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interviewBFM TV — BFM Politique (sur Podcast)· 5 décembre 2021 45 min

Christian Jacob, président du parti "Les Républicains" - 05/12

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Edwige Chevrillon et de Jules Pecknard, bonjour à tous les deux. Nous recevons ce midi l'architecte du Congrès des Républicains qui a sacré hier, Valérie Pécresse. Bonjour Christian Jacqueur. Bonjour. Vous êtes le président de ce parti qui a désormais sa candidate. Ce sera donc Valérie Pécresse. Nous allons le lendemain y revenir juste après le journal qui est présenté par Philippe Godin.

0:40
Locuteur 2

Mélenchon, Zemmour, c'est donc la fiche de ce dimanche très politique. Premier meeting pour le polémiste, désormais candidat. Ça se déroulera à Villepinte en Seine-Saint-Denis cet après-midi. Et à l'opposé de l'échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon tiendra son premier grand meeting de campagne à la Défense. Direction d'abord Villepinte en Seine-Saint-Denis au Paul de Debert. C'est là que vous vous trouvez et on en est aux répétitions.

1:02
Locuteur 3

Oui absolument Philippe, vous l'entendez en arrière-plan sonore derrière nous. C'est la musique qui va accompagner tout à l'heure Eric Zemmour lorsqu'il va arriver. Il y aura aussi une vidéo qu'on nous présente comme quelque chose retraçant son parcours qui sera tout à l'heure diffusé juste avant son arrivée sur scène. Cette répétition pour l'instant a lieu un peu plus loin derrière nous. On peut vous montrer ce stand également de goodies qui est exactement juste là mis en place. Comme à chaque fois évidemment, on voit que les dons, que les achats sont extrêmement importants.

Ça va être un moment extrêmement important aussi pour Eric Zemmour lui-même parce qu'il va devoir montrer que ce pari de Villepinte est réussi. On nous annonce qu'il y a 15 000 places, 15 000 chaises dans cette place, dans cette grande salle ici. Seront-elles remplies ? On le verra tout à l'heure. Et puis on verra aussi s'il arrive à conforter cette mue, si vraiment cette mue a lieu ou pas. Ça sera à suivre tout à l'heure, à 15h, à 16h précisément pour le discours d'Éric Zemmour sur BFM TV.

1:49
Locuteur 2

Léopold de Verre avec Médéric Soltani avec qui on va suivre ce meeting. Diffusion en direct à 16h45 sur BFM TV évidemment. Face à Éric Zemmour, Jean-Luc Mélenchon tiendra lui son premier grand meeting de campagne à 14h45 à la Défense. C'est là que vous vous trouvez, Perrine Vasque, le leader de la France Insoumise, qui n'a pas choisi la date par hasard. L'objectif est bien de se dresser face à la droite.

2:09
Locuteur 1

Oui absolument, pour contrer un petit peu l'agenda LR, mais Éric Zemmour s'est faufilé dans la faille, a décidé lui aussi de faire son meeting le 5 décembre, ce qui n'était pas du tout prévu par les équipes de la France Insoumise. Alors là, j'entends d'Aléopold vous parler d'une salle de 15 000 places, c'est beaucoup plus modeste ici. Je ne peux pas vous montrer la salle, on est dans le hall. Pas question de montrer des images de salles vides, nous dit-on, du côté de l'équipe de Jean-Luc Mélenchon. Alors des bus ont été affrétés, de la France Insoumise, 200-300 kilomètres autour de Paris, une quarantaine de bus. Ça fait déjà 1 000, 1 500 personnes, nous dit-on.

Mais pour le reste, impossible de connaître vraiment la jauge, parce qu'à l'inverse d'Éric Zemmour, il n'y a pas de réservation ici. Donc vient qui veut. On est sur une jauge de 3 000 places maximum. Je demandais à Jean-Luc Mélenchon, il y a quelques minutes, avec qui j'échangeais, si ces 15 000, 19 000 places de ville peinte d'Éric Zemmour lui faisaient peur. Il ne me répond pas du tout, nous ne sommes pas dans une compétition de jauge, nous n'en sommes pas au même point de notre campagne. Il y aura du monde, me dit-il, mais nous, on passe à autre chose. Alors bien sûr, il nous dit cela pour ne pas apparaître en faiblesse. Effectivement, il a prévu un gros discours, Jean-Luc Mélenchon.

Ce n'est pas son premier meeting. Il a déjà fait un grand meeting à Reims il y a quelques semaines. Et dans son discours, il me glissait il y a quelques minutes, qu'il aurait peut-être 2-3 mots sur Éric Zemmour.

3:22
Locuteur 2

Père Invasque avec Laura Champion, ce sera à suivre en direct, 14h45 sur BFM TV. L'actualité politique, ce sont aussi ces questions qui se posent au lendemain de la victoire de Valérie Pécresse. Quel rôle va jouer désormais Éric Ciotti, le député des Alpes-Maritimes, qui, bien que battu, était en meeting ce matin à Nice. Démonstration de force pour montrer sa détermination à faire prospérer sa ligne de droite dure. Éric Ciotti qui est en plein discours depuis Nice et qui compte donc bien peser sur la suite de cette campagne présidentielle chez les Républicains. Christian Jacob est d'ailleurs l'invité de BFM Politique.

3:53
Présentateur

– Bonjour Christian Jacob. – Bonjour. – Je vais vous interroger en compagnie d'Edwige Chevrion et de Jules Pecknard qui m'accompagnent ce midi. Nous allons évidemment longuement revenir sur cette campagne présidentielle qui démarre depuis hier. Vous avez une candidate, elle s'appelle Valérie Pécresse, elle est sortie gagnante de ce congrès. Avant ça, hier c'était votre anniversaire Christian Jacob. – Oui, aussi. – Quel cadeau, mais quel cadeau pour vous. Est-ce qu'avant toute chose, Christian Jacob, ça n'est pas un peu votre victoire ? Quand je parle de ça, en fait c'est pour parler de l'énergie que vous avez mis à la fabrication de ce congrès.

Vous en êtes l'architecte, vous vous êtes battu, vous avez joué des coups pour qu'il y ait cette formule, ce calendrier qui vous a été reproché. Est-ce qu'il n'y a pas un petit sentiment de satisfaction personnelle le jour de votre anniversaire ?

4:45
Christian Jacob

– Si, il y a satisfaction d'avoir constitué cette équipe de France. C'est ça qui est important, la droite, elle est diverse, on le sait bien, on a réussi à bâtir un socle idéologique, tout ce travail de l'ombre, et Dieu sait qu'il a été critiqué, on se souvient tous, bon, toutes les critiques qu'on a pu avoir sur le fait pas d'idées, pas de projets, ils seront divisés, ils vont se battre entre eux, etc. Et le travail de fond, c'était d'abord, à mon avis, les fondations, c'est-à-dire d'avoir un socle idéologique au sein duquel nos candidats se sont retrouvés, alors chacun avec leur personnalité, leur tempérament, leur sensibilité. Mais tout le monde est resté sur ce socle qui était du solide.

