Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, revient sur les incendies qui ont frappé la Gironde
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
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- 0:01OuverteRéponse directe
La nuit en Gironde, la météo, le travail des pompiers, est-ce que cela a entamé votre optimisme ou plutôt est-ce que ça l'a renforcé ?
- 1:01OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a encore des zones du territoire qui vous inquiètent ce matin ?
- 1:09RelanceRéponse directe
Est-ce que ce n'était pas prévisible, attendu en fait ?
- 3:29OuverteRéponse directe
Dites-nous quels sont les critères précis qui déclenchent l'autorisation de retour dans les logements ?
- 4:39OuverteRéponse directe
Quels sont les critères précis qui déclenchent l'autorisation de retour dans les logements ?
- 5:10RelanceRéponse partielle
Est-ce que des choix ont été faits ? Qu'est-ce que vous leur répondez ce matin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Invité politiqueFait
« 'est-à-dire entreprendre des travaux de génie, des coupes, parfois allumer des feux tactiques pour éviter qu'ils ne puissent progresser. »
- 0:51Invité politiqueFait
« Et ce travail a été réalisé sur 240 mètres de lisière, donc c'est remarquable. »
- 1:41Invité politiqueFait
« Beaucoup de sécheresse, beaucoup de végétation liée aux pluies de la fin de l'année 2025 et donc les feux partent vite et fort. »
- 2:32guest_politiqueFait
« Non, mais on savait que la saison serait compliquée, qu'on aurait des feux. On l'a annoncé dès le lancement de la saison, qui a eu lieu le 4 juin. »
- 2:46Invité politiqueFait
« on avait prévu énormément de colonnes de renfort, énormément de moyens. La flotte aérienne était évidemment disponible pour intervenir. »
- 2:55Invité politiqueFait
« Quand le président de la République dit, le Premier ministre dit, ou quand je le dis moi-même que le feu est inédit, c'est qu'on a assisté à un feu, qui est un feu convectif. »
- 3:38Invité politiqueFait
« C'est quand le feu est stabilisé et qu'il n'y a plus de points chauds à proximité immédiate. »
- 3:47Invité politiqueChiffre
« Je crois que ce sont 9 communes au total qui sont concernées. »
- 5:21Invité politiqueFait
« Il n'y a pas eu d'instruction locale et encore moins nationale de privilégier tel ou tel site par rapport à tel autre. »
- 5:32Invité politiqueChiffre
« Nous déplorons le décès de quatre sapeurs-pompiers sur toute la séquence, dont deux en Gironde, un en Savoie et un plus récemment dans les Bouches-du-Rhône. »
- 5:57Invité politiqueFait
« Il n'y a aucune personne qui est décédée. Il y a très, très peu de blessés en dehors de personnes qui ont pu être gênées par les fumées. »
- 8:01Invité politiqueChiffre
« On avait encore 24 moyens aériens hier, je veux le rappeler. »
- 9:08Invité politiqueChiffre
« On est à 308 ce matin, avec les interpellations qui ont eu lieu en fin de journée et dans la nuit. »
- 9:16Invité politiqueFait
« surtout quand on sait que, dans deux tiers des cas, on est sur des interpellations pour des motifs criminels, c'est-à-dire des mises à feu volontaires. »
- 9:46Invité politiqueChiffre
« Moi, j'ai le chiffre de 33 personnes qui sont soit en détention provisoire, en attente de jugement, soit qui ont été condamnées. »
- 10:46Invité politiqueChiffre
« Et pour ce qui est sur les 308 interpellées, on a, je crois, un peu plus de 120 mineurs. »
- 12:25Invité politiqueChiffre
« La ministre des Armées a détaché 1 500 militaires, 1 000 pour traiter le feu, 500 pour venir renforcer les patrouilles de gendarmes et de policiers. »
- 13:14Invité politiqueFait
« nous avons une force mobile qui est présente en permanence et qui renforce ses contrôles. »
- 14:03Invité politiqueFait
« Cette personne n'est que le relais de la propagande russe sur le territoire national. »
- 15:14Invité politiqueFait
« elle est assignée à résidence, elle doit les pointer tous les jours en commissariat. »
Temps de parole
- Laurent Nuñez75 %
- Présentateur19 %
- Invité2 %
- ?2 %
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C'est exceptionnel de RTL et le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. Bonjour. Bonjour. Alors la nuit en Gironde, la météo, le travail des pompiers, est-ce que cela a entamé votre optimisme ou plutôt est-ce que ça l'a renforcé
? Non,
le optimisme reste le même qu'hier.
