🔴 Qui a droit au beau, au calme et au vert ? - CamPuS 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 87 %Attaque 9 %Défensif 4 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:24Paul ClotChiffre
« La pollution sonore c'est une des premières causes de mortalité indirecte en Europe. »
- 6:07Paul ClotFait
« La pollution lumineuse a fait exploser les troubles bipolarité dans les écrans de ville et détruit les écosystèmes parce qu'il y a beaucoup d'espèces migratrices nocturnes. »
- 8:12Paul ClotFait
« Un enfant qui grandit en ville sans arbres, sans animaux va penser qu'il s'agit là de la référence normale de la nature et donc sera moins incité à la protéger à l'âge adulte. »
- 8:53Paul ClotChiffre
« Notre niveau d'activité physique, il a été divisé par 8 en 200 ans. »
- 8:53Paul ClotChiffre
« On a 40 % des moins de 24 ans qui se déclarent seul ou souffrir de solitude chronique. »
- 26:48Lily MonsonFait
« Quand on dit le beau on quand et qu'on pense politique publique on ne parle pas de l'intention on parle pas des moyens on parle du résultat. »
- 1:02:37Fait
« il faut vraiment que ces politiques publiques du beau doivent doit être aussi axé pour ces pour le person du handicap parce que souvent c'est ce qui est oublié. »
- 1:04:00Fait
« c'est une contrainte créatrice. Donc il faut veiller à l'accessibilité universelle. C'est un enjeu fondamental et le faire pour les personnes qui sont en situation de handicap, c'est le faire pour les parents avec poussette, c'est le faire pour les octogénères, les nonagénaires. »
- 1:06:02Chiffre
« aujourd'hui les trois/4 des panneaux de signalisation à Paris sont un peu obsolètes hein, faut le dire. »
- 1:07:59Fait
« Est-ce que le beau coûte plus cher ? Et je pense pas parce que si on associe la qualité d'usage actuelle et future à ce qu'on réalise, je suis aussi j'été et élu agent développement durable du d'une ville moyenne, mais je suis aussi architecte urbaniste et il y a la qualité d'usage, ça fait partie du beau. »
- 1:09:24Chiffre
« quand le compte le coût de la construction il est à 2500 du mètre, mais que dans cette ville tu vends à 1700 du m, il y a un sujet, il y a un sujet et parce que on sait pas construire enfin moi sur mon territoire euh quelquefois on est à 1000 € du maître et donc tu vois bien le le gap en fait. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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sur le droit au beau, au calme et au vert. Qui a le droit au beau et au calme et au vert ? Premièrement, je vais me présenter parce que peut-être tout le monde ne me connaît pas ici. Donc, je suis Mario Gard Barbau. Je travaille au Parlement européen. Paralléalement à ça, je suis secrétaire fédéral à l'Europe et internationale dans la fédé de la Vienne dans le 86 et je suis j'aide à la coordination du secrétariat national à la transition écologique, énergétique et industrielle piloté par Christophe Clergeot. Et donc j'ai le plaisir d'accueillir pour cette table ronde tout d'abord Paul Clot. Merci Paul au fonctionnaires expert associés à la fondation Jean Jerest et auteur d'un
livre particulièrement pertinent pour cette table ronde qui l'inspire contre la brutalisation de nos existences pour une politique du sensible. Ensuite et qui devra partir à 18h30. Ensuite, nous avons Michel de la Fosse, maire de Montpellier, président de Montpellier Méditerranée métropole. Enfin, nous avons Lily Monson, délégué à l'esthétique et au design de la ville de Paris qui est quelque chose d'assez innovant. Et nous avons pour terminer Marie Leverne, conseillère régional de Normandie, ancienne députée qui le dit elle-même a fait tous les mandats de la
République excepté sénatrice sauf sénatrice et présidente de la République et présidence fondatrice de la société Societing et coprésident du club des entreprises du Grand Paris. Et donc Émilie A New se joindre à nous mais elle a un impératif et donc malheureusement ne pourra pas se joindre. Donc d'abord le dérouler de cette table ronde. Donc nous allons commencer par Paul qui va nous aiguiller, nous guider dans ce dans ce débat pour expliquer les termes de ce débat. Et bien entendu, les spectateurs ne seront pas que spectateurs puisqu'il y aura un temps, on espère, le plus long possible pour
les échanges et les questions et donc vous pouvez préparer vos questions. Alors le titre, qui a le droit au beau, au calme et au vert ? Donc déjà, on peut se poser la question que c'est une question un peu originale pour une table ronde dans une université d'été d'un Parti socialiste, une formation politique. On pourrait se demander pourquoi on parle de ça. Aussi cette question de manière sous-jacente se pose la question de savoir qui. Donc la question de l'accès. Et donc aujourd'hui, ce dont nous allons parler, c'est au final de nos sensations et donc et de pourquoi ces sensations sont politiques. Alors, on s'est tous
retrouvé, c'est quel des choses qu'on expérimente. Par exemple, dans ces espèces de zones indéterminées, toutes bétonnisées, avec un lampadaire qui clignote et avec une lumière artificielle en se disant "Ah, qu'est-ce que c'est moche ici." ou alors on a pu se retrouver à dormir le long d'une route qui fait beaucoup de bruit en se disant mais cette route elle fait quand même beaucoup de bruit. ou enfin pour ceux qui vivent dans des zones qui sont très très artificialisées, se demander, se poser la question depuis combien de temps j'ai pas vraiment vu un bout de nature, quelque chose qui me qui me fait du bien. Et donc ces sensations, elles sont politiques et il faut les
traiter politiquement parce que au final c'est la première perception de notre environnement et cet environnement là bah il va il va s'en dire. On est on est malheureusement tous de plus en plus au courant et informé. Il est particulièrement dégradé, pollution sonore, lumineuse, odeur de gaz d'échappement et donc nos sens, ils sont véritablement attaqués. Et lorsque nos sens attaqués, c'est pas que nos sens, mais c'est également notre santé, notre santé physique, mais également mental. Et au final, 80 % des maladies qui existent sont d à l'environnement dans
lequel nous vivons. Les 20 % qui restent, ce sont des maladies dues à la génétique. Et face à tout cela, qu'on soit riche ou qu'on soit pauvre, d'où la question, nous sommes dans une position très inégalitaire. Et c'est tout le sens du projet socialiste qui a inclus un droit au beau, au calme et en vert de répondre à cette question avec des propositions qui malgré le titre qui peut paraître un peu ésotérique sont au final très très concrètes pour la vie des gens. Donc on va rentrer dès maintenant dans le vif du sujet avec Paul. Donc Paul, c'est quoi une politique du sensible concrètement ?