5:30
Présentateur

– À nouveau, vous dites « nous », vous dites « on », vous ne dites pas « je », mais vous parlez de cette équipe de France, c'est vous le sélectionneur, Christian Jacob ?

5:36
Christian Jacob

– Je suis celui qui a contribué à faire en sorte que tout le monde soit là, parce que j'avais sans doute un certain nombre d'atouts, le fait d'être depuis déjà pas mal d'années dans la vie politique, ça fait plus de 25 ans, j'ai des histoires communes avec chacun des candidats, et puis avec tous ceux qui n'étaient pas candidats, mais qui auraient pu l'être et qui pèsent dans notre famille politique. Et donc ça, ça a permis effectivement de pouvoir rassembler tout le monde, et puis d'avoir, comme dans toute famille politique, parfois des tensions avec les uns et les autres, mais le fil n'a jamais été rompu avec personne.

6:12
Présentateur

– Un dernier mot au sujet de ce congrès, le calendrier vous a beaucoup été reproché, on a dit que vous tardiez trop, que ce serait un handicap pour votre famille politique. Maintenant que c'est fait, que vous voyez que tout le monde est déclaré, or Emmanuel Macron, évidemment pour l'instant, est-ce que vous maintenez que c'était le bon calendrier ?

6:29
Christian Jacob

– Oui, ça c'est un des points auxquels je n'ai jamais varié, j'ai toujours considéré qu'il fallait être sur ce calendrier. Une campagne, c'est une question de dynamique, il faut prendre le temps du rassemblement. Le rassemblement, ça ne se décrète pas, ça se construit, et ça se construit pas à pas, donc il fallait le temps que tout le monde puisse être rassemblé, il fallait d'abord que l'on engrange les victoires, bien sûr des municipales, des départementales, des régionales, que tout ça se fasse dans un esprit de rassemblement, et ensuite, après seulement, on pouvait passer à l'étape suivante, et si on avait grillé les étapes, ça aurait été une erreur.

Et ce qui compte aujourd'hui, c'est d'être effectivement dans cette dynamique des très belles victoires municipales, départementales, régionales. Il faut se souvenir qu'on était municipales au lendemain des élections européennes, qui avaient été un échec cinglant pour nous, et souvenez-vous à l'époque du Front National, du Rassemblement National, qui nous disait, maintenant on va s'implanter partout sur les territoires. Monsieur Castaner, qui est au nom de La République En Marche, expliquait que les Républicains avaient deux choix, soit ils se ralliaient à La République En Marche, soit on était laminés.

Le résultat, 56% des villes sont détenues aujourd'hui, des villes de plus de 9000 habitants par La République En Marche, 2% par La République En Marche, 1,5% par le Front National. Donc je pense que le calendrier était le bon, la ligne était la bonne de construire effectivement ce temps de rassemblement, de relancer un mouvement jeune. Là aussi, les jeunes sont détournés de nous, élection après élection. Or là, on a relancé un grand mouvement de jeunesse avec Guylaine Carayan.

8:13
Présentateur

Trois mois et demi, quatre mois, ça vous suffira pour donner de la dynamique ?

8:15
Christian Jacob

Oui, parce qu'une dynamique, une fois qu'elle est créée, on l'a créée aujourd'hui. Elle est créée, la dynamique. Maintenant, il faut la continuer, parce qu'une campagne, ça s'inscrit effectivement dans une dynamique, et c'est là-dessus qu'il faut tenir. Et Valérie Pécresse, je crois, a donné les signes hier de ce rassemblement.

8:32
Locuteur 7

D'abord, les qualités qui ont été la sienne pendant le débat,

8:36
Christian Jacob

mais aussi la capacité qu'elle a eue à rassembler, parce que c'est aussi l'œuvre de la candidate.

8:40
Locuteur 7

Alors, vous êtes un peu le Didier Deschamps de la politique, et on peut dire ça en tous les cas à droite. Onzième élection présidentielle, c'est la première fois qu'il y a une candidate pour la droite, pour les Républicains. Du reste, c'est le premier argument qu'a mis en avant Valérie Pécresse. Elle a dit « Je suis une femme, c'est une victoire d'une femme ». Est-ce que d'abord, vous, ça vous a un petit peu heurté, choqué, vous qui n'êtes pas une femme, Christian Jacob ? Merci de votre consent. Est-ce que c'est un vrai argument à vos yeux ? Est-ce que c'est un atout pour la droite d'avoir une femme, Valérie Pécresse ?

9:12
Christian Jacob

Oui, je pense que c'est un atout, mais simplement, on ne réduit pas Valérie Pécresse à cette condition, à sa féminité. Non, non, mais c'est elle qui l'a dit, c'est ses premiers mots. Mais elle a raison, parce que, vous savez, la droite a fait beaucoup pour les femmes. Simone Veil, bien évidemment, mais aussi Jacques Chirac à d'autres moments. La loi Copé-Zimmermann, ce que j'ai fait, moi, lorsque j'étais ministre de la Famille, avec la page, c'est-à-dire la prestation d'accueil du jeune enfant pour laisser cette liberté de travailler.

Et la politique familiale qu'on a menée permettait, justement, de faire en sorte d'avoir à la fois le meilleur taux de professionnalisation des femmes et puis le meilleur taux de natalité aussi.

10:01
Locuteur 5

Mais la droite en France n'a rarement mis les femmes au premier plan.

10:03
Christian Jacob

Oui, mais simplement, je suis d'accord avec vous, simplement, regardez les actions qui ont été menées par la droite. Et la droite a fait de grandes réformes qui ont pesé et qui ont favorisé le droit de la France.

10:15
Présentateur

Je pense que c'est le sens de la question de Jules, M. Jacob. C'est ce que la droite a fait pour les femmes. Très bien, mais la droite s'est toujours rangée derrière un homme. Est-ce que la droite est prête, dans sa tradition, à n'avoir aucune tête qui dépasse, mais derrière une femme ?

10:29
Christian Jacob

Bien évidemment. Bien évidemment. On est derrière une candidate. C'est d'abord parce que la candidate a été la meilleure.

10:34
Locuteur 7

Mais votre électorat est prêt à voter. Du reste, on avait posé la question à Valérie Pécresse ici même. Est-ce que vous pensez que l'électorat de droite, plutôt conservateur, est prêt à voter pour une femme ?

10:45
Christian Jacob

Je n'ai aucun doute là-dessus. Mais alors aucun doute, deux élections successives de Valérie Pécresse dans la plus grande région de France, ça n'était pas rien, l'élection régionale. Vous savez, l'île de France, il y a longtemps qu'on ne l'avait pas regagnée.

10:58
Locuteur 5

Mais Christian Jacob, si on analyse juste la victoire de Valérie Pécresse, ce qu'elle avait en commun avec Xavier Bertrand qui a perdu, c'est qu'elle avait quitté LR. Lui a trébuché beaucoup là-dessus. Il a dû se rattraper. Comment est-ce que vous expliquez le fait que Valérie Pécresse, il y a eu moins de rancœur des militants, des adhérents à LR vis-à-vis de Valérie Pécresse ? Comment elle a réussi cette bascule selon vous ?