C
'est ce que disait madame
la
préfète de zone qui gère la situation remarquablement sur place. Non,
ce
qu'il y a hier, les conditions météo ont été évidemment plus favorables. Il y
a
eu une baisse des températures, le taux d'humilité a augmenté et donc le feu sans être fixé a été stabilisé. C'est toujours le cas ce matin et il est stabilisé grâce au remarquable travail qui a été fait par les sapeurs-pompiers, les militaires, l'ensemble des personnels engagés, les bénévoles également, dont les agriculteurs, pour stabiliser les lisières de ce feu,
c
'est-à-dire entreprendre des travaux de génie, des coupes, parfois allumer des feux tactiques pour éviter qu'ils ne puissent progresser. Et ce travail a été réalisé sur 240 mètres de lisière, donc c'est remarquable. À date, on va dire qu'il est stabilisé, mais il n'est pas encore fixé, surtout il reste encore des poids chauds.
Alors, on a évidemment les yeux rivés sur la Gironde parce que les images, les chiffres sont astronomiques, mais il y a du feu ailleurs, dans le Var, encore. Est-ce que là,
il
y a encore des zones du territoire qui vous inquiètent ce matin ?
Il y a un certain nombre de feux qui ont été fixés également, donc il faut évidemment s'en féliciter, dont, me dit-on, le feu de Corté, qui nous inquiétait. Dans le Var également, il y a un feu, le feu qu'on appelle le Pontevesse. On donne toujours à un feu le nom de la commune dont il est parti. Donc dans le Var, il y avait eu un feu qui est également extrêmement important. Il y
en a
eu un autre à Brignol. Voilà. Donc il n
'y a
pas de feu majeur en cours, mais tous les jours, il
y a
une trentaine de feux sur le territoire national, compte tenu de la situation actuelle. Beaucoup de sécheresse, beaucoup de végétation liée aux pluies de la fin de l'année 2025 et donc les feux partent vite et fort. Donc voilà, on reste très attentif, on ne baisse absolument pas la garde et on s'attend de toute façon à une saison compliquée puisque la carte de vigilance des feux aujourd'hui reste toujours...
Donc en
Gironde, ça peut repartir à tout moment ?
En Gironde, il faut rester extrêmement vigilant. Aujourd'hui, sur la carte de vigilance feu, ce n
'est
pas la zone la plus sensible, mais le pourtour méditerranéen reste très sensible, comme la vallée du Rhône et comme certains départements du nord-est de la France. Et
ce
qui est la caractéristique finalement de cette saison que nous vivons, c'est que les feux maintenant, on peut les retrouver un peu partout sur le territoire national.
Vous avez beaucoup répété que c'était un feu inédit. Le président de la République a rappelé qu'il n'avait pas eu lieu depuis la Seconde Guerre mondiale, mais des feux comme ceci, il y
en
a eu au Portugal, en Espagne, donc à nos frontières. Est-ce que ce n'était pas prévisible, attendu en fait ?
Non, mais on savait que la saison serait compliquée, qu'on aurait des feux. On l'a annoncé dès le lancement de la saison, qui a eu lieu le 4 juin. Donc en signant l'ordre national d'opération qui prévoit le dispositif de sécurité civile pour la saison des feux, on avait prévu énormément de colonnes de renfort, énormément de moyens. La flotte aérienne était évidemment disponible pour intervenir. On savait que cette saison serait compliquée. Quand le président de la République dit, le Premier ministre dit, ou quand je le dis moi-même que le feu est inédit, c'est qu'on a assisté à un feu, qui est un feu convectif.
Ce sont des feux qui s'auto-alimentent, qui créent leur propre vent, qui, quand ils se transforment en nuages, pyro-cumulonimbus, que nous n'avions jamais vu sur le territoire
national. Parce que le
Portugal avait connu,
par exemple. C'est-à-dire
des orages de feu qui déclenchent un arc électrique qui peut provoquer des mises à feu, parfois indépendamment de l'endroit où se trouve le feu. Voilà. Donc c'était totalement, totalement inédit.