Bien, bonjour à tous. Merci beaucoup Marius. Effectivement euh dans ce livre contre la brutalisation de nos existences, j'ai créé la notion de politique du sensible. En fait, je me suis pas casser la tête. Je me suis dit quel est le bonheur ? Quel est le projet de la gauche ? Euh et en décomposant, le projet de la gauche, c'est le bonheur humain. Et comment est-ce qu'on fait le bonheur humain ? Ben, décomposons toutes les briques du vécu quotidien, tout ce qui fait que nous nous épanouissons dans notre quotidien et regardons à chaque fois ce qui nous gêne. Et on est très souvent dans des considérations assez abstraites, pouvoir d'achat, croissance économique, des des abstractions qui veulent pas forcément dire grand-chose, qui se rattachent pas
à la chair des choses. Euh alors que le premier déterminant de notre bonheur, c'est notre expérience quotidienne. J'ai voulu donc dresser un panorama de l'expérience quotidienne de l'individu, panorama de sa vie sensible, d'où la notion de politique du sensible. Et le constatge que j'ai fait, c'est que il y avait une triple transformation de notre vie sensible. D'une part, on est exposé à des violences sensorielles sans précédent. Je sais pas si vous le savez mais la pollution sonore c'est une des premières causes de mortalité indirecte en Europe. La pollution lumineuse a fait exploser les troubles bipolarité dans les écrans de ville et détruit les écosystèmes
parce qu'il y a beaucoup d'espèces migratrices nocturnes. En violence sensorielle, on peut aussi parler de la pollution olfactive dans certaines zones du pays, notamment en Bretagne ou dans le sud de la France à proximité des grands sites industriels. Et puis à côté de ces violences sensorielles, il y a un appauvrissement de certaines expériences, une anesthésie de l'expérience sensible. Alors, je prends des exemple très concret dans le livre. Euh, il y a une disparition des couleurs. On vit dans un monde de plus en plus monochrome. C'est étayé scientifiquement. Il y a une disparition du toucher du contact tactile qui s'est accéléré depuis la pandémie alors même qu'on sait que le contact tactile est essentiel au bonheur humain et surtout au développement de l'enfant en basage et
il est mis à mal par les écrans. Il y a une autre anesthésie sensorielle qui est la plus grande de l'histoire de l'humanité et dont on entend très peu parler, c'est notre déconnexion à la nature. Moi, je viens d'un petit village de 80 habitants qui s'appelle Compinville euh où j'ai grandi dans une nature abondante et quand je suis arrivé en ville à Paris euh je me suis rendu compte que euh tous les bienfaits que me procuraient la nature avaient disparu. Et en fait, les études scientifiques montrent que quand vous êtes au contact de la nature, votre taux de sympathie envers les autres augmente, votre niveau de stress euh diminue, votre fréquence cardiaque diminue et donc euh il faut se reconnecter avec la richesse et la
diversité des manifestations du vivant pour être véritablement heureux. En plus de ça, se reconnecter avec le vivant, c'est renforcer notre incitation à la transition écologique. Je vais vous dire deux mots sur un syndrome en psychologie sociale, le syndrome d'amnésie environnementale générationnelle. Qu'est-ce qui se cache derrière ce mot ? En fait, il y a des psychologues américains qui ont montré que vous vous faisiez de la nature l'idée que vous en expérimentiez. C'est-à-dire qu'un enfant qui grandit en ville sans arbres, sans animaux va penser qu'il s'agit là de la référence normale de la nature et donc sera moins incité à la protéger à l'âge adulte. Et d'ailleurs, les militants écologistes ont en tendance ceux qui ont eu le contact le
plus abondant avec la nature dans leur enfance. Donc la question de la sensibilité à la nature, elle est essentielle dans ces politiques du sensible. Et puis dernier aspect de ces politiques du sensible, enfin du constat de la brutalisation de la vie sensible, c'est de dire que notre capacité à à éprouver, à ressentir en nous-même, elle s'est dégradée du fait de phénomène et de conditions d'existence très contemporaine. En 50 ans, on a perdu 1h30 de temps de sommeil, essentiellement du fait de des écrans, des algorithmes addictifs et d'autres d'autres éléments sur lesquels on pourra revenir. De même, l'activité physique. Notre niveau d'activité physique, il a été divisé par 8 en 200 ans. Dernière
disparition de notre capacité à éprouver, l'épidémie de solitude. On on se frotte de moins en moins à l'altérité aux autres. On a 40 % des moins de 24 ans qui se déclarent seul ou souffrir de solitude chronique. Et ça c'est un phénomène vraiment nouveau à l'échelle de la société française. Et donc tous ces éléments violence sensorielle de plus en plus grande, anesthésie de certaines expériences, disparition de notre capacité à éprouver font qu'on a un individu qui est de moins en moins apte à au bonheur à l'épanouissement dans le quotidien. et je propose ces politiques du sensible justement pour améliorer son vécu quotidien.
Merci. Et justement pour [applaudissements] pour rebondir là-dessus donc merci pour cet état des lieux mais donc concrètement comment des politiques du sensier peuvent servir un programme de gauche et de transformation de la vie ? Et ben en fait, il suffit de regarder l'histoire et euh on a un modèle très important au Parti socialiste qui s'appelle Léo la Grange qui a fait exactement ce que je propose de faire dans mon livre. Léo La Grange, c'est le premier sous-secrétaire d'État au sport et au loisirs sous le gouvernement de Léon Bloom. Euh et donc il était rattaché à à Jeanzé qui était ministre de l'éducation.
Et Léo Lagrange, il avait une idée qui était de dire l'égalité, ça va passer seulement par une égalité de conditions de revenu ou une égalité condition de diplôme. Elle passera par l'expérience réelle. C'est-à-dire que l'émancipation, elle est permise chez les individus que si ils peuvent partager des expériences égales. Un enfant qui ne voit jamais la mère n'a pas les mêmes chances qu'un enfant qui verra la mère dès son plus jeune âge. Ça c'est une idée très forte. C'est l'idée que euh chacun a le droit aux mêmes conditions d'existence et aux mêmes expériences. Et Léo La Grange, il va mettre en place une série de mesures. Il va créer les auberges de jeunesse. Il va créer des tarifs populaires pour pouvoir aller voir la mer plus
facilement avec des billets de train moins chers. Il va créer des croisières populaires. Il va créer même des jardins horticoles en partenariat avec le ministère de l'agriculture pour que les gens puissent voir les fleurs pour qu'ils puissent s'immerger dans la nature. Et il nous inspire énormément. Euh, il doit nous inspirer énormément aujourd'hui parce que on est dans un tournant avec la révolution de l'intelligence artificielle notamment où on est on [raclement de gorge] est dans une situation où on va disposer de plus en plus de temps libre. En tout cas, on a l'opportunité historique d'acter ce progrès social de la libération du temps. Euh et la question c'est qu'est-ce qu'on va faire si on arrive à obtenir ce temps libre supplémentaire et si on arrive à créer les conditions d'un
bonheur supplémentaire ? que on laisse le citoyen dans une forme d'aliénation dans des algorithmes addictifs, j'en parlais tout à l'heure, on peut parler de l'intelligence artificielle. Il y a 10 % des des Français de moins que 40 ans qui déclarent une relation amoureuse avec une intelligence artificielle. Est-ce que on va laisser des liens affectifs, artificiels se développer massivement dans la société ou est-ce que au contraire, on va dire que la responsabilité de la politique, notre responsabilité en tant qu'artisan du bonheur humain, c'est précisément d'offrir des conditions d'une expérience épanouissante. Et donc je réponds pas sur chacun des items beaux, calme et vert, mais évidemment c'est trois clés
d'entrée de ces politiques du sensible là. Merci beaucoup Paul. Donc maintenant, je me retourne vers toi Michaell. Donc pour toi concrètement une politique de sensible c'est quoi et quelle expérience en tant que en tant qu'élu tu en fais ? D'abord bonjour à tous. Moi, je suis très heureux de ce débat et d'être invité sur cette table. D'habitude, je fais la gratuité du transport, le narcotrafic, la sécurité, toute l'école et je trouve que le la question ou l'intitulé est suffisamment original, puissant et merci du du propos et est une question
éminemment politique et je vais un peu pas tout à fait répondre à la question. Euh et je vais pas dire qui a droit au beau au calme et au vert. Moi, je vais vous parler du beau et je vais vous inviter à deux à deux réflexions. Une, puisqu'il y a la référence à Léo Grange, je vais prendre un autre. Jean Baudriard, l'expérience du samedi au centre commercial où la société de consommation développe une expérience ludique de visiteurs mais très vulgaire. C'est-à-dire, il faut consommer, il faut acheter. Et d'ailleurs Jean Baudriard avait vu juste dans sa
