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interviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre· 23 décembre 2024 13 min

Face aux experts du lundi 23 décembre 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Notre invité politique ce matin, l'invité face aux experts, c'est Franck Alizio, député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône, vice-président du groupe RN à l'Assemblée. Bienvenue à vous, bonjour. On reste évidemment en fil rouge avec cette image de Matignon, nos équipes sont sur place à l'Élysée, à Matignon, on attend d'une minute à l'autre. Et bien regardez, voilà justement l'arrivée du Premier ministre François Bayrou en direct sur LCI ce matin. François Bayrou qui a promis d'annoncer un gouvernement avant Noël, avant le réveillon de demain soir.

On parlait de cette journée de dimanche comme une éventuelle annonce, on a évoqué ce matin, peut-être dans la journée également, Franck Alizio. Ce serait judicieux selon vous d'annoncer le gouvernement aujourd'hui, journée de deuil national pour Mayotte ?

0:41
Franck Allisio

Évidemment que ça aurait dû être fait plus tôt, durant le week-end. Ce n'est pas évidemment un jour de deuil national pour une catastrophe qui a frappé notre pays et notre peuple à travers Mayotte. Ce n'est pas idéal mais...

0:56
Présentateur

Estelle Youssoufa, députée Lyot de Mayotte, trouverait que ce serait une hérésie de le faire aujourd'hui ? Et presque indécent.

1:02
Franck Allisio

C'est évident que ce n'est pas un bon jour, c'est un jour de deuil. Une annonce de gouvernement, un jour de deuil. Voilà, maintenant le pays doit avoir un gouvernement. Le Président et le Premier ministre tardent déjà depuis des jours et des jours. Ça fait au moins trois jours qu'on nous annonce le gouvernement tous les jours. Donc il faut avoir un gouvernement, ça peut être encore une fois...

1:23
Présentateur

Il a dit avant Noël, pour l'instant il est dans son timing.

1:24
Franck Allisio

Oui, ça pourrait être demain, ça aurait mieux valu que ce soit hier. Mais voilà, c'est au Président et au Premier ministre de décider de leur timing.

1:33
Intervenant

M. Alizio, il y a un problème avec vous, c'est le problème Xavier Bertrand. Alors, on a entendu des voix de dissonance, notamment dans la journée d'hier. Vous censurez le gouvernement, si Xavier Bertrand il est où ? A la justice ou s'il est simplement dans le gouvernement ? Dites-nous le clairement parce qu'entre Christian Chenu, Sébastien Chenu hier, Marine Le Pen, l'entourage, on n'a pas bien compris. Donc on a compris que vous censuriez si Xavier Bertrand était là, mais à quel poste ?

1:59
Franck Allisio

Alors, soyons clairs, nous avions dit que nous censurions, et ça c'est depuis le mois de juillet, un Xavier Bertrand Premier ministre. Tout ça, tout le monde l'a entendu. Nous censurions, nous sommes, enfin, nous verrons d'un très mauvais oeil, et donc je pense que nous censurions un Xavier Bertrand sur un ministère régalien ou stratégique. C'est-à-dire, en haut, c'est soit les régaliens, enfin, je pense à police et justice, intérieur et justice, et Bercy. Bon, si M. Xavier Bertrand est ministre d'un gouvernement secondaire, d'un ministère secondaire sur lequel il n'a pas prise sur la politique du gouvernement, alors on n'a pas censuré pour la simple présence de M. Xavier Bertrand.

2:48
Présentateur

Lequel, par exemple ? Quel ministère ? L'éducation nationale, ce ne serait pas important pour vous ?

2:52
Franck Allisio

L'éducation nationale, enfin, nous ce que... Ce serait un ministère secondaire pour vous. Qu'est-ce qu'on reproche, par exemple, à M. Xavier Bertrand ? C'est d'avoir, en tant que président de région, avoir une politique, on va dire, très islamo-compatible, très, très, très... En rapport avec l'éducation, ben oui, quand on subventionne une web radio islamiste, quand on subventionne une web télé islamiste, quand on subventionne un lycée islamiste, ça pose un véritable problème de fond. M. Alizio, la question, on le sait bien, la question de fond... Quand on est l'une des régions les plus endettées de France, ça n'augure rien vis-à-vis des finances de notre pays. M. Alizio, on le sait bien.