Plus de 200 000 personnes évacuées, 144 000 ne sont plus concernées. Dites-nous quels sont les critères précis qui déclenchent l'autorisation de retour dans les logements ? Parce que certains habitants ne comprennent pas pourquoi ils
ne
peuvent
pas rentrer. C'est quand le feu est stabilisé et qu'il n'y
a
plus de points chauds à proximité immédiate. Donc ce qui fait qu'hier, effectivement, il y
a
eu 144 000 personnes qui ont pu regagner leur habitation. Je crois que ce sont 9 communes au total qui sont concernées. La préfète a bien annoncé qu'aujourd'hui, elle devrait sans doute annoncer d'autres réintégrations. Mais il faut qu'il n
'y
ait plus de points chauds. C'est-à-dire pour cela qu'en tout état de cause, il y a une réintégration qui, à date, n'aura pas lieu. En tout cas, c'était le cas hier soir, encore ce matin, c'est les personnes qui habitent ou qui résident sur la presqu'île du Cap-Ferré, puisqu'on a encore un point chaud qui était actif encore hier soir. Et comme sur le secteur du sud de la Cano aussi, où il
y a un
point chaud qu'on réintègre quand on est certain que la situation est stabilisée. Mais je réitère, c'est ce qui a été dit localement et je le réitère, c'est-à
-dire
que les personnes réintègrent, mais elles doivent se préparer aussi à évacuer à nouveau de toute façon s'il le fallait. Et donc ça, c'est un message de précaution, évidemment, qu'on rappelle et que je rappelle.
Et on l'entend. Avant de revenir sur les moyens de nos soldats du feu, les interpellations qui ont eu lieu également depuis le début des incendies, j'aimerais vous faire écouter la colère des habitants de la commune du Porges, la plus touchée par ces incendies. Ils ont monté un collectif, ils vont déposer une plainte car ils se sont sentis abandonnés par les pompiers. Abandon au profit du Cap-Ferré et des luxueuses villas.
Moi, je pense qu'ils auront plutôt voulu sauver les maisons d'un million d'euros que les maisons à
500 000. Il
y a eu un moment où on a été abandonnés. On a arrosé, arrosé, on a appelé les pompiers. Ils ont mis deux heures et demie pour venir. Une amie qui était là en dernière a vu la ligne de pompiers quitter le front pour soi-disant partir vers le ferré.
Est-ce que des choix ont été faits ? Qu
'est
-ce que vous leur répondez ce matin
? Non, d'abord, dire que toute la transparence sera faite, de toute façon, on fera des rétextes. Je comprends plus qu'il y aura une action judiciaire. Donc voilà, on sera évidemment transparents comme on l'est toujours. Vous dire ensuite, contrairement à ce qu'on peut dire à entendre, il n'y
a
pas eu d'instruction locale et encore moins nationale de privilégier tel ou tel site par rapport à tel autre. Voilà. Notre priorité, nous, c
'est
de sauver des vies humaines. C'est vraiment la priorité. Je veux rappeler, je le redis, que nous déplorons le décès de quatre sapeurs-pompiers sur toute la séquence, dont deux en Gironde, un en Savoie et un plus récemment dans les Bouches-du-Rhône. Notre priorité,
c
'est de sauver
des vies
humaines,
des
vies humaines civiles. Je regrette, évidemment, j'ai une pensée pour ces quatre sapeurs-pompiers décédés
courageusement
en luttant contre le feu. Notre priorité, c'est de sauver des vies humaines, de civiles.
Il
n'y a aucune personne qui est décédée. Il y a très, très peu de blessés en dehors de personnes qui ont pu être gênées par les fumées. Et donc, voilà, c'est notre priorité sur cette affaire, sur ce qui est devenu une polémique. Toute la lumière sera faite. Voilà, on fera un rétexte. Toute la lumière sera faite. Mais je veux
dire,
il
n
'y
a
pas eu d'instruction, contrairement à
ce
que je peux entendre,
de délaisser
une
commune par rapport au Jean-Ducap Ferré. Absolument, toutes les questions
posées auront des réponses, évidemment.