description et ça a proliféré et les centres commerciaux se sont développés dans nos villes en ont saccagé les paysages des entrées de ville et Raphaël Lorca qui est un contributeur très précieux à la fondation Jean Joress combien ces lieux ont contribué à une forme pas de désocialisation mais qu'aujourd'hui les émetteurs qui étaient écoutés dans le débat politique, c'était davantage le patron d'HPU et de Leclerc leaders politiques. D'ailleurs, les meilleurs défenseurs du pouvoir d'achat dis euh nous le samedi bien sûr faut faire
ses courses, mais comment est-ce qu'on peut donner un autre imaginaire ? Je vais essayer d'y répondre. Et puis en fait, il y a une alerte sur le beau mais une alerte rouge et il y a un projet idéologique contre le beau hein. Vous dites où il nous amène là à la Maison Blanche. Regardez comment Donald Trump Regardez comment Donald Trump a fêté les 250 ans de la République américaine. En mettant devant le bâtiment du design de Pierre l'enfant, urbaniste français cité, et bien il fait un combat de MMA
et un championnat de motocross devant un bâtiment qui incarne une architecture et l'histoire d'un combat d'une nation qui veut exister. et qui a la chance d'aller à Washington garde quand même un regard sur une ville civique capitale, belle, verte avec des bâtiments. Et je vous dis ça parce que je pense que le beau est combattu par l'international réactionnaire. D'ailleurs, le président Trump vient d'annoncer que les grands parcs naturels, c'est un truc incroyable aux États-Unis, vont pouvoir être à nouveau constructible, des routes pour aller comme une prédation détruire les espaces
de la nature. Rassurez-vous ou plutôt inquiétez-vous, en France aussi arrive. Il y a actuellement une lutte que je soutiens. Des fois, il faut des projets ligne à haute tension sur les paysages de la Camargue et on nous dit on peut pas enterrer, il y a pas d'autres solutions, il y a pas de plan B et on va saccager une perspective visuelle. Et donc le beau ça se défend. Le beau c'est quoi le beau ? Moi je sais pas vous le dire. C'est il y a des gens qui vous disent "J'aime". Il y a des gens qui vous disent "J'aime pas". Qui qui provoquent une sensibilité et donc le beau il faut le porter. Et alors dans la plus dans la belle fonction de mère,
moi j'ai fait que ça les conseill départemental que ça. Et ben c'est votre sujet. Un maire, il doit essayer de rendre belle sa ville et de se dire au fond qui a droit au beau. Moi quand je travaille sur ma ville, je me dis toujours quel imaginaire je donne aux enfants sur le chemin de l'école. Quel imaginaire ont les utilisateurs du tramouet et qu'est-ce qu'il regardent à travers la fenêtre ou peut-être l'autre en face son voyageur ? Comment on fait ? Et ça ça me semble être fondamental
comme projet politique en soi. Et donc le beau, il faut le défendre. Il faut le défendre parce que c'est un projet, j'ai beaucoup aimé la la manière dont tu as parlé, d'émancipation contre ceux qui veulent nous façonner pour la consommation et donc qui élargit notre champ et notre imaginaire. Tous devant un coucher de soleil, il se passe quelque chose. Mais s'il y avait pas la loi littorale, on nous privatiserait les plages. Bravo ! Et il faut tenir bon. Et même parfois contre le président de la métropole de Montpellier qui aimerait bien faire un truc quand même parce que voilà. Et donc la loi doit nous aider à protéger le
beau. Vous savez, il y a un métier qui est très une fonction qui est très décriée par les maires c'est les architectes des bâtiments de France. Mais ils ont raison d'être là. parce qu'ils sont gardiens d'une d'un questionnement, l'héritage de nos anciens, ce qui a façonné nos villes, nos imaginaires. Et bonne nouvelle, il ne s'occupe plus pas que des villes maintenant, il s'occupe aussi de nos paysages. Très important. Et donc voyez au fond nos lois et le rapport de force que nous mettons est très important parce que voyez bien qui vilipande la BF, qui ne veut pas de la loi littorale et donc la défense du
beau, elle est essentielle. Autre exemple, le beau. Alors moi, je suis le maire d'une ville, je suis dans un moment promotion pour Montpellier. D'ailleurs, l'année prochaine, on serait très heureux d'accueillir à l'université d'été. Euh je me lance en campagne. Nous on design notre amouet. Voyez, c'est des artistes qui les qui les alors les gens ils prennent des photos, ils voient ça. Et donc moi, j'ai un projet d'installer des œuvres d'art dans l'espace public. Alors évidemment les populises vont nous dire la facture c'est cher. Mais quand Nikit Saint-Fal est devant Pompidou, incroyable les fontaines et les enfants qui jouent le
beau. Et donc qui fait le beau ? le maire, la puissance publique, le politique, le citoyen qui défend face aux agressions des paysages. Les luttes urbaines, les plus belles, c'est pas les luttes Nenbi contre le logement social, contre contre les projets qui font du bien. C'est souvent justement pour défendre ça. Et donc voilà, c'est un enjeu éminemment politique le beau et donc il faut défendre ceux qui aident au beau, qui façonne le beau. Alors qui ? Bah c'est les artistes, ce sont les architectes, ce sont les urbanistes, ce sont les paysagistes, ce
sont des gens qui accumulant des savoirs, des connaissances avec des professionnels, vous allez en parler, et bien nourrissent une réflexion, génère une contreverse. Voyez, je vais entrer dans le débat de cet été. François Mitteran quand il fait la pyramide du Louvre, il questionne le patrimoine du lieu où Philippe Auguste a dit Paris sera la capitale de la France. Il questionne dans l'imaginaire collectif des Français leur plus grand musée et là d'un seul coup fait cette pyramide controverse controverse extraordinaire.
Et aujourd'hui, quand nous voyons ça, quand quand nos autres, les touristes viennent d'ailleurs du monde, il se passe quelque chose. Voyez ? Et en ce moment, il y a un débat sur l'entrée de l'Assemblée nationale et donc il y a une controverse. Il y a un choix qui est fait, on en pense ce qu'on veut mais faut oser ça, faut le discuter. Et donc moi, je fais ce plaidoyer pour le beau. Et le beau, il faut qu'on il faut qu'on le porte, il faut qu'on ait un discours là-dessus parce que voyez euh l'année dernière, j'étais ici pour parler de la j'ai
oublié la rénovation urbaine, les grands ensembles. Vous savez qu'on démolit dans les programmes en rue, cher Thierry, qu'on démolit, qu'on En fait, c'est souvent à l'intérieur des beaux appartements traversant. L'époque voulait ça, elle était assez juste de ce point de vue. Mais on s'est pas posé la question du beau et on s'est posé la on a répondu à l'appel de 54 de la baie pierre. Voilà peu fréquentable mais on a construit vite et on s'est pas posé ces questions et donc on a cet héritage sous les bras et donc on démolit. Essayz d'ouvrir. Moi je vous raconter une anecdote de mer bouleversante. J'avais euh une arche vous savez euh euh
et le tramouis passait dessous. Et donc dans notre projet, on l'a démoli et et donc il reste deux immeubles et il y a plus l'arche. Il y a une école juste à côté et la directrice, j'ai beaucoup d'émotions vous racontant ça. Elle me dit "Monsieur le maire, maintenant il y a la lumière sur la cour de récréation." Et donc ça se pense, moi je veux vous dire ça. Le beau est un plaidoyer. Le beau est un plaidoyer. Le beau est politique parce qu'il y a des forces politiques qui elles combattent le beau ou qui ne se le questionnent pas ou qui s'en donnent bonne conscience. Je citais le clair. Il a défiguré les entrées de
nos villes, il a salopé nos paysages, il a fait l'urbanisme de rond-point et il a une fondation pour se légitimer. Je le dis avec beaucoup de force et donc c'est une question de citoyen, c'est une question du collectif et c'est donc la question de nos imaginaires. Parce que tu as dit, et je termine là-dessus, il y a un gars là en ce moment très pénible dans le débat démocratique qui s'appelle monsieur Atal. Et au Non mais vraiment il faut pas avoir de sympathie pour ce garçon. Il parle des écrans parce que non mais parce qu'il essaie de de s'adresser aux parents d'un point de vue politique en disant moi je suis contre les écrans, les écrans c'est pas bien, les écrans je
les interdit. Tat tata. Mais il ne dit pas quel est le plan B pour les enfants et donc qu'est-ce qu'il regarde ? Qu'est-ce qu'il joue ? Et qu'est-ce qui façonne ? Et ben les enfants à Montpellier quand on leur fait une fontaine qui n'est pas un grand bassin d'embellissement comme on fait maintenant dans plein de ville mais qu'on en fait un espace de jeu, il ment jamais le portable par contre ils disent "On va aller jouer" et les gens trouvent ça beau parce qu'ils sont assis sur des bancs et ils les regardent. Et donc c'est ça, c'est ça et c'est éminemment politique. Moi je veux je veux vous le dire comme
comme je le pense et dans je terminerai sur ce point. Un mouvement masculiniste arrive très fort, viriliste. C'est pas son sujet le beau. C'est la vulgarité. Et ben nous on va défendre le beau et les maires doivent défendre le beau et les socialistes doivent défendre le beau parce que au fond il manque un mot qui a droit au beau, au calme, au vert et à l'émerveillement. S'émerveiller le plus beau des sentiments humains devant une rencontre, devant un paysage, devant un espace, devant sa Madeleine de Prou où on a grandi. D'ailleurs, la conversation de couloir tout à l'heure, c'était vos beaux souvenirs d'enfance. Voilà, c'est