Bien, s'il est un poste stratégique qui est déterminant par rapport à la politique à amener ce gouvernement sur les sujets que je viens de dire, c'est-à-dire police, justice, finances, eh bien, probablement que nous censurons ce gouvernement.

3:45
Intervenant

Une question, on sait très bien que la détestation profonde entre Marine Le Pen et Xavier Bertrand, elle ne date pas de ce que vous dites, elle est ancienne, il l'a battue deux fois aux élections régionales, il y a eu, ça a été repris par un chanteau de vos proches, cette idée, la fameuse phrase où il dit il faut casser la mâchoire du parti, cette détestation, c'est elle qui nourrit votre ressentiment. Est-ce que ce n'est pas ce chantage-là que vous faites en disant, si Xavier Bertrand on censure, est-ce que ce n'est pas un peu dommageable ? Est-ce que ça n'est pas un peu, j'allais dire, un peu enfantin, un peu cours d'école ?

Et est-ce que c'est à la hauteur de l'enjeu qui se pose aujourd'hui ? Vous êtes responsable, vous dites que vous êtes en partie responsable, est-ce que ce chantage ou cette loukaze-là, autour d'une personnalité, a priori, ce n'est pas un peu, en tout cas pas à la hauteur ?

4:29
Franck Allisio

Non, parce que je ne suis pas d'accord avec votre analyse, si Marine Le Pen devait poursuivre de sa vindicte, tous ceux qui lui ont manqué de respect, ou qui ont été très agréables, ou qui ont été insultants envers elle, sur ces 20 dernières années d'activité politique, il n'y aurait plus beaucoup de monde que l'on laisserait gouverner le pays. Donc la question n'est évidemment pas personnelle. En revanche, oui, il a toujours été très méprisant envers les électeurs du Rassemblement National, donc envers une grande partie des Français, et donc ça, évidemment, ça nous choque, et ça, pour le coup, c'est un véritable problème.

Mais il n'y a rien de personnel, encore une fois, si Marine Le Pen, enfin voilà, elle a le cuir épais, ce n'est pas les petites attaques et les petites critiques, les petits M. Gévertrand,

5:11
Intervenant

qui vont changer les choses. Y compris vos électeurs, ce qui s'apparente à une forme de chantage, est-ce que vous pensez que ça va être bien perçu dans l'opinion, qui aujourd'hui a plutôt un regard, on peut dire, pas très valorisé sur la classe politique, est-ce que vous pensez que même vos électeurs comprendront cette censure a priori ?

5:29
Franck Allisio

Ce n'est en aucun cas, je ne suis pas d'accord avec le terme chantage, et je vous rappelle qu'aujourd'hui, si le gouvernement va pouvoir exister pendant purement, c'est grâce à notre esprit de récentralité et au fait qu'on ne va pas le censurer a priori, à la différence de la gauche et de l'extrême-gauche, qui, elle, va le censurer a priori. Donc, du côté du sens de récentralité, nous l'avons et nous continuons à l'avoir.

5:48
Invité

Alors, justement, vous dites, on ne va pas censurer a priori, mais est-ce que finalement, l'intérêt du RN, et notamment de Marine Le Pen, ce ne serait pas plutôt, justement, de censurer pour provoquer des élections présidentielles

5:58
Franck Allisio

anticipées ? Non, parce que le lien de cause à effet n'est pas du tout fait. Le président de la République décide de démissionner lorsqu'il le décide. Donc, bien, peut-être qu'après M. Bayrou, il y aura un autre Premier ministre. Donc, il n'y a aucun lien. Et si, je veux dire, là, pour le coup, c'est en temps de penser que parce que demain, le gouvernement Bayrou va tomber, alors M. Macron va dire, je démissionne. Il démissionne quand il veut. Donc, nous, encore une fois, on s'intéresse à ce que fait ce gouvernement. Ce qu'il va faire, ce qu'il ne va pas faire, et à partir de là, on censurera ou pas, comme on l'a fait avec M.

