ? - Non car on est dans une configuration politique inédite. On a une archipélisation, on a un ordre politique qui suit pas toujours ce qu'on pense.

Entre les différents candidats, le Rassemblement National et Jean-Luc Mélenchon, la gauche la plus extrême, si on multiplie les candidats, le risque est de ne pas être au deuxième tour. L'autre impératif pour la droite que je représente c'est d'être fidèle à ce que nous sommes. De faire valoir ce que nous croyons bon pour notre pays.

Si c'est pour faire un espèce de mélange de projets politiques qui n'auraient pas de sens ni de colonne vertébrale, la droite veut peser dans cette élection et elle le fera. - Ce sondage a été financé via Hexagone Il est prévu un budget de 150 millions d'euros pour influencer la présentiels. Ca vous inquiète que des milliardaires tentent d'influencer les élections en France ? - Qu'il soit financé par les seins ou par les autres, il y a toujours eu des sondages.

Est-ce que le caractère prédictif des sondages est réel ? Le peuple français a une intelligence collective qu'on sous-estime. Je pense qu'il faut faire confiance au peuple.

Ensuite, tous les vecteurs d'opinion, médiatiques ou non ont comme objectif d'influencer l'opinion publique. - On va recevoir l'invité qui va être face à vous. - Face à vous, Annie Genevard, le philosophe des champs.

Ecrivain, auteur, connu pour ses idées libérales. En 2022, il tente l'aventure présidentielle avant de jeter l'éponge. Aujourd'hui, il nous repensait notre rapport à la terre.

Comment financer comment... - ce que j'ai essayé de montrer avec Agro philosophie, c'est que toute pensée vient du sol.

La manière dont on réfléchit le monde est très souvent inspiré de la manière dont on se comporte vis-à-vis de ses ressources. - Une réflexion née de son expérience de cultivateur au milieu du bocage normand. Dans son jardin, il invoque les grands philosophes.

Pour mieux interroger nos conceptions de la liberté, de l'autorité ou de la responsabilité collective. Notre invité souligne aussi l'importance de la biodiversité et le respect des cycles naturels. -L'éloge de la ronce.

Il demande pourquoi on ne laisse pas les ronces pousser dans les champs. La ronce a un vrai rôle. Face à vous, Gaspard Koenig. - Nous accueillons Gaspard Koenig.

Je vous laisse saluer la ministre. Bonsoir. Je vous laisse vous installer pour échanger avec Annie Genevard. - Parfait. - A vous la parole.

Je suis heureux de vous rencontrer. Vous avez presque le poste le plus important du pays, pour moi. En entrant dans une air physiocratique, c'est ce qui vient du sol, d'ailleurs, un ministre anglais a annoncé qu'un pays se remettre de la perte de nourriture mais jamais de son sol.

Aujourd'hui, les sols sur lesquels je travaille à travers mon livre sont fondamentaux car ils transforment la vie, ils décomposent chaque génération pour permettre à de nouvelles formes de vie d'apparaître, ces sols sont mal connus. Ils sont immenses. Ces sols ont des fonctions essentielles.

Vous allez en être convaincue sans difficulté. Ils permettent de ne pas polluer l'eau. Ils ont des fonctions médicales.

Il y a un livre écrit. Ca peut diminuer des risques de cancer. Ils enterrent le carbone et ils sont le reflet de la biodiversité.

Ces sols sont menacés. L'union européenne explique que 61 % des sols sont dégradés. Une étude en France dit 50 %.

Le nombre de vers de terre diminue. - Qu'est-ce que vous attendez Annie Genevard ? - J'attends de reconnaître qu'aujourd'hui il ne faut pas et opposer écologie et productivité.

C'est absurde. Vous avez 63 % d'insectes en moins au Royaume-Uni sur ces dernières années. La productivité chute quand vous n'avez plus d'insectes pour poliniser.

Aujourd'hui, c'est la raison et pas l'idéologie. Il faut envisager une nouvelle révolution agricole. Ce sera la révolution Agro écologique, fournir des solutions fondées sur la nature au problème de la nature. - Agroécologie,... toute la profession devrait se mettre en branle sous l'égide de la politique ? - On va laisser Annie Genevard vous répondre. - Tout d'abord, je comprends tout à fait idéal agro écologique qui est le vôtre.