3300 sapeurs-pompiers mobilisés, 1500 militaires, 1250 policiers et gendarmes sont des chiffres que vous avez beaucoup répétés. Le syndicat national des sapeurs-pompiers affirme qu'il n'y en avait pas assez sur le terrain.
Le nombre de sapeurs-pompiers volontaires et professionnels tout confondu n'a pas augmenté. On est toujours resté entre 250 et 260 000 pompiers. En parallèle, le nombre d'interventions a pris 50% d'augmentation. Ça peut devenir très compliqué. Et aujourd'hui, nous sommes en rupture capacitaire. La France ne peut plus faire face à ce qui se passe aujourd'hui dans la sécurité civile avec les effectifs actuels.
Voilà, ça c'est Bruno Ménard, le secrétaire général du syndicat des sapeurs-pompiers.
Il y a deux choses dans cette réponse. D'abord, premièrement, sur le terrain, 3300 sapeurs-pompiers, ce sont des renforts exceptionnels. Vous avez les locaux, les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires de Gironde, d'une part. Et puis, vous avez des colonnes de renforts qui ont représenté jusqu'à, sur les 3300 sapeurs-pompiers,
vous
avez plus de 2000 renforts qui viennent de l'extérieur. Et donc, c'est un nombre tout à fait conséquent. Il faut y ajouter les 1500 militaires.
Il n'y avait pas besoin de plus. 1500
militaires, voilà. Donc, je crois qu
'il
y avait un nombre haut terrestre. Il y avait un nombre,
une
présence qui était très forte. C'est du jamais vu. D'ailleurs, comme sur l'ensemble du territoire national, chaque année, c'est une cinquantaine de colonnes qu'on mobilise. des colonnes de renforts qui sont payées par l'État. C
'est
-à
-dire,
ce sont des sapeurs-pompiers des différents départements qui constituent des colonnes pour intervenir ailleurs, dans d'autres départements, quand il y
a
des feux importants. Et ça,
c
'est pris en charge par l'État.
C
'est mon budget, le budget du ministre de
l
'Intérieur, qui finance ces sapeurs-pompiers. Donc, franchement, l'engagement terrestre aérien sur le feu de la Gironde, il est exceptionnel. On avait encore 24 moyens aériens hier, je veux le rappeler. D'un mot, les entreprises...
Non, non,
ce que dit ce représentant syndical, c'est autre chose. C'est autre chose. Il parle du volume global, effectivement.
On
a 250 000 sapeurs-pompiers. On a 250 000 sapeurs-pompiers, donc un peu moins de 200 000 volontaires, et le reste, ce sont des professionnels. Et ce qu'il pointe du doigt, et le gouvernement le partage, on ne le nie pas, c'est que les interventions, et notamment qui ne sont pas de la compétence des sapeurs-pompiers, elles augmentent. Vous savez, les pompiers, 85% des interventions, c'est du secours à personne, secours d'urgence à personne. Or,
il
se trouve que de plus en plus, les sapeurs-pompiers se substituent à d'autres acteurs pour d'autres types de transports qui ne sont pas du secours d'urgence à personne et qui ne relèvent pas de leurs compétences. Et ça, c'est un souci qu'il faut que nous traitons dans le cadre du Beauvau civil. Et donc, ce qui a été dit...
En les recentrant
sur leur mission de production ?
Absolument. Ça sera un des objectifs dans la foulée du Beauvau de la sécurité civile, qui avait été lancé par Gérald Darmanin et puis poursuit par mon prédécesseur. Et moi, je l'ai traduit en loi que j'ai proposée au Premier ministre, sur laquelle on va discuter. Ce missionnel,
il
faudra qu'on en discute. Et c'est ça ce que pointe du doigt ce syndicaliste, et au cas d'espèce, à juste titre.
Côté judiciaire, 275 interpellations, c'est toujours le bon chiffre
ce matin ? On est à 308 ce matin, avec les interpellations qui ont eu lieu en fin de journée et dans la nuit. Donc c'est évidemment un chiffre très élevé, surtout quand on sait que, dans deux tiers des cas, on est sur des interpellations pour des motifs criminels, c'est-à-dire des mises à feu volontaires.