11:17
Christian Jacob

Je pense d'abord dans les débats. Elle s'est imposée dans chacun des débats. Le premier, c'est plutôt Éric Ciotti qui s'est imposé. Mais ensuite, objectivement, c'est Valérie Pécresse qui s'est rassemblée. Je pense que ça a compté beaucoup. La manière dont elle a su constituer ses équipes aussi. Vous savez, c'est une multitude de petites choses additionnées les unes aux autres. Et puis le fait sans doute d'avoir accepté très vite les règles qu'on s'était fixées, je pense que tout ça a contribué.

11:57
Locuteur 5

C'est le travail qu'il fallait pour revenir dans sa famille politique qu'elle avait quittée en 2019 après les européennes.

12:02
Christian Jacob

Oui, ça a été un traumatisme pour nous. À la fois la défaite de 2017, l'échec des européennes. Et puis là, elle a su rassembler.

12:16
Présentateur

Évidemment, c'est le fait politique de cette semaine, l'élection de Valérie Pécresse. Sa victoire, elle est désormais donc candidate. Il y a un autre fait marquant de ce congrès, Christian Jacob. C'est la victoire ou demi-victoire d'Éric Ciotti. Est-ce qu'à la fin, ce n'est pas sa ligne idéologique, celle qu'il incarne en tout cas, qui sort gagnante de ce congrès ? Elle sera portée par Valérie Pécresse. Mais est-ce que ce n'est pas ça l'élément idéologique principal ?

12:42
Christian Jacob

L'élément idéologique, encore une fois, c'est ce que l'on a bâti pendant 18 mois. Ensuite, la droite, je l'ai dit, la droite, elle est diverse. Moi, je trouve qu'on est souvent très injuste avec Éric Ciotti en voulant le caricaturer. D'abord, c'est quelqu'un...

12:56
Présentateur

Pardon, pardon, M. Jacob, mais c'est lui-même qui assume à chaque fois qu'il est interrogé cette ligne, assume son histoire.

13:03
Christian Jacob

C'est quelqu'un de conviction. Mais Éric Ciotti l'a montré dans les débats, au-delà des sujets de sécurité, de lutte antiterroriste, où il a toujours été notre porte-parole. Vous savez que le lendemain des attentats du Bataclan, lorsque François Hollande, à l'époque, j'étais président du groupe parlementaire, me demande de venir le rencontrer à l'Élysée, j'y vais avec Éric Ciotti, parce qu'il a toujours été notre porte-parole et puis sans doute le plus technicien sur ces sujets. Mais on l'a vu à l'occasion des débats, il a eu aussi cette capacité à s'élargir. C'est quelqu'un qui est sur le régalien, on l'a toujours eu.

On a eu Charles Pasqua, on a eu Philippe Seguin, mais qui est aussi très ouvert sur les sujets sociaux et sociétaux. Ce n'est pas le sens de ma question, M. Jacques.

13:45
Présentateur

Non, mais j'ai bien compris.

13:46
Christian Jacob

La question, c'est de savoir si sa ligne, quelle qu'elle soit, n'est pas celle qui s'impose, in fine. C'est la ligne des Républicains, encore une fois, tout ce que l'on a fait sur, bien sûr, les sujets de sécurité, les sujets régaliens, sur l'éducation, sur la lutte contre le réchauffement climatique, sur l'économie. Éric Ciotti a été très présent sur tous ces débats. Et il a parfois surpris, justement, par sa qualité d'ouverture. Mais ensuite, c'est quelqu'un qui est très attaché à sa famille politique. Vous savez, Éric, il n'a jamais changé une fois de famille politique. Et je peux vous garantir qu'il ne changera pas.

14:23
Locuteur 7

C'est quand même lui qui propose un Guantanamo à la française. Il l'a quand même dit ici même.

14:26
Christian Jacob

Ah, mais il a une personnalité. Je faisais référence à Charles Pasqua ou à d'autres. Oui, il a un tempérament, une personnalité, mais qui compte dans notre...

14:33
Locuteur 7

Est-ce que Valérie Pécresse, candidate à l'élection présidentielle, est-ce que, quelque part, ce n'est pas la revanche des fillonistes ? Déjà, son directeur de campagne elle-même. Donc, est-ce que ce n'est pas, avec une droite ultra-libérale, suppression de postes de fonctionnaires, sur les régaliens extrêmement stricts, est-ce que ce n'est pas la revanche de François Fillon à travers Valérie Pécresse ? Valérie Pécresse, idéologiquement.

14:56
Christian Jacob

Valérie Pécresse, d'abord, elle le dit régulièrement. Et pour cause, elle a commencé sa vie politique avec Jacques Chirac.

15:05
Locuteur 7

Oui, mais quand on regarde son programme ?

15:07
Christian Jacob

Quand on regarde son programme, il est sur tous les angles de la droite. C'est-à-dire qu'il y a un angle très régalien sur la sécurité, sur la lutte contre le terrorisme. Et ensuite, elle est également sur tous les sujets sociaux, sociétaux, sur l'économie, avec une approche qu'on ne peut pas résumer en disant que c'est une approche libérale. C'est une approche de liberté d'entreprise. Et ça, on est dans les fonds d'amour.

15:34
Locuteur 5

200 000 fonctionnaires en moins, il y a une tonalité quand même. Il faut sabrer dans les dépenses publiques. Très l'énormale. Il n'y a pas de secret. Le constat bon ou mauvais, je ne parle pas de ça, mais il y a une tonalité. D'ailleurs, François Fillon avait joué sur ce programme très fort rupture libérale. Il est élu à la primaire en 2016. Et il commence à baisser dans les sondages avant l'explosion de l'affaire Pénélope à cause d'un programme justement qui était perçu comme très dur vis-à-vis de l'ensemble des Français. Est-ce qu'il n'y a pas ce risque-là aussi pour Valérie Pécresse ?

16:03
Christian Jacob

Non, parce que ce n'est pas le programme de Valérie Pécresse. Elle n'est pas sur cette ligne. Elle n'est pas uniquement sur cette ligne. En revanche, il n'y a pas de secret. Si on veut alléger les charges qui pèsent sur les entreprises, et aujourd'hui c'est handicap, quand on parle des salaires, il faut redonner un espace de liberté aux entreprises. Et pour ça, il faut diminuer la dépense publique. On ne peut pas dire qu'on va baisser les impôts et ne pas baisser la dépense publique. Ça n'existe pas. Donc il faut alléger les charges, relaisser la liberté de l'initiative et avoir une conception de l'entreprise qui est celle, que j'ai souvent défendue, qui est celle du développement durable.

Vous savez, des trois piliers. D'abord, un projet quel qu'il soit doit trouver une rentabilité et un modèle économique. On ne tient pas dans la durée s'il n'y a pas une rentabilité économique. Le deuxième élément, c'est qu'il doit être facteur de progrès social. C'est-à-dire que ceux qui travaillent doivent avoir les fruits de ce travail et doivent être récompensés pour cela. Et troisième élément, la protection de l'environnement, parce que c'est ce qui assure la pérennité d'entreprise. Et le programme...

