Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 17 août 2026 8 minComplaisantActualité / polémiqueBudget & impôtsSécurité

Les invités d'Apolline Matin : Philippe de Gonneville et Bruno Lafon - 17/08

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 10 %Défensif 40 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:09Invité politiqueFait
    « Le changement climatique est inévitable. »

Temps de parole

  • Invité politique35 %
  • Présentateur35 %
  • Bruno Lafon30 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. Il est 7h43, Sébastien Lecornu est en Gironde ce matin, entouré de 6 ministres pour lancer sa mission reconstruction après les méga-feux de l'été. 42 000 hectares partis en fumée, 240 bâtiments et logements détruits, 4 pompiers morts, près de 130 intoxiqués. Le Premier ministre s'est déjà rendu hier au Porges où 183 habitations avaient été détruites. Bonjour Philippe de Gonneville. Bonjour. Vous êtes maire horizon de Lège-Cap-Ferré. Bonjour Bruno Laffont. Bonjour. Vous êtes maire sans étiquette de Biganos et, je le précise, président de l'association de défense des forêts contre l'incendie. Vous rencontrez tous les deux le Premier ministre à Mérignac à 10h tout à l'heure.

Qu'est-ce que vous allez lui dire en premier Philippe de Gonneville ?

0:46
Invité politique

Écoutez, moi j'ai trois points extrêmement importants. Le premier, c'est la prise en charge de celles et ceux qui ont tout perdu et notamment leur habitation. Le deuxième point, ce sont nos entreprises de Lège-Cap-Ferré mais de l'ensemble du bassin d'Arcachon qu'il va falloir aider parce qu'ils vont connaître des difficultés, notamment en termes de trésorerie. Et le troisième point, c'est bien évidemment la forêt de demain. Comment accompagner l'évolution climatique, ce changement climatique qui provoque des canicules et qui a créé ce giga incendie de cet été. Et là, c'est mon collègue Bruno Laffont qui sera plus pertinent que moi.

1:23
Présentateur

Oui, mais ce sera complémentaire ce matin et grâce à vous, on est en Gironde ce matin alors qu'on attend des annonces du Premier ministre. On va revenir sur ces points-là, Philippe de Gonneville. Mais Bruno Laffont, vous, vous souhaitez faire des feux de forêt, une grande cause nationale, forte. Ça veut dire quoi ? Ça implique quoi Bruno Laffont ?

1:40
Bruno Lafon

Ça implique d'abord que tous les concitoyens prennent conscience en France qu'on ne vit plus à côté d'un massif forestier comme on vivait auparavant. Et donc ça doit aller jusque dans les écoles. Et donc il va y avoir une communication très forte. Il faut aussi que la météo des forêts s'améliore. Bref, tout ce qui doit toucher au public, la communication avant l'été, mais également pendant la saison. Il faut que la problématique du feu de forêt devienne vraiment une cause nationale parce que c'est tous les massifs forestiers en France qui vont subir les mêmes atrocités que nous avons vécues nous cet été. On le voit bien. Il y a d'autres régions de France.

2:12
Présentateur

Il y a cette conscience, quand je vous entends tous les deux, il y a cette conscience que ce qui s'est passé est dramatique, mais que ça va se reproduire.

2:19
Bruno Lafon

Le changement climatique est inévitable. Ce qu'on nous avait promis pour 2040 est en train de se produire aujourd'hui. 2022 n'était qu'un avertissement. Nous forestiers, c'est ce que nous disons. Et donc on le redira au Premier ministre et on lui donnera quelques pistes.

2:32
Présentateur

Philippe de Gonneville, sur votre commune, le bilan est très lourd. Quelle est la priorité aujourd'hui pour aider les victimes, les sinistrés ? C'était le premier point de votre prise de parole. Qu'est-ce qu'on doit faire immédiatement ?

2:45
Invité politique

Alors écoutez, ce qu'on doit faire immédiatement, c'est les aider sur le plan médico-psychologique, et ça s'est fait, mais également sur le plan de la reconstruction. Il faut que dans le plan logement du gouvernement, il y ait un paragraphe pour aider celles et ceux qui ont tout perdu, et je pense notamment aux habitants du port, et ceux de l'Eich Capferré bien évidemment, mais aux autres aussi, de pouvoir reconstruire dans les meilleures conditions possibles, et le plus vite possible. Donc il y a un volet assurantiel. Il faudra que les assurances jouent le jeu. Je pense que France Assurance devra, avec le gouvernement, faire des propositions plus fortes que ce qu'elle ne fait actuellement.

Et puis il y aura le volet réglementaire et juridique, de façon à ce que celles et ceux qui ont tout perdu puissent reconstruire le plus vite possible pour retrouver un toit rapidement.

3:35
Présentateur

En filigrane, je comprends qu'il va falloir qu'on accepte de s'asseoir sur quelques normes, sur quelques procédures, pour qu'on puisse accélérer finalement la reconstruction.

3:44
Invité politique

C'est exactement ça. Il y a aussi l'enjeu d'une enveloppe. Oui, mais il faudra surtout que les services de l'État nous aident, et soient des facilitateurs, ce n'est pas toujours le cas malheureusement, mais il faut qu'ils soient des facilitateurs pour les élus que nous sommes, de façon à permettre à celles et ceux qui ont tout perdu de reconstruire le plus vite possible et dans les meilleures conditions possibles.