Quand
vous dites qu
'on
sera intraitable avec les incendiaires, ça veut dire que les sanctions seront exemplaires
?
Il y a les procureurs sur l'autorité du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, effectivement, ont tous annoncé qu'ils auraient une politique extrêmement ferme. Et on a, à l'issue de ces interpellations,
on
a un certain nombre de personnes qui ont été condamnées à de la prison ferme. Combien pour l'instant
?
Moi, j'ai le chiffre de 33 personnes qui sont soit en détention provisoire, en attente de jugement, soit qui ont été condamnées, mais ce chiffre évoluera évidemment à l'issue,
au
fur et à mesure que se dérouleront les gardes à vue et que les personnes seront présentées.
Plus
de 300 personnes interpellées, c'est un chiffre considérable. Vous n'avez pas été très bavard pour l'instant sur le profil ?
C
'est le monsieur et madame tout le monde ? Je n'ai pas été très bavard sur le profil parce qu'en fait, je déteste dire des bêtises. Et personne ne peut vous donner, on n'a pas la monographie complète des personnes interpellées. Ils sont interpellés partout sur le territoire national. Donc voilà, la centralisation et l'analyse des profils n
'a
pas encore été faite. Ce que l'on voit par contre, évidemment, avec les affaires qui nous remontent au cas par cas, c'est qu'on a à peu près tous les profils, je ne sais pas, les quantifier en fonction des catégories.
Les mineurs ? Vous
avez des profils de personnes qui sont sérielles, qui ont l'habitude de se livrer à ce genre d'actes. Vous avez des personnes qui le font par imprudence, etc. Ensuite, il faudra qu
'on
voit la répartition entre tous ces cas de mise à feu, qui sont, encore une fois, soit volontaires, soit par imprudence et négligence. Et pour ce qui est sur les 308 interpellées, on a, je crois, un peu plus de 120 mineurs, pour vous donner un ordre de grandeur.
120 mineurs, donc sur ces 308 interpellations,
un
peu plus, ça veut dire que certains l'ont été parce qu'ils étaient en train de fumer une cigarette, d'autres parce qu'ils cherchaient à déclencher un feu volontaire.
Absolument, absolument. Et puis quand c'est par négligence ou imprudence, c'est très grave aussi. C'est très
grave
aussi, c'est justement fermement sanctionné.
Est-ce que durcir les peines est une solution ? Une proposition de loi a été déposée par le député UDR Mathieu Bloch, avec la circonstance aggravante en cas de sécheresse
? Oui,
voilà, c'est une proposition de loi,
c
'est-à-dire une initiative d'un parlementaire.
Nous
en avons discuté avec le Premier ministre. Dans le cadre du projet de loi qui suivra le Beauvau de la sécurité civile, il faudra qu'il y ait dans ce texte un volet qui renforce les obligations, qui renforce encore plus sans doute les obligations des propriétaires en termes de débroussaillage et autres. Et il faudra sans doute qu'il y
ait
un volet pénal renforcé. On verra sur quelle, comment, la consistance, le contenu qu'on lui donnera. Mais il faudra effectivement qu'on y réfléchisse, puisqu'on ne peut pas avoir ce que l'on vit actuellement. On déploie des moyens qui sont coûteux, des moyens énormes. Et dans le même temps, vous avez des personnes qui procèdent à des mises à feu.
Une question sur les pillages. Vous avez déployé des réservistes de la gendarmerie, de la police dans les zones évacuées. C'est une présence dissuasive ou c'est un phénomène massif ? Parce que nous, on a parlé de ces grands crus dérobés, quelqu'un avec 44 bouteilles de vin, une dame avec des bijoux. Mais est-ce que c'est massif ces pillages ?
Alors, on n'a que quelques faits qui nous sont remontés. Ceux que vous venez de citer, d'ailleurs, vous êtes bien informés, qui ont eu lieu en Gironde, effectivement. Mais c'est parce que nous avons un déploiement important sur le terrain, de policiers, de gendarmes, de militaires du dispositif Sentinelle aussi. La ministre des Armées a détaché 1 500 militaires, 1 000 pour traiter le feu, 500 pour venir renforcer les patrouilles de gendarmes et de policiers. Je pense que c'est ce dispositif dissuasif qui est déployé sur le terrain qui permet évidemment d'éviter ces pillages et donc d'assurer une sécurisation de haut niveau.