17:11
Présentateur

Les deux derniers piliers que vous venez d'évoquer, on n'a pas beaucoup entendu Valérie Pécresse sur ces sujets au cours du convain. Ah quand même ! Vous, vous avez tout lu, tout entendu, discuté avec elle beaucoup. Pour le grand public, je ne suis pas sûr que la protection sociale et l'environnement, ce soit des critères dans lesquels elle est soit identifiée. Candidate écolo.

17:27
Christian Jacob

Pour le coup, contrairement aux écolos, moi je suis dans la région Île-de-France, Valérie Pécresse est très impliquée sur ces sujets. Mais avec cette conception qui est celle du développement durable. C'est-à-dire qu'on n'est pas dans une vision décliniste de la société où on a les Verts qui nous annoncent la fin du monde tous les deux jours. On n'est pas là-dedans. On croit à l'entreprise, on croit au développement des personnes et puis surtout à l'accompagnement de ceux qui travaillent.

17:52
Présentateur

Tiens, Christian Jacob, puisque vous parlez des Verts, je voudrais vous montrer un tweet. Il est signé de Yannick Jadot. Peut-être l'avez-vous vu. Il salue à sa manière l'élection de Valérie Pécresse. Il me pardonnera. Valérie Pécresse, dit-il, la candidate homophobe et anti-immigrée qui veut démanteler les services publics. Voilà le tweet du candidat Europe Écologie-Les Verts à l'élection présidentielle.

18:13
Christian Jacob

C'est tellement caricatural et ridicule. Je ne suis pas sûr que ça mérite un commentaire. Dire que Valérie Pécresse est homophobe, soyons un peu sérieux. Un peu sérieux. Et en même temps, sur l'environnement, elle est sur une approche très sociale, très juste, c'est-à-dire de lutte contre le réchauffement climatique avec deux angles qui sont nécessaires, c'est-à-dire d'éviter de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Pour ça, il y a deux angles. Celui du transport, et elle le fait très largement dans une région Île-de-France qui est la plus compliquée, gestion du transport.

Et puis l'autre, sur le logement, c'est-à-dire sur l'isolation, parce que la première économie d'énergie, c'est celle qu'on ne dépense pas. Donc aller sur ces deux axes-là.

18:59
Locuteur 7

Comment va-t-elle réussir un peu le grand écart ? D'un côté, on vient d'en parler, la ligne Éric Ciotti, un peu tentée, il lui-même l'a dit, par Éric Zemmour. Et puis de l'autre côté, ceux de la droite qui ont été tentés, qui ont voté en 2017 pour Emmanuel Macron et qui sont quand même toujours assez tentés par Emmanuel Macron. Et du reste, elle-même, on disait qu'elle est très macro-compatible. Comment est-ce qu'elle peut concilier les deux ?

19:21
Christian Jacob

D'abord, Éric Ciotti, il n'est pas du tout sur la ligne Éric Zemmour.

19:26
Locuteur 5

Non, mais Éric Ciotti, il est là pour éventer les séduits du Zemmour.

19:31
Christian Jacob

Éric Ciotti ne se rêve pas dans une France des années 50. Moi, je ne l'ai jamais... C'est au contraire quelqu'un qui est d'abord ouvert sur les sujets, comme je le disais, sociaux et sociétaux, et qui a une vraie vision d'avenir, comme l'a Valérie Pécresse.

Et c'est pour ça, aujourd'hui, Valérie incarne, aujourd'hui, cette droite du progrès, cette droite de l'innovation, cette droite moderne, avec une approche, effectivement, de l'entreprise, qui n'est pas le libéralisme à tout vent, parce qu'elle le dit, d'ailleurs, dans le cadre européen, la nécessité de se protéger sur un certain nombre d'importations, de ne pas imposer des règles à nos entreprises françaises qu'on n'impose pas à ceux qui veulent exporter sur la France, donc de dire que l'Union européenne, aujourd'hui, doit être plus politique, pardon. Elle est un peu protectionniste, Valérie Pécresse ? Sur le plan européen, oui, mais elle a raison.

20:22
Présentateur

Monsieur Jacob, Valérie Pécresse va se déplacer, là, dans la semaine qui vient. C'est très symbolique, sans doute très important pour votre famille politique aussi, dans les fiefs ou les endroits d'origine des différents candidats à ce congrès. Et le premier déplacement, donc, c'est chez le finaliste, chez Éric Ciotti. Sauf qu'elle ne va pas à Menton, à la frontière, pour parler des problèmes d'immigration, de sécurité. Elle va dans la vallée de la Vésubie, là où est né Éric Ciotti, mais c'est surtout une vallée qui a été, pour le grand public, marquée par les terribles inondations. Pour le coup, là, c'est un message, quoi, de reconstruction et d'écologie. C'est les deux.

C'est ça qu'elle veut faire pour son premier déplacement de candidat ?

20:55
Christian Jacob

C'est d'abord, la symbolique est importante en politique, ce premier déplacement, de le faire avec Éric Ciotti. Moi, je suis allé avec Éric à Saint-Martin-de-Vésubie. Croyez-moi qu'on n'en sort pas indemne. Quand on voit les ravages qu'il y a eu, les maisons qui ont disparu, il y a des endroits où Éric me disait, là, tu vois, il y avait une maison, on ne voit plus rien. Donc, c'est important que Valérie Pécresse y soit et y aille. Et puis, c'est aussi un message sur la protection de l'environnement, effectivement. On voit bien qu'en matière d'urbanisme... Donc, elle veut placer ce marqueur au tout début de sa campagne. Ce marqueur est important.

Et il est important aussi, cette image de nos deux finalistes qui font campagne ensemble, avec les autres. Vous savez, la droite, elle gagne. Et on a gagné les différentes élections. On a tout gagné depuis deux ans. Et à chaque fois, on a gagné dans l'Union. Et c'est ça qui nous a permis de gagner. Sauf que pour l'instant,

21:51
Présentateur

les études projectives, Jules, font partir de loin.

21:54
Locuteur 5

Parce que pendant la campagne du Congrès, tout le monde est resté au même niveau. Toutes les hypothèses ont été testées. Valérie Pécresse, même Éric Ciotti, Xavier Bertrand. Et Valérie Pécresse, elle reste à 10% dans les sondages. Comment est-ce que vous allez combler ce retard d'ici janvier, février, où les choses vont se cristalliser ? Comment est-ce qu'elle va faire ?

22:12
Christian Jacob

D'abord, c'est normal que la photo soit figée parce qu'on n'avait pas de candidat. Et donc, on était dans ce temps d'attendre de voir quel va être le candidat, comment allait se constituer l'équipe de France. Vous savez, on a déjoué. Et pour le coup, j'ai déjoué pas mal de pronostics parce qu'à chaque fois, on nous a annoncé perdants, on nous a annoncé à chacune des élections, qu'on n'avait pas de programme, pas d'idées, un mauvais calendrier, etc. Donc, on a réussi à tout déjouer parce qu'on a joué en équipe. Donc, les prochains sondages sont très importants. Les prochains sondages sont très importants. On va avoir deux phases. Enfin, je parle à des experts.