merveillé. Et ben ça c'est un projet éminemment politique. [applaudissements] Merci beaucoup Michel pour ce plaf parce que comme tu l'as très bien souligné aujourd'hui, le beau, le calme et le vert fait face à des offensives très dures [raclement de gorge] de l'international réactionnaire. Donc une une offensive politique qui essaie d'imposer une esthétique, une esthétique souvent morbide et deuxièmement par un système productiviste, on peut dire aussi capitaliste, qui détruit qui détruit la nature et qui a
une vision seulement utilitariste. Et donc comme tu as souligné, comment combattre, comment promouvoir l'esthétique ? Nous avons la chance d'avoir Lili Monson qui a un intitulé de poste qui est très innovant, délégué à l'esthétique et au design de la ville de Paris. Donc peut-être que tu peux nous expliquer ton poste et comment toi au quotidien tu luttes concrètement pour le beau ? Avec grand plaisir et merci beaucoup pour cette invitation et une vraiment un plédoyer qui me va droite au cœur et qui me semble effectivement extrêmement important. Euh le poste en tant que tel a été donc créé et effectivement il est
assez inédit vraiment sur une vision d'Emmanuel Grégoire donc notre nouveau maire à Paris et c'est une vision qui porte depuis maintenant en fait plusieurs années puisque justement et c'est vrai qu'à gauche on n' pas toujours été très à l'aise avec le terme de beauté et moi ça m'est beaucoup arrivé dans des discussions où en fait on on comprenait pas tout à fait quel était son intérêt même on considérait que ça pouvait être excluant et Emmanuel Grégoire a été le premier à dire mais en fait pas du tout. Pourquoi ? Alors pour trois trois aspects qui moi me semblent fondamentaux et qui irriguent en fait là le poste que j'occupe d'abord parce que quand on dit
le beau on quand et qu'on pense politique publique on ne parle pas de l'intention on parle pas des moyens on parle du résultat et donc tout d'un coup on est tenu à une qualité d'exécution et on est tenu à la réussite de la politique qu'on est en train de mettre en œuvre puisque ce qui compte c'est l'expérience sensible pour reprendre les termes de Paul Et donc c'est effectivement comment infiner cela s'est matérialisé dans la ville et comment les gens peuvent s'en emparé et le vivre et est-ce que effectivement ça va générer de l'émerveillement et des usages ensuite parce que ça permet aussi quand on parle du beau de redonner de la valeur au travail des agents parce que
en fait on se rend pas compte mais fabriquer une ville c'est une des choses les plus difficiles et la fabriquer mais aussi et surtout l'entretenir Et alors surtout une ville comme Paris parce que vous imaginez l'enjeu de fréquentation quotidienne, les mésusages et cetera et en fait ça demande à plein d'endroits une expertise qui est inouie et très souvent et d'autant plus quand on porte des ambitions extrêmement courageuses comme la transformation environnementale d'une ville aussi dense, aussi minérale, ça nécessite en plus de s'adapter, de s'ajuster et de trouver des solutions parce que en fait oui, les pieds d'arbre, ça nous a pris des heures au carré de réunion et on n
toujours pas sorti de quelle est la bonne doctrine au final parce que en fait sur les questions des matériaux de l'albé d'oit faire. Encore une fois aujourd'hui on fait de l'asphalt, on rebouche, un concessionnaire passe, ça fait des puzzles, ça rend fou. Donc en fait, c'est mine de rien énormément d'expertises, énormément bah de de d'ajustement et enfin parce que le beau effectivement ça peut en fait parler à tout le monde et ça parle surtout de le du vivre ensemble. Euh je vous donne un exemple et ça me touche beaucoup ce que ce que tu dis Miguel parce que euh en fait euh moi enfant et on va reprendre le sujet de l'enfance, j'ai eu le la joie de
grandir à Paris et euh c'était effectivement systématiquement pour reprendre tes mots un projet politique parce que quand tu es enfant déjà tu es un peu dans l'espace de gratuité au monde. C'est-à-dire que même si tes parents ont de l'argent, toi tu en as pas. Donc tu es dans un rapport de à à quoi je peux me greffer qui est gratuit quoi. Tu peux pas aller sur une terrasse de café ou quoi. Et donc en fait les poubelles, les bancs euh enfin c'est vraiment ton imaginaire quoi. C'est et puis par ailleurs, tu es à hauteur de du mobilier. Donc concrètement c'est ça ton terrain de jeu. Et donc petite moi, j'ai un souvenir extrêmement clair du jour où pendant une semaine, j'ai pas compris pourquoi mes parents se sont mis à faire des piqueniques au parc d'à côté tous
les jours. Tous les soirs, il y avait piqueniqu et je me dis mais c'est quoi ? On a jamais fait un piquenique de notre vie. C'est parce que Bertrand de la Noé avait choisi de retirer les grilles et de dire "Vous pouvez aller sur les pelouses." Et j'ai découvert ce qui était que la politique en fait par ce type d'expérience où à un moment j'ai dit "Mais pourquoi on a mis des poubelles vertes fluo de Jacques Chirac à l'époque ? Enfin Jacques Chirac Jean Tibéry et et en fait c'est parce que bah en fait on avait des problèmes avec la propreté et que donc il fallait montrer très très fort quelle était la priorité à ce moment-là. Et systématiquement, moi mes pareils, mes premiers retours de soirée, c'est en vélbe, c'est des bouteilles de rosé à 5 € sur les quai
qui avaient été piétonisé. En fait, quand on fait de la politique publique locale à l'échelle d'une ville et que on est dans cette attention aux usages et en même temps qu'on s'inscrit dans une histoire longue, c'est un vrai projet politique et c'est une vraie capacité d'émerveillement. Euh et je pense que c'est une éducation et c'est quelque chose auquel les enfants sont extrêmement sensibles. Et c'est pourquoi d'ailleurs par exemple dans ce mandat Emmanuel Grégoire moi m'a confié en tout cas le vraiment le la mission de porter de la joie et du jeu dans l'espace public pour reprendre ses termes en disant il faut qu'on aille encore plus loin. Certes, on a repris de l'espace aux voitures, mais maintenant il faut que les gens puissent s'en emparer et pas tout le temps les mêmes parce que le
projet masculiniste, malheureusement, parfois quand on rend un petit peu de mètres carrés, il peut il peut se redéployer mais aussi bah en fait à celles et ceux qui sont pas forcément tout le temps représentés. Et donc alors typiquement, on est en train de réfléchir à des aires de jeux XXL dans l'espace public. Euh et ça pareil, on veut les réfléchir avec qui ? avec des designers, avec des artistes, avec des gens qui vont créer des objets où en fait un enfant va s'y confronter euh et vraiment dans un rapport d'émerveillement. Donc mon poste en tant que tel euh vise en fait à piloter et mettre en coordination euh tout le savoir-faire et toute l'expertise des directions de la ville de Paris pour m'assurer que justement dans le détail
de la politique publique, on n'est pas oublié des éléments fondamentaux comme l'entretien. Et ça aussi c'est un sujet majeur parce que on a beaucoup transformé quand quand on arrive en poste, on veut faire, on veut faire. Mais en fait fondamentalement quand on agit en politique, on intervient sur 2 % de tout ce qui nous concerne. La plupart c'est déjà là. Et donc déjà prendre soin du déjà là, reconnaître sa valeur, comprendre quels sont les protocoles de son entretien, c'est une première étape essentielle parce que si les choses qui sont déjà là et qui sont par ailleurs à Paris en plus ultra qualitatives dysfonctionnent, les gens ne comprennent
pas. Et donc très concrètement euh je par exemple je travaille sur bah des nouveaux mobiliers qui vont répondre à des besoins. tri dans l'espace public par exemple. Donc une poubelle qui pourra être nouvelle et comment on peut la concevoir à la fois dans le respect du travail des agents puisque évidemment c'est de la pénibilité. En même temps, comment est-ce que ça répond à nos enjeux de transformation écologique et évidemment à une histoire parisienne d'un dessin ? Et parce que en fait la densité et la vie urbaine comme tu le disais Paul, elle est extrêmement difficile par moment à cause du bruit, à cause du monde. [grognement] Et c'est justement aussi cette beauté qui nous
fait tenir parce que quand on a la chance de se promener dans des endroits où en fait il y a de l'ornement, il y a des vues, il y a de la qualité des matériaux, il y a du végétal qu'on essaie de réintroduire, ben ça semble beaucoup plus supportable et donc on partage un paysage commun. Ça crée une histoire commune. On se réinscrit dans une histoire passée et dans ses héritages et par ailleurs, il y a des choses qui répondent à nos usages. Donc pour moi, le beau c'est ça en fait plus que une couleur, une vision ou je ne sais quoi, c'est vraiment l'agrégation de ces différents enjeux et c'est le fait effectivement de concevoir des politiques publiques qui sont vraiment dans dans vraiment dans ces points de détail.