Barnier, où on a évité aux Français 40 milliards d'impôts supplémentaires. Marine Le Pen est donc, indirectement, la responsable politique qui a fait le plus baisser les impôts sur ces 30 dernières années dans ce pays. Vous voyez que c'est efficace d'avoir 142 députés, Rassemblement National et Alliés.

6:45
Présentateur

Franck Alizieux, il y a le dossier brûlant des retraites, et également sur le bureau de François Bayrou, le Premier ministre qui a dit vouloir reprendre les discussions, mais sans suspendre la réforme. Il a proposé d'ouvrir le débat. Est-ce que le RN va y participer ? Est-ce suffisant

6:59
Franck Allisio

pour vous ? Si on ouvre le débat, on y participera, évidemment. C'est déjà une avancée, parce que M. Barnier, c'était circuler, il n'y a rien à voir sur les retraites. Bon, M. Bayrou, avant d'être Premier ministre, et depuis qu'il est Premier ministre, a toujours dit la réforme des retraites, on peut retravailler dessus. Bon, nous avons proposé son abrogation, on nous a fait une proposition de loi qui n'a d'ailleurs pas été votée par la gauche.

7:23
Présentateur

Mais ça ne vous gêne pas qu'il ne la suspende pas aujourd'hui ?

7:26
Franck Allisio

Il veuille reprendre les débats sans suspendre ? Si on avait fait de la suspension, d'abord, on aurait condamné immédiatement ce gouvernement. Si on avait fait de la suspension de la réforme des retraites, une condition de censure ou de non-censure, on l'aurait dit. En revanche, l'abrogation de cette réforme, parce que nous considérons que cette réforme est injuste socialement et inefficace financièrement, puisqu'elle ne rapporte pas tant que ça, est un vrai sujet. Elle restera un vrai sujet.

7:50
Intervenant

J'ai bien compris l'abrogation, mais je n'ai pas bien compris sur la suspension. Vous êtes pour ou contre la suspension, tout ce que demandent les socialistes justement là.

7:59
Franck Allisio

On est pour l'abrogation, à fortiori, on est pour la suspension.

8:02
Intervenant

Donc vous êtes d'accord pour la suspension ? Vous plaidez aussi, suspendons, pour qu'on revoie après la proposition.

8:07
Invité

Le Premier ministre a dit qu'on ne va pas suspendre.

8:10
Franck Allisio

Par définition, on a toujours dit que cette réforme des retraites était mauvaise. On a fait tomber ce gouvernement justement pour protéger les retraités. Oui, les retraites et les retraités, pour nous, sont une priorité. Donc nous continuerons à défendre cela telle qu'une priorité, telle qu'on l'a proposée aux Français lorsqu'on s'est présenté devant leur suffrage il y a quelques mois.

8:33
Présentateur

L'information TF1-LCI que vous avez peut-être lue au bas de votre écran, pas de nomination ce matin, pas d'annonce de gouvernement ce matin. C'est une information que l'on peut vous donner à présent. On ne sait pas encore à l'heure à laquelle sera nommé ce gouvernement, mais ce ne sera pas ce matin. On rappelle, à partir de 11h, journée de deuil nationale pour les victimes de Mayotte. J'aimerais vous interroger là-dessus également aujourd'hui, Franck Alizio. Immédiatement après l'attaque à la voiture Bélier sur un marché de Noël en Allemagne vendredi dernier, Jordan Bardella, Marine Le Pen, Sébastien Chenu également ont déploré sur X, je cite, un attentat islamiste.

Depuis, on a appris par la ministre allemande de l'Intérieur qu'il s'agissait d'un islamophobe. Il aurait fallu être prudent avant de tweeter pour les responsables politiques de votre parti ?

9:16
Franck Allisio

Je suis conseiller régional d'une région qui a eu un seul attentat à Nice en 2016, 84 morts. C'était exactement le même mode opératoire. Je suis marseillais, ma ville a été endeuillée il y a plusieurs années par l'assassinat par un islamiste de jeunes filles, Morane et Laura.