Vous savez ça aussi bien que moi. On va avoir cette phase jusqu'à la trêve des confiseurs. Et c'est à partir de la deuxième quinzaine de janvier qu'on va voir effectivement le champ s'éclaircir. C'est notre trêve des confiseurs à nous.

23:00
Présentateur

Elle dure moins longtemps, Christian Jacob. Restez avec nous, suite de BFM Politique, en direct dans un instant. La suite de BFM Politique en compagnie de l'architecte de ce congrès qui a vu sortir vainqueur, Valérie Pécresse, elle sera la candidate des Républicains pour l'élection présidentielle. Christian Jacob est avec nous. Christian Jacob, Nicolas Sarkozy ne s'est toujours pas prononcé officiellement, publiquement, pour Valérie Pécresse ni pour personne au cours de ce congrès. Valérie Pécresse dit aujourd'hui qu'il a voté à votre congrès. Ça, vous pouvez peut-être nous le confirmer. Oui, je pense qu'il a voté. Voilà. Mais il n'a pas dit pour qui.

Est-ce que ça devient un problème que l'homme qui est encore aujourd'hui le phare de votre courant ne se prononce pas, ne soutienne pas votre candidate ?

23:53
Christian Jacob

Personne ne connaît mieux la vie politique que Nicolas Sarkozy. Donc il y a une question de timing. Bon, sa vitalité à notre famille politique, c'est plus qu'une évidence parce que Nicolas Sarkozy... Il flirte quand même avec le macronisme. C'est une référence. Non, non. Je pense qu'il y a deux choses. Il y a Nicolas Sarkozy, ancien président des Républicains et ancien président de la République. Il est normal qu'un ancien président de la République, il le fait avec beaucoup de dignité et des relations normales dans une République avec l'actuel président de la République. On ne peut pas voir Nicolas Sarkozy comme l'ancien président des LR. Il est ancien président de la République.

Mais je n'ai aucun doute, bien évidemment, sur sa fidélité, son engagement.

24:32
Présentateur

Il est le premier coup de téléphone qu'a passé Valérie Pécresse hier. Vous étiez là, vous pouvez le confirmer. Mais vous n'avez-vous pas de doute sur le fait que Nicolas Sarkozy se prononce avant le mois d'avril pour Valérie Pécresse ?

24:47
Christian Jacob

Je n'ai aucun doute sur la fidélité de Nicolas Sarkozy à sa famille et à partir de ce moment-là, de la candidate de sa famille politique. Il y en a qui doutent. Écoutez, ses relations avec Valérie Pécresse, elle était sa ministre. Il n'y a pas de sujet là-dessus. Mais il y a un temps pour chaque chose. Là, on était dans une campagne interne. Maintenant, Valérie Pécresse a la charge de s'adresser à l'ensemble du pays. Et Nicolas Sarkozy fera ce qu'il faut au moment où il faut.

25:17
Présentateur

– Un dernier mot là-dessus, mais vous le savez mieux que personne. Il serait très utile pour donner un petit coup de pouce à une dynamique. Vous parlez de dynamique, un soutien à Nicolas Sarkozy, c'est difficile à quantifier, mais les spécialistes des études disent 2, 3, 4% tout de suite pour amorcer une campagne.

25:32
Christian Jacob

– Ça s'inscrit dans la durée, une campagne, ça s'inscrit dans la durée. Vous parlez à un chiracien. Il faut s'inscrire dans la dynamique. Et puis, vous allez voir que Valérie Pécresse va avoir la capacité de rassembler très largement. Il y a hier, au-delà du vote des militants, il y a un vrai espoir qui s'est levé à droite. Le peuple de droite s'est réveillé. Et le peuple de droite a compris que la victoire était possible. Et donc, à partir de là, vous allez voir que les soutiens vont arriver au fur et à mesure et que celui de Nicolas Sarkozy ne fait aucun doute. – Soutien ou défection.

26:08
Locuteur 7

– Oui, non, juste comment vous réagissez ? – Vous ne voulez pas enchaîner sur ce que je vous dis à l'instant ?

26:13
Présentateur

– Défection ? Non, non, non, c'est un mauvais sujet.

26:15
Locuteur 7

– Non, non, je vais parler de Gaëlle Perdriot. – Justement, c'est moi aussi. La honte, parce que c'est lui-même qui l'a dit, la honte de Gaëlle Perdriot, qui est le jeune maire efficace, tonique de Saint-Etienne, qui est vice-président, je crois, du parti, qui a dit « Ben non, moi, je n'ai pas voté parce que c'est une ligne trop extrémiste pour moi. » Vous lui répondez quoi ? Parce qu'en plus, la honte, c'est quand même un homme fort.

26:35
Christian Jacob

– Oui, c'est une position totalement isolée et assez incompréhensible, pour être très clair.

26:41
Locuteur 5

– Oui, mais pour rebondir justement sur cette actualité-là, la droite aujourd'hui, d'après vous, qui dirigeait le LR, c'est une droite de quel bord ? C'est une droite identitaire ? C'est une droite régalienne, sécuritaire ? C'est une droite libérale, conservatrice ?

26:55
Christian Jacob

C'est quoi l'identité de la droite aujourd'hui ? Populaire et solidaire. On a retrouvé notre ADN de droite. – Populaire et solidaire. – Populaire et solidaire, c'est-à-dire que c'est le rassemblement du peuple. Et la droite, elle gagne lorsqu'elle est capable de s'adresser à toutes les catégories sociales, à toutes les tranches d'âge. Vous faisiez référence à François Fillon tout à l'heure, c'est ce qui a manqué à un moment, une partie de notre électorat et du peuple de France qui ne s'est pas reconnu. Et donc je crois que Valérie Pécresse comble complètement ça en étant capable de s'adresser à tout le monde. Et c'est comme ça qu'on gagne.

On ne peut pas s'adresser à une catégorie plutôt qu'à une autre. C'est justement l'erreur d'Emmanuel Macron de vouloir à chaque fois faire du corporatisme, dire à telle catégorie ce qu'ils ont envie d'entendre au moment où ils ont envie de l'entendre et après de s'adresser à un autre, de dire tout et son contraire. Eh bien on voit qu'il n'y a aucune ligne. Or nous, notre ADN, c'est celle du rassemblement, c'est-à-dire très fort sur le régalien, attaché à la liberté d'entreprise, à l'initiative, au progrès. Oui, c'est une droite qui a retrouvé son ADN. La droite, quand elle gouverne, c'est comme ça que Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont su gagner de cette manière.