Merci beaucoup Lili. Donc comme tu l'as souligné, le beau ou cette joie, cet émerveillement, j'aime beaucoup ce terme, c'est c'est des actions concrètes qu'on prend et qui permet aux personnes d'accéder aux espaces publics, d'accéder à des à des endroits où ils peuvent effectuer des activités et c'est merveillé. Et donc Marie, je me tourne vers toi, comment concrètement on met en place ces politiques et quelle politique il faut mettre en place ? Merci Marius, merci pour cette table ronde. Quelques-uns des camarades que j'ai croisé m'ont dit "Mais vous allez réfléchir dans cette table ronde, ça va être ésotérique." Et ben finalement, pas tant que ça. Vous voyez, en réalité
c'est très concret. Alors moi, j'ai le syndrome de la bonne élève. Donc j'ai essayé de répondre à beau, calme vert. Puis je me suis dit mais quand même c'est un cass-tê parce que évidemment le calme, le verre c'est mesurable et c'est même une question de santé publique. Et puis le beau évidemment c'est beaucoup plus philosophique et au fond on a pas tous la même vision du beau. Moi, je suis censée être l'élu de la France moche. La France Alors, Paul a grandi dans un village
de de Normandie, de scène maritime où j'ai été élu député, on se l' dit dans dans le couloir et c'était marrant. Alors, Compinville, c'est la la belle Normandie, le bouton brillon et cetera. Et puis euh j'ai été euh 10 ans euh conseillère départementale, vice-présidente du département à l'aménagement du territoire. euh en scène maritime qui est pas un un territoire moche évidemment je l'apprécie beaucoup mais c'est celui et je sais pas si vous vous souvenez euh de de cette une de Telérama pas toi Paul tu es beaucoup trop trop jeune mais euh qui titrait La France moche et c'était la France de
l'étalement urbain des zones commerciales et j'avoue que je me suis sentie agressée par par cette une et le Figaro avait reproduit cela là quelques semaines plus tard et je me suis dit quand même, pardon de m'exprimer ainsi, mais comment une intelligence euh des personnes qui ne sont pas de la même obédience politique que beaucoup de choses opposent s'accordent pour dire que la France populaire est une France moche ? Et bien je m'inscris en faux parce que en réalité en France on a beaucoup de chance évidemment à Paris et Montpellier qui
sont des villes reconnues comme belles par le monde entier je crois et et d'ailleurs le travail sensible que mène Lili est absolument exceptionnel parce que on voit comment effectivement l'esthétique peut-être un moyen de reconnaissance en fait du territoire dans lequel on habite. Et moi, je reste persuadé que cette France rurale, cette France plus profonde et bien évidemment elle aussi a à de vrais atout, des atouts qui sont le vert, le calme justement et qui aujourd'hui se traduisent encore
dans je sais pas si vous avez vu cette série du monde où bah des agents immobiliers disaient combien aujourd'hui avec cette accélération de de la vie en fait à tout point de vue hein. On change de job, on change de partenaire, on va plus vite, on utilise on parle plus vite, on parce que il ils indiquaient que le débat parlementaire augmenté en en débit. Enfin, tout s'accélère et en fait et ben aujourd'hui, il y a cette volonté de retour euh au calme euh et au bas et euh et et au vert. Tout ça pour
dire que euh je pense qu' on parle de beau, on est un peu sur la crête parce que ça peut, faut le dire, apparaître comme un peu pédant quoi. Euh et et donc je pense que je pense que là-dessus, il faut travailler le principe de résonance. Moi, je me suis beaucoup inspirée comme élu local euh des travaux d'un philosophe euh allemand, Elmosa euh qui parle de de de cette nécessité de résonance euh par rapport au territoire. C'est quoi ? au fond que quand on habite
un territoire, il nous parle, il il évoque quelque chose en nous, on on ressente quelque chose, on est un sentiment d'appartenance et que le beau en fait c'est pas universel, c'est aussi le plaisir de vivre à un endroit. Et donc je pense que ça évite un potentiel procès euh sur vous les socialaux. Euh vous pensez que en sortant de beaux architectes, euh en en promouvant une certaine idée du beau euh et ben vous parlez à la France entière euh et cette résonance, on peut vraiment la travailler sur les territoires. Évidemment, il y a une architecture, il y a une fabrication de la ville qui est et y compris sur mon territoire dans la vallée de la brêle où on fabrique 90 % du flaconnage de luxe au monde. une géographie urbaine qui est plein de petites maisons et puis vous aviez la maison du patron un peu comme ces grandes villes américaine ou ces villes usines où vous aviez la partie pour les cadres et puis la partie pour les ouvriers on a ça mais à côté de ça et
bien justement ce patrimoine là il est magnifique. C ces cheminées d'usine, elles sont elles font partie de notre patrimoine, elles sont belles et il faut il faut recréer ce lien intime entre la population et son patrimoine pour que pour en être fier. Et je pense que c'est euh c'est euh c'est là un point extrêmement important et de politique publique. C'est-à-dire que si on on ne travaille pas cette histoire, si euh on en discute pas avec les habitants, si euh euh il y a pas ce travail là, évidemment on a qu'une envie, c'est de
se barrer. Pourquoi je vivrais dans une minuscule maison à côté d'une cheminée d'usine ? Enfin, et moi c'est ce que c'est ce que je vivais concrètement quand j'étais sur les sujets d'aménagement du territoire. Et alors, comment on fait ? Et ben, c'est ça, c'est ce phénomène euh de enfin c'est c'est aller chercher ce qui va toucher les gens, leur fierté d'abord parce qu'ils y travaillent. Ça c'est toujours extrêmement important. C'est un peu plus difficile euh quand il y a plus d'emploi, mais euh mais comment en fait euh l'architecture qui vont imaginer sur les nouveaux quartiers, les les les
nouveaux morceaux de ville, il soi pas plaqué sur euh une espèce d'architecture statutaire. Je m'explique, sur ces territoires, ce qui est vraiment moche pour moi et j'ose le dire, c'est que quand on a un peu réussi, on a plus envie d'habiter ces maisons. Et donc bah, il y a des promoteurs immobiliers qui viennent et qui disent "Bah, vous voyez en fait l'immeuble là, le même que j'ai fait à Val d'Europe à côté de Disney, je peux faire le même ici. Il est génial. Il y a deux beaux pilones à deux beaux piliers colonnes à l'entrée et vous allez avoir un digode. Euh ça va être fantastique et ça sera super beau
là en entrée de ville à côté justement de la fameuse zone commerciale. Et les gens qui réussissent un peu qui euh ont beaucoup travaillé qui sont devenus cadres dans leur entreprise bah en fait leur rêve c'est d'aller dans ces logements-là. Et et là moi je me dis il y a une il y a une défaite politique parce que objectivement c'est c'est c'est ça enlit considérablement le territoire et surtout ça perd on perd la résonance avec ce territoire. on on s'affranchit en fait euh de son histoire et moi je enfin en tout cas euh dans la ruralité, c'est quelque chose que j'ai
beaucoup travaillé euh d'aller euh euh rechercher. Euh tout tout à l'heure Lili disait euh j'ai j'ai repris des archives euh des années 70 euh pour euh pour étayer mon travail. Ben moi, quand je suis devenue euh élu à l'aménagement du territoire et ben je suis allée chercher l'histoire de tous les chefs lieux de canton pour comprendre en fait ce qu'on pouvait faire en terme euh de d'aménagement urbain et pour que ça soit différenciant d'un territoire à un autre et qu'on plaque pas un modèle statutaire qui lui est un vrai modèle ségrégant.
Merci beaucoup Marie et pour revenir ce que sur ce quoi tu as dit sur cette France moche ay et grandi moi-même dans un petit village du finfond une pointo smarve enfin finfond une pointe charante non c'est proche de Poitier c'est quelque chose qu'on nous dit souvent et je dois bien le voir dans les communes à côté de chez moi. Et bien sûr, il y a la volonté politique de véritablement essayer de faire quelque chose d'agréable pour les citoyens, mais il y a aussi un manque de moyen parfois où on choisit le le plus simple, le moins cher, l'utilitaire au profit de quelque chose qui pourrait être un peu plus beau. Et donc beaucoup de communes font aussi ce qu'elles peuvent pour se essayer de proposer une une expérience esthétique
aux citoyens. Et je veux revenir sur la fin de ton intervention sur le caractère pédant. Oui, c'est vrai. Moi aussi, c'est quelque chose qu'on m'a dit quand j'ai dit que j'animais une table ronde sur le beau. On m'a dit "Ah, c'est quoi ça ? Ça parle à personne. Encore un truc de socialiste très loin des gens. Et j'aimerais revenir là-dessus sur comment avoir les moyens pour que ce droit au beau au cam et au vert, mais surtout au beau, ça soit pas un nouvel outil de domination. Comment faire en sorte que au final l'état ou les décideurs ne deviennent pas la police du bon goût ? Tout simplement ? On en est pas là parce que le mauvais goût, il est quand même
triomphant, y compris par le langage. Moi, je je pense qu'il faut faut comment le dire ? Je pense que les riches, ils ont pas de problème pour le beau. S'achète une grande maison avec une grande parcelle, elle est fermée et puis tout va bien. La question c'est les gens, c'est comment ils sont ensemble ? Donc c'est l'espace public, c'est l'espace commun. Voyez, je vous parlais de la plage. Il y a des pays à la loi littorale ça existe pas. Vous êtes allé est-ce que vous êtes allé marcher sur ces plages ? En fait, vous pouvez pas. Et c'est l'espace
commun. On a dit pendant très longtemps, enfin les années 2000 ont été Thierry Chambéry connaît bien ça. Il faut arrêter d'étaler la ville, faut la densifier. On a demandé aux gens plutôt d'habiter dans des immeubles collectifs et d'ailleurs on soutient plutôt le zéro artificialisation net. Et donc euh les gens leur demandent d'habiter dans des immeubles, donc il faut bien qu'ils aient des jardins, il faut bien qu'ils aient des espaces où respirer, il faut bien qu'ils aient des endroits dans images. Et donc l'enjeu, je passe c'est l'état, c'est finalement quel est l'espace public, quel est l'espace du commun ? la vallée de scène qui est
absolument magnifique avec c'est sur le sur le plateau du vexin. Si on entretient pas les chemins de randonnée, comment on va pas se promener ? Comment on va pas découvrir ? Comment on va pas se reconnecter dans la nature ? Ça c'est important. Et donc en fait l'enjeu c'est de défendre une grande domanialité publique. Terme peut apparaître pour permettre de vivre une expérience. Et je reviens aux villes et au pouvoir des maires. C'est notre affaire ça parce que qu'est-ce qu'ils veulent faire les promoteurs là ? Je sais pas qui est venu de démarcher en te disant "J'ai beaucoup apprécié ce que tu as dit. Quand on fait des choses, faut les faire dans son contexte.