Je le partage. On ne peut pas opposer environnement, défense de l'environnement, restauration de l'environnement et agriculture. C'est l'enjeu qui est devant nous.

Il faut produire de la nourriture pour être souverain, sinon, on se met dans la main de pays qui n'ont pas du tout les impératifs que nous avons en matière de respect de, et en même temps, il faut tenir compte d'une production qui soit la plus respectueuse possible de l'environnement. Vous évoquez les sols. C'est curieux car ce matin j'avais une réunion avec les auteurs d'un rapport sur l'agriculture de conservation des sols car il y a des techniques qui régénèrent...

Il faut bien considérer que tout n'est pas perdu. Je refuse une vision catastrophiste du monde. Vous ne pouvez pas imaginer les efforts que les agriculteurs ont faits pour produire de façon plus respectueuse.

Le plan qui a pour ambition de diminuer l'usage des phytosanitaires de moitié est à l'oeuvre. L'agriculture de conservation des sols, ils sont heureux car ils font de l'agronomie. - Aujourd'hui, c'est la science fondamentale qui nous guide.

Je suis d'accord avec vous, j'interviens aussi chez les agriculteurs soutenant ces problématiques. Je vois bien une très grande partie de la profession en a marre de sortir le pulvérisateur et demande à faire cette transition. Mais ils ne peuvent pas l'affaire dans le système économique et politique actuel.

Avec les traités de libre-échange que nous avons, Dieu sait que je suis libéral, sans clause miroir, on ne peut pas être compétitif. On encourage pas à rendre des services environnementaux les agriculteurs ont raison de se plaindre de la bureaucratie mais, faire des nombres simples, ce n'est pas allégé les contraintes. Si vous mettez des normes très simples de qualité des sols, leur dire qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent à partir du moment oø ils peuvent améliorer la qualité du sol, on pourrait faire des choses simples.

Pour ça, il faut une volonté politique digne... - Annie Genevard, prenez la parole. - On ne peut pas demander aux agriculteurs de faire ça tout seul dans leur coin.

Il faut leur expliquer quel est l'objectif. Le terme d'Agro écologie ne figure pas dans le dictionnaire. - Dans la loi d'orientation agricole, il y a adaptation au changement climatique et environnemental. - La biodiversité est autre chose que le changement climatique. - L'effondrement des populations a aussi à voir avec le réchauffement climatique. - Les deux premières causes effondrement des populations d'insectes et la perte des habitats et la destruction de ressources.

Le changement climatique n'arrive qu'en troisième position. Bien sûr, c'est important mais on ne peut pas tout concentrer sur le carbone. Il oublie que si demain, on résolvait les problèmes de carbone, on n'aurait rien résolu des autres problèmes. - La captation du carbone à son importance.

Je crois aujourd'hui que par un agriculteur vous dira que la restauration des haies est inutile. - Comment expliquez-vous que 20000 km continuent à disparaître tous les ans ? - Vous passez sous silence une politique initiée par mon prédécesseur qui consiste à replanter des haies. - C'est un rythme qui est inutile. - Pas en 2024.

On a replanté beaucoup d'arbustes. - Il faut qu'il y ait un message politique clair et global. Assumer le fait que le Gouvernement, je sais que vous ne le ferez pas parce que vous êtes dans une situation instable.

Vous ne pouvez pas vraiment assumer une vision transformatrice. Les politiques sont à votre siège demain devront faire ce qui est était fait dans les années 60...

La population agricole est extrêmement adaptative. Il faut arrêter les injonctions contradictoires et leur dire oø il faut aller ça changera tout. - Je voudrais que vous rendiez hommage aux agriculteurs qui sont engagés dans cette transition.

Ne reconnaît jamais les efforts qu'ils font pour le phytosanitaire. - Mais ils le font contre le système mis en place aujourd'hui. - Pas du tout.

La moitié du budget est consacrée à des pratiques qui sont Agro écologiques. 43 %. Ne dites pas qu'il n'y a pas d'incitation... - C'est les clauses miroir, subventions agricoles... - Il est pour la transition. - Merci !

C'est la fin de "LCP-Lundi, c'est politique". Nous vous souhaitons une bonne soirée avant de nous retrouver lundi prochain. Bonne soirée.

Annie Genevard, ministre de l'agriculture | LCP, Lundi C'est Politique - 05/05/2025 — Annie Genevard · Pourquijevote