4:05
Présentateur

À l'Ege-Cap-Ferré, comme ailleurs sur le bassin d'Arcachon, le tourisme, c'est une très grande part de l'activité. La saison, qu'est-ce qu'on peut encore sauver de cette saison ?

4:17
Invité politique

Écoutez, nous, le tourisme sur la presqu'île de l'Ege-Cap-Ferré, et même sur l'agglomération Nord-Bassin, c'est 80% de notre activité économique. 80% en direct et bien évidemment en indirect. Et c'est vrai que cette parenthèse de 15 jours, cette parenthèse complète, les communes ont été évacuées. La commune de l'Ege-Cap-Ferré a été évacuée, c'est-à-dire que les entreprises n'ont plus travaillé pendant 15 jours. Et puis après, il y a eu le temps du retour. Aujourd'hui, nous ne sommes pas encore pleins comme d'habitude au mois d'août. Et par conséquent, comme la trésorerie de nos entreprises se fait essentiellement pendant la saison estivale, il faudra les aider.

5:00
Présentateur

Les aider par des prêts, par des enveloppes, par de la subvention ?

5:05
Invité politique

Oui, des aider par des prêts, des aider par des exonérations. Je pense aux charges des entreprises, à l'URSSAF. On peut imaginer également la taxe foncière. Tout ça, c'est sur la table. Et en tout cas, c'est ce que nous mettrons sur la table.

5:22
Présentateur

C'est ce que vous attendez aujourd'hui du Premier ministre. Il y avait l'idée de repenser la forêt de demain aussi. Emmanuel Macron a appelé le 27 juillet à replanter une forêt différente. Bruno Laffont, est-ce qu'on peut replanter la même forêt que celle qui a été brûlée cet été ?

5:38
Bruno Lafon

Alors, on replantera la même forêt, mais de peut-être façon différente et surtout la protéger. Parce qu'il ne faut pas quand même accuser la forêt. Ça serait très injuste. On n'a pas un français à faire au pain maritime. La forêt est victime, puisque lorsqu'il n'y a pas de départ de feu, la forêt vit sa vie tranquille. Et d'ailleurs, c'est un agrément supplémentaire au soleil et au sable, dont Philippe de Gonneville a parlé pour le tourisme. S'il n'y a pas la forêt, il n'y aurait pas tous ces campings, il n'y aurait pas toutes ces villas.

6:05
Présentateur

Bien sûr. Après, cela dit, ce n'est pas que le tourisme. C'est 66 000 emplois, je voyais, de Sylvie Culture.

6:13
Bruno Lafon

C'est ça. C'est 10 milliards de chiffres d'affaires. C'est pratiquement autant que les vins de Bordeaux. Et avec la crise qu'il y a, nous sommes passés devant.

6:19
Présentateur

Mais vous avez deviné ma question, Bruno Laffont, parce que vous y avez un peu répondu d'entrée. Est-ce qu'on replante du pain de la même manière, sachant qu'il brûle plus vite, plus fort ?

6:29
Bruno Lafon

Oui. Donc, il y aura... Nous ne sommes pas contre les lisières et les bordures de feuillus. Ça, c'est la première des choses. L'entretien de nos pare-feux, parce qu'il nous faut des moyens pour pouvoir le faire. Sinon, il y a longtemps qu'on l'aurait fait. Peut-être pas planter jusqu'au ras des fossés et des chemins et des pare-feux. Mais tout ceci, il faut aussi replanter l'interface entre l'habitat et la forêt. Donc, tout ça est en discussion. Nous ne pouvons pas non plus subir, et c'est ce que disait mon collègue aussi, il faut que l'État nous aide, et surtout les services, pour qu'il n'y ait pas des études d'impact pour simplement faire un fossé ou un aménagement ou une piste forestière.

Nous ne pouvons nous débrouiller, nous, sans faire cela, parce que comme les agriculteurs, nous connaissons nos territoires, nous savons de quoi nous parlons. Et donc, il y a des fois, ça nous coûte de l'argent pour pas grand-chose. Et des fois, on ne le fait pas du tout, parce que comme ça coûte, on ne le fait pas. Et résultat, c'est tout cela qu'il faut améliorer, parce qu'aujourd'hui, nous ne pouvons plus vivre aujourd'hui comme on le faisait auparavant, la forêt non plus, et c'est pour ça que cet aménagement est différent, mais on ne va pas raser le plein maritime pour mettre une autre essence. La forêt, c'est un temps long, et donc on peut l'améliorer, on peut faire des...

7:34
Présentateur

Et c'est ce qui sera sur la table, évidemment, aujourd'hui, avec le Premier ministre, donc en déplacement en Gironde, cette mission reconstruction. Merci à tous les deux de nous avoir accordé quelques mots avant de rencontrer Sébastien Lecornu, Philippe Dugonneville, maire horizon de Lèche-Cap-Ferret. Bruno Laffont, maire de Biganos, mais aussi président du Centre Régional de la Propriété Forestière et de l'Association de Défense des Forêts contre l'incendie. Il est 7h51.