D'ailleurs, je peux vous dire aussi qu'hier soir, j'ai pris la décision par ailleurs de renforcer partout sur le territoire national le contrôle par des gendarmes, notamment des massifs forestiers partout sur le territoire pour prévenir les mises à feu.
Une question sur un tout autre sujet, monsieur le ministre. On voulait revenir avec vous sur ces images qui nous viennent d'Espagne, des centaines de migrants en provenance du Maroc qui arrivent par la mer à Ceuta. L'Italie appelle à suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, c'est
-à
-dire mettre en place des contrôles systématiques
à
la frontière franco-espagnole. Que répond le gouvernement ce matin
? D
'abord, nous avons le contrôle à la frontière franco-espagnole, il existe. D'ailleurs, il a été renforcé ces derniers mois, puisque nous avons une force mobile qui est présente en permanence et qui renforce ses contrôles. Sur la situation que vous décrivez, je me suis entretenu hier avec mon homologue espagnol, et
on
doit se parler aujourd'hui. Voilà, donc on prendra évidemment des mesures s'il devait y avoir des mouvements vers le territoire national, et en tout cas, on renforcera évidemment le contrôle à la frontière.
Et
sur un autre sujet, Laurent Nunez, vous avez dit hier chez nos confrères de BFMTV, que l'arrêté d'expulsion visant que Zéna Fedorova, la chroniqueuse pro-russe, accusée d'être la voix du Kremlin, n'est pas une atteinte à la liberté d'expression. Alors, vous parlez d'atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, de menaces graves pour l'ordre public.
Qu
'est-ce que vous pouvez nous dire sur cet arrêté d'expulsion et sur ces menaces
?
Vous dire d'abord que ce n'est pas une atteinte à la liberté d'expression, c'est faux. Cette personne n'est que le relais de la propagande russe sur le territoire national. Pour nous,
c
'est un facteur de... c'est de l'ingérence pure. C'est-à-dire qu'elle diffuse la propagande du Kremlin, à la fois sur ce qui se passe en Ukraine, sur la position de la France. Quels propos
ont déclenché l'arrêté
d
'expulsion
?
Vous avez dit, c'est tout un travail. Vous savez, c'est un arrêté qui est très motivé, qui fait référence à de nombreux propos qu'elle a pu tenir, et qui systématiquement reprennent la propagande du Kremlin sur l'engagement de la France, sur ce qui se passe en Ukraine, sur les raisons, les motivations de l'agression russe en Ukraine. Systématiquement, elle reprend le verbatim au mot près de la Russie et elle intervient dans le débat politique français sur ces sujets. Et donc, c'est une forme d'ingérence, c'est une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, certainement pas une atteinte à la liberté d'expression. C
'est l'approche de l'élection présidentielle qui a guidé ce
choix ?
Absolument pas. C'est toute une série de prises de position qui ont été faites et qui ont justifié que nous prenons un arrêté ministériel d'expulsion, qui est pris par mes services et que j'assume totalement. Deuxièmement, elle est assignée à résidence, elle doit les pointer tous les jours en commissariat. Vous avez jeté ces avoirs ? Dans la nuit, ces avoirs ont été gelés. Enfin, dans la nuit, hier, nous avons été publiés dans la nuit. L'arrêté que j'ai co-signé avec M. Roland Lescure, le ministre de l'Économie et des Finances, un arrêté qui comporte les gels des avoirs, gelant ces avoirs, pardon, pour ingérence étrangère.
Et elle sera expulsée quand
? Écoutez,
pour l'instant, il faut qu'elle se présente. L'arrêté lui a été remis par son avocat. Donc, elle en a connaissance. Elle peut évidemment quitter le territoire national aussi de son plein gré.
On
nous annonce un recours. Voilà, en tout cas, la décision est prise. Le
recours d'abord,
son expulsion
après. Un arrêté
mystériel d'expulsion qui, à date, la rend irrégulière sur le territoire national, si elle s'y trouve, je ne sais pas où elle est. Voilà, en tout état de cause, cet arrêté sera appliqué.
Et merci Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, d'avoir été l'invité de RTL ce matin. Donc,
Laurent Nuñez