Jacques Chirac avec la fracture sociale. Il a eu la France en grand, la France ensemble. Nicolas Sarkozy travaillait plus pour gagner plus. C'est ça l'ADN de droite. Chaque Français se reconnaît dans le message qui est le nôtre. Et moi je suis très confiant là-dessus parce que justement cette droite, elle est plurielle et on l'a vu dans les débats. Il y a le même socle idéologique, mais chacun, il va avec sa personnalité et sa sensibilité.

28:39
Présentateur

Ce dimanche est une journée politique importante sur BFM TV, votre présence dans BFM Politique ce midi. Christian Jacob, meeting de Jean-Luc Mélenchon début d'après-midi. Et à 16h, premier grand meeting du candidat Éric Zemmour. Je dis grand meeting par la taille, il sera au parc des expositions de Villepinte. Il a écrit à vos électeurs, dès après le résultat du congrès hier, pour dire à tous ceux qui avaient voté Éric Ciotti, rejoignez-moi. Est-ce que vous craignez qu'une partie de ces gens qui ont voté pour Éric Ciotti, spécifiquement pour les valeurs de sécurité, d'immigration, en tout cas ses idées, ne rejoignent Éric Zemmour ?

29:15
Christian Jacob

D'abord, ça montre beaucoup de fébrilité entre Éric Zemmour qui essaie de draguer notre électorat qui vient braconner quand on en est réduit à cela, de la même façon qu'Emmanuel Macron qui vient essayer de chercher des élus.

29:29
Présentateur

Est-ce que c'est lui qui braconne aujourd'hui, il est au-dessus de vous dans les sondages ?

29:33
Christian Jacob

Oui, mais sur le grand meeting, on va voir, je sais, parce qu'il y a deux jours, c'était 19 000 personnes. Je crois que là, on en est maintenant à 3 500 ou 5 000. Enfin, je ne sais pas, on verra tout à l'heure. D'abord, sur l'organisation de ce meeting, moi, je trouve que c'est particulièrement irresponsable. Pas de passe sanitaire. Un tel rassemblement. Au moment où on voit bien qu'on est dans la cinquième vague qui arrive sur le plan sanitaire, moi, je ne comprends pas...

30:02
Présentateur

Vous, vous avez annulé... Alors, est-ce qu'il est annulé, vraiment, ce meeting du 11 décembre ou est-ce qu'il y aura quand même une réunion ?

30:07
Christian Jacob

Non, on fera sans doute une réunion des cadres, mais j'ai effectivement pris la décision hier, en accord avec nos différents candidats, et plus particulièrement avec Eric Ciotti et Valérie Pécresse, d'annuler le meeting. On ne pouvait pas prendre le risque de devenir le premier cluster de France. Et donc, on fera vraisemblablement une réunion de cadres, mais on ne fait pas de grands meetings.

30:33
Présentateur

Je voudrais revenir à ma question sur Eric Zeman. Vous ne craignez donc pas, ce que vous me dites, que certains de vos électeurs du Congrès, ceux qui ont voté pour Eric Ciotti, par exemple, rejoignent Eric Zeman ?

30:43
Christian Jacob

Non. Non, je ne crains pas pour une raison simple. C'est qu'aujourd'hui, nous, nous sommes sur notre ADN. La droite s'est réveillée, la droite est mobilisée, et vous allez voir que le rassemblement et l'espoir est beaucoup plus profond qu'on ne le pense. Il y a eu un vrai réveil de l'électorat de droite. Et aujourd'hui, Eric Zemmour, il est sur la mauvaise pente, parce qu'on ne peut pas se rêver dans la nostalgie des années 50, voire parfois même des années 30. Tout ça devient ridicule. On doit être tourné vers l'avenir, et c'est la force de notre famille politique, et c'est la force de Valérie Pécresse d'être complètement tourné vers l'avenir.

31:19
Locuteur 7

Mais malgré tout, Christian Jacob, ici même, Eric Zemmour, lorsqu'on l'a interrogé, il a dit « Moi, je suis le seul qui puisse faire sauter le verrou entre la droite et l'extrême droite ». Nicolas Sarkozy l'avait un peu en son temps réussi, parce qu'il dit « Marine Le Pen ne s'adresse qu'à des classes populaires ». C'est sûr qu'on peut se poser la question en disant, même si vous venez de dire que non, que des candidats, des électeurs d'Éric Ciotti pourraient tenter, malgré tout, de franchir ce pas. Comment vous allez les empêcher ? Non, tout simplement. Ça veut dire qu'il faut avoir une ligne quand même assez dure dans le programme de votre candidat ?

31:49
Christian Jacob

Mais d'abord, l'attraction, elle est chez nous. Regardez, quand on passe du 30 août à aujourd'hui, on passe de 70 000 militants à 150 000. Ça, c'est des adhérents, c'est un corps électoral très restreint. Oui, mais ça veut bien dire qu'il y a un mouvement. Et quand Éric Zemmour annonce il y a deux jours 19 000 participants à son meeting, et que là, on parle plutôt de 5 000, le mouvement, il n'est pas dans le même sens.

32:16
Locuteur 5

Oui. Vous savez, autour de Valérie Pécris, il y en a qui savent que dans le Sud, il y a énormément d'électeurs qui sont tentés par Éric Zemmour.

32:24
Christian Jacob

Non, parce qu'ils vont se retrouver, ils se retrouvent sur notre ligne. Et c'est les 40 % que fait Éric Ciotti.

32:32
Locuteur 7

Donc Éric Ciotti, quand même une pierre angulaire très importante.

32:34
Christian Jacob

Mais bien sûr, mais comme l'ont été dans notre famille politique, ça a toujours existé. Et encore une fois, il ne faut pas caricaturer Éric Ciotti sur ses sujets. Il est capable d'aller sur beaucoup d'autres sujets. Il l'a montré dans les débats. Mais cette ligne au sein de la droite a toujours existé. Vous savez, c'est le rassemblement. La droite, c'est à la fois une ligne très gaulliste qui est très attachée effectivement aux régaliens. C'est aussi une frange libérale. Et puis une autre frange qui vient de la démocratie chrétienne. C'est ça la droite. C'est ces trois piliers. Et il faut qu'il y ait les trois.

33:12
Présentateur

Vous avez vu, je voudrais vous montrer juste l'affiche d'Éric Zemmour. J'en appelle à votre expérience. Vous avez un avis ? On va la regarder. Impossible n'est pas français.

33:20
Locuteur 5

Préférence à Napoléon.

33:22
Christian Jacob

Oui, ça a déjà été utilisé, non ? Il y a quelques temps. Mais vous voyez, on ne peut pas être en permanence regarder l'avenir dans un rétroviseur. Et Zemmour regarde l'avenir dans un rétroviseur. Alors avec le talent qui est le sien, qu'on ne conteste pas. Mais bon, les années 30, ça ne peut pas nécessairement rêver.

33:42
Locuteur 7

Pardonnez-moi d'insister, mais est-ce qu'il n'y a pas quand même un risque de voir apparaître une sorte de grand parti de droite de la droite entre Marion Maréchal de Le Pen, Éric Cioti, Éric Zemmour, voire Laurent Wauquiez ? Il n'y a pas un risque quand même ?