Un village, il a une histoire, son église, sa poste, son école, 3e République, sa mai sa place, son bistro qu'on veut d'ailleurs classer au patrimoine de l'UNESCO." C'est une très bonne idée. Faut soutenir ça parce que c'est la vie des gens. Et donc le le le qu'est-ce qu'il veut faire le promoteur ? Ben lui, il veut artificialiser ou construire sur plus de surfaces pour faire plus d'argent. Et qui s'oppose à ça ? Bah c'est les mères. Je vais vous raconter une anecdote parce qu'on m'a fait le texto en disant faut que tu leur racontes à Montpellier et à Paris il y a un architecte catalan qui était Ricardo
Befil qui a été très controversé dans le monde beaucoup de critiques et cetera. C'est lui qui a fait la place d'Alésia à Montpellier le quartier d'Antigone. C'était un architecte hein Catalogne pardon. Pardon. D'ailleurs, ça lui va bien parce qu'il est catalan. Enfin, il était catalan et c'était un architecte urbaniste très politique. Et en 2020, quand je suis élu maire, je l'invite à venir à Montpellier et tout. Tu un peu fâché parce eu des histoires de voilà et il vient et il me dit me pose cette question, il me dit "Monsieur le maire, quelle est votre conception de l'espace public ?"
et je lui réponds "Ah ben c'est là où on est ensemble parce que je vous ai dit tout à l'heure, ça crée du lien social et au fond c'est le dernier endroit en France où on est ensemble l'espace public parce que le séparatisme il est fort à l'école il est fort voilà c'est l'espace public c'est l'espace commun et alors il me dit très bien très bien mais il dit vous avez un pouvoir et vous l'espace public vous devez toujours le voir grand comme ça c'estàdire le plus important possible parce que les capitalistes eux, ils le volent comme ça. Et donc, il y a des villes, montre-moi. Alors, moi je veux pas porter de jugement, mais quand même quand je vois que la droite a beaucoup régné, l'espace public, il est extrêmement réduit et
d'ailleurs, il y a pas de trottoir, il y a pas d'endroit où on flane. Allez d'ailleurs dans les voir les villes des mères qui ont signé contre la loi et ses rues. C'est très intéressant. Ils ont pas de politique d'espace public. Voyez quand il y a des combats et des luttes citoyennes pour racheter des parcs, pour racheter des espaces verts, pour protéger et en fait pourquoi ? Pour les rendre accessibles. Et donc tu vois Marius, si je puis me permettre, je pense qu'il faut pas qu'on se dise cette affaire du beau c'est une affaire de domination et cetera. C'est je pense qu'il faut qu'on ait quand même une conviction d'être humain. L'humanité elle sait contempler, elle sait dire "Tu es un beau mec, tu es moche. C'est
nous." Et donc non mais je pense que si on se met à lire comme ça dans le combat politique parce que je continue à penser que c'est un combat politique, on va perdre et je pense que oui, c'est bien que ce soit un truc de socialiste de défendre le beau. Je vais faire les loges d'un collègue, alors il est en campagne, il s'appelle Karim Wamran. Lui, il a fait campagne en disant dans sa ville moi je veux mettre du beau. Ça suffit les promoteurs et vos trucs tous les du beau du beau. Et donc il a fait des juris citoyens. il a associé les gens. Et donc l'enjeu, c'est de dire comment on fait ensemble ce qui nous est commun, comment on le fait avec exigence parce que le beau est une exigence. Les
œuvres d'art, c'est une exigence. Tout le monde sait pas faire ça. Et donc je moi je crois que notre enjeu, notre combat, c'est de défendre cette place de l'espace public. Si on veut le droit au calme et au vert, et ben est-ce qu'il y a suffisamment de parcs ? Est-ce qu'il suffisamment d'endroit ? Est-ce que c'est desservi par des transports collectifs pour que chacun puisse en en en avoir la possession ? Voilà, on a un petit appartement mais à l'extérieur, il existe pour nous tous un grand espace et les gens qui ont la charge de l'administrer essayent d'en prendre soin pour qu'il soit beau. Et donc l'enjeu, c'est que ce ne soit pas déqualifié. Après, il existera un moment
exceptionnel, des contreverses humaines. J'aime, j'aime pas cette architecture, des discussion, mais quand on en arrive à discuter de ça, de j'aime, j'aime pas, mais on a réussi. On a réussi parce que c'est la discussion de l'humaniste, de l'honnêtet homme, de de de celui qui voilà, on discute de ça. Par contre, quand on est dans un centre commercial, je reviens là-dessus, là où là où il y a vraiment la domination, crois-moi, c'est pas ça leur sujet. Et donc, je crois que c'est important. Mais regardons nos amis européens, nos amis italiens à Sienne au 13e siècle, la ville, le programme du
conseil municipal dit fait une déclaration sur le beau et bien 800 ans plus tard, c'est une des très belles villes à visiter et il y a des endroits qui sont défigurés Balafé. La une de Téléama, elle montre ça, Balafé et où parfois on n' pas pris soin de l'histoire. Mais ce pays, il est magnifique. Mais la vraie domination, c'est est-ce que la puissance publique est forte pour le préserver, pour donner de la place à la création, pour faire des choses avec exigence face aux logiques de prédation. Nos paysages, enfin les enfin tous les bons maires, ils se battent pour lutter contre la pub dans leur ville. C'est une agression la pub. Moi quand les écolos, ils m'ont dit dans
l'accord, il faut que tu enlèves la pub numérique, j'ai dit mais on va enlever toute la pub. C'est parce que c'est un sujet. Voilà. Non mais parce que ça bah et donc dans mon dans mon écusson, mon secteur sauvegardé voilà, on a tout fait pour retirer tous les pour que les gens il regardent puis parfois ils voi un petit détail ti et il discutent de ça. Donc je crois pas que ce soit je pense que vraiment c'est pas un enjeu de domination, c'est un enjeu de conviction. Merci beaucoup. Ben je vais poser la même question à Lili et également toi dans ton travail quotidien, comment tu fais ? Bah pour inclure et pour bah lutter contre ces oppositions ? dont dont tu as parlé, les oppositions bah aussi financières qui ont intérêt pour détruire ce beau.
Je je dois dire que je souscrit pleinement à ce que tu viens de dire parce que en fait sur en fait la question qui n'est quasiment jamais est-ce que c'est beau ou est-ce que c'est pas beau ? Déjà juste si le mobilier ou le patrimoine existant on a su l'entretenir et on sait en prendre soin. En fait on est déjà dans le royaume du beau à mon sens. Et c'est là où en fait c'est pas une question de d'exclusion et que en fait les d'ailleurs les demandes légitimes au droit au beau viennent plutôt aujourd'hui à Paris des quartiers populaires qui nous disent "Mais attendez, pourquoi est-ce que systématiquement vous expérimentez des nouveaux mobiliers que vous savez pas entretenir qui est l'œuvre euh de la tu
vois la bonne idée d'un architecte qui a décrété que et ça vous le mettez dans nos quartiers à nous parce que ils sont pas patrimoniaux au sens classique du terme et donc c'est nous qui nous prenons les objets qui sont cassés les objets qu'on ne sait pas réparer. Et donc en fait à mon sens euh la question du beau c'est pas tant la question du bon goût. D'ailleurs, franchement, moi je pas le meilleur des goûts. Et et c'est d'ailleurs bien l'idée, c'est-à-dire Paris se suffit à elle-même, on n pas besoin de quelqu'un qui vient dire "ça c'est beau, ça c'est pas beau." Et puis les Parisiens, ils ont une bonne opinion du sujet eux-mêmes. que je pense aujourd'hui les habitants nous reprochent en tant que pouvoir public, c'est pas tant d'avoir tenté quelque chose ou d'avoir innové,
c'est deà de ne pas prendre soin de l'existant correctement pour que ce soit en usage et pour que son histoire soit respectée. Euh donc ça c'est la un peu la première étape et je suis tout à fait d'accord le moment où on en vient à la controverse et alors Paris c'est le haut lieu de la controverse. tu en as parlé mais la première controverse même presque dans l'histoire de l'urbanisme en tant que discipline vient sur la place de la Concorde à l'époque qui était la place qu'on voulait pour Louis XV qui a fait l'objet de du premier concours d'urbanisme avec des dessins qui avaient été diffusés dans la presse d'alors et donc tous les Parisiens s'étaient saisis du sujet et ça avait provoqué beaucoup de polémiques et je pense que justement c'est ça qui est
passionnant c'est que la matière urbaine elle est pas tout à fait enfin en tout cas elle sera jamais résolue par la bonne idée d'un seul. Elle est toujours en fait la conjonction entre une histoire préalable qu'on a respecté, des usages actuels et futurs auquels on répond et un savoir-faire sur l'entretien et la qualité. Je vous prends un exemple tout simple que je mentionne à répétition mais parce que il est tellement important. Le banc d'aview, c'est le banc vert parisien. Ça fait plus de 100 ans qu'il existe. Il a été inventé par Gabriel Davouw qui était donc un un ingénieur de la ville de Paris et il est fait avec des pieds