9:39
Présentateur

Oui, mais la ministre allemande de l'Intérieur dit que ce n'est pas un islamiste. Il est islamophobe.

9:43
Franck Allisio

Il ne vous a pas échappé que le mode opératoire est exactement le même que celui de Nice. Le mode opératoire est exactement le même que de nombreux attentats islamistes. Manifestement, les responsables politiques de votre parti se sont trompés. Il était normal d'avoir cette hypothèse privilégiée. Tout le monde a fait cette hypothèse privilégiée. Mais c'est possible de faire un correctif derrière. Parlez d'islamistes alors que la ministre allemande

10:03
Présentateur

de l'Intérieur dit qu'il est islamophobe.

10:05
Franck Allisio

Le ministre de l'Intérieur Il est mieux placé que vous. Il est mieux placé que vous en l'occurrence pour savoir. Un peu mieux, a priori. C'est vrai que les saoudiens islamophobes, ça existe beaucoup. C'est comme les cardinaux christianophobes. Vous avez raison. C'est comme les poissons volants. Donc vous permettrez d'attendre la fin de l'enquête. Grégory Félix. On sera très prudent mais on permettra d'attendre la fin de l'enquête. Donc vous êtes saoudiens islamophobes ? Pas tous en même temps. C'est original.

10:31
Invité

Justement sur cette question, vous dites qu'il faut être très prudent et je suis d'accord avec vous mais le RN aspire à des responsabilités nationales. A quel moment vous ne dites pas attendons une demi-journée les résultats de l'enquête avant de désigner effectivement via Twitter ou via un réseau social le fait que c'est un attentat islamiste ? Et j'ajoute, M. Alizou,

10:49
Présentateur

après on vous laisse la parole que Sébastien Chenu, hier en interview, n'a pas voulu apporter de correctif. Il est resté sur sa ligne de conduite et sur le tweet qu'il avait proposé quelques minutes, quelques heures seulement après l'attaque.

10:58
Franck Allisio

Je trouve extraordinaire, ça en dit long d'ailleurs, bref. Je trouve extraordinaire de disserter sur des tweets alors qu'on devrait plutôt s'intéresser à la vague terroriste dans ce pays parce que quoi qu'il arrive c'est un attentat terroriste à l'insécurité dans l'Union Européenne, dans l'Europe, au fait que la France est le premier pays touché par le terrorisme alors évidemment à 100% pour le coup islamistes que nous avons eu 50 attentats depuis 2013. C'est ces questions qu'il faudrait poser. Est-ce qu'on peut discuter ? Vous avez raison. C'est une polémique sur les trucs qu'on peut faire la forme.

11:33
Intervenant

On doit discuter, on doit aborder ces sujets-là, en discuter, mais sur la base de faits qui sont avérés. Là, en l'occurrence, vous vous exprimez sur ce que soulignait Karine hier, sur des choses qui sont, j'allais dire, une vérité alternative. Est-ce que, pour vous, il y a deux sortes de vérités ? Il y a la vérité du ministre allemand et puis la vôtre qui est une autre vérité. Mais vous savez, le problème,

11:52
Franck Allisio

ce n'est pas la religion de celui qui...

11:54
Intervenant

Non, c'est les faits. Les faits, on parle des faits.

11:55
Franck Allisio

Oui, la question, ce n'est pas la religion de celui qui commet l'attentat. La question, c'est que, déjà, c'est un étranger. C'est quelqu'un qui est arrivé dans ce pays. C'est un Saoudien. Donc, quoi qu'il arrive, ça pose des questions de sécurité. Ça pose la question de savoir jusqu'où l'Union européenne doit accueillir, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt, une immigration. Toujours plus forte. Qui est le terreau, que vous le vouliez ou non ? Donc, vous n'êtes pas trompé dans cette expression. Qui est le terreau factuel de ce terrorisme, qu'il soit islamiste ou non. Et encore une fois, attendons la fin de l'enquête. Et encore une fois, un Saoudien islamophobe, attendons la fin de l'enquête.

Merci Franck Alizio

12:29
Présentateur

d'être venu ce matin

12:30
Franck Allisio

sur LCI face aux experts.