33:54
Locuteur 5

Non, Laurent Wauquiez. Laurent Wauquiez, qu'on n'entend pas beaucoup.

33:56
Locuteur 7

Grand absent pour l'instant, il a tweeté, nous sommes d'accord.

34:00
Christian Jacob

Vous l'avez parlé ? Oui, bien sûr, non seulement je l'ai parlé, je le vois régulièrement. Pourquoi n'était-il pas là ? Je le vois régulièrement parce qu'hier, c'était les cinq candidats, les deux présidents de groupe et le président du Sénat. C'était configuré comme ça, mais vous verrez que Valérie Pécresse et Laurent feront vraisemblablement un meeting ou des déplacements ensemble. Mais oui, mais j'y vais vraisemblablement parce que ce n'est pas moi qui l'annonçais.

34:23
Locuteur 7

Vous ne croyez pas, vous ne croyez pas, une espèce de grand parti, enfin grand parti, oui ?

34:27
Christian Jacob

Non, parce que nous, nous avons incarné le rassemblement. Regardez dans quelle situation sont les autres partis. La gauche est complètement explosée. Le Front National est divisé en deux blocs. Chez Emmanuel Macron, chacun en est à essayer de créer sa petite chapelle dans son coin. Nous, nous sommes une force d'union, de rassemblement qui donne de l'espoir au peuple de France.

34:48
Présentateur

– Je voudrais juste, avant de clore la partie purement politique, avoir votre avis sur les mouvements qui sont opérés ces dernières semaines. Christian Estrosi a fait ses valises. – Oui, j'ai surpris. Il rejoint la maison commune d'Emmanuel Macron, en tout cas les soutiens d'Emmanuel Macron, avec Édouard Philippe. Ce n'est pas une surprise pour vous ?

35:08
Christian Jacob

– Non, non. Depuis quatre ans, la proximité entre Christian Estrosi et Emmanuel Macron était une évidence pour tous. – Mais comment vous expliquez son mouvement, son changement ?

35:22
Présentateur

– Cet homme en avait parlé il y a quelques années, on se souvient, ça avait marqué les esprits, la cinquième colonne.

35:26
Christian Jacob

– La cinquième colonne, oui. Ce n'est pas si vieux d'ailleurs. Ça montre à chaque fois, sans doute, un certain nombre d'incertitudes. – Comment expliquer cette force d'attraction ? – Il y a une force d'attraction. – Oui, parce qu'il y a Renaud Muselier aussi. – De Macron, il passe à Édouard Philippe. Alors je ne sais pas si c'est duré trop pédalage, comment il faut le… Je ne suis pas sûr d'ailleurs qu'Emmanuel Macron soit ravi de le voir alors que c'était ces derniers temps un de ses plus fidèles soutiens.

35:51
Locuteur 5

– Oui, mais c'est la Macronie au sens large.

35:53
Christian Jacob

– Oui, mais enfin quand même, c'est quand même du rétro-pédalage. Je pense que chez Macron, on n'est pas ravi de le voir chez Édouard Philippe. Mais bon, c'est leur sujet, vous savez. Ils en sont avec leur chapelle, on les laisse de côté. Nous, ce qui compte, voilà, c'est la droite solide sur ses convictions.

36:06
Locuteur 5

– L'un de vos proches me disait récemment que ce qui manque au candidat LR, c'est un sens du récit, c'est une forme de souffle et qu'il n'y a en fait finalement qu'une batterie de mesures qui est proposée. Est-ce que, que pourra proposer en la matière Valérie Pécresse ? Quel sera ce grand récit pour la droite et puis pour les électeurs de droite au sens plus large ? Qu'est-ce qu'il aura à proposer autre que de la technicité, que le fait d'être très capé sur le plan technique ?

36:34
Christian Jacob

– Déjà c'est quand même un point positif. – Et au-delà de ça, c'est d'incarner ce que je disais tout à l'heure, la France du progrès, la France de la modernité, la France qui va de l'avant, qui laisse toute sa place et tout l'espace à l'entreprise, c'est essentiel. Et à partir de là, eh bien d'avoir aussi de l'accompagnement, aussi bien sur les milieux les plus défavorisés, mais on voit bien sur les classes moyennes, il y a un sujet sur les salaires. Le sujet sur les salaires, on ne va pas le résoudre avec des chèques, on le résoudra en allégeant les charges qui pèsent sur les entreprises pour pouvoir redistribuer davantage aux salariés.

Et ça, c'est une autre conception de l'entreprise que celle d'Emmanuel Macron.

37:14
Locuteur 5

– Est-ce que ça suffit à créer une épopée ?

37:16
Christian Jacob

– Oui, je pense que oui, vous savez, ce qui se passe encore une fois en ce moment, l'espoir du peuple de droite, vous savez, ça n'est pas le fait du hasard. Et vous allez voir que ce mouvement, il est profond et qu'il va s'inscrire dans la durée. – Et l'idée du progrès est essentielle. J'entendais un débat ce matin sur les... C'était en Afrique sur des variétés de haricots résistantes aux maladies. – On va rappeler que vous êtes agriculteurs avant. – Oui, oui, mais résistantes aux maladies. C'est-à-dire qu'on voit à quel point d'avoir été dans le dogme du non-OGM, d'avoir repoussé toutes les OGM dans tous les sens en disant « il ne faut pas y toucher ».

On voit qu'heureusement que les OGM sont là pour le vaccin. On voit que ça peut être aussi une solution pour éviter d'utiliser des pesticides. Donc c'est la France moderne qui s'intéresse à la science, qui s'intéresse au progrès et puis qui s'intéresse tout simplement aux gens, au peuple. – Monsieur Jacob. – Et c'est ça qu'on va incarner. C'est cela que Valérie Pécresse a toutes les qualités pour incarner.

38:17
Présentateur

– Votre job n'est pas facile et il n'est pas terminé. Éric Ciotti a été interrogé ce matin à l'issue de la réunion publique qui tenait à Nice sur les propos de Valérie Pécresse hier chez nos confrères de TF1. Elle est interrogée sur son programme. On lui demande si elle compte adopter les idées d'Éric Ciotti. Elle dit « c'est mon programme, c'est moi qui ai gagné ». Donc non, je ne vais pas tout adopter. Éric Ciotti, on l'a interrogé ce matin à ce sujet, il dit « ça n'est pas un bon message que Valérie Pécresse a envoyé hier soir. Beaucoup des gens qui me soutiennent en sont étonnés ».

38:51
Christian Jacob

– Non, écoutez… – Est-ce que les problèmes commencent ? – Oui, moi, vous avez vu aussi l'interview d'Éric Ciotti qui dit « c'est du programme de Valérie Pécresse dont il se sent le plus proche ». Et sur la ligne régalienne, honnêtement, ils sont très proches l'un de l'autre. Et encore une fois, il y a de la place pour tout le monde.

39:11
Locuteur 5

– Non, mais est-ce qu'Éric Ciotti va devenir votre Sandrine Rousseau d'une certaine façon ?