en font qui sont réalisés par une entreprise qui s'appelle GHM qui est une fonderie dans la Haute Marne à Saint-Disier qui fête l'année prochaine leur 190 ans. Donc c'est pour vous dire et on a un partenariat nous industriel en tant que ville depuis des plus de 100 ans et avec des planches de bois qui sont du bois peint donc extrêmement facile à remplacer à entretenir. Cet objet pourquoi les Parisiennes et les Parisiens ils sont autant attachés pourquoi c'est devenu une icône de Paris et qu'on considère qu'il est beau pas parce que c'est un dessin extraordinaire ou autre c'est parce que il est extrêmement facile d'entretien parce que l'eau passe entre les deux lattes. parce que quand il est abîmé, on peut le décaper et le repeindre parce que les pieds en fonte ne bougent pas et ne sont
pas tagables et cetera. Et en fait à mon sens c'est c'est là où en fait il y a aucun mépris dans cette question et cet enjeu. Bien au contraire. Merci beaucoup. Et je rebondis un peu sur ce que tu as dit sur ce mobilier urvin. Donc il y a un véritable savoir-faire artisanal et industriel qui lui-même est aussi attaqué et en danger par les politiques industrielles commerciales qui nous protègent pas suffisamment à fait et qu'il faut protéger. Et donc maintenant, je me retourne vers toi Marie. Tu nous as déjà parlé un peu de résonance et la capacité et la nécessité d'inclure. Donc toi concrètement, comment tu penses qu'il faut développer ces politiques du
sensible ? Alors moi, j'ai beaucoup pratiqué la concertation, mais pas euh pas une concertation que j'appelle technocratique, mais démocratique. J'entends par là que ça n'a à mon sens aucune utilité de venir avec un projet ficelé et de dire aux citoyens bon voilà le projet à la marge voilà de perses de perspectives de plans. Le premier est passable le deuxième est catastrophique. Lequel des deux est le meilleur ? J'ai vu 1000 concertations comme ça où en
tant que citoyenne, j'aurais été très très énervé. En tout cas, en tant qu'habitante de ce quartier. Michel le dit très bien, aujourd'hui, on a des outils qui sont puissants pour aménager de nouveaux quartiers. Euh évidemment, on peut euh rendre ce quartier vert. Euh évidemment, on peut travailler les espaces urbains euh pour qu'il soit accueillant pour les enfants, pour euh qu'il soit sécurisant pour les femmes, euh pour que les familles aient envie euh d'y vivre, pour qu'il y ait euh du partage. Mais là, oui, je reviens à cette résonance parce que en fait quand on arrive dans ce type de quartier et
bien il y a quelque chose de sensible qui se passe. on aime y être. Il y a il y a un dialogue avec avec ce qui nous entoure. Et donc moi quand je pratiquais la concertation et quand je la pratique aujourd'hui dans les projets que j'accompagne, je pose toujours des questions beaucoup plus larges. C'est-à-dire qui on est, qui on est. Ça commence toujours par là. C'est-à-dire que ce que dit Lili sur euh le banc, enfin tout ça c'est c'est du sensible. Et en fait, les citoyens sont en capacité de dire "Bah nous, on est une ville industrielle,
nos toits sont pas des toits plats, euh il nos maisons sont faites de briques. Et je je je enfin, il y a plein d'exemples comme ça où les gens vont nous dire bah voilà qui nous sommes, voilà ce que ce que nous attendons demain de l'architecture, de la création de de la ville sur ce qui est notre territoire et qui est différent de l'autre. Et et moi vraiment ma ma peur panique, c'est de calquer les choses et les modèles surtout parce qu'on parlait de moyens là où il y a pas de moyens parce que en réalité euh là où
on est le plus en difficulté c'est euh quand le bilan d'opération, parlons de parler comme ça, où le bilan d'aménagement pour la collectivité, il devient négatif et où ben ouais mais mettre de la pierre parce que on avait des carrières bah excusez-moi ou mettre de la brique parce que on est une ville de brique, bah ça coûte ultra cher et le bilan d'opération tient pas. Et donc c'est là où on a des difficultés à à faire du beau et à avoir des espaces de vie qui soient agréables pour les gens. Et c'est là que la puissance publique est hyper importante parce que oui, il faut mettre la pression, faut mettre la pression pour que les bilans ils tiennent et pour
qu'on arrive à avoir des résultats qui soient agréables pour les gens. Comment [grognement] on fait ? Bah en fait, moi je pense que le fait de toujours associer le privé à la fin, en tout cas dans ces zones où il y a moins de moyens, c'est une erreur. C'est une erreur parce que moi je les invite toujours à venir au moment de concertation, au moment où les gens racontent leur leur histoire, racontent là où ils veulent aller. Parce que en fait si on n pas ce sensible et si en plus on n pas d'argent, bah alors c'est sûr à la fin on plaque des modèles. Donc évidemment la puissance publique bah qui va impulser tout ça. Le citoyen qui a
son mot à dire non pas pardon sur la couleur de l'enduit, on s'en fout. Enfin c'est ça ça n'a pas d'intérêt sur le projet dans sa globalité sur ce qu'on va attendre parce que sinon en effet c'est sans fin et les projets n'aboutissent jamais. Et et contrairement à ce qu'on croit, c'est pas quand on prend les citoyens à la fin pour des annes en leur demandant de choisir un projet d' fisselé qu'on a pas de recours, c'est en les associant dès le début. Et puis évidemment, moi je pense en tout cas sur des secteurs où on n'est pas à des prix au mètres carrés qui euh permettent de tout imaginer, ben il faut demander au
privés qui sait innover aussi et qui sait euh quand il a envie et il y a des entreprises locales, des promoteurs locaux et cetera qui ont envie de faire pour leur territoire, bah si on les associe dès le début, ils sont pas si méchants qu'ils en ont l'air. Et donc moi en tout cas, j'associe toujours tout le monde dès le début dans une grande phase où on se dit ce qu'on attend de ce projet et et normalement ça marche et à la fin les gens ont envie d'y vivre. Ils ont envie d'acheter ses logements, ils ont envie de de piquenniquer dans les parcs et et d'y faire leur vie.
Merci beaucoup. Alors, nous avons le temps pour quelques questions. Donc, je vous en prie si vous pouvez.
Oui. Euh, bonjour. Marga de la section PS aussi cancères d'arrondissement des légués Europe et citoyenneté à sur 7e, c'était surtout une question sur l'accessibilité parce que là on parle vraiment de donc de l'espace public et donc ça me fait vraiment vraiment penser à cette onction là parce que nous au sein des mouvements antialidistes on lutte pour avoir un des lieux accessibles universellement et donc c'est vraiment un enjeu une question de le beau doit être aussi accessible pour les personnes en situation de handicap quand tu as parlé euh camarade de Paris d'une R2 de jeu XXL, faut que cette air de jeu XXL soit accessible aux enfants situation de handicap. C'est il y a des politiques publics qui commencent à se mettre en place sur ça. Donc ça faut aller, il
faut faut l'approfondir. Euh et aussi il faut vraiment que ces politiques publiques du beau doivent doit être aussi axé pour ces pour le person du handicap parce que souvent c'est ce qui est oublié. Euh donc, j'aimerais juste vous entendre que comment euh rendre accessible ce droit au beau euh inclusif et antivalidiste. Merci. Merci beaucoup pour cette question sur l'accessibilité. Non mais voilà, c'est une contrainte créatrice. Donc il faut veiller à l'accessibilité universelle. C'est un enjeu fondamental et le faire pour les personnes qui sont
en situation de handicap, c'est le faire pour les parents avec poussette, c'est le faire pour les octogénères, les nonagénaires. On a Luc Bruisy et Jérôme Gch qui travaillent beaucoup sur les sujets du du grand âge et donc après il faut le faire et et on avec exigence en en se disant voilà comment ça s'intègre, comment comment on fait et et à partir de là ça ça fonctionne. Tout comme je je prends un un exemple, les les élus du des lit de sur les littoraux, la plage euh ce sont des moments extraordinaires quand on inaugure des rampes qui permettent aux
personnes en situation de handicap d'accéder à la mer et c'est des moments exceptionnels. Et donc le choix du mobilier qu'on va prendre, il doit être harmonieux avec pour carnon le cordon du ner et cetera. Et c'est une exigence cette question là. C'est une question aussi d'exigence. Voilà, on on doit pardon, c'est la rentrée des classes, je un peu prof mais voilà faut faire des choses qui nous tirent vers le haut, pas du carton patte. Et donc c'est une exigence qu'il faut intégrer l'accessibilité. Et voilà, je je crois que c'est c'est comme ça qu'on [grognement] voilà, il faut le dire et il faut
impliquer les équipes. Tu as dit un truc, j'ai trouvé ça très fort, les fonctionnaires sur ces sujets-là mais ils adorent travailler là-dessus et c'est très valorisant pour nos nos agents publics là-dessus. Et quand on est dans un moment de question de sens du service public, quand on les fait se questionner là-dessus, on crée une chose, crée la fierté, la fierté du travailleur. Le de dire à les ouvriers parfois moi à Montpellier, ils disent, ils amènent leurs enfants leur montrer, regarde, on a aménagé ces bancs comme une fierté. Bon voilà, faut faut embarquer. Et peut-être juste à Paris. Moi, j'ai été évidemment à Paris, on a une marge de progression qui est immense. On a un