39:14
Christian Jacob

– Certainement pas. Non, écoutez, ce serait injure d'Éric Ciotti de dire ça.

39:19
Locuteur 7

– Mais qui va établir le programme de la candidatité ?

39:21
Christian Jacob

– Bien évidemment la candidate, c'est Valérie Pécresse, avec l'ensemble de ses soutiens, d'abord les quatre autres candidats, le travail de fond que nous nous avons fait au parti et puis beaucoup d'autres personnalités de notre mouvement qui n'étaient pas candidats. – Vous parliez tout à l'heure de Laurent Wauquiez, on peut parler de Gérard Larcher. – Mais qui va arbitrer tout ça ?

39:39
Présentateur

– Parce que si on voit que c'est dès ce matin, Éric Ciotti dit « pardon, mais ça n'est pas le bon message, les gens qui me soutiennent, qui ont voté pour moi, sont étonnés ».

39:48
Christian Jacob

– Dès ce matin, il dit dans les colonnes, je crois que c'est du JDD, qui se sent le plus proche du programme de Valérie Pécresse.

39:56
Présentateur

– Oui, mais sans doute l'interview est-elle antérieure à l'interview de Valérie Pécresse hier soir.

39:59
Christian Jacob

– On va le chercher. – Donc c'est Valérie Pécresse qui va arbitrer les questions de programme ? – Bien évidemment, c'est le candidat. – Ce n'est pas vous. – Attendez, non, c'est le candidat.

40:08
Présentateur

– Vous n'aurez pas de rôle de médiateur comme vous l'avez fait jusqu'à maintenant ?

40:10
Christian Jacob

– J'ai déjà beaucoup donné dans ce domaine, mais je suis prêt, bien évidemment, et toujours à disposition. Ceci étant, c'est le candidat qui incarne et bien évidemment qu'elle va s'inspirer, et elle l'a dit d'ailleurs, d'un certain nombre de propositions d'Éric Ciotti, mais après ça devient les propositions du candidat et c'est normal, c'est comme ça que ça se passe.

40:29
Présentateur

– Est-ce que vous sentez que cette union, Christian Jacob, elle est en un sens fragile ?

40:33
Christian Jacob

– Non, non, pas du tout.

40:34
Présentateur

– Vous avez la garantie, vous, que ce sera solide et jusqu'au bout ? – Oui, parce qu'elle est construite. – Alors que Michel Barnier, par exemple, pardon pour l'expression, mais on sait qu'il boude, on sait qu'il n'est pas content d'avoir perdu. Il n'a pas voulu se déplacer à l'issue du premier tour pour saluer Valérie Pécresse, par exemple.

40:47
Christian Jacob

– Écoutez, laissons passer quand même. Vous savez, quand vous menez, vous êtes engagé dans un combat comme celui-là, il y a effectivement le choc de ne pas être sélectionné. Mais après, vous voyez, hier, on était tous rassemblés dans mon bureau et je peux vous assurer qu'il n'y a pas de difficultés parce qu'on a construit sur du solide. Et le travail fait depuis 18 mois. Quel autre parti politique était capable de parler du droit du travail avec Laurent Berger qui vient au siège des Républicains débattre avec François Asselin, le président de la CPME ?

41:22
Locuteur 5

– Oui, enfin, quel autre parti a une telle histoire aussi d'inimitié personnelle, de haine recuite entre eux ?

41:27
Christian Jacob

– Oui, oui, mais justement, mais on a su les dépasser. On a su les dépasser très largement. Et Dieu sait que je pense avoir dans ce domaine déjoué tous les pronostics. Et croyez-moi qu'ils étaient tous défaitistes. On a réussi à les déjouer. – Donc j'imagine que vous y serez extrêmement vigilant. – Vigilant, mais parce que, je suis sûr de moi, parce qu'on a bâti sur du solide. Ce n'est pas des propositions qui ont été faites sur un coin de table. C'est un travail profond. Ce que je citais sur le travail, lorsqu'on a parlé immigration, on l'a fait avec Thibaut de Montbrial et l'imam Chalboumi. Aucun des deux n'a sa carte au LR. Et je pense qu'aucun des deux ne la prendra.

Mais ils viennent aux Républicains, parce que c'est là qu'il se passe quelque chose.

42:08
Présentateur

– Encore deux mots, s'il vous plaît, M. Jacob. Vous avez utilisé le vote électronique pour ce congrès. Sauf à ce que vous nous disiez le contraire, il n'y a pas eu de problème technique. Est-ce que ça vous donne des idées pour la suite ? Est-ce que c'est une idée qui doit être portée sur des scrutins nationaux ?

42:23
Christian Jacob

– Je suis réservé là-dessus, mais force est de constater que ça a très bien marché. Honnêtement, spontanément, moi je suis plus attaché au vote physique. Là, c'était très compliqué à organiser. Et le vote électronique est quand même une bonne formule. Alors de là à aller plus loin, je pense qu'il faudrait qu'on passe par quelques expérimentations. Parce que ça n'est quand même pas la même chose que d'aller dans son bureau de vote, dans l'isoloir. Il faut avoir l'assurance que personne n'est sous influence au moment du vote. C'était facile dans un cadre restreint, celui des militants. À grande échelle, est-ce que tout le monde est prêt à le faire ?

Parce que ça a voulu dire aussi qu'on a eu besoin d'une hotline. C'est l'occasion d'ailleurs de remercier tous les permanents des Républicains qui ont depuis une quinzaine de jours finissé leur journée à minuit et leur démarré à 7h du matin. – Un dernier mot s'il vous plaît, M. Jacob.

43:26
Présentateur

Nous l'avons dit, vous annulez le meeting du 11 décembre, premier grand meeting prévu pour votre candidate. Vous le remplacez par une réunion des cadres du parti. Ça, c'est ce que vous nous dites ce matin. Est-ce que si jamais il y a d'autres meetings au cours de cette campagne, on vous le souhaite, on le souhaite à tout le monde, vous exigerez le pass sanitaire à l'entrée ? Je vais répéter juste pour nos téléspectateurs que le Conseil constitutionnel l'a rappelé, on peut le demander, on ne peut pas l'exiger lorsqu'il s'agit de rendez-vous politique.

43:51
Christian Jacob

– Je l'ai toujours exigé. À chaque rassemblement, lorsqu'on a rassemblé les jeunes au Parc floral, lorsqu'on a fait notre Conseil national, et là pour le meeting, on avait prévu aussi de le faire. On ne peut pas intergiverser sur ce sujet.

44:09
Présentateur

– Merci beaucoup Christian Jacob d'avoir été avec nous ce midi dans BFF. – Merci Éduy et Jules. Dans un instant, cette affaire suivante, Philippe Godin, Dominique Rizet, je vous retrouve à 17h15, 17h30, juste après le discours d'Éric Zemmour. 18h, n'oubliez pas, comme chaque dimanche, notre débat. Geoffroy Lejeune, Alice Coffin, et à 19h, je recevrai Nicolas Bay du Rassemblement national. Belle après-midi.

44:30
Locuteur

– Sous-titrage ST' 501