espèce public qui n'a pas été du tout suffisamment conçu comme tel, je pense. Et ça va être des grands chantiers qu'on va porter à la fois sur la l'orientation pour vraiment prendre en compte c'est parce qu'aujourd'hui les trois/4 des panneaux de signalisation à Paris sont un peu obsolètes hein, faut le dire. Et donc l'idée c'est de pouvoir intégrer ça et effectivement comme tu le disais Marie dès la mon et je vais vous dire moi un exemple qui m'a marqué c'est dans des villes aussi contrainte hein que Paris comme Berlin, Lisbon et cetera le dessin même de la du trottoir c'est en fait on voit d'un côté des petits pavés les uns à côté des autres et ça c'est sur toute la bande servante donc là où il y a les réseaux qui passent donc effectivement pas accessible mais par
contre s'il y a un concessionnaire qui vient faire un qui vient faire un trou il fait pas un trou il enlève les pavés il les remet et c'est voilà et par contre Il y a effectivement une bande centrale extrêmement circulable et qui du coup permet une vraie orientation dans la rue. Et donc je trouve queen fait ça peut être conçu dès la mond dans les matériaux, dans les revêtements, dans les cheminements et ça c'est quelque chose sur lequel Paris a engagé un important travail. On a voté le plan d'accessibilité de la voirie l'année dernière mais on doit aller encore plus loin dans la mise en œuvre. Et d'ailleurs, moi, c'est la personne aujourd'hui qui s'occupe de ces sujets à la ville, qui est systématiquement à mes côtés dans l'ensemble des commissions sur ces sujets. C'est ma personne
ressource et je pense qu'on a tous à beaucoup apprendre encore sur ces sujets. On va prendre une dernière question. Oui, j'avais une question Bruno du du 63. Euh c'est vrai que ça a été abordé sur le coût du beau. Est-ce que le beau coûte plus cher ? Et je pense pas parce que si on associe la qualité d'usage actuelle et future à ce qu'on réalise, je suis aussi j'été et élu agent développement durable du d'une ville moyenne, mais je suis aussi architecte urbaniste et il y a la qualité d'usage, ça fait partie du beau. Ça fait part des du beau. Quand je on fait des logements
adaptés à au changement climatique, même si la volumétrie reste simple, on peut faire du beau. Quand on fait des espaces publics, où on associe et sur des projets, je travaille beaucoup sur le logement social, on fait des espaces publics et on fait internir des paysagistes qu'on oublie très souvent dans nos projets, on peut faire du beau par rapport à ça et c'est pas forcément plus cher. Tout à fait. Et c'est même d'ailleurs plus écologique aussi si je peux me permettre parce que typiquement le bandaiew que je mentionnais en fait il est écologique par définition puisque il se retape et et donc en fait c'est beau, ça coûte moins cher, on a intégré les savoir-faires en interne et en plus ça dure très longtemps. Donc il y a la possibilité de combiner ces différentes
contraintes. Je suis tout à fait d'accord. Mais je partage et et par ailleurs, c'est sans doute parce que j'ai dit que ça coûtait cher que que que tu as dit ça. Euh en fait le truc c'est que le beau peut être payé dans certains endroits et dans d'autres c'est plus compliqué. Enfin, c'est un truc simple et mathématique de bilan d'opération que tu connais bien. Et donc du coup, ben pardon, mais quand le compte le coût de la construction il est à 2500 du mètre, mais que dans cette ville tu vends à 1700 du m, il y a un sujet, il y a un sujet et parce que on sait pas construire enfin moi sur mon territoire
euh quelquefois on est à 1000 € du maître et donc tu vois bien le le gap en fait. Et donc à ce moment-là, évidemment l'acte de construire et ben il est il est largement accompagné par la puissance publique quand on est sur sur des aes et les opérations d'aménagement sont déficitaires. Donc c'est pas que ça coûte plus cher, mais c'est que en fait il y a il y a des endroits en France où on peut plus construire. on peut plus construire sans que la puissance publique euh vienne vienne abonder. Et donc évidemment quand la puissance publique, elle abonde, bah c'est un choix politique que d'abonder à hauteur de ce que on est en droit d'attendre
d'un nouveau quartier. [grognement] Euh et euh bah on le sait au regard des finances publiques, bah c'est ce que tu mettras pas dans autre chose. Et donc c'est un choix politique et et c'est pour ça que tu te retrouves aussi avec des choses absolument horrible calquer les unes sur sur les autres. Moi, il m'arrive d'aller dans un endroit et de me dire sur sur mon territoire, j'ai déjà vu cet immeuble quelque part. Je suis sûre de l'avoir déjà vu quelque part. Et puis un jour, je me retrouve dans une ville 20 bandes plus loin et je fais "ça y est, c'était là le même, exactement le même immeuble". Bah ça c'est insupportable en fait. Et donc
c'est pas que ça coûte plus cher, mais c'est que tu as des endroits où euh l'acte de construire est devenu presque impossible. Et mais c'est pas l'objet de la table ronde, c'est tout le sujet à travers enfin qu'on vit avec la crise du logement. euh c'est que euh ben il y a des endroits où personne ne veut construire parce que ben le coût de la construction est bien plus et bien supérieur euh au prix euh au mètres carrés. Voilà, c'est bassement mathématique. Merci beaucoup. Une phrase pour conclure, il nous reste une minute avant la suite et de laisser cette salle. D'abord, merci beaucoup à Marius de d'avoir organisé cette table ronde.
C'est très heureux de pouvoir échanger. Je voudrais vous donner, tu m'as travaillé là en disant une entreprise de de domination le beau et en Italie, je vais vous lire en conclusion un article de la Constitution de l'Italie et au fond qui pourrait être peut-être nous qui aspirons à faire évoluer les les lois de la République, nous pourrions l'inscrire. L'article 9 dit : "La République favorise le développement de la culture ainsi que la recherche scientifique et technique." C'est un vrai truc de socialiste ça. Elle protège le paysage ainsi que le patrimoine
historique de la nation. Ça pourrait être les villages normands et ceux du Langedoc. Elle protège l'environnement, la biodiversité et les écosystèmes, le calme et le vert. Et moi, je trouve, je je ne connais, c'est c'est un citoyen qui un jour est venu me voir et m'a dit "Monsieur le maire, regardez cet article de la Constitution italienne et au fond de proclamer le droit au beau, au calme et au vert pour être un des éléments de notre loi fondamentale parce que nous la protéger face à des volontés de prédation." Et je crois que la question du droit au beau et bien c'est un droit
pour tout un chacun face aux tentatives d'aliénation algorithmique ou autre. Et juste pour terminer, la question du coup est évidemment une question très importante, mais parfois et je veux rebondir sur ce que tu as dit Lili, il faut sur les espaces publics la même ambition pour nos centre-villes que pour nos quartiers populaires parce qu'il y a une dimension très forte, symbolique qui est de dire est-ce que vous avez la même attention, la même égal la même volonté d'égale dignité. Et au fond le beau, il faut essayer de le mettre partout avec les moyens du bord et donc l'avir comme ambition. Voilà.
[applaudissements] En am en réponse aux deux questions sur l'accessibilité et sur le coup, je pense aussi que le beau c'est un sujet qui nécessite beaucoup d'humilité euh et que en réalité euh parfois c'est en fait le beau c'est moins. C'est-à-dire que le désencombrement, je pense qu'il va devenir une politique publique active en faveur de la beauté et que ça ça coûte pas grand-chose parce qu'on retire donc on retire des potelet, on retire de la signaléthique, on retire des choses qu'on a agrégé au fur et à mesure sur notre espace public. Ça permet de retrouver des cheminements, ça permet de retrouver de la lisibilité et Paul a dû partir mais sur la question de la sensibilité et de l'attaque des des
sens, ça permet aussi de de retrouver des paysages et donc en fait il y a aussi des gestes qui sont tout simples euh et qui permettent de véritablement recréer du paysage commun agréable. Merci Marie en 30 secondes. Oui. Ben moi je je reprends ce qu'a dit Michel. Il faut se battre pour le droit au bon au calme vert parce que si aujourd'hui on croise nos cartographies sur les grandes métropoles françaises, vous mettez les espaces verts. Euh la carte la cartographie du bruit, on en a pas beaucoup parlé mais en réalité c'est
hyper étayé hein, ça se calcule. Et donc tout comme les espaces verts, pour le coup, c'est moins ésotérique que le beau. Euh et puis euh après, vous mettez le revenu des ménages et vous voyez qui habite là où c'est calme et là où c'est vert, bah c'est les classes les plus aisées. Donc évidemment, c'est un combat de gauche que de dire que tout à chacun un droit au calme au vert. C'est un premier point. et puis euh au beau dans le respect et dans la fidélité de ce que c'est de ce qui est son patrimoine parce que je pense que euh le rôle de la
gauche aussi c'est de révéler qu'il faut être fier de son passé et surtout de son passé ouvrier. Merci à toutes et à tous pour euh pour ce débat et merci aux intervenants et je vous invite à regarder les mesures du projet du Parti socialiste sur ces sujets qui sont au final très concrets. [applaudissements]
Ah ouais. M.
Marie Le Vern